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La Turquie et l'Europe dans les Mémoires d'outre-tombe

Envoyé par Francis Marche 
au Tome V :





Cette illusion "des Lumières devant se propager à toute la Barbarie", héritée du siècle précédant celui dans lequel Chateaubriand rédige ces mémoires, quand c'est la Barbarie qui en use pour se conduire jusque chez nous comme le long d'une fibre optique afin de nous forcer à nous adapter à elle, parce que nous sommes les faibles désormais, continue de sévir dans le paradigme politique dominant qui sous-tend l'Etat maastrichtien actuel.

Le phénonème d'effondrement du coeur d'une civilisation quand l'ambition de repousser son limes devient illimitée lors même qu'elle n'offre plus aucun attrait aux nations qui lui sont extérieures, comme elle avait pu le faire jadis par ses valeurs morales et culturelles, et sa richesse matérielle, a été remarquablement analysé par AJ. Toynbee dans certaines pages citées dans ce Forum, dans lesquelles il était question d'inversion du flux mimétique entre Barbarie et Civilisation : En clair, la politique consistant à engager des barbares pour tenir à distance leurs semblables est vouée à l’échec ; et, sachant que ce recours est le dernier espoir de la Puissance chancelante derrière son limes, cet échec se voit immédiatement suivi de l’effondrement du limes.", effondrement auquel on est en train d'assister aujourd'hui dans l'UE.

Toynbee avait-il lu Chateaubriand ? Rien n'est moins sûr. Mais les deux hommes, à un siècle de distance partagèrent la même opinion, et pareille conjonction devrait être prise en soi comme indice de vérité.

La page du Forum sur cette notion d'inversion des flux mimétiques, inversion coextensive autant que sous-jacente à celle du flux de colonisation : [www.in-nocence.org]
Ce qui nous attend : [www.lefigaro.fr]

Aujourd'hui, par dizaines de milliers, en flots constants, des Africains, pas des Syriens !, venant du Soudan et d'autres pays tout aussi "développés" de ce continent (parait-il en plein "boom de croissance") déferlent sur les côtes italiennes avec la complicité d'associations humanitaires venant chercher les réfugiés aux limites des eaux territoriales libyennes.
Ainsi les bateaux, affrétés sommairement par les passeurs, pourront servir plusieurs fois.
Il n'aura échappé à personnes que désormais les "boat-people" disposent tous d'un gilet de sauvetage fourni dans le package du passeur... Ces gilets, il ne fait aucun doute, sont fournis par dizaines de milliers aux Libyens par les "assoces" qui se font ouvertement complices des passeurs.
L'Europe, par le biais des ONG, disposant de bateaux parfaitement équipés, organise elle-même sa propre invasion - qui peut raisonnablement croire que cela va s'arrêter un jour ? L' Afrique est un vivier inépuisable de CENTAINES DE MILLIONS de réfugiés potentiels.
Le continent africain est en pleine déconfiture et on va bientôt nous assurer qu'il s'agit de "réfugiés climatiques" et qu'il ressort de notre responsabilité, en notre qualité de pollueurs en chef, de les prendre en charge.

Ni Chateaubriand ni Toynbee n'auraient pu imaginer un ethno-masochisme pareil, une telle volonté de disparaître : plus dingue encore que d'"engager des barbares pour tenir à distance leurs semblables".

Pour désespérer plus encore :[www.fdesouche.com]
parait-il en plein "boom de croissance"

Je suis fasciné par cette bruyante et extasiée incantation. Le taux de croissance en Afrique ! Le taux de croissance en Afrique, ouaah...Mais enfin, quels produits manufacturés en Afrique trouve-t-on dans les différents commerces, vers quels produits de service créés en Afrique se tourne-t-on ? Mais peut-être s'agit-il de croissance démographique... L'Afrique est LE continent sans brevet, il n'y a pas de recherche et développement.

