Le site du parti de l'In-nocence
28 décembre 2018, 17:07   Vautrinator
A nous deux, Mars !
28 décembre 2018, 19:30   Re : Gilets jaunes
Vouloir une économie circulaire, ou circulariser l’économie, autrement dit la fermer comme une orbite c’est tout à la fois vouloir imiter la nature, se conformer aux normes de la cyclicité qui la règlent et l’animent (orbite terrestre, qui si elle n’est pas circulaire est bien fermée, cyclicité des saisons et des éléments, cycle de l’eau, etc.) mais c’est aussi, parce que cette économie est celle de l’espèce humaine, distincte des économies du monde naturel par le déport et le départ artificiel des besoins qui distinguent cette espèce, vouloir la quadrature du cercle.

La raison en est si simple et si banale qu’elle semble encore échapper à certains, comme Luc Ferry pourtant philosophe très averti : tant que la question du passage humain dans l’élément fini, sphérique et les systèmes fermés de la nature (laquelle, dit Ferry « est sans poubelles ni décharges ») trace un trait borné et non courbe close, la déchirante contradiction persistera : nous entrons dans le monde sublunaire en un point par lequel nous ne repasserons pas (la naissance) et nous quittons ce monde dans un trépas qui lui non plus est sans réédition. L’existence humaine est par conséquent à la fois trajectoire ouverte (l’inconnu règne en amont et à l’aval de cette existence) et bornée par des portes d’entrée et de sortie qui n’admettent pas d’être empruntées plus d’une fois, et elle n’a rien de cyclique car à la différence des animaux – chez lesquels on voit l’araignée engendrer une araignée dénuée de toute volonté de s’extraire de la condition d’araignée, et de même l’ours et son ourson qui n’évoluent pas vers une créature autre qu’ursine, à telle enseigne que la cyclicité de l’existence des animaux, qui comme nous ne naissent et ne meurent qu’une fois, peut cependant se concevoir dans cette permanence et naturalité stable de l’espèce : l’ourson, comportementalement, répète et répètera l’ours à la perfection ,sans perte, jeu ni échappement – l’horreur humaine et la damnation de son économie face au monde naturel sont à la mesure de l’évolution (celles des êtres et des sociétés) qui porte cette espèce : l’impermanence artificielle, intégralement artificielle, du goût (alimentaire, meursal, sociétal, comportemental) rendent la transmission et la répétition, et la permanence des traits de l’espèce, problématiques et excluent toute hypothèse d’une cyclicité dans son économie. Nous ne sommes pas des animaux parce que nous savons, par expérience et intuitivement, que nos progénitures sont autres que nous, nous savons que sortant de nous elles le font doublement, issues de nos chairs qu’elles quittent pour exister, voilà la lignée spécifique, qui en eux, s’échappe, dérive, fuit, nous déserte, nous méconnaît comme à dessein ou par plaisir. A chaque nouvelle génération, l’humanité fuit l’humanité. L’espèce humaine est en fluence, et les déchets anti-naturels qu’elle laisse et qu’elle produit en sont le signe et la condition, comme la trainée de gaz toxiques s’échappant de la fusée qui s’élève est la condition habilitante du mouvement et du départ de l’objet.

Il y a croissance parce qu’il y a spirale sortante, cyclicité tridimensionnelle (le trait de la spirale figure la tridimensionnalité pyramidale, hors le plan simple du cercle ou de l’ellipse où évoluent les corps célestes) et la trajectoire humaine, très logiquement conduit cette espèce si particulière à s’échapper de la sphère planétaire, corps et espace enclos, autant que du plan de son elliptique, et c’est la « conquête spatiale », formidable usine à déchets qui transforme tout aussi logiquement l’espace interplanétaire en décharge, en dépôt d’ordures, signe et trace de la condition artificielle qui met cette espèce dans l’incapacité de se tenir quiète dans un espace fermé, abouti, constant et animé de cyclicité pure.

Y a-t-il fatum ? Cette espèce est-elle condamnée à dégrader et souiller tout le donné naturel où elle surgit par effet de sa « croissance économique » avant que de périr fatalement dans son déchet. ? Peut-être ou peut-être pas, mais dès lors que l’on sait (et les philosophes comme Ferry, à n’en pas douter, savent) qu’elle est soumise au régime de l’artificialité et qu’elle demeurera telle tant que sa connaissance de quelque méta-cycle naturel hypothétique auquel elle est peut-être partie restera aussi faible et incertaine, son insertion par consensus dans un cycle économique où facticement écologique qu’elle s’imposerait par choix politique, demeurera une impossibilité, une utopie naïve et grossière.

L’option « capitalisme » à cet égard, est le dernier des paris qu’elle tente aujourd’hui (le marché, affirme Ferry, est l’avenir de l’écologie) : d’une plaie l’autre (de l’économie dirigée au libéralisme), l’espèce tourne en rond dans sa cage en s’occupant de lécher ces deux plaies économiques, alternativement, pendant que la forêt brûle et que les fleuves sortent de leur lit.
29 décembre 2018, 15:22   Re : Gilets jaunes
Pourquoi traiter ce sujet dans un fil de discussion sur les Gilets jaunes ? Parce qu'à l'origine de ce mouvement, il y a la concurrence entre urgence sociale et urgence écologique, et c'est bien le conflit entre ces deux urgences qui est en train de tailler en pièces Macron et le macronisme, et par voie de conséquence la Cinquième république en France.

Il n'y a pas d'"en même temps" entre ces deux urgences.

Homo Recyclus lit-on sur les gros cubes vert fluo où le citoyen de ma ville est intimé à déposer ses déchets après les avoir triés. Ce nom latin dit tout de la prétention anthropologique de cette politique économique nouvelle du "recyclage" – l'idéal d'une cyclicité économique qui forcerait l'existence humaine dans un moule fermé.

Parce que l'existence humaine est sans retour, parce que nos petits enfants ne répèteront pas l'humanité comme l'ourson répète l'ursité, il n'est pas d'homo recyclus qui tienne.

