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Claude Simon

Envoyé par Daniel Teyssier 
16 décembre 2017, 11:17   Claude Simon
Une cinquantaine de pages de son roman Le Palace, envoyées par un certain Serge Volle, peintre et écrivain demeurant en Ardèche, ont été refusées par 12 éditeurs sur 19, les 7 autres n'ayant même pas répondu.
Ce canular ayant été concocté avec la complicité d'un écrivain très célèbre, ami de Serge Volle. Bien entendu on sait de qui il s'agit.
16 décembre 2017, 14:18   Re : Claude Simon
Les mêmes éditeurs qui publient à tour de bras la littérature de gare américaine où la prose est celle des séries télé, traduite sous la jambe par des traducteurs payés au lance-pierre.

Marché de ce samedi matin à Uzès (Gard), la mecque du boboland gardois : par toutes les rues des chansons de Noël dégueulées de la bouche de crooners américains, diffusées à tue-tête, arrosent la foule emmantelée friande des gâteries de saison ; on entend tomber de ces hauts-parleurs quillés dans les arbres et les acrotères des devantures chics aucune autre langue que l'anglais, jamais le français. Hors la ville, vers Nîmes, partout des femmes dans des sacs, des hommes sous des toques blanches, la hargne à l'oeil, occupent les coeurs des villages.

Pays qui mérite ce qui va lui arriver. Ce qui lui arrive déjà.
16 décembre 2017, 14:59   Re : Claude Simon
Musique américaine pourrie, salafistes entre eux, groupés autour des scènes festives : tout le territoire français n'est déjà plus qu'un Bataclan qui attend son heure.
16 décembre 2017, 16:34   Re : Claude Simon
Oh bah ici, à Shanghai, c'est pareil : musiques américaines, chansons de Noël partout, impossible de passer au travers. Moi qui ai besoin de mes 10 cafés/jours j'essaie tant bien que mal de me trouver une petite place au Starbucks, un peu à l'écart (difficile, très), dans un angle, un recoin (In angulo cum libro), mais là aussi impossible d'échapper à cette satanée musique d'ambiance (musiques américaines, chansons de Noël, etc.), aux sonneries des portables, aux SMS qui tombent, aux conversations (téléphoniques ou autres) - tous n'ont d'yeux que pour leurs maudits smartphones ! J'allais oublier les gosses qui chialent, ceux qui viennent en famille et qui restent assis pendant des heures sans consommer, le bruit des jeux video... C'est à devenir dingue.

Pourtant je ne désire pas grand chose - non, juste un peu de silence, pour lire, pour me brancher sur un autre monde, un monde bon pour moi, qui diverge, autre. Mais non, c'est trop demander.

Ici pas de Diversité, c'est déjà ça.
16 décembre 2017, 17:18   Re : Claude Simon
C'est terrible Pascal, ce que vous nous décrivez : on se croirait à Hong-Kong il y a vingt ans.

A l'époque où j'habitais Hong Kong, et où le territoire devait être rétrocédé à la Chine populaire, un grand débat faisait rage chez les intellectuels locaux : la Chine va-t-elle transformer Hong-Kong en refaisant retomber le territoire à son niveau, soit cent ans en arrière ou bien est-ce Hong Kong qui va rendre la Chine à son image moderne, l'inspirer dans sa transformation ? Les tenants de la première hypothèse opposaient aux tenants de la seconde que the tail cannot wag the dog (la queue du chien ne peut pas remuer le chien). Ils avaient tort : la Chine populaire, depuis lors n'a fait que se hongkonguiser, et la queue du chien, fixe dans son destin, a bien remué le chien.

Ma théorie personnelle, à l'époque, était que la Chine populaire, toujours communiste, châtierait Hong Kong en gelant sa modernité (comme elle avait châtié le Shanghaï occidentalisé des années 30 en mettant un coup d'arrêt à son progrès dans cette voie, et en y faisant se déchaîner la Révolution culturelle dans les années 60), et que ce gel de Hong Kong, sorte de punition infligée à une société chinoise "vendue aux étrangers pendant 150 ans", profiterait aux villes côtières que le régime communiste d'alors s'efforçait de promouvoir en "zones économiques spéciales", etc., parmi lesquelles Shanghaï où il avait ses hauts lieux historiques. Je me trompais moi aussi : en fait Hong Kong a été autorisée à se sur-hongkonguiser, devenant une sorte de Monaco chinois pour multimilliardaires, la misère du petit peuple en sus, soit strictement ce qu'elle était avant 1997 mais dans un ordre de magnitude exalté (les riches et les matuvus, plus riches et plus matuvus que jamais, les miséreux plus miséreux que jamais).

