On peut ajouter à la liste Jean Raspail qui, comme il l'explique, s'est beaucoup intéressé aux civilisations (races et cultures) en voie de disparition, de marginalisation, d'extinction, d'une part, et à la France, la
francité (un terme inventé par Léopold Sédar Senghor !) d'autre part ─ ou en même temps.
Je pense qu'en vérité, l'un mène à l'autre. On se passionne pour l'étranger et les étrangers car on est solidement ancré (je serais tenté de dire
quelque part), mettons dans la culture nationale (par la connaissance des classiques). De plus, l'intérêt plus particulier pour les types d'étrangers, les
individus étrangers (qui sont étrangers comme ils pourraient être autre chose, j'entends : qui ne sont pas
d'abord étrangers) est un intérêt littéraire, le même qu'on peut ressentir à l'égard de n'importe quel personnage. Et l'intérêt est peut-être d'autant plus grand que le personnage est
autre. En cela, l'étranger est
très autre. Donc, très intéressant.
Vient certainement un moment où ce rapport se retourne et, ayant vu beaucoup de choses différentes, on considère son pays avec la distance que l'on pouvait mettre entre soi et un pays étranger. On en relativise les mérites, la grandeur. On est plus étranger à son pays, donc plus libre vis-à-vis de lui.
Dans la situation actuelle, je crois que de nombreux penseurs, notre Maître le premier, en viennent à voir la France comme une civilisation (on peut mettre ici différents mots) en voie de disparition, de marginalisation, d'extinction, ce qui implique, politiquement notamment, de se concentrer sur elle (ce que les fâcheux et les imbéciles appellent du
nationalisme à quoi ils ajoutent aussitôt la
haine de l'Autre ─ ce qui est contradiction manifeste avec l'œuvre des gens dont nous parlons).