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Envoyé par Serge Diot 
08 juin 2019, 19:20   Re : Journal
» L'explication ne vaut pas pour les années giscardiennes, décisives, pendant lesquelles Renaud Camus était membre du CERES, l'aile gauche du Parti socialiste. Même s'il s'agissait d'un militantisme extrêmement "léger", comme en témoigne Le Journal de Travers, de 1976, il témoigne d'un clair intérêt pour la chose politique

Je persiste pourtant dans l'idée que cela n'avait absolument rien à voir avec le basculement politique à partir de quoi on se mit martel en tête pour la cause de l'intégrité de la nation et, toutes affaires cessantes, n'eut de cesse que les Sarrasins (entre autres mais principalement) ne fussent boutés hors la terre de France.
Les foucades chevènementistes un peu gauchisantes, mais de façon distinguée, c'était gentillet et n'engageait pas à grand-chose, c'était à côté et en passant, quand l'œuvre, la vie, la littérature, les pôles d'intérêt étaient manifestement ailleurs : puis il semble bien que le gros œuvre se soit comme déporté vers cet aspect-là du réel — ce qu'impliquait une vision spécifiquement politique du monde et de la société —, et ce de façon, me semble-t-il, presque exclusive.
S’embarquer dans ces galères, se présenter à des élections, se boucher le nez et devoir fréquenter les « raclures » que vous évoquiez plus haut, quand on demeure fondamentalement honnête homme, c’est tout de même autre chose…

Nabokov avait défini quelque part le réel comme étant ce sur quoi se focalise l'intérêt et se porte toute l'attention: n'existe en réalité que ce qui importe : quand ce qui ressortit à l'enjeu proprement politique n’est pas premier, loin s’en faut, dans l’ordre des priorités, il est tout à fait normal de ne pas relever avec toute l’acuité nécessaire ce qui apparaîtra plus tard de l’ordre de l’évidence…
08 juin 2019, 20:52   Re : Journal
« Le "Petit remplacement", dans les années Giscard et suivantes, était lui-même menacé par un autre "Grand Remplacement" qui n'est pas celui d'aujourd'hui : pour ceux qui l'auraient oublié les années Giscard et suivantes (jusqu'en 1985) furent les années Brejnev, quand l'aiguille du cataclysme nucléaire se rapprochait dangereusement de minuit. La Guerre froide occupait les esprits si fortement que cette distraction empêcha de voir venir la mutation, ou le changement de paradigme qui devait survenir: »

Cela me semble incontestable : je me souviens de conversations "politiques" animées avec un coruscant ex-maréchal des logis-chef, très à droite, où l'ennemi était parfaitement identifié, c'étaient les cocos, véritable poulpe vireux, fielleux et multi-adhésif, incarnant alors de façon caricaturale le Mal : puis advint la chute du Mur, le danger communiste se réduisit à la façon piteuse d'un flasque soufflé complètement dégonflé, et j'ai quasiment vu, dans la tête de mon martial ami, s'opérer le déclic mental adaptatif qui prenait acte de la nouvelle donne et distribuait déjà les nouveaux rôles, dans la désignation de l'ennemi parfait : l'islam, bon Dieu, fallait y penser !
Le réel a horreur du vide, et on ne peut être à la fois au four et au moulin.
08 juin 2019, 22:21   Re : Journal
"... c'était gentillet et n'engageait pas à grand-chose, c'était à côté et en passant, quand l'œuvre, la vie, la littérature, les pôles d'intérêt étaient manifestement ailleurs :..."

... l'islam, bon Dieu, fallait y penser !

Ce pauvre VGE, tellement combattu et méprisé, avait compris lui que la menace de l'Est n'interdisait pas de penser ce qui allait advenir avec le Sud si on ne prenait pas des mesures radicales.

Et puis il y a l'autre période, celle de la percée du FN en 1984 et les propositions vraiment radicales de la droite parlementaire ("immigration zéro", suppression du droit du sol, etc.), appuyées toujours par les VGE ("l'immigration
= invasion"), mais nada de nada dans les journaux de l'époque : la faute à l'URSS, à la CEE ou aux saunas ?...
09 juin 2019, 02:07   Re : Journal
C'est bien le même VGE qui a fini un jour par avouer que "le regroupement familial" avait été institué sous sa présidence pour "ne pas faire de la peine à Mme Simone Veil" n'est-ce pas ?

Cette femme a tiré bien des ficelles dans ces années-là. On pourrait presque dire qu'on lui doit le monde européen tel qu'il est. Son rôle de pilier (et de pivot entre la France et l'Allemagne) dans la "construction européenne", qu'il faudrait nommer "révolution eurogermanique" comme il y a avait eu une "révolution russe" plus tôt dans le siècle, mériterait d'être plus largement reconnu. Si Merkel ("vengeance de Erich Honecker" comme certains l'on surnommée) est le pendant de Staline dans cette révolution, Simone Veil devrait être une espèce de Trostki en jupon : même fureur à vouloir changer l'existant (chez Merkel, même fureur à le maintenir dans son jus dominant que chez le "petit père des peuples" à l'Est soixante-dix ans auparavant). Merkel, au fait, s'est fait aussi surnommer "Mutti", pendant féminin du "petit père" Joseph. L'histoire se tend à elle-même le miroir et tourne en farce régulière et quasi-prévisible, quasi-programmée. Seuls y sont aveugles les acteurs, ou figurants, de son fil : la face opaque, le tain du miroir leur en masque le sens.

Donc le bon citoyen français autorisé de parole dans ces années-là était atlantiste par défaut (cas du père Glucksmann par exemple): à cause de la menace soviétique, d'où sa cécité face à ce qu'il est convaincu de désigner comme "le petit remplacement". L'Amérique était le contre-poison dont il fallait vider le flacon jusqu'à la lie (plus de de Gaulle à l'horizon pour l'en dissuader), puis le poison ayant été désactivé en 1989-1991, les politiques migratoires de l'Europe se continuant, elles se virent investies d'une nouvelle vocation : celle de vidanger l'Europe des peuples rétifs, mal-votants, syndiqués, nostalgiques de deux maux antagoniques et donc doublement rémanants dans les couches populaires nauséabondes : le "pétainisme transcendantal" (cf les premiers livres de BHL qui nomment la chose ainsi dans cette période) d'une part; les relents insurrectionnels qui avaient traversé et prolongé mai 68 d'autre part.

