Le site du parti de l'In-nocence

Gilets jaunes

Envoyé par Didier Goux 
01 décembre 2018, 19:15   Gilets jaunes
Et même pas un petit communiqué à leur sujet ? Ça manque, je trouve…
01 décembre 2018, 22:57   Re : Gilets jaunes
En effet. Mais comme le site privé, où les communiqués doivent être discutés, est toujours bloqué depuis le sabotage, il n'y en a pas. On se contentera peut-être de ceci, que l'on trouve ici :

CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE EUROPÉENNE
Le pacte de Marrakech
COMMUNIQUÉ N° 63
MARDI 20 NOVEMBRE 2018

Le 10 décembre prochain doit être signé à Marrakech, sauf révolte des peuples d’ici là, et pour célébrer le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, le “Pacte Mondial pour les migrations”. Il représenterait, s’il aboutissait, la consécration politique universelle du remplacisme global, l’officialisation des changements de peuple, la voie ouverte à la réduction de l’humanité à une unique Matière Humaine Indifférenciée (MHI). Ce serait le triomphe planétaire de la davocratie, gestion directe du parc humain par Davos et par la finance hors sol. On verrait par lui l’idéologie des droits de l’homme trouver son couronnement sinistre — grâce à l’alliance de l’antiracisme génocidaire et de l’hyperclasse — dans le droit universel, pour tous les individus et tous les peuples, à la nation de leur choix : c’est-à-dire dans la destruction des nations, des cultures, des civilisations et de la civilisation même, broyées toutes sous les grandes invasions organisées, pour l’avènement planétaire de l’homme remplaçable, désoriginé, déculturé, vacant, hébété, à la fois produit, producteur et consommateur.

En France, dans le même temps, et tandis que s’apprête cette monstruosité, lesdits “Gilets jaunes” se battent contre l’augmentation du prix des carburants mais, plus généralement, contre un système qui les écrase et les réduit à la misère, à l’anonymat, à la prolétarisation, à l’interchangeabilité déshumanisée. Que ne se rendent-ils compte que c’est le même système exactement, le remplacisme global — dont Emmanuel Macron est le plus parfait représentant dans le monde —, qui les concasse et qui mélange l’humanité entière, au seul profit du profit et du management post-humain de masses taylorisées, normalisées, standardisées, échangeables à merci au sein du bidonville global ? Leur combat prendrait plus de sens, et on le soutiendrait avec plus d’ardeur, s’ils assumaient son caractère global, lui aussi, de lutte contre l’homme remplaçable, contre les subrogations ethniques, contre le Grand Remplacement, contre le génocide par substitution, contre l’immigration de masse, contre tout ce que représentent d’un même élan Emmanuel Macron et Marrakech.
04 décembre 2018, 08:55   Re : Gilets jaunes
Peut-être qu’ils sentent qu’il faut « y penser tout le temps, n’en parler jamais «. Le sujet sent trop le soufre pour faire consensus et après tout pourquoi la taqhia leur serait-elle interdite ?
04 décembre 2018, 11:27   Re : Gilets jaunes
Il me semble que ce mouvement des gilets jaunes appelle trois réflexions : la première est qu'il rend définitivement caduque la ritournelle de la misère sociale pour expliquer le ''malaise'' des banlieues, leurs émeutes ainsi que leurs djihadistes, puisque à aucun moment elles ne se sont solidarisées avec un mouvement dont la motivation principale était pourtant, précisément, la misère sociale, et que le mouvement, de son côté, n'a à aucun moment appelé les banlieues à se solidariser avec lui comme il est classique dans ce genre de révolte qui a pour habitude de faire feu de tous bois. La deuxième est que, ainsi, s'est faite la démonstration éclatante qu'il existe bel et bien deux peuples dans ce pays , celui des banlieues et le peuple de France, qui ne veulent ni ne peuvent se voir et que le ''vivrensemble n'est définitivement qu'un leurre. La troisième est que malheureusement, je crains que ce mouvement risque fort de n'être que l'ultime soubresaut de la ''vraie ''France. En effet, forts de l'impunité dont ils bénéficient déjà depuis des années, ayant expérimenté durant les émeutes de l'Etoile le fait que des centaines, voire des milliers de policiers, étaient incapables de les empêcher de nuire sur une toute petite portion du territoire, la racaille des banlieues et autres casseurs savent à présent avec certitude que la France est désormais une proie qu'ils pourront razzier à volonté et gageons que, encouragés par l'ultra gauche, ils vont s'empresser d'agir dans ce sens et que rien ne pourra les endiguer.
04 décembre 2018, 13:09   Re : Gilets jaunes
Inimitable, unique et précieuse Cassandre. Mais c'est bien sûr. Les gilets jaunes qui souffrent, qui ont été méprisés, bafoués, pressés, essorés — est-il encore possible que l'on m'accorde le bénéfice de la sincérité ?— auront été le Cheval de Troie de nos remplaçants, les derniers idiots utiles du fascisme vert. Les malheureux !
04 décembre 2018, 14:33   Re : Gilets jaunes
En tout cas, preuve est faite que le peuple de France a aussi sa racaille, et qu'il n'a de leçons à recevoir de personne pour ce qui est de casser et vandaliser à tout-va pour clamer son bon droit, rouler à plus de 80 km/h et avoir un peu plus de pouvoir d'achat.
Comme quoi, la misère sociale est toujours l'argument-massue à faire valoir quand on roule en voiture, possède des super smartphones, s'organise en bandes de festifs Jacques via les réseaux sociaux et mange à sa faim.
Ah le bon peuple...
04 décembre 2018, 19:02   Re : Gilets jaunes
Très bien. On attendra donc que les Français ne mangent plus à leur faim et en reviennent aux conditions de vie de leurs ancêtres en 1789 pour estimer leur révolte légitime.
05 décembre 2018, 10:19   Re : Gilets jaunes
"En tout cas, preuve est faite que le peuple de France a aussi sa racaille, et qu'il n'a de leçons à recevoir de personne pour ce qui est de casser et vandaliser à tout-va pour clamer son bon droit, rouler à plus de 80 km/h et avoir un peu plus de pouvoir d'achat."


Oui, oui. Et, bien sûr, c'est l'ultra droite qui est aux manettes du mouvement...
05 décembre 2018, 10:23   Re : Gilets jaunes
Ce texte vibrant, provocateur, qui prend à contre-pied la répugnante hypocrisie ''bobo'' du ''vous n'aurez pas ma haine''.


« Oh mon cher compagnon d'Odyssée...

Depuis toutes ces années, je ne t'ai pas habitué à manifester la moindre joie, ni le moindre espoir. Pourtant, il y a aujourd'hui une bonne raison d'espérer.

La HAINE est là, enfin.

La haine victorieuse de toutes les peurs, de tous les mécanismes intériorisés d'inhibition, de retenue, triomphant des fausses pudeurs, des brides morales dégueulasses que la technocratie mondialisée a mises au collet des peuples. La haine toujours jeune, palingénésique, celle qui ne sait plus que l'urgence de la survie, la pression du besoin, la destruction de ce qui la menace. Longtemps j'ai écrit que pour nous en sortir, il fallait vouloir ce que la civilisation dégénérée nous avait habitué à détester, la violence - et que vouloir le pire constituait le seul moyen de nous sauver d'une horreur pire que le pire : l'anéantissement pur et simple du fait de la submersion africaine et de la persécution identitaire. Désormais, parce qu'il est trop tard, il n'y a plus rien à vouloir, c'est ainsi et c'est très bien. La haine est là, dans l'évidence nue de son expression, qui agrège jeunes et anciens, hommes et femmes, qui élucide d'un coup d'un seul toutes les humiliations, tous les crimes que nous avons dû subir. La haine est sensible partout en France : elle signe pathétiquement la défiance du peuple autochtone, blanc, pauvre, contre les saigneurs techno-oligarques et les parasites allogènes. L'histoire de ce peuple est triste et sale, mais c'est son histoire. Il ne se sera pas rebellé quand on violait ses filles, quand on butait ses gosses à coups de camions, quand on déféquait sur ses monuments aux morts, quand on falsifiait son passé, quand les institutions censées défendre son territoire en organisaient l'invasion, quand on égorgeait ses prêtres, quand on niait sa souffrance. Non, il se sera rebellé quand l'essence aura augmenté. C'est une goutte de pétrole en moins qui l'aura fait débordé... Vérité incompressible du besoin matériel : la voiture n'avance plus, c'est la bande d'arrêt d'urgence, et le gilet fluo sur le dos, qu'on va demander des comptes au fils de hyène qui a construit l'autoroute et saboté le moteur.

Quel choix reste-t-il au gouvernement ?

S'il lâche du lest sur telle ou telle mesure, cela ne changera rien. Il n'a pas affaire à un mouvement de protestation, mais à une crise de régime : c'est son fondement qui est attaqué et son hypocrisie qui est dénoncée. Sous le nom de République, ce qui s'est mis en place en quelques décennies, c'est la soumission du peuple français à des intérêts financiers internationaux, des revendications marginales de communautés influentes, et l'inféodation à des besoins primaires africains. Par le haut, comme le bas, le peuple historique s'est vu dépossédé de tous ses pouvoirs : il a été persécuté systématiquement, dans sa chair, comme dans son moral. C'est ce système de prédation technocratique et racailleuse qui est inquiété aujourd'hui dans son principe. Reculer, pour le gouvernement, c'est avouer son imposture. C'est dire qu'il a menti et que le bien qu'il cherchait prétendument pour tous n'était que le cache misère d'un bon plaisir pour certains.

A contrario, si le gouvernement se raidit, ce qui me semble plus probable, mais je n'en sais rien, il sera contraint de réprimer violemment ceux qu'il accusera de subvertir un message légitime etc. Il distinguera gilet jaune modéré et gilet jaune radicalisé pas gentil - gilet jaune canal historique et gilet jaune fanatisé par internet faisant le jeu du FN etc. Il devra tirer sur des gens, les exécutera en donnant des primes spéciales aux flics, fera valoir des mesures judiciaires d'exception (ce qu'il est déjà en train de faire d'ailleurs)... On va rigoler encore un peu en observant les dernières réserves de rhétorique épuisée de cette caste imbécile et malfaisante. Mais la vérité est toute autre : les Gilets Jaunes cautionnent majoritairement les violences et les actes insurrectionnels de toute nature - ils les laissent faire, de facto, et ils ont d'ailleurs bien raison, puisque c'est l'unique manière d'intimider une structure technocratique qui ne veut que leur perte. Par conséquent, si le gouvernement blesse ou bien tue (en aura-t-il les moyens matériels d'ailleurs ?), il amplifiera la haine, il fera croître le sentiment d'injustice, il avivera la rancoeur.
Je pense donc, compagnon, qu'ils sont FOUTUS.

S'ils rétrocèdent, ils avouent leur malfaisance - et s'ils avancent, ils la reconduisent.

:-)

Dans tous les cas, il est l'heure des comptes pour les ordures.

L'heure d'expliquer à Jean-Michel Vains-Leurres-De-La-République que la seule transition écologique qui vaille, c'est celle qui permettra au peuple français de retrouver son unité ethnique, sociale, symbolique et économique. L'heure d'expliquer à Trogneux-Premier que ce n'est pas impunément que l'on abat tous ses adversaires directs, ceux que l'on a en face de soi, comme il l'a fait, en stratège malhabile, lors de l'élection présidentielle. En effet, à ne pas s'être ménagé une adversité, ne serait-ce que de façade, sur le terrain des partis et des institutions, à avoir cannibalisé le champ politique traditionnel, elle a rendu inévitable, cette petite merde arrogante, que l'opposition se déplace d'un cran, et que l'adversité vienne d'en bas. En annulant le conflit droite / gauche, Macron a précipité la guerre de bas en haut. Celle qu'aucun sommet ne peut jamais gagner... Une victoire parfaite doit ménager une place au vaincu. Trogneux Premier risque de payer pour tous les autres parce que contrairement à ses prédécesseurs, il n'aura pas su maintenir l'illusion d'une opposition partisane. Grave erreur. Là, il est sidéré dans son bunker, avec ses clones gouvernementaux et ses députés décérébrés à QI négatif. Ils ne comprennent pas ce qu'il se passe, parce qu'ils ignorent que les peuples ont un esprit invariable, que la France est un pays régicide. Il ne se réveille vraiment que pour l'heure du bain de sang et de la colère injuste. Cette injustice, ils vont la prendre en pleine face. Macron, ce valet tout juste bon à animer un stage pour commercial d'entreprise d'aspirateurs, va bientôt se rendre compte qu'il n'est pas taillé pour l'Histoire. Que c'est elle qui choisit les visages dont elle a besoin, les hommes qui méritent de porter haut son sens, d'élucider ses contradictions.

Je pense que quelles que soient les réactions gouvernementales et à supposer même que le mouvement des gilets jaunes s'essouffle ou soit correctement réprimé, la défiance elle, dans six mois, dans un an, dans deux ans, dans trois ans, reviendra, toujours plus violente. La pulvérisation de ce régime est prévisible. Le remède à son horreur sera très certainement horrible, et les mesures de rétorsion internationales qui suivraient un renversement risquent de précipiter des événements dont l'intensité dramatique fera passer le Bataclan pour un apéritif insipide. D'ailleurs, même victorieux, le peuple français sera pour toujours transformé. Mais c'est mieux ainsi. C'est mieux que de crever la bouche ouverte en attendant que ses dernières gouttes de sang soient pompées par ce système inique et que la maison soit entièrement squattée par des blédards analphabètes. C'est mieux que de lever un crayon en l'air en ânonnant je suis Charlie. Mieux que d'accepter de voir tous ses revenus taxés pour engraisser des colonisateurs. Mieux que de supporter de voir tous les symboles qui ont fait la grandeur de notre peuple subvertis à des fins contingentes, au caprice de minorités déviantes.


