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        <title>Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
        <description>C'est les vacances ! Il est temps de se souvenir de ce que fut [i]le travail[/i] au 20ème siècle, cette mystique étrange qui traversait tout, qui était la veine porte du progrès et de l'avenir avant que sa valeur ne s'effondre à l'approche du dernier quart du siècle, pour laisser place au Capital, au grand retour du Capital, dont le chant du cygne résonne encore comme un prodige.

Deux photographies nous rappellent ce temps et cette mystique, prises à neuf ans de distance un 1er mai, la première à Berlin au Stade Olympique le 1er mai 1938, la seconde à Tel Aviv, le 1er mai 1947. Entre ces deux dates, entre ces deux lieux, que s'est-il passé ? Pour nous aujourd'hui : l'essentiel, le plus gros noyau de pêche coincé dans la gorge de l'Occident et de l'humanité, la découverte du Mal absolu; mais pour eux ? eh bien, comme on le voit, [i]presque rien[/i]. De l'une à l'autre de ces deux dates, de l'un à l'autre de ces deux lieux, [i]le travail était demeuré libérateur ![/i]

La morale attachée au labeur des hommes tendu vers un mieux aller s'est éteinte depuis, le communisme aussi et itou son âme damnée le nazisme ; une autre morale est née sur les décombres de cette extinction. Cherchez bien laquelle, et comment elle se construit, avec quels ingrédients et pour quel projet... et vous pourrez commencer à écrire le chapitre suivant : [i]le vingt et unième siècle à travers les âges.[/i] Une chose est sûre : le vingt et unième siècle [i]va durer longtemps.[/i]

 
[img]http://pix.avaxnews.com/avaxnews/4b/73/0000734b_big.jpeg[/img]

 
[img]http://pix.avaxnews.com/avaxnews/90/d2/0000d290_big.jpeg[/img]</description>
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        <lastBuildDate>Fri, 06 Mar 2026 15:19:47 +0100</lastBuildDate>
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            <title>Pour une musique non durable</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132561#msg-132561</link>
            <description><![CDATA[ <i>Dé-composer</i> le temps en durées c'est donc composer avec la Mort, <br />
<br />
mais dans le même temps, cette danse macabre <br />
<br />
compose un chant au vivant : la <i>partition</i> musicale qui pose des durées<br />
<br />
en émulation de l'oiseau, <br />
<br />
mi-lyre,<br />
<br />
mi-libre.]]></description>
            <dc:creator>Francis Marche</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Tue, 30 Jul 2013 18:42:08 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
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            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132515#msg-132515</link>
            <description><![CDATA[ J'ai lu les auteurs dont je cite les noms (Spinoza, Bergson); que je ne les aie pas assez potassé, ma foi, c'est bien possible. Mais je les ai lus suffisamment pour savoir que leurs écrits n'invalident en rien les pages ci-dessus : face au donné uniforme et indifférent du temps et au donné de la Mort, la vie compose; elle compose, chez les hommes connaissant de la Mort, des stratégies individuelles et collectives en lesquelles la durée constitue l'unité fondamentale, le pilier. On me dit que la roche de Lascaux est étale; je vous réponds que cela n'est en rien contraire à ce qu'en firent les hommes, et que ce caractère étale et indifférent leur fut même nécessaire. <br />
<br />
Le temps donne la Mort à la vie qui s'occupe de lui échapper dans le combat bien connu, héroïque et beau car toujours perdu d'avance; il la lui donne tant au sens qu'il lui en fait don comme mobile et outil de fabrication de nodules stratégiques appelées durées qu'au sens (<i>donner la mort</i>) où il l'occit sûrement. <br />
<br />
J'ai aussi lu l'ouvrage de Derrida <i>Donner la Mort</i>.<br />
<br />
La durée qui compose avec le temps est un temps composé, humanisé. Elle est <i>un signe des temps</i> humain.<br />
<br />
Le libre-arbitre se présente alors comme libre-découpage de durée dans la nappe rocheuse du temps accueillant le tracé des hommes; dans ce tracé, certes les vies humaines s'enferment, se lient, s'aliènent, volètent comme en un filet tendu.<br />
<br />
Faire ses huit heures, c'est composer avec une durée; calculer ses RTT, c'est composer de la durée. <br />
<br />
Produire des ouvrages qui, après que leur auteur a atteint l'âge de soixante-cinq ans, se font de plus en plus brefs, c'est infléchir stratégiquement sa durée en la fractionnant en des nodules de plus en plus menus qui chacun n'échappera que mieux au couperet de la Mort. La petitesse de la nodule, son oblonguité aussi, et l'oblonguité du chapelet des nodules (l'oeuvre entière) se façonnent habilement pour se composer en des proies qui, par leur forme, ne seront que plus difficiles à trancher par la Faux. Et ainsi de suite.<br />
<br />
Le donné du temps n'est pas davantage contestable que son indifférence aux hommes. Mais le temps des hommes, à l'inverse, n'est nullement indifférent à la Mort. Cette dernière les contraint à composer des durées humaines partiellement imaginaires -- soit un libre-arbitre en effet, plus libre que l'oiseau en cage mais pas davantage pour autant que l'oiseau dans le jardin qui sait que le chat rôde, guette, attend.]]></description>
            <dc:creator>Francis Marche</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Tue, 30 Jul 2013 06:06:21 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
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            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132511#msg-132511</link>
