Le site du parti de l'In-nocence
Entrée du Journal :

Plieux, jeudi 28 novembre 2019, minuit. Il n’a été question que de ma haine, et de mes incitations à la haine, cette après-midi, au tribunal d’Auch — moyennant quoi toute la magistrature débordait de la sienne, en avait les visages affreusement déformés, rivalisait de véhémence pour l’exprimer.

Je m’efforçais de répondre aussi précisément que possible à toutes les questions de la présidente, mais chaque fois elle disait d’un air impatient :

« Ce n’est pas ma question ! Répondez à ma question ! Ou ne répondez pas du tout, vous avez le droit de ne pas répondre…

— Mais, Madame la Présidente…

— Vous pouvez m’appeler Madame, ça suffira… »

Exemple des questions auxquelles je ne répondais pas avec suffisamment de clarté au gré de la magistrate, comme si je fuyais mes responsabilités, celle-ci :

« Mais qu’est-ce que c’est, les Européens d’origine ? Vous pouvez nous dire exactement ce que vous entendez par là ? Moi les Européens d’origine, j’avoue, je connais pas. Il va falloir m’expliquer ».

On sentait bien qu’aucune réponse n’eût convenu, ni d’ailleurs ne convint, bien entendu. Mais comme la cour n’avait pas grand chose à se mettre sous la dent pour établir ma haine et mes incitations à la haine, elle a fini par se concentrer sur ce tweet-ci, ou ce passage d’un mes discours :

« S’il n’y a d’alternative que la soumission ou la guerre, la guerre, cent fois ».

Incitation à la violence, désir de guerre. Non, disais-je, il s’agit d’une formule conditionnelle : S’il n’y a pas… Ce n’est en rien ce que je souhaite — au contraire.

« Ce n’est pas du tout conditionnel, disait la présidente. Le verbe est à l’indicatif. Si vous vouliez marquer le conditionnel il aurait fallu dire : s’il n’y avait d’alternative…

— Mais le verbe ne serait pas davantage au conditionnel, Madame la Présidente. Il serait à l’imparfait de l’indicatif. Ce ne serait qu’un changement de temps, qui ne changerait absolument rien au sens. Il ne peut pas y avoir en français de conditionnel après si… »

Au demeurant, par chance pour moi, et pour la bonne mesure, la même phrase apparaît deux fois, parmi les passages incriminés ; et la seconde fois c’est :

« Cela dit, si par malheur il se trouvait que le seule alternative soit la soumission ou la guerre, la guerre, alors, cent fois. Elle s’inscrirait dans la grande tradition [des conflits ( ?) — la transcription gendarmique de mes discours est un peu approximative] pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, pour la libération du territoire et pour la décolonisation… »

Toujours pas de conditionnel dans la subordonnée commençant par si, néanmoins. J’aurais dû dire à cette dame que ce qu’elle voulait obtenir de moi, en somme, c’était que je m’exprimasse sur le mode si j’aurais su j’aurais pas venu. Cela aurait achevé de la rendre hargneuse ; mais elle ne pouvait guère l’être plus qu’elle ne l’était. Elle a dit que j’avais mes règles de grammaire et qu’elle avait les siennes. Je me suis permis de faire remarquer qu’il en allait de la syntaxe comme de la loi, que chacun ne pouvait pas l’adapter à ses désirs ou à ses besoins, et que non seulement il ne fallait pas de conditionnel après si mais que ce serait une faute d’en mettre. Cet échange n’a pas semblé me rendre plus populaire auprès du siège.

Sur le fond j’ai pris la liberté de faire observer que « entre la soumission et la guerre, la guerre », c’était exactement ce qu’avaient dit tous les hommes et les femmes qui ont donné leur nom à nos rues et dont les statues ornent nos carrefours. Mais cette remarque-là non plus ne parut pas accroître ma faveur. Je soupçonne d’ailleurs le patrimoine statuaire de n’être pas très bien en cour, lui non plus.

Le vaillant Me Rimokh n’était pas beaucoup mieux traité que moi. Sa première intervention, très technique, sembla ne faire qu’impatienter. Mme le procureur, en particulier, consultait incessamment sa montre. Des avocats auscitains, venus là assister au procès, nous l’avaient dépeinte comme volontiers hystérique. De fait elle était fort véhémente, durant sa propre intervention, qui semblait un collage enthousiaste et assez exhaustif de toutes les platitudes les plus répandues de la bonne doctrine rempla, éloge du vivre ensemble compris et grand usage de nauséabond, quoique cet adjectif ne fasse plus que rire, à présent, comme emblème du sabir suranné de la collaboration remplaciste et néo-négationniste. La grande envolée lyrique du Parquet se conclut sur l’assertion que pour moi les peines pécuniaires n’étaient pas assez dissuasives (comme si j’étais riche à millions), et qu’il ne me fallait rien de moins que trois mois de prison, avec sursis.

