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Nouvelles de Richard Millet

Envoyé par Gérard Rogemi 
Va bientôt paraitre:
De l'antiracisme comme terreur littéraire -
Richard Millet; Broché, EUR 14,16

A propos je crois que je n'avais pas encore proposé cette émission de Radio-Courtoisie du 26 juin 2011. L'invité était Richard Millet venu parler de son livre La Fatigue du Sens. Pour télécharger le fichier audio cliquez i c i
Utilisateur anonyme
19 août 2012, 10:29   Re : Nouvelles de Richard Millet
Ces paysans corrèziens ne sont vraiment pas sortables.
[bibliobs.nouvelobs.com]


Breivik prix Goncourt ?

Par Jérôme Garcin
Tandis qu'on attend le jugement du tueur norvégien, prévu pour le 24 août, Richard Millet publie un «Eloge littéraire d'Anders Breivik».

Dans ses livres d'acier, Richard Millet répète qu'il est le seul écrivain à savoir tirer à la ligne et à balles réelles. Il prétend être l'héritier direct de Bossuet et se flatte d'avoir combattu aux côtés des Phalanges chrétiennes libanaises, prétendant même avoir tué «des hommes, des femmes, des vieillards, peut-être des enfants». Editeur chez Gallimard, il se vante également d'avoir publié dans la Blanche (tout un symbole pour lui) les romans guerriers de Jonathan Littell et d'Alexis Jenni, deux lauréats du Goncourt.

Un prix que, cette année, il donnerait volontiers à un auteur injustement décrié par «l'Occident socialiste», victime du « grand mensonge médiatique »: Anders Breivik. Contrairement à García Márquez, Lessing, Le Clézio ou Eco, que Millet vomit, ce Norvégien de 33 ans est un écrivain selon son coeur: il a de l'encre et du sang sur les mains.

Rappelons que Breivik a rédigé un livre électronique de 1 500 pages, «Déclaration d'indépendance européenne», qui «contient des analyses pertinentes de la perte de l'identité nationale», et qu'il a commis un acte que Millet «n'approuve pas», mais dont il souligne en esthète «la perfection formelle» et «la dimension littéraire»: le meurtre de 77 personnes, surtout des adolescents, sur l'île dUtøya. Cela mériterait bien le prix Goncourt des lycéens.

Afin d'aider à la reconnaissance de ce tueur incompris dont le jugement sera prononcé le 24 août, Richard Millet, qui tient «l'antiracisme pour un terrorisme», publie un «Eloge littéraire d'Anders Breivik» (Pierre- Guillaume de Roux, 16 euros), où les gamins assassinés étaient «de futurs collaborateurs du nihilisme multiculturel» et où «Breivik est ce que méritait la Norvège», laquelle a sacrifié les chants grégoriens au «chant du muezzin». Au seuil de ce livre abject où Millet sonne l'Angélus, une phrase de Drieu la Rochelle suggère que nous allons assister à un suicide littéraire. En effet.

Jérôme Garcin
Tant que Garcin n'aura pas le Goncourt il va nous les gonfler.
Je vous remercie, cher Rogemi.

Viens de finir la lecture de Langue Fantôme (suivi de...) : linguistique, esthétique et morale (termes empruntés à ce livre).
Quand on en vient aux facilités de style de ce niveau : "Au seuil de ce livre abject où Millet sonne l'Angélus", c'est qu'on na pas grand-chose à dire.
Le même trouve dans doute Breton très bien, même quand il explique que l'acte surréaliste par excellente consiste à prendre un revolver et à descendre tirer au hasard dans la foule - ce qui gène sans doute Garcin ici, c'est, je pense, l'absence de hasard - ou le fait que les victimes soient des gauchistes.
Le même admire Foucault (Michel) qui admirait ce jeune homme homicide, qui avait tué père et mère.
Le même est le premier à trouver des circonstances atténuantes à tous les escrocs de la terre tant qu'il est possible de les catégoriser parmi les victimes.
Breivik est aussi une victime (donc la conséquence d'un état de fait) en ce sens : de l'absence de père, de l'islamisation, de la disparition de l'identité européenne... La souffrance de Breivik - qui est sans doute fou en effet - est celle de tout l'Occident : perte de repère, de spiritualité, invasion, violences symboliques, réelles, économiques, etc. Pire que tout : ennui. Un Breivik n'est possible que dans ces lieux où la lassitude d'être et l'ennui ont pris le dessus sur tout le reste.
Dans un pays en guerre armée, on n'a ni le temps ni l'occasion d'être las ou de s'ennuyer.
Le même admire Foucault (Michel) qui admirait ce jeune homme homicide, qui avait tué père et mère.

Je ne suis pas persuadé que Pierre Rivière ait tué son père...

Le même trouve dans doute Breton très bien, même quand il explique que l'acte surréaliste par excellente consiste à prendre un revolver et à descendre tirer au hasard dans la foule - ce qui gène sans doute Garcin ici, c'est, je pense, l'absence de hasard - ou le fait que les victimes soient des gauchistes

Il me semble qu'il s'agit largement d'une allusion à la première des "Mamelles de Tirésias", d'Apollinaire, en juin 17.
Vaché, habillé en officier anglais, y avait menacé le public de son revolver, Apollinaire braillant quant à lui en direction de ce même public : "Cochons !". Les lecteurs du Second manifeste ne pouvaient manquer de faire le rapprochement (inutile de dire que Vaché n'avait pas tiré).
La phrase se trouve dans le premier "Manifeste du surréalisme", même si c'est sans doute, en effet, une référence à l'épisode de Vaché.
La gauche a une curieuse manière de discriminer les victimes sur lesquelles elle verse des larmes !
21 août 2012, 14:41   Re : Nouvelles de Richard Millet
Citation
Jean-Marc
Le même admire Foucault (Michel) qui admirait ce jeune homme homicide, qui avait tué père et mère.

Je ne suis pas persuadé que Pierre Rivière ait tué son père...

Le même trouve dans doute Breton très bien, même quand il explique que l'acte surréaliste par excellente consiste à prendre un revolver et à descendre tirer au hasard dans la foule - ce qui gène sans doute Garcin ici, c'est, je pense, l'absence de hasard - ou le fait que les victimes soient des gauchistes

Il me semble qu'il s'agit largement d'une allusion à la première des "Mamelles de Tirésias", d'Apollinaire, en juin 17.
Vaché, habillé en officier anglais, y avait menacé le public de son revolver, Apollinaire braillant quant à lui en direction de ce même public : "Cochons !". Les lecteurs du Second manifeste ne pouvaient manquer de faire le rapprochement (inutile de dire que Vaché n'avait pas tiré).

Ce ne peut être en tout cas un référence aux exploits guerriers de Breton qui a passé sa guerre de 14 assez tranquillement dans les services de santé de l'armée à la différence d'Apollinaire que vous évoquez.

Je ne crois pas non plus qu'il ait été un grand résistant.

Il lui était plus facile de cracher sur les cadavres littéraires. Les déclarations de Breton et de ses disciples en font de tristes tartarins littéraires. Il y a dans le surréalisme un côté clinquant, de pacotille, un aspect matamore habillé de paillettes luttant dans l'arène contre une vachette.
J'attends confirmation des citations exactes de Richard Millet où il donnerait volontiers le Goncours à Breivik et où il parle de " perfection formelle" de son acte (ou de ses écrits?).
Je n'arrive pas à y croire . Garcin hait Millet et des propos sont si vite transformés ou sortis de leur contexte.
Si c'était vrai il ne me resterait plus qu'à balancer à la poubelle les livres de Millet que je tenais en haute estime.
Il lui était plus facile de cracher sur les cadavres littéraires. Les déclarations de Breton et de ses disciples en font de tristes tartarins littéraires. Il y a dans le surréalisme un côté clinquant, de pacotille, un aspect matamore habillé de paillettes luttant dans l'arène contre une vachette.

Evidemment. Personne ne pouvait prendre leurs pitreries au sérieux. Les crimes de Breivik sont hélas bien réels.
Il faut bien lire le titre : Eloge littéraire d'Anders Breivik. Il ne s'agit pas d'une apologie, à première vue. Attendons d'avoir lu ce livre avant de juger.

Le coup du Goncourt, ça me fait penser à Céline, pour qui la guillotine était le prix Goncourt du crime. Si Breivik tient à la vie, il ferait bien de refuser ce prix.
Les surréalistes faisaient souvent l'éloge des auteurs des pires faits divers de leur époque ! Ce n'était pas que des pitreries, c'était bien de l'apologie de crimes pure et simple - et non une analyse comme chez Millet.
Des "tartarins littéraires" de cette qualité, on en redemande. Jugements croisés de Gracq et de levi-Strauss sur Breton : le premier le décorait d'anneaux de Saturne portés en sautoir sur la poitrine, le second le réputait être un sourcier infaillible du "beau", un orpailleur des jours.

Cherchant un peu au hasard le passage de Gracq, j'en ai trouvé un autre, dans Lettrines :

« Breton. il a toujours porté dans les choses de l'art le goût violent qu'on a soudain pour une robe fraîche de femme qui se déplisse avec le premier soleil d'avril — et si on dressait la chronologie de ses admirations successives, on se rendrait compte que presque chaque année il a présenté à ses amis sa collection de printemps. Tout comme D.H. Lawrence n'admettait comme matériau noble, en architecture, que l'adobe, parce qu'il se délaye dans les grosses pluies, il n'a aimé le génie que quand il a sa saison (Rimbaud, Nouveau, Cros, Lautréamont, Jarry sont des "variétés hâtives"), il n'a jamais voulu cueillir que des perce-neige. Et honni soit qui mal y pense : sa critique, quand elle est la meilleure, est toujours une critique de l'émoi, et le jugement froid et rassis lui laisse ici la plus belle part : ce qui se cueille, se respire, dans sa fleur. »
Peut-être Millet a-t-il tout simplement pété un plomb, comme on dit.

