Le site du parti de l'In-nocence

7 preuves et on change de sujet

Envoyé par Pascal Mavrakis 
L’Obs nous donne sept preuves qu’il n’y a pas de Grand Remplacement (la vidéo de propagande vaut vraiment le détour) :


[ripostelaique.com]
Asile. Ça y est !, l’Assemblée vote l’extension de la « réunification familiale ». Les mineurs réfugiés pourront faire venir leurs « frères et sœurs », et non plus seulement leurs parents...

Ainsi donc ils pourront faire venir leurs parents, leurs frères et leurs sœurs et comme nous n’avons pas les moyens où la volonté de vérifier leurs liens familiaux, nous aurons sans doute une famille à rallonge aux frais des cons-tribuables français.
J'avais déjà lu un truc de ce genre.

Soit une famille algérienne, dont le père et { la mère + 1 enfant } sont en France.
S'il y a des frères, des soeurs, des demi-frères, des demi-soeurs restés nés au bled, la famille bénéfice d'autant d'allocations familiales que d'enfants car il ne faut pas discriminer les enfants.

La France est un pays qui ira très loin si les petits cochons musulmans ne la mange pas.

(ici)
"Le père (algérien) concerné n’est pas resté inactif face au refus d’allocations opposé par la CAF. En juin 2007, il dépose une réclamation devant la commission de recours amiable qui est rejetée. Le 7 août 2007 c’est le tribunal de sécurité sociale de Paris qu’il saisit. Aucun résultat. Il saisit alors la Cour d’appel de Paris qui rejette sa demande le 28 octobre 2010. C’est finalement cette dernière décision qui est attaquée par la cour de cassation."


Une détermination inébranlable et "même pas honte" ; ajoutez à cela une réelle volonté de nous baiser (j'euphémise), et jusqu'à la moelle si possible... Ces crevards gens sont redoutables.


Pierre Jean sur un autre fil : "Ces braves gens partagent avec leurs plus fidèles alliés, les Amis du désastre au grand cœur, une même maîtrise pour ainsi dire virtuose des arcanes administratifs de l'Etat providence. Nique la France ! Braque le guichet ! sont leur cause commune."
Ceux qui ne maîtrisent pas bien leur affaire sont aidés par les "assoces" subventionnées. C'est tout un système, tout un biznis multi-acteurs, à cent rouages, mille courroies et relais entre les pouvoirs publics et les organismes subventionnés de la "société civile". La machine est complexe et marche comme un mille-pattes. Les migrants eux-mêmes n'en sont qu'un élément, un produit autant qu'une pièce vitale de la machine infernale. Du passeur à l'hôtelier verreux qui encaisse les subsides de l'Etat tout en siégeant dans les commissions consultatives aux échelons locaux, il y a un mille-pattes, un mille-feuilles qui bruisse de facilitation en facilitation pour assurer que le GR soit une réalité et une réalité acceptable (les médias sont là pour veiller à son acceptabilité). L'administration centrale, l'exécutif et la représentation nationale ont à peine besoin d'édicter des réglements, de promulguer des lois. Le mille-pattes acéphale marche tout seul. Les flux roulent. Tout baigne. L'orchestre médiatique sur le pont du Titanic joue la partition sans fausse note. Et les critiques sont muselés par les juges, sortes d'hommes aux gilets jaunes sur le même pont, chargés de veiller à ce que le navire coule en bon ordre.

S'il arrive que pour quelque famille, quelque individu, a machine se grippe, les hautes cours, les instances supranationales sont convoquées, mobilisées, elles débuguent le cas difficile, et ça repart de plus belle.
Presque toujours, dans des affaires de ce genre, ces gens sont poussés, soutenus, défendus en justice et menés à la victoire par les dites “associations” (les guillemets sont là parce que, bien entendu, il ne s'agit pas des associations de joueurs de pétanque, de danseurs folkloriques ou de philatélistes, que l'on désigne ainsi, bien qu'elles représentent l'immense majorité des associations déclarées sous le régime de la loi de 1901). On peut être sûr que sans elles, ils n'oseraient ni ne pourraient.

Il y a certes, parmi les membres de ces officines hautement subventionnées et dotées du pouvoir exorbitant d'ester en justice à la place des gens, des immigrés et descendants d'immigrés, mais ce sont bel et bien des organisations issues du corps social français, peuplées de “talas” (catholiques militants) et d'instituteurs socialistes. Rien ne montre plus clairement que le Grand Remplacement est un suicide assisté organisé par nous-mêmes, ou en tout cas une part suffisamment importante de nous-mêmes pour pouvoir, avec le soutien du complexe médiatico-juridico-politique, imposer à notre peuple le funeste destin qui est le sien.
Message croisé avec celui de Francis, comme il arrive.
A Nîmes où je séjourne en ce moment : dans les entrées de la ville, sur les boulevards extérieurs, de jeunes Africains, presque toujours des hommes, même s'il arrive de voir des femmes poussant des landeaux (toujours énormes ces femmes, absolument toujours). Hommes sveltes, athlétiques, habillés de vêtements de sport aux couleurs éclatantes, des survêts et des plantalons d'un blanc immaculé, démarche décidée, roulante, ursine, (comme dans les séries américaines où sont mis en scène des noirs des "ghettos" – en Afrique, on n'a pas cette démarche), et la plupart ont à la main le téléphone portable dernier cri, pas tous mais la plupart. Cependant que tous, absolument tous ont sur les oreilles un casque audio, deux disques imposants, aux couleurs vives, comme de grosses oreilles de Mickey rabattues sur les naturelles. Et ils vont ainsi sur ces grands boulevards ou le long des voies rapides qui pénètrent dans la ville.

Ils ne tournent pas la tête, regardent dans le vide (dans la "musique"), ne voient rien, ne s'intéressent à rien de leur environnement. Ils sont venus dans un pays qui ne les intéresse en rien, ne leur parle en rien, n'éveille en eux aucun intérêt. Ils ont déjà leur idée sur ce pays, n'ont pas besoin de vérifier quoi que ce soit, n'ont pas besoin non plus de penser ou de s'appliquer à quoi que ce soit qui préparerait leur avenir, sont curieux d'absolument rien et on se dit que s'il en est ainsi, c'est parce que tout, le logement en hôtel (le Formule 1 a été "réquisitionné" comme sous la première Occupation étaient réquisitionnés certains hôtels pour le personnel occupant le pays), la nourriture, l'argent de poche, la blanchisserie, tout est donné, aux frais du cochon de Français payeur. Pourquoi se feraient-ils le moindre souci inutile pour leur avenir. Tout est fourni. Leur privilège est écrasant par rapport aux Français de souche et d'histoire, qui, eux sont soumis toute l'année à une administration tatillonne, obsédée par "les pièces justificatives" pour absolument tout, toute démarche : la parole du Français d'origine ne vaut rien face à l'Administration qui exige des pièces, qui entend statuer sur pièces, qui le rappelle à l'ordre en lui faisant observer que tels sont la loi et le règlement. Le migrant clandestin ainsi pris en charge est un privilégié que l'Etat exonère de cette exigence : pas pour lui les "pièces justificatives", sa parole suffit.