            <description><![CDATA[ Diantre ! Je n'ose imaginer l'ampleur de cet échange si vous vous répondiez !]]></description>
            <dc:creator>Jean-Marc du Masnau</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Mon, 29 Jul 2013 23:09:20 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132506#msg-132506</guid>
            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132506#msg-132506</link>
            <description><![CDATA[ ...auteurs que vous mentionnez, si vous préférez. <br />
Toujours est-il que je ne vous répondais pas, mais essayais de montrer pourquoi nos façons respectives d'aborder la question soulevée rendait en fait une réponse <i>à vos propos</i> impossible, ce qui est souvent le cas avec vous (pour ce qui me concerne bien sûr), ce qui est quand même une façon de réponse.<br />
Rien de triste là, c'est une simple constatation.]]></description>
            <dc:creator>Alain Eytan</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Mon, 29 Jul 2013 22:45:47 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132503#msg-132503</guid>
            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132503#msg-132503</link>
            <description><![CDATA[ Je ne cite <i>aucun</i> auteur, cher Alain, sinon, dans nos échanges, vous-même de temps à autre. Ceci par exemple:<br />
<br />
<i>La possibilité d'une réelle liberté humaine pose la question de la possibilité de l'indépendance d'une instance pensante en l'homme (le sujet de la conscience) et de son autonomie par rapport à la matière et ses propriétés (la conscience et les états mentaux étant conçus comme des &quot;propriétés&quot; de la matière), étant entendu d'autre part que la matière est de part en part régie par des lois, c'est-à-dire entièrement déterminée</i><br />
<br />
qui révèle que vous ne me répondez sans me lire ce qui, sans être grave le moins du monde, n'en est pas moins un peu triste.]]></description>
            <dc:creator>Francis Marche</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Mon, 29 Jul 2013 22:21:25 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132500#msg-132500</guid>
            <title>Re : When Kafka meets Spinoza (sotie)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132500#msg-132500</link>
            <description><![CDATA[ Francis, si l'envie vous en prend, bien calé dans une de ces poches de vacuité que vous ménagent vos occupations contraintes et rémunérées (heureux homme !), ce serait plutôt à vous de potasser les auteurs que vous citez...]]></description>
            <dc:creator>Alain Eytan</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Mon, 29 Jul 2013 22:10:27 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132485#msg-132485</guid>
            <title>Re : When Kafka meets Spinoza (sotie)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132485#msg-132485</link>
            <description><![CDATA[ Camarade Rothomago,<br />
<br />
&quot;... suis le seul à bosser ici...&quot; signifiait, &quot;suis le seul de tous les intervenants à entretenir dans la vie une occupation contre rémunération et contrainte...&quot; Simple boutade sans portée signifiante.]]></description>
            <dc:creator>Francis Marche</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Mon, 29 Jul 2013 10:18:51 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132484#msg-132484</guid>
            <title>When Kafka meets Spinoza (sotie)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132484#msg-132484</link>
            <description><![CDATA[ Bon. Alain Eytan, après avoir un moment considéré une usine de roulement à billes à Haïfa, votre dernier message me conduit à me raviser. Je vous ai finalement réservé un poste de polisseur de lentilles, très convoité, où vous aurez tout le temps de repasser mentalement l'Ethique de Spinoza; vous devez cette décision à l'égard que vous avons pour vos penchants philosophiques. Si vous donnez toute satisfaction, vous pourrez postuler aux fonctions de chef-magasinier au départment des Instruments de mesure et d'optique générale. Si vous nous décevez, nous vous enverrons les trier, les lentilles, et même les compter, tâche passionnante bien qu'un peu répétitive. Les lots de lentilles que vous aurez comptés seront recomptés par la Machine, tous les soirs; en cas d'erreur supérieure à cinq lentilles, vous serez fusillé bien sûr. Au bout de trois mois, si vous avez survécu, c'est que vous aurez mis au point un système de comptage original et efficace, il vous sera alors demandé de produire un mémoire pour nous livrer le fruit de votre invention.<br />
<br />
Vous soutiendrez ce mémoire devant une commission présidée par le camarade commissaire-statisticien Du Masneau. Si votre procédé de comptage s'avère intéressant, vous serez autorisé à solliciter votre libération conditionnelle, et je m'engage à soutenir votre dossier. Dans le cas contraire, on vous renverra au taf, comme veilleur de nuit à la polyclinique d'Aubervilliers. Il n'y a rien de mieux qu'un retour aux sources pour remettre les idées en place. Vous pouvez disposer.]]></description>
            <dc:creator>Francis Marche</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Mon, 29 Jul 2013 10:15:31 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132446#msg-132446</guid>
            <title>Re : L'oisiveté est un état violent</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132446#msg-132446</link>