Il n'empêche, il met le doigt sur quelque chose de crucial: le choix des cibles par Breivik, ces " futurs collaborateurs du nihilisme multiculturel". Breivik aurait pu faire sauter des mosquées, il s'en est pris au régime norvégien en place et à ses disciples. Ce faisant, il a agi comme ces oncologues, qui, au lieu de s'attaquer à un organe ou a un tissu lésé par le cancer, visent les gènes responsables de sa frénétique activation.

[www.nytimes.com]

Extrait: Dr. Wartman is a pioneer in a new approach to stopping cancer. What is important, medical researchers say, is the genes that drive a cancer, not the tissue or organ — liver or brain, bone marrow, blood or colon — where the cancer originates.

Au lieu de s'attaquer à la tumeur-islam, Breivik a tragiquement tenté de détruire ce qui l'alimente et la diffuse. Et personne n'y a gagné quoi que ce soit.
Citation
Au lieu de s'attaquer à la tumeur-islam, Breivik a tragiquement tenté de détruire ce qui l'alimente et la diffuse. Et personne n'y a gagné quoi que ce soit.

Breivik a vécu dans une illusion totale car ce n'est pas en tuant 75 adolescents et adolescentes participant à un camp des jeunesses socialistes qu'il avait la moindre chance de détruire la source de la tumeur.

Même en tuant des milliers de gens on n'arrivera pas à assécher ce qui alimente la tumeur. On a à faire à une décadence, une perte de vigueur de l'occident qui vient de loin et qui est inscrite dans un processus historique long.
Cette mort lente du monde occidental est-elle un processus historique, ou un processus philosophique ?
Dr. Wartman Jeeze! what a name for a cancer doctor.. dear dear dear ..!
22 août 2012, 05:16   Re : Nouvelles de Richard Millet
Citation
Jean-Marc
Il lui était plus facile de cracher sur les cadavres littéraires. Les déclarations de Breton et de ses disciples en font de tristes tartarins littéraires. Il y a dans le surréalisme un côté clinquant, de pacotille, un aspect matamore habillé de paillettes luttant dans l'arène contre une vachette.

Evidemment. Personne ne pouvait prendre leurs pitreries au sérieux. Les crimes de Breivik sont hélas bien réels.

Eux-mêmes se prenaient terriblement au sérieux.
22 août 2012, 05:25   Re : Nouvelles de Richard Millet
Citation
Alain Eytan
Des "tartarins littéraires" de cette qualité, on en redemande. Jugements croisés de Gracq et de levi-Strauss sur Breton : le premier le décorait d'anneaux de Saturne portés en sautoir sur la poitrine, le second le réputait être un sourcier infaillible du "beau", un orpailleur des jours.

Mettez les jugement de Gracq et Lévi-Strauss de côté et sentez par vous-même : avez-vous pu, sans dégoût et passé l'âge de 20 ans, relire cette boursoufflure?
Millet distingue deux choses :
- Le modus operandi, qu'il condamne sans nuance - même s'il nous avait parlé de la guerre au liban, du bruit (de la musique, dit-il) des kalachnikov, musique dont les gens ont la nostalgie (dit-il) : dès lors sa condamnation n'est pas le résultat d'une peur de la mort (qu'on reçoit ou qu'on donne), mais simplement une haine de l'horreur. Il souligna l'absence de grand roman français sur la guerre depuis cinquante ans - à part la Route des Flandres, qui parle moins de la guerre que de l'errance.
- L'analyse de la situation qu'on trouve dans l'interminable texte de Breivik : il avoue partager un grand nombre de constats - constats qui sont ici répétés sans cesse. Il regrette la maladresse du texte, ses répétitions, sa lourdeur, etc. mais note qu'elle n'est pas l'oeuvre d'un fou. Sauf à considérer qu'est fou quiconque dit qu'il fait jour quand il fait jour, alors que tous s'entête à dire qu'il fait nuit.
Au fond, Breivik est un incroyable personnage de roman, d'un roman qui nous livrerait une partie de la vérité sur notre époque, sur le suicide de l'Europe, sa lassitude d'être, sa haine de soi : à ce titre, Breivik avait peut-être droit à un éloge littéraire.
Si nous reprenons l'opposition entre une vision littéraire du monde (où la complexité et la vérité ont toute leur place, pas le sympa) et une vision journalistique du monde (où compte surtout le ralliement à la meute par conformité idéologique), opposition chère à Renaud Camus, nous devons bien admettre que Breivik est un personnage qui intéresse, qui doit intéresser, la littérature.
Citation
nous devons bien admettre que Breivik est un personnage qui intéresse, qui doit intéresser, la littérature.

Hum...

Comme disait Chesterton: "Le fou est celui qui a tout perdu sauf la raison."
Citation
Mettez les jugement de Gracq et Lévi-Strauss de côté et sentez par vous-même : avez-vous pu, sans dégoût et passé l'âge de 20 ans, relire cette boursoufflure?

La liste des écrivains quasi illisibles portés au pinacle de la littérature sont nombreux à commencer par exemple par James Joyce.
Virgil,

Les crimes auxquels vous faites allusion sont sans doute ceux de Violette Nozière et des soeurs Papin.

Le cas de Violette Nozière est intéressant, car les surréalistes avaient sûrement raison de la défendre. Elle était coupable, mais on parla fort peu des raisons de cette culpabilité qui amenèrent notamment le grand avocat de droite Henri Géraud à la défendre, et le commissaire Guillaume qui conduisit l'enquête amenant à l'arrestation de Violette Nozières à dire « Il y a des cris de sincérité auxquels on ne peut pas se tromper : c'est un de ces cris que j'ai entendus au cours de la soirée du 28 août, et qui me fait écrire aujourd'hui que, si coupable que fût Violette Nozière, elle méritait du moins d'obtenir les circonstances atténuantes ».

Notons que si les surréalistes la défendirent, la presse de droite se montra particulièrement incisive.
Utilisateur anonyme
22 août 2012, 09:26   Re : Nouvelles de Richard Millet
Citation
Rogemi
Citation
Mettez les jugement de Gracq et Lévi-Strauss de côté et sentez par vous-même : avez-vous pu, sans dégoût et passé l'âge de 20 ans, relire cette boursoufflure?

La liste des écrivains quasi illisibles portés au pinacle de la littérature sont nombreux à commencer par exemple par James Joyce.

Pour Ulysses il faut commencer par la fin.
Ulysse est illisible, Ulysses l'est.

Je ne suis pas de l'avis de Jean-François : on peut très bien le lire en commençant par le début.

Je vous conseille de le lire sur Kindle. En effet, le vocabulaire est si riche qu'une personne dont l'anglais n'est pas langue maternelle ne comprend pas bon nombre de mots (ou de néologismes) et Kindle permet la vérification sans perdre le fil.
Extraits :

« Au moment d'entreprendre ce qui pourrait être un Éloge littéraire d'Anders Behring Breivik, je voudrais qu'on garde à l'esprit que je n'approuve pas les actes commis par Breivik, le 22 juillet 2011, en Norvège. C'est pourtant sur ces actes que je me pencherai, frappé par leur perfection formelle, donc, d'une certaine façon, et si tant est qu'on puisse les détacher de leur contexte politique, voire criminel, par leur dimension littéraire, la perfection, comme le Mal, ayant toujours peu ou prou à voir avec la littérature. »

« Les choses ne sont pas si simple. Breivik est, au premier chef, un produit exemplaire de cette décadence occidentale qui à pris l'apparence du petit-bourgeois américanisé : enfant de divorcés, l'air d'un gendre idéal, il ne porte pas de percing, de tatouages, de dreadlocks, de cheveux ras, ni de ces ridicules vêtements ethniques qui sont un des attributs de la jeunesse multiculturelle, avec un language en décomposition, une inculture béate et un avachissement certain de la personne. »

« Je ne cherche pas à faire de la socio-psychologie politique ; je ne suis pas un « expert », et nullement proche de Breivik dont, je le répète, je condamne les actes ; je constate que la dérive de Breivik s'inscrit dans la grande perte d'innocence et d'espoir caractérisant l'Occident, et qui sont les autres noms de la ruine des valeurs et du sens. »

« Ainsi Breivik serait-il un symptôme de notre décadence plus qu'un révélateur de sens – ce sens de l'histoire dont l'Europe est en train de s'abstraire. »

(Richard Millet, Éloge littéraire d'Anders Behring Breivik)


[copie corrigée : il fallait lire "criminel" à la place de "criminelle"]
Je crois que "perfection formelle" correspond très exactement à ce que beaucoup (de sociologues, d'"artistes", d'intellectuels etc.) ont dit à propos des attentats du 11 septembre : puissance esthétique de l'attentat lui-même, parfaitement pensé et réalisé, et produisant des images frappantes, "signifiantes" etc. (En quoi je trouve d'ailleurs que Millet se trompe : les attentats de Breivik ont peut-être été "parfaitement" pensés et réalisés, leur "forme" n'a eu aucun impact, et le crime n'a produit pour ainsi dire aucune image).
Je vous en prie, gardez-nous des parallèles avec le 11 septembre: Breivik a agit seul, lui.
Je n'imagine pas un cancérologue employer à propos d'une tumeur particulièrement remarquable les termes "perfection formelle", l'idée de perfection contenant, qu'on le veuille ou non, une idée d'approbation.