Le peuple historique était à remplacer pour deux bonnes raisons contradictoires mais complémentaires : 1) il sentait la France moisie et pétainiste (BHL) ; 2) par l'action insurrectionnelle, il avait obtenu 30 pour cent d'augmentation de salaire en recourant à une apocalyptique grève générale en quelques semaines seulement, en mai 68. Bref, le peuple historique était à remplacer parce non content d'être trop ringard et pétainisme transcendantal, il était aussi trop rouge et dangereux ! Il avait flanqué une peur bleue aux grands possédants (à cette époque, la grande bourgeoise possédante en France était encore française et possédante), ce que, en général, les grands possédants ne pardonnent pas. Mais, il y avait plus encore, il y avait ce que les psychologues appellent double bind : il fallait le rejeter et le bannir de l'histoire aussi parce que, du point de vue des intellectuels révolutionnaires, il avait échoué à faire la révolution en mai 68, d'où la propagande "Dupont la Joie" et autres SOS Racisme qui s'ensuivirent. Par conséquent, le double bind était celui-ci : il fallait exclure le peuple historique de l'histoire parce qu'il avait failli faire la révolution (pour les possédants et leur personnel politique : péché capital); et conjointement, il faillait l'exclure parce qu'il avait échoué à faire la révolution ! (pour les gauchistes soixante-huitards). Le sort de la bête nauséabonde, désormais, était scellé : des intérêts contradictoires avaient conspiré (sans besoin de se concerter, les choses inanimées conspirent à une fin) pour sa perte.

Ca tombait bien : les moyens de cette politique d'élimination (ne parlons pas de "génocide" cela donnerait des vapeurs à certains) étaient donnés fortuitement par les politiques d'immigration à vannes ouvertes héritées du giscardisme (ou du chiraco-giscardisme) : l'occasion était trop belle de leur donner un sens historique, de les faire entrer dans un grand plan (un schème) anthropologique de taille continentale : une Europe neuve appelait son peuple nouveau. D'où l'invasion. Mais encore une fois la "Révolution européenne" comme autrefois l'américaine et plus récemment les russe et chinoise, ne peuvent faire autrement (par une sorte de loi de mécanique politique et anthropologique) que de rameuter à soi des populations en en déplaçant d'autres. Les lois et politiques adoptées préludèrent à l'insu de leurs auteurs à ce service qu'elles offrirent à la "Révolution européens" ultérieure : il y a des occasions, un opportunisme sur fond de projet semi-conscient, ou conscient à postériori, lequel appelle à faire usage d'instruments et politiques conçus pour des finalités moindres, à la fois génériques et ancillaires, principielles et sise en-deça du cours politique (regroupement familial sur fondement humanitaire; loi pour l'avortement sur fondement moral et humain, au nom du "women empowerment", etc.. L'humanitaire, le sociétal et la posture morale substituée à l'action politique déclarée, au passage, on le voit, en ressortent comme les idiots utiles et les instruments acéphales de toute métahistoire, de toute narration impériale).
09 juin 2019, 08:55   Re : Journal
Toujours le même antisémitisme de Francis Marche (cf. ses précédents messages sur le sujet intitulés "Les deux Simone", opportunément effacés de ce forum) selon lequel, si VGE et la droite parlementaire ont échoué à prendre les réformes de nature à éviter l'immigration de masse, dans les années 1978-1980 et 1986-1993, ce n'était pas que les intellectuels de gauche et toutes les églises y firent obstacle, notamment parce que le FN de Jean-Marie Le Pen, par son racisme et son antisémitisme, discréditait le sujet, avec l'appui tactique de Mitterrand, non c'était pour complaire à la juive Simone Weil coupable de vouloir se venger de l'Europe en organisant sa submersion et son métissage, son "génocide", par l'avortement et l'immigration extra-européenne. Soral et Dieudonné ne diraient pas mieux...

Mais vous gagnerez Marche, comme toujours : vos saillies antisémites seront un bon prétexte pour supprimer tout le fil de cette discussion.