La préférence étrangère existe : elle tient déjà à ça, elle est toute déjà là – le crédit que l'Etat et ses agents accordent ipso jure à la parole des uns, les étrangers qui se déclarent sans-papiers, et qui ont liberté par conséquent de déclarer n'importe quelle contrevérité pour être cru, n'importe qu'elle histoire inventée pour que, spontanément, on prête foi à leurs dires, leurs déclarations de besoins, leurs exigences.

L'inégalité de traitement est frappante, et ce qui choque encore plus est encore qu'elle soit défendue par ceux-là même qui n'ont que les mots égalité et solidarité à la bouche.

Quand dans cent ans, ce qui restera de Français dans ce pays représenteront cet état de fait, en feront la narration aux plus jeunes, ils ne susciteront qu'incrédulité et moqueries dans leur auditoire : "le vieux fou délire encore, en vieillissant il devient carrément raciste et raconte n'importe quoi".
@Francis


"Ils ne tournent pas la tête, regardent dans le vide (dans la "musique"), ne voient rien, ne s'intéressent à rien de leur environnement. Ils sont venus dans un pays qui ne les intéresse en rien, ne leur parle en rien, n'éveille en eux aucun intérêt. Ils ont déjà leur idée sur ce pays, n'ont pas besoin de vérifier quoi que ce soit, n'ont pas besoin non plus de penser ou de s'appliquer à quoi que ce soit qui préparerait leur avenir, sont curieux d'absolument rien et on se dit que s'il en est ainsi, c'est parce que tout, le logement en hôtel (le Formule 1 a été "réquisitionné" comme sous la première Occupation étaient réquisitionnés certains hôtels pour le personnel occupant le pays), la nourriture, l'argent de poche, la blanchisserie, tout est donné,"


"Ils sont venus dans un pays qui ne les intéresse en rien, ne leur parle en rien, n'éveille en eux aucun intérêt"."Tout est donné." Raison pour laquelle ces jeunes hommes africains n'ont que faire de la "convergence des luttes" et autres fadaises pseudo"révolutionnaires"" pour gentils étudiants FDS logés, nourris et torchés par papa et maman. À chacun son monde.

Mais allez donc leur faire comprendre que le dindon de la farce (migratoire), c'est eux !

Ecoutez plutôt Juliette, étudiante ("non racisée") à Tolbiac : « Le racisme antiblanc est une invention, il n’existe pas » [www.fdesouche.com]
Ils sont les heureux gagnants du grand jeu-concours de traversée de la Méditerranée en canot pneumatique, organisé tous les étés par l'Union européenne, sponsorisé par la Soros Cie et dont la régie est confiée aux grandes assoces et ONG subventionnées (Médecins Machins, SOS machins, etc.). Le jeu est fortement primé : les gagnants se voient octroyés une prise en charge intégrale de leur séjour à durée illimitée en France, avec désormais un bonus : les visites de leurs proches, à la différence de Koh Lanta (jeu pour ringards), ne seront pas limitées elles non plus ! D'ailleurs il n'est plus question à ce sujet de "visites" mais de "regroupement familial".

Ce jeu est ouvert aux bénévoles qui peuvent aider les candidats de leur choix à condition de se faire connaître des autorités en portant des gilets ou brassards autorisés, même si la participation de bénévoles anonymes reste dans une grande mesure tolérée par la prod, notamment dans les étapes de montagne où elle ferme les yeux sur les poussettes dans les cols.

La migration clandestine est un jeu-réalité, et comme tout bon jeu-spectacle à thématique sportive ou psycho-dramatique qui se respecte (Tour de France, Les Marseillais à Cancun ou à Miami, Koh Lanta, ce dernier ayant été une source d'inspiration certaine pour les concepteurs du Grand Jeu du Migrant Transméditerranéen), il n'y manque pas même la pub, les teasers, les reportages-vérité, les docus de la prod sur les péripéties du tournage, les produits dérivés et les success stories pour le JT de 20 heures.
Et l'aide au développement Francis ? Vous en faites quoi ? Hein ? Y'a pas moyen d'l'introduire dans vot' grand jeu-réalité ?


« L’aide au développement est une prime à la migration » (Stephen Smith).
Changeons de sujet, revenons à Nîmes.

Cette ville, essentielle dans l'histoire romaine des Gaules, est une porte et un aboutissement : là la Provence affirme sa volonté de commencer, en montrant pour la première fois son mont Ventoux qui la signale, à cent vingt kilomètres plein est; là l'Occitanie et sa langue chuintante et toulousaine se meurt et consent à passer le bâton au provençal mistralien, du reste, là commence aussi le Mistral, l'olivier, et bientôt le Rhône et son delta, habité de son Frédéric Mistral, de sa Mireille et toutes les merveilles et légendes littéraires, sauvages, camarguaises et henri-boscoeïennes (Malicroix, à lire, vite).

La patrie de Jean Paulhan et de l'astronome (Joseph Jean-Pierre Laurent, mort en 1900)
qui, encore jeune homme, identifia l'astéroïde Nemausa le 22 janvier 1858 dans un observatoire de poche installé par son beau-père rue Nationale, corps céleste qui fut baptisé du nom de la ville de Nîmes à une date extrêmement précoce pour la découverte d'astéroïdes (Louis Pasteur, par exemple, en 1858 n'avait pas encore été élu à l'Académie des sciences), Nemausa devenu le nom du complexe aquatique à piscine olympique dont s'énorgueillit la ville, cette ville donc, est devenu un territoire occupé.

L'Occupant y sévit, de toute son impunité et sa force. Ce samedi après-midi, il parade en colonnes automobiles, sur les grandes artères qui pénètrent dans la cité gardoise, il conduit des Porsches Cayenne noirs, de grosses cylindrées germaniques (Audi, BMW) et tous feux dehors, le torse sorti des vitres latérales, ordonne à chacun ses lois de la circulation automobile, intime aux automobilistes français soumis, d'un geste autoritaire de la main de stopper, de se ranger, de serrer à gauche. Il fait la chasse, s'arrête net au feu vert, les warnings battant la chamade, jouit de dicter son ordre à la circulation, franchit toutes les lignes blanches, comme le chien de troupeau qui rappelle à l'ordre la brebis qui n'en fait qu'à sa tête, et nous, tous ceux qui ne sont pas lui, mettent, pour le plaisir de ces nouveaux maîtres, trente-cinq minutes pour arriver dans les faubourgs de Nîmes quand il en faudrait peut-être cinq. Ces chiens nous lâcheront quand ils le voudront et le décideront. IL n'y a pas de police française qui se manifeste à l'horizon. Nous sommes seuls. L'occupant est seul avec nous. Il agit selon son bon plaisir d'occupant.

