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En trotinette ou en courant

Envoyé par Pascal Mavrakis 
17 septembre 2017, 05:52   En trotinette ou en courant
LE RUNNING EST-IL UN SPORT DE BLANC QUI S’EMMERDE ?
« Je peux pas, je prépare un semi. »


Xavier est un jeune adulte en couple, urbain, socialement intégré, et doté d’un pouvoir d’achat suffisant pour ne pas trop s’en faire. Il est probablement aussi jeune papa, d’un ou deux gosses à trottinette et Stan Smith à scratchs. Bref, il coche toutes les cases du bonheur du jeune cadre actif et mondialisé.

Problème, Xav’ se fait chier. Oui, il s’emmerde. Ou plutôt, on l’emmerde. Au taf, en famille, en bagnole, on lui casse les couilles avec une régularité implacable. Même ces dîners avec des « couples d’amis » le fatiguent. Mais Xavier est un mec carré, responsable, et il n’envisage pas de tout envoyer chier pour aller s’exploser la gueule à Ibiza avec des potes et des putes. D’ailleurs, il ne sait même plus que cette option existe, et même s’il se chauffait il ne trouverait aucun pote de dispo pour une telle déjante.

Non, Xavier est conditionné pour encaisser les petits tracas et la routine inhérents à son existence formatée. Il ne peut pas faire n’importe quoi. Mais au fond de lui, il sent que subsiste encore une petite boule d’énergie rebelle, un très vague besoin de liberté, de lâcher prise. Et un vrai besoin de silence, aussi.

Xavier n’est pas vraiment un mâle alpha. Il ne s’est jamais vraiment battu, n’est ni bourrin ni viriliste, et son taux de testostérone est assez bas. Il ne vient pas de la rue, n’a pas fait l’armée, ne fait partie d’aucune équipe, ne joue pas en réseau et ne fume pas de joints. Il n’a pas non plus de talent artistique ni de passion particulière. Et pourtant, régulièrement, il ressent ce besoin vital de couper, de prendre l’air. Beaucoup d’air. Sous peine de péter un câble.

Alors que faire ? Quelle activité choisir pour ne pas contrarier Agathe, sa femme qui lui fait vaguement peur et qui le harcèle avec son concept de « charge mentale » ?

Et bien tout simplement, se barrer en courant, pardi !

Oui, courir est la solution idoine pour tous ces mecs englués dans une vie chiante et sans surprises. Certes, il ne se passera rien de marquant non plus pendant leur run, mais au moins ils seront peinards quelques heures. Ils pourront oublier qu’ils ont contracté un emprunt sur 25 ans pour ce 4 pièces avec moulures. Leurs corps souffrent, mais leurs cerveaux soufflent.

Ils ne courent après rien, ces jeunes darons qui courent. Ils fuient.

Ils fuient les casse-couilles, les emmerdes. A la manière d’un Forrest Gump écervelé, ils cavalent sans fin et sans but, parce qu’il n’en peuvent plus de toute cette merde oppressante, et qu’ils ne savent pas quoi faire d’autre pour s’occuper. Leur père allait pêcher, eux ils vont courir, mais c’est la même démarche. C’est la fameuse fuite en avant. Et pourquoi pas, après tout ? Ils ne font chier personne, en gambadant quelques heures par semaine.

Et pourtant, il y a un hic. L’homme blanc C++, par nature ou par éducation, ne sait pas faire quelque chose d’inutile et de chronophage sans raison constructive. Il lui faut toujours un but pour faire les choses. Quitte à s’en inventer un. Ainsi, on ne compte plus ces gens qui ne boivent pas et se couchent tôt pendant des semaines parce qu’ils préparent un « semi » ou un trail absurde. L’homme blanc veut toujours progresser, s’ameliorer, se perfectionner. Et les marques et autres organisateurs l’ont bien compris aussi. On va le challenger, le Xavier. On va lui faire croire qu’il doit repousser ses limites, que c’est ça son but. On va le pousser à s’équiper, en matos, en montres connectées, en complément alimentaires. On va transformer sa pré-dépression en passion dévorante. Et le voilà qui se chauffe de plus en plus, qui se prépare, qui augmente les distances et la difficulté des runs, avec méthode et abnégation. Possédé, motivé, à bloc le mec. Par un truc aussi chiant que de courir sans but. Ok, les gars. Mais on vous a grillés.

Allez, bonne chance


[www.jooks.fr]
"L'Occident s'achève en bermuda" écrivait Muray.

