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La chute de Constantinople

Envoyé par Gérard Rogemi 
Pendant qu'en occident on hésite à célébrer nos nombreuses victoires les Turques eux n'ont pas le plus petit scrupule et un film appellé Fetih 1453 magnifie de la manière la plus plate la victoire des ottomans et la chute de Constantinople.

Le film semble grosso modo respecter le déroulement des événements historiques tout en occultant par exemple de la manière la plus mensongère les sanglants massacres qui ont suivi la chute de la capitale de Byzance. Le succès de ce film en Turquie (le plus cher jamais tourné dans ce pays) a été formidable et le public turc en Allemagne applaudissait frénétiquement à la fin de chaque séance. Comme quoi les fantasmes de conquête de l'occident sont en terre musulmane omniprésents.




Utilisateur anonyme
09 mars 2012, 09:55   Re : La chute de Constantinople
Effroyable.

Je note au passage que les Ottomans n'ont pas eu besoin de l'aide et du savoir-faire de Ridley Scott, lui qui a réalisé le sinistre "Kingdom of Heaven" où les Croisés sont présentés comme des hommes à peine plus évolués que ceux des cavernes en face desquels les musulmans - nobles, tolérants et raffinés - opposent une chevaleresque résistance...
Je ne suis pas historienne ,encore moins spécialiste de l'empire ottoman. Comme souvent je fonctionne à l'intuition et cette intuition – qui vaut ce qu'elle vaut – me dit qu'il y a une similitude entre la période qui va du 13ème siècle au 15ème et celle que nous vivons. La quatrième croisade, en se retournant contre Constantinople, a été une croisade de chrétiens contre chrétiens. La ville ne s'est jamais remise de la mise à sac que les croisés alliés des Vénitiens lui ont fait subir. Elle en a été durablement affaiblie et cet affaiblissement a permis la victoire définitive des Turcs ainsi que la fin de l'empire chrétien d'orient. Or cet épisode de l'histoire occidentale a très vite disparu de la mémoire collective. En revanche et simultanément, nombre d'Européens s'entichaient de la culture arabe, oubliant, ou ignorant de bonne foi, ou reléguant au second plan – même si dans le silence des monastères le savoir antique s'entretenait assidûment – tout ce que celle-ci devait aux Grecs . Il semblerait que l'occident, à cette époque, ait voulu se justifier d'avoir trahi les siens en survalorisant la civilisation arabe aux dépens d'une civilisation greco-byzantine qu'il a a laissé sombrer dans l'oubli, une façon pour lui de dire qu'on n'avait rien perdu au change. Exactement comme aujourd'hui. D'une manière générale, d'ailleurs, l'empire byzantin et sa civilisation ont continué à être fort peu enseignés et assez peu présents dans les manuels scolaires.
Oui cher Rogemi. Il y a quelques années, alors que j'accomplissais un pélerinage devant la maison d'exil de Léon Davidovitch Bronstein sise dans l'ile de Bukuyada appartenant à l'archipel des Princes (Prinkipo), je fis un passage à Istanbul, qui célébrait la prise de Constantinople. Feux d'artifice, réjouissances, toute la ville, portée en outre par la prospérité economique du Tigre anatolien, bruissait de la joie ardente d'une population sûre d'elle-même et dominatrice. Avec l'AKP, la Turquie referme la parenthèse islamophobe du kémalisme pour renouer avec son passé ottoman et impérialiste. Il ne tient qu'à nous, Européens, de nous inspirer de cette belle leçon pour défendre notre civilisation européenne menacée.
N'oublions pas que les Byzantins créèrent les pires difficultés à la Première Croisade, ayant une attitude pour le moins ambigüe (affaire de Nicée, notamment), et qu'ils firent échouer la seconde à cause de la Principauté d'Antioche.
Citation
Avec l'AKP, la Turquie referme la parenthèse islamophobe du kémalisme pour renouer avec son passé ottoman et impérialiste. Il ne tient qu'à nous, Européens, de nous inspirer de cette belle leçon pour défendre notre civilisation européenne menacée.

Oui cher Petit-Détour il faudrait vraiment que nous nous inspirions de ce culte patriotique du passé pour arrêter la catastrophe déjà bien entamée.

Il y a 20 ans la Turquie était un nain touristique et le Grèce un géant.

Mais quand les Grecs firent la connerie abyssale d'adopter l'Euro ce fut sur la côte orientale de la mer égée le démarrage d'un boom touristique inoui. Comme les terrains de construction en bord de mer et les frais de personnel en Turquie étaient largement inférieurs à ceux de la côte grecque en l'espace d'une décennie des milliards de milliards s'investirent en résidences et complexes immobiliers et hôteliers. La ville d'Antalya passa de 500 000 habitants à plus d'un million.

Il ne faut pas oublier que les capitalistes ne dorment jamais et pendant que les hommes politiques grecs tergiversaient les consortiums financiers avaient déjà pris les décisions qui allaient précipiter la Grèce dans une poisse économique insurmontable.
C'était tout de même autre chose du temps où l'Occident répondait ceci à ceux qui venaient l'emmerder :



(Les effets spéciaux du film turc sont particulièrement mauvais.)
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