Je conçois en revanche qu'un provocateur patenté, avide de publicité et décidé à empalmer le plus d'argent possible utilise ce genre de formule pour titiller la presse bien-pensante, ce qui lui garantit des cris d'orfraie et une très bonne réclame.
Je conçois en revanche qu'un provocateur patenté, avide de publicité et décidé à empalmer le plus d'argent possible utilise ce genre de formule pour titiller la presse bien-pensante, ce qui lui garantit des cris d'orfraie et une très bonne réclame.

Exactement. Les qualités de publiciste de R.M. sont largement sous-estimées dans cette affaire.
Il est curieux que R.M. écarte l'hypothèse que Breivik soit un fou, tout en reconnaissant la lourdeur répétitive du style de celui-ci dans son "Manifeste". Du point de vue formel, qui fait sens, ne serait-ce pas un indice de plus de la folie de Breivik, de sa terrible confusion ?
(Je vois mal comment écarter l'hypothèse de la folie, mais à quoi renvoie exactement ce terme en général, et dans le cas des tueurs "idéologiques" en particulier ?).
J'invite Jean-Marc et Jérôme Reybaud à lire ce livre avant d'en tirer leurs conclusions (ou on ne parle pas du même livre).
Je rapprocherai plutôt les crimes de B – atrocités sadiques en moins – de ceux du FLN en Algérie, lequel a visé les populations civiles de l"'occupant" et celle des indigènes jugés collabos quand ceux-ci ne faisient pas le ramadan ou buvaient de l'alcool. Millet est au moins cohérent avec lui-même à l'inverse de nos médias qui condamnent B. mais qui célèbrent encore aujourd'hui les tueurs monstrueusement sadiques du FLN comme des héros.
22 août 2012, 18:23   Pour le plaisir
Non, rien...
Citation
Brunetto
Citation
Alain Eytan
Des "tartarins littéraires" de cette qualité, on en redemande. Jugements croisés de Gracq et de levi-Strauss sur Breton : le premier le décorait d'anneaux de Saturne portés en sautoir sur la poitrine, le second le réputait être un sourcier infaillible du "beau", un orpailleur des jours.

Mettez les jugement de Gracq et Lévi-Strauss de côté et sentez par vous-même : avez-vous pu, sans dégoût et passé l'âge de 20 ans, relire cette boursoufflure?

Décidément oui, cher Brunetto, il m'arrive encore de relire certains passages de L'Amour fou ou de Nadja avec plaisir ; et tant pis si nous avons passé la vingtaine... Quant aux jugements littéraires de Gracq, ils sont souvent au moins aussi bons que l'objet de ses critiques favorables, et toujours sagaces et pénétrants, ce serait dommage de s'en passer.
"Quant aux jugements littéraires de Gracq, ils sont souvent au moins aussi bons que l'objet de ses critiques favorables, et toujours sagaces et pénétrants, ce serait dommage de s'en passer. "

Je suis tout à fait de cet avis. (J'en profite pour citer un autre grand lecteur et critique : José Cabanis)
Utilisateur anonyme
22 août 2012, 22:32   Re : Nouvelles de Richard Millet
Citation
Jean-Marc
Je n'imagine pas un cancérologue employer à propos d'une tumeur particulièrement remarquable les termes "perfection formelle", l'idée de perfection contenant, qu'on le veuille ou non, une idée d'approbation.

Je ne pense pas Jean-Marc, "perfection dans le mal" est plutôt une expression banale.
Pour Ulysses je voulais dire que si l'on commence par la fin on a au moins lu la fin, si l'on doit caler dans sa lecture par la suite. Donc on a pas perdu sa journée car le monologue final...
Le Point parle également de ce livre : [www.lepoint.fr]
Utilisateur anonyme
23 août 2012, 11:53   Re : Nouvelles de Richard Millet
(Message supprimé à la demande de son auteur)
La tournure que prend cette trop longue discussion me met bien mal à l'aise. Je ne veux rien lire de Breivik, ni sur lui ; les faits suffisent à me donner la nausée ; toute circonvolution verbale à leur sujet ajoute, pour moi, à la répugnance.
Eric, je vous rejoins tout à fait.

Je trouve extrêmement malsain qu'on (Millet ou autre) écrive des ouvrages à ce propos.
Ono-dit-Biot, dans le Point, déverse son fiel sur Millet sans la moindre analyse (lien supra).

Cet article est si mal écrit qu'il donne raison à Millet quand il déplore le "petit-nègre" qui remplace la langue française. Ce plumitif a commis de très mauvais romans avant de grenouiller dans la presse jusqu'à devenir responsable des "pages livre" du Point, le magazine où publie aussi BHL et que dirige FOG, l'homme qui fit faire la Une de son journal sur son propre livre... Trois arrivistes d'une médiocrité sans fond dont l'absence complète de conscience, de scrupules et de génie ont conduit à épouser plusieurs modes idéologiques afin de flatter leur unique principe : la célébration de leur ego.
Qu’est-ce que le « “génie du christianisme” » vient faire dans cette galère ? Ou est-ce seulement la discrète allusion anti-chrétienne, peu contrainte par le sens, que ces individus mettent dans leur prose, à la façon dont leurs modèles mettaient une discrète allusion antisémite, pour assaisonner ?
Utilisateur anonyme
23 août 2012, 13:32   Re : Nouvelles de Richard Millet
Citation
Jean-Marc
Eric, je vous rejoins tout à fait.

Je trouve extrêmement malsain qu'on (Millet ou autre) écrive des ouvrages à ce propos.

Je ne sais pas Jean-Marc. Ce n'est pas évident et nous risquons de prendre la direction de la censure. Laissons cela au MRAP qui, comme moi, n'a pas encore reçu son exemplaire.
Petite chose...

Je me suis rendu ce midi à la Fnac (j'habite Rennes) pour y acheter les trois livres de Millet. Le vendeur, qui ne connaissait pas cet auteur (pourquoi pas), m'indique que ces livres sont arrivés hier, qu'il n'a pas eu le temps de les mettre en rayon et que par conséquent cela va prendre du temps pour les trouver (je vous laisse imaginer sa tête, j'ai dû faire le méchant pour qu'il consente à partir à leur recherche) mais surtout, ajoute-t-il enfin, pour chacun des trois livres, il n'y en a qu'un seul exemplaire.

On pense ce que l'on veut de l'auteur et des sujets de ces trois ouvrages mais un seul exemplaire ?!

Que les Rennais sachent donc que j'ai TOUS les exemplaires des livres de Richard Millet sortis hier.
Jean-François,

Je ne parle pas du tout d'interdiction, je vous donne mon sentiment, et j'achèterai la chose pour me faire une idée, car je veux savoir s'il y a une cabale ou si M. Millet a dépassé les bornes.

Transposons le thème : que penserions-nous d'un ouvrage écrit par un Palestinien faisant état de la "perfection formelle" du travail administratif d'Eichmann ?
Utilisateur anonyme
23 août 2012, 13:56   Re : Nouvelles de Richard Millet
Citation
Jean-Marc
Jean-François,

Je ne parle pas du tout d'interdiction, je vous donne mon sentiment, et j'achèterai la chose pour me faire une idée, car je veux savoir s'il y a une cabale ou si M. Millet a dépassé les bornes.

Transposons le thème : que penserions-nous d'un ouvrage écrit par un Palestinien faisant état de la "perfection formelle" du travail administratif d'Eichmann ?

Je suis bien d'accord. Le titre me pose un très gros problème. Attendons la lecture....
Cela dit la Confession Négative (qui semble inconnue de certain détracteur de Millet en dehors de la fameuse citation) est aussi aux limites... Mais la littérature consiste aussi à explorer les limites en tachant de ne pas y perdre son âme.
23 août 2012, 13:58   Re : Nouvelles de Jean-Marc
Si la censure (morale) ne passe pas, peut toujours essayer une bonne vielle reductio ad Hitlerum... (ou ici Eichmannum ?)
Utilisateur anonyme
23 août 2012, 14:06   Re : Nouvelles de Richard Millet
(Message supprimé à la demande de son auteur)
Pyrrhon,

On peut en effet éviter la réduction que vous évoquez.

Que penseriez-vous de «Eloge littéraire du sourire kabyle» avec évocation de la "perfection formelle" avec laquelle il fut exécuté sur les harkis en 1962, et ce malgré leur nombre qui aurait pu conduire à une regrettable lassitude ou approximation dans le geste technique ?
Utilisateur anonyme
23 août 2012, 14:18   Re : Nouvelles de Richard Millet
(Message supprimé à la demande de son auteur)
Je n'ose vous parler de sa banalité, on va me reprocher de faire des réductions...

Plus sérieusement, je persiste à ne pas voir l'intérêt qu'il y a à appeler l'attention sur cet ouvrage, et je mesure assez bien le risque d'apparentement terrible que des malveillants peuvent faire.
Utilisateur anonyme
23 août 2012, 14:33   Re : Nouvelles de Richard Millet
(Message supprimé à la demande de son auteur)
Certes, mais il y a une position symétrique de celle qui est de ne pas hurler avec les loups : c'est de pas chanter les mérites d'un ouvrage qui a un propos aussi particulier avant qu'il ne soit paru et donc de l'avoir lu.
Utilisateur anonyme
23 août 2012, 14:43   Re : Nouvelles de Richard Millet
(Message supprimé à la demande de son auteur)
Je ne parlais pas de vous, Didier, je parle de ceux pour lesquels tout ouvrage de Millet est exceptionnel et digne d'éloges, forcément exceptionnel et digne d'éloges.
Citation
Jean-Marc
Certes, mais il y a une position symétrique de celle qui est de ne pas hurler avec les loups : c'est de pas chanter les mérites d'un ouvrage qui a un propos aussi particulier avant qu'il ne soit paru et donc de l'avoir lu.