            <description><![CDATA[ De toute façon, Jean-Marc, l'Israël de 48 est bel et bien perdu, irretrouvable, les quelques traces qui en subsistent sont plus sûrement méconnaissables que le peuple de France en 2013  : la sabraïsation accélérée, la levantinisation inévitable des mentalités et des mœurs ont eu des effets désastreux, puis sur les chantiers vous ne trouverez plus que des Arabes des territoires, et des Roumains, des Chinois, et quelques Soudanais peut-être...]]></description>
            <dc:creator>Alain Eytan</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Sun, 28 Jul 2013 03:17:00 +0200</pubDate>
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        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132445#msg-132445</guid>
            <title>L'oisiveté est un état violent</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132445#msg-132445</link>
            <description><![CDATA[ Francis, si le problème de la liberté est &quot;abyssal&quot;, c'est qu'il mobilise une série de questions demeurant pour l'heure sans réponses : peut-être me direz-vous que c'est une façon bien convenue d'aborder la chose, mais c'est ainsi que j'en comprends les implications : qui dit liberté aussitôt fait apparaître le mufle menaçant et franchement casse-couilles du &quot;libre-arbitre&quot; ; et le libre-arbitre celui, affleurant immédiatement par-dessous, de l'inénarrable dialectique corps-esprit.<br />
La possibilité d'une réelle liberté humaine pose la question de la possibilité de l'indépendance d'une instance pensante en l'homme (le sujet de la conscience) et de son autonomie par rapport à la matière et ses propriétés (la  conscience et les états mentaux étant conçus comme des &quot;propriétés&quot; de la matière), étant entendu d'autre part que la matière est de part en part régie par des lois, c'est-à-dire entièrement déterminée. Quelque part entre la causalité déterminante de tous les processus et phénomènes matériels de ce monde (même si celle-ci n'est pas parfaitement connue, loin s'en faut, elle est du moins toujours postulée, et concerne en définitive tout ce qui existe ici-bas) et l'expérience, illusoire ou non, d'une capacité d'opérer des choix effectifs dans un espace mental intérieur de délibération entre plusieurs possibilités, prend forme et sens la notion de liberté.<br />
<br />
Je doute fort qu'aucun travail manuel n'apporte la solution à l'énigme que constitue la signification objective, s'il en est, du sens seulement subjectif et apparent qu'a acquis pour nous cette notion. Sachez plutôt, mais peut-être est-ce une question de tempérament — c'est aussi une réponse à Jean-Marc, qui semble vouloir me vanter les mérites de la <i>avoda ivrit</i> (littéralement &quot;travail hébreu&quot;) —, que la période pendant laquelle j'officiais vaillamment comme gardien de nuit à la Polyclinique d'Aubervilliers, entre autres, n'apporta absolument aucune lumière sur de tels sujets ; c'est des histoires tout ça...]]></description>
            <dc:creator>Alain Eytan</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Sun, 28 Jul 2013 01:14:14 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132442#msg-132442</guid>
            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132442#msg-132442</link>
            <description><![CDATA[ Alain, <br />
<br />
<br />
Vous allez retrouver Israël de 1948, quand les intellectuels rescapés construisaient ce pays et que, sur les chantiers, Herr Dr. Med. Sapirstein passait au Herrn Dr. Jur. Waldvogel des briques, opération qui avait comme fond sonore la muzak suivante : &quot;bitte schön, Herr Doktor... danke schön, Herr Doktor&quot;....]]></description>
            <dc:creator>Jean-Marc du Masnau</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Sun, 28 Jul 2013 00:09:28 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132413#msg-132413</guid>
            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132413#msg-132413</link>
            <description><![CDATA[ &quot;(...) je suis le seul à bosser ici (...)&quot;<br />
<br />
Eh bien non, justement, ce que vous produisez ici n'est <u>en aucun cas</u> un <i>travail</i>. C'est une liberté prise.]]></description>
            <dc:creator>Thomas Rhotomago</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Sat, 27 Jul 2013 09:20:40 +0200</pubDate>
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        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132404#msg-132404</guid>
            <title>Ne rien valoir que la corde pour se pendre</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132404#msg-132404</link>
            <description><![CDATA[ C'est bien ce que je pensais : je suis le seul à bosser ici. Tous des petits marquis méprisants, comme on écrit de nous sur <i>Boulevard Voltaire.</i> Alain, quand nous aurons pris le pouvoir je vous ferai envoyer à la production. Vous serez affecté à l'entretien du Mur, pas celui des Lamentations, l'autre, ou comme plagiste à Gaza, je n'ai pas encore décidé. Vous lirez Bergson après minuit, à la lampe électrique sous les couvertures de votre lit de camp, ça vous détendra.<br />
<br />
Quand vous rentrerez de votre petit stage de trois ans de ce régime, que vous passerez dans les talk-show radiophoniques ou télévisuels, et que le journaleux de service vous demandera &quot;Alain Eytan, la liberté, pour vous, c'est quoi ?&quot; je suis sûr, vous m'entendez, sûr, que vous aurez ENFIN des propos intéressants à nous livrer sur les questions que vous-même faites mine de soulever.]]></description>
            <dc:creator>Francis Marche</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Fri, 26 Jul 2013 10:03:17 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132401#msg-132401</guid>