Désormais c'est en short, en équipements connectés (le port d’une montre cardio etc.) et en baskets hors de prix, que L'Occident termine sa course... "Craignez le courroux du runner", dit-il aux islamistes.
17 septembre 2017, 09:44   Re : En trotinette ou en courant
Il s'agissait d'écrire le plus souvent possible les mots "chier" ou "chiant".
Exercice de style réussi.
J'aime bien aussi "leurs corps souffrent mais leurs cerveaux soufflent".
17 septembre 2017, 11:22   Re : En trotinette ou en courant
La première chose que l'on nous apprend au sujet de Xavier, c'est qu'il est “en couple”.
Voilà, c'est fini, il est déjà mort.
Fin du game, mon pote.

J'aime bien cet article, son auteur parle vrai. La seule chose qu'il ne nous dit pas, c'est qu'Agathe trompe Xavier (avec un “artiste” musclé et célibataire, mettons, éventuellement issu de la diversité) pendant qu'il va courir, et que le reste du temps elle peaufine en silence le divorce qu'elle lui jettera à la figure quand Maxence et Perrine auront un peu grandi. En attendant elle claque du fric en chaussures et smartphones, pour tromper l'ennui qui l'étreint, elle aussi.

Xavier n'est d'ailleurs pas tout à fait certain d'être le père de Maxence. Il a bien regardé les albums photos, et personne, dans sa famille ni dans celle d'Agathe, n'a vraiment cette forme d'yeux-là, cette bouche-là, ce nez-là. La plupart du temps il n'y pense pas, mais cette pensée resurgit parfois, la nuit.

Xavier est un bon garçon. Il a fait tout ce que sa famille et la société (mot qui veut dire “les femmes”) lui ont demandé de faire. La condition de mort-vivant qui est le propre de cette existence-là est normale, il faut l'accepter. Ses potes y arrivent très bien. Courir aide beaucoup, en effet.
(Trystan a inventé le féminihilisme – ce qui montre à quel point, pour lui, le nihilisme se nourrit essentiellement de revendication féminine.)
@Trystan



Concernant l’anéantissement de la domination masculine et la castration qui s'ensuit je rejoins votre analyse.
17 septembre 2017, 17:28   Re : En trotinette ou en courant
La revendication féminine nourrit essentiellement le collectivisme. C'est ce qui explique le fait que, malgré toutes les dérégulations financières et autres, nos sociétés dites libérales ressemblent de plus en plus, par bien des aspects, aux sociétés communistes. C'est ce qui explique le fait que l'Etat ne cesse de grossir à mesure que les années passent ; qu'il y a toujours plus d'impôts, de mères célibataires et autres parasites ; que la propriété privée est déjà en sursis ; qu'il y a de moins en moins de liberté d'expression, puisqu'il ne faut surtout pas choquer Madame (les revendications des Remplaçants, qui jouent sans arrêt à être choqués, prennent facilement appui là-dessus).

Les femmes ont toujours préféré et préféreront toujours la sécurité à la liberté. Dans une société pensée par et pour les femmes (et leurs millions de petits larbins amoureux et castrés), il y a de moins en moins de liberté, et une sécurité toute relative qui disparaît au moment où l'envahisseur patriarcal vient (très classiquement) conquérir cette société qu'il sait affaiblie.
"Les femmes ont toujours préféré et préféreront toujours la sécurité à la liberté. Dans une société pensé par et pour les femmes (et leurs millions de petits larbins amoureux et castrés), il y a de moins en moins de liberté, et une sécurité toute relative qui disparaît au moment où l'envahisseur patriarcal vient (très classiquement) conquérir cette société qu'il sait affaiblie."
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Leur désir de sécurité s'ajoutant à leur manque d'humour (je pense aux féministes pures et dures, mais pas seulement), à leur hargne victimaire et à leur goût pour le contrôle. Je crois que c'est ça le plus insupportable : cette inaltérable soif de "surveiller et punir". Car en plus de faire régner un sinistre climat d'inquisition, ce lobby informel pèse sur les décisions gouvernementales... Alors s'il y a servitude volontaire, c'est parce qu'une infime minorité idéologique exerce son pouvoir par la peur et l'intimidation, et que son ambition est de nous empêcher de rire - de ses innombrables inventions et, plus largement, de tout ce qui a trait aux hommes et aux femmes

En résumé elles ne seront satisfaites que quand les hommes seront des femmes comme les autres et qu'elles auront éradiqué l'idée même de virilité, sauf pour les Autres.
Citation
Pascal Mavrakis
(Trystan a inventé le féminihilisme – ce qui montre à quel point, pour lui, le nihilisme se nourrit essentiellement de revendication féminine.)

Est-ce le petit Maxence qui vous a décidé à citer cet auteur ?
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