Acheté lundi dans une librairie, avant la sortie officielle, ce qui arrive de plus en plus souvent ! (déprofessionnalisation ?)


Viens de finir la lecture de Langue Fantôme (suivi de...) : linguistique, esthétique et morale (termes empruntés à ce livre). (Pyrrhon, le 21 août)


Cela dit, il y a un monde entre approuver et partager (respectant ainsi sa volonté de « faire écho », « sans contrepartie »).
Citation
Jean-Marc
Pyrrhon,

On peut en effet éviter la réduction que vous évoquez.

Que penseriez-vous de «Eloge littéraire du sourire kabyle» avec évocation de la "perfection formelle" avec laquelle il fut exécuté sur les harkis en 1962, et ce malgré leur nombre qui aurait pu conduire à une regrettable lassitude ou approximation dans le geste technique ?

Je ne sais pas : publiez votre livre ou indiquez-moi un ouvrage sur le sujet, et après lecture, je vous dirai si elle est morale.
Citation
Je ne parlais pas de vous, Didier, je parle de ceux pour lesquels tout ouvrage de Millet est exceptionnel et digne d'éloges, forcément exceptionnel et digne d'éloges

Se permettre de faire des jugements sur un écrivain que l'on n'a pas lu c'est fort, très fort. Et personne sur ce forum ne réagit de manière adéquate, excepté Didier.

Inoui ...
Utilisateur anonyme
23 août 2012, 16:40   Re : Nouvelles de Richard Millet
Citation
Jean-Marc
Je ne parlais pas de vous, Didier, je parle de ceux pour lesquels tout ouvrage de Millet est exceptionnel et digne d'éloges, forcément exceptionnel et digne d'éloges.

Il ne me semble pas avoir dit cela aussi. Un grand nombre de livres de Millet sont exceptionnels. Il faut les lire avant de pouvoir dire quelque chose, l'opinion négative de Jérôme Garcin n'indique pas forcément le chef d’œuvre.
Je fais simplement observé que cet auteur entretient un rapport spécifique à la mort et à la violence qui jusqu'ici a donné de grandes choses.
Et je maintiens que la grande littérature peut (je n'ai pas dit doit) se faire sur les situations limites. Un pédophile antisémite par exemple...
J'attends la livraison pour savoir si Millet a été mauvais, il l'a déjà été, mais avec le sujet choisi ce n'est pas le moment.
Citation
J'attends la livraison pour savoir si Millet a été mauvais, il l'a déjà été, mais avec le sujet choisi ce n'est pas le moment.

Mais quelle importance, cher JF, personne n'attend de Millet qu'il n'écrive que des livres de premier plan ou que chacune de ses publications soit un chef d’œuvre.

Par contre on attend de la part de ses critiques qu'ils lisent ses livres avant d'en parler ou de caracoler indûment.

C'est un comble und just auf dieser Präsenz.
Utilisateur anonyme
23 août 2012, 19:27   Re : Nouvelles de Richard Millet
Citation
Rogemi

Mais quelle importance, cher JF, personne n'attend de Millet qu'il n'écrive que des livres de premier plan ou que chacune de ses publications soit un chef d’œuvre.

Par contre on attend de la part de ses critiques qu'ils lisent ses livres avant d'en parler ou de caracoler indûment.

C'est un comble und just auf dieser Präsenz.

Cher Rogemi. En raison de son titre volontairement provocateur, ce texte va faire l'objet des plus basses attaques, justifiées ou non.. J'aimerais mieux qu'il soit très bon, en ma qualité de lecteur appréciant beaucoup l'auteur.
Jean-François, je ne parlais pas pour vous.
Utilisateur anonyme
23 août 2012, 19:32   Re : Nouvelles de Richard Millet
Citation
Jean-Marc
Jean-François, je ne parlais pas pour vous.

Merci Jean-Marc.
Utilisateur anonyme
23 août 2012, 21:17   Re : Nouvelles de Richard Millet
(Message supprimé à la demande de son auteur)
Je vous remercie de cette présentation, Cher Didier Bourjon.
Citation
Cher Rogemi. En raison de son titre volontairement provocateur, ce texte va faire l'objet des plus basses attaques, justifiées ou non.. J'aimerais mieux qu'il soit très bon, en ma qualité de lecteur appréciant beaucoup l'auteur.

Mais il l'a voulu. C'est son choix. Personne ne l'a obligé à publier un livre avec un tel titre. Que ce livre soit bon ou mauvais ne change strictement rien à la qualité de son oeuvre pris dans son ensemble.
Je crois que personne parmi les 'indignés d'avance" n'est gêné ou indigné, la gêne serait plutôt du côté de ceux qui "désapprouvent" mais... Il n' y a qu'un sain rejet assez méprisant et qui ne s'embarrasse pas d'états d'âme. Un refus réflexe d'obtempérer, de serrer une main, de se pencher plus avant sur les entrailles du type si on n'y est pas obligé.
On peut nier tout ce qu'on veut ; que le n'importe quoi ait un fond, par exemple, et qu'il soit un symptôme de quelque chose : tout, sans exception, peut lui être prétexte et marotte et lui servir de déclencheur, il n'est pas besoin de compromettre des idées ou une vision du monde pour ça.
Je viens de recevoir le texte à l'instant, via Kindle.

Je le lirai demain, à tête reposée. En effet, la première impression n'est pas bonne, car j'ai juste regardé la dernière page, et je suis tombé sur ce que j'espère être une coquille.

Il est question "du loup Fendrir, fils du dieu ase Loki et meurtrier du dieu Odin".

Deux remarques :

- ce loup ne se nomme pas Fendrir mais Fenrir ;

- "dieu ase" est une tournure bien étrange, les Ases étant des dieux.
Utilisateur anonyme
23 août 2012, 22:25   Re : Nouvelles de Richard Millet
Citation
Rogemi
Citation
Cher Rogemi. En raison de son titre volontairement provocateur, ce texte va faire l'objet des plus basses attaques, justifiées ou non.. J'aimerais mieux qu'il soit très bon, en ma qualité de lecteur appréciant beaucoup l'auteur.

Mais il l'a voulu. C'est son choix. Personne ne l'a obligé à publier un livre avec un tel titre. Que ce livre soit bon ou mauvais ne change strictement rien à la qualité de son oeuvre pris dans son ensemble.

Mais le problème n'est pas pour lui mais, égoïstement, pour moi. Je préfère défendre un bon livre, qu'un livre médiocre sous prétexte que l'auteur est de qualité.
Enfin, à lire Didier, je suis rassuré.
24 août 2012, 01:39   Re : Nouvelles de Richard Millet
Citation
Jean-Marc
Virgil,

Les crimes auxquels vous faites allusion sont sans doute ceux de Violette Nozière et des soeurs Papin.

Le cas de Violette Nozière est intéressant, car les surréalistes avaient sûrement raison de la défendre. Elle était coupable, mais on parla fort peu des raisons de cette culpabilité qui amenèrent notamment le grand avocat de droite Henri Géraud à la défendre, et le commissaire Guillaume qui conduisit l'enquête amenant à l'arrestation de Violette Nozières à dire « Il y a des cris de sincérité auxquels on ne peut pas se tromper : c'est un de ces cris que j'ai entendus au cours de la soirée du 28 août, et qui me fait écrire aujourd'hui que, si coupable que fût Violette Nozière, elle méritait du moins d'obtenir les circonstances atténuantes ».

Notons que si les surréalistes la défendirent, la presse de droite se montra particulièrement incisive.

Il faut aussi compter Germaine Berton parmi leurs "saintes surréalistes". Le Pape canonisait facilement.
24 août 2012, 01:51   Re : Nouvelles de Richard Millet
Citation
Jean-Marc
Je viens de recevoir le texte à l'instant, via Kindle.

Je le lirai demain, à tête reposée. En effet, la première impression n'est pas bonne, car j'ai juste regardé la dernière page, et je suis tombé sur ce que j'espère être une coquille.

Il est question "du loup Fendrir, fils du dieu ase Loki et meurtrier du dieu Odin".

Deux remarques :

- ce loup ne se nomme pas Fendrir mais Fenrir ;

- "dieu ase" est une tournure bien étrange, les Ases étant des dieux.

Si en plus on y met "Le Crépuscule des dieux" l'affaire risque de mal tourner.
Utilisateur anonyme
24 août 2012, 07:52   Re : Nouvelles de Richard Millet
(Message supprimé à la demande de son auteur)
Citation
on ne peut nier qu'il est un symptôme, qu'on aurait tort de refuser de regarder en face et de chercher à cerner, au fond.

Bien sûr, cher Didier, mais en plus on ne peut pas ignorer que de publier un tel texte alors que l'environnement médiatique lui est très hostile témoigne d'un courage hors pair.
Lu hier soir L'antiracisme et L'éloge.

Le premier comme le second ne contient rien qui puisse effrayer la ménagère de moins de cinquante ans, bien au contraire, cela lui donnera de quoi réfléchir.

