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Grandeur de Jean Brun

Envoyé par Pierre Jean Comolli 
Je découvre, avec délice, la partie réactionnaire de l'oeuvre de cet anti-moderne qui sonnait le tocsin dès les années 70, décennie qui annonçait les délires et mondes à l'envers à venir :

[fr.wikipedia.org])

En 1976, dans Les Vagabonds de l'Occident, Jean Brun s'en prend aux intellectuels qui « s'offrent à toutes les javas idéologiques » au cours desquelles ils « utilisent les mots comme hallucinogènes ». Nous avons eu : le jargon existentialiste, heideggerien, phénoménologique (et l'apport de la psychanalyse), teilhardien (un temps), structuralo-linguistique, freudo-marxiste, psychanalitico-linguistique, marxo-heideggerien, sartro-freudien... "Jamais on n'avait assisté à une telle prolifération de patois et d'équipes de Trissotin." Il n'oublie pas de faire figurer dans sa liste de dénonciations, de façon humoristique : « l'insonorisation, la climatisation, la planification, l'urbanisme rationnel, les centres d'achats, les centres sportifs, les centres universitaires, les centres hospitaliers, les centres de loisirs, les centres culturels, tout cela contribue à faire de l'homme un être de plus en plus excentré et de plus en plus excentrique ».

En 1981, dans Les Masques du désir, c'est au tour des « maîtres à penser » et de leurs nouveaux « habits d'Arlequin taillés dans des tissus fabriqués par : la dialectique, l'avènement du Surhomme ou d'un mutant, le matérialisme historique, la psychanalyse, l'anarchie, le rock 'n' roll, le reichisme, la marginalité, le sexe, la violence, le zen, le maoïsme, l'homosexualité, le tantrisme, la marijuana, la bande dessinée, le karaté, le psychédélisme, les graffiti, la révolution, l'existentialisme, le LSD, le marquis de Sade, la liberté, Marcuse, le pop, la dénonciation de l'orthographe, la fête, l'écologie, le yoga, la sécularisation, les réformes universitaires, le nouveau roman, l'auto-gestion, la pornographie, la liberté d'expression, les communautés, l'antipsychiatrie, la contre-culture, les méthodes actives et la guérilla urbaine ». « De ce défilé de marques et de sous-marques, au-dessus desquelles s'étale la devise "Ras le bol", émergent des idoles et des gurus appartenant aussi bien au cinéma, à la philosophie, à la pègre, qu'au sport, aux mass media, à la chanson ou à la politique »

Je profite de ce fil pour inviter les forumeurs à se procurer le dernier ouvrage de Richard Millet - un pur régal :
"Pour Bernard Menez", Éditions Léo Scheer.

« Le Menez de Millet est profondément politique. Il ne peut pas être autre. Il est politique malgré lui, car il n'incarne pas un parti ou une idéologie, mais une France qui se meurt. »
Éric Zemmour, Le Figaro
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