* * *


Depuis quarante ans, les hommes lucides l'annonçaient en le redoutant, il savaient que chaque minute passée complaisamment dans cette situation ne faisait que différer l'heure du chaos.
Nous y sommes, la haine est fluorescente. Aussi vulgaire qu'un néon de centre commercial dans la nuit électrique.
Visible de partout - bête et méchante, elle a la couleur de la bile jaune d'Hippocrate...
Celle qui fait le tempérament colérique.
Celle qui, par sa sèche brûlure, entraîne la violence aveugle. »

Ulysse Lorn
05 décembre 2018, 15:55   Vivement le Grand Bataclan
» Et, bien sûr, c'est l'ultra droite qui est aux manettes du mouvement...

J’ai pour ma part trouvé assez comique le fait que les "porte-parole" du mouvement, du moins ceux que j'ai pu entendre s’exprimer dans les médias, semblaient aussi dépassés par les événements que les représentants du pouvoir qu'ils avaient en face d'eux, et absolument incapables d'exprimer des revendications clairement formulées et même consensuelles parmi eux, hormis les quelques doléances viscérales de rigueur, "plus de pouvoir d'achat" et "abaissement des taxes"...
Peut-être n'y a-t-il personne aux manettes, et même pas de manettes du tout ; certains phénomènes de mécontentement "populaire" peuvent, si par hasard ils prennent de l'ampleur, revêtir la forme de systèmes chaotiques à évolution imprévisible ; et tout cela former un terreau idéal pour le ravissement des petits profiteurs de service, tel cet excité atrabilaire qui se frotte les mains de plaisir en exhortant à la haine palingénésique, à la violence et au chaos, dansant déjà par anticipation sur les ruines fumantes de son pays en annonçant prophétiquement le Grand Bataclan.
05 décembre 2018, 17:10   Re : Vivement le Grand Bataclan
Je crois bien, mon cher Alain, que là, vous passez radicalement à côté.
05 décembre 2018, 18:12   Re : Vivement le Grand Bataclan
C'est bien possible, cher Marcel, mais d'une part ce "mouvement" me paraît être si confus et hétéroclite qu'on ne peut que passer à côté, pour être dans le juste ; d'autre part, c'est plus fort que moi, j'ai une sainte horreur des foules, capables de n'importe quoi et du pire, une trouille bleue même, dès que je sens s'agréger autour de moi une petite assemblée de plus de cinq personnes, je me carapate aussitôt sans demander mon reste, étant absolument persuadé que même les joies collectives ne peuvent que puer : c'est dire le sentiment que peut m'inspirer tout ce qui ressemble à de la vindicte dite populaire.
Enfin, quelqu'un qui appelle de ses vœux les plus grandes catastrophes pour ses compatriotes, qui très vraisemblablement n'en demandent pas tant pour la plupart d'entre eux, pour conjurer de plus petits maux, m'inspire instinctivement une méfiance absolue...
05 décembre 2018, 18:20   Re : Vivement le Grand Bataclan
Dans ce cas, mieux aurait valu se taire dirais-je si vous vouliez bien me pardonner cette impertinence, et se contenter d'observer avec un peu plus d'acuité, comme Lafourcade par exemple :

La France qui cogne

(Pages tombées de mon journal)

Samedi 24 nov.

Ils n’entendaient pas se laisser parquer sur le Champ-de-Mars, comme la préfecture l’avait ordonné. « Ils nous dictent déjà notre vie, et ils voudraient nous dicter comment on doit se mécontenter ? » Très tôt, les Champs et les rues du VIIIe, avec leurs grands bijoutiers, leur tourisme de luxe et leurs niaiseries illuminées, ont été noyés par les Gilets-Jaunes. « Ils sont des milliers ! » a crié Ruth Elkrief – et rien que pour entendre ça, ça valait le coup.

Vers dix heures, les policiers ont essayé de disperser les petits groupes non violents à coups de grenades lacrymogènes. Les manifestants ont fait mine de se disperser, puis sont revenus. Les CRS ont fait donner les grenades assourdissantes, les gaz lacrymogènes et les fumigènes. On se disperse encore, on revient. Puis, c’est le canon à eau. Devant le geyser, un homme seul, torse nu, avance en hurlant aux CRS : « Vous êtes tous des traîtres ! »

À la télévision, des « experts » parlent d’« ultra-droite ». Une banderole leur répond : « Macron nous parle de la fin du monde, nous, on lui parle de la fin du mois ! » Le pauvre Castaner accuse Marine Le Pen. « On n’a pas besoin des partis politiques pour savoir ce qu’on a à faire. Il suffit de regarder notre compte bancaire et on sait ce qui nous reste le 15 du mois ! »

Plus tard, des Gilets-Jaunes prêts à cogner se piètent devant le cordon de sécurité protégeant le lointain palais présidentiel. Pendant ce temps, d’autres refluent vers la place de l’Etoile. Très vite, des barricades sont dressées. On met le feu à un amoncellement de planches, de barrières, de poubelles. Les CRS s’approchent, dispersent la foule à coups de grenades et de gaz, éteignent le feu, reculent. On dépave les rues, on incendie des poubelles, on vide les chantiers pour dresser des barricades. Des abribus volent en éclats. Une remorque explose, de lourdes flammes orange enrubannées de fumées noires montent vers le ciel gris.

On interroge des smicards et des retraités qui parlent de hausse des carburants et des impôts, des jouets que l’on ne pourra pas acheter à Noël. « L’ultra-droite ! » continue Ruth Elkrief, au bord des larmes. D’épaisses fumées noires s’échappent d’un chantier. « Macron démission ! » Les CRS chargent. Ça riposte avec des mortiers d’artifice. Les CRS reculent, puis chargent encore. On agite des drapeaux français. On entend La Marseillaise. L’avenue vibre sous les détonations. « Le chaos est à son comble », dit Laurence Ferrari. On entend : « Il a la main arrachée ! Il a la main arrachée ! » Tout peut arriver, et d’abord la mort.

Ça commence à casser. Au milieu de l’après-midi, des antifas et des Black Bloc apparaissent : ils couchent des panneaux de signalisation, saccagent une brasserie. Puis, avec la tombée de la nuit, ce sont les prédateurs – et les pillages commencent : on casse des vitrines, on saccage, on vole – il est difficile de savoir combien d’authentiques Gilets-Jaunes participent à ces razzias. Rue François-Ier, la boutique Givenchy est vandalisée. Les touristes qui ne se sont pas encore enfuis, se terrent dans les boutiques, tremblants de peur. Ce n’est pas Mozart qu’on assassine, c’est the most beautiful avenue in the world qu’on vandalise.

Et ainsi, jusqu’à la tombée de la nuit. On compte trente-et-un blessés à Paris, dont sept policiers. Les forces de l’ordre ont arrêté quarante-deux Gilets-Jaunes à Paris, cent-trente dans tout le pays. Emmanuel Macron, après avoir remercié les « forces de l’ordre pour leur courage et leur professionnalisme », ajoute :

« Honte à ceux qui les ont agressées. Honte à ceux qui ont violenté d’autres citoyens et des journalistes. Honte à ceux qui ont tenté d’intimider des élus. Pas de place pour ces violences dans la République. »

Et c’est l’homme des travestis en bas résille cambrés comme des putains, l’homme de la photo entre deux petites frappes exotiques, qui vient nous parler de honte ?

Puis, il y a eu ce mot ahurissant, inouï, venu de l’Élysée : « Nous avons reçu le message des citoyens. Il nous invite à aller plus loin. » Pendant ce temps, sur les Champs, les violences se raréfiant, la chaussée apparut, remplie de gravats calcinés, avec, de part et d’autre, les arbres illuminés, brillant comme l’ironie.

Lundi 26 nov.

À force de chercher « l’ultra-droite », on finit par trouver des néo-nazis. La presse et la macronie en ont découvert un : ce n’est pas un skin avec des svastikas tatoués dans le cou mais un retraité à lunettes, coiffé d’une chapka – bon, ça fera l’affaire. Dans une vidéo dont on a coupé le son, on voit notre Gilet-Jaune, débonnaire et rondouillard, passer devant la caméra et tendre spontanément le bras.

« Paris 1940 ? s’indigne aussitôt, sur Twitter, la “rapporteure de la loi contre la manipulation de l’information” [sic ! sic ! sic ! triple sic !], Mlle Naïma Moutchou. Non non, Paris 2018 ! Honte à ceux qui piétinent ainsi la République. Qu’ils sachent que leurs manœuvres n’y changera [sic] rien : nous continuerons à transformer le pays ».

Depuis, on a retrouvé la bande-son de la vidéo.

« Avé, Macron ! » s’exclame, sur un ton de sympathique défi, notre bonasse piétineur de République.

Pour Libération, c’est la poisse : ils avaient trouvé un national-socialiste, ils se retrouvent avec Marcel, d’Ambérieu-en-Bugey, venu dire à Macron qu’il en avait mal au pis de se faire traire. Mais l’intrépide reporter de Libération n’en a pas fini avec Marcel : « Nous nous sommes rendus à une animation autour du langage des signes organisée devant la caféteria du bâtiment Altice où est hébergé Libération. Une membre du service RH du groupe NextRadioTV, Marine [le prénom n’a pas été changé ?] Elisabeth qui sait lire sur les lèvres a bien voulu traduire la vidéo pour nous. Résultat : “on voit bien le ‘ve’ prononcé”, estime-t-elle. Le gilet jaune semble bien dire Ave Macron. Son salut est donc plus vraisemblablement un salut dit romain et non un salut nazi. »

Je ne vois pas bien pourquoi on a fait appel à Marine Elisabeth : ce soir, la deuxième chaîne a montré la vidéo où Marcel, qui m’est de plus en plus sympathique depuis que je le regarde passer et repasser devant la caméra d’un air goguenard, dit très distinctement :

« Avé, Macron ! »

On voit alors le cretinus alpetris de France 2 consulter le Gaffiot :

« Ave : bonjour en latin, accompagné du salut romain… »

Or, et c’est ici que ça devient vraiment drôle : les twitterinautes ont trouvé ça trop facile, comme excuse.

« Il suffit de dire “Ave” pour qu’il n’y ait plus de salut nazi ? » s’écrie l’un d’eux, désespéré.

Quant à Mlle Naïma Moutchou, qui, donc, exerce la difficile profession de “rapporteure de la loi contre la manipulation de l’information”, elle a eu ce mot, qui est un aveu fabuleux :

« Il peut y avoir une part d’erreur. Il faut essayer de limiter toutes ses erreurs au maximum [non, gallinette : au minimum]. Mais si on raisonne comme ça, on finit par ne plus rien dénoncer… »

Samedi 1er décembre

Deuxième journée insurrectionnelle à Paris. Au moins, les Français ne se seront pas laissé traire sans ruer. Toute la journée, sur les Champs et la place de l’Étoile, noyés par les Gilets-Jaunes, on a assisté aux mêmes scènes, plus violentes peut-être, que celles de la semaine dernière. L’avenue a été livrée à la barricade, au feu, et ce fut le même ballet que celui de samedi : des groupes de Gilets-Jaunes avançant, des CRS reculant puis jetant grenades lacrymogènes et fumigènes, des Gilets-Jaunes reculant et avançant encore, jusqu’à charger.

« Ce sont des hordes de pillards ! a crié, affolée, Laurence Ferrari. Et on est au cœur de Paris ! »

Eh oui, Madame, ça s’approche.

Barbier, tout pâle, était prêt à disparaître sous son écharpe.

« La démocratie est en danger, décréta, risiblement grave, le joli Delahousse. Tout ça à cause des réseaux sociaux qui diffusent la haine. »

Hum, un peu faible, Lolo.

Ruth Elkrief, elle, n’a presque rien dit : elle s’est mise aux antidépresseurs. Elle a bien murmuré : « C’est l’ultra-droite », mais le cœur n’y était plus.

Les petites blondes des chaînes d’information continue, celles qui ressemblent toutes à des attachées de presse stagiaires, ont eu beau le répéter dès le début et sur tous les tons, nul n’y a cru, à leur « ultra-droite ». En réalité, il y a trois types d’émeutiers, distincts jusque dans la chronologique des événements : le Gilet-Jaune du matin, trépignant de fureur ; le Black Bloc d’après-midi, cassant des vitrines d’agences bancaires ; et la hyène de la tombée de la nuit, pillant les magasins, incendiant les voitures – accomplissant la vocation prédatrice qui est la sienne. Une scène l’a bien montré : pendant que des Gilets-Jaunes formaient un cercle devant le Mémorial où brûle la Flamme du Soldat inconnu, d’autres allaient graffiter l’Arc de Triomphe, que les chacals iraient bientôt saccager et piller.

« Ils veulent le chaos, a dit le président, depuis le Brésil. Je n’accepterai jamais la violence. »

Mais qui lui demande de l’accepter ? Elle est là, la violence, elle existe, elle s’impose à lui, depuis un an qu’il a commencé, au nom de son amour du genre humain, à acculer les Français à la misère, et au changement de peuple.

On commet une erreur, je trouve, sur le président : on l’accuse d’être méprisant. Ce n’est pas du mépris, c’est de l’incompréhension : il ne comprend pas qu’on ne le comprenne pas.

