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Principe de précaution

Envoyé par Thomas Rothomago 
23 septembre 2019, 00:43   Principe de précaution
Extrait d’un article de France-info, ceci :

« Les craintes qu’ils ont, nous pouvons les calmer ». Jean-Louis Touraine, député LREM du Rhône et rapporteur du projet de loi bioéthique, répond aux « réserves » émises par l’Académie nationale de médecine (ANM), dimanche 22 septembre sur franceinfo. Dans un rapport, l’ANM s’inquiète notamment des « risques pour le développement psychologique et et l’épanouissement » des enfants nés d’une PMA sans père. L’extension de la PMA figure dans le projet de loi bioéthique qui sera discuté mardi à l’Assemblée.
«Tous les enfants qui sont nés dans ces conditions nous disent à quel point ils sont épanouis, à quel point ils sont heureux assure Jean-Louis Touraine. Ils ne souffrent d'aucun manque. » . Ils ne souffrent d’aucun manque. » Le rapporteur du projet de loi propose de transmettre à l’Académie de médecine la totalité des auditions faites à ce sujet ainsi que les études internationales « qui ont toutes montré, toutes, absolument toutes, que les enfants nés de PMA, qu’ils soient dans un couple hétérosexuel, homosexuel ou chez une femme seule, tous ces enfants s’épanouissent d’une façon parfaitement égale. »
Jean-Louis Touraine, par ailleurs professeur de médecine, cite notamment une étude réalisée aux États-Unis pendant une durée de 25 ans, de l’insémination des mères au 25e anniversaire des enfants, et qui conclut qu’ils vont bien : « Globalement ces enfants nés de PMA vont bien pour une bonne raison, c’est qu’ils sont très attendus, très désirés, très souhaités, et beaucoup aimés. Et ils reçoivent beaucoup d’attention de la part de leurs parents. »

Si « tous [absolument tous] les enfants qui sont nés dans ces conditions nous disent à quel point ils sont épanouis, à quel point ils sont heureux » […] pour une bonne raison, c’est qu’ils sont très attendus, très désirés, très souhaités, et beaucoup aimés. », il s’en suit que, si manque d’épanouissement des enfants il y a, il ne peut avoir pour cause que leur conception selon la méthode de la procréation non-médicalisée.

Autrement dit, quand bien même la procréation non-médicalisée pourrait, dans de nombreux cas, se révéler positive pour les enfants, elle présente néanmoins pour eux un risque, aucune enquête n’ayant révélé d’une manière aussi imparable que « tous les enfants » issus d’une procréation non-médicalisée « sont épanouis etc ». Dans ces conditions, la PMA faisant disparaître ce risque, on s'étonne que le rapporteur de la loi bioéthique, soucieux, comme médecin, de la santé des enfants, ne tire pas les conséquences de ses déclarations et ne milite pas pour que la PMA devienne la seule et unique méthode pour donner naissance à un enfant. C'est, en bonne logique, ce qu'il devrait faire.
23 septembre 2019, 21:30   Re : Principe de précaution
Il faut convenir que si la clef du bonheur résidait dans la bonne méthode de reproduction enfin mise au point, avec satisfaction garantie, ce serait une nouvelle formidable pour l'humanité !
N'oublions pas non plus que selon les voies traditionnelles, et plus que ça, proto-traditionnelles, nombre de bébés à naître eussent choisi de ne pas risquer une naissance du tout, alors...
24 septembre 2019, 14:09   Re : Principe de précaution
Aux infos sur France Culture ils avaient invité le député Touraine qui disait que quand on demandait aux enfants s’ils préfèreraient remplacer l’une de leur mère lesbienne par un père ils répondaient non. Et que tous les enfants de mères lesbiennes suivis jusqu’à l’âge de 25 ans sont très épanouis.
De plus il est déjà autorisé à un couple d'hommes homosexuels d'adopter un enfant.
Donc, c'est bon.