Je sais que si je me risque à un geste, un mouvement de la main par la portière, ma vie est en jeu. Soixante-dix petits arabes vêtus de blanc et tirés à quatre épingles dans ces berlines noires, qui sont trente à quarante, n'attendent que ça: un mouvement d'humeur, une velléité de protestation, et je suis mort. Et nous le savons. Nous sommes soumis et seuls. Nous sommes des bêtes soumises et abandonnées.

C'est ça l'occupation : savoir qu'un geste peut vous perdre parce que certains ne le tolèreront pas et que cette intolérance est admise par ce qui se fait encore passer pour autorité supérieure, autorité "de l'Etat". Vichy, c'était ça : un Etat qui n'avait de puissance que le nom d'Etat. L'Etat Macron vous laissera égorger tranquillement avant de vous rendre, le surlendemain, les honneurs qui conviennent à sa fonction. L'Etat collabo vous aime mort. L'Etat macron aime les Arnaud Beltrame morts. Avant l'égorgement, ils peuvent crever.
Encore une fois merci, cher Francis. Vous dites, vous n'exagerez en rien. J'ai vécu cette scène des grosses cylindrées qui intiment aux Français soumis de... etc.
Je suis passé au tribunal cette semaine, où ils ont l'air de commencer à flipper pas mal, je crois. Le président du tribunal, face à moi, s'est même totalement fissuré en découvrant que (à ma façon), je nommais tout et ne concédais rien.
Nommer est l'enjeu majeur de cette décennie, et non expliquer, faire comprendre, interpréter ou représenter (les "média" font cela très bien, "représenter"), non, nommer est la tâche majeure qui nous incombe. Nommer est difficile. Il y faut une audace particulière, celle qui se dresse contre l'accusation de folie (à laquelle un Renaud Camus doit faire face aujourd'hui, jusque dans les rangs de ses intimes comme on vient de le voir) et contre aussi la surdité générale. Nommer est devenu révolutionnaire, l'arme de subversion par excellence.

D'où la valeur suprême qu'il faut accorder à la langue, son exercice indispensable, son respect, l'attention à ses détails. Cette attention est celle de tout un chacun et n'a pas de maître. Il n'y a pas de maître à l'attention. Le nom, la nominalisation (et non la paraphrase confuse et corrompue du réel qu'est sa narration), est une arme. Il y a occupation et terreur, et ce que l'Etat collabo nomme "terrorisme" sert la terreur. Le terrorisme tue un peu mais la terreur, le risque d'être tué, est une arme de gouvernement dont use l'Occupant. L'Occupant use de cette idée, "le terrorisme", dont nous sommes pénétrés, pour exercer son terrible pouvoir. Le pouvoir : dans potentat il y a potentiel, ce qui est "en puissance", l'épée qui peut s'abattre et non celle qui s'abat.

D'où aussi le silence des mahométans quand un de leurs coreligionnaires égorge : celui-là égorge pour qu'eux n'aient pas à le faire.
"Nommer est l'enjeu majeur de cette décennie, et non expliquer, faire comprendre, interpréter ou représenter (les "média" font cela très bien, "représenter"), non, nommer est la tâche majeure qui nous incombe"
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Voilà qui semble nous renvoyer à "l’acte perlocutoire" de John Austin, qu'il définit comme "le fait d’arriver à certaines conséquences en disant quelque chose". Je veux bien croire que nommer (acte perlocutoire ?) soit probablement aujourd’hui l’acte de parole le plus important, mais dans toute la philosophie du langage développée au cours du xxe siècle je ne trouve pas d’analyse suffisante (évidemment je parle un peu trop vite, n'ayant fait que parcourir quelques livres) de la manière dont le langage parvient à produire certains effets et à affecter l’autre par le simple fait de lui dire quelque chose...
Commencer toujours par le plus difficile : la métaphore. Le Grand Remplacement est d'abord donné comme métaphore : l'indicible est vaincu par la métaphore. La vérité sinon, n'a pas de nom. L'inommable est du reste presque ce qui en définit la condition.

Dans l'histoire de l'art littéraire, le plus difficile, dans toutes les civilisations, vient en premier (à quoi bon faire l'effort de dire, si le plus difficile n'est pas le plus préoccupant, le plus urgent ? autant rester muet s'il n'y a à dire que de l'inessentiel et du babillage facile), en Grèce, en Chine : la poésie, la métaphore, passerelle première vers la vérité.

La défense de R. Camus face à ses juges : je suis un poète. Un aède. Je chante la vérité, privilège qui est le mien de l'extraire du puits comme le charmeur de serpent la bête ondoyante hors de son panier.

Voir tout ce qu'a écrit Hans Blumenberg sur la question de la métaphore : qu'elle est la voie de la vérité et de la puissance à venir. Que nommer la vérité au plus près serait comme fixer le soleil du regard. Nommer ce qui est devient possible d'abord par la métaphore, puis le nom de la chose finit par surgir et c'est la naissance du politique et la précipitation de la puissance. Mais le terrassier premier est encore l'artiste qui chante la vérité.

La tradition occidentale aménage ce rôle réservé à l'homme de l'art, l'artisan du dit de vérité. L'Occident, qui semble avoir été assez sage pour connaître cet obstacle, protège l'artiste langagier afin que, grâce à lui, éclose la vérité. Le raisonneur n'a qu'à se taire et attendre que s'accomplisse l'oeuvre nommante. Ses "explications", représentations et raisonnements politiques, suivent le nom ouvré dans la métaphore première, celle du dit conceptualisant et poétique.
22 avril 2018, 00:14   Ce disant
Commencer toujours par le plus difficile : aujourd'hui le tweet.
22 avril 2018, 10:39   Re : Ce disant
Voilà qui semble nous renvoyer à "l’acte perlocutoire" de John Austin, qu'il définit comme "le fait d’arriver à certaines conséquences en disant quelque chose".

Plus important que nommer les choses, il y a mesurer les choses. Bien entendu, nommer relève de cet exercice.
Mais la célèbre phrase « Que nul n'entre s'il n'est géomètre » est en fait une mise en garde pour les individus et surtout une mise en garde pour les Sociétés. Elle est gravée sur le fronton de l'Académie créée par Platon. Autrement dit, la République Française dit "Liberté Égalité Fraternité", La République Grecque dit "Nul n'est républicain s'il n'est d'abord géomètre".

Quant on nomme les choses, on n'explique pas. On oblige la personne à pratiquer la géométrie de son esprit, et à confronter sa géométrie intérieure à la chose nommée.
22 avril 2018, 10:54   Re : Ce disant
«Metron to beltiston »

« La mesure est le plus grand des biens »

Eschyle, Agamemnon.