Il y a bien sûr quelque chose de terrifiant dans ce constat : l'humanité va sans retour possible, comme Voyager, objet dé-satellisé, artificialisé jusqu'à rendre sa trajectoire autonome des orbites. Le tragique de cette condition n'est pas à masquer, et quand on prétend à la philosophie, il ne saurait être question de le travestir par une déshumanisation censée nous faire entrer dans une noblesse animale illusoire, elle-même, bathmologiquement, devenue toc.
29 décembre 2018, 16:40   Re : Gilets jaunes
Mais il me semble que le besoin d'appartenance, de repères identitaires stables, est aussi constitutif de l'humain que le besoin de nouveau et d'inconnu. Les animaux, eux, vivent au jour le jour, insouciants du passé comme de l'avenir.Ils ne se connaissent pas d'Histoire.
29 décembre 2018, 17:08   Re : Gilets jaunes
Eh bien justement Cassandre, justement, l'histoire montre-t-elle une cyclicitee qui soit autre que problématique et contestée ?
29 décembre 2018, 17:21   Re : Gilets jaunes
Nous savons peu de la meta-histoire humaine, pour résumer, deux choses :
A- l'incontestable impermanence des sociétés humaines ;
B- la contestable cyclicitee de cette impermanence.

Ces deux éléments, données fondamentales du connu, nous conduisent avec prudence à la conclusion logique que l'humanité va sans retour, propulsée dans et par ses déjections, comme va la fusée.
30 décembre 2018, 16:31   L'argument hégélien
» Parce que l'existence humaine est sans retour, parce que nos petits enfants ne répèteront pas l'humanité comme l'ourson répète l'ursité, il n'est pas d'homo recyclus qui tienne

Sauf si le recyclage opère une sorte de synthèse entre répétition et transformation qualitative notable : qui niera que le passage de l'excrément au poopburger parfaitement comestible (et goûteux, nous l'espérons) participe à la fois du changement saisissant de la nature des choses et de leur cyclicité obligée ?

Mais je doute si la nature vivante est si répétitive que cela, ou uniquement répétitive : il y a d'abord que les espèces évoluent, que la nature organique va se complexifiant, et que l'homme lui-même, et par conséquent son cerveau si ridiculement hypertrophié et artificialisant à donf, en est après tout le produit.
31 décembre 2018, 18:09   Re : Gilets jaunes
Merci Alain. Mais non. Pour le coup, vous doutez mal.

Un mot sur Voyager. L'évoquant ici, j'avais presque oublié que l'objet lancé dans l'espace était porteur de messages identificatoires de l'humanité, jusqu'à la spatio-localisation terrestre, et qu'il transporte encore, s'il n'a pas fait de mauvaise rencontre depuis, une sorte de carte de visite de l'humanité : des sons, dont J.S Bach et des chants de tribus papoues, des images de l'humanité en acte, sa présentation ontologique brute à attention de toute intelligence extra-terrestre. L'entreprise est aussi grossière et naïve que l'on pouvait être sur ces questions dans les années 70. Mais en regardant de plus près, le message pouvait se passer de message. Le message physique de Voyager est d'une pureté cristalline et absolue. Son statut physique, son mouvement, signait suffisamment l'humanité : Voyageur va vers l'inconnu en droite ligne, hors-orbites (si ce n'est en les caressant au passage, en les frôlant pour se donner de l'impetus, comme un homme autrefois les jupons des femmes).

Voyager, même sans charge embarquée, signait le fait humain : la fuite, le départ sans retour, droit comme un "i" vers l'inconnu : borné deux fois, par son départ et par son explosion future au contact d'un autre corps en mouvement qui lui règlera définitivement le solde de son fatum.

Si le but de Voyager était de faire connaître l'humanité à des intelligences extra-terrestes n'eût-il pas été plus judicieux de faire comme toute bonne prostituée qui se respecte sait faire : s'installer à un carrefour connu, par exemple, en orbite autour de Jupiter, plus gros corps céleste du système solaire, au lieu de filer à travers champ, le champ des étoiles, en droite ligne et furtivement comme un voleur ?

Non. Le but de Voyager n'était pas de se faire remarquer ou adopter par quoi que ce soit, ou recueillir, ou stopper aimablement, mais il était de signer et de signifier objectivement (par l'objet attestant) l'humanité dans sa course fatale. Ce fut fait, et ce fut bien fait. Voyager, en allant sans rien dire, en filant droit sans savoir vers où, dit tout de l'humanité.
01 janvier 2019, 16:24   L'ordre des grandeurs
Francis, je doutais s'il n'était pas un peu artificiel de déganguer l'homme de la matrice naturelle de laquelle il est issu, et me demandais si, étant lui-même après tout un produit tout à fait naturel, certaines de ses prérogatives supposément "anti-naturelles" et artéfactuelles ne rejaillissaient en retour sur la nature tout entière, considérée comme un tout, laquelle s'avérerait donc bien moins répétitive et bornée que vous dites, si elle était ainsi capable de se dépasser dans et par son œuvre le plus complexe : en quoi est-ce mal ?

Pour ce qui est des sondes Voyager, vous savez, d'abord je ne suis pas si sûr que dans les années 70 on était forcément plus bête et naïf qu'on ne l'est aujourd'hui, cela valant surtout pour les scientifiques de haut vol qui avaient conçu le projet Voyager ; mais c'est une autre question... Toujours est-il que l’objectif initial des sondes était de collecter le plus d'informations sur les planètes externes, justement, Jupiter, Neptune, Saturne et Uranus, les engins ayant été construits pour durer 5 ans ; mais homo faber et l'excellence des scientifiques sus-cités étant ce qu'ils sont, les sondes ont continué de fonctionner bien après, ce qui fait qu'on pût envisager une seconde mission et aller au-delà en chatouillant l'espace interstellaire : dans ce contexte, l'histoire du disque informatif, que je trouve au demeurant pas mal du tout, embarqué dans les sondes, c’était juste au cas où, me semble-t-il, car ma foi, sait-on jamais, qui va là-bas...