Sur ce sujet, je constate que le clivage gauche / droite fonctionne bien.
Si vous êtes "de gauche" vous êtes favorable à la PMA.
Si vous êtes "de droite" vous êtes contre ou vous émettez des réserves.
Des fois, c'est simple.
24 septembre 2019, 17:37   Re : Principe de précaution
Pourquoi si simple ? Etre "de droite", c'est aussi et peut-être avant tout vouloir la perpétuation : de la race, de la lignée, du nom, du sang ; la perpétuation à tout prix, peu importent alors les moyens, et ce n'est pas une conception étriquée de ce qui est censé être "naturel" ou pas qui devrait, en toute logique, empêcher que la sacro-sainte transmission se fasse.
Bref, les "de droite" à la cervelle un peu moins étroite devraient être pour.
25 septembre 2019, 11:07   Re : Principe de précaution
Les partisans de la PMA, qui sera bien sûr autorisée
à toutes les femmes lesbiennes ou non, en couple ou seules,
quand ils avancent leurs arguments, accréditent le fait qu’un enfant n’a pas besoin de père, ou qu’un père est inutile.
J’en suis tout ébourrifé.
25 septembre 2019, 16:50   Retournement
Qui aurait pu prévoir que les personnes qu'on désignait comme "anormales" au temps de l'eugénisme revendiqué (et qui devaient en être les première victimes) deviennent quelques décennies plus tard les chevaux de Troie de l'eugénisme sournoisement à l'oeuvre dans toute cette "bioéthique" contemporaine ?
25 septembre 2019, 18:11   Re : Retournement
La vengeance est un plat qui se mange froid.
25 septembre 2019, 19:55   Un poème, pour la route
On supprimera la Foi
Au nom de la Lumière,
Puis on supprimera la lumière.

On supprimera l’Âme
Au nom de la Raison,
Puis on supprimera la raison.

On supprimera la Charité
Au nom de la Justice
Puis on supprimera la justice.

On supprimera l’Amour
Au nom de la Fraternité,
Puis on supprimera la fraternité.

On supprimera l’Esprit de Vérité
Au nom de l’Esprit critique,
Puis on supprimera l’esprit critique.

On supprimera le Sens du Mot
Au nom du sens des mots,
Puis on supprimera le sens des mots

On supprimera le Sublime
Au nom de l’Art,
Puis on supprimera l’art.

On supprimera les Écrits
Au nom des Commentaires,
Puis on supprimera les commentaires.

On supprimera le Saint
Au nom du Génie,
Puis on supprimera le génie.

On supprimera le Prophète
Au nom du Poète,
Puis on supprimera le poète.

On supprimera l’Esprit,
Au nom de la Matière,
Puis on supprimera la matière.

Au nom de rien on supprimera l’homme ;
On supprimera le nom de l’homme ;
Il n’y aura plus de nom ;
Nous y sommes.

Armand Robin - Le programme en quelques siècles (1946)
25 septembre 2019, 21:52   Pas si vite
Le délai pour être un homme
Est toujours prolongé plus loin qu'on ne pensait...

Armand Robin - Notre vie
06 novembre 2019, 11:23   Re : Principe de précaution
Sur le thème, ceci, qui me paraît valoir d'être lu :

Alertez les bébés
07 novembre 2019, 22:31   J'y crois pas
Eh bien ils en mettent un coup, les "Chimpanzés gascons" ! Par sûr que tout le monde s'y reconnaisse pourtant, bien que les bonobos soient des bêtes adorables et grandes fornicatrices.
Et je ne vois pas pourquoi un obstétricien normalement constitué, un biologiste lambda ou même un génétécien, pour autant qu'il soit un chercheur honnête, voudraient à toute force faire partie d'un projet stratégique et centenaire qui aurait pour but d'éliminer les mâles de la reproduction, mais également les femelles et toute reproduction sexuée, pour leur substituer la race supérieure des Inhumains Génétiquement Modifiés."
Qu'est-ce que c'est que ces histoires ? Pourquoi faire ??
08 novembre 2019, 15:10   Re : Principe de précaution
On peut trouver cet appel outrancier, le contester ou hausser les épaules en disant "Allons, c'est de la science-fiction !" mais quant à se demander "Pour quoi faire ?" cela revient à se demander "pour quoi faire", l'eugénisme ? Comme si celui-ci n'avait jamais été théorisé et expérimenté dans le passé. Vouloir réaliser l'ambition eugéniste n'a rien de contradictoire avec le fait de se passer de reproduction sexuée, c'est même ce qu'il y a de mieux à faire.

Pour ma part, ce sont les déclarations des transhumanistes que je trouve outrancières, qui affichent leur projet d'homme "augmenté" sans la moindre équivoque, ce qui ne les empêche pas de bénéficier du soutien financier des GAFA.