Nommer, l'adversaire s'y emploie, et plutôt bien. Il a créé ce syntagme : délit de solidarité. Des lois de portée fondamentales sont débattues pour être amendées à l'Assemblée ces jours-ci, à cause de ce nom délit de solidarité, instrument rhétorique foudroyant.

Renommer solidarité ce qui est une manoeuvre politique et idéologique, ou, dans le meilleur des cas, une forme de charité aveugle, permet de mettre le monde à l'envers.

La solidarité s'exerce à l'égard de deux catégories de citoyens ou d'être humains en général :

1.ceux dont on partage la condition ("solidaire de mes frères Noirs persécutés" ; "solidaire envers mes voisins victimes d'une crue de la rivière qui traverse le village", etc.) ; et

2. ceux avec qui on partage une aspiration, un combat, une lutte politique, une cause à la fois commune et largement connue ou aisément connaissable, dont les implications s'agissant des conditions de vie de ceux qui y ont engagés sont connues elles aussi : "solidaire avec les mineurs péruviens en grève", parce que chacun sait ce qu'est la condition de mineur de fond, chacun pouvant aussi se documenter sur les niveaux de salaires et conditions de vie de ces ouvriers, sur leurs revendications salariales, etc. ; "solidaire avec la famille de Vincent Lambert" parce que l'on sait de manière assez circonstanciée ce qu'elle vit ; "solidaire avec la veuve d'Arnaud Beltrame", parce qu'on connaît suffisamment l'affaire qui a conduit à ce veuvage, le drame, le martyre de cet homme, etc.

Mais le concept de solidarité, dès qu'on entend l'appliquer à des hommes qui dissimulent leur âge, leur origine, leurs motivations, leur passé (criminel pour certains, à n'en pas douter) devient un faux-nez, une tartuferie; est un vocable faux, qui masque une démarche, une manoeuvre politique qui ne dit pas son nom : il devient un élément du faussel.

Cette solidarité-là est infondée sémantiquement et existentiellement ; si elle sue le mensonge et le calcul c'est parce qu'on ne peut pas être solidaire de qui on ne sait rien de sûr. Il s'agit d'une impossibilité sémantique : "solidarité avec tous les sans-papiers" est un énoncé aporétique, une mise en condition politique radicale et radiale, en ce sens qu'elle exerce son effet sur son locuteur (qui s'auto-convainc de la pureté du Bien qu'il dispense) comme sur tout interlocuteur. Et sa force et sa capacité d'éblouissement sont telles que les lois qui défendent le pays contre l'invasion sont en train de tomber cette semaine.

C'est fort simple, mais l'aveuglement est tel que personne ne semble dénoncer ce qui crève les yeux et oblitère l'entendement : le nom "délit de solidarité" met solidarité en paquet cadeau et la chose est avalée comme la banane tendue à travers les barreaux de la cage du chimpanzée.
La Solidarité Nationale existe depuis au moins la guerre de 14-18. La journée de bleuets, celle des coquelicots. En
Grande-Bretagne, les commémorations de la fin de la Première Guerre mondiale sont encore une affaire prise très au sérieux. Je doute qu'en GB on en vienne à discuter de la solidarité, ou d'un quelquonque délit de solidarité, sans avoir à l'esprit que des journées entières sont consacrées à la mémoire des victimes mortes pour leur pays.
En France, si un délit de solidarité est désormais possible dans une assemblée nationale, c'est surtout parce que ces gens ont oublié tout de ce pays. Ils ne savent pas où ils sont. Ils ne savent pas qui ils sont. Ils ne savent pas ce qu'ils doivent à leurs ainés. Toutes les commémorations ont disparues. Partant de là, la Solidarité est devenu un mot sans contenu qu'ils vont pouvoir employer à leur guise.
Et quel plus bel emploi de ce mot que de permettre le remplissage d'un pays désormais vide ?
Pour le couillon de FDS il y a la "solidarité avec les sans papiers" et pour les autres - plus réalistes et plus couillus - il y a le business, hyper juteux :

"Quatorze personnes ont été interpellées en mars dernier et cette semaine dans le cadre d'une enquête sur un réseau qui a acheminé plusieurs milliers de clandestins.

En un an, le réseau avait fait passer près de 3000 ressortissants, majoritairement albanais ou kosovars, des Balkans à l'est de la France. La filière a été démantelée en partie cette semaine, à Metz et à Strasbourg. Elle était très organisée : « Des bus quittaient l'Albanie, transitaient par différents pays et allaient jusqu'en France, en faisant des dépôts dans d'autres pays comme l'Italie, l'Allemagne et la Belgique » (...).

600 000 euros de bénéfice

Avec un billet payé 200 euros, le bénéfice des passeurs est estimé à 600 000 euros.
"

Valeurs actuelles
"Ce qui se passe, ce sont des mots", disait Becket. On ne saurait mieux dire, en cultivant, comme le fait Renaud Camus, une certaine ambiguïté.

Pour ce qui est de l'entreprise de "renommer", vaste programme dans un monde entièrement déréalisé, où le serpent se mord la queue cent fois par jour et où le moindre fait est l'objet d'analyses aux antipodes les unes des autres (voir par exemple le débat parlementaire sur l'immigration). Pour décrire ne serait-ce qu'une semaine d'actualités, il faudrait d'ailleurs employer un vocabulaire bis et mettre partout des guillemets.
Ca y est, le "délit de solidarité" a été aboli par la Chambre (comme on appelait la représentation nationale du temps de Clemenceau).

Du temps du Duc de Bourgogne en Europe occidentale, et en Chine occupée du temps de Kubilaï Khan, le pouvoir était aux rhéteurs – lire à ce propos les pages très éclairantes que Jules Michelet consacra à la maison de Bourgogne du temps où Charles VII et Louis XI bâtissaient l'unité de la couronne de France, dans le chapitre du volume sept de son Histoire de France. Le rhéteur moderne est le maître d'armes indispensable à tout pouvoir impérial multiculturel et pluriethnique : sa fonction est souveraine car il soude l'unité de l'espace politique de l'Empire par sa science de la communication ; il fourbit l'arme de la parole dans le même mouvement que l'arme politique. Sous Macron 1er, le rhéteur est le dir' com', c'est son appellation contemporaine. Macron, par exemple est le dir' com' de la Davocratie, rien d'autre, du reste les journalistes télévisuels qui l'interviouvent ne prennent plus la peine de l'appeler Monsieur le Président, pas la peine, chacun sait ce qu'il en est. Il y a Macron, qui est Dir' Com et son vice-rhéteur général (ou "Chambellan-Rhéteur") qui est Jacques Attali, lequel s'est fendu d'un tweet hier pour condamner l'action de Génération Identitaire menée avec succès au col de l'Echelle. Le rôle du Vice-rhéteur général est de seconder le Président Rhéteur dans les affaires strictements intérieures, tout en lui fournissant les "éléments de langage" qu'il est en charge de fabriquer pour ses maîtres. L'autre fonction, annexe mais déterminante, du Vice-rhéteur général est d'assurer le casting des pairs, c'est ainsi qu'il a recruté le Président Rhéteur après l'avoir distingué il y a cinq ans dans cet atelier de casting qui avait nom Commission Attali.

