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L’aristocratie du monde

Envoyé par Trystan Dee 
11 avril 2017, 12:11   L’aristocratie du monde
« Et puis surtout, je n'avais jamais vu des Blancs faire ça ! »

Renaud Camus dit souvent que les blancs sont l'aristocratie du monde et que nous sommes en 1793. Mais comme on le voit, cela se discute. Il suffit en effet de voyager un peu hors d'Europe pour se rendre compte du mépris désolé qu'éprouvent à notre endroit les habitants des pays dits “moins développés”. Il faut dire qu'entre nos clips de variétés où des fillettes se trémoussent comme des catins de dernière catégorie et cette vaste jeunesse clochardisée qui se complaît dans sa clochardise militante, les Asiatiques, surtout, et même les habitants du Moyen-Orient, nous regardent à présent de très haut, en n'éprouvant rien d'autre pour nous qu'un immense mépris où surnage, peut-être, une pointe de pitié (pour ce que nous fûmes, pour ce qui a été...)
Oh bah je me souviens de cet Indonésien qui m'avait dit reconnaître les femmes françaises au fait qu'elles soient presque toujours "accrochées" au bras d'un homme noir... Ce qui n'est pas complètement faux.

La "grande classe", là aussi.
Sur cette jeunesse que le monde entier nous envie, je vous invite, en quelques clics, à vous concocter un pot-pourri des propos tenus, au cours des derniers mois, par certains "millénials" au sujet de l'élection présidentielle. D'authentiques décérébrés dont la parole ne semble plus pouvoir progresser qu'à coups d'"en fait" et de "voilà". Cette sorte d'ataxie mentale semble bien être une spécificité française. Prenez un jeune Anglais, un jeune Allemand et un jeune Japonais, et demandez leur de raconter leurs dernières vacances ou de vous dire ce qu'ils aiment le plus dans la vie. Ils sauront le faire, tandis que leur homologue français, lui, pataugera dans la semoule pour simplement expliquer qu'il préfère l'OM au PSG.
Il me semble qu'en effet, nous sommes à l'avant-garde de ce qui advient à l'Occident.
Citation
Pierre Jean Comolli
D'authentiques décérébrés dont la parole ne semble plus pouvoir progresser qu'à coups d'"en fait" et de "voilà".

Et de "du coup" ! Du coup, donc du coup, pour le coup, du coup donc du coup (si si)...
Il y a la variante "effectivement", qui serait plutôt féminine tandis que "en fait" serait plutôt masculin.
Effectivement. Sauf que "du coup", en fait, c'est du coup l'inducteur de voilà. Voilà.
Voilà n'a guère besoin d'inducteur pour proliférer. D'ailleurs on ne peut pas mettre sur le même plan ni même en relation voilà et du coup. La preuve : Bonnefoy comme Renaud Camus emploie en tout bien tout honneur du coup.
Le pire, à mes oreilles, c'est ce sabir à la fois anarchique et prétentieux que parlent la majorité de nos contemporains, qui consiste à coller les uns aux autres, mais sans jamais tenir compte des règles de la syntaxe, des mots très abstraits, pour tout dire infiniment creux, pour la simple raison qu'ils sont à la mode. Le fond du message n'a pas d'importance, d'ailleurs il n'y en a guère, ce qui importe, c'est d'avoir dûment aligné les mots qui comptent. On a l'impression d'être face à des enfants de six ans aux trois quarts fous et qui souhaitent néanmoins vous en remontrer.

Je ne sais pas si je me fais bien comprendre, si d'autres que moi sur ce forum ont également ce genre d'impression.
Des exemples Trystan, des exemples je vous prie. Ce qui me frappe c'est l'imprécision de l'expression, l'elliptique et le "je-me-comprends" roi, absolument partout, l'assaisonnement de "buzz words" et de clichés franco-américains ne me semble pas être une aussi grande gêne à la communication que l'incapacité générale à articuler en phrases simples ce qu'on a à dire précisément. On se rapproche tous les jours un peu plus du grognement entendu, avec, pour alternative, le grognement hostile. Et rien, ou presque, entre les deux.
« On se rapproche tous les jours un peu plus du grognement entendu, avec, pour alternative, le grognement hostile. Et rien, ou presque, entre les deux. »
Fin du langage articulé, retour à l'animalité (voyez l'antispécisme qui tend à prendre le relais de l'antiracisme) — processus régressif dont le stade festivo-infantile n'aura été qu'une étape : c'est ce que Muray prédisait il y a dix-quinze ans...

Cela dit j'aurais moi aussi bien aimé des exemples concrets de ce qu'évoque M. Dee.
Difficile de fournir un exemple précis, qu'on me pardonne : il faudrait que je me promène avec une caméra ou un magnétophone pour fixer cela... Il doit bien y avoir sur YouTube quelques exemples, encore qu'on ne les ait jamais sous la main au moment où on le souhaiterait. Je me souviens notamment d'un participant à Nuit Debout qu'on interviewait et dont le discours n'était plus qu'un flot de termes creux, une pénible lallation sans queue ni tête. C'est lui qui m'avait donné l'impression qu'on franchissait un nouveau seuil dans le grand n'importe quoi français.

Le phénomène dont je parle se situe en marge du “j'me comprends” ordinaire (qui sous-entend tout de même l'existence d'un fond du propos, aussi vague et mal articulé soit-il). Cela semble affecter certains jeunes adultes qui ne se comprennent pas eux-mêmes et alignent des mots abstraits au hasard, pour faire croire aux autres et à eux-mêmes qu'ils ont quelque chose à dire, et ainsi combler le vide total de la pensée. Or, quand vous leur faites remarquer que ce qu'ils disent ne veut rien dire (même en faisant abstraction des fautes de grammaire habituelles), que c'est un charabia incompréhensible, et leur demandez ce qu'ils veulent réellement dire, eh bien ils recommencent, ou alors ils vous regardent avec un sourire ahuri.

A en croire le contenu de bien des copies de philosophie (mettons) au baccalauréat, le même phénomène existe à l'écrit. D'ailleurs, comment pourrait-il en être autrement ?
Citation
Thierry Noroit
Voilà n'a guère besoin d'inducteur pour proliférer. D'ailleurs on ne peut pas mettre sur le même plan ni même en relation voilà et du coup. La preuve : Bonnefoy comme Renaud Camus emploie en tout bien tout honneur du coup.

"Du coup il vient me voir tu vois, donc du coup je suis obligée de lui parler, il me demande si j'ai un mec, du coup je ris moi quoi, et je regarde Jess' qui est morte de rire, encore plus que moi pour le coup. Donc du coup, il le prend mal, normal, et moi et Jess' on trace au bar. Du coup, lui, juste derrière, il sort son téléphone... etc."

Je n'exagère pas, ou qu'à peine.

Le "voilà", qui, finalement, ne vient qu'inutilement ponctuer une phrase inutilement commencée par "c'est vrai que", à côté de ça, c'est de la gnognotte. "Du coup" remplace. Il remplace "voilà", d'ailleurs, dans mon exemple :

"Le voilà qui vient vers moi !", "Me voilà bien obligée de lui répondre".

Le ducoupisme, voilà l'ennemi !
Comment donner un exemple de l'air qu'on respire ?
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