P.S
Pourquoi "chimpanzés gascons" ? "Pièces et main d'oeuvre" est un collectif grenoblois.
08 novembre 2019, 16:53   Re : Principe de précaution
J'avais bien demandé "pourquoi faire", autrement dit, quelles seraient les motivations des médecins, biologistes et chercheurs, dans leur grande majorité, qui les pousseraient tout à trac, sans l'ombre d'un doute et sans remords, out of the blue, à abandonner complètement la méthode de reproduction sexuée et naturelle, qui est encore le mode par défaut le plus éprouvé, dans la longue histoire de l'évolution des espèces, et de l'espèce humaine ? Non pas "pour quoi" faire l'eugénisme (ce qui reviendrait un peu à se demander pourquoi un eugéniste serait eugéniste ?), mais pourquoi seraient-ils nécessairement, compulsivement, eugénistes, quelle mouche les piquerait, ces gens, comme un seul homme, alors qu'a priori, humainement, intellectuellement, moralement, on ne voit pas très bien pourquoi ils seraient pires que les autres ? En réalité le contraire serait plus probable...
Car même du point de vue "professionnel" ce serait une aberration : le dogme de la biologie moderne, le moteur même de l'évolution en tant que théorie est la double contrainte du hasard et de la nécessité : hasard du produit résultant de la combinaison génétique aléatoire dans la reproduction sexuée, et nécessité du tri sélectif de l'environnement favorisant les individus les mieux aptes à continuer de s'y reproduire : la "roulette naturelle" que constitue la reproduction sexuée dans des milieux variés et changeants a été et continue d'être le modèle de référence, le plus performant, celui qui du reste a abouti à l'espèce la plus sophistiquée et performante : nous-mêmes (si si...) : pourquoi, à partir de là, retomber dans une bêtise idéologique de type nazi ?
Que ponctuellement certaines avancées de la recherche en génétique puissent pousser quelques biologistes à jouer au Frankenstein, c'est possible ; de là à conclure que la majorité des spécialistes dans ces domaines aient embrassés dans leur ensemble la cause complètement absurde de l'élimination de tous les mâles, toutes les femelles, et de la baise utile elle-même (la reproduction sexuée), alors là pardon, mais cela me semble gentiment délirant...


Parmi les "signataires" de l'appel figurent également les "Chimpanzés gascons", je n'ai pas rêvé, et leur air drôlatique m'a immédiatement tapé dans l’œil, que voulez-vous...
08 novembre 2019, 19:01   Re : Principe de précaution
nécessité du tri sélectif de l'environnement

Et comment qu'il va faire, et comme qu'il fait, jeune homme, l'environnement, qui change tout le temps et partout, depuis toujours et surtout en ce moment (GIEC, etc.) pour assurer son tri sélectif ?

Le crible (celui qui est censé opérer le "tri sélectif" de l'évolution) se doit, dans toute opération de tamisage pour laquelle il est recruté, d'être inébranlable de stabilité et de staticité face au flux de la chose inerte qui passe comme le sable et qu'il a pour mission d'ordonner selon l'adaptabilité, le calibre, des grains à ses grilles. Or il fait que de bouger l'environnement, mazette ! Si tu bouges tout le temps comment veux-tu que je t'enfile, semble lui dire le vivant forcément sans maître et qui, pour les besoins de la cause néo-darwinienne, se voit dans ce schéma assimilé à du sable sans grumeau, ni coeur réfractaire et tendu, ni direction ni motion propre ou propulsion autonome. Dans ce schéma, comme dans celui du transhumanisme, petit frère haineux et décidé de l'eugénisme, arrière petit-neveu de Darwin dévoré d'ambition, le vivant humain est passif, inerte, obéissant, pliable à la fantaisie du démiurge penché sur sa paillasse où il contemple les globules humains en ponctuant son enthousiasme de rires sataniques de savant aussi fou que mauvais et cupide.

Voilà une problématique basique (celle de l'environnement impossible crible car trop changeant) à laquelle nos néo-darwiniens qui dégainent "the survival of the fittest" dès qu'on remue le petit doigt sur ces questions, n'ont tout simplement pas pensé. A l'évidence.
08 novembre 2019, 19:20   Re : Principe de précaution
Il bouge pas tout le temps, l'environnement, peuchère... De temps en temps, de quoi nous laisser respirer un peu. En 56 millions d'années, par exemple, on a un peu de temps pour s'adapter, Cisou...


« En ce temps-là, il y a quelque 56 millions d’années, j’aurais été ruisselant de sueur. Les recherches ont montré qu’à cette époque, en l’espace de quelques milliers d’années (un bref instant à l’échelle des temps géologiques), les températures globales ont augmenté de 5 °C – une fièvre planétaire que les scientifiques nomment le maximum thermique de la limite Paléocène-Éocène. Les zones climatiques se sont décalées vers les pôles, sur terre et en mer, obligeant plantes et animaux à migrer, à s’adapter ou à mourir. Certaines des régions les plus profondes de l’océan se sont acidifiées et ont été privées d’oxygène, tuant nombre des organismes qui y vivaient. Il a ensuite fallu près de 200 000 ans pour que les mécanismes tampons naturels de la Terre fassent baisser la fièvre.