La Côte d'Ivoire, le Ghana, un peu l'Ethiopie et l'Afrique australe... Mais cela ne pèse pas grand-chose.
Emoi au journal "Le Monde".
Titre du jour: Les migrants font les frais de l'organisation du G7
En effet pendant cette semaine le débarquement des milliers de migrants sera interrompu en Sicile.
Mais on respire, à la fin du G7 la migration reprendra son cours normal.
Mes chers amis, cette citation de Chateaubriand était là pour enfoncer le clou sur le discours de l'Empire Mol, qui est, grosso modo, un discours dix-huitiémiste sur la propagation du Bien droitdel'hommiste indifférentiel dans l'ensemble du monde humain. L'Etat maastrichtien prétend qu'il incarne le progrès et le Bien et que partant il a vocation à l'étalement de l'universel et de l'Un sur son voisin turc. C'est cela que Chateaubriantd relève : que cette doctrine comptait déjà, à son époque, un siècle de retard sur son temps. François-Auguste René de Chateaubriand y voyait clair, l'ambassadeur et le grand parlementier qu'il était entre les puissances de son époque savait bien que l'universalisme de la Révolution avait ses limites, comme en science, l'éblouissante et exaltante rigueur newtonnienne devait être dépassée par les détails quantiques dérangeants qui se révélèrent plus tard.

Il y a le discours doxique, officiel et de représentation absolue et autonome que tient l'Empire Mol sur le réel qui l'assaille d'une part, et sur celui qu'il projette, d'autre part. Vos interventions en coda à ce passage de Chateaubriand ne visent rien d'autre que le réel assaillant. Or, celui-ci ne sera dénudé, dépouillé de tout discours qui l'occulte et l'assiste de représentations que le jour ou le réel spéculairement projeté pourra enfin être dénoncé comme faux, comme erroné, insuffisant, trompeur et mortellement dirigé contre les propagandistes de cette vision et leurs malheureuses populations référentes des territoires qu'ils gouvernent, directement ou indirectement au nom de l'Empire Mol.

Donc, oui, il y a des blackos partout qui nous envahissent depuis l'Afrique sur des canots pneumatiques en revêtant des gilets de sauvetage orange fluo mais tant que Bruxelles, Strasbourg et le merdeux qui à l'Elysée sert de viceroi à cet empire en carton-pâte, continuent de convaincre les bougres européens que cette pensée stratégique d'étalement de son universel sur la barbarie est la bonne, nous irons au mur. Notre rôle, je ne le vois pas ailleurs que dans la dénonciation rigoureusement subversive du faux et de l'incompétence prétentieuse qui, ce mois-ci, en France, s'est remis en tête de nous gouverner et de régenter l'ordre du monde à sa façon inadéquate, datée, fausse, aveugle, pernicieuse et catastrophique dans ses effets.

Il faut inlassablement prouver la fausseté, l'irréalité foncière de cette pensée qui guide notre continent depuis 1992 : non, fuck ! il n'y a pas d'universel qui puisse se dresser contre le Barbare et le convaincre aimablement de devenir autre qu'il n'est par la douce séduction de l'humanité lumineuse. Il n'y a que le civilisé conscient de son histoire et de son identité et qui s'arme et refuse le front barbare, pour commencer, et qui s'ouvre à la discussion avec lui quand il consent à reculer et à déposer les armes.

Il y a rien d'autre à voir ni à penser que cela : dénoncer sans relâche une pensée de bois et de coton qui nous conduit aux poubelles de l'histoire et s'armer fièrement contre ce qu'il faut bien aujourd'hui reconnaître et nommer comme l'ennemi.
le discours de l'Empire Mol, qui est, grosso modo, un discours dix-huitiémiste sur la propagation du Bien droitdel'hommiste indifférentiel dans l'ensemble du monde humain. L'Etat maastrichtien prétend qu'il incarne le progrès et le Bien et que partant il a vocation à l'étalement de l'universel et de l'Un sur son voisin turc
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Et on observe cette montée en puissance d'une nouvelle classe (appelons-la "macronienne") qui entend domestiquer le peuple parce qu’elle en a peur, et elle en a peur parce que les réactions des peuples sont imprévisibles, et incontrôlables. Pour remédier à cette peur, elle cherche à lui en inculquer une (des) autre : la peur des "heures sombres", la peur d'être raciste, la peur de perdre ses économies (sortie de l'UE, fin de l'Euro), de déroger aux normes, de penser par soi-même, de se rebeller contre le désordre établi. Mais la suprême habileté de cette nouvelle classe consiste - au moins jusqu'à aujourd'hui - à faire intérioriser cette censure par les censurés eux-mêmes !

