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Le Collège de France maintenant...

Envoyé par Pierre Jean Comolli 
Pour Patrick Boucheron, professeur au Collège... de France, bof, ce pays n'a jamais aussi grand que ça.

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Il faut vraiment écouter, et croire, ce que raconte AF au sujet de cet ouvrage et surtout de son accueil. C'est tout bonnement stu-pé-fiant.
Impayable E. Levy: "Il y a Zidane mais pas Proust?!"
26 janvier 2017, 14:47   L'article
Par Alain Finkielkraut
Publié le 25/01/2017 à 17h34

TRIBUNE - Le philosophe\* a lu l'Histoire mondiale de la France \*\* dirigée par Patrick Boucheron. Il s'étonne de n'y avoir rien trouvé de la civilisation française.


Comme les auteurs de l'Histoire mondiale de la France, je déteste voir mon pays se refermer sur lui-même. Rien ne m'inquiète, ne me hérisse, ne me scandalise davantage que la négation ou l'oubli de l'Autre. Le regard étranger m'importe au plus haut point. Et notamment celui du grand romaniste allemand Ernst Robert Curtius dans son Essai sur la France publié en 1930: «La littérature joue un rôle capital dans la conscience que la France prend d'elle-même et de sa civilisation. Aucune autre nation ne lui accorde une place comparable. Il n'y a qu'en France où la nation entière considère la littérature comme l'expression représentative de ses destinées.»



La France mondiale, c'est d'abord la France vue d'ailleurs. Et la France vue d'ailleurs est une patrie littéraire


Nombre d'autres témoignages corroborent l'observation de Curtius. La France mondiale, c'est d'abord la France vue d'ailleurs. Et la France vue d'ailleurs est une patrie littéraire. Fort de cette définition, j'aborde le livre publié sous la direction de Patrick Boucheron, professeur au Collège de France, et je découvre, effaré, que ni Rabelais, ni Ronsard, ni La Fontaine, ni Racine, ni Molière, ni Baudelaire, ni Verlaine, ni Proust n'y figurent. Et si Mauriac est cité, ce n'est pas pour son œuvre, c'est pour sa critique honteusement réactionnaire du féminisme.

Certes, il y a bien un chapitre sur la Comédie humaine, mais Jérôme David, son auteur, n'est pas content: il déplore que Balzac découpe les cultures en nations au lieu de reconnaître et de pratiquer l'hybridation, et il lui oppose le cosmopolitisme véritable de Claude Fauriel qui, au même moment, occupait la première chaire de littérature étrangère à la Sorbonne et qui a consacré un chapitre de son Histoire de la poésie provençale à l'influence des Arabes sur la littérature française: «Personne n'a formulé une telle hypothèse après lui. Il serait pourtant à souhaiter, aujourd'hui, que de tels chapitres deviennent tout simplement pensables.» Telle est la conclusion de l'article sur l'auteur du Père Goriot et des Illusions perdues.



Mondialiser l'histoire de France, c'est dissoudre ce qu'elle a de spécifique, son identité, son génie propre, dans le grand bain de la mixité, de la diversité, de la mobilité et du métissage


Ainsi s'éclaire le sens de «monde» pour les nouveaux historiens. Mondialiser l'histoire de France, c'est dissoudre ce qu'elle a de spécifique, son identité, son génie propre, dans le grand bain de la mixité, de la diversité, de la mobilité et du métissage. Et c'est répondre au défi islamiste par l'affirmation de notre dette envers l'Islam. De manière générale, l'Histoire mondiale de la France remplace l'identité par l'endettement. Ici doit tout à ailleurs. De la France, patrie littéraire, ce qui surnage, c'est la traduction des Mille et Une Nuits par Antoine Galland et l'audace qui a été la sienne d'ajouter au corpus original des histoires que lui avait racontées un voyageur arabe venu d'Alep.

Instructif aussi est le récit de l'invasion musulmane de 719 à Narbonne, où les cultures se sont mêlées avant que les Francs, hélas, n'arriment par la force cette ville à leur royaume. Ceux qui, en revanche, croient pouvoir mettre au crédit de la France naissante la première traduction latine du Coran par l'abbé de Cluny Pierre le Vénérable en 1143, sont avertis que cette démarche n'était pas inspirée par la curiosité mais par une volonté de dénigrement. Et peu importe le fait que l'Islam de son côté ne pouvait pas même envisager de traduire les Écritures saintes des religions antérieures à son avènement.