Le maximum thermique de la limite Paléocène-Éocène présente quelques ressemblances avec le réchauffement climatique d’origine humaine qui se déroule aujourd’hui. En particulier, le coupable était une libération massive, dans l’atmosphère et les océans, de gaz à effet de serre piégeant la chaleur, comparable en volume à ce que libérerait notre combustion des ressources énergétiques fossiles si elle se poursuivait pendant plusieurs siècles au rythme actuel. La connaissance de ce qui s’est exactement passé durant le maximum thermique de la limite Paléocène-Éocène pourrait nous aider à anticiper notre avenir. Mais jusque récemment, plusieurs interrogations demeuraient. Aujourd’hui, des réponses apportent une vision peu réjouissante : elles suggèrent que les conséquences du dernier grand réchauffement global de la planète n’étaient rien comparées à ce qui pourrait nous attendre, et elles confortent les prédictions selon lesquelles l’humanité souffrira si nous ne modifions pas notre comportement. »
08 novembre 2019, 20:23   Re : Principe de précaution
Le vivant partage avec le néant la même propriété agaçante de ne pouvoir s'extraire de lui même dans une fin, un terme, une négation ontologique totale et définitive. Tout ce que la nature cosmique a pu tenter pour s'en débarrasser depuis son ancrage terrestre a échoué. Rien n'a pu débarrasser la planète Terre du vivant. Les pierres deviennent poussière et cessent à tout jamais d'être pierres, le vivant, lui, est dépourvu de la capacité de s'abolir par ses propres forces, par sa propre évolution, mais aussi et de surcroît, aucune force ne paraît capable d'en venir à bout. Seul le néant qui ne peut, de lui-même, mettre fin au néant, lui fait miroir.

Si j'osais, je verrais dans le vivant un stratagème du divin pour faire la pige au néant. Le néant néantise toute hypothèse divine mais, ô surprise, voilà la vie qui se mesure au néant et lui tient tête : elle s'avère aussi immarcescible que lui ! D'où vient-elle alors, elle qu'aucun devenir n'assujettit ni n'immobilise, qui, soeur jumelle du néant, le défie avec succès ?

Jouer avec le vivant humain, source de tout ce que nous sommes et pensons être, dans la méconnaissance dédaigneuse et cupide de cette dimension extraordinaire du vivant, me désole, m'inquiète, me révolte.

Sur la PMA et bien sûr aussi et tout bientôt la GPA qui vont se mettre en place pour les "femmes seules" (c'est à dire les nanas qui ne veulent pas se commettre avec un homme dans la durée) ; le pendant avec l'homme qui "va aux putes" symétriquement parce qu'il est seul lui aussi et ne désire pas se commettre dans une relation avec une femme, est aveuglant. Or, l'ironie à cela est déchirante, au sens "lui, il déchire" : les femmes seules vont à la PMA, acheter (et non louer) de la semence humaine avec la bénédiction du législateur et de la Caste propagandiste; cependant que le malheureux homme seul qui va aux putes, se fait tancer par les autorisés de parole et bien-sûr la justice qui lui colle une amende de 1500 euros, pour avoir, de manière coupable et éhontée, loué un corps humain.

C'est pas beau, quand on y songe, l'égalité hommes-femmes par temps "d'évolution des moeurs" comme disaient les ploucs dans les années 70 ?
08 novembre 2019, 20:42   Re : Principe de précaution
Veuillez m'excuser, cher Alain, pour avoir confondu votre "pourquoi" avec une faute de frappe et n'avoir pas remarqué les "chimpanzés gascons" dans ce texte.

"Que ponctuellement certaines avancées de la recherche en génétique puissent pousser quelques biologistes à jouer au Frankenstein, c'est possible [...]" écrivez-vous.

Si c'est le cas, on ne voit pas trop pour quelles raisons, au motif "d'avancées ponctuelles" de "quelques biologistes" jouant les "Frankenstein", les parlements, de par le monde, se croiraient tenus de légiférer sur la "bioéthique", autrement dit sur les conditions même de la reproduction humaine, pour, finalement, aller globalement dans le sens de ces mêmes "quelques" biologistes. Est-ce, par exemple, pour lutter contre "quelques" biologistes égarés qu'au Royaume-Uni, un groupe de scientifiques a remis un rapport sur la modification génétique des embryons, en vue d'une utilisation encadrée de la manipulation génétique embryonnaire par une technologie appelée CRISPR CAS9 ? Et quant à ce qui se passe dans les pays sans vie parlementaire...