« Mais enfin ! Vous aurez des voitures propres ! Du diésel propre ! Du Français dégradable et afro-compatible ! »

Il se bat pour le bien de tous les peuples, sans comprendre qu’il fait le malheur du sien, et celui de l’Europe. Il ne comprend pas qu’on ne le comprenne pas, alors il trépigne, comme un petit garçon à qui on résiste :

« Laissez-moi faire votre bonheur ! »

Il ne comprend pas, alors il se braque dans une attitude qui le fait passer pour le brave qu’il ne peut pas être, faute d’épaules, de carrure, de vieillesse, de sagesse et d’expérience. Il ne comprend pas, alors il marche, de ce pas ridiculement lent, supposé lui donner de la majesté, alors que son pied se pose sur une mine.

Cette mine, ce sont les Gilets-Jaunes. Eux, ce n’est pas la Manif pour tous, ce n’est pas la France bien élevée. C’est la France de Leader Price et du gros rouge en cubi, celle qui rame avec ses huit cents euros par mois et qui bouffe des pâtes six fois par semaine. C’est celle qui n’a plus rien à perdre : s’il faut casser, elle cassera. Elle cassera parce qu’il ne lui reste rien d’autre pour dire qu’elle crève, et parce qu’elle n’a pas le luxe d’avoir des états d’âme.

Ce n’est pas la France de l’antifa bourgeois du XVe ni celle du pillard racailleux de Vitry ; c’est celle du prolo qui ne peut pas faire soigner ses dents, celle du licencié, du cocu de la mondialisation, celle qui n’a pas de Master en Ressources Humaines, celle qui ne sait pas à quoi servent ses bras, mais qui a désormais la bave aux lèvres à force d’être accusée de n’être rien.

Oh ! bien sûr, c’est la France qui ne vote pas, la France ni-rouge ni brune, celle qui ne sait rien du Pacte de Marrakech, et ne voit pas plus loin que le bout de sa fiche de paie et de sa facture de gas-oil. Mais c’est la France qui cogne, et qui cognera les cognes s’ils y viennent. Elle, elle s’en fout : elle n’a plus de dents.



Mercredi 5 déc. 201


C'est ici.
05 décembre 2018, 20:19   Les bas-fonds
Oui, tous, une belle bande de crevards, haineux, avec leurs 800 euros par mois (800 euros ?), plus cons et ignares que nature, tout petit peuple comme on le rêve, comme il semblait qu’on n’en faisait plus…
Et tant pis pour les bobos, et ma cousine de l’avenue Kléber, les loups, même édentés, sont entrés dans Paris, et vont probablement aussi se taper les enfants de Passy, qu’ils y viennent…
Enfin, je vous avoue, cher Marcel, que je ne suis pas non plus très convaincu par l’acuité de ce regard soudain si énamouré du prolo déjà lumpen, aussi idéalement français et antimondialiste soit-il…
06 décembre 2018, 12:46   Re : Les bas-fonds
Citation
Alain Eytan
Oui, tous, une belle bande de crevards, haineux, avec leurs 800 euros par mois (800 euros ?), plus cons et ignares que nature, tout petit peuple comme on le rêve, comme il semblait qu’on n’en faisait plus…
Et tant pis pour les bobos, et ma cousine de l’avenue Kléber, les loups, même édentés, sont entrés dans Paris, et vont probablement aussi se taper les enfants de Passy, qu’ils y viennent…
Enfin, je vous avoue, cher Marcel, que je ne suis pas non plus très convaincu par l’acuité de ce regard soudain si énamouré du prolo déjà lumpen, aussi idéalement français et antimondialiste soit-il…

Oui 800€ et parfois bcp bcp moins quand on a payé les frais fixes ( loyer, électricité, ...) et qu’il faut payer le superflu cad manger, les medicaments, les frais de garderie, l’assurance de la bagnole, etc...avec en plus la peur de voir le patron délocalisé l’entreprise et la crainte de finir à la rue.
06 décembre 2018, 14:29   La condition humaine
Mais le smic net n'est-il pas de 1153,82 euros, quand le nombre de smicards parmi la population active tourne aux alentours de 10 pourcents — pourcentage qui était du reste beaucoup plus élevé au milieu des années 2000, par exemple ? Du reste, nombre de témoignages que j'ai pu entendre de la part de gilets jaunes mentionnaient des salaires qui se situaient dans la petite moyenne (1600 - 2000 euros)...
Bien sûr, ils ne roulent pas sur l'or, mais en quoi cette situation est-elle si singulière et inédite, et propre à l'ère macronienne, qu'elle nécessite tout à trac de refaire une révolution en bonne et due forme et changer radicalement l'ordre des choses et même du monde ?

En effet, il y a des pauvres, des déclassés et des laissés-pour-compte, voire des ratés et des loosers congénitaux, et ceux-ci sont généralement peu estimés ou carrément méprisés pour n'être que ce qu'ils sont : mais quelle nouvelle inouïe !
Et le pompon me semble bien être quand certains de ces sacrés intellectuels feignent de découvrir, pour si généreusement s'en éjouir, que cette pauvre humanité entend de temps en temps, comme par à-coups, faire payer cher son indignité, sue littéralement la jalousie et le ressentiment et veut absolument en découdre pour qu'on prenne acte de sa simple existence. Ah mais on aura tout vu...
06 décembre 2018, 15:51   Re : La condition humaine
"Bien sûr, ils ne roulent pas sur l'or, mais en quoi cette situation est-elle si singulière et inédite, et propre à l'ère macronienne, qu'elle nécessite tout à trac de refaire une révolution en bonne et due forme et changer radicalement l'ordre des choses et même du monde ?"

Se poser cette question comme une incroyable énigme, revient un peu à se demander pourquoi diable une chose aussi ordinaire que l'attentat de Sarajevo a déclenché la guerre de 14.

Comment ne percevez-vous pas que cette histoire de fiscalité et même de revenus est un prétexte ou un "élément déclencheur" du rejet de l'ordre des choses, ordre des choses incarné jusqu'à la caricature par Emmanuel Macron ? Mais sans doute objecterez-vous que l'ordre des choses n'est pas si mauvais que ça.

Alors quel nom donnerez-vous à ces événements ? Caprices de faux-pauvres ? Crise d'hystérie nationale ? Accès aigu de bêtise crasse ? Ou fatal égarement périodique de l'espèce humaine ?
06 décembre 2018, 16:00   Re : La condition humaine
Moi, je ne suis pas sûr que la pauvreté soit le vrai déclencheur des GJ. Je crois que ne sachant ou ne pouvant ou n'osant mettre les mots justes sur son malaise le'' populo'', jusqu'à présent se taisait. Depuis des années et des années il se taisait. Il n'en pouvait plus. Il n'en pouvait plus de ce mépris des élites dont il était la victime, mépris que, en ce qui me concerne, je crois avoir ressenti jour après jour dans mes tripes. Et puis lui sont tombées dessus cette histoire de taxes qui a été à la fois l'acharnement de trop sur lui et l'occasion de laisser déborder ce malaise sans l'expliciter. Le plus remarquable, selon moi, c'est qu'un peuple aussi humilié, aussi calomnié, aussi traîné dans la boue que lui , ne se soit pas révolté plus tôt.
06 décembre 2018, 17:28   Re : La condition humaine
D'accord avec Cassandre (c'est d'ailleurs un peu ce que je disais en parlant de"prétexte"). La fameuse "question sociale", le non moins célèbre "problème de l'empoi" et l'indéboulonnable "pouvoir d'achat" sont tout simplement les seuls et uniques thèmes de contestation capables de fédérer des groupes disparates, au même titre que l'universel rejet de Macron. Tant qu'il restera en place, le ciment entre les manifestants tiendra sans doute. Après ?
06 décembre 2018, 18:57   Re : La condition humaine
Citation
Thomas Rothomago
Comment ne percevez-vous pas que cette histoire de fiscalité et même de revenus est un prétexte ou un "élément déclencheur" du rejet de l'ordre des choses, ordre des choses incarné jusqu'à la caricature par Emmanuel Macron ? Mais sans doute objecterez-vous que l'ordre des choses n'est pas si mauvais que ça.

Alors quel nom donnerez-vous à ces événements ? Caprices de faux-pauvres ? Crise d'hystérie nationale ? Accès aigu de bêtise crasse ? Ou fatal égarement périodique de l'espèce humaine ?

A vrai dire, il se peut que sur ce point-là le dénommé Ulysse a vu juste :
« En effet, à ne pas s'être ménagé une adversité, ne serait-ce que de façade, sur le terrain des partis et des institutions, à avoir cannibalisé le champ politique traditionnel, elle a rendu inévitable, cette petite merde arrogante, que l'opposition se déplace d'un cran, et que l'adversité vienne d'en bas. En annulant le conflit droite / gauche, Macron a précipité la guerre de bas en haut. »

A vue de nez, ce serait donc l'expression d'une opposition politique qui ne peut plus s'exercer que sur ce terrain-là, les partis politiques traditionnellement d'opposition apparaissant si affaiblis et nuls ; et sans en rajouter sur le mythe si plaisamment folklorique du petit peuple éternel dorénavant sans ratiches, si atrocement humilié et qui n'a plus rien à perdre...
Et on peut douter si la frange franchement "insurrectionnelle" du mouvement, celle qui rejetterait fondamentalement l'ordre des choses pour le remplacer par on ne sait quoi, est représentative d'une majorité de Français, laquelle pourtant semblait approuver les revendications d'ordre plus étroitement fiscales des manifestants...
08 décembre 2018, 20:55   Re : La condition humaine
Macron serait coupable d'"avoir cannibalisé le champ politique traditionnel".

Ainsi, il est fait grief à Macron d'être parvenu à écarter tous ceux qui... étaient auparavant constamment critiqués pour leur incompétence, leurs compromissions, leur abandon du sentiment national, etc.

S'il l'a emporté, n'est-ce pas grâce au succès de ces critiques et à l'effondrement des autres candidats sur eux-mêmes ?... Fillon parce qu'il était soupçonné de détournement de fonds publics, Hollande parce qu'il n'était même pas en mesure de se présenter devant les militants de son parti, Marine Le Pen parce que son incompétence l'a ridiculisée, Mélanchon parce qu'il était dangereux etc. Quant aux syndicats, ces fameux "corps intermédiaires", ils n'en finissent pas eux aussi de se discréditer moralement. [www.liberation.fr]

Le gouvernement de Macron et sa majorité parlementaire sont composés de marionnettes. Mais, imaginez un instant que le président du parti de l'in-nocence ait emporté la présidentielle : avec qui aurait-il exercé le pouvoir ? Les candidats à la députation qu'il aurait adoubés seraient-ils sortis de l'élection "tout armés", comme Athéna du cerveau de Zeus ?

Macron est critiquable assurément mais certains arguments de ses contempteurs ne sont pas honnêtes.
08 décembre 2018, 22:53   Re : La condition humaine
Pour ma part ce n'était pas un grief, seulement le constat d'une situation pouvant peut-être expliquer, entre autres facteurs, l'émergence et l'ampleur d'une telle opposition populaire, par neutralisation en effet frappante, quelles qu'en soient les causes, d'une opposition plus traditionnellement politique.

Quitte à faire frémir certains du reste, je n'ai jamais trouvé que Macron soit si irrémédiablement nul et incapable, ni d'ailleurs que tous ses ministres ne soient que des marionnettes dépourvus de toute compétence ; cette espèce de manichéisme obligé entre l'abruti totalement méprisable et l'homme politique d'incontestable valeur me semble très improbable, tant l'exercice du pouvoir paraît être devenu ces dernières décennies choses périlleuse et hasardeuse, et l'usure et la friction qu'il implique presque intrinsèquement, et assez rapidement, insupportables : les précédents quinquennats sont également partis en vrille à une vitesse record...
09 décembre 2018, 08:05   Re : Gilets jaunes
L'Empire des Droits de l'Homme exprimant son désir de n'être plus l'Empire Mol, et ce faisant de continuer à Paris l'oeuvre et la geste de son prédécesseur russe à Prague en 1968 :


09 décembre 2018, 14:16   Re : Gilets jaunes
Mise à part peut-être une petite minorité dont je n'ai pas vu la trace, les "gilets jaunes" n'exigent pas la sortie de la France de la zone euro ou de l'union européenne.

Dans leur bon sens, ils ont parfaitement compris la stupidité des prétendus "souverainistes", lesquels d'ailleurs courent après le mouvement sans pouvoir le contrôler.

Les gilets jaunes, comme toutes les personnes sensées du pays, ont tiré les leçons des expériences grecque, britannique et, maintenant, italienne.

Les gilets jaunes ont compris que s'associer aux prétendus "souverainistes" serait la pire ânerie politique possible.

Sans doute le "Rassemblement national" de Marine Le Pen fera-t-il un bon score aux élections européennes, mais ce sera malgré ses positions sur l'euro. De plus, comme personne ne prend au sérieux le rôle du parlement européen, les élections pourront servir de défouloir.

Le drame de ces trente dernières années, c'est qu'aucun parti politique ne se soit battu pour un renforcement de l'Union européenne, contre le "souverainisme nationaliste" et le libéralisme sans-frontiériste.

L'alliance "tactique" avec le premier pour combattre le second était suicidaire.
09 décembre 2018, 15:54   Re : Gilets jaunes
Citation
Didier Goux
Et même pas un petit communiqué à leur sujet ? Ça manque, je trouve…

En réalité, ce qui manque surtout, je trouve, c'est, plus dans l'esprit de l'In-nocence, un communiqué déplorant la hideur de ce gilet en soi, qui contribue incontestablement à l'enlaidissement des campagnes, des sites, des monuments : on dirait des essaims de guêpes s'abattant tout à coup sur le pays, et mauvaises avec ça, revanchardes, parfois dévastatrices...
09 décembre 2018, 16:39   Re : Gilets jaunes
Vous persiflez, Monsieur Eytan, vous persiflez !