Vos procédés auront puissamment contribué à empêcher que ce forum ne devienne un lieu de discussions honnêtes et utiles, de nature à prévenir les échecs politiques de Renaud Camus.
09 juin 2019, 10:49   Re : Journal
Attention Pellet, Camus à perdu aux élections mais il a gagné le procès en anti-semitisme que Moix lui avait médiatiquement intenté. Il pourrait vous arriver les mêmes déboires juridiques qu'à Moix pour les saloperies vicieuses que vous deversez ici sur mon compte. Si vous ne retirez pas votre message diffamatoire supra, j'agirai.
09 juin 2019, 11:31   Re : Journal
Effectivement l'accusation d'antisémitisme portée ici semble bien mal étayée et est très insuffisamment rigoureuse. Elle apparaît plutôt comme un instrument destiné à diaboliser et à éliminer son détracteur, et donc finalement ne peut ambitionner d'autre statut que celui d'insulte primaire.
On peut très bien critiquer, même vertement, l'action politique de Simone Veil (et non Weil comme l'écrit Pellet) et juger son influence comme très néfaste, sans encourir de telles accusations. Il y a là un coupable manque de rigueur et de simple honnêteté intellectuelle. C'est par ce genre de procédés que tous les Plenel and Cohn ont cru pouvoir déclarer que Renaud Camus était un antisémite de la pire espèce, qu'ils se sont même précipités à le déclarer comme tel, sans retenue aucune, c'est-à-dire sans s'encombrer d'aucune interrogation ni d'aucune recherche de preuve formelle, qu'ils y ont vu tout l'avantage politique et médiatique immédiat qu'ils pourraient en tirer, que l'occasion était trop belle pour se payer sa tête et le terrasser à leurs pieds. Par contre quand il s'agit de dénoncer l'antisémitisme des sensibles là on rase les murs et on ne veut pas voir ce qu'on a pourtant bien sous les yeux, c'est-à-dire de véritables preuves.
Ceci étant dit il est bien entendu parfaitement exact que l'antisémite avéré JMLP, le manipulateur avéré Mitterand et toutes les chapelles, qu'elles soient catho ou gaucho, ont tenu un rôle central et déterminant dans toute cette histoire-là.
09 juin 2019, 12:40   Re : Journal
Je prends un avion et répondrai plus tard. Le message de Francis Marche « les deux Simone » éclairera les juges
09 juin 2019, 16:23   Re : Journal
En tous cas je souscris presque entièrement à l'analyse de Francis et je ne crois pas être antisémite. J'ai d'ailleurs beaucoup d'admiration pour Simone Weil, laquelle entra dans une colère noire, peu médiatisée bien sûr, après la diffusion du film "Le chagrin et la pitié" qui, on l'a oublié, ouvrit les vannes de la honte de soi et de la repentance perpétuelle. Elle clama son indignation de voir traiter dans le film les habitants de Clermont-Ferrand de collabos. Elle défendit, elle, la mémoire des Clermontins (?) et implicitement celle des Français dont les "Clermontins"en question étaient censés représenter un échantillon significatif.
A ce sujet, lors de la cérémonie du 75ème anniversaire du débarquement, quand le maire de Sainte-Mère-Eglise a lu la liste des Français résistants morts pour avoir aidé au débarquement, j'ai été frappée par le fait (mais je m'en doutais un peu) qu'il n'y avait que des prolos, de ceux qu'aujourd'hui on nommerait des "ploucs", pratiquement pas un bourgeois n'y figurait, encore moins un bourgeois notable.Et il me semble que la résistance, en général, et le sauvetage des juifs en particulier, fut aussi le fait du "petit peuple" plutôt que des bourgeois. Or ce sont les descendants de ce "petit peuple" que les "bobos" , les fils à papa d'aujourd'hui dont les parents, pour la plupart, sont restés prudemment attentifs durant l'occupation, quand ils n'ont pas collaboré, traitent avec mépris de racistes et de xénophobes, comme s'ils voulaient, faisant d'une pierre deux coups, redonner à leur parentèle une virginité morale sur le dos du populo tout en se déchargeant sur lui du poids d'une immigration (occupation ?) conflictuelle.
09 juin 2019, 18:47   Re : Journal
Renaud Camus a déchiré l'affiche de sa liste électorale, après que des photos ont révélé qu'une de ses colistières s'était mise à genoux en prière devant une croix gammée, tandis qu'une autre faisait le salut nazi dans un bus : Le jour ni l'heure, vendredi 24 mai 2019

Quelques temps auparavant, Renaud Camus avait fait supprimer le fil ouvert le 5 juillet 2018 par Francis Marche sur ce site, sous l'intitulé "Considération brute sur les deux Simone". La suppression de ce fil est indiquée dans l'agenda que Renaud Camus publie en ligne : Le jour ni l'heure, 19 juillet 2918 : "Retenu une chambre à M. Conversation avec Marcel Meyer, avons décidé de supprimer un fil du forum public de l’In-nocence." :

J'ai gardé copie informatique du fil avant qu'il ne soit supprimé parce que Francis Marche y menaçait un des intervenants, M. Pierre Billen, de lui faire un procès, comme il m'en menace aujourd'hui.

Dans ce fil "Considération brute sur les deux Simone", dont je pourrais donner copie intégrale ci-après et à la justice, Francis Marche expliquait que Simone Veil, s'était dédoublée : tandis que "Simone 1" avait été une victime de la barbarie nazie, "Simone 2" avait voulu se venger du drame que sa famille et elle avaient subi, par la faute de Français, en faisant adopter "l'avortement, le regroupement familial, la dilution puis dissolution de l'identité française, etc.)."

Des pages entières de délires antisémites suivaient. Je les ai enregistrées précieusement, pour garder mémoire de la perversité de son auteur qui écrivait notamment (mais il y a pire encore) :
"Simone 2 accomplit un redoutable programme, qu'elle supervise de son regard de tigresse : la Française doit (doit par "prescription moralo-politique"):
1. aller au boulot, trouver du taf loin du mari et du foyer, s'éloigner des soins familiaux"
2. se faire charcuter l'utérus par des hommes en blanc dûment autorisés (sécu, ordre des médecins, etc.) afin de laisser à d'autres, les femelles du tiers-monde qu'on va bientôt importer, le soin d'enfanter pour consommer et ne rien produire de particulier ou de particulièrement consommable."


Francis Marche toujours :

"Simone 2 en fut rescapée par une Kapo – ce qui aiguisa son syndrome de Stockholm : si votre bourreau vous épargne, si, à lui, vous devez la vie par la grâce qu'il vous accorde, il en devient votre père de substitution et vous l'aimez et prolongez ses actes comme vous le feriez d'un père."

"châtier les monstres qui livrèrent une famille française exemplaire (les Jacob) à ses bourreaux. Encore une fois, rien de plus normal, de plus antiquement normal que de vouloir châtier qui a conspiré à anéantir sa famille. C'est ce que fit cette Antigone, en voulant, une fois aux affaires, moins de France (en promouvant l'Europe Giscard-Schmidt) et plus d'avortement dans le pays qui avait trahi les siens"

"Donc oui, Simone 2 est un tigre redoutable qui, non content d'avoir écoeuré par son courage les hommes et les femmes d'Hitler, a conduit la politique européenne à l'image qu'elle s'en faisait. Elle accomplit cet exploit de refaire l'Europe comme avaient ambitionné de la refaire les exterminateurs de sa famille mais en en corrigeant la vision. Le moule quant à lui (les tigres sont pauvres d'imagination) est le même : l'Eurogermanie et rien d'autre"

Je ne peux pas tout recopier, le fichier fait seize pages. Mais je le tiens à la disposition de la justice.

