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Une grande Française

Envoyé par Pierre Jean Comolli 
Il y en a encore, cela fait chaud au coeur. Opiniâtre, inventive, utile...


Isabelle Fromantin, l'infirmière qui a du flair

Celle qui a choisi de panser les plaies des cancéreux, pour être auprès d'eux, n'a jamais cesser d'innover. Son dernier projet, baptisé " KDog " : détecter les tumeurs grâce à l'odorat des chiens


A 7 ans, elle se rêvait infirmière, partir loin, soigner les lépreux. A 46 ans, et après plusieurs longs séjours en brousse, Isabelle Fromantin porte effectivement la blouse blanche et panse les cancéreux à l'Institut Curie. " C'est assez rectiligne comme parcours, sourit-elle. J'ai juste changé de type de plaies. " Juste… Le terme est un peu lapidaire. Ou alors il conviendrait d'ajouter qu'Isabelle Fromantin a juste soutenu une thèse de sciences ; qu'elle a juste inventé et breveté un nouveau type de pansements ; qu'elle a juste ouvert la première consultation française spécialisée dans les plaies en cancérologie. Et, -enfin, qu'elle vient juste de présenter, à l'Académie des sciences, son dernier-né : KDog, un projet de dépistage précoce du cancer du sein grâce à l'odorologie canine, qui revendique " 100 % de réussite en phase de concept ".

Juste une infirmière, donc. Le bureau de 10 mètres carrés qu'elle partage avec deux collègues plaide en ce sens. Evidemment, il y a ces peluches de chiens, en bord de table, et les photos de bergers malinois sur le tableau d'affichage. L'affiche de Wonder Woman, en grande tenue, aussi, qui plante ses yeux dans ceux du visiteur. Mais toute ressemblance avec la locataire des lieux serait purement accidentelle, assure-t-elle. Certes, il lui faut gérer la petite vague médiatique suscitée par ce projet canin, boucler la publication scientifique à venir, -répondre aux bénévoles qui la sollicitent, penser budget, communication, protocole de -recherche… Mais l'image d'un ulcère ophtalmique, transmis par e-mail pour avis, ou -encore cette plaie purulente dont sa collègue lui tend un cliché sur son iPhone sont là pour le rappeler : " Ici, la priorité reste le soin. "

Soif d'aventure
Soigner. Isabelle Fromantin ne se souvient pas d'avoir jamais songé à faire autre chose de sa vie. La famille est bourgeoise et surtout catholique. La quête qui l'a marquée reste celle effectuée chaque année en faveur de la Fondation Raoul-Follereau, en première ligne dans la lutte contre la lèpre. De même, quand un prêtre togolais vient lui raconter son action dans un hôpital pour enfants, il ne la décide pas à entrer dans les ordres. " Je lui ai promis que je viendrais l'aider plus tard, se souvient-elle. Et j'y ai passé un an et demi, après mes études. "

Ses parents la rêvent médecin. " Pour eux, -infirmière ce n'était pas assez. Mais moi, c'était ce qui m'attirait : être près des malades. Et puis je n'étais pas très apte à l'école. " Encore un euphémisme. Rétive à toute forme d'obligation scolaire, elle accumule les exclusions. " Au moins quatre. J'ai terminé dans le privé hors contrat ", sourit-elle. Mais elle parvient quand même à entrer à l'école d'infirmières. Et à en sortir, diplôme en poche.

Là, elle continue à affirmer ses choix. L'Afrique, donc. Puis la cancérologie, où elle a déjà fait un stage et des remplacements d'aide-soignante l'été. " Ici, les patients ont tous une histoire, on les suit tout au long de leur traitement. " Désir de continuité, mais aussi soif d'aventure. Quand en 1996, la docteure Laure Copel cherche une infirmière pour ouvrir la première unité mobile de soins palliatifs, elle n'hésite pas. " On allait dans les différents services voir des gens qui allaient mourir. Il fallait gérer la douleur, bien sûr, mais aussi ces plaies terribles qui coulaient, saignaient, sentaient mauvais. "

Les pansements et les plaies deviennent sa spécialité. Panser les escarres, les ulcères, les tumeurs. De vrais casse-tête auxquels elle -répond comme elle peut. " Je n'étais pas sûre de bien faire. Alors j'ai tâtonné. " Sa première présentation dans un congrès scientifique est primée. " J'étais très fière, mais je n'avais toujours pas de réponses pour les plaies tumorales. " Alors Isabelle Fromantin poursuit sa quête, passe à l'échelon européen puis américain. " Avec mon anglais déplorable, je ne comprenais rien, sauf une chose, quand même : personne n'avait de solution. "

La soignante se fait chercheuse, améliore son anglais, avale la littérature disponible. A l'Institut Curie, médecins et biostatisticiens apportent leur concours à cette infirmière pas tout à fait comme les autres qui, non contente d'avoir créé sa consultation spécialisée, tente d'inventer des remèdes. Un soir, un ami lance une idée, mi-défi, mi-boutade : " “Pourquoi tu ne ferais pas une thèse ?” Je n'avais jamais mi les pieds à la fac, j'étais rétive à toute forme de cours et je n'avais pas les diplômes nécessaires pour m'inscrire… " Un détail. Elle décroche son master 2 par valorisation des acquis professionnels, puis, en 2012, après trois ans de travail, la fameuse thèse, le diplôme universitaire suprême.