"Délit de solidarité" est un syntagme poétique qui devient politique et renverse de la puissance qu'il crée, les lois mêmes qui ont protégé la nation depuis Louis XI.

En rhétorique, délit de solidarité est analysable comme trope classique: hypallage peut-être, complexifiée et densifiée d'antiphrase.

L'Union Européenne est un avatar tardif et dérisoire de ce petit empire qu'était la Maison de Bourgogne, celle de Philippe le Bon et de Charles le Téméraire, et la France de Macron dans cette Union occupe sensiblement la place qu'occupait la Flandre dans ce complexe impérial de poche ("de poche" comparé au mastodonte qu'avait été, juste avant cela sur le continent eurasien, l'empire de Kubilaï Khan) – L’impossible empire, formé de vingt pièces ennemies, qui ne demandaient qu’à rentrer dans leur dispersion naturelle, dit Michelet à propos de la Bourgogne du Duc. Le pouvoir politique de la rhétorique ou "communication", s'exerce dans les deux cas (Charles le Téméraire, Kubilaï Khan) suivant des modalités et finalités identiques. (De l’Ordre de la Toison d’Or et des Chambres de rhétoriques de la Maison de Bourgogne, il faut rapprocher les Loges d’aujourd’hui qui gouvernent en sous-main les différentes chambres régionales de l’UE).

Vous ne me croyez pas ? Vous estimez vous aussi que je n'écris "que des conneries" comme l'affirme péremptoirement Rémi Pellet ? tenez, lisez, dans Michelet comment le destin de la France se démarqua très tôt du multiculturalisme en privilégiant l’unité centralisatrice (celle des usages linguistiques comme celle de la philosophie) et comment, en contrepoint de cette évolution, la Maison de Bourgogne devenait obèse de langues, de rhétorique et du pouvoir des mots dans le chaos multiculturaliste (« l’humble et doux dauphin » est ici le futur Louis XI en exil à la cour de Bourgogne) :








23 avril 2018, 17:39   What's right is right
Si le Grand Remplacement est si métaphorique que cela, il est pratiquement nécessaire que puisse également s'exercer la plus humaine solidarité envers des va-nu-pieds le plus souvent en baskets qui traversent de nuit des cols glacés et enneigés, voyons...
Donc, Alain, si vous le voulez bien, et vos beaux "voyons" nonobstant :

Il y a eu au 20e siècle, en Europe de l'Ouest, une reconduction de la répartition géopolitique tripolaire du 15e siècle. C'est à la fois fort simple, fort direct, et malheureusement aussi un peu subtil:

En se fondant le 1er janvier 1992, l'Union européenne, dont la France dévoyée de son destin, reconstitua la Maison de Bourgogne, soit un "empire de poche" coincé entre deux entités fortes et qui rejettent son existence : à l'Ouest les Etats-Unis d'Amérique, à l'est la Russie désoviétisée.

La configuration géopolitique originelle, celle qui se solidifia au XVe siècle, était une fonction primitive de celle qui engendra la configuration du XXe siècle tardif :

La couronne de France, celle de la maison d'Orléans, unitaire, centralisée, solidement monoculturelle et mono-linguistique, totémiquement dressée derrière son roi, flanquait la Maison de Bourgogne à l'ouest; et cette dernière était mêmement flanquée à l'est par le Saint-Empire des Habsbourg.

Donc, au XVe siècle : une entité fourre-tout, la Maison de Bourgogne, sans liant, lourde de son multiculturalisme et multilinguisme est là, prise en étau entre deux énormes entités unifiées, larges et fortes. C'est, dans la transposition vingtiémiste, la configuration dans laquelle on voit l'Union européenne prise en étau entre les Etats-Unis (bien unis) d'Amérique à l'ouest, et le Saint Empire Russe à l'Est.

Quel enseignement politique en tirer pour aujourd'hui ? que la France, en co-fondant l'UE en 1992, s'est égarée de son fil historique ; que, ce faisant, elle a intégré la maison de Bourgogne et que Louis XI, et son oeuvre, patiente et têtue, a été trahie.

Que depuis 1992, la France, celle dont les Français et le monde ont besoin, a été trahie, s'est reniée.
Alain, puisque vous me provoquez avec vos "cols glacés", j'ai ceci à vous dire au sujet de l'action de Génération Identitaire menée hier et avant-hier en Savoie :

sous la première Occupation, c'est en Savoie que pour la première fois, la Résistance s'est dressée, en uniforme, pour affronter la Bête et libérer le territoire (Oyonnax, le plateau des Glières, etc.) ;

et que c'est encore là, en Savoie, que la Résistance, partout interdite sur le territoire, est debout, dans un acte d'éclat, symbolique mais magnifique, dans cette deuxième Occupation.

Les acteurs de cette mission n'y avaient sans doute pas pensé explicitement. Mais je ne doute pas qu'ils l'avaient senti.
Quoi qu'il en soit, Francis, je doutais surtout si quelque sentiment de solidarité puisse jamais être "sémantiquement et existentiellement infondé", pour autant qu'il procède de sentiments, pardon pour ce qui est presque un pléonasme, effectivement ressentis : car aucun sentiment ne peut être faux, s'il n'est pas feint. Or rien n'empêche qu'on éprouve des sentiments de solidarité, à bon escient, envers des gens qu'on estime être dans des situations dramatiques, qu'on se trompe ou non dans le jugement qu'on fait des circonstances. En l'occurrence d'ailleurs, d'après ce que j'ai pu entendre de divers témoignages, les "solidaires délictueux" ne se trompent pas tellement, eu égard aux conditions dans lesquelles "la Bête passe", comme vous dites.
je vous avoue que je ne suis pas tellement convaincu non plus à propos du caractère "métaphorique" du Grand Remplacement, non plus que d'une possible ligne de défense "artistique" face aux juges : non mais vous imaginez la tronche des magistrats, si on leur représente que tout cela n'est en réalité que de la poésie, originellement poïetique bien plus que politique en fait : ils risquent encore d'avoir le sentiment, non infondé cette fois, qu'on se paye leur tête, et d'être encore plus bêtes et méchants qu'ils ne sont parfois naturellement...
Or rien n'empêche qu'on éprouve des sentiments de solidarité, à bon escient, envers des gens qu'on estime être dans des situations dramatiques, qu'on se trompe ou non dans le jugement qu'on fait des circonstances.

Les sentiments ne doivent engager que ceux qui les éprouvent, pas la collectivité nationale !