Lorsqu’il me fut donné la parole une dernière fois, in fine, j’exprimai mon admiration pour l’éloquence déferlante de Mme le Procureur, notai que ses propos étaient un clair concentré de tout ce contre quoi je me battais et qui m’inspirait le plus d’horreur, que d’évidence il en allait de même de mes propos à moi aux yeux et aux oreilles de l’oratrice, et qu’il était bien normal, dans ces conditions, qu’elle réclamât pour moi la prison — tout juste eussé-je souhaité qu’elle n’assortît pas sa requête d’une demande de sursis, la prison ferme me semblant dans ce contexte plus élégante, plus noble, plus significative, plus nette, plus littéraire, plus artistique, plus belle.

Entre temps avait plaidé Mme Rimokh, brillamment. Lui est assez optimiste, contre toute attente. Il pense qu’il n’y a rien dans le dossier des parties adverses et que juridiquement notre affaire est beaucoup plus solide que la leur. Il a peut-être raison, mais il raisonne en juriste, il me semble, et nous sommes dans un procès purement politique, et même par excellence. De toute façon la décision reviendra bien à la présidente, et l’on imagine mal cette femme dont pas une expression ne reflétait autre chose que l’hostilité haineuse rendre un arrêt qui me soit favorable, ou pas trop défavorable.

L’évidence est que le bloc remplaciste, dont les juges sont le bras armé, est tout à fait résolu à ne plus tolérer la moindre opposition au génocide par substitution, ou même à l’immigration de masse, ou à l’immigration tout court, et bien sûr à l’islam. Le destruction des Européens d’Europe doit être menée à terme en silence. La davocratie macro-remplaciste, ses journalistes et ses juges entendent faire taire les dissidents par tous les moyens. Ils veulent en finir une bonne fois avec la liberté d’expression. Or il n’est à peu près rien de ce que j’écris qui ne tombe sous le coup des lois qui imposent le Grand Remplacement, surtout dans l’interprétation qu’en donne la collaboration. Combien de temps pourrai-je continuer, si chaque phrase doit me coûter quinze ou vingt mille euros ? Combien de lutteurs déjà se sont tus, épuisés, ruinés, écœurés, minés ou tout cela à la fois ? Nous voyons l’abîme qui s’ouvre devant nous, et nous le laissons nous engouffrer, sans voix, incapables de conjurer son appel.
Rassurez-vous Renaud Camus ne risque rien. Des « rappeurs » ont tenu des propos d’une violence, d’une vulgarité, avec appel au meurtre et racisme sans être condamnés ou alors très légèrement. Ces affaires doivent faire jurisprudence j’imagine et leur rappel à la magistrate de Auch devrait la mettre dans de meilleures dispositions.
J’avais été tenté dans mon fil « Journal » de copier/coller des extraits de ce journal et un avertissement sur le droit de propriété m’en avait dissuadé. Aussi je suis surpris de lire ceci ici.
Rassurez-vous Renaud Camus ne risque rien


Bein voyons. Il n'a plus d'éditeur, plus accès aux grands médias, la "justice" et les "assoces" ne le lâchent pas d'un pouce, il lui faut perdre son temps, son énergie et son argent avec ces interminables "affaires Camus", mais à part ça il ne risque rien !


Quand on sent tout le dépit et aussi l'immense l'écœurement qui s'abattent sur R. Camus, qui finira peut-être un jour par jeter l'éponge..., il y a de quoi être inquiet.
Où trouve-t-il encore la force de lutter face à un tel déferlement d'injustices, de saloperies ?
01 décembre 2019, 17:46   Les Erynnies nouvelles
Il faut reconnaître que le duo d'Erynnies a de quoi foutre la trouille, surtout quand il s'avère que la procureure répond au doux nom de Hell (!), et que la présidente ne "connaît pas", n'y voit rien, ce qui m'a fait penser à ces créatures infernales, les Grées, veilles filles hargneuses qui n'avaient qu'un œil en commun et se le passaient successivement...
Une chose semble acquise : avec ces lois relatives à l'incitation à la haine, violence etc., le fait même de désigner l'ennemi, ceux qu'on considère comme tel, est devenu quasiment impossible sans risquer fortement d'être poursuivi ; or toute la thèse du Grand Remplacement, et ce qui en découle, consiste nécessairement en une désignation de l'ennemi, il n'en peut être autrement, et s'inscrit dans une vision politique actuelle, celle de l'affrontement, avec quoi ces lois sont simplement incompatibles.
01 décembre 2019, 19:51   Re : Les Erynnies nouvelles
"toute la thèse du Grand Remplacement, et ce qui en découle, consiste nécessairement en une désignation de l'ennemi",

La présidente qui ne voulait pas qu'on l'appelle ainsi, mais qui aurait sanctionné immédiatement tel qui ne l'aurait pas saluée spontanément selon son rang, attendait une désignation précise de "l'ennemi" afin de pouvoir justifier juridiquement la condamnation qu'elle avait préméditée, ce qui explique qu'elle voulait se faire expliquer qui n'est pas "européen de souche".

