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Les deux récits

Envoyé par Renaud Camus 
21 mai 2018, 10:39   Les deux récits
Deux grands récits s’affrontent, 98% à 2%.

D’après le premier, le discours régnant — c’est-à-dire celui que promeut le pouvoir remplaciste et qu’il autorise seul —, de pitoyables réfugiés de la guerre et de la misère se précipitent vers un monde épargné, qui se montre à leur égard très insuffisamment secourable et accueillant.

D’après le second — le discours interdit, étouffé, traîné dans la boue —, ce monde prétendument épargné est proclamé à la face de la Terre, plus ou moins subtilement, comme étant disponible pour tous ceux qui veulent améliorer leur sort, et il leur est livré, comme sont livrés les peuples qui l’occupent ou l’occupaient, dont l’existence même est niée.
21 mai 2018, 11:43   Re : Les deux récits
Que dire de plus?
Le furoncle qu'est devenue la France ne peut pas monter jusqu'au ciel. Quel coup d'épingle le fera exploser à la face des remplacistes? c'est la question que de nombreux Français se posent probablement.
Tout ce pus...
21 mai 2018, 11:43   Re : Les deux récits
Pour rester peinard et ne pas se faire emmerder j'imagine qu'il est hautement recommandé d'adopter le discours à 98% - non ?
22 mai 2018, 10:38   Re : Les deux récits
Les deux récits sont deux réalités rivales, entre lesquelles vous pouvez choisir. L’une est fausse (le faussel). L’autre est réeelle (le réel). Dans l'une de malheureux réfugiés s’échappant de l’enfer. Dans l’autre un enfer en construction, le GR, génocide par substitution.
22 mai 2018, 10:39   Re : Les deux récits
Le choix d'une narration est le choix historique de notre temps.
22 mai 2018, 11:03   Re : Les deux récits
Voilà. C’est exactement mon sentiment. La politique est un choix de récit.
22 mai 2018, 11:27   Re : Les deux récits
Le choix d'une narration est le choix historique de notre temps.

La politique est un choix de récit
.


Je garde ça pour plus tard. Narration, récit... comme une invitation à lire ou à relire P. Ricœur.
22 mai 2018, 11:52   Re : Les deux récits
Une des caractéristiques de ces attitudes qui s'affrontent est qu'elle sont le plus souvent narratives, précisément, non pas appuyées sur, illustrées par des anecdotes mais n'existant que par elles. À l'histoire du petit garçon noyé et retrouvé gisant sur une plage s'oppose celle de la jeune femme violée et assassinée dans le RER, par exemple. Et si l'on reste dans le discours narratif on reste aussi, forcément, dans le discours sentimental et compassionnel — un terrain sur lequel nous ne pouvons pas gagner car il y aura toujours un Alain Eytan pour vous dire que quand quelqu'un se noie on ne réfléchit pas, on lui tend la main, ce à quoi on ne peut rien rétorquer sauf à dire que sauver quelqu'un de la noyade ne devrait pas empêcher de le reconduire de là où il vient ensuite ; mais pour cela il faut dépasser l'immédiat de l'anecdotique compassionnel.
22 mai 2018, 11:56   Re : Les deux récits
Quelques situations "délicates" cependant : celles où recourir au discours à 98% peut s'avérer vital pour vouzémoi ; des situations où vous n'avez pas d'autre choix que de faire taire en vous le discours à 2%, de pratiquer une façon de "taquiya".
22 mai 2018, 12:15   Re : Les deux récits
Citation

Et si l'on reste dans le discours narratif on reste aussi, forcément, dans le discours sentimental et compassionnel
Voilà ce que cherchais. Merci.
22 mai 2018, 13:30   Re : Les deux récits
À la TV Macron nous parle de "reconfigurer les quartiers", d'un "plan de bataille contre les inégalités", "contre les trafics" (on aurait perdu la bataille...), de "mieux répartir les primo-arrivants" (permettra de "repeupler nos villages"), "on doit tous s'y mettre pour relever ce défi", "cette fois il faut une vraie volonté d'aboutir", non au "déterminisme social", l"'état aidera", "l'état soutiendra", "police de proximité", "testing anti-discriminations", "main dans la main avec les acteurs de terrain", "avec les associations"... Bon là j'arrête, j'ai ma dose, chuis lessivé. Assez de récit à 98% pour aujourd'hui.
22 mai 2018, 15:32   Re : Les deux récits
Renaud Camus
@RenaudCamus
Pour quarante-huit milliards d’€ l’entreprise Borloo proposait de repeindre entièrement le Faussel. Mais le gouvernement aurait trouvé une société russe, fondée au XVIIIe siècle, Potemkinenko*, qui propose de faire le travail pour moitié.
* Attention, allusion historique
22 mai 2018, 15:39   Re : Les deux récits
Inclus dans le récit à 98% :
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22 mai 2018, 17:05   Re : Les deux récits
Il existe probablement une sorte de troisième récit, d'après lequel ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose que ce monde, à terme, change, se modifie ou évolue (du moins n'en sait-on rien), au gré des circonstances, lesquelles dépassent en définitive la capacité d'action des narrateurs et n'est fondamentalement pas de leur ressort : une façon de fatalisme mâtiné de la prééminence accordée à certains choix moraux ou "axiologiques" particuliers qui l'emportent notamment sur la valeur attribuée à l'idée de nation ou de peuple à préserver à tout prix.
En somme, on pourrait dire que la valeur de l'"âme collective" s'est à ce point dépréciée et est devenue si caduque qu'elle ne vaut plus la peine qu'on lui sacrifie ce qui reste encore de l'âme individuelle et des seules prérogatives de décision dont elle veut se parer, face à un cours des choses, une Fortune qui lui échappent : adhérer activement à ce qui advient par le sentiment moral individuel.