Maintenant, concernant votre prostituée jupitérienne, écoutez : l'ordre des grandeurs dans l'univers étant tel, si la putain de l'espace s'était contentée de faire le trottoir aux alentours de Jupiter pour rencontrer du monde, c'eût vraiment été comme si elle avait étiré le pied hors de son lit pour appâter le badaud, qui pourrait se trouver un peu partout sur toute la planète, plutôt que dans son minuscule appartement, non ?
Soit dit en passant, même si on considère la "nature" indépendamment de l'homme, comme tout ce qui relève, pour reprendre une distinction philosophique, de "l'en soi" plutôt que du "pour-soi" caractéristique de la réflexivité humaine, il serait erroné je crois de ne vouloir rendre compte de cette nature plain vanilla qu'en termes de régularité, de cyclicité et de trivial déterminisme, car ce serait négliger tous les systèmes naturels chaotiques dont l’évolution est de fait totalement imprévisible, même si on continue de les qualifier encore, pour la forme, de "déterministes" : aussi l'extravagant privilège humain du départ, de la rupture et de la fuite toujours asymptotique est loin en réalité d'être notre apanage exclusif.
Rappelez-vous, Francis, le folâtre et tors clinamen, qui est selon certains à l'origine des choses : il a fallu que quelque chose, dans la belle régularité parfaitement rectiligne des trajectoires se détraque, dévie et se heurte, il a fallu de l'aléatoire, un incident fâcheux, a fuck up, pour que de la matière s’agrégeât et que se constituât une nature ; il a fallu du mal, aurait dit Leopardi.
Oh, et cela depuis n'a cessé de continuer ainsi...
10 janvier 2019, 19:48   Re : Gilets jaunes
C'est vrai : la nature est ordonnée, cyclique et en même temps chaotique, folle, dérangeante de ses cycles. Il y a tout à la fois une volonté de puissance cycliciste et une volonté de chaos dans ce bain qu'est la nature (bien un bain, et non une chose).

Et l'humain l'imite (cette humanité qui dans ses actes et son histoire est faussement cyclique et faussement chaotique), mais la singularité humaine est telle que cette imitation est bien cela : une imitation, savoir une extériorité foncière à la chose imitée.

L'homme imite la nature, ne sait faire que cela et ne sait que mal le faire ! telle est sa sotte et navrante condition.
11 janvier 2019, 18:40   Unamuno
Allons, allons, Francis, ne désespérez pas tant, du nerf, et mettez-vous un peu de jaune sur les pommettes pour vous requinquer, té, les nouvelles couleurs de la guerre...
De toute façon, Valéry avait déjà magistralement résumé la situation :

« L"homme n'est pas une solution au problème de vivre. »
13 janvier 2019, 17:08   Re : Unamuno
Ecouté hier Répliques sur les GJ : si la première partie de l'émission brossait un tableau clair de la situation "socio-économique" de ces "petits Blancs", négligés de la République, la seconde partie m'a paru un peu brouillonne, peinant à rendre compte du caractère plus proprement séditieux du mouvement...

Quelques remarques de Dominique Reynié :
- "objectivement", la France est l'un des pays "les mieux lotis du monde", du point de vue du niveau de vie par habitant, de l'évolution de ce niveau dans les vingt dernières années, et de l'écart entre riches et pauvres ;
- la relative précarisation au cours des dernières années (à opposer à son amélioration globale sur une période plus longue de 20 ans ?) de ce niveau de vie dans la tranche inférieure de cette classe moyenne, surtout par rapport à son amélioration dans les couches plus aisées bénéficiaires de la libéralisation, toucherait quelque 20 pourcents de la population ;
- paradoxalement, Macron est le seul président qui dernièrement ait au moins manifesté de l'intérêt et de la "compréhension" pour ces classes moyennes, et pris des mesures en leur faveur (travail, taxe d'habitation) ;

a priori, rien là, de ce point de vue, qui justifie de faire la révolution et d'embringuer tout le pays, dont une assez large majorité semble n'avoir pas trop à se plaindre de son sort, dans un inévitable et coûteux bordel généralisé dont l'issue est totalement incertaine.
Evidemment, comme dit Thierry Noroit, la question de l'intégrité nationale, disons, Grand Remplacement et immigration, fausse le jugement...
13 janvier 2019, 21:44   Re : Unamuno
Ce qui montre bien que la question essentielle n'est pas là mais dans le fait que les Français ont conscience de ce que la Clique qui les dirige n'en a strictement rien, mais alors absolument rien à cirer de ce qu'ils pensent et ressentent, notamment sur le fameux non-dit — sans parler de l'Union Européenne (le peuple a gardé une tenace rancune à cause du non respect de sa volonté exprimée lors du référendum sur la constitution européenne).

Cela dit, ce n'est pas tout à fait exact : le niveau de vie des retraités, par exemple, baisse réellement depuis plusieurs années et, bien que jouissant d'un niveau de vie dans l'ensemble plutôt confortable, les gens commencent à craindre, non sans quelques bonnes raisons, de le voir bientôt baisser sensiblement. Et ne parlons même pas du niveau de vie collectif (qualité des services publics, saleté des villes, violence, etc.).
Est-ce que l'un des effets les plus marquants de la crise des "gilets jaunes" n'est pas, concrètement, de détourner complètement l'attention générale des autres enjeux de société, dont celui qui nous occupe souvent ici, à savoir le problème posé par les populations d'origine immigrée et le Grand Remplacement ?
L’esprit humain étant généralement constitué de telle sorte qu’il ne puisse considérer qu’un seul problème à la fois, l’un chassant l’autre et occupant pour ainsi dire tout l’espace de l'intérêt disponible, le seul fait de mobiliser si manifestement toute l'attention sur un point particulier du réel, qui semble en plus avoir tendance à s'étirer indéfiniment dans le temps comme un caramel mou et jaune, fait presque naturellement passer tout le reste à la trappe de la quasi inexistence...
18 février 2019, 10:15   L'oeil perdu des Gilets jaunes
L’esprit humain étant généralement constitué de telle sorte qu’il ne puisse considérer qu’un seul problème à la fois, l’un chassant l’autre et occupant pour ainsi dire tout l’espace de l'intérêt disponible, le seul fait de mobiliser si manifestement toute l'attention sur un point particulier du réel, qui semble en plus avoir tendance à s'étirer indéfiniment dans le temps comme un caramel mou et jaune, fait presque naturellement passer tout le reste à la trappe de la quasi inexistence...