            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132401#msg-132401</link>
            <description><![CDATA[ Mine de rien, Francis, vous avez l'air d'édicter une série de critères éthiques devant déterminer quelle est la meilleure façon de vivre, et d'inférer de ces préférences la seule liberté &quot;valable&quot; dans ces conditions. Ces critères sont en soi parfaitement respectables, et si ce mode de vie composite et de compromission convient à l'intéressé, je n'y trouve franchement rien à redire, mais cela peut ne pas agréer à tous, et je ne sache pas qu'il puisse y avoir en la matière règles si universellement nécessaires ou même souhaitables.<br />
Je puis vous assurer qu'on peut être vacancier absolu et durer.<br />
La &quot;composition avec la durée&quot; est d'ailleurs une expression qui me laisse perplexe : on ne choisit pas son temps comme on pourrait éventuellement discuter les termes d'un contrat d'embauche. Le temps est un réquisit si fondamental de toute existence possible, si indissolublement lié à l'être, qu'il ne se négocie ni ne s'aménage à discrétion, petites semaines besogneuses balisées, ou vastes étendues uniformes de temps blanc à perte de vue : je ne vois aucune position de surplomb, comme si l'on avait loisir d'accepter ou de refuser ; point de &quot;contrat&quot; passé avec le temps, pour moi cela n'a pas de sens : vous êtes, donc dans le temps, et c'est tout.<br />
Vous savez, avec votre eau dans le vin et l'économat avisé et prudent de la vie  en aménagement de la durée, comme un beau gigot ficelé, vous passez à côté de la &quot;durée&quot; bergsonienne : ce n'est que du présent, unique chaque fois, il n'y a tout simplement pas de longueur de corde pour se pendre.]]></description>
            <dc:creator>Alain Eytan</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Fri, 26 Jul 2013 03:44:38 +0200</pubDate>
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            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132399#msg-132399</link>
            <description><![CDATA[ Voici une banalité, mais délicate à énoncer : il n'est de liberté viable que composant avec les chaînes de la durée. La liberté absolue qui fait sauter le noeud des durées est porteuse de mort, de temps mort<i><u>s</u></i>. Elle tue le temps et avec lui le sujet absolument libre. Sans ses noeuds de durée, ses poches de nourricère vacuité encloses <i>dans des contrats de durée</i> ou dans les micro-cycles du travail, de l'ouvrage ou de l'oeuvre articulée aux morts temporelles maîtrisées (un début, une fin), la corde lisse du temps devient celle du pendu. <br />
<br />
Et la difficile évidence suprême: la liberté n'est viable que pour le sujet qui connaît ses chaînes et se sait propriétaire de la clé de leur déverrouillage.<br />
  <img src="http://fr.academic.ru/pictures/frwiki/80/PaldenGyatso.jpg" class="bbcode" border="0" />]]></description>
            <dc:creator>Francis Marche</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Thu, 25 Jul 2013 20:04:03 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132393#msg-132393</guid>
            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132393#msg-132393</link>
            <description><![CDATA[ La polysémie du terme français <i>composé</i> pourrait nous servir de fil d’ariane dans notre visite de la question abyssale de la liberté au détour de cette réflexion. Il peut signifier « composite », comme dans <i>salade composée</i> (<i>former un tout par assemblage ou combinaison de divers elements</i>, indique le dictionnaire du CNRS) ; il peut aussi s’employer intransitivement : « composer avec » c’est-à-dire transiger, comme dans « composer avec le mal » et enfin, pronominalement « se composer », signifier que l’on arrange son attitude et son expression selon l’apparence que l’on veut donner de soi à autrui. <br />
<br />
Dans la liberté telle qu’envisagée dans son actualisation au vivant et au social, les trois sens pourraient devoir entrer en jeu pour façonner une liberté qui ne meure point et qui, par l’effet d’une morbidité absolue, ne cause point non plus la mort autour d’elle. <br />
<br />
Il y a l’amour absolu qui porte à la folie et au meurtre et l’amour contractualisé dans une transaction, laquelle peut porter sur une séance d’ébats d’une heure ou deux comme sur une vie entière dans le cas du mariage ou, sinon de la vie entière, du moins une durée ouverte, étendue sans limite temporelle assignable, transaction vouée à la durée, où les deux partenaires se voient magiquement mariés à celle-ci, nouant leurs liens au temps lui-même. (Cette façon de se marier à Χρόνος lui-même en lui faisant promesse à lui et à rien d’autre donne à se voir, son sens mis à nu, par exemple dans ces dizaines de milliers de cadenas dont des couples de passage chargent les rambardes des ponts à Paris).<br />
<br />
Il y a l’alcool atténué, le petit vin, la boisson coupée d’eau (où l’alcool compose avec elle) qui rend gaie la jeunesse et les moins jeunes spirituels ou salaces, détendus et l’esprit joueur, spéculatif ; et il y a l’alcool absolu qui détruit, avilit, rend dément et tue sûrement.<br />
<br />
Il y a les voyages en boucle, petits tours de manège heureux d’où l’on rapporte au gîte photos, récits qui mettront en valeur la personne du voyageur auprès de ses connaissances et amis ; et il y a le voyage duquel l’on sait que l’on ne reviendra pas, ou duquel l’on sait que l’on ne rentrera pas autrement que vergogneux et fuyant si le retour ne peut être évité.<br />
<br />
