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L'étrange situation du FN

Envoyé par Loïk Anton 
22 mai 2013, 10:44   L'étrange situation du FN
La plupart des dirigeants de premier plan de l'UMP maintiennent le "cordon sanitaire" autour du Front National, que ce soit Copé, Fillon, NKM, X. Bertrand.

Même une alliance locale entraîne l'exclusion de l'adhérent UMP.

D'autre part, les autres composantes de droite ne sont pas plus amènes ; Boutin voulait l'interdiction du FN.

Il s'agit de dirigeants jeunes, qui seront en place encore 20 ou 30 ans comme le veut la vie politique française ; et ils ne changeront pas, ils suivent la voie de Chirac qui les a souvent adoubés (Baroin).

Dans ces conditions, à quoi sert le FN ?
Dans ces conditions, à quoi sert l'UMP ?
Aussi, sans doute.
À quoi sert l'UMP ? À consolider le magistère moral de la gauche, à établir solidement l'Empire du Bien, à asseoir la dictature des petits-bobos, à assurer la Grande Déculturation, la Décivilisation, l'hébétude généralisée et le Grand Remplacement.
A propos de passerelle, que pensez-vous de ce courrier ?
Tout d'abord, l'UMP.

La considérer comme un parti de même nature que les autres partis serait une profonde erreur. René Rémond l'a démontré. Historiquement, en France, les partis politiques de droite modérée sont très faibles.

L'ensemble RPF-UNR-RPR est d'une nature différente : il s'agit de rassemblements qui ne sont pas limités à la droite modérée, qui sont concurrencés par une partie de la droite modérée (les Indépendants puis l'UDF) et qui sont renforcés par des progressistes sociaux amis de l'ordre.

L'UMP se situe en fait dans la tradition de ces conglomérats conservateurs qui ont peu de militants, presque pas de programme mais bon nombre d'électeurs. Pourquoi cela ? justement parce que les électeurs conservateurs se méfient des programmes trop précis, ont une aversion pour l'emphase et détestent l'embrigadement.

Pour donner une idée de ce qu'est l'UMP et de ce que furent ses prédécesseurs, tout le monde sait ici, j'imagine, à quels partis appartenaient Herriot, Blum ou Thorez. Je suppose que nul ne peut dire sans "googler" à quel parti appartenaient d'une part Tardieu, Paul Reynaud, Poincaré, Lebrun ; d'autre part François de Wendel, Debû-Bridel, Louis Marin ; enfin, Mandel ou de Kérilis. Trois partis inconnus, trois associations plutôt.

Les électeurs UMP (et de la droite conservatrice en général) sont des plus indociles : ils se fichent comme de l'an quarante des consignes de leur parti.

L'unité de courant tient en fait à l'existence, à côté de divergences de façade que tout le monde voit, de deux axes très forts : le primat donné à l'économie, notamment celle de marché, et la mise en avant des valeurs "travail" et "liberté" contre la valeur "égalité". C'est profondément fédérateur. On notera que, quand il est battu aux élections, ce courant n'est pas écrasé, contrairement au PS, par exemple, qui fut laminé en 1993.

Ensuite, le Front National.

Il est, de mon point de vue, dans une situation politique qui va exiger de sa part des choix.

En effet, il ne peut envisager sérieusement arriver au pouvoir seul. Or, son discours ne facilite pas les alliances. Depuis toujours, il se pose seul contre tous (la Bande des quatre au temps de Le Pen père, on a vu ensuite qu'assimiler le PC au RPR tenait du délire) et attaque plus férocement la droite modérée que la gauche (alors que les communistes, par exemple, ont toujours distingué le rhûme (les socialistes) de la grippe (les radicaux) et de la peste (la droite)). Cette attitude pose de gros problèmes vis-à-vis des élus locaux de droite.

Ensuite, son électorat semble évoluer assez vite. On estimait qu'il était composé d'une large majorité de personnes venues de la "droite dure" mais aussi d'une minorité venue de la gauche proche des communistes. Actuellement, les transferts depuis la droite modérée ont cessé. La nouvelle source d'électeurs vient du centre-gauche, et donc du parti socialiste. Cela rend la définition d'un programme économique très difficile.

Aux prochaines élections, il devrait sans doute faire jeu égal avec la droite conservatrice (qui dispose néanmoins de réserves au centre) et dépasser les socialistes. Mais que peut-il faire ensuite ?

Bien des électeurs conservateurs sont prêts à le suivre quand il parle d'immigration, mais sont rebutés par l'absence de doctrine économique. D'autres ne se résignent pas à voir de temps en temps surgir de vieux démons.

Tôt ou tard, Mme Le Pen, qui est intelligente, devra répondre à la question "en quoi le FN doit-il évoluer pour se rapprocher de la droite classique ?" alors que jusqu'à présent le discours est "laissez venir à moi les petits électeurs".
Enfin j'ai l'impression que sous Chirac une génération de cadre UMP a été modelée de façon à adopter une pensée centriste voire centre-gauche sur nombre de questions. Ces cadres sont devenus les dirigeants et parmi eux, aucun ne fera d'alliance avec le FN (même Copé). Ici l'analyse proposée par Vanneste sur l'UMP semble définitive.
Donc que peut faire Marine Le Pen ? N'est-elle pas déjà échec et mat ?
Et qu'est donc devenue la Droite populaire ?
Elle est une composante de l'UMP, ce qui confirme son caractère très composite. Ce conglomérat allant de la droite dure au centre-droit, c'est à dire en direction de personnes pour lesquelles le primat de l'économie de marché est le critère majeur (ces mêmes personnes peuvent avoir des positions opposées sur les sujets de société, sur l'Europe, sur l'immigration) est une constante des partis de droite modérée, ce n'est pas propre à l'UMP.

Deux exemples, le Parti conservateur et la CDU.

Enoch Powell fut membre du Parti conservateur, puis unioniste. La CDU a une aile "droitière", la CSU.
Citation
Marcel Meyer
Et qu'est donc devenue la Droite populaire ?

Je crois qu'elle a été doublée sur sa droite par La Droite Forte dont on entend beaucoup parler aujourd'hui. Je salue d'ailleurs le courage de Guillaume Pelletier qui a osé dire ses 4 vérités à madame NKM.

Constater dans le même temps que Pelletier et Chassain se font taper sur les doigts par les dirigeants de l'UMP est assez révélateur de ce qu'est l'UMP aujourd'hui : un vide.
J'avais de Jean-Marc l'image d'un persifleur d'ailleurs très spirituel, je le découvre en analyste politique remarquable. A propos de l'UMP, je rajouterai que la base, pour ce que j'en ai vu en province, est très favorable à des alliances de deuxième tour avec le FN, au contraire de la hiérarchie.
99,999999% de la base vaut 0,0000001% des hiérarques.
Souvenons-nous d'un certain référendum...
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