Le premier est rempli d'arguments qui font mouche et qui démontent la présentation d'un Millet SS. On y parle de Grand remplacement...

Le second est évidemment plus tendancieux dans la mesure où il s'appuie sur ce drame. Au passage, il faut noter que Millet ne cesse de rappeler qu'il désapprouve les actes de B. Mais son argumentation sur le pourquoi du passage à l'acte, sur la façon dont ce drame a ici été analysé est très pertinent. Et on y parle de Renaud Camus et de Grand remplacement...

Conclusion : comme toujours, lisons les livres avant d'en parler.
Citation
« écrire n'est peut-être que le mémoire du chant » — c'est pour moi une conviction profonde et de longue date que la parole s'origine dans le chant, que celui-ci est premier.

C'est très vrai et il est vraiment dommage que les gens aient aussi perdu l'habitude lire les textes à voix haute.
Entièrement d'accord avec Didier : si Breivik n'est pas un symptôme, celui, en l'occurrence, d'une tragédie en cours, alors je me demande bien ce qui peut en être un.
24 août 2012, 10:12   Omarite galopante
"Je fais simplement observé (...)"
Breivik est condamné à 21 ans de prison. Il a, semble-t-il, été déclaré mentalement sain et donc pénalement responsable (voir les phrases de Millet à ce sujet). Il est condamné à la peine maximum prévue par la justice norvégienne.
21 ans dans une cellule qui ressemble à un studio d’étudiant meublé par Ikea, disposant d’un ordinateur, mais qui n’est pas relié à internet. Notre homme va rapidement se dégrader sur le plan psychique.
Vingt-et-un ans de prison, ça fait environ trois mois par victime...
Citation
Jean-Michel Leroy
Vingt-et-un ans de prison, ça fait environ trois mois par victime...

Lu chez Aldo Stérone:

«Il pourra demander une libération conditionnelle dans 9 ans. [...] . D’ici la fin du second mandat de Francois Hollande, Breivik sera sur les plateaux télé à promouvoir ses livres et des figurines à effigie.»

Mais c'est bien de mettre la justice norvégienne face à son credo. Ces gens sont tout de même assez cohérents et traitent le pire des leurs comme l'un des leurs. Il n'y a pas eu de vagues de manifestations pour que AB subisse un traitement d'exception.

C'est vrai cette histoire de «pas relié à Internet»? En fait, je manque de culture générale sur la prison, ce que l'on peut y faire ou pas (dormir, lire, surfer, faire du sport, recevoir du courrier, écrire des livres, améliorer son ordinaire, apprendre la clarinette, recevoir ses amis, avoir une activité rémunérée, coucher avec ses co-détenus, commander sur amazon, etc). Pour quelqu'un d'un tant soit peu cérébral, la privation de liberté de mouvement ne me semble pas si cruelle.
Un des problèmes rencontrés à la lecture de cet ouvrage de M. Millet est un problème de forme : j’ai l’impression que M. Millet ne se relit pas (ou ne se fait pas relire), qu’il a une opinion et qu’ensuite il recherche des faits pour l'appuyer et qu’enfin il les empile sans trop les vérifier.

Quelques exemples, au-delà du loup Fenrir.

Un moment fort inquiétant et apparemment bien documenté est celui de l’énumération des massacres de masse et de leur relation avec la religion protestante. Or, quand on prend la peine de vérifier, on voit qu’il y a bien des approximations et surtout une conclusion fausse.

Il est remarquable qu’ils aient presque exclusivement lieu dans… des pays protestants… le 13 mars 1996, seize morts à Dunblane, en Angleterre (non, c’est en Ecosse) ; le 27 septembre 2001 : quinze morts au parlement cantonal de Zoug, Suisse ; le 26 mars 2002, huit morts à la mairie de Nanterre, en France ; le 27 mars 2002 (non, c’est le 26 avril) : dix-sept morts dans une école maternelle (non, c’est dans un lycée), en Allemagne ; le 7 novembre 2007, dix morts dans un collège de Finlande ; le 11 novembre 2009 (non, c’est le 11 mars), seize morts dans in collège allemand. Dans chaque cas, le tueur a retourné l’arme contre lui, comme dit l’euphémisme.

Le lien avec le protestantisme n’est pas évident : un des attentats allemands a eu lieu dans un état très majoritairement catholique du sud ; Zoug est un canton catholique ; Nanterre n’est pas protestante.


Ailleurs, il est question de Feu follet, le film de Louis Malle, et du caractère « maudit » de Drieu dont la presse ne parlerait pas. Double approximation : le titre n’est pas Feu follet mais « Le Feu follet », il n’est pas interdit de reproduire un titre de façon exacte. Ensuite, Drieu n’a jamais fait l’objet d’une quelconque censure ou d’un quelconque oubli, ce n’est pas Chardonne. On notera les multiples ré-éditions, et surtout deux autres films à large audience : « Une Femme à sa fenêtre » et « La Voix ».

Ailleurs, il est question des « Bien-pensants » et d’une grande peur qu’ils entretiendraient comme ils ont entretenu les illusions marxistes. Bernanos serait bien surpris de voir à quel point ses « Bien-pensants » ont viré de bord.

Donc, dans l'exposé des faits, au mieux approximatif.

Je relis la chose une nouvelle fois pour une réponse au fond.
24 août 2012, 12:53   Re : Nouvelles de Jean-Marc
Un des problèmes rencontrés à la lecture de cet ouvrage de M. Millet est un problème de forme : j’ai l’impression que M. Millet ne se relit pas (ou ne se fait pas relire), qu’il a une opinion et qu’ensuite il recherche des faits pour l'appuyer et qu’enfin il les empile sans trop les vérifier.

Le procès d'intention, maintenant ! Millet SS, Millet tueur froid de femmes et d'enfants, Millet complice d'ABB, Millet a- ou immoral et Millet manipulateur. S'il n'était, il faudrait l'inventer afin d'avoir le coupable idéal à pendre sur la place publique.
Utilisateur anonyme
24 août 2012, 12:58   Re : Nouvelles de Richard Millet
(Message supprimé à la demande de son auteur)
Les exemples que je vous soumets n'indiquent-ils pas que M. Millet ne se relit pas ? n'indiquent-ils pas une approche au mieux hâtive ?
C'est qu'on aime beaucoup la forme, ici, voyez-vous.
Utilisateur anonyme
24 août 2012, 13:03   Re : Nouvelles de Richard Millet
Citation
Jean-Marc
Un des problèmes rencontrés à la lecture de cet ouvrage de M. Millet est un problème de forme : j’ai l’impression que M. Millet ne se relit pas (ou ne se fait pas relire), qu’il a une opinion et qu’ensuite il recherche des faits pour l'appuyer et qu’enfin il les empile sans trop les vérifier.

Quelques exemples, au-delà du loup Fenrir.

Un moment fort inquiétant et apparemment bien documenté est celui de l’énumération des massacres de masse et de leur relation avec la religion protestante. Or, quand on prend la peine de vérifier, on voit qu’il y a bien des approximations et surtout une conclusion fausse.

Il est remarquable qu’ils aient presque exclusivement lieu dans… des pays protestants… le 13 mars 1996, seize morts à Dunblane, en Angleterre (non, c’est en Ecosse) ; le 27 septembre 2001 : quinze morts au parlement cantonal de Zoug, Suisse ; le 26 mars 2002, huit morts à la mairie de Nanterre, en France ; le 27 mars 2002 (non, c’est le 26 avril) : dix-sept morts dans une école maternelle (non, c’est dans un lycée), en Allemagne ; le 7 novembre 2007, dix morts dans un collège de Finlande ; le 11 novembre 2009 (non, c’est le 11 mars), seize morts dans in collège allemand. Dans chaque cas, le tueur a retourné l’arme contre lui, comme dit l’euphémisme.

Le lien avec le protestantisme n’est pas évident : un des attentats allemands a eu lieu dans un état très majoritairement catholique du sud ; Zoug est un canton catholique ; Nanterre n’est pas protestante.


Ailleurs, il est question de Feu follet, le film de Louis Malle, et du caractère « maudit » de Drieu dont la presse ne parlerait pas. Double approximation : le titre n’est pas Feu follet mais « Le Feu follet », il n’est pas interdit de reproduire un titre de façon exacte. Ensuite, Drieu n’a jamais fait l’objet d’une quelconque censure ou d’un quelconque oubli, ce n’est pas Chardonne. On notera les multiples ré-éditions, et surtout deux autres films à large audience : « Une Femme à sa fenêtre » et « La Voix ».

Ailleurs, il est question des « Bien-pensants » et d’une grande peur qu’ils entretiendraient comme ils ont entretenu les illusions marxistes. Bernanos serait bien surpris de voir à quel point ses « Bien-pensants » ont viré de bord.

Donc, dans l'exposé des faits, au mieux approximatif.

Je relis la chose une nouvelle fois pour une réponse au fond.

Jean-Marc, Rimbaud confond la Norvège et le Danemark...
Pour Nanterre c'est curieux.
Utilisateur anonyme
24 août 2012, 13:06   Re : Nouvelles de Richard Millet
(Message supprimé à la demande de son auteur)
Richard Millet : "L'Europe meurt d'insignifiance et de consensus."

[www.actualitte.com]
24 août 2012, 13:10   Re : Nouvelles de Jean-Marc
Citation
Jean-Marc
C'est qu'on aime beaucoup la forme, ici, voyez-vous.

Hélas, et vous pourrez relire Renaud Camus sur le sujet (dans ses Journaux), le monde de l'édition ne permet pas toutes les relectures, surtout quand on sort deux livres à la même date (ils ont dû se « tirer les cheveux » chez Pierre Guillaume).