Au nom du combat contre la lepénisation des esprits, les chercheurs réunis par Patrick Boucheron vident la France de ce qu'elle a de singulièrement aimable et admirable


Nos éminents universitaires n'ont que l'Autre à la bouche et sous la plume. Ouverture est leur maître mot. Mais ils frappent d'inexistence Cioran, Ionesco, Kundera, Levinas, tous ces étrangers qui ont enrichi notre philosophie et honoré notre littérature. Car c'est à ce «notre» qu'ils veulent faire rendre l'âme. Leur rejet de toute cristallisation identitaire les conduit à répudier le nous de la continuité historique pour celui, multiracial, de l'équipe «black-blanc-beur» qui a remporté la Coupe du monde de football le 12 juillet 1998. Au nom du combat contre la lepénisation des esprits, les chercheurs réunis par Patrick Boucheron vident la France de ce qu'elle a de singulièrement aimable et admirable.



«Une histoire libre», dit le journal Libérationpour qualifier ce bréviaire de la bien-pensance et de la soumission, cette chronique tout entière asservie aux dogmes du politiquement correct


Car si Lilian Thuram, Marcel Desailly, Zinédine Zidane mais aussi Bourvil, Catherine Deneuve et Charles Aznavour figurent dans ce grand récit, on ne trouve pas plus la trace de Poussin, de Fragonard, de Watteau, de Géricault, de Courbet, de Monet, de Degas, de Bonnardou, de Berlioz, de Bizet, de Debussy, de Ravel, de Gabriel Fauré que de Proust ou de La Fontaine. Ni littérature française, ni peinture française (à l'exception des Demoiselles d'Avignon), ni musique française. Le dégoût de l'identité a fait place nette de la culture. Les façonniers de l'Histoire mondiale de la Francesont les fossoyeurs du grand héritage français.

«Une histoire libre», dit le journal Libérationpour qualifier ce bréviaire de la bien-pensance et de la soumission, cette chronique tout entière asservie aux dogmes du politiquement correct qui ne consacre pas moins de quatorze articles aux intellectuels sans jamais mentionner Raymond Aron, ni Castoriadis, ni Claude Lefort, ni aucun de ceux qui ont médité la catastrophe totalitaire et la bêtise de l'intelligence au XXe siècle. Certes, la mort de Staline n'est pas oubliée, mais si Patrick Boucheron et son équipe n'étaient pas obnubilés par les prescriptions et les priorités de l'idéologie dominante, ils auraient évidemment accueilli cet événement mondial que fut le procès Kravchenko.



Levinas disait de la France que c'était«une nation à laquelle on peut s'attacher par l'esprit et le cœur aussi fortement que par les racines». L'Histoire mondiale de la France rend cet attachement impossible, car la France qu'elle nous présente n'est plus une nation mais un courant d'air


«Histoire jubilatoire», ajoute Libération. Ce mot - le plus insupportablement bête de la doxa contemporaine - convient particulièrement mal pour une histoire acharnée à priver la France de son rayonnement et à l'amputer de ses merveilles. Ce qui tient lieu de vie avec la pensée, ce n'est pas la Recherche du temps perdu, c'est Les Damnés de la terre de Frantz Fanon. Et l'affaire Strauss-Kahn a ceci de bénéfique, apprend-on une fois arrivé à l'année 2011, qu'elle porte un coup fatal au mythe français de la galanterie et qu'elle érige la transparence en impératif démocratique universel.

Levinas disait de la France que c'était «une nation à laquelle on peut s'attacher par l'esprit et le cœur aussi fortement que par les racines». L'Histoire mondiale de la France rend cet attachement impossible, car la France qu'elle nous présente n'est plus une nation mais un courant d'air ou, comme l'écrit Éric Aeschimann dans L'Obs : «Une succession d'aléas, un fatras doux et violent, une vaste aventure collective sans signification particulière.»

Il n'y a pas de civilisation française, la France n'est rien de spécifiquement français: c'est par cette bonne nouvelle que les rédacteurs de ce qui voudrait être le Lavisse du XXIe siècle entendent apaiser la société et contribuer à résoudre la crise du vivre-ensemble. Quelle misère!

* Membre de l'Académie française.