Par comparaison, la France de Hollande-Macron est plus "socialiste" que la Chine populaire en 2017, même si les degrés de corruption respectifs y sont sensiblement les mêmes.
16 décembre 2017, 20:17   Re : Claude Simon
(Le matraquage amplifié de Jingle Bells en lieu et place du très beau et poétique Vive le Vent me met en rogne, je vous dis que ça...) Noël reste un temps fort de l'année, mais de ceux qui, désormais, révèlent combien les universaux américain et musulman ont pris possession, séparément ou ensemble, des 9/10èmes des cerveaux des habitants de la France : on se déplace dans des centres-villes étasuniens de carton-pâte, sous le regard d'Arabes à cran (hors de question que je m'attarde dans un marché de Noël) et en présence de marginaux clochardisés au-delà du pensable. Tout cela est déprimant et stressant au possible, c'est-à-dire que tout cela est tout sauf bon enfant.
17 décembre 2017, 01:15   Re : Claude Simon
On peut toujours se consoler en se disant qu'à Shanghaï ou à Hong Kong les jeunes femmes ne seront pas invitées à porter un bracelet « respect » lors de la soirée du Nouvel An… Je racontais ça avant hier à une amie chinoise mais elle a refusé de me croire ("Comment ça ? les Allemands ne se font plus respecter chez eux ? Non... un peuple qui a fait trembler la terre entière, il peut pas laisser faire. - Moi : euh… bien si. Tu sais, entre Allemands et Français, c'est un peu à qui sera remplacé le premier... Tu n'as pas la moindre idée de tout ce qu'on est obligé d'endurer, c'est in-ra-con-table").
17 décembre 2017, 07:24   Re : Claude Simon
Pour en revenir à l'incroyable puissance de… comment dire ?, de séduction, de captation, de fascination, du tel portable : c'est la "revanche de l'objet" (Baudrillard). L'attachement maladif au smartphone trahissant avant tout une haine du silence, du retrait, du lointain, du secret, du différé. Ils ont finalement trouvé leur objet maître.
17 décembre 2017, 15:04   Re : Claude Simon
Voir ci-après la critique de Diacritik, laquelle, fidèle à ses ancêtres staliniens, qualifie ce canular de réactionnaire.
Drôle de critique littéraire que celle-là ! Qu'ont-ils appris des totalitarismes du XXème siècle ces gens-là ?
canular
17 décembre 2017, 18:16   Re : Claude Simon
Citation
Pascal Mavrakis
Pour en revenir à l'incroyable puissance de… comment dire ?, de séduction, de captation, de fascination, du tel portable : c'est la "revanche de l'objet" (Baudrillard). L'attachement maladif au smartphone trahissant avant tout une haine du silence, du retrait, du lointain, du secret, du différé. Ils ont finalement trouvé leur objet maître.

C'est l'objet attachant par excellence, parce qu'il rattache à ses effets, ses relations, ses liens, à la bulle minuscule de son monde personnel désormais mobile et tenant dans la main : je crois que c'est vous qui parliez de Leibniz récemment mais, aussi ahurissant que cela paraisse, cette chose qui est l'expression de la plus pure et élémentaire grégarité réalise une monadologie à la lettre : hommes-escargots restant chez eux en sortant, domiciliés à vie dans un lieu sans porte ni fenêtre, trafic et comportement régulés par le réseau, la monade de toutes les monades.
17 décembre 2017, 18:19   Re : Claude Simon
cette chose qui est l'expression de la plus pure et élémentaire grégarité réalise une monadologie à la lettre : hommes-escargots restant chez eux en sortant, domiciliés à vie dans un lieu sans porte ni fenêtre, trafic et comportement régulés par le réseau, la monade de toutes les monades.

Oui. Monade artificielle, en effet.
17 décembre 2017, 23:23   Re : Claude Simon
C'est l'objet attachant par excellence, parce qu'il rattache à ses effets, ses relations, ses liens, à la bulle minuscule de son monde personnel désormais mobile et tenant dans la main : je crois que c'est vous qui parliez de Leibniz récemment mais, aussi ahurissant que cela paraisse, cette chose qui est l'expression de la plus pure et élémentaire grégarité réalise une monadologie à la lettre : hommes-escargots restant chez eux en sortant, domiciliés à vie dans un lieu sans porte ni fenêtre, trafic et comportement régulés par le réseau, la monade de toutes les monades.


Oui absolument.


Mais les observant je ne puis m'empêcher de penser à la dialectique Maître-Esclave de Kojève.

Je m'explique : selon Kojève, l’homme n’est jamais homme tout court, il est toujours, nécessairement et essentiellement, soit Maître, soit Esclave. Si la réalité humaine ne peut s’engendrer qu’en tant que sociale, la société n’est humaine - du moins à son origine - qu’à condition d’impliquer un élément de Maîtrise et un élément de Servitude, des existences " autonomes" et des existences "dépendantes". Le paradoxe (j'y arrive), c'est que notre "homme-escargot" est Esclave (dépendant corps et âme de l'objet smartphone) et Maître à la fois (il "maîtrise" (car il a bien le sentiment de maîtriser quelque chose ?) son téléphone et celui-ci, en retour, lui accorde une certaine autonomie, la fameuse "bulle").

Il me semble qu'il y aurait quelque chose à creuser de ce côté-là. Pas le temps (ni les moyens à l'heure qu'il est) de développer. J'espère n'avoir pas été trop confus.
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