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Ivan Rioufol face à la droite la plus bête du monde.

Envoyé par Paul Wenner 
[blog.lefigaro.fr]


La suite :
""""""""Parce que 21 des 43 candidats de la Droite populaire ont été battus, les procureurs de la « droitisation », rejoints par Alain Juppé ou Bruno Le Maire, remettent en cause l'ultime stratégie de Nicolas Sarkozy inspirée par son conseiller, Patrick Buisson. Ce fut pourtant ce choix qui permit au président candidat de gagner 7 millions de voix au second tour, n'échouant que de peu. L'UMP a perdu les législatives pour être redevenue muette sur la nation, ses valeurs, ses frontières. Les raisons de faire le procès des années Sarkozy ne manquent pas. Mais la critique des « gaullistes » et des « humanistes », défenseurs d'une droite éthérée, est une impasse. Sarkozy n'aura jamais été aussi bon que dans son ultime sprint. Ses derniers textes restent un point de départ.

Les sorts de François Bayrou et Ségolène Royal, éjectés par les électeurs pour s'être déconnectés du terrain, devraient servir de leçons. Quand Juppé, reconnaissant « un trouble dans notre électorat», déclare néanmoins (Le Monde, mardi) : « Notre rôle n'est pas de reproduire ce qui se dit sur les marchés, de suivre les tendances », il exprime un dédain du peuple et de ses attentes qui explique l'état du parti qu'il a fondé. Ses mises en garde contre « la xénophobie et l'islamophobie », deux fondamentaux du politiquement correct qui interdisent les critiques de l'immigration de peuplement et de l'islam radical, le montrent en prisonnier volontaire d'interdits décrétés par la gauche pour son profit électoral. En finir avec cette droite complexée, au point d'être devenue la plus bête du monde


L'UMP face au FN

La droite doit cesser de se laisser intimider par la gauche, alliée d'une l'extrême gauche qui abrite, derrière les critiques de la finance et du sionisme, un antisémitisme complotiste. Cette émancipation doit l'amener à examiner ce qu'est devenu le FN. Ce parti, qui s'est amendé sur l'antisémitisme et la Shoah, n'est plus, notamment pour une majorité de l'électorat UMP, l'épouvantail cher à la pensée automatique. Entendre François Baroin ou François Fillon dire que les valeurs du FN ne sauraient être celles de la droite revient à interdire à celle-ci, au prétexte de se distinguer, d'aborder des sujets sociétaux pourtant communs. C'est le but recherché par la gauche qui, avec son cercle de réflexion Terra Nova, s'est mise au service du communautarisme musulman (voir mon blog). Pour son président, Olivier Ferrand, parler de «racisme antifrançais», cette francophobie aisément observable, serait « le marqueur ultime du FN ». Il faudrait donc se taire. Comme il faudrait passer sous silence les autres symptômes de repliement d'une contre-société naissante.

Ce que l'UMP doit partager avec le FN, c'est une même lucidité et un même rejet des interdits de dire et de penser. L'expérience a prouvé qu'il ne fallait, sur ces sujets, rien attendre de la droite honteuse et de ses états d'âme. Elle porte la responsabilité du transfert des voix vers Marine Le Pen ou l'abstention. La meilleure façon pour la nouvelle opposition de devenir attractive et d'échapper à la pression de son concurrent, qui reste vulnérable comme le rappelle son maigre palmarès (deux députés FN élus), est de s'assumer dans des valeurs identifiées et dans la manière de les défendre. Le futur président de l'UMP, choisi à l'automne, aura pour rôle d'incarner cette droite libérée des œillères idéologiques, des faux humanistes et des tire-en-bas. Dans ce choix, il ne faudrait pas que la voix des électeurs déçus soit oubliée au profit d'une désignation réduite à des appareils confinés. Pourquoi pas des primaires ouvertes ?