Il y a d’une part le temps du travail contractualisé et composite qui conserve en lui un élément de vacuité et d’autre part le temps de l’esclave mono-tâche ou multi-tâche qui ne souffre aucune vacuité, et son pendant, la vacance absolu qui ne souffre aucune projection d’activité, ces deux dernières versions absolues du travail – esclave absolu et esclave de la vacance absolue — valant pour la première mort de la liberté, pour la seconde morbidité et fin du sujet libre dans la démence, la dépendance absolue ou le suicide.<br />
<br />
Pour se vivre, si vivre offre encore un intérêt ou une motivation intrinsèque (ce qui ne fut pas toujours le cas de tout le monde en politique, chez les enchaîneurs comme chez leurs opposants clamant <i>la liberté ou la mort</i> !), la liberté doit être <i>hypocrique</i>, elle doit composer avec les chaînes pour durer, voire avec les chaînes de la durée à l’image de l’idée qui s’impose à la vue des cadenas du pont de l’Archevêque en amont de Notre-Dame, car y a-t-il eu jamais de durée pensable et applicable à une action, une composition, un état quelconque sans transiger sur la liberté d’en rompre le cours et l’unité ? Toute acceptation de durée, toute image mentale d’une durée, toute formation, concrétion du temps en une durée théorique soumet la liberté à un compromis. Ce compromis accepté, la liberté s’inscrit dans une double hypocrisie, une hypocrisie composite : elle est compromise, impure, et de surcroît feint qu’il n’en est rien, feint de croire que l’avenir est libre d’ôter les bornes de la durée, que le contrat passé avec le Temps s’il ne peut être dénoncé aujourd’hui, le pourra demain ; <i>que le Temps conserve sa prérogative de dénoncer les durées que les hommes composent en son sein</i>.<br />
<br />
La liberté durable (impure et composite) <i>se compose une apparence</i> ; et cette apparence est contractualisée : elle propose pour contrat à qui l’aborde de <i>temporairement</i> l’accepter pour pure.<br />
<br />
Le travail sous contrat, le travail <i>enchaîné</i> du Travail (et non le travail <i>déchaîné</i> des esclaves et des joueurs du Capital) accepte la liberté et s'inscrit en elle, mais celle-ci est inscrite concentriquement dans l’hypocrisie composite que l’on vient d’évoquer.<br />
<br />
Pour ne point être mortelle et absolue, mortelle parce qu’absolue, la liberté entrée en composition avec le vivant en est complexe, contradictoire et composite à l'image même de ce qu'est le Travail.<br />
<br />
[message modifié]]]></description>
            <dc:creator>Francis Marche</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Thu, 25 Jul 2013 14:27:18 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132360#msg-132360</guid>
            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132360#msg-132360</link>
            <description><![CDATA[ « J'ai l'art contraire à mon désir », s'exclame Michel-Ange dans un de ses sonnets....]]></description>
            <dc:creator>Alain Eytan</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Wed, 24 Jul 2013 03:20:50 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132359#msg-132359</guid>
            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132359#msg-132359</link>
            <description><![CDATA[ Ne rien savoir de ce que l'on sera conduit, voire forcé d'accepter comme tâche, ouvrage, dans une semaine, produit une destruction de la personnalité qui doit recouvrir une destruction neuronale. Les personnes sans domicile fixe ni perspective d'activité, les trimardeurs, sont souvent des gens qui présentent des symptômes psychotiques du fait de cette totale vacuité qui, <i>parce qu'elle est totale</i>, rend impossible l'existence (cette existence qui est une coexistence, comme on l'a vu) d'une vacuité nourricière, <i>préparatrice de l'avenir et réparatrice du passé.</i><br />
<br />
Si l'avenir le plus immédiat nous atteint continuellement sans préparation, alors le passé ne peut lui non plus trouver le temps de s'autoréparer, de bénéficier du temps réparateur qu'offre la vacuité coexistentielle au travail. Et c'est la mort psychique qui bientôt frappe le sujet privé de <i>son</i> temps (dimension architectonique de son être).]]></description>
            <dc:creator>Francis Marche</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Tue, 23 Jul 2013 23:05:17 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132351#msg-132351</guid>
            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132351#msg-132351</link>
            <description><![CDATA[ Francis,<br />
<br />
Je ne partage pas totalement l'idée exposée dans votre dernier paragraphe. Je pense qu'il y a une tourbe de &quot;vagabonds et gens sans aveu&quot;, ces &quot;vagos y maleantes&quot; de la littérature espagnole.]]></description>
            <dc:creator>Jean-Marc du Masnau</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Tue, 23 Jul 2013 22:41:02 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132347#msg-132347</guid>
            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132347#msg-132347</link>
            <description><![CDATA[ L'armoire a été ramenée ce soir, elle est à nouveau très belle. Une porte n'était pas parfaitement ajustée au montage, l'artisan l'a reprise et la rapporte demain. Il y a encore du travail bien fait.]]></description>
            <dc:creator>Jean-Marc du Masnau</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Tue, 23 Jul 2013 22:29:35 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132290#msg-132290</guid>
            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132290#msg-132290</link>