L'esprit humain est fait comme l'oeil humain. L'oeil est une sorte de petit cerveau : pour voir les étoiles les moins distinctes, pour s'assurer de leur présence lointaine, dans la nuit, il faut regarder à côté : les cônes des fonctions perceptives de la rétine qui perçoivent les lumières les plus faibles ne sont pas situés sur la fovea mais latéralement par rapport à elle. Le cerveau s'hypnotise par l'axe central des perceptions, il se libère par les côtés. Les GJ, c'est la fovéa, l'axe de préoccupation central, cependant que l'imperceptible présence est visible par un détour du regard. Le problème central ne s'aborde pas toujours frontalement.
18 février 2019, 11:25   Re : Gilets jaunes
La fovea, l'axe central sur lequel le regard fixé ne voit rien, c'est le nez au milieu de la figure.


Voici un billet que j'aurais aimé pouvoir cosigner :


Sur l'agression verbale de Alain Finkielkraut lors de "l'acte XIV" des gilets jaunes.


Il n'aurait pas été anormal, si regrettable selon les éventuelles modalités de la chose, que Finkielkraut soit chahuté par des gilets jaunes : en effet, lui qui a le culot de se revendiquer soutien de la première heure, seul à l'avoir été parmi les "intellectuels", les a en fait très vite soutenu comme la corde le pendu. On sait qu'il abhorre les mouvements sociaux car de foule, on peut le comprendre. Mais dans ce cas on ne se mêle pas de ce genre d'événement, on reste à distance. Plus grave : en fin finale, son discours à ce sujet est platement convenu et désespérément peu pensant, un comble pour quelqu'un qui citait encore hier soir (sur BFMTV, soudain très empathique avec lui) Raymond Aron dénonçant la "paresse de la pensée", ce mal endémique au monde des bavards et des pique-assiettes de la caste dominante.

Mais c'est tout autre chose qui s'est passé samedi.

Avant d'y revenir, il faut encore ajouter ceci, qui est bien pire : l'indignation de l'académicien l'a poussé en cette occasion à renouveler d'une part sa critique des réseaux sociaux, véritable "poubelle" mondiale, et d'autre part à déplorer la critique des médias et journalistes, devenus à ses yeux les derniers défenseurs d'un "monde commun" en voie de disparition (et avec lui, toute la civilisation, grosso modo...). Autant dire que tant Macron et ses sbires dans leur attaque en règle contre les libertés publiques et les espaces très relatifs de liberté de parole qui subsistent encore, que BFMTV et consorts, buvaient tous du petit lait.

Finkielkraut avait donc droit à une écoute attentive, cordicole, le tout baigné par la dernière componction par des gens qui lui sont habituellement parfaitement hostiles (et ne manqueront pas de le redevenir à la première occasion). Et il servait vainement la soupe quand il pensait agir pour le bien commun et en mémoire de son histoire.

Triste.

Car, même lui, et c'est dire, a tenu à respecter scrupuleusement la limite à ne pas franchir dans le cas d'espèce, ce qui relève, on regrette d'avoir à le dire, de la collaboration (il refuse le parallèle politique de l'actuelle situation avec les années 30, et c'est juste ; mais on n'est pas non plus obligé d'y associer systématiquement ce mot, quand c'est bien de collaboration qu'il s'agit, on va le voir, en l'occurrence de collaboration au monstrueux mensonge idéologique qui nous condamne à mort, à l'omerta sur la vérité de notre liquidation, effective et non pas fantasmée, comme peuple, pays, histoire, destin, civilisation) : il n'a été question, tout au long de cette interview (et ailleurs également) que du "nouvel antisémitisme" qui sévit désormais en France et s'exprime de façon de plus en plus "décomplexée" et inquiétante. Il a même été établi qu'on ne pouvait l'attribuer au Rassemblement National, et j'ai entendu Cohn-Bendit sur une autre chaîne saluer la réaction rapide et nette de Marine Le Pen, et dénoncer celle, tardive et ambiguë de Mélenchon ! Même pas à l'ultra-droite ! Mais alors à qui ? Motus et bouche cousue. Certes la FI était visée indirectement à travers les Thomas Guénolé et autres. Mais qui à la FI ? Rebelote : motus et bouche cousue. Tout au long de cet entretien (et dans tous les autres « débats » télévisés que j’ai pu voir), pas une fois il n’a été dit ce qu’il fallait dire, alors que c’était gros comme le nez au milieu de la figure (et que, du reste, les Français l’auront parfaitement perçu et compris. En particulier, au JT2 et sans doute ailleurs, on aura clairement entendu le "La France est à nous" du maghrébin hystérique insultant Finkielkraut, et on l'aura fort bien analysé).

Les faits sont pourtant simplissimes, et aveuglants : cet antisémitisme est d'origine coranique ; il a été importé avec la submersion migratoire, en particulier en provenance du monde arabo-musulman ; il ne fait que commencer à s'exprimer ouvertement, et les "antisémitismes" ou l’antijudaïsme d’antan paraîtront bien aimables à côté de celui qui arrive, le mahométan ; la FI, comme toute la gauche (qu'on retrouve jusque dans les rangs de LREM), en est toute gangrenée, car elle a encouragé l'entrisme de ces gens, tout comme le parti travailliste en Angleterre de Jérémy Corbin, tout comme les démocrates aux USA (à travers la "promotion" délirante et clientéliste des minorités, sachant qu'ils n'ont pas, chez eux, la même proportion de mahométans que nous, ce qui limite encore un peu les choses). Bref : le changement de population imposé à marche forcée, qu’il ne faut surtout pas appeler Grand Remplacement, et moins encore intégrer dans une perspective beaucoup plus vaste et planétaire au service d’intérêts qui échappent définitivement à toute raison humaine, ce changement est en train de produire, très logiquement, ses effets, de façon imparable.