Inéluctable libéralisme

Rien n'interdit à l'UMP reconstruite de devenir le lieu de rencontre entre des courants conservateurs, sociaux et libéraux. Encore faudrait-il, sur ce dernier aspect, qu'elle engage également une réflexion sur la place à donner au libéralisme, ce mot encore plus imprononçable depuis que le PS a décidé, seul, d'aller à contre-courant de l'Europe. Alors que les Grecs dans la panade viennent de voter pour les conservateurs, qu'Angela Merkel s'inquiète des « solutions de facilité » de la France, que David Cameron propose le « tapis rouge » pour les entreprises fuyant le prochain matraquage fiscal, le gouvernement est pris au piège de son idéologie confiscatoire et redistributive, inconciliable avec le désendettement qui oblige à des rudes économies, des mises en concurrence, des privatisations. À la nouvelle droite de réhabiliter l'inéluctable libéralisme""""""
Tous les chefs et les cadres de l'UMP sont anti-FN et le resteront. C'est dans leurs valeurs et ils sont convaincus que le FN est un parti xénophobe, voire pire... On a vu AUCUN ténor ou cadre de l'UMP tendre la main au FN. Qu'est-ce qui permet alors de croire en une quelconque alliance, même dans 5 ans ?
Il est vraisemblable que Chirac détestait plus le FN que l'extrême gauche, et il est notable que beaucoup de cadres de l'UMP ne sont pas critiques envers l'islam et le monde arabe - alors que nombre de cadres UMP sont anti-israéliens.
Il n'y a eu de telles pertes dans les rangs de la droite populaire que pour des raisons techniques et non politiques :

- les élus de la droite populaire l'étaient, justement, par les circonscriptions populaires. Les hordes rouges étant encore un peu loin du square de l'Alboni (j'y ai habité au sixième étage), M. Goasguen n'était pas menacé ;

- les zones de force de la droite populaire étaient celles du Front national, d'où un pourcentage élevé de triangulaires (voir les chiffres que j'ai cités dans un autre message).

A mon avis, le Front national a fait une erreur en maintenant ses candidats dans ces circonscriptions-là.
Utilisateur anonyme
23 juin 2012, 21:22   Re : Ivan Rioufol face à la droite la plus bête du monde.
Bon d'accord.
UMP et "valeurs" me laissent dubitatif.
Ca va comme ça ?
Vous rendez-vous compte de ce que vous écrivez ?
Utilisateur anonyme
23 juin 2012, 22:12   Re : Ivan Rioufol face à la droite la plus bête du monde.
Citation
Jean-Marc
Vous rendez-vous compte de ce que vous écrivez ?
Notez bien que je ne faisais que reprendre le titre d'un livre qui doit encore se trouver en librairie quand tant d'autres ont disparu.
Que les échos de la presse me renvoient aussi des soupçons que des juges renonçant à leur nonchalance légendaire auront à lever.
"Tous les chefs et les cadres de l'UMP sont anti-FN et le resteront. C'est dans leurs valeurs et ils sont convaincus que le FN est un parti xénophobe, voire pire... On a vu AUCUN ténor ou cadre de l'UMP tendre la main au FN. Qu'est-ce qui permet alors de croire en une quelconque alliance, même dans 5 ans ?
Il est vraisemblable que Chirac détestait plus le FN que l'extrême gauche, et il est notable que beaucoup de cadres de l'UMP ne sont pas critiques envers l'islam et le monde arabe - alors que nombre de cadres UMP sont anti-israéliens".




Vous avez raison, hélas. La droite a - ou plutôt avait - une vision fondamentalement éthique de la politique, la gauche une vision morale. D’un côté Excalibur, de l’autre les Béatitudes : c'était simple ; deux univers de valeurs bien différents, mais aussi impolitiques (impropres à la compréhension de ce qu’est la politique) l’un que l’autre. Aujourd’hui, c’est la vision morale qui domine, et la droite se doit de courir après la gauche (c'est du moins ce qu'elle s'imagine avoir de mieux à faire...). Et c’est ainsi que cette société, que beaucoup jugent dépourvue de toute morale, peut en réalité se retrouver porteuse d’une morale d’un autre genre, d’un moralisme omniprésent, que propagent ses dévots, ses missionnaires et ses ligues de vertu.
Je ne sais pas ce que pensent les cadres que vous évoquez, je puis vous dire que j'étais le soir du second tour à la permanence UMP et que les partisans et sympathisants ont applaudi à la victoire de Mlle Le Pen, et que quasi-tous disaient qu'il fallait une alliance. Les reports de voix sur le FN, dans les quelques cas où c'était possible, ont été très bons. Dans l'autre sens, cela a été plus difficile.

Une façon de faire serait aussi que le FN arrête de parler d'UMPS et concentre ses attaques contre la gauche.