            <description><![CDATA[ La <i>liberté</i> appaissant ici s'actualise comme vacuité dont la fécondité est indécidable (quand et comment s'organise en cet espace la gestation de l'activité future, nul ne le sait exactement) .<br />
<br />
Je m'interroge moi aussi sur <i>le temps de l'artiste</i>. Les artistes pourraient être répartis en deux groupes : celui des tâcherons, des &quot;travailleurs sous contrat&quot; et celui des abeilles qui ne peuvent pas ne pas créer, ne savent point être sans créer, qui créent sans qu'on le leur demande et qui finissent, souvent mais pas toujours, dans la misère matérielle.<br />
<br />
Il est remarquable que les génies se répartissent indifféremment dans les deux groupes. Michelangelo, par exemple, était un travailleur, un tâcheron, très à cheval sur les contrats, les cahiers des charges, les calendriers des paiements. Que le pape laissât filer une échéance, et c'était la grève sur le tas, le conflit, l'artiste posait ses revendications, allait déranger les grands de ce monde pour encaisser sa paie, se comportait avec eux comme le plus virulent des chefs syndicalistes. Et ne se comportait pas autrement non plus que comme chef d'atelier avec ses collaborateurs, menant son monde à la baguette, à la cravache, au rendement, assénant les objectifs, faisant travailler ses sous-tâcherons à la pièce, etc., et pour finir, comme un vulgaire petit patron du secteur des bâtiments et travaux publics, se fit un point d'honneur de mourir riche. Michelangelo, le plus grand, le plus sublime des artistes de son temps. Même affaire chez Salvador Dali (Avida Dolar) qui sur la fin avait mis au point un système de planche à billets : il signait à tour de bras des toiles ou des feuilles blanches qu'on lui achetait en les réglant en espèces ! Salvador Dali, incontestable maître de la peinture au 20e siècle, que l'on goûte ses oeuvres ou pas.<br />
<br />
A l'opposé, Van Gogh, Picasso, argent ou pas, ventre creux ou ventre plein, contrat ou pas, peignaient inlassablement, produisaient des chefs-d'oeuvre sans pouvoir faire autrement, qu'on les leur commande ou non. Et à ce propos se pose une question incidente, un rien embarrassante pour les génies incoercibles que flattent le romantisme et ses divers avatars modernes:  de celui qui ne peut faire autrement que produire des oeuvres, voire des chef-d'oeuvres, peut-il être dit qu'il est <i>maître de son art</i> ? La <i>maîtrise</i> ne suppose-t-elle pas aussi l'exercice de la vacuité, du point d'arrêt, la maîtrise du ne-point-faire, comme chez le guerrier de valeur la capacité de suspendre son geste et de retenir son glaive sur commande, la volontaire interruption et l'installation délibérée de la vacuité, la capacité à ne point donner de soi, autrement dit cette vertu présente chez tout travailleur et que l'on devrait admirer : celle de se poser des limites ou de consentir aux limites qu'on lui pose, de mouler son art dans un temps contractualisé ?<br />
<br />
Donc, le temps : que se passe-t-il dans l'âme ou l'esprit de l'artiste ou du travailleur pendant le temps d'exécution du contrat ? Très sans doute une coexistence, une occupation composite où entre l'attention à l'ouvrage en cours et la rêverie qu'il consacre à la prochaine ouvrage, et bien entendu la ressouvenance des plaisirs créatifs passés, des exécutions anciennes, y compris celles d'artistes tiers admirés, et celle des plaisirs esthétiques qui doivent, tout simplement, accompagner la vie de l'artiste. Cette part de vacuité unie à l'affairement des mains, chez l'artiste, il faut supposer qu'elle compose l'espace de gestation active qui justifie que l'artiste soit appelé <i>artiste</i> y compris durant les heures, les jours, les mois, voire les années où il n'oeuvre point. <br />
<br />
Qu'en est-il du travailleur non reconnu comme artiste ? Qu'advient-il de sa vacuité propre qui ne peut point être l'espace d'une gestation intérieure de l'oeuvre à venir non plus que de la ressouvenance de l'oeuvre passée ? A quoi sert-elle ? A rien. Elle est sans utilité autre que celle de se constituer <i>en prodigieuse liberté d'être autre que travailleur</i>, soit cela même qui m'a conduit à proposer de voir <i>l'extériorité</i> du travailleur, et l'altérité du travail, <i>dans</i> le travail du travailleur et prises dans le temps de son exécution, comme le <i>chômage</i> est au coeur le monde du travail et s'y montre consubstantiel.<br />
<br />
Le principe de non-contradiction : l'artiste non-oeuvrant, on vient de le voir, a quelques raisons de se prévaloir de l'appellation d'artiste. Mais le travailleur, <i>dont la vacuité n'est que liberté</i>, a-t-il quelque titre à se prévaloir de la qualité de <i>travailleur au chômage</i> ?<br />
<br />
Un <i>chômeur</i> est une contradiction vivante; l'état de chômeur ne peut exister car parfaitement aporétique : soit l'homme ou la femme est habité d'un projet d'ouvrage, d'oeuvre artistique, d'entreprise, et c'est alors ce qu'il ou elle est : un entrepreneur, un artiste en projet, soit il sait quand et comment il va retravailler et peut et doit se vivre comme travailleur actif en interruption de travail (qui peut en profiter pour &quot;renforcer ses compétences&quot;, etc.); mais en aucun cas il ne possède les moyens de se concevoir comme travailleur &quot;au chômage&quot; si rien, dans sa vacuité ne prépare l'ouvrage à venir. La totale vacuité du chômeur sans projet détruit, ruine, anéantit le travailleur qui n'a plus pour exister qu'un statut fondamental d'homme libre primitif. <br />
<br />
[je reviendrai sur cette question plus tard si d'autres interventions m'y engagent. Le sujet est immense]]]></description>