[D'ailleurs, une petite question (de forme) : pourquoi mettez-vous des points de suspension en lieu et place de mots qui font sens, qui nuancent ?]
Utilisateur anonyme
24 août 2012, 13:11   Re : Nouvelles de Richard Millet
(Message supprimé à la demande de son auteur)
Au fond, quelques points :


Cette phrase extraordinaire, après un long développement.

"Breivik n'est pas raciste ; ce ne sont pas des immigrés qu'il a tués, mais de jeunes Norvégiens de souche".

Je ne vois absolument pas comment le fait de tuer ces jeunes-là démontrerait en quoi que ce soit que ce criminel n'est pas raciste. Je ne comprends simplement pas qu'on puisse utiliser des arguments pareils, expliquez-moi si vous le pouvez.

Des qualificatifs qui seraient scandaleux s'ils ne montraient pas que M. Millet a perdu toute mesure. A propos de M. Strauss-Kahn, qui a bien des défauts mais pas celui là :

"Terroriste socialo-priapique". Socialo-priapique, peut-être. Mais DSK terroriste, ça fait rigoler tout le monde.

Et par exemple des phrases dont je vous fais juge, comme celles-ci :

"Donnerons-nous pour autant raison à Breivik, sous le prétexte que ses victimes n'étaient que de jeunes travaillistes, donc de futurs collaborateurs du nihilisme multiculturel ? Non : dans la perfection de l'écriture au fusil d'assaut, il y a quelque chose qui le (sic) mène au-delà du justifiable – ce qui pourrait être, néanmoins, une des définitions, restreintes (sic), de la littérature, en même temps que la négation de celle-ci".
Utilisateur anonyme
24 août 2012, 13:21   Re : Nouvelles de Richard Millet
(Message supprimé à la demande de son auteur)
Dder (puisque vous me nommez Jan-Marc),

Reconnaissez au moins que M. Millet est approximatif. Il a une idée, il cherche des exemples, il les vérifie peu ou pas. L'exemple que je donne est vérifié, il se trompe sur les dates, les lieux et ne prend pas la peine de vérifier que son argument sur la religion tient.
A vous de voir si le dernier passage que j'ai cité n'est pas suffisamment grave.

Je peux empiler les citations, il n'y a que quelques pages.
Utilisateur anonyme
24 août 2012, 13:28   Re : Nouvelles de Richard Millet
(Message supprimé à la demande de son auteur)
Comment cela, sur le fond du propos ?

"Donnerons-nous pour autant raison à Breivik, sous le prétexte que ses victimes n'étaient que de jeunes travaillistes, donc de futurs collaborateurs du nihilisme multiculturel ? Non : dans la perfection de l'écriture au fusil d'assaut, il y a quelque chose qui le mène au-delà du justifiable – ce qui pourrait être, néanmoins, une des définitions, restreintes, de la littérature, en même temps que la négation de celle-ci".

C'est cela, le fond du propos. Parler de "perfection" pour l'écriture au fusil d'assaut, parler de ces jeunes morts comme des "n'étaient que...", cela est étranger à mon monde, totalement étranger à mon monde...

Voyez-vous un autre fond, et si oui lequel ?
Utilisateur anonyme
24 août 2012, 13:56   Re : Nouvelles de Richard Millet
(Message supprimé à la demande de son auteur)
Sacré Johann-Marko.

On peut dire qu'il a de la suite dans les idées. Les plats Millet et Muray lui restent sur l'estomac il n'arrive pas à les digérer.

Mais au fait quand a-t-il le temps de travailler ce haut fonctionnaire ? A l'instant on atteint le record absolu de 12072 posts.

Je radote mais what about a purge ?
Il y a plus de messages de Jean-Marc sur ce site que de photographies de Renaud Camus dans sa galerie sur Flickr...
24 août 2012, 14:15   Re : Nouvelles de Jean-Marc
Citation
Rogemi
Mais au fait quand a-t-il le temps de travailler ce haut fonctionnaire ?

Mais il travaille, il est au travail, à la tâche même. Lutter contre les idées dissidentes, voilà la mission qui lui a été confiée.
[lol, Jean-Marc, lol]
Utilisateur anonyme
24 août 2012, 14:18   Re : Nouvelles de Richard Millet
(Message supprimé à la demande de son auteur)
Martyre de Saint Didier

Utilisateur anonyme
24 août 2012, 14:21   Re : Nouvelles de Richard Millet
(Message supprimé à la demande de son auteur)
C'est Plieux au fond à droite.
Utilisateur anonyme
24 août 2012, 14:24   Re : Nouvelles de Richard Millet
(Message supprimé à la demande de son auteur)
Comment ? je vous offre un Saint Didier et vous me bombardez de Sabines ?
M. Breivik a tiré sur ce que M. Millet déteste, une jeunesse que je qualifierai de naïve mais qui est pleine de bons sentiments, l'espoir d'un pays qui démocratiquement a chois une voie que M. Millet n'approuve pas. Jeunes, festifs, aimant l'étranger, voici quels sont les jeunes morts dus à M. Breivik.

Je ne me mêlerai pas de la querelle, n’ayant pas lu l’ouvrage de monsieur M. Mais la description de Jean-Marc me fait un peu tiquer. Tout le monde a pu voir sur les images de la télévision que la belle jeunesse naïve organisait sur son île de militants boycotts d’Israel. Donc à mon humble avis, en fait d’étrangers, les jeunes en question appréciaient surtout qui vous savez.

Ce n’est évidemment pas une raison pour leur tirer dessus. Au moins le cinglé qui a fait ça est au trou et n’en ressortira pas de sitôt.
24 août 2012, 14:36   Re : Nouvelles de Jean-Marc
... on continue : allusion, manque de compassion (pas sympa !), dur [à cuire]. Manque encore « antisémite et pédophile ».
Par contre je voulais me porter à faux contre l'allégation de Millet concernant le choix des victimes. En effet B. a choisi de préférence des jeunes adolescents dont un des parents était d'origine extra-européenne cad arabo-norvégien ou africano-norvégien, usw...

En tout cas avec une peine de 21 ans de prison pour 77 morts on est dans la pantalonnade la plus totale. La justice norvégienne est une farce atroce. C'est dans ces cas-là que l'on comprend que l'on devrait avoir un besoin urgent en Europe de préparer le rétablissement de la peine de mort.

Comme ce pied-nicklé de Chirac a ancré l'abolition de la peine de mort dans la constitution on attendra que les poules aient des dents.
Citation
Rogemi
Comme ce pied-nicklé de Chirac a ancré l'abolition de la peine de mort dans la constitution on attendra que les poules aient des dents.

... ou plus de plumes, c'est selon.
En tout cas avec une peine de 21 ans de prison pour 77 morts on est dans la pantalonnade la plus totale.

Rogemi, il paraît que c’est une peine minimale. Après, on réexamine tous les cinq ans. Il mourra en prison.
Citation
Chatterton
Au moins le cinglé qui a fait ça est au trou et n’en ressortira pas de sitôt.

La justice de ce pays ne l'a pas reconnu comme cinglé justement, cela vous interpelle quelque part ???
La justice de ce pays ne l'a pas reconnu comme cinglé justement, cela vous interpelle-t-il quelque part...

J’ai lu son manifeste. Il s’agit certainement d’un siphonné. Peut-être l’a-t-on mis en prison plutôt qu’en HP de peur qu’un psychiatre un jour le déclare guéri...
Citation
Ce n’est évidemment pas une raison pour leur tirer dessus. Au moins le cinglé qui a fait ça est au trou et n’en ressortira pas de sitôt.

L'ile d'Utoya était le point de rendez-vous de la jeunesse dorée progressiste ayant souvent des origines métissées ou pas mais provenant de familles foncièrement mondialistes et ouvertes à l'autre.

Donc B. n'a pas choisi cette ile au hasard mais comme le dit si bien Chesterton:

Citation
Le fou est enfermé dans la prison nette et claire d'une idée: son esprit est aiguisé jusqu'à la souffrance, mais sur un seul point. Il n'a ni les hésitations de l'homme sain, ni sa complexité.
ou

Citation
Le fou est un homme qui vit dans un petit monde, mais qui croit vivre dans un grand: c'est l'homme qui vit sur un dixième de vérité et qui prend ce dixième pour le tout.
Citation
Rogemi, il paraît que c’est une peine minimale. Après, on réexamine tous les cinq ans. Il mourra en prison.

En général les assassins de base sortent de prison très vite (culture de l'excuse) car les administrations pénitentiaires scandinaves sont pour une réinsertion rapide. Dans le cas de B. il restera effectivement en prison jusqu'à la fin de sa vie.

En Allemagne certain(e) des terroristes de la bande à Baader et consorts sont sortis au bout de 22 ans. Pour défendre leur libération on a vu toute l'élite du progressisme allemand expliquer aux enfants de leurs victimes que la loi c'est la loi et qu'il est juste de les libérer.

Terrible de voir ces hommes politiques et ces intellectuels de gauche défendre bec et ongle des assassins qui a mes yeux auraient mérité la peine de mort car ils n'ont pas hésité une seule seconde pour arriver à leur fin à tuer des chauffeurs, des policiers ou des gardes du corps..
Je partage votre indignation pour ce qui est des terroristes de la bande à Baader.