N'oublions pas non plus, planquée derrière ces beaux discours vivrensemblistes, cette logique libérale implacable à l'oeuvre et son procès universel de marchandisation qui subvertit l’ancienne morale pour aboutir à une emprise sur les comportements.
Il y a deux volets à ce que nous vivons, ce qui est commun à bien des puissances (Etats-Unis, Russie soviétique, Chine maoïste, Afrique du Sud, etc.) : le volet théorique et discourant, que nous appellerons ainsi pour faire simple, d'une part, et l'assaut du réel, d'autre part. Dans l'écrasante majorité des puissances agissantes et discourantes, celles que je viens de nommer, le volet théorique et discourant est rationnel et parfois original et novateur, articulé sur un effort d'interprétation du réel souvent louable (la Chine communiste et son discours anti-hégémonique, l'Amérique et la réprésentation de sa destinée comme creuset nouveau pour la civilisation, l'Inde moderne fédéraliste et démocratique, devant résorber les systèmes de castes, etc.) cependant que les assauts du réel s'appliquent à saper orthogonalement l'édifice auto-glorificateur qui donne à la nation ou au projet de nation son habillage eschatologique. Bien.

Le cas de l'Empire Mol est extérieur à ce schéma et se présente comme bien pire que le cas classique de dichotomie langage/assauts du réel que je viens d'indiquer : le discours de son auto-projection historique est lui-même bancal, anachronique, de très mauvaise fabrication, un bricolage dix-huitiémiste insane qui fait bien pis que mentir sur ce qui advient – il est d'une imbécilité et d'un aveuglement scandaleux non point seulement face à ce qui advient mais face à ce qui, de manière récurrente, est advenu dans l'histoire. Non content d'être sot et crasse il n'est même pas neuf !

C'est là tout le sens que recèle cette citation de Chateaubriand : le réel fait bien plus que se moquer de nous, l'histoire universelle commune fait de nous les héros d'une vieille farce désolante qui conserverait tout son comique si elle ne faisait pas tant couler le sang et les larmes, et si elle n'avait pas les potentialités d'en faire couler des fleuves futurs.
le discours de son auto-projection historique est lui-même bancal, anachronique, de très mauvaise fabrication, un bricolage dix-huitiémiste insane qui fait bien pis que mentir sur ce qui advient – il est d'une imbécilité et d'un aveuglement scandaleux non point seulement face à ce qui advient mais face à ce qui, de manière récurrente, est advenu dans l'histoire. Non content d'être sot et crasse il n'est même pas neuf
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Mais ce "discours bancal" fonctionne plutôt assez bien, finalement (justement parce qu'il est bancal, bête, indifférent à ce qui advient, sans fondement).
En témoignent le primat de l'économie sur la politique, le primat de la consommation sur la production, le primat de la discussion sur la décision, le déclin de l'autorité au profit du "dialogue", le goût de la "transparence" et de la "mixité", sans oublier le téléphone portable comme substitut du cordon ombilical, la disparition progressive du mode impératif dans le langage courant, et enfin la globalisation elle-même, qui tend à instaurer un monde de flux et de reflux, sans frontières ni repères stables (bancal, comme le discours de l'Empire Mol), un monde liquide et amniotique.

C'est complètement paradoxal mais j'aurais presque envie de dire que plus un discours est bête, plus il est en inadéquation face au réel, plus il est efficace.
Trouvé hier soir dans l'Histoire de la Révolution Française de J. Michelet, ceci, qui présente l'essence du programme politique et anthroplogique de l'Empire Mol, dont les sources se révèlent dans cette lettre d'un "anarchiste allemand" lue au Club de Cordeliers en 1790. "Paris Jérusalem de toute les tribus !", universalité prétentieuse, séant à Paris pour "mener le char humain", transfrontiérisme, refondation de l'humanité dans l'Un, etc. Tout y est des inscriptions portées à l'oriflamme de l'Etat Maastrichtien. Toute les vieilles badernes catastrophiques émanant d'esprits exaltés par l'Idée naissante de la totalité et de l'absolutiste droit-de-l'hommisme alors nouveau, telles que présentées dans ces deux pages, sont reprises aujourd'hui par les chantres de l'empire Mol, Mélenchon compris.