La défense a sans doute rappelé que tous les gouvernements successifs, de "droite" comme de gauche, ont déclaré qu'ils refusaient "la soumission" devant le terrorisme islamique et que nous étions "en guerre" contre lui, et qu'on peut affirmer sans risque d'être contredit qu'il n'est pas "européen de souche".

Le propos de Renaud Camus peut tout à fait légitimement se lire ainsi.

Évidemment, des juges mal disposés pourraient considérer que le propos ne visait pas seulement la résistance à l'islamisation terroriste de l'Europe mais que "la soumission" englobait toutes les attitudes "tièdes", telles que le refus d'adopter des mesures de remigration forcée de personnes "non européennes de souche" mais ayant acquis la nationalité française, ce qui signifierait que dans la formule incriminée la guerre était préconisée dans toutes les hypothèses, que la supposition d'une alternative à la guerre était purement rhétorique.

Mais comme Renaud Camus a toujours indiqué qu'il refusait la violence, ce refus découlant du principe d'in-nocence, la promotion de la remigration ne peut s'entendre comme une déclaration de guerre, mais comme son "alternative".

Évidemment, se pose la question de savoir comment en pratique cette remigration pourrait être non-violente si les personnes invitées à remigrer s'y refusaient, mais c'est un autre sujet...
01 décembre 2019, 22:27   Re : Les Erynnies nouvelles
Nous retombons toujours dans les mêmes ornières : quiconque est désigné comme "remplaçant", quand on ne consent pas du tout à être remplacé, ne peut être qu'un ennemi, là réside le fond du problème, abstraction faite des possibles arguties juridiques qui permettraient de se tirer opportunément d'un mauvais pas : or ce foutu "remplaçant" fait référence à une catégorie de population qui déborde très largement le petit groupe susceptible de répondre au qualificatif de "terroriste islamiste".
02 décembre 2019, 00:13   Re : Les Erynnies nouvelles
@or ce foutu "remplaçant" fait référence à une catégorie de population qui déborde très largement le petit groupe susceptible de répondre au qualificatif de "terroriste islamiste".

C'est la seconde "hypothèse", telle que je l'avais explicitement envisagée : "le propos ne visait pas seulement la résistance à l'islamisation terroriste de l'Europe". Et, dans ce cas, la seule défense envisageable me semble être celle que j'ai indiquée (le refus de la violence consubstantiel à la notion d'in-nocence (même si... mais chacun sait qu'on ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment...))

La première hypothèse peut très bien se soutenir à ne considérer que les "tweets" incriminés (mais le Journal n'indique pas si la poursuite se limite à eux) et il n'est pas interdit d'être un peu malin devant une cour de justice.
02 décembre 2019, 13:00   Re : Les Erynnies nouvelles

Le monsieur ne s’embarrasse pas des subtilités du conditionnel, non, lui, il baise la France au présent. Le présent implique une sorte d’éternité performatrice. L’imparfait induit la même continuité mais dans le passé, en ayant donc pris le risque d’avoir été interrompu par le passé simple : il baisait la France quand on lui cassa la gueule.
Voyez comme vont les choses : Le conditionnel de Renaud Camus n’a pas convaincu Madame la présidente et le présent performatif de Nick Conrad n’est pas clair pour le Parquet. Le second n’ayant pas même été poursuivi, le premier ne risque rien, comme dit l’autre. À moins que… À moins que vous ne vouliez insinuer que les plateaux de la balance ne soient pas à l’équilibre… Mais là, vous vous embarqueriez pour très loin.
02 décembre 2019, 18:52   Re : Les Erynnies nouvelles
Oui, mais peut-on réellement comparer les éructations d'un rappeur, qui n'expriment en fait rien d'autre qu'une disposition caractérielle, pour ainsi dire, infantile, stupide et platement brutale, avec une thèse dûment mûrie, articulée, prétendant à une description exacte de la réalité sociale et nationale, et donc potentiellement porteuse de vérité ?
La portée informative de l’expression du rappeur, concernant l'état du monde, est à peu près celle d'un rot commis dans la rue par un quidam totalement insignifiant ; ce qu'implique la thèse du GR peut complètement chambouler les assises, sur tous les plans, qui assurent l'intégrité d'un pays, et donc ses perpétrateurs sont autrement plus coupables, condamnables, et identifiables.
Alors non, en toute honnêteté, je ne crois pas que ce soit comparable...
02 décembre 2019, 19:09   Re : Les Erynnies nouvelles
Cher Alain, vous êtes formidable. Cette façon de faire rebondir les propos n'appartient qu'à vous ! :) Mais ce n'est pas moi qui compare ! C'est la Justice ! Et elle dit, la Justice, que l'un est coupable et l'autre non. C'est tout.
"Oui, mais peut-on réellement comparer les éructations d'un rappeur, qui n'expriment en fait rien d'autre qu'une disposition caractérielle, pour ainsi dire, infantile, stupide et platement brutale, avec une thèse dûment mûrie, articulée, prétendant à une description exacte de la réalité sociale et nationale, et donc potentiellement porteuse de vérité ?"

