Le site du parti de l'In-nocence

poésie contemporaine

Envoyé par Serge Diot 
08 février 2018, 11:19   poésie contemporaine
"En raison d'un épisode neigeux quinze départements sont en vigilance orange.
La circulation est compliquée".

Voilà tout ce qu'ils retiennent de l'hiver, de la beauté des saisons, de la magie de la neige.

J'aurais préféré un commentaire du journaliste radio du genre:
"Entre les loups cruels, j'erre parmi la plaine.
Je sens venir l'hiver de qui la froide haleine
d'une tremblante haleine fait hérisser la peau."

C'est plus tragique mais enfin ça aurait une autre gueule.
08 février 2018, 12:21   Re : poésie contemporaine
Ceci n'est pas mal non plus :

Et puis vinrent les neiges, les premières neiges de l'absence, sur les grands lés tissés du songe et du réel ; et toute peine remise aux hommes de mémoire, il y eut une fraîcheur de linges à nos tempes.
Et ce fut au matin, sous le sel gris de l'aube, un peu avant la sixième heure, comme en un havre de fortune, un lieu de grâce et de merci où licencier l'essaim des grandes odes du silence
08 février 2018, 13:45   1986
En moins cuivré, de Daniel Biga en 1986, dans Stations du chemin :

"Il a neigé jusqu'aux portes de la ville
Jusqu'à la naissance de la mer
Quelque ébauche de Joie et de paix de ferveur même
S'est alors infiltrée jusqu'au coeur
Des plus imbéciles parmi les hommes."

(cela dit, sortie de son contexte journalistique, la "vigilance orange" contient sa part de rêverie.)
08 février 2018, 15:53   Re : 1986
Oui, je reconnais que la "vigilance orange" c'est beau et excite mon imagination.
08 février 2018, 16:50   Plus au nord
J'ai placé tes lèvres carmin en blessure ardente sur l'étendue de ma banquise rêvée
09 février 2018, 01:53   Re : poésie contemporaine
Citation
Serge Diot
"En raison d'un épisode neigeux quinze départements sont en vigilance orange.
La circulation est compliquée".

Voilà tout ce qu'ils retiennent de l'hiver, de la beauté des saisons, de la magie de la neige.


Bah ils sont juste un peu fatigués, et stériles, comme Mallarmé le fut parfois, lui aussi... :

"Car le Vice, rongeant ma native noblesse,
M'a comme toi marqué de sa stérilité"


"Angoisse"
09 février 2018, 01:54   Re : poésie contemporaine
Doublon
09 février 2018, 21:21   Neige pâtissière
"Ils se figurent que l'univers est une tarte que l'Hiver, ce grand monstre, sucre pour l'avaler."

Cyrano de Bergerac - Lettres diverses (du côté des années 30 du Grand siècle)
10 février 2018, 17:54   Re : poésie contemporaine
Coure le froid avec ses silences de faulx,
Je n'y hululerai pas de vide nénie
Si ce très blanc ébat au ras du sol dénie
A tout site l'honneur du paysage faux.
10 février 2018, 22:13   C'est bath
Un zeste de bathmologie :

Je n'indique pas le nom de l'auteur que je cite par politesse afin ne pas laisser entendre que le lecteur n'est pas assez cultivé pour ne pas savoir qui est l'auteur que je cite.

Je n'indique pas le nom de l'auteur que je cite par goujaterie : qui ne reconnaîtrait pas l'auteur que je cite n'a qu'à être cultivé ou se renseigner.

J'indique le nom de l'auteur que je cite par modestie, pour ne pas laisser croire un seul instant que je suis l'auteur de ce que je cite.

J'indique le nom de l'auteur que je cite par gloire, pour la même raison.

Pour ma part, il m'est absolument impossible de donner un extrait sans signaler son auteur.
11 février 2018, 04:29   Re : poésie contemporaine
J'approuve Thomas.

Je ne cite pas le nom de l'auteur parce que je sais que tout le monde ici sait qui je cite, et en sous-jacence, je ne cite pas le nom de l'auteur parce que, si d'aventure quelqu'un qui prétend me fréquenter en ces lieux ne sait pas, mêêêêrde Google, c'est pas fait pour les chiens!

Ne pas mentionner ses auteurs, quelque part, c'est impérial, c'est souverain.
11 février 2018, 09:14   Re : C'est bath
Ou alors plus simple:
Je n’ai pas mentionné le nom de l’auteur parce que j’ai oublié qui c’était.
11 février 2018, 10:21   Re : poésie contemporaine
Comment peut-on se rappeler de vers et ne pas se rappeler le nom de leur auteur ? S'il ne s'agit de quelque chose comme les paroles de la chanson Malborough s'en va-t-en guerre ou de ballades irlandaises du type Arthur McBride ?

A moins que... le quatrain d'Alain fait songer à Théophile de Viau. (Je ne veux pas le googler, plutôt me tromper cent fois et rester dans le mystère)
11 février 2018, 12:01   Re : poésie contemporaine
Juste en passant : Debord n’annotait pas les livres qu'il lisait mais il recopia des citations (1400 fiches de lecture) de 1950 jusqu’à sa mort. Il les classait dans des chemises, selon differents thèmes : littérature, poésie, histoire, philosophie, hégélianisme, marxisme, stratégie, histoire militaire, etc.
11 février 2018, 15:08   L'esprit quiz
Vos scrupules vous honorent, Thomas, mais après tout, comme Thierry Noroit n'a pas non plus jugé absolument nécessaire de divulguer le nom de l'auteur du passage cité, je me trouve en bonne compagnie...
12 février 2018, 17:04   Re : poésie contemporaine
Ah, pour ma part, je n'en suis qu'au stade 1 (m'étonne pas !) de la spirale du sens rothomagique :

Je n'indique pas le nom de l'auteur que je cite par politesse afin ne pas laisser entendre que le lecteur n'est pas assez cultivé pour ne pas savoir qui est l'auteur que je cite.

Puis le qualificatif de "cuivré" appliqué à ma citation m'a contrarié, je le ressens comme un mélange de coloré, de clinquant et de grandiloquent, tout ce que j'exècre.

Or, il s'agit de Saint-John Perse, le seul poète que Renaud Camus semble admirer sans la moindre réserve, avec Bonnefoy.

Je me disais donc qu'ici il serait tout de suite identifié et surtout pas critiqué.

Mais après tout "cuivré" renvoie peut-être très finement à ses origines antillaises...
12 février 2018, 17:38   La simple chose d'être là
Leger, c'est tout de même aussi parfois un peu du lourd, si j'ose ainsi m'exprimer, mais pour la meilleure part, bien sûr...

Esquisse de colossaux mouvements d'éléments fondamentaux, naissance de galaxies, grandes choses pures dans le ciel, fondations d'empires, morceaux épars de continents, d'histoire en dérive, spasmes, éclairs, orgasmes !
Houlà.
Il me semblait avoir reconnu Saint-John Perse et, sans vouloir le "critiquer", on peut prétendre qu'il est un tantinet plus "cuivré" dans son orchestration que Daniel Biga... ou Paul-Jean Toulet, si on tient à citer les goûts camusiens.
Gracq avait dit de quelqu'un (je ne sais plus qui, Wagner ?) qu'il portait les anneaux de Saturne en sautoir sur la poitrine ; Saint-John Perse est de ceux qui peuvent réveiller des morts.

J'ai fondé sur l'abîme et l'embrun et la fumée des sables
je me coucherai dans les citernes et dans les vaisseaux creux
en tous lieux vains et fades où gît le goût de la grandeur

Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent poster des messages dans ce forum.

Cliquer ici pour vous connecter