Tout ce qui a pu se casser le nez dans les tempêtes et sur les récifs du Réel depuis 1790 est remis en selle par le projet Maastrichtien de 1992. Deux siècles les amis, deux siècles ont été retranchés de l'histoire par ce projet inepte et désastreux. Tout ce qui dans l'histoire des hommes et les embardées de la civilisation a pu livrer d'enseignements depuis 227 ans se trouve balayé par la "pensée" transfrontiériste mise en musique ces semaines-ci par Médecins Sans Frontières en Méditerranée et par les fondations occultes (celle de George Soros, par exemple), les "Clubs" (du Siècle et autres) et autres Loges qui mènent le monde. Mon message, que je vous invite à diffuser est fort direct et fort simple : le courant transfrontièriste et le monisme anthropologique qui régentent aujourd'hui le destin de la France, de l'Europe et pour une part, et non sans contestation, du monde, sont les formes les plus rétrogrades et nihilistes (parce que niant les enseignements de l'Histoire) de la pensée politique. Bonne lecture :















(qu'on me pardonne l'écriture de chat des annotations en rouge et l'absence de "s" à "nations" : le pavé numérique se prête fort mal à l'écriture manuscrite et une fois le fichier créé les modifications sont impossibles)
Et dire que l'utopie programmatique cosmopolistique de cet Anacharsis Cloots (qui, après avoir été exclu de la Convention en 1793 finira à la guillotine avec la charrette des hébertistes le 24 mars 1794) a été reprise presque intégralement par les "pères de l'Europe" au 20e siècle, à commencer par le très inquiétant Coudenhove-Kalergi dont le plan continue d'inspirer les maîtres actuels de l'Empire Mol ...

Fiche Wikipédia d'Anacharsis Cloots : [fr.wikipedia.org]

(quelle expression tout de même que "pères de l'Europe" calquée sur "pères de l'Eglise", celle de la religion nouvelle, cosmopolitique et égalitariste autant que peut l'être l'islam, lequel se dispose à s'emboîter ou à s'encastrer dans ce machin mol comme la prise mâle dans la prise femelle pour donner le courant, même si avec quelques étincelles)
Il n'est pas indifférent que le prussien Anacharsis Cloots et sa théologie politique cosmopolitique invertébrée furent exclus de la Convention en même temps (le 26 décembre 1793) que cet autre révolutionnaire étranger venu "faire la révolution à Paris" à coups de menton droits-de-l'hommistes – l'Américain Thomas Paine, lequel Thomas Paine acquit lui aussi le statut de founding father of the nation (père fondateur de la nation américaine).

Donc, deux trublions fortement exaltés, l'un prussien, l'autre américain viennent jouer les no border à Paris deux cents ans exactement avant l'établissement de l'Empire Mol : l'Américain devient père fondateur de son pays (comme il y a des "pères de l'Europe" aujourd'hui) ; quant au Prussien, s'il avait vécu, il aurait pu voir son pays devenir une puissance continentale européenne, laquelle s'est refondée au début des années 1990 en Empire Mol comme dernier en date de ses avatars impériaux.

Qu'en tirer comme enseignement ? Ceci : que la France fut alors le terrain d'expérimentation d'une théologie politique (inspirée des Lumières) qui devait engendrer dans les décennies suivantes 1. Une nation forte devenue empire continental avec à sa tête Napoléon qui remodela l'Europe par le feu et le sang; 2. Un autre Empire issu lui aussi d'une nation forte (la Prusse des Hohenzollern se voulant l'héritière politique de Frédéric II le souverain des Lumières, francophile et ami de Voltaire) qui vint lui contester cette mission historique en déclenchant trois guerres en moins de cent ans dont deux qui devinrent mondiales; 3. Une nation forte et hégémonique qui en Amérique se donna pour destin d'être la première puissance mondiale.