Aujourd'hui, sur ce nouveau fil, intitulé "Journal", où personne n'avait évoqué Simone Veil, Francis Marche récidive en écrivant à propos de Simone Veil que "Cette femme a tiré bien des ficelles dans ces années-là. On pourrait presque dire qu'on lui doit le monde européen tel qu'il est", lequel est caractérisé par une "politique d'élimination (ne parlons pas de "génocide" cela donnerait des vapeurs à certains)" par l'effet des "politiques d'immigration à vannes ouvertes héritées du giscardisme (ou du chiraco-giscardisme)" qui auraient été conduites pour complaire à Simone Veil la "tireuse de ficelles". On observera de surcroît le point commun de tous les autres personnages que Francis Marche cite pour les rapprocher de Simone Veil : Trotsky, le "père Glucksmann", BHL...

Je maintiens donc que ce nouveau message confirme le caractère antisémite des obsessions délirantes de Francis Marche à l'encontre de Simone Veil, telles qu'elles s'étaient exprimées dans le fil qui avait été effacé par les responsables de ce forum, Renaud Camus et Marcel Meyer, fil auquel je me suis expressément référé dans mon précédent message.

Le 8 juillet 2018, en réaction aux messages de Francis Marche j'avais écrit en gras : "Personne ici pour dire que ces propos de Francis Marche sont abjectes, pervers, infâmes, odieux, honteux ?" À quoi Marcel Meyer avait répondu "Pourquoi, vous avez besoin d'être secondé ?"

Plus loin, j'avais ajouté, toujours en gras : "Ces propos sont évidemment racistes ("les femelles du tiers-monde qu'on va bientôt importer, etc.") et antisémites"

Je maintiens mes propos de l'époque et ceux d'aujourd'hui et j'ajoute que si Francis Marche entend agir à mon encontre comme il m'en menace, après avoir menacé M. Billen, je ne doute pas une seconde qu'il sera condamné pour dénonciation calomnieuse et pour antisémitisme.
11 juin 2019, 10:07   Re : Journal
Vos échanges sur Simone Veil et l'antisémitisme sont intéressants et passionnés. Ils me rappellent mon message,( et ma réponse) ci-dessous, sur le séjour de Simone Jacob en Suisse, qui n'avait absolument rien d'antisémite et qui pourtant, m'avait valu de me faire "tirer les oreilles" par d'aucun…
C'était bien dommage, car ainsi, je n'ose plus intervenir sur votre site, que je lis cependant régulièrement.

– À propos de Simone Veil.

Un aspect peu connu de Simone Veil : son séjour en Suisse, de retour des camps de la mort, pour une convalescence dans la Villa-du-Port, à Nyon, du 17 août au 26 septembre 1945.
Dans son autobiographie " Une vie ", Simone, alors jeune déportée de dix-huit ans, en fait un récit bien sombre, rempli d'incompréhension et d'une certaine aigreur à l'égard de ceux qui l'accueillent.
Contrairement à beaucoup d'autres survivantes accueillies en Suisse, Simone Jacob a fait preuve d'une certaine ingratitude, bien décevante, même si l'on peut l'expliquer en partie…
Référence : Éric Monnier – Brigitte Exchaquet-Monnier, Retour à la vie. L'accueil en Suisse romande d'anciennes déportées françaises de la Résistance (1945-1947), Neuchâtel, Éditions Alphil, 2014, p. 74-82. Source : Antipresse, no.87 –

In nocence 5 juillet 2018
Considération brute sur les deux Simone.

– Que M. Tissot se rassure, il est déjà "au niveau" –

M. Pelet, comment comprendre votre remarque ?
Si elle est négative, vous vous méprenez ; je voulais simplement dire que Simone Veil n'était pas parfaite, et il n'y a rien d'antisémite à le remarquer.
Et soyez rassuré, sur la Shoa, j'ai aussi polémiqué contre un certain chiffonnier négationniste sévissant sur un site :

://lesobservateurs.ch/2015/01/27/shoah-questions-juives-et-reponses-chretiennes/
11 juin 2019, 12:23   Re : Journal
Tout le problème est bien là !
Peut-on adresser une critique très appuyée à Simone Veil sans se voir taxer d'obsessions antisémites ?
Dans la même veine on a vu dans un passé proche que tout dénonciateur du goulag était déclaré comme anti communiste primaire à la solde des américains, ou aussi que toute personne diagnostiquant, chiffres à l'appui, l'explosion de la délinquance, ne pouvait être qu'un suppôt du FN (sans même avoir établi un lien entre ce phénomène et l'immigration), ou encore que n'importe quel quidam pointant la baisse du niveau scolaire n'était qu'un fieffé réactionnaire toujours partisan du c'était mieux avant.
Dans tous ces exemples à aucun moment ne se pose la question du Vrai. On s'intéresse uniquement à terrasser son adversaire, et pour cela, on le charge, avec un peu trop d'avidité et d'empressement, d'oripeaux puants et immoraux afin de le discréditer à coup sûr. A partir de cette entreprise-là le débat est bien entendu clos et les arguments inaudibles. Fermer le ban ! La cause est entendue.
Le débat public et la recherche de la vérité ne devraient en aucun cas être soumis aux susceptibilités des uns et des autres.
11 juin 2019, 23:49   Re : Journal
Simone Veil a subi le martyr parce qu'elle était juive.
Elle est accusée ici par Francis Marche de s'être vengée en inspirant le génocide de la France et même de l'Europe, par l'avortement et l'immigration.
M. Tissot répond qu'il ne faudrait pas oublier que la même Simone Veil fut aussi ingrate à l'égard des Suisses (dont on sait au passage l'admirable comportement à l'égard des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale). Il tient à le rappeler deux fois.
M. Teyssier ne comprend pas lui qu'on puisse s'émouvoir d'une simple "critique appuyée" de Simone Veil : mais pourquoi donc ne peut-on prendre en compte le bien-fondé, le "Vrai", de la thèse antisémite de Francis Marche ? Les juifs ne seraient-ils pas un peu trop susceptibles pour être honnêtes, non ? En tout cas, cela mérite d'en débattre sereinement.
Et Cassandre donne son absolution à Marche en considérant qu'on peut bien dire ce qu'on veut de Simone Veil puisqu'on ne dit rien des arabes et des "fils à papa", les seuls vrais antisémites. Au passage, le chantre de la francitude authentique ne sait pas que les habitants de Clermont-Ferrand s'appellent les Clermontois (et pas les "Clermontins")

... Renaud Camus mérite-t-il les lecteurs qui lui restent ?
12 juin 2019, 01:27   Re : Journal
En tant que "lecteur qui reste", et qui compte bien rester, je remercie Serge Diot d'avoir créé un fil consacré au journal.