Le texte ne dit pas, que "la majorité des spécialistes dans ces domaines aient embrassés dans leur ensemble la cause complètement absurde de l'élimination de tous les mâles, toutes les femelles", comme vous le retranscrivez, mais d'éliminer "les mâles de la reproduction, mais également les femelles [...]. C'est un peu différent.

Quant à la "baise utile", convenez que, depuis le premier "bébé éprouvette", elle en a pris un petit coup dans l'aile, soit par baisse de la fertilité, soit par revendications de couples naturellement inféconds. On ne voit pas à quelle "baise utile" peuvent se livrer des couples de femmes à qui, désormais, est reconnu le droit d'être fécondées. "Selon l'Ined le nombre d'enfants nés grâce à la PMA [c'est-à-dire sans "baise utile"] depuis 1981 pourrait atteindre les 400.000 d'ici fin 2019." Il ne s'agit que de la France. Qu'on le veuille ou non, la quantité de naissances qui ne doivent absolument rien à la "baise utile" est en constante augmentation, partout où les services médicaux sont fiables.

A quelle époque, selon vous, aurait-on jugé "délirant" la possibilité de grossesses à 65 ans et plus; la possibilité de choisir la couleur des yeux des nouveau-nés, leur prédisposition à éviter certaines maladies, et tant d'autres "choix" dont la liste promet de s'allonger ? 1890 ? 1950 ? 1960 ? Avant-hier ?
09 novembre 2019, 03:05   Re : Principe de précaution
Il bouge pas tout le temps, l'environnement, peuchère... De temps en temps, de quoi nous laisser respirer un peu. En 56 millions d'années, par exemple, on a un peu de temps pour s'adapter, Cisou...

Ah mais justement non mon grand, justement non !

Ouvrez donc les yeux sur les paysages, là où le relief révèle sa composition (les synclinaux où apparaissent les couches géologiques), et constatez de visu : pendant les millions d'années que vous évoquez durant lesquels "l'adaptation sélective à l'environnement" vous apparaît comme possible et plausible, l'environnement, pour tout dire, n'existait pas au sens où on l'entend aujourd'hui. L'environnement était si dramatiquement changeant (volcanisme furieux, pluies de météorites, séismes et versement des océans, qui, comme vous le savez créèrent notre mer Méditerranée, pas moins) qu'à vrai dire on ne peut parler de lui en usant du terme "environnement" qui désigne une réalité contemporaine qui nous est familière : non seulement l'environnement ne fut jamais paisible et stable pendant ces pas de temps géologiques où l'homme s'y serait progressivement "adapté", mais, paradoxe suprême, il n'a jamais été aussi stable et quiescent qu'aujourd'hui (depuis le néolithique, en gros). Donc, je crains et je frémis de devoir vous annoncer que vous avez encore tout faux, mon cher Alain. Voir ce qu'on voit, chose difficile s'il en est, si on y parvient, revient déjà à penser clair et juste. La pensée est plus facile que le voir dans ces domaines, comme dans d'autres, plus politiques.
09 novembre 2019, 19:06   Re : Principe de précaution
Concernant ce fameux CRISPR CAS9 : d'après ce que j'ai lu, il ne s'agissait pas en Grande-Bretagne d'une manipulation génétique embryonnaire pratiquée sur des embryons d'enfants à naître, ni à quelque fin médicale, mais d'une manipulation à des fins de recherche (en l'occurrence, mieux comprendre les causes de l'infertilité et des fausses couches), cela à la condition expresse que ces embryons soient détruits ensuite, cette demande ayant été formulée dans le cadre de ce qu'autorise la loi britannique : « La modification génétique d'embryons à des fins de traitement est interdite au Royaume-Uni. Elle est en revanche autorisée depuis 2009 dans la recherche, à condition entre autres que les embryons soient détruits au bout de deux semaines maximum. »

Je ne vois rien là qui fasse irrésistiblement penser au bon Dr Frankenstein, du moins pour l'instant ; et ce ne sont pas les membres de l'autorité britannique qui se sont en l'occurrence pliés à la volonté de savants fous, qui plus est tout obnubilés par l'obsession de mettre enfin un terme à l'achaïque reproduction sexuée, mais ceux-ci qui ont formulé une timide demande dans le cadre de ce qu'autorisait déjà la loi.