            <dc:creator>Francis Marche</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Tue, 23 Jul 2013 02:28:28 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132246#msg-132246</guid>
            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132246#msg-132246</link>
            <description><![CDATA[ C'est bien de valoriser le travail manuel et la fraternité ouvrière mais je me demande combien d'entre-nous exercent un travail manuel sur un chantier ou à l'usine et combien d'entre-nous ont incité leurs enfants à aller vers ces métiers.<br />
Pas moi, à mon grand regret. Socialement c'est assez bien verrouillé.]]></description>
            <dc:creator>Serge Diot</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Mon, 22 Jul 2013 09:03:00 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132245#msg-132245</guid>
            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132245#msg-132245</link>
            <description><![CDATA[ » <i>alors on ne peut contester que l'extérieur du travail n'est pas à l'extérieur du travailleur, et à plus forte raison pas à l'extérieur de la fabrique non plus, mais bien à l'intérieur du travailleur</i><br />
<br />
On le peut, s'il s'agit du travailleur travaillant, du travailleur à l'œuvre, occupé à sa tâche, et si l'on a juré fidélité à la logique : l'extérieur du travailleur en train de travailler doit être à l'extérieur de celui-ci, comme tout extérieur ne peut être à l’intérieur de ce dont il est l'extérieur, comme tout ce qui n'est pas consigné dans le contrat ne figure pas dans le contrat.<br />
On pourrait l'énoncer tautologiquement : on n'est pas libre quand on n'est pas libre ; pas libre de ne pas faire quelque chose (le travail) au moment où l'on est engagé contractuellement à le faire.<br />
Je soutiens que le principe de non-contradiction est au moins aussi contraignant, dans l’exercice de la pensée, que l'hypothèse d'une analogie entre ce que vous appelez &quot;le corps du Travail à l'échelle mondiale&quot; et le travailleur individuel, couvant en son esprit sa petite poche de &quot;liberté&quot; intérieure comme le Travail général contiendrait le vide constitué de millions de chômeurs (cela me fait d'ailleurs une impression bizarre, d'inclure dans la notion de &quot;Travail&quot; toute la foule constituée de gens ne travaillant justement pas, mais nous revenons là à la même question).<br />
<br />
Se profile là, cher Francis, le problème abyssal de la notion de &quot;liberté&quot;, sur laquelle, comme ça en a l'air, nous ne nous entendrons pas forcément ; il faudrait peut-être clarifier la chose. Pour ma part, la &quot;liberté&quot; relevant avant tout de l'expérience subjective de celui qui s'octroie, à tort ou à raison, la possibilité de choisir entre diverses possibilités, et surtout la prérogative (extravagante !) de n'être pas déterminé dans son action par des contraintes indépendantes de sa volonté — cela posé comme première approche possible —, il est bien entendu que cette liberté ne peut tout simplement s'obtenir par plaquage presque mécanique sur un individu d'une faculté (la liberté) en vertu d'une analogie de structure supposée entre un homme et un concept généralissime.]]></description>
            <dc:creator>Alain Eytan</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Mon, 22 Jul 2013 03:49:30 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132230#msg-132230</guid>
            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132230#msg-132230</link>
            <description><![CDATA[ Je n'avais pas pensé à Procuste, c'est bien trouvé !]]></description>
            <dc:creator>Jean-Marc du Masnau</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Sun, 21 Jul 2013 16:39:52 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132229#msg-132229</guid>
            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132229#msg-132229</link>
            <description><![CDATA[ <i>j'ai fait allonger un lit et aussi l'élargir pour y installer un sommier et un matelas aux normes modernes</i><br />
<br />
J'ai toujours su, même si vous le cachiez bien, que sommeillait en vous un <i>anti-Procruste</i>, cher Jean-Marc. Vous m'en voyez rasséréné.<br />
<br />
Puisse cela nous valoir quelques répercussions salutaires sur vos travaux statistiques dont vous aimez nous réserver la primeur.<br />
[<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Analyse_procust%C3%A9enne" target="_blank" rel="nofollow" >fr.wikipedia.org</a>]]]></description>
            <dc:creator>Francis Marche</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Sun, 21 Jul 2013 16:33:47 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132228#msg-132228</guid>
            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132228#msg-132228</link>
            <description><![CDATA[ Je crois que ce type de situation se retrouve toutes les fois où le travailleur n'a aucune prise sur l'organisation de sa tâche, aucune marge de manoeuvre.<br />
<br />
La moissoneuse va d'un point à un autre, tourne, revient en sens inverse, repart, inlassablement.<br />
<br />
La chaîne dépose l'objet, le geste est fait, la chaîne repart.<br />
<br />
La caissière dit bonjour, scanne, encaisse, dit au revoir, et arrive le nouveau &quot;client&quot;.<br />
<br />
Dans le même temps, tout le monde n'est pas Cendrars. Certaines personnes, les fameux cassos, ne peuvent &quot;travailler&quot; que si la tâche ne laisse aucune initiative, et que si on les met à la porte aussitôt qu'elles commettent la moindre incartatade (du style arriver en retard pour panne, maladié, décés, tremblement de terre, peste noire). Il faut les tenir, les &quot;cadrer&quot;.<br />