Mais voyez-vous pour le sieur B, qui n’est pas fou, je ne vois pas qui s’amusera à le libérer, même dans 40 ou 50 ans, car il n’aura rien de plus pressé que d’aller commettre de nouveaux attentats.
Citation
Didier Bourjon
Cher Alain, par réaction épidermique, vous faites une assez belle description de l'aveuglement volontaire. A l'inverse, si vous y faites un peu attention à tête reposée, comme Jean-Marc après qu'il ait imprudemment sauté à pieds joints sur... rien, vous reconnaîtrez que mon propos est assez correctement balancé, qui équilibre ce "que l'on peut" et ce que l'on "ne peut pas" — du moins en toute honnêteté intellectuelle, ou simplement de bonne foi. Et qui admet fort bien les critiques raisonnées ; j'ai du reste dit que pour ma part je ne tenais vraiment pas à ce sujet (savoir : Breivik, et au-delà celui des divers massacreurs publics). De là a lui dénier toute signification et même toute valeur de symptôme, c'est un peu fort de café ! Il y a enfin que la cohérence de Millet dans l'affaire (état du monde, littérature, naufrage européen...) oblige (pas à le lire, ou à l'approuver, bien entendu ; à admettre sa liberté d'écrivain, et à ne pas le calomnier ou en faire un anathème).

Cher Didier, le bon côté des réactions épidermiques, c'est que le tropisme vaut argument, en annule la nécessité de la justification et de l’explicitation, et c'est très bien comme ça : dans certaines circonstances les premières réactions sont les meilleures, on peut préférer s'y tenir.

Fort de café, l'affirmation de l'insignifiance de tels actes ? Peut-être... Pardonnez-moi cette formulation un peu expéditive, mais puisqu'il est question de Scandinaves, j'aurais tendance à dire que le gentil danseur du ventre gay tatoué de sourates peut être aussi solidement rattaché à ce qu'est véritablement l'islam que B. à la question du destin et de l'identité de l'Europe. Les agissements de deux écervelés n'engagent ni l'un ni l'autre.

Pour ce qui est de Millet, je ne dis pas que son livre puisse être inintéressant, loin de là, c'est à mon avis incontestablement un écrivain. Nous parlons de tout cela à notre aise, derrière nos ordis, mais il faut tout de même se représenter l'extrême, l’indicible, l'informe et chaotique irruption de violence glaçante que constitue la réalité de près d'une centaine de corps d'adolescents déchiquetés par les balles de B.
Face à cela, que valent les arguties littéraro-théoriques de Millet ? Font-elles le poids ? Ne sont-elles pas réduites à rien par cette disproportion même ? Oui, et cela probablement de son propre avis. Il est gonflé, Millet : il s'empare de B. et des morts to make his point : qu'il n'y a certaine littérature que dans la mesure où elle met en scène sa propre négation, son inanité.
Citation
mais il faut tout de même se représenter l'extrême, l’indicible, l'informe et chaotique irruption de violence glaçante que constitue la réalité de près d'une centaine de corps d'adolescents déchiquetés par les balles de B.

Comme disait l'autre après la shoah la littérature peut-elle encore exister ou après Utoya était-il convenable d'exploiter littérairement le massacre de ces 77 adolescents ?

C'ètait trop tôt car le sang de ces morts vaines était encore trop chaud ...
Cher Alain Eytan,

je vous laisse maître et juge de vos opinions, qui haussent toujours le débat, je vous en remercie. J'ai d'ailleurs exprimé les miennes, mais j'ajoute qu'il est, des trois textes (avec De l'Antirascisme comme...), celui qui m'a le moins passionné, étant aussi de loin le plus court, donc le plus imprécis (peut-être dû à une certaine pudeur de l'auteur, quand même ?...).

Cependant, laissez-moi le loisir d'une comparaison et de deux questions.

Elle serait celle d'un texte traitant du massacre des harkis, vu par un "Millet façon pro-FLN", dans un bref passage à la fin d'un hypothétique livre sur la question coloniale. Devrait-il taire le sujet, se passer de le publier, selon vos prétextes ? Ne présenterait-il qu'une vision immorale ? (n'hésitez pas à y ajouter une condamnation officielle de ce massacre, si besoin)

Utilisateur anonyme
25 août 2012, 08:27   Re : Nouvelles de Richard Millet
(Message supprimé à la demande de son auteur)
Utilisateur anonyme
25 août 2012, 09:50   Re : Nouvelles de Richard Millet
J'attends toujours mon exemplaire.
En attendant un article du blog de l'ancien avocat général Bilger qui soulève bien des questions sur la justice à appliquer à ce cas. Loin de Millet, un procès normal.

Bilger
Utilisateur anonyme
25 août 2012, 10:28   Re : Nouvelles de Richard Millet
(Message supprimé à la demande de son auteur)
Citation
Le billet de M. Bilger est à première vue "raisonnable", extrêmement raisonnable.

La seule chose que j'accorde à M. Bilger c'est qu'il souligne avec justesse la cordialité des rapports entre la défense, le parquet et le tribunal mais pour le reste il nous prend pour des demeurés.

La caractéristique principale de ce procès c'est de vouloir juger normalement un acte lui-même complétement hors-norme.

La disproportion entre la gravité (car même ici la peine de mort semble insuffisante) du crime et le jugement final suscite un malaise certain comme d'ailleurs le billet de M. Bilger qui se vautre une fois de plus dans la bienpensance démocratique.

Nos sociétés n'ont pas d'outils pour traiter de tels crimes et le fait que B. pourrait au bout du compte sortir un jour de prison doit être pour les parents des victimes insupportable.

La justice est uniquement faite quand il y a équilibre entre le crime et la punition.
« Que ce texte court (ou plutôt : concis), à mes yeux maîtrisé, et volontairement borderline, ne soit pas commode à considérer, qu'il ne convienne pas à divers égards, qu'on puisse le critiquer (et d'abord comme l'arme de combat qu'il est) : je l'ai dit. Mais le refuser, faire un anathème de son auteur, et refuser de regarder, cela, c'est une erreur, grossière et possiblement fatale. »

Entièrement d'accord avec Didier.
Jean-François,

Merci beaucoup pour le lien avec cet article de M. Bilger.

Ce qu'il nous dit est dit fort clairement, dans un français à la fois soutenu et simple, on peut être d'accord ou pas d'accord avec des idées, mais il réussit à poser des questions essentielles de façon originale, raisonnable et sans polémique.

En quelques mots, M.Bilger, c'est le conservatisme que j'aime.
Utilisateur anonyme
25 août 2012, 17:23   Re : Nouvelles de Richard Millet
Anders Breivik est, à ma connaissance, le seul assassin d'exception à avoir été jugé dans un procès normal, où la justice, comme les parties civiles, considèrent son cas comme parfaitement traitable par l'institution. Cela ne veut pas, à mon sens, dire que la justice peut traiter sans problème les monstres, cela voudrait dire qu'il n'y a pas de monstre et que le cas d'Anders Breivik est de même nature, en plus grave certes, que celui d'un voleur de poule.
C'est la conception à laquelle serait arrivé la justice norvégienne, ce qui fascine M. Bilger.
La justice, dans cette conception, évacue toute violence pour devenir l'équivalent d'une opération chirurgicale, le chirurgien bien élevé venant saluer le patient avant l'intervention.
Le problème est que, pour nous, c'est un monde, à nous, complétement étranger. Comme on le dit dans le Talmud, le procès est une forme de violence. Il suffit d'avoir assisté à une session d'assises pour prendre conscience de toute cette violence retenue, plus ou moins bien, dans l'audience. Cela me paraît un mal nécessaire face à des crimes monstrueux. Se donner l'illusion qu'un crime épouvantable peut être gentiment réglé par des gens de bonne volonté dans une ambiance cordiale en respectant scrupuleusement la règle de droit me paraît une illusion. Mais si la Norvège nous montre la voie....
25 août 2012, 17:36   Omarite encore
"Il suffit d'avoir assister (...)"
Utilisateur anonyme
25 août 2012, 17:41   Re : Omarite encore
Citation
Orimont Bolacre
"Il suffit d'avoir assister (...)"

Merci.
Je ne sais pas si cette froideur, cette distance, ne sont pas, en fait, une forme de violence maîtrisée, une violence d'Etat, efficace, nécessaire.

Souvenez-vous du remarquable One Flew Over the Cuckoo's Nest de Ken Kesey (et du film épobidule ou truconyme, je ne sais) : la médecine et la chirurgie, précises, froides, sont aussi violentes que la plus grande violence.

Menant à son terme un très difficile procès, laissant M. Breivik s'exprimer, le traitant comme on aurait traité un voleur de poule, en fait, et en le condamnant sans passion à vivre plusieurs années dans un cadre plutôt luxueux, la justice norvégienne et le système norvégien ont gagné, complètement gagné : M. Breivik n'est pas devenu un martyr, M. Breivik n'est pas fou, les assoiffés de débat sur la censure de la pensée libre à la Breivik, comme on voit dans certain éloge, restent altérés et la langue pendante.
Utilisateur anonyme
25 août 2012, 19:56   Re : Nouvelles de Richard Millet
Citation
Jean-Marc

Menant à son terme un très difficile procès, laissant M. Breivik s'exprimer, le traitant comme on aurait traité un voleur de poule, en fait, et en le condamnant sans passion à vivre plusieurs années dans un cadre plutôt luxueux, la justice norvégienne et le système norvégien ont gagné, complètement gagné : .

