Historique de la création du parti de l'In-nocence

Textes de Renaud Camus, juin 2002

 

Nom

 

Au moment où j'écris, ce pluriel est de majesté. D'autre part je ne suis pas sûr du mot "parti". Voilà un des (nombreux) points dont il pourrait être discuté d'emblée, s'il arrivait que je sois rejoint par quelques-uns, ce qui serait la première condition indispensable pour former un "parti", ou un "mouvement", ou une "union", etc.

Et ce parti, ou ce mouvement, comment l'appeler ? "Union Cratylienne" ? "Mouvement Bathmologique" ? "Parti Culturaliste Européen" ? Ce serait sans doute décourager beaucoup de monde avant même de commencer. A titre provisoire, et dans l'attente de propositions meilleures, je propose "Parti de l'In-nocence", parce que j'écrivais jadis, je ne sais plus où ni en quels termes exactement, que si j'élaborais un jour une philosophie politique elle serait tout entière ordonnancée autour du concept d'"in-nocence", lequel a le double avantage, d'une part de poser l'innocence, philosophiquement, éthiquement, comme un idéal à atteindre, comme une aspiration, comme un but et non pas comme une donnée première qui irait se perdant avec le développement de la civilité et de l'existence sociale; d'autre part, de faire la liaison, par le biais de la nuisance, qui n'est qu'une sous catégorie de la nocence, entre la morale, le contrat social, l'exigence de paix civile et l'écologie (le Parti de l'In-nocence est un parti écologique).

Cela dit je me rends bien compte que ce nom, même avec l'indispensable tiret, n'est pas sans comporter une certaine dose d'ambiguïté et prête au ridicule, serait-ce seulement par ses résonances un peu kitsch, à première ouïe. Aussi la discussion est-elle ouverte. Mais auparavant un mot sur les moyens.