L'Empire Mol en 1992, lui, arrive sur scène après la bataille au sens littéral et figuré de cette expression : il a fait sienne la vielle théologie politique apocalyptique (apocalyptique au sens de fin de l'histoire) mais a trop peur de devenir une nation pour se risquer à s'armer ne serait-ce que d'un exosquelette de frontières, et il se contente alors du pire de cette théologie politique : le mol étalement de l'ancienne religion droit-del'hommiste sur ses populations qui doivent en subir les effets sans protection.

Donc, la nation qui portait la vision universaliste et la théologie politique desquelles s'inspire le projet d'Empire Mol ne ré-adviendra plus en Europe, cependant qu'ailleurs, en Amérique notamment, on ne s'est gêné aucunement pour transcrire cette théologie politique qui bouillonnait dans le chaudron du Club des Cordeliers en 1790 en puissance nationale farouchement dressée contre tout ennemi déclaré ou ressenti tel. Les belles idées nues et flamboyantes, qui laissent les peuples carbonisés, c'est bon pour Paris, comprenez-vous. Quant aux faux pères de l'Europe, ce ne sont point des pères mais des fils félons qui trahissent, se montrent prodigues de discours (et de fonds publics) et avares d'action et se contentent et même se réjouissent de la submersion migratoire du continent, dont ils ont usurpé le commandement, par des peuples exogènes, barbares et méprisant des valeurs qui fondent l'invite qui leur est faite de s'y installer.
Notre Anacharsis Cloots est l'auteur d'un ouvrage en deux volumes intitulé La Certitude des preuves du mahométisme, ou Réfutation de l'Examen critique des apologistes de la religion mahométane, par Ali-Gier-Ber, Alfaki ( Anacharsis Cloots ), paru à Londres en 1782.

Je n'ai fait que parcourir le premier volume, nourri de furieuses divagations livrées dans des notes qui courent sur plusieurs pages où l'auteur butine les thèmes de la théologie politique cosmopolitiste et universaliste et où
il voit l'islam plutôt d'un bon oeil face aux autres religions qu'il juge comme sectes. On y lit notamment ceci (p. 26-27)





Je n'embrasserai jamais une religion parce que le plus grand nombre l'a embrassée. Par cette raison je devrais me faire Turc, le mahométisme étant la religion la plus universelle que je connaisse.

Nous y voici donc : le pourfendeur des superstitions et des religions, qui par toute l'Europe professe son athéisme militant, trouve que l'islam s'accorde avec sa foi en la Raison ! parce que l'universalisme mahommétan est chez lui dans la vénération d'une raison tout aussi universelle. C'est la prise électrique mâle que la femelle invite à venir à elle se raccorder, s'accorder pour faire jaillir la lumière en Europe et sur le monde. Pas de doute, l'affinité fondamentale est bien présente : l'islam politique est chez lui chez les européistes parisiens qui se réclament des Lumières. Anne Hidalgo qui fait célébrer le Ramadan à l'Hôtel de Ville et ses amis socialistes parisiens et les ministres de l'éducation successifs de l'infâme Hollande (Vallaud-Belcakem, Vincent Peillon qui à la tête de son ministère alla jusqu'à produire des discours à teneur robespierristes quasi-mystiques) et Jacques Attali qui envisage posément l'instauration d'une république islamique à la française, sont bien les dignes héritiers de ce dingue d'Anacharsis.
Voici ce qu'on peut lire dans les Mémoires de guerre d'Aloÿs Pappert, très jeune officier allemand, fait prisonnier par les Soviétiques en 1945 et passant d'un camp de prisonniers à l'autre jusqu'en 1946, dans le Donbass. (Volume 1 : Une jeunesse volée, volume 2 : Le sang des prisonniers Editions Salvator (2017). Jean Sévillia y a consacré récemment une chronique dans le Figaro-Magazine) :