Pour Chirac, c'est plus simple : M. Le Pen lui tapant dessus sans arrêt, il est logique que chaque coup ait été rendu.
Coup de bambou

Juin 2012 par Eric Zemmour Chronique

La défaite de Nicolas Sarkozy renvoie la droite à sa situation du début des années 1980. Avec l’avantage, cette fois, de pouvoir puiser dans son expérience pour ne pas commettre les mêmes erreurs…

Les lendemains de défaite ne sont jamais apaisés. La droite a connu ces tempêtes à chaque fois, après 1981, 1988, et 1997. Rè glements de comptes, rivalités générationnelles, querelles de chefs, remises en question de la stratégie, de la ligne politique, des alliances. L’UMP de l’après- Sarkozy ne pouvait pas échapper à la règle. La sortie de François Fillon dans le Figaro Magazine, annonçant qu’il n’y avait plus, depuis le départ de Nicolas Sarkozy, de « leader naturel » à l’UMP, a pourtant surpris. La rapidité de la réaction, la formule acérée qui tranchait avec le caractère habituellement placide, voire pusillanime, de Fillon. Le contexte de la campagne des législatives, qui pousse plutôt aux grandes homélies unitaires. D’ailleurs, elles n’ont pas tardé. Devant la colère de Copé, Alain Juppé a tout de suite joué les casques bleus unitaires. Et le secrétaire général de l’UMP lui-même a conclu l’armistice : « François Fillon a parfaitement raison sur le leadership. Personne n’a un grade supérieur aux autres. » Sous-entendu : même pas un ancien Premier ministre.

Les escarmouches vont donc cesser. Provisoirement. La guerre est suspendue. Mais la paix n’est pas signée. Les ambitions sont affichées. Objectif 2017. La primaire est déjà programmée. Alain Juppé et les autres casques bleus ont seulement réussi à retarder le début des hostilités. Copé et Fillon sont déjà sur la ligne de départ. Mais ils ne seront pas les seuls.

Les deux hommes soignent leurs différences. Copé s’affiche en cogneur contre la gauche. Il ne tarit jamais d’éloges sur Sarkozy, « un grand homme d’Etat ». Il est vrai qu’il doit faire oublier son pari initial : prendre la direction de l’UMP en misant sur la défaite du Président sortant en 2012. Son style est trop proche de celui de Sarkozy. Après dix ans éventuels de sarkozysme, 2017 aurait donné une désagréable impression de… “Copé-coller”.

François Fillon pose au sage. A l’homme d’Etat qui avait annoncé dès 2007 que l’Etat était en faillite. Il soigne son profil à la Raymond Barre, alors même qu’il s’est formé politiquement auprès de Philippe Séguin, dans les rangs des gaullistes sociaux. Mais il a oublié depuis longtemps ses glorieux états de services antieuropéens de la campagne de Maastricht de 1992. Il parle désormais parfaitement le langage bruxellois. Il fera tout pour sauver l’euro. Il est pour la règle d’or budgétaire. Il est contre le protectionnisme.

Son rival Jean-François Copé est d’accord sur tous les points. Le maire de Meaux et député de Seine-et- Marne a connu lui, la griserie, des campagnes iconoclastes avec Jacques Chirac en 1995, quand il s’agissait de « réduire la fracture sociale ». Mais Copé a lui aussi oublié ces temps héroïques. C’est un libéral sans états d’âme. Les deux hommes auront du mal à se différencier. Si ce n’est par le style, la forme, l’âge.

Copé a pris en mains le parti. Fillon est plus populaire dans l’opinion. Mais la primaire socialiste nous a appris que les militants suivaient désormais les sondages ; et le succès des personnalités consensuelles, de Simone Veil à Rama Yade, en passant par Bernard Kouchner, nous a enseigné que les sondages de popularité n’avaient rien à voir avec la politique.

Reste le Front national. Les deux hommes sont sur la même ligne : en cas de triangulaire, ni Front national, ni front républicain. Mais, dans le passé, on a cru déceler quelques inflexions. Quand Nathalie Kosciusko- Morizet, emportée par sa croisade médiatique contre Marine Le Pen, annonçait qu’elle voterait pour le socialiste en cas de duel FN-PS, Copé la tançait sévèrement, tandis que Fillon semblait compréhensif. On en a déduit que Copé serait prêt à s’accorder avec Marine Le Pen si son destin présidentiel en dépendait, tandis que François Fillon saurait garder les « mains propres ». Dichotomie manichéenne de médias qui ont besoin de bons et de méchants pour leur mise en scène quotidienne. C’est maigre, en réalité. Copé a l’image d’un ambitieux cynique sans scrupule, quand Fillon se dissimule derrière une éducation de bon aloi. Mais comme disait Talleyrand : « La parole a été donnée à l’homme pour dissimuler sa pensée. »