Lecteurs qui restent, si vous deviez citer une phrase du journal, celle que vous avez en tête, là, maintenant, laquelle citeriez-vous ?

Je commence : "Je suis le roi de Bourges de moi-même".
12 juin 2019, 09:45   Re : Journal
Après avoir visité et décrit de façon détaillée deux maisons éventuellement habitables en Auvergne, et après avoir longuement pesé le pour et le contre de chaque demeure :

« La totale absence d’argent, heureusement, résout la plupart de mes problèmes et clôt la majorité de mes débats. »
12 juin 2019, 13:51   Re : Journal
Citation
Rémi Pellet
mais pourquoi donc ne peut-on prendre en compte le bien-fondé, le "Vrai", de la thèse antisémite de Francis Marche ?

Bon ! Je sais bien qu'on n'est pas, ici, dans les sciences dures mais essayons tout de même, en toute modestie, à apporter un peu de rigueur.
On peut déjà s'accorder sur l'idée que l'imagination, indissociablement, consubstantiellement lié à l'esprit de l'Homme, est, par sa nature même, sans barrière ni limite. Partant de cet axiome et sachant que tous les chemins mènent à Rome vous pouvez, bien entendu, considérer et prendre en compte la thèse de l'antisémitisme.
Mais pourquoi donc privilégier cette seule thèse au détriment de toutes les autres ? Pourquoi se jeter à corps perdu, sans retenue aucune, dans cette thèse-là à l'exclusion de toutes les autres ?
Pourquoi, sans preuve formelle (car je ne sache pas que Francis Marche ait pointé du doigt l'appartenance juive de Simone Veil dans son réquisitoire contre elle) faire ce choix-là au point d'en faire une véritable obsession : l'obsession des obsessions antisémites de Francis Marche ?
La recherche du Vrai, que ce soit en Mathématique ou en Droit, demande tout de même un peu plus de circonspection, non ? C'est cet empressement, cet engouement presque jubilatoire à n'emprunter que ce seul chemin-là, cet aveuglement à d'autres voies également possibles, qui affaiblit votre position et donne, presque nécessairement, à penser que votre point de vue n'est ni neutre ni objectif, que d'autres animosités personnelles envers la personne de Francis Marche mènent follement le bal.
Alors certes Francis peut utiliser ça et là un langage fleuri et parfois assez méprisant (femelles du tiers-monde). Et alors ? C'en en fait pas un génocidaire de plume ni un émule d'Adolf pour autant.
Le dossier à charge est tout de même bien squelettique. J'ajoute, mais cela est d'une telle évidence que j'espère que vous en conviendrez aisément, qu'être contre l'avortement et/ou contre l'immigration de masse ne constituent nullement des éléments à charge quant au supposé antisémitisme de M. Francis Marche.
Mais peut-être, qu'au delà du raisonnable, êtes-vous expert à sonder les cœurs et les reins de nos concitoyens.

A titre personnel je ne partage pas dans toutes ses lignes le discours de Francis sur Simone Veil.
Néanmoins je considère qu'elle a très certainement, et très légitimement, pu ressentir une forte animosité envers tous ceux, et donc en particulier l'État Français, qui ont œuvré à la liquidation physique de sa famille. Quoi de plus naturel d'ailleurs dès lors qu'il s'agit des bourreaux des siens.
Pour autant je ne pense pas du tout que la Loi sur l'avortement soit l'expression de sa vengeance contre la France ni qu'elle, Simone Veil, ait été la figure de proue de l'idéologie immigrationniste. Mais même si je faisais mienne une telle pensée, en aucune façon l'accusation d'antisémitisme à mon encontre serait apodictiquement établie. C'est ce raccourci-là, que vous faites, qui est abusif. Car à ce compte-là il faudrait à chaque fois, avant de qualifier de remplaciste telle ou telle personne, s'enquérir prudemment que celle-ci ne soit pas juive afin que ce raccourci ne s'actionne pas à notre encontre.
Comme je disais je ne pense nullement que Simone Veil était mue par une telle vengeance. D'ailleurs elle ne prévoyait en aucune façon des avortements en grande masse, mais tout au contraire précisait bien que «l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue». Cette Loi était donc destinée à venir au secours des cas les plus douloureux. Depuis, bien sûr, il y a eu comme un dérapage dans l'application de cette Loi.
12 juin 2019, 19:46   Re : Journal
Scientifiquement, je ne saurais dire, mais, juridiquement, dire qu'une victime de la Shoah a pu avoir du ressentiment à l'égard de ses bourreaux et de leur peuple, ce n'est pas la même chose du tout que de dire que cette victime avait pour programme que les Françaises aillent "se faire charcuter l'utérus par des hommes en blanc dûment autorisés (sécu, ordre des médecins, etc.) afin de laisser [la place] à d'autres, les femelles du tiers-monde qu'on va bientôt importer", "politique d'élimination (ne parlons pas de "génocide" cela donnerait des vapeurs à certains)", véritable "exploit de refaire l'Europe comme avaient ambitionné de la refaire les exterminateurs de sa famille" dans le but de faire advenir "l'Eurogermanie", parce que cette victime de la Shoah souffrait d'un syndrome de Stockholm , etc. etc.