« Le soir venu, nous nous sommes dirigés toutes affaires cessantes vers la place centrale. Notre délégué-prisonnier nous apprend qu’il y aurait un journal pour prisonniers de guerre placardé sur des panneaux. J’étais impatient de comparer la propagande soviétique à celles des nazis. Difficile de les départager ! Un vrai festival de bobards pleins du même orgueil ! On apprenait tout de même que la guerre des Américains contre le Japon n’était pas encore finie.
Comme nous étions une trentaine devant le panneau, tout le monde a accepté que je le lise à haute voix : « Gros titre : Le Japon n’a pas encore capitulé et la guerre du Pacifi que continue. Les bombardiers américains détruisent les villes les unes après les autres depuis que le gouvernement japonais a rejeté fi n juillet 1945 un ultimatum du haut commandement américain. La reconstruction de la patrie soviétique fait de grands progrès, grâce aux héros de la guerre, revenus pour aider la population dans cette lourde tâche. » Je me suis tourné vers mes camarades pour demander qui était au courant de la guerre du Pacifique. Personne !
[…]
[Le lendemain], dans la soirée, un nouvel exemplaire du journal était affiché. Comme la veille, j’ai commencé à lire à haute voix : « Le Japon a capitulé sans conditions et arrête toute hostilité le 15 août 1945. Le 6 août, les impérialistes-capitalistes américains ont lancé une bombe atomique sur Hiroshima et détruit entièrement la ville en tuant sa population. Le 8 août, le maréchal Staline a déclaré la guerre au Japon et lancé l’Armée rouge contre l’armée japonaise en libérant la Mandchourie et les îles Kouriles dans le nord du Japon. Le 9 août, les Américains ont lancé une deuxième bombe atomique sur Nagasaki en détruisant la ville et la population. Grâce à l’intervention de l’Armée rouge, les Américains ont gagné la guerre contre le Japon ! »
Je me suis bien gardé de faire le moindre commentaire sur la conclusion de l’article, un sommet ! J’ai continué à parler mais je ne lisais plus :

- Le Japon a été anéanti par les forces armées américaines. Quand les Japonais ont attaqué Hawaï, ils ne savaient pas qu’ils allaient réveiller un géant qui les mettrait à genoux, mais qui aussi les aidera à devenir une démocratie.

Insensiblement, de nombreux prisonniers avaient été attirés par la lecture du journal. Soulevé par la sensation de vivre un moment historique, j’ai pris la parole :

- Mes chers camarades, la seconde guerre mondiale est vraiment terminée. Une nouvelle ère commence !

Aucune réaction. Rien. Mes paroles se heurtaient à l’abattement muet et l’apathie des 200 hommes massés devant moi. J’ai alors demandé si, en dehors des Allemands, il y avait d’autres Européens parmi nous. Des bras se sont levés, Autrichiens, Français, Italiens, Hongrois, Belges… Alors je me suis exclamé :

- Puisque nous sommes tous Européens, je déclare officiellement la naissance des États-Unis d’Europe !

Cette fois, passée la seconde de stupeur, des applaudissements frénétiques éclatèrent et je continuais, les larmes aux yeux :

- Chers camarades, l’Europe est en ruines et en cendres. C’est le moment de refaire de nos nations un seul et grand pays en criant : vive les États-Unis d’Europe ! Si Dieu nous aide à retrouver nos familles, soyons les premiers défenseurs de notre nouvelle patrie : les États-Unis d’Europe !

J’avais l’impression d’être happé par un rêve et de parvenir à le faire partager. Cette perspective d’un président de l’Europe, d’un gouvernement, d’une politique étrangère et d’une armée pour défendre notre liberté avait réchauffé le cœur des prisonniers. Un instant, nous avions tous oublié notre avenir incertain, j’avais redonné espoir en un monde meilleur et j’étais heureux d’avoir réveillé chez mes camarades le courage d’aller de l’avant »
Toujours chez ce diable d'Anacharsis Cloots, les prolégomènes à un culte à l'Etre suprême, qu'il va chercher dans les écrits d'un ecclésiastique anglais, un certain pasteur Williams, qui pondit en 1776 (en pleine déblâcle anglaise en Amérique du Nord, il n'est pas inutile de le relever), les débuts protohistoriques de ce qu'on appelle en France aujourd'hui la gauche divine, c'est à dire morale et politico-théologique, celle qui exerça le pouvoir exécutif et législatif en France sous le mandat Hollande : Son plan était de former une Société religieuse, dans laquelle le culte divin n'aurait pour base que les principes les plus simples de la morale, sans aucune liaison avec la Doctrine du Christianisme si avec aucun système fondé sur la révélation.