Mais je comprends que ces guêpes puissent, à quelques-uns, filer le bourdon.
09 décembre 2018, 22:49   Re : Gilets jaunes
Emmanuel Todd, lucide, sur l'Euro et l'impuissance macronienne, et la nullité des élites françaises :

video: [www.youtube.com]
10 décembre 2018, 08:09   Re : Gilets jaunes
Autant les ouvrages "sociologiques" d'Emmanuel Todd sont sérieux et intéressants, autant ses interventions économiques et politiques sont navrantes : proposer que la France sorte de l'euro pour se protéger...

Le défaut de l'euro c'est d'avoir donné la possibilité à des États mal organisés de s'endetter massivement en profitant de la garantie d'États sérieusement gérés.

Jamais dans l'histoire les dépenses publiques et sociales des États européens n'ont été aussi élevées.

La thèse selon laquelle l'UE conduirait à une "privatisation / paupérisation" des États providence est de la foutaise. J'avais eu l'occasion de le rappeler il y a près de huit ans déjà à Alain Supiot, un cas comparable à Todd, juste avant qu'il n'entre au Collège de France.

If I may : [remipellet.com]

C'est la sortie de l'euro qui aurait pour effet de paupériser l'ensemble des Français dont les actifs ne vaudraient plus que des clopinettes.

Comme l'écrit Jean-Pierre Landau, qui appartient à la catégorie des "élites" critiquées par Todd, "les grands changements structurels (...tiennent) dans l'augmentation massive de l'offre de travail dans le monde et dans le progrès technologique ; tous deux exercent une pression à la baisse de la rémunération du travail non qualifié (et, de plus en plus, du travail qualifié). La réponse politique n'en est que plus compliquée : s'il est relativement aisé de réformer la finance et la gouvernance des entreprises, comment gérer les effets de forces aussi puissantes et globales ? C'est le défi auquel sont confrontées toutes les économies avancées touchées par l'insécurité économique et le populisme".

La suite ici : [www.cairn.info]
10 décembre 2018, 12:14   Re : Gilets jaunes
"les grands changements structurels (...tiennent) dans l'augmentation massive de l'offre de travail dans le monde et dans le progrès technologique ; tous deux exercent une pression à la baisse de la rémunération du travail non qualifié (et, de plus en plus, du travail qualifié)."

Pardonnez-moi, je ne comprends pas ce que signifie cette "augmentation massive de l'offre de travail" ? Doit-on comprendre qu'il y a de plus en plus de travail (à cause du progrès technologique ?) ou de travailleurs (à cause de la démographie ?)
10 décembre 2018, 13:56   Re : Gilets jaunes
Pour l'auteur, l'"augmentation massive de l'offre de travail" n'est pas nationale mais étrangère : elle vient notamment de l'ouverture et du développement (les deux sont liés) de la Chine et des autres pays asiatiques ("les petits dragons"), ainsi que des pays européens libérés du communisme (le fameux "plombier polonais").

L'offre, ce sont les entreprises qui se créent et la main d'oeuvre qui augmente par la croissance démographique et la libération des personnes des carcans traditionnels (par ex. du fait de la mécanisation de l'agriculture, l'émigration des campagnes vers les industries et les villes).
10 décembre 2018, 17:11   Tentative de traduction
Autrement dit :

la démographie augmente dans des régions autrefois cadenassées (Asie, Europe de l’Est) où de plus en plus de monde cherche du travail et comme tout ce monde peut désormais se déplacer librement, on quitte sa cambrousse en direction des zones urbaines où des entreprises se sont créées, entreprises qui, grâce aux technologies, n’ont que faire de cette « offre massive de travail » sinon d’y trouver l'occasion de faire baisser les salaires. C’est cela ?
10 décembre 2018, 17:17   Re : Tentative de traduction
Comment peut-on dire à la fois que : Macron est très limité intellectuellement et ne comprend pas ce qui se passe ; que s'il ne supprime pas illico les taxes il est dans une logique volontaire du maintien du désordre et du chaos, et donc en est responsable ; que Macron, pas plus que quiconque d'ailleurs, n'a plus aucun pouvoir monétaire et fiscal ; que la France est peut-être en train de redevenir la France, avec les gilets jaunes ; que les divers musulmans ont çà et là quelques petit problèmes d’adaptation bien naturels, mais qu'à terme ils deviendront aussi français que vous et moi (comme je l'ai entendu affirmer il n'y a pas si longtemps sur un plateau télé, où il a d’ailleurs, avec la morgue qui le caractérise, qualifié les "histoires de saucisson" de Christine Tasin de "conneries monumentales" et l'a sans façon renvoyée aux cuisines) ?
10 décembre 2018, 18:27   Le tour est joué
« La réponse politique n'en est que plus compliquée : s'il est relativement aisé de réformer la finance et la gouvernance des entreprises, comment gérer les effets de forces aussi puissantes et globales ? »

En trouvant le moyen de dissocier pouvoir d'achat et travail, autrement dit de répartir les richesses parmi de plus en plus de gens dont on n'a que faire pour les produire.
10 décembre 2018, 19:54   Re : Le tour est joué
@Alain Eytan
Oui, les interventions d'E.Todd sont tellement affligeantes qu'elles me font douter du sérieux des travaux du même, pour lesquels j'avais de l'intérêt.

@Thomas Rotomago
La main d'oeuvre disponible en Asie concurrence celle d'Europe. La France est d'autant plus exposée à la concurrence que la part de sa population sans qualification est importante. L'Allemagne a choisi de produire des biens de plus haute gamme (cf les différences entre BMW et Renault) et, par son système d'apprentissage, elle parvient à mieux former sa jeunesse "ouvrière" (qui est d'une origine plus "européenne" que la nôtre...) [www.lefigaro.fr]
10 décembre 2018, 23:21   Re : Le tour est joué
Hum, à entendre les réactions des "gilets jaunes", il me semble qu'il va falloir songer sérieusement à sauver le soldat Macron, si l'on veut éviter un Frexit doublé d'une adhésion à l'Alliance bolivarienne pour les Amériques.

Un appel "pour une manifestation du 30 mai" peut-être ?
11 décembre 2018, 11:48   Re : Gilets jaunes
Vu de Suisse, par Pascal Décaillet, journaliste conservateurs :


France : démocratie directe oui, mais sur les thèmes !

Sur le vif - Lundi 10.12.18 - 12.10h

Depuis des années, à vrai dire depuis le refus du Traité européen (2005), j'écris des textes sur le déficit démocratique dont souffre, à mes yeux, la France. Je les écris en toute amitié pour ce pays voisin et ami, à qui je dois tant dans l'ordre de la culture, et dont j'étudie l'Histoire depuis des décennies. Je n'écris pas par paternalisme suisse, je ne préconise en rien la projection du système suisse sur la France, ce serait absurde : chaque pays a son Histoire, de même que chaque espèce végétale a son bagage génétique.

Depuis des années toujours, j'écris que la France a un besoin profond de s'inventer, selon son génie propre, une forme de ce que nous appelons chez nous "démocratie directe". Ce processus, je crois, va advenir dans les années qui viennent, il faut laisser les Français en inventer la forme, en fonction de leurs besoins.

Mais une chose est sûre : la France n'a nullement besoin, en termes de renouveau démocratique, d'inventer un processus électif supplémentaire. Des élus, en France, à tous les niveaux (y compris certains échelons totalement artificiels, mais somptuaires dans leurs dépenses), il y en a déjà beaucoup trop ! La France n'a pas besoin d'élire encore plus de gens ! Au contraire : dans nos pays d'Europe, c'est justement la bonne vieille démocratie représentative, issue du dix-huitième siècle, qui doit céder du terrain à des mécanismes accrus de démocratie directe. Si vous lisez mes textes, depuis des années, je ne dis que cela.

A l'heure des réseaux sociaux, et du partage des connaissances, nos sociétés doivent adapter leurs institutions à cette extraordinaire horizontalité générée par les nouveaux outils de la communication, cette intelligence collective entre gens de bonne volonté, où nul n'est gourou, et où chacun apporte sa pierre à l'édifice.

Ce que la France doit inventer, c'est une démocratie directe agissant directement sur les thèmes. A l'instar de notre droit d'initiative populaire. Ce qui m'impressionne le plus dans le mouvement des Gilets jaunes, c'est son aspiration citoyenne. Le peuple de France veut reprendre la main, ou plus exactement la prendre, sur les leviers de son destin. Ca n'est certainement pas en remplissant un nouvel échelon d'élus qu'il y parviendra. Mais en inventant, dans les années qui viennent, un mécanisme de décisions directes du suffrage universel sur les thèmes. Pas sur le choix des personnes.

Pascal Décaillet
11 décembre 2018, 12:02   Re : Gilets jaunes
Ci dessous, le lien vers le site de Pascal Décaillet, journaliste conservateur suisse, passionné d'histoire, auteur d'excellents articles sur la Suisse, ainsi que sur la France et aussi l'Allemagne.

[pascaldecaillet.blog.tdg.ch]
11 décembre 2018, 13:34   Re : Gilets jaunes
@Thomas Rotomago

Suite, sur l'effet de la concurrence de la seule Chine sur les emplois et les salaires en France

source Banque de France : [publications.banque-france.fr]

"environ 13 % du déclin de l’emploi manufacturier en France de 2001 à 2007 serait imputable à la concurrence chinoise. L’effet négatif sur les salaires horaires est uniforme le long de la distribution dans le secteur manufacturier et concentré dans le milieu de la distribution dans les autres secteurs. Les salaires les plus bas sont peu affectés, probablement en raison du plancher que représente le Smic", lequel n'est cependant pas revalorisé de façon importante pour ne pas aggraver la situation des entreprises françaises, d'autant qu'une hausse du sic provoque celle des rémunérations supérieures, du fait notamment des conventions collectives.

"Sur la période 2001-2007, on estime les destructions d’emplois imputables à la concurrence chinoise à 90 000 dans le secteur manufacturier et 190 000 en dehors de ce secteur. En ce qui concerne le secteur manufacturier, cela représente environ 13 % du déclin de l’emploi sur la période 2001-2007."

"Les résultats portant sur le secteur manufacturier impliquent que la hausse moyenne de la concurrence des importations sur la période 2001-2007 – d’environ 1000 dollars par travailleur – a causé une baisse d’environ 6 points de pourcentage (pp) de la croissance de l’emploi au niveau local."

"Nos résultats suggèrent que la destruction locale de dix emplois dans le secteur manufacturier aboutit à la disparition de six emplois environ dans le secteur non exportable – sur un horizon de six ans"

En contrepartie :
"Les effets estimés n’impliquent pas pour autant que le commerce avec la Chine n’a pas été globalement bénéfique. Une évaluation en matière de bien-être nécessiterait en particulier de mesurer les gains capturés par les consommateurs et les firmes utilisatrices de biens intermédiaires importés – dont les gains de productivité bénéficient finalement aux consommateurs."

En clair, des emplois sont détruits, les salaires sont tirés vers le bas mais tout le monde peut s'acheter des produits moins chers que dans le passé car ils sont désormais fabriqués en Chine, même s'ils sont conçus en Occident (du genre des ordinateurs dont nous nous servons pour écrire ici...).
11 décembre 2018, 15:03   Re : Le tour est joué
Citation
Rémi Pellet
Hum, à entendre les réactions des "gilets jaunes", il me semble qu'il va falloir songer sérieusement à sauver le soldat Macron, si l'on veut éviter un Frexit doublé d'une adhésion à l'Alliance bolivarienne pour les Amériques.

Un appel "pour une manifestation du 30 mai" peut-être ?

Sauver le soldat Macron ? Et rater la chance inespérée de secouer à mort le panier de cocottes décérébrées et apatrides qui font semblant de gouverner la France ?
Vous êtes décevant, Rémi, et d'un petit-bourgeois !...
Les pignoufs jaunes, le peuple retrouvé, ont désormais tous les droits, surtout celui d'installer pour de bon Gaza en plein Paris et dans les villes de France ; et mort aux fiottes qui ont peur de ce très mal qui sera avant que n'advienne, croient les naïfs, le mieux qui s'ensuivra nécessairement.
11 décembre 2018, 21:45   Pignoufs au gnouf !
"En clair, des emplois sont détruits, les salaires sont tirés vers le bas mais tout le monde peut s'acheter des produits moins chers que dans le passé car ils sont désormais fabriqués en Chine, même s'ils sont conçus en Occident (du genre des ordinateurs dont nous nous servons pour écrire ici...)."

Vraiment, il faudrait être un sacré pignouf pour ne pas se satisfaire de cet état de chose !
11 décembre 2018, 22:38   Re : Pignoufs au gnouf !
Eh bien voilà, il ne manquait plus que les pignoufs djihadistes pour se joindre au tintamarre, ça faisait longtemps, on commençait à les oublier ceux-là ; sorte d'alliance objective ; au début j'avais pensé à un GJ qui avait pété un plomb, mais non...
11 décembre 2018, 22:51   L'étant naze
"au début j'avais pensé à un GJ qui avait pété un plomb,"

A pignouf, pignouf et demi... Si vous avez vraiment envisagé cette hypothèse ne fût-ce qu'une seconde (mais peut-être est-ce une plaisanterie au 36e degré), c'est que vous ne comprenez vraiment rien.
12 décembre 2018, 09:35   Re : L'étant naze
"A pignouf, pignouf et demi... Si vous avez vraiment envisagé cette hypothèse ne fût-ce qu'une seconde (mais peut-être est-ce une plaisanterie au 36e degré), c'est que vous ne comprenez vraiment rien".

L'ami Eytan n'est pas le seul à envisager des hypothèses branquignolesques... et plus d'une seconde...