Francis Marche : "Cette trahison, celle de cette famille juive, républicaine et patriote, par des Français délateurs, exécutants zélés des politiques de l'exterminateur, appelait sa rétribution et la rescapée des camps de la mort (Simone 2 en fut rescapée par une Kapo – ce qui aiguisa son syndrome de Stockholm : si votre bourreau vous épargne, si, à lui, vous devez la vie par la grâce qu'il vous accorde, il en devient votre père de substitution et vous l'aimez et prolongez ses actes comme vous le feriez d'un père) entreprit de mener à son terme cette cause, cette entreprise, sans jamais se départir de son regard de tigresse sur le monde auquel elle infligeait son programme intime.".

D'ailleurs, la Justice le dira bientôt, Francis Marche ayant décidé de porter plainte contre moi si je maintenais, comme je le fais à nouveau, que ses propos ne sont pas "fleuris", mais délirants, racistes et antisémites.
12 juin 2019, 20:52   Re : Journal
Citation
Trystan Dee
Après avoir visité et décrit de façon détaillée deux maisons éventuellement habitables en Auvergne, et après avoir longuement pesé le pour et le contre de chaque demeure :

« La totale absence d’argent, heureusement, résout la plupart de mes problèmes et clôt la majorité de mes débats. »

Dans la catégorie "juin 2019", j'ai beaucoup aimé :

« Mais pourquoi et comment pourrait-il y avoir encore un “ascenseur social” dès lors qu’il n’y a plus d’étages, au moins culturellement ? »
12 juin 2019, 21:46   Re : Journal
Sur les mots de Rémi Pellet : "… des Suisses (dont on sait au passage l'admirable comportement à l'égard des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale).
Et de Daniel Teyssier : "Dans tous ces exemples, à aucun moment ne se pose la question du «Vrai»".

Je me suis appliqué à transcrire (sans les 23 notes) un des cent petits chapitres d'un des nombreux ouvrages d'un historien, s'attachant à traquer les vérités non dites de la Shoah ; Marc-André Charguéraud, engagé volontaire en 1944 dans la Première Armée française puis entrepreneur :

Marc-André Charguéraud, éditions Labor et Fides, Genève 2013

– Cinquante idées reçues sur la Shoah T II
90. Suisse, refoulements.

25 000, 40 000, 100 000 Juifs refoulés de Suisse vers une mort certaine !
1940-1944

Pourquoi exagérer une réalité qui accable la Suisse ?