L'égarement et le malheur des hommes, dit-il, n'ont d'autre source que l'oubli des moyens qui les conduisaient autrefois à la gloire et à la vertu.

Dans la suite qu'on va lire le terme "institution" désigne la religion ; on notera comment est envisagée la mise en condition de la jeunesse, l'asservissement de sa force et de sa spontanéité à un culte conduit par les sachants, ceux qui détiennent les clés de la "raison" :












La "bienveillance universelle" comme mode d'ingénierie sociale et spirituelle, celui par lequel la France a stagné cinq ans sous la présidence Hollande déjà de triste mémoire.

La morale au pouvoir politique, celle du système Terra Nova : ingénierie de la stagnation économique, sociale, écologique dans l'agitation sociétale (celle des Taubira, Vallaud-Belkacem, le sinistre Vincent Peillon et j'en passe).
La gauche divine : théologie politique des losers, concoctée puis emballée en Angleterre quand sa thalassocratie prenait une dérouillée épique en Amérique du Nord face aux Français – les marins de la flotte de l'amiral De Grasse, à la bataille de Chesapeake où le Niçois mit la flotte anglaise en miettes – et à leurs amis les colons américains s'émancipant de sa tutelle.

La bataille de Chesapeake sur Wikipédia : [fr.wikipedia.org]

Donc, Cloots, grand Européen s'il en fut, avait trouvé à employer sa verve à Paris en diffusant une théologie politique de l'universel qui ravissait alors les écrasés d'avance – la France face à la première Coalition des monarchies était donnée comme perdue à l'ouverture des hostilités au printemps 1792.

Robespierre, grand prêtre de l'Un, fit couper en deux Cloots après l'avoir fait monter sur une charrette – on se demande si ce n'est pas la seule chose belle et grande que l'homme à la mâchoire cassée fît jamais de toute sa carrière.
L’octroi de la nationalité française au prussien Anacharsis Cloots fut révélateur du passage à un autre monde : un monde spéculant désormais à l’échelle planétaire. Pas étonnant donc si ce naturalisé considérait déjà sa toute nouvelle nationalité comme une étape vers un monde globalisé - ne disait-il pas : "L’humanité ou le genre humain ne vivra en paix que lorsqu’il ne formera qu’un seul corps, une nation", évoquant même l’idée de "l’homme-Dieu" retrouvé. Œuvrant en faveur d’une ouverture des frontières et d’un libre-échange complet avant l’heure il ajoutait, en 1793 : "Certainement, il n’y aurait point de ville, si chaque village consommait sans produit net ; il n’y aurait pas de société si chaque cultivateur ne récoltait que sa provision domestique. Cet isolement brutal ramènerait le despotisme au grand galop."
Cloots avait déjà inventé le "village global" décrit bien plus tard par McLuhan.
Où l'on comprend que le magistère moral de ce que l'on appelle aujourd'hui la gauche divine, et qu'exerce la coterie des illuminés que la gauche a portés au pouvoir dans l'histoire, se manifeste (depuis cette époque de la Révolution française mais même un peu avant avec les sources anglaises que Cloots nous met au jour dans son livre) comme phénomène récurrent toutes les fois où la situation du pays est objectivement désespérée : l'Angleterre est en train de perdre l'Amérique dans les dernières années de la décennie 1770 ; la France de 1792 n'a plus un sou en caisse, les assignats de valent plus rien, la disette menace dans les campagnes et la situation au front du Nord face à la coalition des monarchies n'offre pas le moindre espoir. Le pays était perdu. Que fait-elle alors ? Elle entreprend la plus grande révolution sociétale de l'histoire des temps modernes, jusqu'à faire de la Raison une religion nouvelle, en catholicisant (universalisant) cette foi par l'instauration du Serment obligatoire des prêtres catholiques romains à l'Assemblée, laquelle se déclare par la plume de Coots "Char de l'humanité" (en fait de chars, l'humanité à Paris verra surtout des charrettes !) Même phénomène dans la Russie soviétique de Lénine, où famine et guerre civile, et le chaos social qu'on imagine aisément poussent les bolchéviques à concevoir la "révolution permanente" et l'homme socialiste nouveau ; et pour ne rien dire de la Chine de Mao dans les 1950 quand tout le pays mourrait de faim suite à l'échec de son "Bond en avant", qui eut l'idée farfelue de lancer, suite à cela et à une décennie ultérieure de déboires, sa "Révolution culturelle".