Oui Jean-Marc, ils ont gagné.
25 août 2012, 21:48   Re : Omarite encore
» Anders Breivik est, à ma connaissance, le seul assassin d'exception à avoir été jugé dans un procès normal, où la justice, comme les parties civiles, considèrent son cas comme parfaitement traitable

Mais en quoi consisterait en pareil cas une juridiction d'exception qui "traiterait" de l’affaire anormalement, à partir du moment où la justice a déclaré l'homme responsable ?


Cher Alain, votre rapprochement entre l'abruti de Narcisse danois et B. n'est pas, lui, attentatoire à la mémoire des corps d'adolescents déchiquetés ?

Je ne crois pas : en quoi le degré de "sens" qu'on attribue à tels actes est-il en soi attentatoire à la mémoire de ceux qui en ont été les victimes ? C'est un peu comme si vous vouliez interdire à une justice de délibérer sur l'état psychologique d'un prévenu, au prétexte que le déclarer fou à lier serait insultant pour les victimes.
« C'est un peu comme si vous vouliez interdire à une justice de délibérer sur l'état psychologique d'un prévenu, au prétexte que le déclarer fou à lier serait insultant pour les victimes. »

Just you wait...
Utilisateur anonyme
25 août 2012, 22:58   Re : Omarite encore
Citation
Alain Eytan
» Anders Breivik est, à ma connaissance, le seul assassin d'exception à avoir été jugé dans un procès normal, où la justice, comme les parties civiles, considèrent son cas comme parfaitement traitable

Mais en quoi consisterait en pareil cas une juridiction d'exception qui "traiterait" de l’affaire anormalement, à partir du moment où la justice a déclaré l'homme responsable ?


.

C'est une simple observation. En France il aurait été jugé par une cour d'assises spéciale, dans la plupart des pays par une juridiction d'exception, avec les problèmes énormes de procédure, des bricolages de dernier moment et des polémiques énormes. Ici, ce n'est pas une critique mais une constatation, tout a fonctionné normalement.
Utilisateur anonyme
25 août 2012, 23:05   Re : Nouvelles de Richard Millet
Citation
Renaud Camus
« C'est un peu comme si vous vouliez interdire à une justice de délibérer sur l'état psychologique d'un prévenu, au prétexte que le déclarer fou à lier serait insultant pour les victimes. »

Just you wait...

Et pourtant les victimes se sentent insultées quand on en arrive à une décision d'irresponsabilité. Mais l'intervention des divers psychologues en est la cause : leur doctrine est qu'un procès est nécessaire à la résilience.
25 août 2012, 23:09   Re : Omarite encore
Citation
au prétexte que le déclarer fou à lier serait insultant pour les victimes.

Mais n'est ce pas ce qui s'est passé dans ce procès ?
25 août 2012, 23:26   Re : Omarite encore
» Just you wait...

Je me refuse absolument à considérer Didier Bourjon comme le fourrier des désastreux abus que causerait la peur panique de stigmatiser, serait-ce les morts. Ce ne serait pas juste.
La "juridiction d'exception", dans ces cas, consiste tout bonnement à abattre le tueur (H.B., Durn, Merah, les uns comme les autres (et surtout le premier), raisonnablement "capturables" et cependant "neutralisés" (et, d'ailleurs, je n'ai toujours pas bien saisi dans quelles conditions précises a été arrêté Breivik, c'est-à-dire comment il a pu éviter d'être criblé de balles.)) Quoi qu'il en soit, jusqu'à présent, ce type de tueurs ne se laissait pas prendre vivant. Avec Breivik et Holmes, les autorités sont bien plus embarrassées.

Je n'ai pas encore eu l'occasion de lire le livre de Millet mais il me semble bien possible d'en imaginer un autre, de trame analogue, qui expliquerait que l'Amérique mérite Holmes, l'homme qui faisait du cinéma à la mitrailleuse...
Utilisateur anonyme
26 août 2012, 09:57   Re : Nouvelles de Richard Millet
(Message supprimé à la demande de son auteur)
Je suis agréablement surpris de la publicité faite des trois ouvrages parus. Les ayant tous lus ce week-end, humblement, je les recommande sans aucune hésitation et même avec enthousiasme !

[www.franceinter.fr]
Je viens de terminer la lecture De l'antiracisme comme terreur littéraire et je recommande à tout le monde de l'acheter séance tenante.
Citation
Jean-François Chassaing
Citation
Renaud Camus
« C'est un peu comme si vous vouliez interdire à une justice de délibérer sur l'état psychologique d'un prévenu, au prétexte que le déclarer fou à lier serait insultant pour les victimes. »

Just you wait...

Et pourtant les victimes se sentent insultées quand on en arrive à une décision d'irresponsabilité. Mais l'intervention des divers psychologues en est la cause : leur doctrine est qu'un procès est nécessaire à la résilience.

Oui, c’est exactement ce que je voulais dire...
Utilisateur anonyme
27 août 2012, 16:06   Re : Nouvelles de Richard Millet
(Message supprimé à la demande de son auteur)
Utilisateur anonyme
27 août 2012, 20:40   Re : Nouvelles de Richard Millet
Citation
Jean-Michel Leroy
“Le Monde”.

La cause est entendue : Millet a disjoncté : Il ne faut surtout pas le lire mais le soigner. La psychiatrie soviétique a un grand avenir.
L'article du Monde est odieux. Je n'ai rien lu de ce Richard Millet mais la meute qui commence à baver me dégoûte. Ce que dit Millet sur la Norvège et Breivik est une analyse au plus près de la vérité. C'est un exercice délicat qui me fait penser à Vergès quand il défend des gens indéfendables.
Ce texte du Monde est en effet d’une bassesse qui confond l’esprit. Dans la dénonciation abjecte, c’est absolument digne de Je suis partout.

Le plus fort c’est que Le Monde avait bel et bien publié en première page du Monde des livres une sorte d’éloge littéraire de... la petite merde de Toulouse (sur l’air de « je suis dans la tête de Mohamed Merah ») sans que cela ne pose apparemment aucune question. Pas de consternation, pas de désarroi palpable, pas de dérive d’extrême droite, pas de sentiment de désolation dans ce cas-là. Juste une apologie, écrite par un crétin, d’une petite ordure présentée naturellement comme une victime de la société qui ne lui aurait pas fait de place (on a appris depuis que la pauvre malheureuse victime était un troufion absolument lambda du jihad international).
"D'autant qu'en mai 2012 les éditions Fata Morgana ont publié un pamphlet (Printemps syrien) dans lequel Richard Millet, fidèle à ses engagements passés auprès des phalangistes libanais, apporte un vigoureux soutien à Bachar Al-Assad."

Eh bien, voilà au moins une "info".
"Que (le despotisme d'Assad) soit préférable aux guerres civiles et confessionnelles apportées par la démocratie en Irak ou à l'instabilité chronique de la république libanaise, voilà qui méritait d'être dit."
Printemps Syrien.

Ce qu'écrit Millet dans son remarquable texte n'est pas un soutien (encore moins vigoureux), mais plutôt ce que les "journalistes" du Monde devraient en toute logique écrire au quotidien : un compte rendu, dans une langue littéraire, de la complexité et le tragique (donc l'enchevêtrement, l'indissociabilité du Bien et du Mal) de telle ou telle situation.
Utilisateur anonyme
28 août 2012, 07:50   Re : Nouvelles de Richard Millet
Citation
Albert
"Que (le despotisme d'Assad) soit préférable aux guerres civiles et confessionnelles apportées par la démocratie en Irak ou à l'instabilité chronique de la république libanaise, voilà qui méritait d'être dit."
Printemps Syrien.

Ce qu'écrit Millet dans son remarquable texte n'est pas un soutien (encore moins vigoureux), mais plutôt ce que les "journalistes" du Monde devraient en toute logique écrire au quotidien : un compte rendu, dans une langue littéraire, de la complexité et le tragique (donc l'enchevêtrement, l'indissociabilité du Bien et du Mal) de telle ou telle situation.

Les esprits sont formatés, dès l’école primaire, en mode binaire : il y a toujours les bons d’un coté (les opposants (sauf exceptions) , les indignés, les antiracistes) , les méchants de l’autres. Comment voulez-vous que les journalistes du Monde, pataugeant dans leur médiocrité arrogante, puissent comprendre «l'enchevêtrement, l'indissociabilité du Bien et du Mal ». Le logiciel qui leur sert de cerveau n’est pas programmé pour, il n’a pas intégré Anaximandre.
Ecouter ce matin la chronique de Laure Adler ce matin sur France cul. sur ce sujet, et celui des roms, et avaler de travers sa tartine...

Après avoir indiqué qu'elle n'avait pas lu son bouquin mais seulement le papier du Monde, elle a dit tout le mal qu'elle en pensait, affirmant que Millet faisait passer Brievik pour un héros

Laure Adler me permet de me reposer cette éternelle question : bêtise ou incompétence ? Bêtise ou volonté de mentir et de manipuler ?

[www.franceculture.fr] (Attention !!! cette chronique contient des traces d'imbécilités sur les Roms)
Citation
Laure Adler me permet de me reposer cette éternelle question : bêtise ou incompétence ? Bêtise ou volonté de mentir et de manipuler ?

Mais non il s'agit uniquement d'être en résonance avec son milieu. On est dans le conformisme le plus plat. De toute facon ces chroniqueurs officiels ne peuvent pas se permettre le moindre écart vis à vis la ligne convenue car il y va de leur carrière, de leur réputation.

Ils prennent une position essentiellement idéologique dans laquelle des considérations de vérité ou de mensonge ne comptent en rien. Cela fait maintenant plus de 2 siècles que les sectionnaires pervertissent l'histoire.
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