Les relations entre le Front national et l’UMP sont devenues plus complexes que jamais. Dans les années 1980, Jean-Marie Le Pen (comme Jacques Chirac) se voulait un Reagan français. Le RPR avait repris sur l’im- migration le programme du FN. Cette proximité intellectuelle n’existe plus. Le Front national a suivi idéologiquement la transformation sociologique de ses électeurs : il est devenu le parti des victimes de la mondialisation, ouvriers, employés, mais aussi petits patrons. Marine Le Pen, entourée d’anciens chevènementistes, est colbertiste, protectionniste, sociale.

L’UMP a entériné, en revanche, la victoire idéologique de l’ex-UDF sur l’ex-RPR. Il est le parti de l’Europe, de la mondialisation régulée mais réputée heureuse. A part quelques franges (la Droite populaire), l’UMP est devenue une grosse UDF. Ses électeurs sont d’abord les retraités (pas forcément aisés), qui craignent les effets de la mort de l’euro sur leurs économies. Pourtant, paradoxalement, jamais les électeurs de l’UMP (de 59 à 70 %, selon les sondages) n’ont été aussi désireux d’une alliance avec le Front national. C’est bien sûr la question de l’immigration qui fait, au-delà des désaccords économiques, la jonction des deux électorats.

C’est ce qu’avaient bien compris Nicolas Sarkozy et le grand inspirateur de sa campagne, Patrick Buisson. C’est en chevauchant cette frontière idéologique avec son discours sur la « frontière », rédigé avec lyrisme par Henri Guaino, que Sarkozy a non seulement réussi à se qualifier pour le second tour, mais a failli l’emporter d’une courte tête. S’il n’a pas créé l’énorme surprise, c’est qu’une partie de l’électorat du FN n’avait ni oublié ni pardonné sa désillusion de 2007. C’est d’ailleurs à cause du même sentiment d’incrédulité que les hiérarques qualifiés pompeusement d’“humanistes” par les médias – les anciens Premiers ministres Juppé, Raffarin, Fillon, sans oublier les cautions « parité et diversité » NKM, Rachida Dati et Rama Yade – ont suivi le candidat Sarkozy dans ses “transgressions” qui faisaient frémir la gauche. Sarkozy a violé l’UMP pendant sa campagne ; mais la victime, n’y croyant pas vraiment, l’a laissé faire.

Ce jeu de rôle cynique peut tenter Jean-François Copé. Mais personne – ni au FN, ni à l’UMP – ne le laissera jouer. Fillon pourra alors monter en première ligne au nom de la “morale”.

Pourtant, seule cette ligne audacieuse permettrait de rassembler le “peuple de droite”. Les modérés d’antan sont marginalisés ou passés à gauche (l’Ouest de la France, autrefois terre d’élection des centristes, est devenu un camp de base socialiste). Comme si la bataille au sein de l’UMP était terminée avant même d’avoir commencé, faute non de combattants, mais de différences réelles.

Ce manque de substance pourrait plomber le combat annoncé. Les adversaires en resteraient au combat de nains.

Les divisions du parti majoritaire – au risque de l’explosion – pourraient alors provoquer le retour de l’enfant prodigue : Nicolas Sarkozy. Il a certes annoncé son retrait de la vie politique, mais pas à la manière brutale et définitive de Lionel Jospin. Il risque de s’ennuyer et aura du mal à se désintoxiquer. En France, il n’y a pas d’exemple de retour réussi. Giscard en sait quelque chose. Mais pas en Europe. Berlusconi a réussi. En Hongrie, Viktor Orban est un modèle (ou un contremodèle ?) passionnant. A la chute du mur de Berlin, il est un jeune libéral décomplexé. Il incarne l’ouverture à l’Europe, au monde, au capitalisme débridé. Battu par les socialistes, il reviendra au pouvoir sur une ligne patriotique, antieuropéenne, antimondialisation. Il devient la tête de Turc de Bruxelles et des médias internationaux, mais gagne haut la main les élections en Hongrie. Mais Nicolas Sarkozy osera-t-il ?