"Fusillade à Strasbourg: des gilets jaunes crient au complot"

[www.lexpress.fr]

Machin ne devrait pas tarder non plus à nous rappeler qu'à Strasbourg siège le Parlement européen non loin de "La Petite France", ce qui explique tout.
12 décembre 2018, 17:12   Re : Gilets jaunes
» Si vous avez vraiment envisagé cette hypothèse ne fût-ce qu'une seconde (mais peut-être est-ce une plaisanterie au 36e degré), c'est que vous ne comprenez vraiment rien.

Pour ma part, plus d'une seconde assurément, et pas que pour rire : je ne vois pas pourquoi la parfaite compréhension des choses que vous avez vous empêcherait de comprendre que ce sympathique soulèvement de braves gens patriotes avant tout, paraît-il, rallie aussi divers extrêmes, parmi lesquels peuvent toujours se glisser d'authentiques détraqués prêts à faire n'importe quoi, notamment donner un avant-goût de ce que pourrait être un XXVe acte pétaradant en anticipant un petit coup de feu. Et pourquoi pas ?
J'ai entendu suffisamment de commentateurs sagaces nous promettre de grandes violences, des super Bataclan, des catastrophes prévisibles si cela continuait en se radicalisant, et même Raufer expliquer calmement qu'un peuple historiquement régicide se mettant en rogne est quelque chose de totalement imprévisible et d'hyper-dangereux, pouvant adopter un comportement de meute à l'affût et jouer, pour les plus jusqu'au-boutistes, l'escalade incontrôlable de la provocation.
Alors oui, comme en plus depuis des semaines on ne parle pratiquement que de vos gus jusqu'à en avoir la jaunisse, et qu'il n'y a en fait aucune raison pour qu'ils soient plus à l'abri du surmenage, de la faiblesse mentale et de l'hyperviolence disruptive que n'importe qui d'autre, quand on entend dans ce contexte que des coups de feu ont éclaté, on peut aussi penser à des GJ qui se payent une crise d'amok...
12 décembre 2018, 17:51   Vu de loin
Impression d'une amie israélienne très francophile et passionnée par les péripéties de la France en jaune, après l'allocution de Macron, en écoutant les jérémiades des GJ sur la difficulté de vivre, chacun ouvrant grand son sac à emplettes : « C'est fou, non mais ils veulent qu'il les torche en plus !... »
Ce qui ferait bien penser, puisqu'on nous serine qu'il s'agit du peuple des origines, à la nécessaire réinstauration d'une sorte de nouveau Mandé royal, dans le goût plus trash de l'époque....
12 décembre 2018, 18:16   Re : Gilets jaunes
Cela change un peu des jérémiades des ''damnés de la terre'' qui se sont invités dans nos banlieues et que l'on entend à l'exclusion des autres depuis plus de trente ans.
12 décembre 2018, 19:03   Re : Gilets jaunes
Ma compréhension des choses n’est pas parfaite mais je maintiens que supposer qu’un sympathisant des « Gilets Jaunes » choisisse un marché de Noël pour « faire n’importe quoi » ne cadre pas avec ce mouvement. Les grandes violences, le chaos et autres explosions imprévisibles dont se grisent certains et que d’autres redoutent sont des violences dirigées contre des institutions, des représentants du pouvoir, des symboles. Qu’un « détraqué » abatte un maire, un député, un directeur de Pole Emploi, que sais-je, c’est hélas toujours envisageable. Qu’il tire sur une foule de marché de Noël, non.

(Je n'ai pas compris à quoi vous faites allusion avec ce "nouveau Mandé royal".)
12 décembre 2018, 19:22   Re : Gilets jaunes
Citation
Cassandre
Cela change un peu des jérémiades des ''damnés de la terre'' qui se sont invités dans nos banlieues et que l'on entend à l'exclusion des autres depuis plus de trente ans.

Justement, pas tellement : vous ne trouvez pas qu'il y a un air de famille dans le fond de ce qu'ils disent ? qu'on les exclut, ne veut pas d'eux, les ignore, qu'ils sont victimes de racisme, de ségrégation et mépris culturels, et fatalement écartés de la grand-messe de la célébration consumériste de l'opulence occidentale parce qu'ils n'en ont pas les moyens.

(De surcroît, si on se risque à pousser la comparaison, l'organisation (plutôt son absence) des GJ rappelle celle de l'islam : pas d'intermédiaires, une représentation officielle insaisissable, et un argument d'autorité apparemment aussi originellement intangible : l'origination dans le peuple historique est aussi indiscutable que la parole incréée.)
12 décembre 2018, 19:37   Re : Gilets jaunes
» mais je maintiens que supposer qu’un sympathisant des « Gilets Jaunes » choisisse un marché de Noël pour « faire n’importe quoi » ne cadre pas avec ce mouvement.

Pardon Thomas, mais je trouve que vous chipotez un peu : au début, et même pendant quelques heures, on ne savait pas très bien ce qui s'était passé, sinon que des coups de feu avaient éclaté dans le centre de Strasbourg, qu'il y avait des morts et que des militaires ou des policiers, représentants tout choisis du pouvoir, avaient été pris pour cible : cela pouvait cadrer avec ce que j'avançai plus haut, je crois...
13 décembre 2018, 10:38   Re : Gilets jaunes
''Justement, pas tellement : vous ne trouvez pas qu'il y a un air de famille dans le fond de ce qu'ils disent ? qu'on les exclut, ne veut pas d'eux, les ignore, qu'ils sont victimes de racisme, de ségrégation et mépris culturels, et fatalement écartés de la grand-messe de la célébration consumériste de l'opulence occidentale parce qu'ils n'en ont pas les moyens.''

Cher Alain, si vous ne voyez pas la différence entre le voyou de base de la banlieue, délinquant dès l'âge de 10,12 ans, multirécidiviste à 16, qui met régulièrement à sac, ici et là, le territoire français depuis trente ans - quand il ne finit pas jihadiste à ses heures - au seul motif que lui et les siens seraient atrocement brimés dans leur religion, avec les GJ qui manifestent relativement pacifiquement (oui, oui) pour la première fois depuis des décennies afin de demander qu'on prenne en compte leur existence et leurs problèmes de fin de mois, on ne peut plus rien pour vous.
13 décembre 2018, 16:25   Un cas désespéré
Chère Cassandre, je crois qu'il faut se rendre à l'évidence : cela fait probablement un certain temps déjà qu'on ne peut plus rien pour moi...
Cela dit, je suis bien sûr d'accord avec vous sur l'essentiel : il y a certaines différences majeures quant au mode d'être des deux populations. Il n'empêche... quand la revendication devient comminatoire et absolument sûre de son droit, elle fait apparaître des ressemblances désagréables. Et l'impression générale ressortant des prestations médiatiques de beaucoup de GJ que j'ai entendus était souvent pénible, rappelant tout de même le mode opératoire éprouvé de la bonne veille petite racaille, totalement égoïste et semblablement,que voulez-vous, ethnocentré : « Tu fais ce qu'on te dit, qui est juste en soi, parce qu'on est plus vrais que nature, nous, et on nous la fait pas : alors tu es gentil, tu la fermes et tu raques, ou on te tombe dessus ; d'ailleurs on va te régler ton compte de toute façon... »
Oui oui, ça et rien d'autre, et ce que pourraient bien en penser d'éventuels réfractaires à l'intangible justesse de la parole du peuple incarné, ma foi...
Mais il semble bien qu'en définitive ça ne leur a pas trop bien réussi, du moins pour les plus butés d'entre eux...
14 décembre 2018, 15:41   Re : Un cas désespéré
Mais c'est pas vrai, en plus ils font des émules, ici !...


18 décembre 2018, 13:07   Re : Un cas désespéré
Ah Jacline, accordéoniste hypnothérapeute de Ploërmel, égérie des GJ...

[www.franceinter.fr]

280 euros la séance pour dialoguer avec les morts… Hugo prenait moins cher pour faire tourner les tables mais tout augmente à cause des taxes de Macron.

C'est dans ces moments-là que Philippe Muray nous manque le plus.
Autre perle de l'amie israélienne, après l'ironie scato : « En 68, vous vouliez la tête d'un général et vous libérer d'un ordre social jugé conservateur et sclérosé pour vous ouvrir à tout : au monde, à vous-mêmes, aux autres ; 50 ans plus tard, vous voulez fermer la parenthèse et les frontières et vous refermer sur vous-mêmes en remettant à la tête du pays la tête d'un autre général, si possible, après avoir coupé celle de l'ami des factieux d'alors. »
18 décembre 2018, 23:58   Re : Gilets jaunes
En 2018, le pays France de 1968 n'est plus. Non seulement parce que "la France a changé" (en s'abolissant de manière cohérente et suivie) mais aussi et surtout parce que la norme politique et idéologique européenne qui encadre le pays aujourd'hui n'existait pas en 1968. Ce sont deux pays différents, même si la trogne de Cohn-Bendit s'y montre toujours.

Les vies humaines, en ces temps nouveaux, traversent comme ça des phases de mutation qui peuvent faire disparaître un pays et en créer un autre sur le même sol sans l'intervention de guerres ni de cataclysme. L'état des nations, en Europe, vieillit et passe plus vite que les hommes, mais la présence humaine constante qui traverse ces mutations (ou que ces mutations traversent) ne doit pas nous tromper. La France de 2018 s'apparente, et est davantage proche, de la Tchécoslovaquie de 1968 (comme on le voit ce mois-ci) que de la France de 1968. La continuité de l'être est ailleurs, dans une veine historique (p. ex. France-Tchécoslovaquie) étrangère à l'identité de nature (sol, peuple, etc.), qui n'en devient plus qu'apparente et trompeuse.
19 décembre 2018, 16:21   L'hypothèse GJ
Il faudrait quand même savoir : un "peuple de France", ou "des origines", existe-t-il toujours, comme le prétendent les tenants de l'hypothèse GJ comme phénomène épiphanique de sa présence latente ? Si oui, c'est bien le même peuple qui en 1968 voulut se débrider et s'égailler en tous sens, pour réapparaître en 2018 en tentant de se ramasser et de recoller les morceaux, et Maayan (l'amie israélienne) a plutôt raison, me semble-t-il...
La postulation de la permanence de l'entité "peuple de France" implique aussi la continuité d'un "être naturel", ce qui fait que nous aurions bien affaire à des Français, pas à des Tchèques...
20 décembre 2018, 11:39   Re : Gilets jaunes
Métaphore, indispensable pour faire entendre une idée, ou la faire passer et naviguer entre les écueils de la mauvaise volonté:

Il pleut partout en même temps sur un territoire vaste comme un département français mais aux paysages naturels variés.

Il pleuvait pareil un an, ou cinquante ans auparavant à la même saison. Et comme il y a cinquante ans un même phénomène se manifeste dans ces paysages disparates :

L'oppression, c'est la pluie.

L'oppression fait éclore des fleurs de nature différente sur des sols eux aussi de constitutions variées.

Mais le phénomène de la floraison, du verdissement de la végétation, est le même.

Mai 68, c'était du vent, je veux dire, ce n'était pas de la pluie mais du vent violent et sec, sans pluie, sans condition météorologique oppressante, sans ciel bas ni hautes pressions atmosphériques.

L'oppression, la pluie qui fait se dresser les plantes, éclore les fleurs et se révolter les couleurs, c'est la haute pression impériale (l'UE/URSS).

Et il faut interpréter les phénomènes qu'elle suscite dans la végétation par-delà les espaces hétérogènes, mais dans la veine temporelle et ses périodicités saisonnières.

On suit mieux là ?
20 décembre 2018, 17:10   Re : Gilets jaunes
« L'oppression, la pluie qui fait se dresser les plantes, éclore les fleurs et se révolter les couleurs, c'est la haute pression impériale (l'UE/URSS).

Et il faut interpréter les phénomènes qu'elle suscite dans la végétation par-delà les espaces hétérogènes, mais dans la veine temporelle et ses périodicités saisonnières.

On suit mieux là ? »


Azoy, comme on dirait en yiddish...
Mais il n'en reste pas moins, cher Francis, que j'aurais plutôt cru que ce soit la basse pression qui favorise la pluie, pas la haute ?... mais c'est un détail...
20 décembre 2018, 18:54   Re : Gilets jaunes
Donc,

les couleurs des fleurs, et leur aspect, leur forme, diffèrent selon les sols, mais la pluie de l'oppression, elle, est commune, identique, immuable. Tous les empires se ressemblent, ou se sont ressemblés ; comme la pluie ressemble partout à elle-même, l'empire évolue et se comporte suivant des schémas immuables qui modèlent les rapports qu'il entretient avec ce qui le conteste ou rivalise avec lui, dans les phases successives de son évolution historique (l'agonie de l'UE à laquelle nous assistons aujourd'hui est un mime farcesque de l'agonie de l'URSS).

Tandis que la caractéristique commune des fleurs-nations est qu'elles se dressent toutes différentes – elles n'ont en partage que l'élan naturel qui les pousse à lever la tête (patriotisme à Prague en 68-69 comme dans le Paris anti-Macron qui chante partout la Marseillaise ; courage dans les heurts, abnégation et sacrifice non violent devant les chars impérialistes; revendication à ne vouloir rendre de compte à rien ni personne qui ne soit le peuple souverain et la nation souveraine), pour le reste, le contenu, la couleur et les formes des calices floraux : la varité est reine et elle est illimitée.