Voilà ce que n’a pas dit Finkielkraut, qui a préféré, avec la véritable meute, vomir sur les gilets jaunes, ce mouvement « qui ne sait pas s’arrêter » ( !!!), et sur les réseaux sociaux pourvoyeurs de fakenews, en encensant parallèlement sans l’ombre d’une critique les médias, ces derniers défenseurs du « monde commun » habitable.

A la très relative décharge de Finkie, on dira tout de même que sur la fin de l’émission, D’Ornellas revenant sur les églises profanées ces derniers temps (et sur l’omerta quasi complète des médias à cet égard), notre ex-champion bien fatigué a dit qu’à son sens « catholiques et juifs », malgré des relations compliquées dans le passé, allait se retrouver dans le même bateau à l’avenir. C’est parfaitement exact. Mais : sur qui s’appuie la modernité modernante pour achever de détruire ce qu’elle hait par-dessus tout ? Qui sera l’adversaire unique et sans merci de ces deux populations ?
On se le demande…
En tous cas, cela ne sera pas dit.
Sauf ici (et j’imagine dans quelques autres endroits).

Reste que cette agression aura été bien exploitée, et pour enfoncer encore et encore un mouvement effectivement de plus en plus phagocyté dans ses expressions publiques par l’islamo-gauchisme, et pour exploiter le filon habituel contre toute défense nationale.

Il se trouve que ce mouvement est structurellement, ontologiquement même devrait-on dire, incapable de « gérer » ces manœuvres, de celles de la CGT (autre organisation largement investie par les mêmes) à celles de la FI et de « l’ultra-gauche », cette milice au service du voyou Castaner. Il tente de redéfinir ses moyens d’action pour y parer, mais ce sera difficile. Il lui faudrait être capable de se débarrasser de ses derniers « représentants » en vue, et de mobiliser à nouveau une intelligence collective — aidée aussi, c’est nécessaire et cela manque terriblement —, pour redéfinir son horizon. Les idées ne manquent pas ! Des manifestations le dimanche (pour les commerces) à leur suspension provisoire en vue d’une grande manifestation au mois de mai, post « grand débat », regroupant les forces et ciblant 2 ou 3 revendications principielles, au premier rang desquelles le RIC seul moyen institutionnel de reprendre la main, la détaxation, etc.

[demeurelafrance.fr]
18 février 2019, 22:51   La vision diurne et directe
Je crois que les cônes sont situés dans la partie centrale de la rétine justement, ce sont les bâtonnets qui sont beaucoup plus nombreux à sa périphérie : ces derniers sont responsables de la production élémentaire de la sensation lumineuse et ne détectent que la "quantité" de lumière, utilisés surtout en vision nocturne, alors qu'aux cônes est dévolue la perception des couleurs, en vision diurne.

Or le jaune, Francis, est bien une couleur, et peut parfaitement se distinguer et s'afficher de face, en plein jour : il n'est besoin d'aucun détour pour se rendre compte que le "mouvement" des GJ est devenu une sorte de nébuleuse littéralement inqualifiable, un patchwork d'aigreurs et de récriminations les plus disparates qui finira bien, pense-t-on, par se désagréger en autant d'éléments totalement incompatibles qui le constituent désormais, faute de liant, de possibilité de dépasser l’éructation et les mouvements réflexes, faute d’intelligence et de talent politique minimal.

Le cher Alain Finkielkraut ne manquant certainement pas d'humour, l'incident auquel il a été mêlé relève aussi d'un certain comique : il aura eu le chic de tomber sur des "gilets jaunes" islamistes, décidément, quel manque de pot... Des "gilets jaunes" quoi ? Islamistes !! il y en a aussi, pardi, et pourquoi pas... Et aussi probablement des "soraliens", c'est vrai, tant qu'à faire, de ceux qui font la "quenelle" et entonnent le Chant des partisans revisité en foutage de gueule, ou de cul, c'est tout pareil, qui rôdent à Montparnasse...
C'est le cirque, la grande farce, et c'est avec ça que vous voulez sauver la France ???
18 février 2019, 23:16   Re : Gilets jaunes
Attention Alain, la France historique à pour vocation de surprendre le raisonnant. Les sans-culottes, à Valmy, cent fois moins fréquentables que le dernier des Gilets jaunes supprirent le Prussien raisonnant et en profiterent pour relancer le destin de l'Europe. Le soleil, que l'on ne saurait regarder en face, est jaune dans l'imagerie populaire.
19 février 2019, 12:38   Re : Gilets jaunes
Tout le système, juifs compris à l'exception de quelques uns, un Zemmour par exemple, s'efforce depuis au moins 20 ans de cacher l'amant dans le placard de la chambre à coucher en prétendant, chaque fois qu'on le découvre, qu'il n'est en réalité qu'un voleur planqué ou le plombier qui s'est trompé de porte. On espérait qu'avec les GJ ce genre de mensonge vaudevillesque commencerait à être dénoncé comme tel. Force est de reconnaître qu'il n'en a rien été et que jamais le silence sur l'immigration et l'islam n'a été aussi assourdissant. On peut juste pour se consoler analyser qu'il faut prendre en l'occurrence le mot presque au sens littéral du terme : les deux phénomènes, bien que non explicités, sont si violemment présents dans l'espace mental, qu'ils l''assourdissent'' au point qu'on n'arrive plus à réfléchir, au sein des GJ,
à une quelconque sortie du mouvement, lequel pour cette raison tourne en rond. Ainsi l'abeille voudrait sortir à l'air libre mais, n'y arrivant pas, ne cesse, en vain, de se cogner à la vitre invisible sans comprendre que c'est celle-ci qui l'en empêche.