En l'occurrence d'ailleurs, d'après ce que j'ai pu entendre de divers témoignages, les "solidaires délictueux" ne se trompent pas tellement, eu égard aux conditions dans lesquelles "la Bête passe", comme vous dites.

Ces migrants ont fait le choix de se déporter vers l'Europe. Ils avaient le choix de rester chez eux ou au moins en Afrique (la Côte d'Ivoire ou le Nigeria ne sont pas des pays en guerre d'où les populations seraient chassées jusqu'en Europe ou bien si ?). Je suis solidaire des personnes en détresse et privées de choix : un ouvrier gréviste pour l'obtention de conditions de travail qui ne le privent pas de sa dignité et pour un salaire qui lui assure le minimum décent (et non "vital"), n'a d'autre choix que celui de se mettre en grève. La victime de catastrophe naturelle, en Haute-Loire ou Haïti, se trouve dans le même cas, et mérite, comme cet ouvrier, ma solidarité, mais des hommes qui font des calculs, des choix, prennent des risques et se lancent dans des paris égoïstes sur l'avenir doivent assumer les conséquences de leur jeu sans compter sur une prétendue solidarité de ma part en cas d'engelure aux "cols glacés".

Le mot "solidarité" constitue une usurpation de vocabulaire s'agissant de ces chercheurs d'aventure, cette prétendue "solidarité" est fiction, elle-même calcul, choix et jeu politique de la part de certains.

Rien d'autre à vous dire.
Solidarité humanitaire avec ça :




pas avec ça :


ni ça :



ou ça :



C'est si difficile à comprendre ou à admettre ?
Francis Marche : La défense de R. Camus face à ses juges : je suis un poète. Un aède. Je chante la vérité, privilège qui est le mien de l'extraire du puits comme le charmeur de serpent la bête ondoyante hors de son panier

Comme dit le dicton, "les conseilleurs ne sont pas les payeurs"...

C'est difficile à croire, je sais, mais voyez-y une déformation professionnelle : je cherchais moi aussi la façon dont la défense pourrait être construite.

Or, je n'arrive pas à comprendre comment la comparaison Shoah/ remplacisme, Macron/Hitler a germé. Dans quel contexte les tweets et le discours de Baix ont-ils été écrits et publiés ?

Pourquoi Macron était-il spécialement visé et pas Merkel ? N'est-ce pas la chancelière allemande qui a pris la décision d'accueillir en 2015 un million cent mille "réfugiés" ? [www.lepoint.fr]

Une décision "historique" : [info.arte.tv] et "unilatérale" : [www.nouvelobs.com]

La comparaison Merkel-Remplacisme / Hitler-Shoah me paraîtrait tout aussi mal fondée et abusive mais au moins pourrais-je en comprendre l'origine. Alors que l'autre...

C'est le genre de question que les juges-pas-aèdes pourraient se poser (s'ils étaient bien disposés, ce qui n'est pas assuré)
Délit de solidarité est de la poésie qui vient bousculer les lois de la République. La vraie folie est là, pas dans une hypothétique défense" littéraire" de R. Camus.
» mais des hommes qui font des calculs, des choix, prennent des risques et se lancent dans des paris égoïstes sur l'avenir doivent assumer les conséquences de leur jeu sans compter sur une prétendue solidarité de ma part en cas d'engelure aux "cols glacés"

Francis, je ne doute pas que ce soit là votre sincère sentiment, mais ce n'est que le vôtre justement : je ne doute pas non plus que les sauveteurs improvisés qui ont à cœur de venir en aide aux migrants en difficulté (et il me semble que nombre d'entre eux sont effectivement, ponctuellement, en difficulté, voire en danger de mort) soient aussi sincères que vous, pour la plupart du moins, et donc leur sentiment de solidarité, qui n'est en l'occurrence que le sentiment du devoir moral et de responsabilité envers ces personnes, les incitant à leur venir en aide, ne peut être "usurpé", pour autant qu'ils l'éprouvent, quelles que soient du reste les raisons qui ont conduit ces personnes à se mettre dans ces situations : encore une fois, la solidarité étant avant tout affective et empathique, il est à mon sens totalement illusoire, et même vain, de vouloir édicter quels sont les bons sentiments à avoir, et encore plus lesquels seraient les "faux" à s'interdire absolument d'éprouver.
Bref, la solidarité de ces belles âmes est correcte et peut parfaitement se défendre d'un point de vue "sémantique", c'est tout ce que je voulais dire...
» La comparaison Merkel-Remplacisme / Hitler-Shoah me paraîtrait tout aussi mal fondée et abusive mais au moins pourrais-je en comprendre l'origine. Alors que l'autre...

C'est le genre de question que les juges-pas-aèdes pourraient se poser


À supposer qu'on ait l'heur de tomber sur des juges plus "philosophes" qu'aèdes, je me demande si ce que j'avais écrit naguère ici : la vie des idées, ne pourrait fournir quelque motif de "défense", sur la comparaison elle-même s'entend, pas sur la question de Macron vs Merkel...
Oui, cher Alain, je me souviens bien de votre brillante dialectique (sans ironie) mais elle repose sur un postulat pas h'évident, le fait que "l'action de Macron mine durablement et fatalement l'existence de l'entité collective "peuple français".

Quand Césaire dénonçait le "génocide culturel" dont son peuple était selon lui victime, il parlait de " 50 000 Guyanais" contraints d'accueillir "30 à 40 000 immigrants venus d'Europe" et il ne se risquait à aucune comparaison avec la Shoah, qui n'était d'ailleurs pas dans les esprits de grand monde en novembre 1975.

Je ne vois aucune action de Macron qui pourrait justifier l'accusation de génocide culturel et le rapprochement avec la Shoah. En revanche, il me semble que la décision de Merkel, historique en effet, aurait pu expliquer ce rapprochement (même si j'en conteste totalement le bien-fondé mais ce n'est pas le sujet).
Francis, je ne doute pas que ce soit là votre sincère sentiment, mais ce n'est que le vôtre justement : je ne doute pas non plus que les sauveteurs improvisés qui ont à cœur de venir en aide aux migrants en difficulté (et il me semble que nombre d'entre eux sont effectivement, ponctuellement, en difficulté, voire en danger de mort) soient aussi sincères que vous, pour la plupart du moins, et donc leur sentiment de solidarité, qui n'est en l'occurrence que le sentiment du devoir moral et de responsabilité envers ces personnes, les incitant à leur venir en aide, ne peut être "usurpé", pour autant qu'ils l'éprouvent, quelles que soient du reste les raisons qui ont conduit ces personnes à se mettre dans ces situations : encore une fois, la solidarité étant avant tout affective et empathique, il est à mon sens totalement illusoire, et même vain, de vouloir édicter quels sont les bons sentiments à avoir, et encore plus lesquels seraient les "faux" à s'interdire absolument d'éprouver.
Bref, la solidarité de ces belles âmes est correcte et peut parfaitement se défendre d'un point de vue "sémantique", c'est tout ce que je voulais dire..


