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Après la mise en abyme, le chiasme !

Envoyé par Roger Simka 
Après la mise en abyme, le chiasme !

Trois extraits du deuxième discours de Lunel, du samedi 1er septembre 2018 (« Pas de Médine au Bataclan ») de Renaud Camus.

— « Et ils se risquent encore au rapprochement, quelquefois, au prix d’un exercice de voltige de plus en plus difficile à effectuer, un double retournement en x, ce que le répertoire des figures de style appelle un chiasme. »

— « Ce chiasme fameux, ce double retournement en x. »

— « Mais le faussel se craquèle de toute part, les gens commencent à avoir des doutes. Quant au fameux chiasme que j’évoquais »...

Je dis qu'il faudrait arrêter avec la mise en abyme et le chiasme.
Arrêter aussi avec le faussel, ce faussel qui fait penser à faux sel et à faux-saunier (ou faux-saulnier) et pas à fausse réalité. Néologisme obscur, mal né, affété.

Parler simple et pour tout le monde sauf quand, rarement, s'impose l'utilisation d'un mot rare.

(Roger Simka, service de remigration des coquilles et autres nocences de l'écrit francophone.)

Croisé ce matin Karim Ouchikh dans une voiture à pédales, qui me dit : « Rejoignez le SIEL ! — Pas de si tôt, cher monsieur, j'ai encore au moins trente ans à vivre. »


06 septembre 2018, 17:57   Fausseté du tintamarre
Ce à quoi les choses font penser est déterminé de façon imprévisible, élusive et bien souvent singulière, Monsieur Simka : si le "faussel" vous évoque le faux sel, ou le faux-saunier (alors là !), c'est pour ma part la terminaison homophonique qui commande surtout le sens affleurant : ainsi, je pense d'abord à "vaisselle", "crécelle", et rien ne convient mieux à la fausseté du tintamarre et à l'amorphie discursive sur quoi on veut attirer l'attention avec ce néologisme que les images que se forme l'esprit en pensant à de l'eau de vaisselle et à des voix de crécelle ; de ce point de vue ce me semble on ne peut mieux trouvé.

Quant à votre "parler simple et pour tout le monde", je vous en prie : on ne peut exiger cela d'un écrivain, même quand il s'essaye à slummer politique : aucunes règles strictement conventionnelles ne pourront jamais emboîter le pas à l'indépendance des mouvements de l'esprit dont se prévaut l'écrivain, et à certaines guises syntaxiques et stylistiques qu'il s'autorise pour les exprimer — encore moins les mettre au pas : les bonheurs d'expression ne peuvent jamais se justifier absolument, ce doit être d'ailleurs la raison pour laquelle ils peuvent être si heureux : ça passe ou ça casse, et si ça passe, cela résonne infiniment plus que ce dont peut rendre compte la règle.

Au demeurant, je la trouve très bien, moi, la "mise en abyme" : l'"y" creuse opportunément l’abîme où l'on veut mettre la chose (un peu comme l'"y" de Eytan fait insensiblement sombrer l'étant dans le caractère insondable de l'être (oh bon))...
Cher Alain, ce que vous écrivez là me semble très juste et bien joliment exprimé.
Alerte rouge à la coquille.

Je remarque que de nombreuses coquilles émaillent (comme on dit pour faire élégant) la transcription sur une page Facebook appartenant à Renaud Camus du deuxième discours de Lunel.

Je n'en aurais rien dit s'il n'y avait pas ce problème supplémentaire dont je viens de m'apercevoir : cette transcription est reprise par au moins deux sites, qui ont fait des rectifications partielles, heureuses ou non. Ainsi sur Minurne, le « dey d’Alger » est devenu le « bey d’Alger ».

Voici une liste partielle des coquilles ou des erreurs à rectifier dans une publication future.

— une batailles ==> une bataille

— Il y aussi que ==> Il y a aussi que

— nous de descendons pas ==> nous ne descendons pas

— les masques patenôtres ==> [Incompréhensible. Ses masques paternes ? Ses masques et ses patenôtres ?]

— Faurrisson ==> Faurisson

— Mister M. pour présider aux commémorations de Verdun ==> Black M pour...

— le gouvernement de s’en émeut pas ==> ... ne s’en émeut pas

— Mister M., enfant chéri du ministère de la Déculturation ==> Black M, enfant chéri...

— les palinodeurs ne peuvent plus palinoder ==> [Mieux : les palinodieurs ne peuvent plus palinodier]

— accueillis à bras ouvert ==> ... à bras ouverts

— Qu’ils ne se cherchent d’excuses ==> Qu’ils ne se cherchent pas d’excuses

Etc.

(Roger Simka, service de remigration des coquilles et autres nocences de l'écrit francophone.)

Sur mon électrophone gyroscopique j'écoute actuellement C'est un air de Léo Ferré (1966) :
« J' te dis salope, tu m' dis ta gueule,
Les voisins peuvent penser c' qu'ils veulent,
Mais y a une chose qu'ils savent, m'amie,
C'est qu'on n'est pas d' l'Académie. »

Merci, cher Daniel !
Ah tiens, il y a un peu d'écho...
07 septembre 2018, 22:59   Night and Day
Et à part ça, cher Simka, vous êtes très Ferré, il semble ?

Ça tape ça tape ça tape
Ça crie ça crie ça crie
Ça tape ça crie ça gueule
Et puis ça rotative
...

Allons, du nerf, Messieurs...
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