Message modifié
19 février 2019, 17:11   Re : Gilets jaunes
Mais la victoire de Valmy ne fut-elle avant tout assurée par le talent de quelques officiers remarquables, qui n'étaient certainement pas moins "raisonnants" que les Prussiens, mais au contraire plus et mieux, compte tenu des moyens dont ils disposaient ? Parmi lesquels, du reste, excusez du peu d'intelligence à l'œuvre, un certain Laclos...
Et puis tout de même, Sans-culottes ou pas, il y avait une armée, et une capitale à défendre, pas à saccager...

Et entre nous, Francis, la Raison est loin d'être le monstre froid que vous semblez croire parfois, cela nous ramènerait à d'anciennes discussions : non seulement elle peut aussi être une passion, mais en plus c'est une disposition en son fond très in-nocente : elle est la politesse un peu navrée de ceux qui ont pris acte du fait qu'on ne peut pas tout savoir, loin s'en faut...
19 février 2019, 17:43   Re : Gilets jaunes
» On espérait qu'avec les GJ ce genre de mensonge vaudevillesque commencerait à être dénoncé comme tel. Force est de reconnaître qu'il n'en a rien été

C'est bien ce que je me demandais plus haut : on ne voit plus du tout le vert, étant sous l'obnubilation exclusive du jaune ; pire, même quand le premier s'affiche pour une fois pour ce qu'il est, à découvert, il est pour ainsi dire "coloriquement" lavé par le jaune, washed out, ce qui est un comble : actuellement, avec les GJ, on ne cache même plus l'amant, on a trouvé le moyen de l'escamoter...
25 février 2019, 23:58   Re : Gilets jaunes
L'islamisation de l'Europe est un projet de l'Empire Mol, projet de l'Empire-des-Droits-del'Homme comme a eu le toupet de le nommer Bruno Le Maire.

Les Gilets se battent contre cet empire. Dans une vidéo récente, produite en Hongrie, Christian Combaz l'explique enfin, dans des termes qui devraient être familiers à ceux qui me lisent ici depuis longtemps : l'insurrection contre les Empires, fondent et font renaître les nations en Europe, en Hongrie comme en France et les "fachistes", dans la bouche des porte-paroles soviétiques, étaient les Hongrois en insurrection pour la renaissance de leur pays en 1956.

L'Urss, idéologiquement, structurellement (oui, je sais il n'y pas de Goulag en Saône-et-Loire, même si un paysan s'y pend tous les trois jours !) a connu une translation vers l'Ouest, qui a pris un demi-siècle et s'est précipité depuis 1992. Les gens n'ont pas bougé, ils n'ont pas voyagé, c'est l'Empire qui voyage. L'Empire continental européen, sous trois avatars successifs, n'a cessé d'être et a connu trois translations en un siècle : le 3e Reich, dont la flamme fut transportée de Berlin à Moscou en mai 1945, l'Urss qui la conserva jusqu'en décembre 1991, et Berlin, capitale de l'Allemagne réunifiée qui la reprit en janvier 1992 dans et par la fondation de l'UE. Tout le reste des événements européens, dans cette période, notamment la guerre des Balkans, ne sont que des contre-coups, chutes de dominos, entraînés par ces déménagements du trône continental.

Les insurgés de l'Est (Solidarnosc en Pologne, etc.) dans les années de la guerre froide, étaient tenus pour des héros par nos soixante-huitards de 1981; ces insurgés sont les mêmes aujourd'hui, en Hongrie ou en Pologne ; non seulement leur rôle patriote contre l'Empire Mol n'est autre qu'une reconduction de celui qu'ils avaient assumé contre l'Urss mais il arrive que les mêmes personnes soient à l'oeuvre dans cette reconduction, et nos soixante-huitards, soviétoïsés dans leur tête, les traitent évidemment de "fachos" comme l'Urss les mêmes quand l'Empire était de l'autre côté du rideau de fer.

En décembre 2018, nous avons vu pour la première fois depuis les événements du Printemps de Prague des blindés repousser des insurgés dans une capitale européenne : Paris. Sur leur tablier de fer : l'enseigne de l'Union européenne, comme l'on pouvait voir le symbole de l'Urss sur les chars soviétiques réprimant cette insurrection de Prague. Pour la première fois en un demi-siècle dans une capitale de l'Europe occidentale, ce n'est ni à Londres, ni à Rome ou Berlin mais bien dans notre Paris, ville de toutes les Révolutions, qu'une force supranationale armée affiche son logo dans une action de répression de manifestants réclamant un changement de régime.

L'immigration sauvage-organisée et l'islamisation de l'espace jadis appelé France sont des sous-produits stratégiques de l'Empire Mol, et en négligeant d'en faire l'objet principal de leurs revendications, les Gilets voient peut-être plus loin, plus profond et plus haut que vous.

Lien vers la vidéo de Combaz à Budapest. Combaz frise la vérité, la vision juste de l'histoire politique européenne depuis un siècle, celle que je m'efforce sans grand succès de vous faire entendre ici depuis des mois et des années :

[www.youtube.com]
26 février 2019, 12:25   Re : Gilets jaunes
Francis, j'ai toujours été globalement d'accord avec vous mais je suis trop piètre historienne pour que mon opinion me semblât digne d'être exprimée.
26 février 2019, 13:16   Re : Gilets jaunes
Il y a en tout cas un point sur lequel je vous suis, Francis : il existe un point commun entre le projet européen tel qu'il est poursuivi par Bruxelles et les empires totalitaires du XXe siècle, qui est d'être fondé sur le mensonge. Et même si le mensonge n'est pas le même, cela entraîne de profondes similarités.