Il est évidemment impossible que les avancées scientifiques et les techniques subséquentes n'aient pas d'incidence sur les modes de vie et les comportements, c'est même le contraire qui eût été contre-nature : on ne peut pas ne pas se servir de la science, le savoir ne peut pas ne pas entraîner la tentation de mettre en œuvre ce qu'il permet, a fortiori si cela est jugé utile et considéré comme un bienfait.
Ce que j’ai qualifié de "délirant", c’est le fait de prendre les applications inévitables de l’accroissement des connaissances pour la conséquence d’un projet délibéré et aussi fumeux, de la part de l’engeance scientifique dans son ensemble et de ses suiveurs politiques acquis bien évidemment à la cause, que celui qui consisterait à génocider l’espèce humaine telle que nous la connaissons en voulant dorénavant quasiment interdire la reproduction sexuée en la rendant inutile et totalement obsolète, et de remplacer cette espèce par la créature improbable que serait l"’Inhumain Génétiquement Modifié", ce qui d’ailleurs en soi ne veut dire car on ne sait pas ce que c’est.
Ce que j’ai qualifié de délirant, c’est le fait d’accuser un chercheur de crimes contre l’humanité, au regard de quoi d'ailleurs les nazis eux-mêmes seraient très petits bras, pour avoir déposé une demande d’autorisation de recherche des causes de l’infertilité — entravant du reste le cours normal des tentatives de reproduction tout ce qu'il y a de plus sexuées — en utilisant une technique opérant sur des embryons de toute façon destinés à être détruits.

Au taux actuel de 3.4% de naissances par PMA, j'en conclus que les parents des 96.6% restantes, majorité certes négligeable, procréent encore comme papa et maman et y trouvent quelque satisfaction : écoutez, Thomas, ce n'est pas si mal, compte tenu du projet stratégique et séculaire des Remplacistes Génétiques Frénétiques, et l'humain résistera toujours...
09 novembre 2019, 20:15   Re : Principe de précaution
» pendant les millions d'années que vous évoquez durant lesquels "l'adaptation sélective à l'environnement" vous apparaît comme possible et plausible, l'environnement, pour tout dire, n'existait pas au sens où on l'entend aujourd'hui

Francis, vous voulez donc révoquer en doute l'excellent néo-darwinisme (une fois de plus) parce que j'aurais, selon vous, commis une bourde sémantique en utilisant un terme inadéquat ?

D'abord, je ne vois pas pourquoi Darwin serait inquiété si je dis des bêtises, et d'une.
Deuxio, vous me représentez tout d'abord que "l'environnement, qui change tout le temps et partout, depuis toujours et surtout en ce moment (GIEC, etc.)", puis vous vous ravisez en prétendant maintenant qu'il (l'environnement) n'a jamais été aussi stable et quiescent qu'aujourd'hui, cela depuis le néolithique : faudrait savoir.
Tertio, non content de palinodier ainsi, vous m'agressez sur ce mot d'"environnement" : écoutez, voici le sens générique de ce terme tel que je l'entendais, et que confirme le CNRTL : « Ensemble des éléments et des phénomènes physiques qui environnent un organisme vivant, se trouvent autour de lui (cf. milieu) ».
"Milieu" vous conviendrait mieux ? be my guest, mais cela n'a pas grande importance quant au principe, à mon sens.
Tel que je vous l'avais déjà exprimé, et vous le redonne : « le vivant évoluant est un produit de la constante interaction de deux variables : mutations et diversité génétiques d'une part, action sélective d'un environnement [ou milieu] changeant d'autre part » ; je crois qu'on peut dire que c'est là le noyau dur du (néo-)darwinisme.
Je n'y tiens pas absolument, mais c'est une très bonne théorie, qui a fait ses preuves et aurait plutôt été corroborée qu'infirmée, et je n'ai jamais été convaincu du contraire...
Et je garde le "génocide" des criquets stridulants en réserve...
10 novembre 2019, 10:09   Re : Principe de précaution
Cher Alain, vous semblez considérer que la science biologique ne porte pas en elle-même le pire et qu'il est possible de placer des garde-fous (les limites que le législateur assigne aux chercheurs).

Cela va dans le sens de ma conception des choses, un peu bas de plafond, prudhommesque, qui en revient toujours à la langue d'Esope, sur la science qui peut être la pire ou la meilleure des choses, selon l'emploi que les hommes en font.

Mais alors... quid d'Heidegger ?.... J'avais cru comprendre, mais en philosophie, vous l'avez constaté, je comprends peu, que pour votre collègue allemand la Science (la Technique) portait nécessairement le pire (en gros), ce qui justifierait alors les craintes de l'ami Thomas sur l'avenir biologique de notre espèce... contre votre optimisme soudain ("l'humain résistera toujours").

Auschwitz ne serait pas au fond des éprouvettes quand il serait au bout des rails des chemins de fer (ou des autoroutes d'Hitler sur lesquelles circulent les voitures des compères Ford-Taylor) ?