L'éminent historien Saul Friedländer déclare à la presse que24 000 à 30 000 Juifs ont été refoulés par la Suisse pendant la guerre. Greville Janner, britannique, vice-président du Congrès juif mondial dans le magazine le Point porte ce chiffre à 40 000. Dans un livre paru en 1998, Gerhart Riegner, représentant à Genève du Congrès juif mondial pendant la guerre – une personne bien informée – se fait l'écho de son collègue britannique. Il écrit : " On sait aujourd'hui qu'au moins 30 000 à 40 000 Juifs ont été refoulés." Jean Ziegler, le célèbre parlementaire suisse, professeur d'Université, conseiller de l'ONU, assure dans un livre que "l'hypothèse la plus généralement admise, c'est qu'au moins 100 000 réfugiés juifs ont été refoulés ".
En 1957, sur demande des autorités fédérales suisses, une liste nominative de 9571 personnes refoulées aux frontières suisses est établie. Quarante ans plus tard, un historien commis par les Archives fédérales recense 15 000 refoulements supplémentaires anonymes " sur la base de statistiques administratives et d'autres indications". Le nombre des demandeurs d'asile refusés à la frontière suisse passe ainsi de 9 517 à 24 500. C'est ce chiffre plus approximatif qui sert aux estimations de Friedländer, Janner et Riegner à un détail fondamental près. Ils affirment sans justification que les refoulés sont juifs, ce qui n'est absolument pas le cas. Les dénombrements de refoulés par les chercheurs suisses concernent les Juifs et les non-Juifs. Les Juifs ne sont, comme on va le voir, qu'une faible minorité.
Une étape supplémentaire est franchie en affirmant, comme Janner, que "les Suisses ont refoulés 40 000 juifs, renvoyant l'énorme majorité d'entre eux à une mort certaine". Pour Riegner, "des dizaines de milliers de Juifs furent refoulés de Suisse et en grande partie remis entre les mains de la Gestapo". Friedländer, lui, conclut de façon définitive : "Il faut être clair, les Juifs refoulés sont déportés et assassinés."
Non seulement d'après eux, 25 000, 40 000 ou même 100 000 Juifs ont été refoulés de Suisse, mais ils ont été envoyés à une mort certaine dans les camps d'extermination nazis. L'information, au moment de sa publication, fait les gros titres de la presse, de la radio et de la télévision du monde occidental. Un mythe est né. "Il résulte d'un double amalgame : entre réfugiés en général et réfugiés juifs et entre Juifs refoulés et Juifs déportés vers la mort." Même si l'information demeure précaire, il est indispensable au nom de la vérité historique de rechercher l'importance réelle des refoulements et ce qui est arrivé dans les faits aux Juifs refoulés dans les pays où ils été renvoyés.
Genève est le seul canton suisse où l'ensemble des archives a été conservé. Ici les analyses se basent sur des certitudes. On liste nommément la liste de 884 Juifs refoulés à la frontière genevoise. Sur ce total, 117 ont été arrêtés et déportés vers la mort ou exécutés. On sait que 21 500 Juifs ont été accueillis en Suisse pendant la guerre. Les archives genevoises en recensent 10 000 arrivés à Genève, soit 46,5% du total. Si l'on utilise ce pourcentage pour extrapoler sur l'ensemble de la Suisse, les chiffres des refoulements, arrestations, déportations et exécutions de Genève, on trouve un nombre de refoulements ne dépassant pas 2 000 personnes. Ces chiffres doivent être considérés avec prudence et comme un indice. Ils sont basés sur l'hypothèse qu'il existe un parallèle entre les Juifs admis et ceux refoulés, et que les consignes de refoulement appliquées dans les autres cantons sont aussi sévères qu'à Genève.
Serge Klarsfeld, le fameux avocat juif chasseur de nazis, place la barre plus haut en ce qui concerne les refoulements lorsqu'il conclut son examen de la question par ces mots : "Oui, 21 000 d'entre eux (fugitifs juifs) ont été acceptés ; non, ce n'est pas 24 000 qui ont été refoulés ; mais un nombre probablement égal ou inférieur à 5 000." Ces chiffres restent atroces, mais sont sans commune mesure avec les 30 000, 40 000, voire 100 000 Juifs dont certains historiens ont fait état.
Les Juifs qui ont été victimes des nazis à la suite de refoulements ont été arrêtés au-delà de la frontière suisse, presque tous en France. Dès l'entrée en guerre du IIIème Reich, la frontière avec l'Allemagne et l'Autriche est bouclée. Les Juifs ne peuvent pratiquement pas y accéder, encore moins la traverser. L'autre frontière où l'afflux de réfugiés a été important est celle de l'Italie, à la suite de l'occupation allemande du pays en septembre 1943. Une historienne italienne, qui a consacré un ouvrage à la question, estime que 6 000 Juifs ont été acceptés en Suisse, 500 au grand maximum expulsés et moins d'une centaine arrêtés et déportés.
Il faut se tourner vers la France voisine, car c'est bien là que la quasi-totalité des refoulés ont été arrêtés et déportés. Tout Juif, s'il a été déporté de France vers les camps de la mort, figure sur la liste des déportés établie par Klarsfeld dans son Mémorial de la déportation des Juifs de France. On connaît très exactement le nombre de Juifs arrêtés pendant la guerre dans le Territoire de Belfort, le Doubs et le Jura, les principaux départements français de la frontière ouest de la Suisse en dehors de Genève. Il s'élève à 850 personnes dont la moitié environ étaient résidents avant 1939. Klarsfeld estime donc qu'environ 450 fugitifs juifs ont été arrêtés avant d'arriver à la frontière suisse ou à la suite d'un refoulement, Ces chiffres semblent indiquer un niveau d'arrestation certes plus élevé qu'à Genève, mais qui reste faible.
Il y a aussi les refoulés qui sont passés entre les mailles du filet et ont pu rejoindre un département plus éloigné de la frontière. Pour eux, il est impossible de connaître combien furent arrêtés et déportés plus tard. Il ne devrait pas avoir dépassé 25%. Malgré ces arrestations trop nombreuses, on reste loin des estimations affirmées par certains et reprises par les médias étrangers.
Certains diront : "Il est inacceptable que la tragédie humaine de la Shoah fasse l'objet de comptages." "L'histoire ne se résume pas à des statistiques." "On peut manipuler les statistiques d'êtres vivants comme celles des marchandises." Et en filigrane s'inscrit un avertissement grave : attention, "ne cherchez pas à minimiser l'horreur de la Shoah". À ceux-là Serge Klarsfeld répond : "Soulignons une fois encore avec le plus de force possible que chaque fois que nous découvrons que les victimes ont été moins nombreuses que l'on ne pensait, il faut se réjouir des vies épargnées tout en exprimant le plus activement possible notre compassion envers les victimes." C'est pleinement le cas ici.
On ne pourra jamais donner une liste précise, complète et définitive des personnes refoulées de Suisse et de celles qui furent déportées bers la mort. Chaque homme, femme ou enfant qui a perdu la vie dans ces circonstances stigmatise pour toujours la conduite de la Suisse. Mais il reste fondamental que les ordres de grandeur annoncés, ceux sur lesquels la Suisse est jugée, correspondent à une réalité probable, or ce n'a été que rarement le cas ces dernières années. –
12 juin 2019, 22:30   Re : Journal
Mais enfin Monsieur Pellet est-ce que vous pensez qu'un authentique antisémite qualifierait une famille juive française de patriote ?
Y'a quelque chose qui colle pas là !
Francis Marche explique que Simone Veil aurait été victime du syndrome de stockholm et que donc, en conséquence de ce phénomène psychologique, elle aurait en quelque sorte œuvré, par d'autres moyens, à détruire notre civilisation.
Je n'en crois absolument rien mais encore une fois cette approche ne constitue pas une preuve d'antisémitisme. Non et non ! Que je sache ce syndrome existe bel et bien et ne ressort pas d'un simple délire, mais tout au contraire est souvent mis en avant par d'éminents spécialistes en psy. C'est donc bien une explication possible, à défaut d'être plausible. On ne peut pas, en toute logique, l'écarter de façon absolue. Le raisonnement de Francis Marche tient logiquement debout tout seul, sans avoir besoin de l'ingrédient de l'antisémitisme que vous voulez à tout prix y insérer.
Ceci dit je pense que Francis Marche se trompe lourdement sur les intentions belliqueuses et destructrices de Simone Veil. Si Francis avait raison alors pourquoi Simone Veil aurait condamné fermement Le chagrin et la pitié et ainsi réhabilité la France résistante ? Cet épisode montre bien qu'elle ne tenait pas l'ensemble du Peuple Français comme d'infâmes collabos assassins de juifs mais que, tout au contraire, elle louait tous ces gens de peu qui ont sauvé quantité de juifs et donc l'honneur de la France.
13 juin 2019, 00:30   Re : Journal
Pour les nazis, les juifs "tiraient les ficelles" des régimes démocratiques, ils étaient apatrides et ils "déracinaient" les nations (pour Simone Weil, l'autre, avec un W, convertie au christianisme, "les juifs, cette poignée de déracinés a causé le déracinement de tout le globe terrestre") : pour cette raison ils devaient être physiquement éliminés

Pour Francis Marche :
- Simone Veil "a tiré bien des ficelles dans ces années-là. On pourrait presque dire qu'on lui doit le monde européen tel qu'il est" ;
- Simone Veil est la grande inspiratrice de la "politique d'élimination (ne parlons pas de "génocide" cela donnerait des vapeurs à certains)" de la population de la France et de l'Europe ;
- Simone Veil a usé de deux moyens pour accomplir son forfait : l'avortement, "charcutage des Françaises" et "l'importation" de "femelles du tiers-monde", les "politiques d'immigration à vannes ouvertes" ;
- ce faisant, Simone Veil a accompli le projet criminel des nazis : la victime est devenue bourreau de la France et de l'Europe, par ressentiment et attachement à ses bourreaux (syndrome de Stockholm) ;
- ah, certes, Simone Veil avait été patriote mais le drame qu'elle a subi ne pouvait que la conduire à ne plus l'être et à accomplir alors le projet de ses bourreaux : de son fait, l'Union européenne accomplit le projet nazi.