« Est diabolique celui qui établit le royaume du mensonge et oblige d’autres à y vivre. Cela dépasse l'humiliation de l’aliénation mentale, car alors le royaume du monde inversé est établi et l'Antéchrist porte le masque du Rédempteur, comme dans la fresque de Signorelli à Orvieto. Le diable n'est pas le meurtrier, il est Diabolos, le calomniateur, il est le dieu en qui le mensonge n'est pas lâcheté, comme chez l'homme, mais domination. Il ferme le dernier recours contre le désespoir, la conscience, et crée le royaume de la folie, car c'est folie de s'établir dans le mensonge. »

Arnold Gehlen, “Moral und hypermoral”
26 février 2019, 16:04   Re : Gilets jaunes
Ces trois refondations impériales, 3e Reich, Urss, UE ont en commun bien plus que la technique du mensonge officiel ; elles ont pour préoccupation première, commune, constante et uniforme, ce qui définit leur véritable vocation, celle qui s'affirme du jour de leur fondation jusqu'à leur chute finale: l'effacement des nations et le brouillage de l'identité des peuples. Chez Hitler, premier No-Border en Europe occidentale au vingtième siècle (cf. l'éclatante mise en acte de sa pensée dans l'Anschluss en mars 1938), chez Staline et la "question des nationalités", qu'il résolut radicalement en "autonomisant" des républiques indépendantes, soit en les absorbant dans l'URSS, et chez nos Komisars actuels de Bruxelles qui rêvent d'une Europe unissant non plus des nations mais des "régions" ou "pays" dans une extension des Landers allemands à l'échelle du continent. Mais l'antéposée de cette obsession, chez ceux qui résistent à l'impérialisme intraeuropéen, n'en est pas moins invariable : la doctrine Wilson, qui était de donner à chaque peuple son territoire et à chaque territoire son peuple, soit une doctrine foncièrement anti-impérialiste (qui connut son apothéose avec la création de l'Etat d'Israël) s'imposant en Europe pendant les quelques années qui suivirent la Libération avant de périr étouffée lors de l'érection du mur de Berlin et l'imposition sur les peuples de l'Est des régimes du Pacte de Varsovie. Cette doctrine eut la vie brève, l'Allemagne nouvellement réunifiée allait y mettre le haut-là en lançant son projet de troisième refondation continentale, dès 1992. Dans ce début des années 90, entre chute de l'Urss et fondation de ce 4ème Reich post-hitlérien, l'Allemagne (et son chien courant la France) ne laissa que quelques mois, que dis-je que quelques semaines aux peuples d'Europe pour souffler. L'Urss leur avait laissé près de 10 ans après la Libération.

Ce que dit Combaz est remarquable car je ne le lis ni ne l'entends nulle part hormis ici, dans mes interventions : l'Empire est constant mais ses avatars sont divers et mobiles ! Son sceptre et son trône ont beau être déménagés à grand remue-ménage deux fois par siècle, il n'en demeure pas moins constant dans son paradigme, son injure permanente aux peuples réticents (cf. l'insulte "facho" recyclée à 50 ans de distance par-delà le rideau de fer et qui, changeant de bouche, vise toujours les mêmes, coupables de vouloir toujours la même chose : exister et renaître, dressés contre les forces de la tyrannie globalisatrice et impérialiste qui veulent leur anéantissement).

Encore une fois, peu importe l'étiquette : Reich national-socialiste, Union soviétique, Union européenne libérale, le flacon contient le même poison, la même formule invariable, et les symptômes de l'empoisonnement, repression sanglante, police de la pensée, omnipotence de la parole officielle, mensonge officiel, art de l'omission artistique et autistique volontaire des faits et "narrations" du réel non moins artistiquement tissées, faussel et presse aux ordres, tout y est, tout y demeure. L'empire européen continental a beau se déplacer et se refonder, il est comme l'individu souffrant d'une psycho-pathologie à vice : il ne se refait pas.

(message modifié)
01 mars 2019, 09:17   Re : Gilets jaunes
De la continuité de l'être impérial continental européen (et post-chrétienté) :

avec son capitalisme de connivence, oligarchique et monopolistique, sa nomenklatura corrompue, méprisante et moralisatrice, hypocrite et profiteuse, ses parlementaires vendus aux groupes de pression économiques, l'Union européenne en 2019 n'est pas plus libérale que l'Union soviétique n'était socialiste dans les années 70 et 80 du siècle dernier.

Ce simple constat comporte des implications politiques colossales pour nous autres aujourd'hui :

Assez donc, suffit ! des harangues cégétistes ou mélenchonistes sur "l'Europe libérale" qui nous étrangle ! Stop ! fini ce hors sujet politique de la "critique du libéralisme" ! Boxe à côté ! Les dissidents russes sous Brejnev, en 1979 songeaient-ils encore à "critiquer le socialisme" ?

Nos "anti-libéraux" ont un demi-siècle de retard sur eux.

01 mars 2019, 09:41   Re : Gilets jaunes
L'être impérial continental est en Europe aussi méta-économique qu'il est méta-historique.

A cet égard, il s'apparente au cas chinois : l'Empire y change de tunique économique comme de chemise (communisme, capitalisme, etc.), voire, superpose ces vêtements qui habillent sa pérennité.

En Amérique, l'empire ne connaît pas la même versatilité. Ou plutôt, il n'a pas encore eu à sa disposition l'empan historique suffisant pour la connaître, n'ayant pour l'heure connu qu'une seule fondation révolutionnaire.
02 mars 2019, 12:19   Re : Gilets jaunes
Alain Finkielkraut, ce matin à Réplique, a dit que le concept de Grand Remplacement était peut-être un fantasme paranoïaque. Le « peut-être » indique qu’il a un doute.
02 mars 2019, 13:30   Re : Gilets jaunes
Dire ou faire dire à tous les paumés qui pondent des articles, des essais, des ouvrages demi-savants ou qui mettent en ligne ces vidéos qu'on trouve par centaines sur YouTube dans lesquelles l'invasion migratoire est présentée comme corrélable, quand ce n'est pas pure conséquence, au libéralisme économique et/ou à ce qu'ils appellent "la mondialisation" qu'ils sont à côté de l'histoire. La cause historique, logique et politique du Grand Remplacement ne peut-être cela. Sur d'autres continents, des pays qui ont plongé tête la première dans le bain de la "mondialisation libérale" montrent un taux d'immigrés transcontinentaux proches de zéro : Corée, Hong Kong, Japon, etc.

