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Le cinéma anglais au temps du "Brexit"

Envoyé par Thomas Rothomago 
On peut lire dans le numéro de Marianne de cette semaine un article intéressant, signé Agnès Catherine Poirier et intitulé : "Cinéma britannique, la tyrannie de la diversité". En voici quelques extraits :

"Du financement aux récompenses, la « diversité » est devenue le nouveau diktat. La très sérieuse Académie britannique des arts de la télévision et du cinéma, connue sous l’acronyme de Bafta – l’équivalent de notre académie des Césars – a récemment déclaré qu’à partir de 2019 les films ne remplissant pas les critères stricts de la « diversité » ne seraient pas éligibles aux plus hautes récompenses du 7ème art. Pour être désormais éligibles aux prix britanniques du cinéma, les films devront passer un test dit « de diversité », et remplir aux moins deux critères sur les quatre énoncés. Les voici, jargon compris : 1) raconter une histoire, développer des thèmes illustrant la diversité avec des personnages ethniques ; 2) employer des acteurs et des techniciens seniors, autrement dit âgés (mais sans indication d’âge exact) ; avoir produit ce film dans l’objectif clair d’attirer un public sous-représenté dans les salles de cinéma ; 4) prouver que techniciens et artistes du film ont vu leur carrière progresser avec ce film."

[Du côté de la recherche de financement pour un film]

Tout d’abord le producteur doit expliquer comment l’histoire de son film « représente de façon significative des thèmes ou des franges de la population sous-représentés sur le grand écran », ou bien comment son film « met en avant de façon complexe des personnages ou des communautés habituellement caricaturés dans les films ». Ensuite, le recrutement d’individus provenant de « groupes sous-représentés » est obligatoire pour que le film soit éligible à l’aide publique. On notera le charabia des thèmes employés, et cette novlangue digne d’Orwell. Au final, « au moins la moitié de toute l’équipe du film doit être un mélange de groupe sous-représentés. »
Le producteur n’est pas au bout de ses peines. Lui, son réalisateur et son scénariste vont désormais devoir répondre à des questions que l’on pourrait juger d’ordre strictement privé."

Ce questionnaire vaut son pesant de cacahuètes diverses et d'aberrations conceptuelles sur le thème de la "race", allègrement confondue avec la nationalité et inversement. Je n'irai pas jusqu'à poursuivre mon recopiage mais c'est vraiment croquignolet.
C'est trop beau pour être vrai : est-ce une blague ??
Mlle Agnès Catherine Poirier est une jeune femme tout à fait charmante et passablement séduisante, qui maîtrise l'anglais à merveille (on la voit souvent dans les talk-show de la BBC) et qui ne blague jamais.
Vous l'avez copié d'après le numéro sur papier ? Je ne trouve rien de tel sur le site de Marianne.
Pardon, le texte complet de cette mise en demeure diversitaire ne figure pas dans la page que j'ai mise en lien. Il faut aller ici et ouvrir le pdf.
Oui, en effet, je l'ai copié d'après le numéro papier de cette semaine, après l'avoir cherché en vain sur le site où tous les articles ne sont pas reproduits.

Voici un autre extrait :

"Le BFI n'y va pas par quatre chemins. Après s'être enquis de leur sexe, le BFI interroge : "Votre sexe aujourd'hui est-il le même qu'à votre naissance ?" Ils peuvent cocher "Je préférerais ne pas répondre" [c'est peut-être un clin d’œil à Bartelby...], mais les professionnels le leur déconseillent, ce serait mal vu et ils risqueraient de perdre des points. Suit l'âge, puis le BFI leur demande leur nationalité. Et là, stupeur. En effet, ils ont le choix de répondre "Britannique", "Anglais", "Gallois", "Ecossais", "Nord-irlandais". [...] Continuons. Producteur, réalisateur et scénariste doivent ensuite révéler leur ethnicité, ou race en anglais. Les choix et les combinaisons ne manquent pas : "Indien", "Pakistanais", "Bangladais", "autre origine asiatique", "Caribéen", "Africain", "autre origine noire", "métisse blanc et africain", "métisse blanc et caribéen", "métisse d'une autre origine", "Britannique", "Irlandais", "autre origine blanche", "Chinois", toute autre origine". "Britannique" ? C'est une ethnie ? [...]

Notre producteur franco-britannique essaie d'en rire : "Je suis probablement trop mâle, trop blanc, trop hétérosexuel, trop diplômé et trop vieux (ou pas assez !), et pas assez handicapé à leur goût. Heureusement, le sujet de mon film est une plongée dans la diversité multiculturelle et les talents principaux sont des jeunes et des femmes. J'espère que cela va compenser mes tares personnelles.""

Il me semble que même au temps du réalisme socialiste le plus orthodoxe, on n'avait pas vu un pareil délire. Cela dit, le masque ne fait que tomber : le cinéma n'est pas un quelconque 7ème art, il est, a été et restera le 1er art de la propagande.
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