Le quinquennat Hollande nous a offert une version atténuée et dévitalisée (comme certains virus dans certains vaccins) de ce vieux phénomène : le pays s'enfonce dans le chômage de masse, la récession économique sans retour, on bazarde Alsthom, comme les Révolutionnaires de la Convention avaient bazardé la Compagnie des Indes , le pays va-t'en-guerre comme il le fut rarement sous la Cinquième république croûle sous la Dette et les affaires de corruption au sein de l'Etat, les campagnes françaises sont au désespoir, l'entreprenariat est mort sous le poids du fisc, que fait alors la petite troupe de ministres charlatans installés au pouvoir autour de Hollande : la révolution sociétale, té pardi ! Mariage pour tous, remaniement de la famille et une avalanche de lois destinées à bouleverser l'ordre ancestral de la famille et de la filiation, et bien sûr de la nationalité.

Bien résumé, ce phénomène "gauche divine" se ramène à une formule qui semble valoir pour tous les temps depuis la fin de la Guerre de Sept ans au XVIIIe siècle : quand le pays est dans la margoulette jusqu'au cou, une voie, une seule solution s'impose : se proclamer phare de l'humanité !
Le cas de l'Allemagne, je veux parler de sa "révolution nationale-socialiste", est totalement à part. Catholicisme, démocratie, philosophie des Lumières et communisme sont tous des universalismes. Et que ce soit sur un plan religieux, politique ou économique, les philosophies universalistes sont toutes égalitaires (culte de l'indifférencié etc.). Alors que le national-socialisme, pour qui l'humanité est avant tout une création différenciée, est lui foncièrement inégalitaire, d'où son son originalité.
"Bien résumé, ce phénomène "gauche divine" se ramène à une formule qui semble valoir pour tous les temps depuis la fin de la Guerre de Sept ans au XVIIIe siècle : quand le pays est dans la margoulette jusqu'au cou, une voie, une seule solution s'impose : se proclamer phare de l'humanité !"

Voir l'impudence et le mépris insensés dont Macron et sa petite cour, composée de pseudo politiques et de bouffons accrédités, ont fait montre lors de l'accueil de Poutine à Versailles... Prétendue leçon de bon goût donnée à un Poutine croqué en rustre, en bouseux, en dictateur beauf d'un pays lui-aussi méprisable. Cette France-là, qui fait la maline pour se cacher à elle-même ses lâchetés et ses abandons, est pathétique et court toujours plus vite à la catastrophe.
Au fond, oui : l'apocalypse de 1945 (fin des temps anciens, fin de l'histoire et inauguration de temps nouveaux régis par la concorde universelle) vit la victoire du camp des indifférentialistes universalistes non fanatiques (thalassocraties anglo-saxonnes) alliés aux indifférentialistes universalistes fanatiques (l'URSS) sur le camp des différentialistes fanatiques et non universalistes (puissances de l'Axe). Depuis, tout baigne dans l'universel et l'aveuglement sur le particulier, notamment l'universalisme particulier de l'islam qui lui-même juge comme méprisablement anecdotique et condamné à être balayé vers les poubelles de l'histoire l'universalisme qui s'est imposé au cours de ces sept dernières décennies à la faveur de cette apocalypse.
Citation
Francis Marche
Au fond, oui : l'apocalypse de 1945 (fin des temps anciens, fin de l'histoire et inauguration de temps nouveaux régis par la concorde universelle) vit la victoire du camp des indifférentialistes universalistes non fanatiques (thalassocraties anglo-saxonnes) alliés aux indifférentialistes universalistes fanatiques (l'URSS) sur le camp des différentialistes fanatiques et non universalistes (puissances de l'Axe). Depuis, tout baigne dans l'universel et l'aveuglement sur le particulier, notamment l'universalisme particulier de l'islam qui lui-même juge comme méprisablement anecdotique et condamné à être balayé vers les poubelles de l'histoire l'universalisme qui s'est imposé au cours de ces sept dernières décennies à la faveur de cette apocalypse.

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