La "mondialisation libérale" n'est pas plus en cause dans cette invasion que subit l'Europe que la "colonisation passée de l'Afrique par les Européens" : la Suède, noyée de migrants d'Afrique et du Moyen-Orient, n'a pas eu plus de colonies dans cette région du monde que l'Irlande ou la Suisse (pays qui sont eux aussi touchés par ce flux migratoire).

Ni la mondialisation libérale ni le passé colonial ne sont en cause dans ce qui nous arrive et qui n'arrive qu'à nous, Européens de l'Ouest. La cause historique à ce malheur est à chercher chez nous, dans une évolution ou une dynamique qui nous est interne, un projet anthropologique qui nous est propre, qui est natif à l'Europe : l'éternel retour de la fondation impériale pancontinentale, obsession morbide, elle-même impérieuse et qui fait que les Européens ne savent pas l'histoire qu'ils font.

Des conjectures existent sur les causes de cette cause : le divorce du Prince d'avec la spiritualité qui avait éclairé ses actes, qui a eu lieu en Europe occidentale mais pas en Amérique où le Président élu prête encore serment sur la bible; la fondation de l'Union soviétique et son régicide consacraient ce même divorce; pour ne rien dire du 3e Reich inspiré par le paganisme. En Chine, au Japon, le dirigeant suprême, Président (en Chine) ou Empereur, reste une référence spirituelle (la sagesse confucéenne ou bouddhique est censée l'habiter) et la vertu qu'il incarne est en Asie orientale indissociable des traditions spirituelles (en Corée, un président ou une présidente convaincu(e) de malversation ou de concussion est jeté(e) en prison sans cérémonie, ce qui n'est pas vraiment le cas dans le pays de Voltaire); dans ces pays, la refondation révolutionnaire ne prévoit pas la dissolution de la nation dans un grand tout idéel et flou (comme l'UE); aucune prétention à l'universalité absolue, masque hypocrite d'une liquidation du peuple et d'une noyade de son identité; aucun suicide ni renoncement à être chez la collectivité nationale représentée par ses élites.

Le projet d'Union européenne est une cochonnerie nihiliste et folle, qui encadre et rend possible tout ce que nous subissons. Lui seul est d'ici et nous seuls, qui sommes ici, subissons ce que nous subissons. Quel autre coupable aller chercher ?
03 mars 2019, 15:34   Re : Gilets jaunes
Parmi ces Diafoirus qui ont "le libéralisme économique" et tutti quanti, en ligne de mire pour explication de tous nos maux, ce champion toutes catégories de la boxe à côté : Alain de Benoist

Qu’est-ce que l’individu libéral ? « La culture du narcissisme, la dérégulation économique, la religion des droits de l’homme, l’effondrement du collectif, la théorie du genre, l’apologie des hybrides de toute nature, l’émergence de « l’art contemporain », la télé-réalité, l’utilitarisme, la logique du marché, le primat du juste sur le bien (et du droit sur le devoir), le « libre choix » subjectif érigé en règle générale, le goût de la pacotille, le règne du jetable et de l’éphémère programmé, tout cela fait partie d’un système contemporain où, sous l’influence du libéralisme, l’individu est devenu le centre de tout et a été érigé en critère d’évaluation universel. »

Si votre fille s'en va du poumon, Madame, c'est à cause du grand froid associé aux phases de la lune, du bouillon de 5 heures frelaté que vous lui avez servi depuis l'âge de six ans, de l'apologie des hybrides qui règne dans les sciences et de ma prostate qui m'a conduit, à trois heures du matin, à pisser dans un violon à cause de la bougie qui s'est éteinte sous l'effet du courant d'air intempestif qui régnait à ce moment au fond du couloir qui conduit aux commodités.

Ces gens sont obtus à la science du fait historique. Ils sont infoutus de le voir en face et complètement, ou même incomplètement et de biais. Leurs fantasmes leur tiennent lieu de pensée politique, autant que philosophique (mais ce dernier point va de soi).

Alain de Benoist, dans son dernier combat de boxe-à-coté avec Alain Minc, sur Causeur :
[www.causeur.fr]
03 mars 2019, 17:58   Malle Babbe
Diafoirus ou pas, il me semble que la description de Benoist est plutôt juste : l'homme libéral contemporain participe en effet de ces caractéristiques, au premier chef desquelles le magistère institué de l'"individu", qui coïncide pratiquement avec ce qu'on appelle la modernité, tant philosophique que politique : renversement de la perspective à partir de laquelle est considéré et évalué le réel au quasi seul profit de l'angle de vue du nouveau Dieu, le sujet-roi, dans un processus allant croissant de subjectivisation du monde. Tout cela est quand même plus de l'ordre de la constatation que de la folle hypothèse...

Reste à savoir si c'est si mal que cela, en vertu de quels critères axiologiques — comme nous le savons tous depuis longtemps, la réponse à cette dernière question relève d'un type de jugement de valeurs qui n'est pas nécessairement partagé par tous —, et enfin, et ce n'est pas la moindre des interrogations, si ces processus peuvent d'une façon ou d'une autre être manœuvrés et modifiés par des volontés humaines spécifiques ayant pouvoir d'imposer au réel si ductile leurs idées des choses, et faire en dernier recours que l'essence antéposée gouverne l'existence.
Sur ce dernier point, mon cher Francis, Alain de Benoist n'est peut-être pas si éloigné de vous, lui qui a l'air d'estimer que ce mal que serait le libéralisme, comme une essence archétypale "informant" le monde, pourrait être corrigé par des Moires mieux averties, comme vous semblez tenir que les faits historiques soient la conséquence d'une sorte d'esprit de la marche du monde — en l’occurrence l'être ou l'essence impériale subsumante s'incarnant un peu partout —, même s'il apparaît que les itérations successives de cet esprit soient dernièrement franchement dégénératives.

Notez que si c'est au contraire l’existence, avec sa face hideuse de Gorgone ricanante à la Malle Babbe, qui précède et gouverne l'essence, vous et Benoist en serez pour vos frais, malgré toute cette science infuse du fait historique...
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