C'est aussi une façon de dire : Oui ! au tout de la vie sans céder à l'immoralisme, ce qui eût sidéré Nietzsche lui-même.
22 mai 2018, 17:59   Re : Les deux récits
Alain,

Le problème, pour nos âmes individuelles, c'est que l'âme collective de nos futurs remplaçants est en pleine forme, elle. On peut même dire qu'elle pète le feu !
22 mai 2018, 18:32   Re : Les deux récits
Évidemment ! On pourrait à l'extrême rigueur comprendre qu'au nom du caractère supposément inévitable et même nécessaire de l'unification de l'humanité on se résignât à la mondialisation, nonobstant l'aspect proprement repoussant de l'universalisme gafa-Macdo-Disney-Coca, son infantilisme, son mauvais goût atroce, son côté bulldozer, se résigner, donc à la disparition de toutes les tribus, peuplades, races, nations, etc. et de leurs civilisations (vraiment, c'est ça que vous voulez ?) — sauf que bien entendu, ça ne peut pas fonctionner et on le voit très bien, déjà, ne pas fonctionner. Babel c'est la guerre, le terrorisme, la criminalité, les mafias et les espaces pour riches protégés par les barbelés et les polices privées. Croyez-vous réellement, cher Alain Eytan, que les Palestiniens qui essaient de se ruer chez vous le voudraient dans l'idée de se fondre dans ça ? Non, et même s'ils adorent le coca, les téléphones portables et les Macdos, ce sont d'abord des musulmans qui veulent instaurer l'Islam ; et pour beaucoup d'autres, c'est pareil.

On nous demande de sacrifier la diversité humaine (la vraie) en nous promettant la paix universelle : nous aurons le bulldozer égalisateur et la guerre de tous contre tous.
22 mai 2018, 18:37   Re : Les deux récits
Sacrifions-nous les premiers !, montrons le chemin, les autres suivront... On a bien le droit de rêver.
22 mai 2018, 18:39   Re : Les deux récits
On nous demande de sacrifier la diversité humaine (la vraie) en nous promettant la paix universelle : nous aurons le bulldozer égalisateur et la guerre de tous contre tous.

Tout ça est très localement vrai. Le seul problème, c'est que le maitre d’œuvre vit sur une île appelée 'Amérique du Nord', qu'il a des ressources considérables, qu'en Idaho, il y a 2 habitants au km2 et que ce maitre a pour philosophie, mettre du désordre chez les autres et de l'ordre chez soi.
Alors, non mais oui. Tout cela est vrai, mais seulement localement vrai.
Quant à Israël, Israël se sert des États-Unis et les États-Unis se servent d’Israël.
24 mai 2018, 16:55   Re : Les deux récits
Chers amis, essayer d'exposer ce que serait un autre "récit" n'implique pas forcément que, ce faisant, on estime que ce soit le bon, le meilleur, le plus réaliste et, à terme, le plus viable : c'est décrire une autre façon de s'accommoder du réel (ou de l'accommoder) et de tenter de tirer son épingle du jeu, dans le bain idéologique qui semble bien être prédominant : l'érosion incontestable du sentiment même de cohésion nationale et la perte de sens de ce que pourrait être un Volksgeist, cela dans des sociétés de plus en plus individualistes et consuméristes où les définitions du bonheur et de l’accomplissement ne sont pratiquement plus que personnelles, et où les conditions de vie sont encore plus que satisfaisantes, en général, me semble-t-il.
J'ai du reste l'impression qu'une grande partie du "peuple", de ce qu'est devenu aujourd'hui le peuple, des teufeurs tout réjouis à la ménagère vlogueuse épanouie, serait absolument stupéfaite d'apprendre qu'un certain Renaud Camus s'offusque à ce point du sort qui lui est dorénavant imparti, et regarderait même alentour pour s’assurer de qui il s'agit (enfin, ce n'est qu'une impression, car d'ici...).

(Cher Marcel, les Palestiniens sont déjà dans la place, en Israël, y compris les Gazaouis, quotidiennement : en plus de l'intrication géographique des populations et de la présence des Arabes israéliens en deçà de la ligne verte, plus de 200,000 travailleurs palestiniens "se ruent chez nous", chaque jour, et y restent des premières lueurs de l'aube à la tombée de la nuit.)
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