Non non mon cher Alain il y a là défilement et fuite de votre part : ce que je vous ai exprimé supra n'est nullement mon sentiment personnel, nullement l'expression d'une subjectivité mais bien celle d'un raisonnement.

La belle et irremplaçable expression française "avoir coeur à" (ou, plus communément "avoir à coeur de") est magistralement problématique, et la notion de "devoir moral" qui ne l'est pas moins, nous égarent : soit nous sommes des bêtes morales et isolées, soit nous avons conscience d'un bien commun, d'une exigence collective.

L'individu humain n'est pas une "bête morale", car sa conscience a accès aux étages supérieurs, ceux d'une collectivité de destin, ou, si l'expression vous est intimidante (ou grotesque) d'une collectivité tout court.

Mon sentiment embrasse la collectivité nationale à qui je dois de savoir penser, parler, et ressentir, figurez-vous.

Là est ma singularité par rapport à l'animal moral replié sur sa singularité dont vous paraissez vous faire ici l'avocat.
Les sentiments humains sont ordonnables, hiérarchisables, et parce que nous ne sommes pas des chiens qui adorent leur fripouille de maître et se feraient immoler pour lui sans égard pour quelque considération extérieure que ce soit à ce lien, je dis que

dans la première photo, qui montre une femme dans le Soudan du Sud, son pays, assise à même le sol parce que son état de déshydratation ne lui permet pas de se relever, de garder la station debout, ma solidarité joue : il faut donner et aider, il faut nourrir et relever cette personne, et concourir au redressement de sa communauté dans son pays ;

dans les deux autres photos, qui montrent des crapules avides et conquérantes, pétant de santé, qui ont tué, qui ont darwiniennement fait basculer par dessus bord tout ce qui dans leur canot transméditerranéen gênait leur essor vital, qui sont prêtes à dévorer, à affronter et à conquérir, et à imposer leur présence, leur corps, à nous autres, sur notre sol, pas le leur, et à dire leur dû imaginaire et à l'exiger, je dis,

qu'ils crèvent ou qu'il s'en retournent aider cette femme assise parterre en Afrique.
» mais elle repose sur un postulat pas h'évident, le fait que "l'action de Macron mine durablement et fatalement l'existence de l'entité collective "peuple français"

Cher Rémi, c'est en effet un postulat qui ne sera pas si facile à démontrer...
28 avril 2018, 19:05   Courrier international
» L'individu humain n'est pas une "bête morale", car sa conscience a accès aux étages supérieurs, ceux d'une collectivité de destin, ou, si l'expression vous est intimidante (ou grotesque) d'une collectivité tout court.

Mais en quoi l'obligation envers une collectivité strictement nationale serait-elle "supérieure" à celle qui prétend ratisser plus large, si j'ose dire, c'est-à-dire à l'obligation envers la collectivité humaine tout court ? L'une comme l'autre de ces obligations procèdent d'un jugement de valeur (donc moral) établissant certaines priorités, et dans ce sens sont axiologiquement équivalentes : la supériorité qu'on accordera à l'un ou l'autre de ces critères ne sera jamais qu'interne à chacune de ces échelles de valeur, et donc non pertinente pour celui qui tient d'un jugement moral différent du vôtre, ce qui est manifestement le cas pour les sauveteurs incontinents de migrants en détresse.
En ce sens vous n'êtes pas moins "animal moral" qu'eux, Francis, mais vous l'êtes différemment, ou, si on veut, comme aurait dit Deleuze, c'est affaire d'adresses postales différentes...
28 avril 2018, 21:11   Re : Courrier international
soit nous sommes des bêtes morales et isolées, soit nous avons conscience d'un bien commun, d'une exigence collective.

Oui, mais quelle exigence collective ?

Par exemple, celle de défendre l'identité européenne judéo-chrétienne contre une "invasion" arabe-musulmane, mais...

- avec des intellectuels juifs qui sont pour ouvrir les portes de l'Europe parce qu'ils ne veulent pas qu'elle soit un "club chrétien" (Attali and co) ;

- avec des églises chrétiennes qui font prévaloir la solidarité avec les migrants arabo-musulmans sur toute exigence identitaire parce que le message chrétien est universaliste (notre bon pape François et tous les protestants façon Cimade)

- avec des souverainistes qui veulent une Europe avec des frontières nationales et que les Grecs et les Italiens se dém...dent avec leurs bateaux de migrants

- avec les bons-chrétiens-tradi et les "paganisés" façon Soral qui trouvent que les juifs la ramènent un peu trop avec leur "point de détail" et qu'à tout prendre les arabes ne dominent pas le monde, eux... [www.egaliteetreconciliation.fr]
les "paganisés" façon Soral

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Ah bon ? Il est païen Soral ?... Première nouvelle.
29 avril 2018, 06:29   Re : Courrier international
Ah bon ? Il est païen Soral ?... Première nouvelle.

Parce qu'il trouve beaucoup de vertus identitaires aux arabes et qu'il dénonce régulièrement les "juifs-apatrides-de-la finance-internationale-qui-tient-le-monde-façon-Rothshild-la-banque-du-banquier-Macron", je le prenais pour une sorte de sous-produit bas-du-front de la Nouvelle Droite, mais je ne suis pas spécialiste et ne souhaite pas le devenir
29 avril 2018, 09:39   Re : Courrier international
On peut trouver plus beau et meilleur pour la survie de la planète que les hommes au lieu de rouler en voiture, en train en avion ou même au lieu de marcher sur leurs pieds volent avec leurs bras, comme les oiseaux, dans les airs. Mais si quelque despote ou parti ''progressiste'' s'entêtait à en imposer l'exercice en dépit des risques encourus, le ''birdisme'' apparaîtrait comme une ''idéologie'' non seulement folle mais immorale parce que ''monstrueuse'' dans le sens littéral de contre nature.