<br />
Notre société moderne dorlotte les cassos, elle les choye, ils ont le droit d'être un peu absents, les pauvres, ils ont le droit de ne pas être productifs.<br />
<br />
Figurez-vous, Francis, que je fais actuellement restaurer des meubles anciens (j'ai fait allonger un lit et aussi l'élargir pour y installer un sommier et un matelas aux normes modernes. Le travail a été très bien fait, l'ébéniste restaure en ce moment une armoire). L'ébeniste est venu  prendre le lit quand cela me convenait, il l'a ramené quand cela m'a convenu. Il a pris son temps, choisi le bois, trouvé des solutions techniques pour préserver au maximum l'existant. Cela, c'est du vrai travail, et j'ai payé en conséquence : un accompte lors de sa première visite, le solde le jour de la livraison, il était hors de question de faire attendre une heure pour un travail aussi bon.]]></description>
            <dc:creator>Jean-Marc du Masnau</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Sun, 21 Jul 2013 16:23:53 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132227#msg-132227</guid>
            <title>Album estival</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132227#msg-132227</link>
            <description><![CDATA[ Autre vue du <i>poële</i> cartésien : la machine-aux-pensées<br />
<br />
<br />
<img src="http://gw.geneanet.org/file/genewebfile/m/a/mandr/beauce_moissonneuse_lieuse.jpg" class="bbcode" border="0" />]]></description>
            <dc:creator>Francis Marche</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Sun, 21 Jul 2013 16:16:32 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132226#msg-132226</guid>
            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132226#msg-132226</link>
            <description><![CDATA[ &quot;prendre le trimard&quot; :<br />
<br />
[<a href="http://www.cnrtl.fr/lexicographie/trimard" target="_blank" rel="nofollow" >www.cnrtl.fr</a>]<br />
<br />
On trouve dans <i>Bourlinguer</i> de Cendrars une page où le narrateur conduit la moissonneuse-lieuse dans une immense plaine à blé du Canada, qu'il a pour contrat de raser en huit jours. <br />
<br />
Le vide intérieur que creuse cette tâche inhumaine est tel qu'il produit de la colère, que le corps fourbu met l'esprit en révolte. Ceux qui connaissent un peu, un tant soit peu, le labeur (travail à la chaîne, tâcheronnage absurde mais bien rémunéré, etc..) vous le confirmeront : <i>le labeur produit un grand épuisement intellectuel</i>. L'esprit, par instinct de survie, se prend à cavaler au rythme des mains, des doigts sur le clavier, etc... et se faisant, il s'épuise et s'abîme. <br />
<br />
Cendrars retranscrit bien le phénomène  -- la grande violence intellectuelle que cause le supplice du labeur auto-imposé, ou contractuellement imposé, met l'homme hors de lui, et c'est pour éteindre ce feu, le détourner qu'il boit, se bât, s'immole de diverses façons. <br />
<br />
Peu d'auteurs ont fait ne serait-ce qu'effleurer ce thème de l'emballement neurologique, de la spéculation débridée, incoercible de qui s'affaire en un mode d'être où la pensée et l'action sont en débrayage : il se creuse dans le travailleur un vide fertile, un non-être du travail vertigineux, lui-même épuisant, quelles que soient du reste les capacités du sujet à s'organiser et à conduire <i>une vie intérieure</i>.<br />
<br />
La moissonneuse-lieuse moisonne cette éventuelle vie, pendant qu'elle lie, et ligote, le travailleur à la tâche; et c'est pour empêcher que le vide complet ne s'installe en lui, que l'esprit, en lutte contre cette moisson, pousse ses blés dans une folle précipitation concurrente au rythme de la machine.]]></description>
            <dc:creator>Francis Marche</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Sun, 21 Jul 2013 15:57:07 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132224#msg-132224</guid>
            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132224#msg-132224</link>
            <description><![CDATA[ Votre remarque, cher Harry, me fait penser au remarquable &quot;Brother Can You Spare a Dime ?&quot;.<br />
<br />
Le terme français serait trimardeur mais, en hommage aux &quot;Brûleurs de dur&quot;, je dirai des &quot;chemineaux&quot;.<br />
<br />
<img src="http://www.therailroadpolice.com/hobos/hobo_Climbing_on_car.jpg" class="bbcode" border="0" />]]></description>
            <dc:creator>Jean-Marc du Masnau</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Sun, 21 Jul 2013 13:07:51 +0200</pubDate>
        </item>
        <item>
            <guid>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132223#msg-132223</guid>
            <title>Re : Le vingtième siècle à travers les âges (épistémé)</title>
            <link>http://www.in-nocence.org/public_forum/read.php?3,131991,132223#msg-132223</link>
            <description><![CDATA[ <i>Enfin, une troisième catégorie, celle des manoeuvres, des journaliers, toute cette population flottante, surveillée par la police et surtout par les gendarmes à la campagne. Ces gens-là travaillent parce qu'il le faut bien, car il n'y a pas d'Etat providence. Ils sont instables, absentéistes et critiqués.</i><br />
<br />
Aux États-Unis, les wobblies et les hobos (qui ne sont pas des clochards comme le croit un vain peuple, mais un sous-prolétariat itinérant et brûleur de dur).]]></description>
            <dc:creator>Henri Chatterton</dc:creator>
            <category>Forum principal</category>
            <pubDate>Sun, 21 Jul 2013 12:57:34 +0200</pubDate>
        </item>
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