Si la France des Gilets jaunes, et ce mouvement lui-même, ne ressemblent aujourd'hui a rien de ce que l'histoire, même lointaine, a montré dans ce pays, c'est que l'événement jumeau de celui-là se trouve ailleurs, c'est que cette France-là, animée aujourd'hui par ce mouvement, ressemble et peut être identifée à une nation d'espèce parente, d'espèce soeur, d'une part mais surtout dans un temps et un contexte international lui aussi jumeau du nôtre. Mai 68 à Paris, en dépit des apparences, des formes (spontanéité, désorganisation, radicalité des slogans, etc.) est un faux-frère du mouvement des Gilets jaunes. Mai-68 crachait sur le nationalisme. Il appelait l'Empire Mol. Et en ce sens Cohn-Bendit, avec sa trogne épaisse et enluminée, son incapacité pathologique à aligner deux idées, deux phrases, qui tiennent bout à bout, est l'homme politique français (ou européen) qui a réussi sa carrière comme personne sur le continent en réalisant en un demi-siècle cela même qui motivait son agitation d'alors : faire tomber la frontière, abolir ses deux nations (France et Allemagne).

Le mouvement des Gilets jaunes, lui, appelle à inverser ce processus qui plonge ses racines dans Mai-68, et, face à Cohn-Bendit et ses potes, il attend son Alexander Dubcek.
20 décembre 2018, 19:50   Re : Gilets jaunes
Donc, l'UE serait l'accomplissement du IIIè Reich mais il dépérirait comme l'URSS.

"C'est cela, oui..."

Et comme on aura bientôt épuisé les plaisirs du rapprochement 1968-2018, il va falloir envisager sérieusement l'année 1969 [fr.wikipedia.org]

où l'on trouvera bien sûr Woodstock et par voie de conséquence... l'Anschluss.

Imparable

[www.dailymotion.com]
20 décembre 2018, 23:00   Re : Gilets jaunes
Vos persiflages ne font pas beaucoup avancer la discussion, Pellet, pas plus que les amalgames très réducteurs d'Eytan. Dans un cas comme dans l'autre, on ne trouve rien permettant de comprendre un tant soit peu les gilets jaunes, un phénomène pourtant stupéfiant, passionnant et qui ébranle bien des convictions.

Bien plus intéressante est l'analyse de Todd, dont je rappelle qu'on peut la trouver ici. Il touche juste sur au moins deux points capitaux : Macron n'est en aucune façon un père mais plutôt un gamin violent, hautain et prétentieux et, d'autre part, il existe une authentique et virulente opposition entre une clique, qu'il s'obstine malheureusement à qualifier d'élites, européiste, mondialiste et immigrationniste, et une majorité en grande partie populaire qui porte le deuil de la France et voudrait la sauver (ou la ressusciter).

Je pense cependant que si les gilets jaunes ont la nostalgie de la nation et — mais c'est dans une certaine mesure la même chose — de la figure du père (c'est curieux que Todd n'évoque pas de Gaulle), ils ne sont à mon sens pas du tout un ersatz de père, eux : je ne crois pas qu'ils soient moins infantiles que Macron, dans l'ensemble, hélas ! De même je crois Macron tout à fait représentatif de la Clique et des petits-bobos fin de race qui l'ont soutenu avec enthousiasme. Je ne crois pas que l'on puisse comprendre quoi que ce soit à nos sociétés actuelles sans prendre en compte ce fait essentiel : l'infantilisation profonde et quasi-générale sur laquelle on bute partout et constamment — et qui est organiquement liée à la déculturation et à l'hébétude.
21 décembre 2018, 00:05   Re : Gilets jaunes
Vos persiflages ne font pas beaucoup avancer la discussion, Pellet, pas plus que les amalgames très réducteurs d'Eytan.

Ah parce que l'amalgame de l'UE avec le IIIè Reich et l'URSS, sans compter l'Anschluss et Woodstock, les chars russes à Prague et les CRS sur les Champs-Elysées, ce n'est pas réducteur et ça fait avancer la discussion sans doute ?

Les gilets jaunes sont nés d'une révolte contre l'injustice fiscale et ils demandent exactement le contraire que ce que vous prônez mais vous, vous y voyez confirmation de vos idées....Les GJ veulent que les "gros" paient pour les "petits" : cela ravit Todd bien sûr mais vous, allez leur expliquer que vous voulez la suppression totale de l'ISF et la réduction de la tranche supérieure de l'IR de 45 à 33%...

Vous pouvez mépriser Macron, il n'empêche que c'est votre candidate qui, face à lui, s'est ridiculisée. C'est elle qui lui a servi de faire-valoir, c'est elle qui l'a fait élire. Il ne peut avoir meilleur adversaire, comme le reconnaissent vos amis de BVoltaire :

[www.bvoltaire.fr]

Ce qui rend fou les "braves gens", c'est de les enfermer dans le dilemme : " la France avec des frontières mais hors de l'UE / la France dans une UE sans frontières extérieures".

Les "braves gens" voudraient la France dans une UE avec des frontières extérieures et que les riches paient plus pour les pauvres.

Complément :
Contrairement à ce qu'écrit Todd, Macron n'est pas vu comme un gamin mais comme "premier de la classe". Il est le premier président à parler très bien l'anglais et il le montre. Son intégration au niveau international lui nuit aux yeux des "petits" qui le jalousent. Ils se sentent humiliés par lui, le président étranger à son peuple. La nullité bonnasse de Chirac leur plaisait, il était des leurs.

Ils se sont sentis humiliés quand Marine Le Pen s'est ridiculisée face à Macron.

C'est Todd qui méprise tout le monde qui projette sa morgue sur Macron.
21 décembre 2018, 12:51   Re : Gilets jaunes
Oui, le peuple de France est, hélas, hébété d'ignorance et d'exposition à la bêtise télévisuelle, mais il lui reste encore malgré tout, au fin fond de lui-même, une étincelle de ce qu'il était convenu d'appeler ''le bon sens populaire''. Et c'est cette étincelle qui, contre toute attente, a mis le feu aux poudres. Malheureusement, comme je l'ai déjà écrit, je crains que cette génération soit la dernière à l'avoir car le ''système'', ayant senti le boulet du canon, se chargera de l'éteindre définitivement par tous les moyens, le plus sûr étant naturellement le ''Grand Remplacement'' qui va sans doute aller s'accélérant. Après tout il suffira à la ''davocratie'' de tenir encore une dizaine d'années, voire un peu plus, et les jeux seront faits : le peuple de France sera minoritaire chez lui. Et alors plus de révolte possible. A moins que ...
21 décembre 2018, 13:07   Re : Gilets jaunes
Marcel Meyer : "l'infantilisation profonde et quasi-générale sur laquelle on bute partout et constamment"
Cassandre : Oui, le peuple de France est, hélas, hébété d'ignorance et d'exposition à la bêtise télévisuelle

Vous avez une façon assez particulière de rendre hommage aux gens que vous dites aimer.

Pour ma part, je ne crois pas du tout que le peuple de France soit plus hébété qu'il n'était auparavant.

Je le crois même assez intelligent pour comprendre que les "souverainistes" de tous poils le fourvoient et font son malheur tout autant que les bobos multi-culti sans-frontiéristes.

Il est très malheureux parce que personne ne lui propose ce qu'il attend : une France dans l'UE mais une UE avec des frontières et donc sans un surcroît d''immigration en provenance des "pays tiers" (Afrique et Asie).

Il sait dans quelle impasse s'est placé le Royaume-uni : comme l'a annoncé le ministre britannique de l'Intérieur, Sajid Javid, le pays ne recevra plus de plombiers Polonais mais il gardera ses "Pakis".

[www.lefigaro.fr]

Fun
21 décembre 2018, 17:50   Spanking
Il y a deux choses qui me gênent un peu dans les positions actuelles de Todd : la première, anecdotique, est sa façon d'expliquer l'apparente tolérance des Français à la violence accompagnant le mouvement des GJ, par leur irrépressible désir de fessée, encore que symbolique, il est vrai.
Fessée par qui ? fessée par qui ? laissons aux plus inconditionnels de la Cause le plaisir peu commun de se faire lutiner le derrière par le vénérable et sexagénaire, figure paternelle entre toutes, Francis Lalanne himself, qui va probablement présider la liste GJ aux prochaines Européennes.

La seconde est peut-être plus embarrassante, encore que pas nécessairement rédhibitoire, on peut changer d'avis : le type semble avoir complètement viré sa cuti à propos de l'immigration, et s'être en tout cas magistralement planté dans ses analyses d'il y a six ou sept ans à ce propos, quoique assénées avec la même assurance que celle dont il fait montre aujourd'hui : ceci, de l'article, où il semble bien parler de lui-même jadis :

« Et la mutation envisageable ne s’arrête pas là : l’immigrationnisme des élites, avec des démographes officiels du régime qui continuent d’affirmer qu’il n’y a aucun problème d’immigration ou d’intégration »

à mettre en regard avec l'extrait de l'émission que j'évoquai récemment, à partir de 10:39 de cette video: [www.youtube.com], où il prophétise, en vrac, concernant donc l'islam :

« ...il n’y a plus rien à faire, c’est un débat du passé ; il y a des millions de personnes en France qui sont d’origine arabe et musulmane, qui sont français, c’est fini, c’est réglé, ils sont français, ils pratiquent d’ailleurs très très peu leur religion ; si on n'accepte pas la présence de musulmans en France, la France disparaît, ils sont trop importants, il y a un rapport de force, et les islamophobes ont perdu ; la question de l’identité de la société française, on n’est pas obligé de la poser par rapport à quelques immigrés ou enfants d’immigrés dominés [mais qui pourtant sont dans une position de rapport de forces favorable] dans la société française ; la réalité de la situation de la France, ce n’est pas en interne le problème des groupes immigrés etc., c’est une question de déroute économique et industrielle ; il faut parler d’économie, et l’une des spécificités du Front national, c’est qu’il est consciemment anti-européen, et qu’il va arriver aux prochaines élections présidentielles avec un programme de sortie de l’euro [ce qui fait son intérêt et la raison de son possible succès] »
21 décembre 2018, 18:36   Re : Spanking
Bien vu cher Alain. Je n'avais pas pris la peine de lire en détail l'interview de Todd mais son revirement sur l'immigration est stupéfiant.

Quant au reste...

Todd : "Un pays ne peut pas vivre avec une contestation qui représente une image paternelle et un leader qui représente une image d'enfant."

Il faudrait lui dire que Napoléon Ier fut empereur des Français à 35 ans et qu'il eut un peu de mal à devenir père.

Quant aux nombreux manifestants retraités, ils ont du temps, ils sont en bonne santé, désoeuvrés et on vient de leur piquer 30€ sur leurs retraites. Alors...

Le "gamin" est beau-gosse et il a les couil...s d'assumer sa relation avec une femme beaucoup plus âgée que lui. Il est d'origine provinciale et ne doit sa carrière administrative qu'aux concours républicains. Il a conquis le pouvoir parce qu'il a osé donner le coup d'épaule qu'il fallait pour faire s'effondrer tous les rentiers de la politique. Il parle un bon anglais et sa culture générale est bien supérieure à celle de ses prédécesseurs, depuis Mitterrand. Voilà beaucoup de raisons de jalouser le "gamin".

Sa politique est critiquable, assurément. Mais l'homme est bien plus respectable que Todd.
21 décembre 2018, 19:04   Re : Spanking
Cela dit, cher Rémi, l'homme est quand même loin d'être bête (je parle de Todd, et pour ce que vous venez de dire de Macron, je suis d'accord avec vous), je crois, et peut aussi à l'occasion avoir des intuitions qui au moins sonnent juste : certaines idées, qu'on soit d'accord ou non, sont quand même à creuser :
« Il me semble que la polarité qui s'installe est une opposition entre la « Nation révolutionnaire », avec c’est vrai une dimension xénophobe, évidente dans la doctrine du Rassemblement national », et un « Empire européen autoritaire ». Démocratie xénophobe contre système impérial. »

D'ailleurs, cela me rappelle quelqu'un... Si ça se trouve, la primeur d'analyses semblables reviendrait, ici même, à Francis Marche, eh oui, force est de le reconnaître...
21 décembre 2018, 19:24   Re : Spanking
Cher Alain, assurément, Todd a écrit des livres intéressants mais appliquer à l'Union européen le "concept" d' "Empire autoritaire"... C'est du Marche, no doubt.
22 décembre 2018, 02:13   Re : Spanking
Au fond, vos arguments, même quand ils sont rationnels et solides, vos persiflages, votre mépris illustrent à merveille ce qui a provoqué cette rébellion — réelle, celle-là, pas du tout “mutin de Panurge”. Combien me paraît préférable, plus juste, plus utile, plus éclairante l'analyse de Jérôme Vallet...
22 décembre 2018, 09:34   Re : Spanking
Vous savez, cher Rémi Pellet, si j'ai émis cette critique sur le peuple c'est par effort d'objectivité, car j'aime mon peuple et je sais qu'il vaut mieux que ce que l'école et les médias gauchistes ont fait de lui.
22 décembre 2018, 10:58   Re : Spanking
Ah ça c'est extraordinaire.

De votre côté, vous écrivez que le peuple de France est "déculturé" et "hébété" et qu'en face de lui il y a une "clique" de "petits-bobos fin de race" mais c'est moi qui fais preuve de mépris !

Vous me renvoyez à Jérôme Vallet qui explique, contre l'opinion de Renaud Camus, qu'il faut soutenir les Gilets Jaunes parce qu'ils sont victimes d'une profonde injustice sociale,

- alors que vous savez parfaitement que j'avais dénoncé avant tout le monde ici le caractère injuste des réformes socio-fiscales qui organisent une "solidarité" dévoyée des classes moyennes au profit des plus fortunées (pour rappel [www.institutdroitsante.fr] pages 89-99)

- tandis que vous préconisiez de votre côté des réformes bien plus libérales encore (suppression totale de l'ISF et réduction de la tranche supérieure de l'IR de 45 à 33%) qui auraient pour effet d'accroître les avantages de ceux que vous appelez les "petits-bobos fin de race".