La source i c i
Jean-Marc, on voit depuis des décennies une majorité de français "qui craignent l'islam", et qui sont "hostiles à l'immigration" ; et depuis des lustres les cadres, eux, n'ont pas ces réticences et imposent leur politique aux populations. Parmi ces dirigeants, il y a ceux de l'UMP, qui n'en ont rien à faire de ce que pense ou veut la base, l'électeur et le sympathisant. Seuls les chefs comptent ; c'est ce que pensent les chefs, qui sont d'ailleurs unanimes, qui compte, pas ce que disent les bases dans les soirées électorales. A la limite, même e candidat ou le député sont considérés comme "de base" par ces appareils (cf. le sort des opinions de la droite libre et de la droite populaire), seuls quelques personnes décident de tout et impriment la politique.
C'est seulement le jour où des personnalités de droite se prononceront dans le sens que vous souhaitez, que vous pourrez espérer quoique ce soit. Maintenant, si vous croyez que l'avis des gens compte...
Loik, votre message me plait beaucoup, voyez sur un autre fil à propos de l'environnement.
[maximetandonnet.wordpress.com]

On en a assez du baratin sur les "valeurs" !
"Depuis la débâcle électorale de dimanche, l’essentiel des débats porte autour des « valeurs ». Je pense par exemple à Alain Juppé, en une du Monde : « L’UMP doit clarifier ses valeurs». Derrière ce message se profile bien entendu la condamnation d’une supposée connivence de la majorité sortante avec le FN.
Ce discours, que répètent comme des perroquets tous les politiques de gauche et une partie de ceux de droite, me paraît étrangement décalé avec la réalité quotidienne.
En effet, les partis politiques n’ont pas pour vocation première de disserter sur les “valeurs” et de se substituer ainsi aux religions, aux autorités morales, aux philosophes. Leur rôle est par définition de concevoir des politiques et de les mettre en œuvre au service de leur pays.
La politique signifie “le gouvernement de la cité”. Jongler avec les “valeurs” ou les symboles, de la part des politiciens, est une manière de fuir la décision politique.

Alain Juppé ajoute: “Notre rôle n’est pas de reproduire ce qui se dit sur les marchés.”
Leur rôle est pourtant bien de travailler à régler les problèmes des Français, y compris ceux qui s’expriment sur les marchés. Il est tellement plus facile de se proclamer gourou des droits de l’homme que d’avoir à gouverner vraiment, à trancher et à assumer des responsabilités parfois douloureuses.
Les politiques, enfin ceux que nous voyons et entendons depuis dimanche soir, donnent le sentiment de n’avoir rien compris. Leur mission, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, est aujourd’hui d’agir ou de réfléchir à des solutions concrètes pour régler les problèmes que vivent les Français au quotidien, qu’eux, les politiques, ne veulent absolument pas voir et dont on parle sur les marchés : le chômage, la pauvreté, la dette, les zones de non droit, l’insécurité, l’immigration non maîtrisée qui condamne les quartiers et les collèges déjà les plus déshérités. L’enjeu fondamental tient à la prise en compte des réalités.
D’ailleurs, ils ne parlent de “valeurs” que pour dégager en touche, éviter les sujets qui fâchent. Ils confondent “valeurs” et “vaches sacrées”. Ils invoquent les “valeurs” pour éviter d’avoir à affronter les sujets tabous.
Les vraies valeurs (le respect de la personne, des biens, des libertés d’autrui) sont menacées dès lors que les politiques refusent d’assumer leur responsabilité : le nihilisme, l’intolérance et la haine naissent du sentiment d’abandon. Si les citoyens sentent que leurs souffrances, leurs préoccupations, leurs malheurs sont pris au sérieux, les questions de valeurs ne se présenteront même pas.
Un taux d’abstention de 45% aux élections législatives, c’est du jamais vu ! Moins de 20% des Français ont manifesté une adhésion aux nouveaux dirigeants.Où va-t-on avec cela ? Ce dédain des urnes signifie que les Français ne croient plus en la démocratie ni en la politique. Quant aux 20 % d'électeurs représentés seulement par 2 députés à l'assemblée, celà signifie que la démocratie a vécu en France !
J’aurais donc envie de dire aux politiques : faites votre boulot plutôt que d’ergoter sur les valeurs car c’est la meilleure façon pour vous de défendre et de faire triompher ces dernières."


Maxime Tandonnet
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