Ce
qui me choque le plus dans cette lamentable parade lors du procès
Houellebecq, ce n'est pas tant que ceux qui prônent aujourd'hui
le droit absolu de tout écrivain à créer furent
hier d'un autre avis relativement à RC. Cela me choque, évidemment.
Mais je n'en suis guère surpris. Ce qui me scandalise, c'est
qu'on puisse, aujourd'hui en France, tenir des propos ineptes et ignominieux
à l'égard de l'Islam en être absous par tous (ou
presque) au nom de la liberté d'expression, alors que des propos
nettement plus limités ont déclenché l'affaire
Renaud Camus.
J'en
viens à me demander si, de fait, l'intelligentsia "française"
supporte mieux la dénonciation sans subtilité de l'Islam
qu'une toute petite réflexion sur la judéité. Je
ne l'aurais jamais cru, je suis sans doute horriblement naïf.
L'affreux
dans cette affaire, c'est que, dire de L'Islam que c'est la religion
"la plus con" est horriblement blessant pour un musulman,
surtout lorsqu'on sait que les musulmans "ordinaires" entretiennent
avec leur religion (et le Coran) une relation esthétique et théologique
souvent plus poussée que celle de bien des chrétiens...
Les propos de Houellebecq sont aussi blessants pour un musulman qu'un
propos négationniste pour un Juif.
Or,
si les propos de Houellebecq sont, relativement à leur impact,
cent fois plus graves que ceux de RC naguère, comment expliquer
que la réaction soit cent fois moins virulente ? Veut-on vraiment
encourager la discrimination anti-musulmane ?
Message
de GC déposé le 22/09/2002 à 19h02 (GMT)
(Site des Lecteurs de Renaud Camus)