[En attendant vos lumières, je lis vos collègues qui ont composé un dossier intéressant sur le sujet]
10 novembre 2019, 17:30   Re : Principe de précaution
Permettez-moi, cher Rémi, de paraphraser Caïn himself, auquel vous m’avez fait penser avec ces histoires de "collègues" : non mais, suis-je le gardien de mon collègue ?!?

On peut du reste très bien apprécier un auteur, trouver sa pensée stimulante, étonnante, profonde même, voire être tenté de le défendre si on estime qu'il a été injustement attaqué, ou mécompris, sans pour autant totalement la partager, si tant est qu'on l'aura vraiment comprise soi-même.
Sans compter le démon de l'esprit de contradiction, qui peut vous faire épouser momentanément certaines idées ou façons de penser qui ne seraient pas vraiment les vôtres, ça arrive...

Pour tout vous dire, dans ce "match" entre les champions de vérité, les logiciens, les "analytiques", d'une part, et les poids lourds métaphysiciens type Heidegger de l'autre, je suis plus naturellement enclin à avoir la plus grande partie du corps et de la tête dans le camp des premiers ; mais pas tout à fait non plus : cela ne suffit pas, en réalité, c’est trop limité, d’ailleurs ces gens sont des arpenteurs nés, ils quadrillent, considèrent au premier chef la pensée comme la délimitation d’un territoire : ce qui peut être perçu, décrit, vérifié, mis en rapport, travaillé par la logique, puis on clôture, au-delà de quoi ce serait n’importe quoi, l’informe et l’impensable, le no man’s land de la pensée.
Ce n’est évidemment pas si simple, et on ne peut pas ne pas jeter un coup d’œil intrigué, un peu incrédule, vers ceux qui vous parlent de la question de l’être ( !), de son surgissement et d’un possible recouvrement d’icelui, après la grande oblitération, et dont il semble que le questionnement philosophique s’approche parfois dangereusement de ce qu’on ne peut faire autrement qu’appeler "intuition mystique", faute de meilleur terme.
Je suis sûr que ce genre de choses doit même démanger de temps en temps un prudhomme comme vous…

Enfin, most of the time, j’aurais plutôt tendance à écrire ceci, de ce débat qui portait justement sur ces questions, face à un interlocuteur très heideggerien, lui (et dont je regrette du reste beaucoup l'absence) :

Citation
Alain Eytan
» La pensée calculante et planificatrice, dont la domination s'exerce à travers la technique, la science et l'économie, s'articule toujours en tant que projet

Pourquoi le projet de dire le vrai n'existerait pas en tant que tel ? La pensée qui délimite son domaine de compétence selon ce qu'elle s'impose comme règles définissant le savoir valide, cette pensée-là ne peut s'exercer sans l'irrésistible soif de dominer et de posséder ? N'y a-t-il donc pas des chercheurs animés par la volonté de savoir, de percer à jour, de découvrir ce qui est, c'est-à-dire le vrai, et de l'exposer de la façon la plus exacte possible ? Quelles que soient d'ailleurs ces supposées "motivations profondes" qui poussent les gens à savoir, en quoi et pourquoi celles-ci invalident-elles la valeur et la vérité de ce savoir, en fait ?
Car enfin, nous resservir à satiété la doxa heideggerienne sur la technique etc., c'est très bien, on la connaît déjà un peu, mais concrètement, la capacité de raisonner correctement et de distinguer le vrai du faux, cela n'existe pas en réalité, n'a jamais été qu'une illusion formaliste dont se pare le dominateur fascisant par excellence, le logicien, et n'importe quelle billevesée un peu ronflante et joliment coloriée vaudra toujours au moins autant qu'un discours cohérent et soucieux d'adéquation au faits ?
Mais franchement, qu'est-ce que c'est que ces histoires, et vous gobez tout ça sans réserves, les amis ?
Pas moi, en tout cas, désolé...
10 novembre 2019, 18:04   Re : Principe de précaution
Car enfin, nous resservir à satiété la doxa heideggerienne sur la technique etc., c'est très bien, on la connaît déjà un peu, mais concrètement,...

Enfin, oui...