** Histoire mondiale de la France, Le Seuil, 776 p., 29 euros.
il déplore que Balzac découpe les cultures en nations au lieu de reconnaître et de pratiquer l'hybridation, et il lui oppose le cosmopolitisme véritable de Claude Fauriel qui, au même moment, occupait la première chaire de littérature étrangère à la Sorbonne et qui a consacré un chapitre de son Histoire de la poésie provençale à l'influence des Arabes sur la littérature française: «Personne n'a formulé une telle hypothèse après lui. Il serait pourtant à souhaiter, aujourd'hui, que de tels chapitres deviennent tout simplement pensables.» Telle est la conclusion de l'article sur l'auteur du Père Goriot et des Illusions perdues.

C'est la doxa que s'emploie à propager le parti dévot. Il est amusant de lire cela, parfaitement symétrique à ce qu'écrivait un prélat du XIXe siècle qui, se piquant de critique littéraire, défendait en des termes semblables un Louis Veuillot, auteur totalement oublié aujourd'hui, comme peut l'être ce Claude Fauriel mis en avant par le parti dévot actuel, contre Victor Hugo. Selon cet éminent représentant du clergé d'alors, Louis Veuillot, chrétien véritable, savait, lui, mettre en scène les humbles et les grands dilemmes de l'âme humaine sans verser dans la fantasmagorie hugolienne de peu de prix, sans se complaire abondamment et vainement dans la noirceur. Bref, Hugo était, aux yeux de ce prélat, jugé politiquement incorrect et par conséquent sans intérêt littéraire autre qu'anecdotique. Les dévots changent, les Eglises sont remplaçables et remplacées, le parti dévot, lui, demeure tel qu'en lui-même.

Ce que nos cosmopolitistes-hybridateurs, vent debout contre les nations, ne perçoivent pas, et leurs adversaires le plus souvent pas davantage : que les nations en Europe ont été facteur d'émancipation des empires et que ce sont eux, les empires, constitués ou en formation, et leurs ambitions et leurs plans, qui ont été fauteurs de guerre et de malheur en Europe, et non les nations qui s'employèrent, de tous temps, à leur résister. En Europe, le nationalisme fut et demeure libérateur. Pas facile à concevoir, et encore moins à digérer pour ce parti dévot, propagandiste de l'Empire Mol.
Figurez-vous que la subtile "autrice" de ce galimatias sur une œuvre de Frida Kahlo est non seulement licenciée de Lettres Classiques (qu'est-il advenu de son latin et de son grec ?), mais encore diplômée de l'Ecole du Louvre et d'HEC. Le niveau baisse me direz-vous. D'autant que la demoiselle est maintenant thésarde dans l'honorable institution que fut le Collège de France ...

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Perdre un enfant ou ne pouvoir offrir la vie quel est le pire châtiment qu'il soit ? C'est pour cela que je vous propose 1 peu d'histoire de l'art avec une oeuvre qui me marque à titre personnel, celle de Frida Kahlo et sa toile "L'hôpital Henry Ford" peinte par cette dernière en 1932. Frida a eu un accident qui lui transpercera le bassin dont ses ovaires ce qui la rendra incapable de donner naissance. Quel plus pire châtiment que cela dites moi ? Voyez sa douleur immense avec ce sang qui coule qui est le symbole de son mal être psychologique mais aussi physique. Pour la petite histoire, elle a fait cette toile après avoir fait une 2ème fausse couche qui anéantira à jamais son désir d’être maman..
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Plus pire que ça tu meurs — et c'est précisément ce qui arrive à notre langue.
Certes, mais... comme elle parle d'ovaires, on ne peut que se taire !
Malheureusement il y a "plus pire" : la demoiselle, non contente d'abreuver les internautes de considérations fumeuses sur l'art, aime aussi à encenser ses camarades de galère grammaticale : ici, à propos du dernier chef d'œuvre de Leïla Slimani, elle montre qu'elle sait imiter le beau style de Femme Actuelle. Mais quid du style du Collège de France ?

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Je le recommande vivement. J'avais predit qu'elle aurait le Gongourt chose faite. Un roman terrifiant sur une nounou qui commettra l'impensable, l'infanticide. C'est irréel par la violence, c'est stupéfiant voire déroutant. Leila Slimani a indéniablement un immense talent !
Je prédis que son goeur bat pour Magron.
C'est en effet une macroniste convaincue.
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