Vous fantasmez une révolte du "peuple de France" anti-racailles" et "anti-Europe", et vous me renvoyez aux analyses de Todd mais celui-ci souligne que les Gilets Jaunes ne disent pas un mot de l'Europe, ni de l'immigration.

Todd : "J'ai effectivement déploré qu'il n'y ait aucune référence à l'Europe."
22 décembre 2018, 11:13   Re : Spanking
Cette discussion m'ennuie et me fatigue parce qu'elle cherche à catégoriser de façon simple un mouvement qui ne l'est pas du tout. Les quelques bribes d'impressions dont j'ai fait état ici sont ce qu'elles sont, et notamment contradictoires, certes, mais j'assume ces contradictions parce qu'elles me paraissent plus proches de la réalité.
Et, toujours, vous laissez tomber l'important pour persifler sur le secondaire (ici, l'important, c'était « Au fond, vos arguments, même quand ils sont rationnels et solides, vos persiflages, votre mépris illustrent à merveille ce qui a provoqué cette rébellion »)...
Je pourrais étaler une autre contradiction, encore plus violente, celle de mes sentiments sur l'Europe dont j'aime l'idée et déteste le résultat, mais à quoi bon ? Combien je regrette l'époque où ce forum était courtois et bienveillant !
22 décembre 2018, 11:33   Re : Spanking
Vous en appelez à la courtoisie et à la bienveillance, tout en recourant aux qualificatifs les plus péjoratifs pour décrire vos compatriotes, et cette contradiction ne pourrait pas être relevée ni critiquée ? Lorsque je dénonce l'assimilation de l'UE au IIIè Reich et à l'URSS, Simone Weil à ses bourreaux, les CRS aux tanks russes, etc. je suis traité de "con" à plusieurs reprises mais ça ne vous trouble pas du tout.

Sur le fond, le mouvement des Gilets Jaunes n'est "contradictoire" que pour ceux qui veulent y voir ce qui n'y est pas.

Si l'on s'en tient à ce que disent les manifestants, ce mouvement est très simple au contraire : il ne met en cause ni l'Europe, ni l'immigration, mais l'inégale répartition des richesses et des efforts fiscaux demandés, ainsi que le caractère "autoritaire" de nos institutions qui ne permettent pas une représentation "équitable" de toutes les tendances politiques, qui ne permettent pas de prendre en compte les intérêts de "la classe moyenne".

Autrement dit, ces gens veulent :
- une réforme fiscale qui fasse payer plus les "gros" que les "petits"
- une réforme institutionnelle qui s'écarte des principes constitutifs de la Vè République.

L'opposé donc du programme du P.I. Ce qui ne veut pas dire que les Gilets Jaunes ont raison (sans persiflage aucun).
22 décembre 2018, 13:34   Re : Spanking
Où l'on en revient à la question du non-dit. Vous pouvez toujours mettre en avant ce qui est dit, et là-dessus vous avez en gros raison (mais pas en détail, puisque même la grande presse a évoqué les “interrogations” sur le pacte dit de Marrakech parmi les gilets jaunes), mais je sais que dans l'esprit des quelques-uns que je connais personnellement dans mon coin perdu de la Bretagne, l'immigration et la révolte contre l'UE sont bien là et pèsent bien davantage que les revendications égalitaristes, même si ces dernières sont également présentes. Je ne suis en revanche par sûr que si d'aventure l'une de ces trois ou quatre personnes se trouvait bombardée sur un plateau de télévision ce ne serait pas ces dernières qu'on l'entendrait exclusivement évoquer.

Quant au mépris, soyons clair : j'assume pleinement celui que je ressens à l'égard de la Clique et des petits-bobos qui la soutiennent. Les premiers sont des traîtres, même Emmanuel Todd en est conscient, des traîtres à leur patrie, à leur peuple, il n'y a aucun doute là-dessus. Quant à ceux qui votent pour eux, qui se reconnaissent en eux, ceux que j'appelle les petits-bobos fin-de-race, les quadragénaires à trottinette, les “ils-n'auront-pas-ma-haine”, les mutins de Panurge, culturellement et intellectuellement assez minables, ne leur en déplaise et nonobstant le mépris qu'ils ressentent eux-mêmes pour ceux qu'ils appellent les “beaufs”, y a-t-il réellement besoin d'une démonstration ? Fin-de-race, ils le sont évidemment, et de façon de plus en plus consciente et assumée : une idée résume cela très bien, que l'on entend de plus en plus souvent, c'est le « c'est bien leur tour ».

Reste le peuple, plus ou moins représenté par les gilets jaunes. L'infantilisation, la déculturation, l'hébétude existent, très évidemment, je ne vais pas reprendre ici toute la litanie des symptômes, vous ne pouvez pas ne pas les voir vous-même. Mais il reste, en dépit de tout, autre chose, venu de loin, qui pourrait peut-être se réveiller, ce que la rébellion en cours laisserait presque espérer.
22 décembre 2018, 13:53   Re : Gilets jaunes
Peut-on dire tout bêtement que ce n'est pas le contenu manifeste ou explicite - d'ailleurs si difficile à cerner - du mouvement des Gilets Jaunes qui nous intéresse, mais l'origine de ce mouvement, qui semble presque exclusivement ancrée dans le peuple profond, historique, si l'on veut. Les mêmes revendications, les mêmes propos - par exemple la demande sociale et égalitaire - n'ont pas du tout le même sens selon qu'ils viennent du peuple historique ou des nouveaux venus, pour rester poli. Cela s'appelle la bathmologie, non ?
22 décembre 2018, 15:20   Re : Spanking
Mais enfin, pourquoi Macron aurait-il mis sur le tapis cette question de l'immigration alors qu'elle était pour lui, à l'évidence, comme pour tout le ''système'', une question qui ne se discutait même pas, qui ne devait pas se discuter, si ce n'est qu'elle apparaissait de nombreuses fois dans les doléances qui remontaient jusqu'à lui ? Et comment pourrait-on imaginer, alors que tous les sondages la montrent comme celle qui, précisément, inquiète une écrasante majorité de Français, elle serait absente du mouvement des GJ ? Je pense que ceux-ci ont été assez malins pour ne pas la mettre trop en avant afin qu'on ne taxe pas leur mouvement de raciste, ce qui leur aurait valu aussitôt d'être discrédités par les médias, lesquels, dès lors ne leur auraient accordé que chichement la parole, mais qu'ils espèrent se rattraper avec, justement, ce RIC. Je ne dis pas qu'ils vont y réussir car tout sera mis en oeuvre, n'en doutons pas, pour noyer le poisson. D'ailleurs si les banlieues sont restées si étrangères, c'est vraiment le cas de le dire, au mouvement (sauf pour casser et piller) c'est bien parce que les unes et les autres n'y voyaient pas la même chose.
22 décembre 2018, 19:14   Une interrogation
En principe, si je ne me trompe, la cartographie sociale française présentait une vaste zone de "classe moyenne" que symbolisait d'ailleurs l'omniprésence culturelle et de mœurs de la petite-bourgeoisie, omniprésence si déplorée par Renaud Camus, à quoi appartiennent aussi du reste les "petits bobos fin de race" évoqués plus haut ; s'il y a effectivement une paupérisation d'une partie significative de cette classe moyenne, et donc une fragilisation économique de cette population menaçant de basculer vers le bas, les revendications des GJ, du moins celles qui étaient originelles, signifiaient une chose : la volonté de ne pas décrocher de cette majorité intermédiaire et d'être ainsi déclassé, donc la volonté de persévérer dans cet être petit-bourgeois : la plupart des GJ ne s'opposeraient donc nullement aux bobos moyens, en tant que "peuple" fantasmé dont on leur a greffé la notion sur le dos, mais rêveraient au contraire de continuer d'en être (de ces bobos moyens) et de jouir de son mode de vie propre ! L'exemple de ce couple objet de tant d'animosité de lecteurs dans cet article récent du Monde illustre cela parfaitement : « Ils cherchent à s’accrocher au mode de vie de la classe moyenne : être bien habillé, avoir une part de plaisirs, ne pas être uniquement dans la contrainte. Et quand tout s’effrite, c’est par la consommation qu’on trouve une place dans la société. »
Bref, certains veulent tellement du peuple — à opposer coûte que coûte comme chair à canon de service aux petits-bourges bobos débilités si honnis — qu'on peut légitimement se demander s'ils ne l'inventent opportunément de toutes pièces, en l'occurrence, alors que ce mouvement ne serait majoritairement qu'une réaction réflexe visant à s'enter le plus profondément dans le cocon-souche douillet et boboïsant duquel on menace de se séparer...
22 décembre 2018, 20:01   Re : Une interrogation
Les électeurs de Marine Le Pen et consorts (Dupont-Aignan and co) ne se sont pas volatilisés : il est donc logique d'en trouver sur les ronds-points. Ce qui est remarquable c'est que, malgré la présence de ces électeurs, la question européenne ne soit jamais posée, non plus que celle de l'immigration. L'argument de Cassandre sur l'immigration (l'interdiction d'en parler sous peine de passer pour raciste) ne tient pas concernant l'Europe.

J'en conclus d'abord que les GJ ont parfaitement intériorisé l'échec des "souverainistes" même s'ils pourront voter pour eux pour se défouler aux élections européennes (cf. infra).

J'ajoute, même si c'est intuitif, qu'il me semble que les personnes qui participent aux GJ ont pris la déconfiture de Marine Le Pen face à Macron comme une humiliation parce qu'elles ont compris que MLP les avait conduit dans le mur.

D'autre part, je suis pleinement d'accord avec Alain Eytan : les GJ ne veulent pas vivre un déclassement social par un accroissement injuste de leurs charges fiscales. Leurs trois principales revendications sont parfaitement justifiées :

- sur la CSG : ils ont parfaitement raison de trouver scandaleux que des petites retraites soient plus taxées pour compenser des allègements de charges qui profitent à tous les salariés, y compris les mieux rémunérés ;

- sur l'augmentation des taxes sur le carburant : comme la part de la consommation du carburant par rapport au revenu des personnes est plus importante pour les petits budgets que pour les gros, la taxation est dégressive : plus on est riche, plus elle est faible, plus on est pauvre, plus elle est importante. Financer la transition énergétique de cette façon est un vrai scandale social.

- sur la participation à la vie politique : notre mode de scrutin ne permet pas de représenter équitablement les minorités politiques au parlement : il est tout à fait anormal que le Front / Rassemblement national (que je voue aux gémonies, mais peu importe) ne soit représenté que par trois députés.

Puisque la voie parlementaire ne permet pas aux différents courants d'opinion d'être correctement représentés, il est donc tout à fait logique de demander le droit de recourir à la voie référendaire.

Au passage, le mode de scrutin choisi pour les élections européennes (proportionnelle au scrutin de liste à la plus forte moyenne, les partis ayant obtenu plus de 5% des suffrages bénéficiant d’un nombre de sièges proportionnel à leur nombre de voix) est infiniment plus juste que le scrutin uninominal majoritaire à deux tours choisi pour les législatives. Et il y a fort à parier que les Gilets Jaunes se serviront d'une façon ou d'une autre de cette opportunité (vote défouloir pour le FN/RN et consorts ; listes GJ autonomes). Ce qui prouve au passage, si cela était nécessaire, que l'UE n'est pas une dictature soviétique et qu'elle peut, par certains aspects, être plus "démocratique" que la Vème République (la comparaison n'a guère de sens mais je m'adapte).

Bref, je ne vois aucune contradiction, ni complexité, ni "non-dit" mystérieux dans ce mouvement (dont je désapprouve évidemment la violence ; je n'évoquais que ses revendications).
Utilisateur anonyme
22 décembre 2018, 21:27   Re : Une interrogation
22 décembre 2018, 21:48   A lire
"Comme le mode de production les a durement traités !"

Et comment ! Tandis qu'il a beaucoup mieux traité les situationnistes, en fin finale. On peut lire à ce propos la très éclairante conclusion d'un essai de Patrick Marcolini Le mouvement situationniste, une histoire intellectuelle paru en 2013, que je porterais volontiers à votre connaissance si j'étais plus habile.
25 décembre 2018, 12:09   Re : A lire
J'ai mis les photocopies des pages correspondantes du livre sur Google Drive, à cette adresse. Pour le lire plus ou moins confortablement il faut l'agrandir en cliquant sur la loupe qui apparaît au bas de l'écran.
25 décembre 2018, 15:39   A relire
Je me permets également, plus en amont, de donner ici un lien de téléchargement gratuit de Malaise dans la civilisation, de Freud, dont la lecture, chaque fois plus instructive, peut servir à la fois de paratonnerre au gibberish situationniste, et, opportunément, à se méfier d'autant du salmigondis "gilets jaunes"...

Joyeux Noël !
25 décembre 2018, 16:10   Re : Gilets jaunes
Cher Marcel,

Merci beaucoup d'avoir mis en ligne ce texte qui me paraît intéressant, surtout dans sa dernière partie. Et bonnes fêtes de fin d'année.
25 décembre 2018, 22:18   Re : Gilets jaunes
Mais je vous en prie, cher Thomas Rothomago.
26 décembre 2018, 12:47   Re : Gilets jaunes
Debord ne serait-il pas Camusien ?
26 décembre 2018, 14:24   Re : Gilets jaunes
Heureux ceux qui... peuvent vraiment lire sur écran...
26 décembre 2018, 18:09   Conclusion de la conclusion
Voici la conclusion de la conclusion du livre de Marcolini, avec, je l'espère, un meilleur "confort de lecture" :

ÊTRE CONSERVATEUR ?