J'avais toujours soupçonné que vous cédiez parfois un peu au démon de l'esprit de contradiction pour prolonger la leçon. Au demeurant, pour vos élèves ici, c'est très stimulant.
10 novembre 2019, 18:38   Ignorance is bliss
...et au fait, à propos de mon "soudain optimisme" : ce n'est pas que je le sois (optimiste), du moins pas à la façon d'un progressiste qui croirait au nécessaire bienfait du savoir, mais plutôt à la façon d'un sceptique qui reste plus que tout persuadé que l’ignorance fondamentale, l'inconnaissance auront toujours la part la plus belle, et seront non pas temporaires mais continueront d'être structurelles, constitutives même du rapport au monde.
Ce que je veux dire par là, c'est qu'on est toujours à des années-lumière de la possibilité de fabriquer un homme de la tête aux pieds, et en l'occurrence c'est surtout la tête qui compte : tant qu'on ne pourra pas démonter puis remonter, pièce par pièce, l'esprit humain à partir du rien matériel, tant que le "problème corps-esprit" demeurera une inexpugnable énigme, tant qu'on ne saura pas ce qui fait que tel être soit ce sujet particulier doué d'une intériorité incommensurable aux autres du fait d'être soi, tant qu'entre les états mentaux subjectifs et les processus physico-chimiques les produisant s'étendra un abîme d'incompréhension, alors l'humain résistera, niché dans l'inaccessibilité de ce qu'il est, et ce ne sont pas tous ces petits bidouillages, au demeurant si ingénieux, qui pourront vous remplacer par le grotesque épouvantail que figure "l'Inhumain Génétiquement Modifié".
Car même génétiquement modifié il continuera d'être humain...
11 novembre 2019, 11:41   Re : Ignorance is bliss
Car même génétiquement modifié il continuera d'être humain.

C'est à craindre, en effet.
13 novembre 2019, 01:38   Re : Principe de précaution
Le minéral s’anéantit par et dans l’entropie, tout l’observable cosmique qui n’est pas le vivant se rabougrit (l’univers lui-même dans le Big Crunch) ; il n’y a rien qui échappe à cette loi hormis le vivant, qui lui, si on le laisse être, foisonne et se déploie dans le contraire de l’entropie : la néguentropie (https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9guentropie).

Les implications de ce fait (qui n’est pas une « thèse » et pas davantage un « parti pris religieux ou idéologique ») sont décidément formidables : il n’y a rien dans l’étant et le concevable qui aille ce chemin contraire à toutes les lois, y compris les plus complexes (thermodynamique, mondes quantiques, etc.) de l’inerte (lequel peut être très agité au niveau quantique ou seulement moléculaire), rien hormis le néant.

Le néant est comme la vie : rien ne l’arrête, pas même lui-même et surtout pas lui-même qui s’auto-engendre comme un furieux et ne sait pas, par aucune loi concevable, s’auto-anéantir. Rien ne sort du néant qui serait autre que lui et par conséquent rien ne vainc le néant.

Le néant est l’auto-engendreur suprême. Mais il est concurrencé par cette chose fragile et qui ne plie pas, aussi incapable que lui, le néant, de s’auto-anéantir : le vivant. En français, « le vivant » est un terme que les scientifiques (les prix Nobel français Jacob, Monod et Wolff dans le début des années 70, singulièrement, adoptèrent ou plus précisément popularisèrent pour s’éviter le substantif « la vie » trop chargé de connotations spirituelles et catholiques). Le vivant, aussi laïque et idéologiquement irréprochable, donc, qu’avait pu l’être Louis Pasteur, sert et suffit à dire ce fait : sa double indestructibilité (incapable de s’auto-anéantir et incapable de passer à l’anéantissement sous l’action de forces tierces) fait miroir à celle, mêmement double, du néant. Il faut y voir un signe, celui, fort troublant, que la vie est de la même hauteur que l’instance suprême du néant. Ce qui relativise la mort de Dieu que l’on a vu, du vivant de Louis Pasteur (mort cinq ans à peine avant Nietzsche), néantisé (Dieu lui-même, néantisé) par le déploiement contagieux et souverain du néant.

Les délires et les fictions que chevauchent les partisans du transhumanisme, et même de l'intelligence artificielle, sont absolument vains face à cela, cette déclaration de hauteur de la vie comparée à l'inerte ou aux non moins inertes flux électroniques, mimes ineptes du vivant.

En un sens, on peut rejoindre l'optimisme paradoxal, ou du moins la "confiance sereine" d'Alain sur la question.
28 novembre 2019, 16:18   Le néant, ça n'existe pas
» Rien ne sort du néant qui serait autre que lui et par conséquent rien ne vainc le néant

Je serais en principe d'accord avec Bergson pour dire que le néant est une "pseudo-idée", rien qu'un mot : il n'y aurait à la rigueur que des néants partiels, de petits trous de rien artificiellement créés par défaut très ponctuel de la présence toujours environnante : nul aboli bibelot généralisé, seulement de petites enclaves de résistance d'un beau néant imaginé contre l'obscène et sempiternelle redondance de l'être plein de soi et débordant de partout, hélas...
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