Dans son mémoire sur les plaies tumorales, la " docteure " Fromantin avance trois hypothèses : la première concerne la quantité de biofilms présents sur ces plaies, moins importante qu'on le pense. Elle va le vérifier. La deuxième invite à développer de nouveaux -types de pansements, non antiseptiques et non antibiotiques, afin de lutter contre les mauvaises odeurs. " Ça a l'air secondaire mais c'est fondamental. Ça empoisonne la vie des malades, leurs relations avec leurs proches. " Après de nombreux essais, des expéditions -rocambolesques pour ramasser les crottes de chiens du voisinage afin de tester l'efficacité de ses modèles, elle opte pour la cannelle. " C'est à la fois adsorbant et odorant. " Un brevet a été déposé, une certification de conformité européenne est à l'étude. Les prototypes industriels sont attendus d'un jour à l'autre, mais déjà une douce odeur d'épices flotte dans le bureau. " Après, nous nous attaquerons aux couches pour personnes âgées ", sourit-elle.

Une détection par la sueur
C'est sa troisième hypothèsequi fait parler d'elleaujourd'hui : profiter des composés odorants volatils (COV) pour détecter des cancers. Isabelle Fromantinrêve de mettre au point un " nez " électronique capable de repérer ces -molécules spécifiques. Un courrier envoyé par le maître-chien Jacky Experton à 70 hôpitaux et cliniques précipite un changement de trajectoire. " Il avait dressé des chiens à trouver des -explosifs, il pensait qu'il pouvait leur apprendre à détecter des maladies, raconte l'infirmière. Nous avons été les seuls à lui répondre. " Des expériences similaires ont déjà été réalisées. Au Japon, aux Etats-Unis, en France même, des chiens ont su repérer dans les urines, les selles, le sang, des marqueurs de cellules malignes. Alors Isabelle Fromantin et son équipe plongent en terre -canine. Leur souci : améliorer, fiabiliser et surtout simplifier la détection en utilisant la sueur. Placer pendant la nuit une lingette sur le sein d'une patiente doit permettre de différencier, au matin, la malade et la bien-portante.

Dans le prestigieux Institut Curie, le projet KDog fait d'abord ricaner. Pourquoi confier à des chiens ce que des machines réalisent si bien ? Isabelle Fromantin plaide : " C'est moins contraignant qu'une mammographie, facile pour tout le monde, qu'on soit en ville ou en milieu rural, en fauteuil roulant ou debout. " Sans compter sa chère Afrique, pour qui les appareils de radiologie avancés restent souvent inabordables. Les arguments peinent à convaincre. Lancé le 1er avril 2016, le " poisson d'avril de l'Institut Curie ", comme le surnomment ses détracteurs, manque de financements pour acheter les animaux, payer le maître-chien qui les formera, mettre en place les expériences… C'est donc par le crowdfunding qu'Isabelle Fromantin trouve les 80 000 euros nécessaires.

Le résultat se révèle spectaculaire. Parmi les 130 lingettes présentées, Thor et Nykios, les deux malinois de Jacky Experton, repèrent 100 % des 79 tissus imbibés par la sueur de femmes souffrant d'un cancer du sein. Ce n'est encore qu'" une preuve de concept ". Isabelle Fromantin prépare la phase suivante, une -expérience plus rigoureuse avec un échantillon de 1 000 femmes, quatre ou cinq chiens formés par différents dresseurs. " Il faut écarter les biais, explique l'infirmière, s'assurer que le dispositif pourra être généralisé. "

Un changement d'échelle qui s'appuiera là encore sur le financement participatif – il faudra 800 000 euros – et sur un soutien qui s'amplifie. " Autour d'elle, elle a rassemblé des médecins – chirurgiens, oncologues, radiologues –, des chimistes, mais aussi des bénévoles, tous -séduits par son exceptionnelle force de conviction et sa ténacité ", témoigne Irène Kriegel, anesthésiste et chef de l'unité plaies et cicatrisation de l'Institut Curie. Ceux-là sont sans doute partis pour un bon bout de chemin. Car après le cancer du sein, Isabelle Fromantin voudrait traquer celui de l'ovaire, encore plus sournois. Et elle n'a pas renoncé à mettre au point un nez électronique. Juste une infirmière, donc.

Nathaniel Herzberg

© Le Monde
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