Dans ce délire, M Teyssier, vous ne trouvez pas les éléments d'un antisémitisme pathologique, doublé d'un racisme caractérisé, seulement l'expression "fleurie" d'un raisonnement totalement faux, certes, mais innocent (in-nocent ?) et qui "tient logiquement debout tout seul".

Pourtant, "logiquement", il faudrait déduire du raisonnement de Francis Marche que si les nazis, avant d'être battus par les Alliés, avaient vraiment "réussi" la Shoah et qu'ils n'avaient pas laissé de victimes vivantes, il n'y aurait pas eu ensuite de Simone Veil pour détruire les nations européennes par l'avortement et l'importation de femelles africaines.

Assurément, vous êtes trop "scientifique" pour moi, M. Teyssier.
15 juin 2019, 00:34   Re : Journal
Et pourtant, cher Rémi, si l'on peut intervenir dans la regrettable querelle qui vous oppose, je dirais que je sais pratiquement que Francis Marche n'est pas antisémite, qu'il ne peut pas l'être, eu égard à ce que j'ai pu lire de lui ici depuis le temps que nous nous fréquentons, si l'on peut dire, et ça fait un petit bail...
Certes, les propos sur Simone Veil auraient très bien pu être approuvés par des antisémites avérés, mais ils ne le seraient alors que par haine et obsession du Juif, lesquelles leur suffisent pour conférer à leur hantise calomniatrice un caractère de vérité ; l'analyse marchienne des motivations profondes de Veil ne procède pas d'une telle hantise, il en est totalement exempt, autant que je puisse en juger, mais d'une tentative de description du réel qui lui semble juste, à tout le moins fort possible.
Je crois que ça fait une sacrée différence...
15 juin 2019, 09:46   Re : Journal
« Je crois que ça fait une sacrée différence... » : en effet.
15 juin 2019, 10:54   Re : Journal
Alain Eytan et Marcel Meyer, vous jugez un homme, auquel vous délivrez un brevet d'in-nocence, tandis que je ne fais que de lire des propos de lui très longuement argumentés, réitérés et évidemment antisémites. "« Je crois que ça fait une sacrée différence... » : en effet". En effet.
15 juin 2019, 11:09   Re : Journal
Nous ne sommes donc que les idiots utiles de Francis Marche, si je comprends bien.
15 juin 2019, 18:58   Re : Journal
Rémi, les propos ne se baladent pas tout seuls dans la nature sans le type qui les a exprimés et doués de sens par un vouloir-dire et un état d'esprit particuliers : c'est l'homme qui en l'occurrence teinte ses propos d'antisémitisme par son intention et ses dispositions mentales, en soi les mots et les hypothèses ne peuvent être coupables de quoi que ce soit.
Il est absolument impossible de faire abstraction du bonhomme lorsqu'on entend juger d'une disposition aussi essentiellement subjective et psychologique que la haine raciale caractérisée que traduiraient certains propos.
Ce n'est pas très original, mais je tiens que l'antisémitisme est avant tout une passion et une monomanie qui aux yeux de ceux qui en sont atteints avarient d'emblée toute personne considérée pourvu qu'il y ait du juif en elle, et la transforment instantanément et fatalement en barbaque, c'en est même fascinant, et ce de façon complètement impersonnelle et nonobstant toutes les qualités qu'elle pourrait avoir d'autre part ; sans cela, ce trait psychologique si distinctif qui signe son antisémite véritable et estampille ses propos de l'appellation conforme, les mots et les idées en eux-mêmes ne peuvent être considérés que comme neutres de ce point de vue.
Or pardon, mais force m'est de reconnaître que Francis Marche a aussi fait preuve assez souvent d'un philosémitisme bien plus militant et convaincu que le mien — vous me direz que je ne suis pas nécessairement une référence en la matière, moi que la "question juive" et tous ses dérivés en forme de points d'exclamation indignés ont parfois le don d'exaspérer un peu, mais enfin...
16 juin 2019, 01:14   Re : Journal
Il est absolument impossible de faire abstraction du bonhomme lorsqu'on entend juger d'une disposition aussi essentiellement subjective et psychologique que la haine raciale caractérisée

Il est surtout absolument impossible de faire abstraction du texte en cause.

Vous pouvez trouver toutes les excuses du monde à son auteur mais la formule "laisser à d'autres, les femelles du tiers-monde qu'on va bientôt importer, le soin d'enfanter" a un sens objectif qui n'a rien d'ambigu, d'autant qu'elle s'inscrit dans un raisonnement longuement développé.

Idem pour le reste qui attribue à Simone Veil la responsabilité de l'extermination du peuple français.

Propos d'un bonhomme délirant, assurément, mais propos dont le sens est sans ambiguïté aucune.
16 juin 2019, 10:28   Re : Journal
En ce moment Renaud Camus se promène beaucoup dans le Puy-de-Dôme. Je suis le compte rendu de ses pérégrinations avec intérêt puisque c’est mon pays et que je connais tous les lieux qu’il mentionne.
Il y a peu d’écrivains qui nous parlent des paysages et des lignes d’horizons. Je prends parfois ma voiture pour aller
les revoir où les découvrir. Ainsi j’envisage prochainement une balade du côté de Dauzat-sur-Vodable ou du Gour de Tazenat. L’écrivain Jean-Paul Kaufman m’avait donné envie d’aller visiter les sources de la Marne.
Et ces lectures et ces visites m’ont donné envie de ressortir de ma bibliothèque « Le temps des collines » de Pierre George (de l’Institut). Je vous le recommande.
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