C'est exactement ce qui se passe avec ceux qui voudraient nous imposer l'amour du lointain de préférence à celui du prochain ou même à égalité avec lui. Le sens commun, cette ''common décency'' chère à Orwwell, sait depuis la nuit des temps que cela ne fonctionne pas, n'a jamais fonctionné et ne fonctionnera jamais. Vouloir l'imposer est donc totalement immoral. Ce n'est pas pour rien que tout le monde se méfie de celui qui trahit les siens quand ceux-ci ne lui ont rien fait. Qui ne trahira-t-il pas ? pense alors, à juste titre, le sens commun, si bien que même ceux en faveur de qui la trahison s'est faite le méprisent et se méfient de lui. Or la nation est la limite à partir de laquelle le prochain devient le lointain.
Bref, quand une situation est trop contre nature, celle-ci finit toujours, tôt ou tard, par se venger cruellement.
Bien sûr tout cela peut paraître un peu trop simpliste aux esprits supérieurs, mais depuis que leurs idées prévalent avec le résultat catastrophique que l'on constate, il serait temps de revenir aux idées simples de la ''common decency''.
Bien sûr tout cela peut paraître un peu trop simpliste aux esprits supérieurs
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Le plus difficile, c'est de VOIR les objets, les choses, les évènements (comme les simples faits divers par ex.) SIMPLEMENT, c.a.d. dans leur singularité, et non pas de les interpréter dans le cadre d’une discipline universitaire typée. Repasser (faire retour à) par l’anthropologie, l’ethnologie : les fameuses "règles symboliques", par exemple, tout ça me semble plus pertinent que la sociologie ou la "pensée complexe"... Il y a dans l’anthropologie un noyau, une matrice d’interprétation qui est plus forte que celle, moderne, du social. L’anthropologie est en deçà du social, et au-delà du social ; elle nous permet précisément de mieux comprendre ce qui nous arrive.
Il y a un dogme universel qui s'est imposé aujourd'hui en politique internationale, et ce n'est pas le premier de ces dogmes ou "paradigmes" à émerger pour prétendre à l'universalité depuis un demi-siècle. Il y a trente ou quarante ans, ce fut le libéralisme des échanges, des marchés. Il fallait que ce dogme balaye tout et il le fit. Les conséquences n'en étaient pas toujours heureuses, mais il fallait passer outre, aller "jusqu'au bout", tout déréglementer et faire régler tous les problèmes, y compris ceux de l'environnement, par "la main invisible du marché". Cette folie obsessionnelle prit fin en 2008 avec l'effondrement du système bancaire et son sauvetage par la main bien visible des Etats coalisés. Avant cela, tous les maux entraînés par ce dogme n'étaient que "background noise", phénomène annexes, parasitaires à la marche de l'humanité, et qu'il convenait d'ignorer.

Même phénomène aujourd'hui avec "l'ouverture des frontières" et les grands mouvements migratoires. C'est bon pour l'humanité et c'est le principal, pense tout ce qui s'autorise à penser et à parler sur la scène internationale, en Europe et dans le monde occidental (moins Donald Trump et Vladimir Poutine). Les rues se peuplent de criminels, de délinquants, de tire-laine et d'égorgeurs, de mendiants sales et menaçant, les campagnes se dépeuplent, se paupérisent, les villes françaises se tiers-mondisent mais que que diable ! ce sont là les inévitables scories d'une chose grande et belle qui résume la marche de l'humanité vers son accomplissement !

La connerie politique sous nos latitudes ne change pas d'habits facilement. Elle fait penser à ses sales gosses qui, lorsqu'une tenue leur plaît, la fétichisent, veulent la garder tout le temps, dormir avec, ne la quitter jamais, pas même pour prendre un bain, jusqu'à ce qu'elle fasse de l'enfant un petit va-nu-pieds répugnant, qui empeste et tombe les mouches. Il faut alors la lui arracher de force.

Concernant la problématique du don : il existe un concept dont usent les psychologues, qui vaut ce qu'il vaut et dont ils usent peut-être à tort ou a raison mais que je crois pertinent à ce débat sur "l'aide à apporter (ou non) aux migrants". Ce concept est celui de "l'égoïsme de sauvegarde" ou "égoïsme de survie" qui dans le cas qui nous occupe consiterait à poser que pour ne serait-ce que pouvoir continuer de donner, il faut dresser autour de soi des limites qui sanctuarisent le donateur. Que si le donateur se donne tout entier, il ne donne plus rien d'objectivable. Cela vaut, je crois pour les rapports humains (intra-familiaux notamment, selon les spécialistes) mais aussi pour la pensée politique du don. Cela dit en réponse aux réponses d'Alain supra.
On ne peut donner dans et par l'auto-destruction, voilà ce que je voulais dire dans le dernier paragraphe de cette intervention. On ne peut se livrer en don, car la chose donnée alors, s'évanouit dans et par la livraison – concept qui traduit ce phénomène cauchemardesque qui voit les migrants (comme, dans un autre domaine, les touristes) ne rien trouver de ce qu'ils sont venu chercher car la chose convoitée s'est dissipée comme un mirage par le fait même de leur présence à son contact (cf. le syndrome de l'homme qui n'aime que les vierges évoqué par Renaud Camus dans ses tweets). Le migrant rendu en Europe occidentale, en ne se fondant pas en celle-ci en ne souhaitant pas s'assimiler à l'objet de ses désirs, ruine par sa seule présence tout ce qui pouvait l'avoir attiré là, et pourrait attirer ses congénères. Il y a là comme une loi d'entropie.

L'aide occidentale à ces gens, dans l'espace de l'Occident, abolit son oeuvre et l'objet de son oeuvre : en brisant la barrière de "l'égoïsme de sauvegarde", elle néantise soi et les autres.
''L'aide occidentale à ces gens, dans l'espace de l'Occident, abolit son oeuvre et l'objet de son oeuvre : en brisant la barrière de "l'égoïsme de sauvegarde", elle néantise soi et les autres.''

Toute démagogie est nocive et donc immorale, mais la démagogie xénophile est la plus immorale de toutes car s'y ajoute la trahison arbitraire des siens.
Gueules de remplacistes (ou de démagogues xénophiles) - voir photos :



[www.ledauphine.com]
L'"Europe pour tous" est une véritable folie. Un non sens absolu.
Aussi je repense à Elias Canetti, qui se demandait si l’humanité (mais restons en l'Europe) n’avait pas franchi un point au-delà duquel l’histoire ne serait plus réelle, c’est-à-dire linéaire, possédant un sens, une vérité. La fin de l’histoire serait donc déjà consommée. Nous serions désormais dans une histoire irréelle, non-linéaire, dénuée de sens et de vérité particuliers, donc ouverte à une relativité générale de toutes les directions et interprétations possibles.
démagogue xénophile

Plus communément appelé hanneton.

(Suite)

Canetti pensait que l’on pouvait eventuellement revenir à ce point en deçà de la fin de l’histoire et qu’il serait donc encore possible d’agir et de transformer le monde. Mais il semblait esquisser quand même que l’on était déjà au-delà de la fin... Cette idée pourrait effectivement nous inspirer.
C'est ça : aller par anticipation au bout d’un processus (le GR, par ex.), pour voir ce qui se passe au-delà.
Retour au message de Cassandre ("tout cela peut paraître un peu trop simpliste aux esprits supérieurs").

J'ai retrouvé ceci : à savoir que le "savant" a besoin, selon Nietzsche, d’être déniaisé (il emploie le mot français dans une note de 1881) par un peu plus de philosophie, autrement dit de lucidité sur le caractère très étriqué de sa recherche de plus en plus "pointue" dans sa propre spécialité.
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