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Et dire que lorsque nous avions douze ou seize ans, dans les années 60 du siècle dernier, on nourrissait nos jeunes esprits de westerns, John Wayne et compagnie, quand l'affre était mince entre le méchant indien peau-rouge et la brave cavalerie.

Nos pères, nos jeunes grands-pères, en France, dans ce temps-là, avaient connu, chez nous, l'affre grand, celui de la guerre civile à laquelle tous, en usant des moyens de leur bord, avaient participé, quelque quinze ou vingt ans auparavant.

Ce qui suit est un récit vécu, tiré d'un ouvrage publié en 1974, intitulé Les Maquis de Provence, que l'on doit à un certain Christian Durandet (Editions France-Empire).

C'est du Fennimore Cooper (Le Dernier des Mohicans s'ouvre sur des scènes de chasse à l'homme comme ici), auteur nord-américain si quintessentiel qu'il lui répugnait à prendre parti dans la guerre civile européenne qui avait fait rage sur le continent nord-américain entre Français et Anglais dans la Guerre de Sept ans. Ici, en juillet 1944, la Milice et les Maquisards, Français contre Français, acteurs d'un immense et sanguinaire malentendu, se livraient alors une guerre à mort, sans bord du Bien ni bord du Mal et toujours avec les mêmes admirables ressources françaises : les Miliciens qui torturaient des Maquisards, et ceux-ci, qui, en conscience, ayant cogité le coup de feu, fusillaient résolument ceux-là, se ressemblaient comme frères, pensaient par les mêmes arcanes français du combat, de la ruse, du don de soi, du calcul national supérieur :

Il n'avait pas son pareil pour le tango et le pasodoble. De Nîmes à Arles, de Tarascon à Beaucaire, on connaissait sa silhouette fine, ses cheveux noirs et son sourire de velours.

Bien des Provençales sages avaient eu le coeur chaviré quand, cambrées sur le bras du danseur mexicain, elles sentaient sa fine moustache soigneusement entretenue, frôler leur joue. Il ne manquait jamais un bal et devait faire chaque danse pour fournir à la demande et éviter de se faire écharper par les charmantes jalouses...

[à suivre]
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