Nous avons vu que, d'une part, le capitalisme a su répondre aux critiques que lui adressait la critique artiste — et notamment la critique situationniste – développée dans les années 1950 et 1960, et que, d'autre part, il a pris exemple sur les agents de cette critique eux-mêmes pour intégrer à son fonctionnement certains des processus et modes d'organisation propres à la création artistique. Ceux qui voudraient aujourd'hui en finir avec le capitalisme doivent-ils se laisser décourager par sa souplesse et sa faculté de se réformer dans les directions les plus inattendues pour satisfaire, parmi les exigences de ses opposants, celles qui sont réalisables, et désamorcer les autres ? Doivent-ils renoncer à exercer leur fonction critique et à promouvoir l'idée d'un changement social, de peur que cette critique et ce changement ne participent à l'avènement de nouvelles formes d'aliénation?

La réponse à ces questions réside à notre avis dans une réflexion sur le concept même de révolution. Il vaut la peine de rappeler encore une fois ce passage du Manifeste communiste : « La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, donc les rap ports de production, donc l'ensemble des conditions sociales. [...] Ce qui distingue l'époque bourgeoise de toutes les précédentes, c'est le bouleversement incessant de la production, l'ébranlement continuel de toutes les institutions sociales, bref la permanence de l'instabilité et du mouvement . » On doit donc se demander s'il est bien judicieux de contester par la révolution, c'est-à-dire par un changement radical de la totalité des rapports sociaux, un système qui a précisément fait de la révolution la loi de son fonctionnement et du maintien de ses prérogatives. N'est-ce pas là l'origine de ce fatum qui condamne toutes les révolutions à être intégrées dans le développement dialectique de ce système comme son moment négatif, permettant le passage à un stade supérieur de son évolution?

Au contraire, il serait sans doute plus cohérent, pour s'opposer au capitalisme, de défendre ce qui lui résiste, ce qui lui est encore extérieur, ce qu'il n'a pas encore happé dans ses rouages. Il s'agirait donc d'être conservateur, mais de l'être «dans un sens qu'aucun homme qui s'affiche comme conservateur n'accepterait ».
Nous voulons dire par là que contrairement à ce qu'ont cru les variantes évolutionnistes du projet révolutionnaire, la communauté n'est pas un point à atteindre dans le futur, ni a fortiori le point final d'une histoire qui serait orientée dans sa direction; la communauté est déjà là, dans tout ce qui permet à une société comme telle d'exister: elle est présente dans toutes les formes de propriété collective héritées des sociétés précapitalistes, dans la manière qu'ont les gens ordinaires de s'associer pour le plaisir ou pour régler un problème, de se protéger mutuellement et de s'entraider. Elle est finalement dans ce qu'Orwell appelait la commondecency, à savoir les rapports sociaux basés sur un minimum d'égards et de considération, sur une égalité et une réciprocité spontanément observées dans les relations avec autrui . La communauté est déjà là, et c'est le développement du capitalisme qui en détruit les conditions de possibilité éthiques et matérielles.

La tâche du conservateur ontologique est donc de défendre la communauté, c'est-à-dire les formes autonomes de la vie collective et de la culture populaire, et d'œuvrer à la réappropriation de ce qui en est l'humus: les gestes et savoir-faire vernaculaires qui sont le gage d'une autoproduction des moyens d'existence, et donc d'une indépendance vis-à-vis de tout pouvoir central comme de toute technologie aliénante. Dans la mesure où cette tâche commande de renouer avec un passé enfoui sous le poids mort de la civilisation capitaliste et industrielle, elle suppose aussi d'« arracher aux traditionalistes le monopole de la Tradition ».

Par ailleurs, ce combat pour le maintien de la communauté trouve à la fois son moyen et sa fin dans le maintien de formes pérennes d'autogouvernement opposées aux structures étatiques. Le quartier, le lieu de travail, la commune réalisent les conditions que Rousseau avait précisées dans Le Contrat social pour que vive une démocratie authentique: une unité territoriale suffisamment petite pour que les citoyens puissent se connaître les uns les autres, et pour qu'ils puissent facilement s'assembler, délibérer, et prendre les décisions requises. Il faut donc que ce qui était par le passé l'ordinaire de la vie publique dans les villages et les provinces — la démocratie communale — se trouve consciemment redéfini comme un projet politique pour l'avenir, retrouvant les intuitions de Proudhon sur le fédéralisme.

Les innombrables révoltes qui ont précédé et annoncé la Révolution française nous livrent la dernière conséquence de ce conservatisme radical dont nous cherchons la formule: la principale revendication des paysans et artisans insurgés était de faire en sorte que soient respectés non seulement leurs villages, mais les eaux, les bois, les pâturages qui les entourent, ainsi que le droit coutumier qui les protège — un programme que les historiens ont qualifié de flou, mais qui était au contraire extrêmement clair : il s'agissait d'une défense des communaux comme base de l'autosubsistance collective, seule susceptible de fonder l'autonomie de la communauté en garantissant sa souveraineté sur ses conditions d'existence matérielles et symboliques. Le troisième terme de cette formule politique que propose une attitude tout à la fois anticapitaliste, libertaire et radicalement conservatrice consisterait donc dans la préservation et l'élargissement des communaux à de nouveaux espaces et de nouveaux biens. Mais les développements les plus récents du capitalisme commandent en outre de donner à cette lutte une dimension écologique. En effet, comme l'a fait remarquer Ivan Illich, l'appropriation des communaux par les seigneurs puis par la bourgeoisie a non seulement signifié la paupérisation absolue des paysans, arrachés à la terre et jetés dans le salariat, mais elle a marqué un changement radical dans le rapport des sociétés à leur environnement: celui-ci, qui avait jusqu'alors été considéré comme un domaine commun d'où les gens pouvaient tirer leur subsistance sans devoir recourir au marché, est devenu une ressource productive, exploitée par des entreprises qui transforment la nature en un ensemble de biens payants, au service d'un développement indus triel de plus en plus destructeur et mortifère . Une révolte conservatrice ne peut donc maintenant se construire qu'en réaction au saccage des paysages et au dépouillement des terres, comme une dénonciation du capitalisme en tant que système proprement contre-nature (ce qui signifie aussi : destructeur de culture, dans tous les sens de ce mot).

On voit qu'à tous points de vue ce conservatisme ontologique est contraint de s'inscrire en rupture avec ce qu'on a coutume d'appeler l'ordre social dominant: il est bien une révolte qui vise à changer cet ordre, puisqu'il est question d'une oppression à faire cesser, qui a ses fondements dans des structures sociales concrètes et fort solides. Dès lors, ce conservatisme exige une révolution. Mais le terme de révolution désigne ici «non la fondation de quelque chose de nouveau, mais l'actualisation et la reconstruction de quelque chose qui a toujours été présent ». Au plus loin des fantasmes de table rase et d'une modernité qu'il s'agirait d'accepter «en bloc», le conservatisme révolutionnaire qui s'esquisse ainsi peut être défini comme «un choix révolutionnaire des éléments de l'être social qui méritent d'être conservés et qui sont valables pour une nouvelle construction ». Ce qui conduit à redonner toute sa richesse originelle au concept de critique: une activité de discrimination, un tri patient et minutieux entre ce qui aliène les hommes et ce qui les émancipe, dans leur passé comme dans leur présent.

Il est possible que ce projet politique soit très loin de ce que les situationnistes avaient imaginé en leur temps pour faire cesser l'oppression; mais l'échec de toutes les entreprises historiques de libération jusqu'à nos jours rend cruellement nécessaire une réforme de l'entendement situationniste, et plus généralement de l'entendement radical, qui ne néglige aucune remise en question.

« Toutes les conclusions sont encore à tirer, les calculs à refaire. Le problème continue d'être posé, son énoncé se complique. Il faut recourir à d'autres moyens . » (Guy Debord)
27 décembre 2018, 22:59   Re : Gilets jaunes
Luc Ferry dans un entretien récent avec des journalistes dans une émission de Sud Radio, brode et prône l'idée d'une économie circulaire dont il voit les prémisses dans les gestes de recyclage. La circularité économique serait une voie d'accès à une politique écologique en acte et "rentable". Le même Ferry, et cela est remarquable, fait précéder cet argumentaire d'un prolégomène "kantien" qui expose "l'artificialité fondamentale des humains", différents en cela des animaux dont aucun besoin ne peut être créé par artifice ou stratégiquement engendré (il évoque ici le phénomène du smartphone, vendu à millions en France où il y en a plus que d'être humains, lors même que cet objet non content de ne pas exister il y a vingt ans, n'avait pas encore été imaginé il y a trente ans).

Il y a là une incohérence philosophique : si les besoins de l'homme fuient perpétuellement devant lui et l'entraînent dans une production-consommation qui fait de la planète une poubelle, sur laquelle aucun séjour humain harmonieux (dans la société comme vis-à-vis de la nature) n'est possible, ou n'est possible que de moins en moins, comment se peut-il que certains, les mêmes qui articulent cette problématique, qui ne peuvent méconnaître ce phénomène anthropologique universel de la projection du désir humain vers tout ce dont le sujet ne jouit pas encore, annoncent concevoir une harmonie universelle en laquelle l'échange tourné vers l'extérieur, et donc la fuite, l'échappement dans cet échange et le penchant exotique à goûter ce qui n'est pas descendu dans l'espèce par la voie directe des géniteurs (comme cela est le cas chez l'animal), serait banni, contraint et tabou.

L'économie circulaire, monétarisée ou non, est possible de manière fort contrainte et fort artificielle (contre-artificielle devrait-on dire puisque la chasse extérieure aux biens et aux jouissance à venir et à connaître est elle-même le fait de l'être artificialisé qu'est l'homme, conséquence de son départ de l'animalité) dans les limites contrites d'un village où une monnaie factice permet (c'est la cas dans certaines "communautés", mais plus encore dans certains parcs d'attractions façon Dysneyland) à chacun d'échanger avec des proches, des visages familiers, des éléments du connu, des services conventionnés par la communauté, le petit groupe. Elle est possible l'espace de trois semaines dans un périmètre de cet ordre d'où chacun, qu'il soit dans une secte ou ashram, ou un parc d'attraction, ou toute autre structure entourée de contraintes existentielles et spatiales, n'aspire à terme qu'à sortir, s'en extraire et s'en éloigner à toutes jambes, tôt ou tard.

Il est aporétique de poser, comme Ferry et d'autres, lucides sur ce point, que l'homme animal artificialisé (p. ex. tous les humains sont programmés pour l'exotisme alimentaire, au contraire de l'animal sauvage qui, jeune s'apprend et se comble à ne consommer strictement que la nourriture sanctionnée par ses géniteurs, cependant que lui, le petit de l'homme, s'apprend à dire non avant oui en contestant la pâtée familiale – et cette négation sera le ressort de tout commerce adulte avec l'extérieur dans la recherche d'expériences alimentaires et culinaires exotiques, c'est ainsi absolument partout, dans tous les pays du monde où la majorité des restaurants se donnent des noms et des titres à connotations exotiques à cause de ce trait anthropologique) aurait pour salut économique et social une économie sans entropie exotique, sans sortie de soi et tentation à échanger avec l'inconnu qui ferait recourir à la monnaie dont la valeur faciale connue (effigie césarienne consentuelle, valeur de fiat, etc..) supplée à l'étrangèreté du milieu abordé dont l'être ontologiquement artificialisé convoite les jouissances à connaître.

Au coeur de l'ontologie qu'annonce ces auteurs, il y a cette césure, cette fissure cause de douleur et de désordre : le cercle du connu est mortel, l'éternel retour des choses (dont la forme engenderesse et symboliquement aboutie est le "recyclage") est l'autre nom de l'inerte et de la morbidité, et cependant que la projection de soi hors de soi engendre des montagnes de déchets et transforme le monde en poubelle et en le contraire d'un séjour humain. Il n'y a pas de "juste milieu" à cette contradiction monstre qui déchire les hommes, et avec un acuité particulière l'homme moderne. Ce vice interdit de penser une solution d'accommodement. La seule condition à un accommodement pensable est celle de la connaissance de ce vice ontologique, qui peut permettre, sinon de le maîtriser ou d'en guérir, à tout le moins d'en jouer avec astuce et en sachant se garder de tout état arrêté, recette économico-sociale, qui souderait définitivement les deux lèvres de cette plaie de l'espèce.
28 décembre 2018, 16:23   Chaussure à son pied
Au fond, Francis, si l'on met en regard ce que vous écrivez avec le passage supra sur la "révolution conservatrice", on en viendrait presque à se dire que ce qui est identifié dans ce passage comme l'ennemi essentiel, le "capitalisme bourgeois" déshumanisant et destructeur de toute "communauté", ce capitalisme propose donc en un sens le mode d'être le plus idoine à cette donnée invariante de l'humanité moderne telle que vous la décrivez : le désir d’exotisme et la fuite éperdue en avant vers l'étrange et l'étranger, vers tout pourvu que ce ne soit pas du "connu" : la bourgeoisie, en révolutionnant constamment le réel ("Ce qui distingue l'époque bourgeoise de toutes les précédentes, c'est le bouleversement incessant de la production, l'ébranlement continuel de toutes les institutions sociales, bref la permanence de l'instabilité et du mouvement"), la bourgeoisie donc fait de la table rase permanente son milieu pour ainsi dire naturel, coïncidant parfaitement avec le motif obsessif du désir d’échappée que vous dites : "le cercle du connu est mortel".
Au reste, ontologiquement, si j'ose dire, on nous a assez seriné que l'homme était en effet pro-jection perpétuelle hors de soi, que le fait même d'être en vie était ce catapultage permanent, jusqu'à ce que le ressort de la protraction casse, ce qui fait de ce type de sociétés capitalistes (hors soi, hors-sol, hors tout ce que vous voudrez) la chaussure la mieux choisie aux petits pieds cavalant que nous ne cessons d'être...
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