Je pense qu'on peut les comparer, et au préjudice du rappeur, du point de vue de ce que laJjustice prétend juger, c'est-à-dire du degré de portée de "l'incitation à la haine".

Possiblement écoutée en boucle par un public fervent, ladite "haine" scandée en mantras à travers des chansons de rap est susceptible de marquer infiniment plus les esprits, et spécialement les esprits influençables, que n'importe quelle thèse qui, du fait même de son articulation dûment mûrie, d'un abord plus difficile, ne devrait être considérée par cette même Justice que comme une occasion de débattre.
Il m’a toujours semblé que la justice tentait d’établir le degré de culpabilité en tenant surtout compte de la cause, c’est-à-dire de l’intention, de la préméditation et des moyens plus ou moins élaborés et réfléchis de leur mise en œuvre, de façon justement à pouvoir lier le plus sûrement possible l’acte de l’incriminé à son effet d’autant mieux contrôlé : ici le rappeur semble être dans le registre de l’acte réflexe, du borborygme et de la réaction viscérale (qui plus est protégé par le cadre de l’exercice de son art, lequel permet une marge de manœuvre bien plus large), alors que le théoricien idéologue est en principe en mesure de calculer les conséquences de ses propos, de mesurer la portée et le sens de son discours, et de cibler et de définir bien plus précisément ce sur quoi et sur qui il porte.
Que voulez-vous, l’adulte réfléchi et concerté sera toujours tenu bien plus responsable que l’enfant qui n’exprime que des tropismes et des caprices, car il offre bien plus de matière à culpabilité, c’est pratiquement normal, c’est dans l’ordre des choses, et à mon sens point n’est même besoin d’être politisé à mort pour juger de la sorte…
Elle a dit que j’avais mes règles de grammaire et qu’elle avait les siennes

Camus aurait dû lui rétorquer qu'il n'était pas venu ce matin pour entendre la Présidente lui déclarer qu'elle avait ses règles, la teneur et le ton des échanges suffisant à l'attester.
Quelqu'un sait-il dans quel contexte Renaud Camus a publié ses martiales sentences ?

L'extrait du Journal indique à propos de la présidente du tribunal : "elle a fini par se concentrer sur ce tweet-ci, ou ce passage d’un mes discours"
" [...] les éructations d'un rappeur, qui n'expriment en fait rien d'autre qu'une disposition caractérielle, pour ainsi dire, infantile, stupide et platement brutale [...] un rot commis dans la rue par un quidam totalement insignifiant [...]
le rappeur semble être dans le registre de l’acte réflexe, du borborygme et de la réaction viscérale [...]"

Allez vous exprimer en ces termes dans une émission télévisée, vous m'en direz des nouvelles, ou bien baladez-vous au volant de votre BM dans les embouteillages, fenêtres baissées, hauts-parleurs poussés au maximum, braillant sur un ton plus qu'agressif : "Je baise l'Afrique jusqu'à l'agonie"...

Blague à part, quand on nous apprend que le rap "est désormais le courant musical le plus populaire en France", le style de variétés le plus écouté en France, il me semble que cela fait sortir la question du cadre de la "disposition caractérielle" d'un "quidam insignifiant" et que la Justice peut légitimement s'intéresser aux contenus des textes de certains rappeurs.

Car si on prétend combattre "l'incitation à la haine", on ne peut balayer d'un revers de main la question de l'audience de n'importe quelle expression artistique, sous prétexte que celle-ci serait d'un faible niveau intellectuel. Cette audience étant ce qu'elle est, la Justice ne devrait pas considérer le contenu de certaines chansons comme des "coups de gueule" sans portée, d'autant que lesdites "chansons", de par leur structure musicale, leur phrasé, leur débit, peuvent facilement s'apparenter, précisément, à des "incitations", à des appels, à des occasions de délivrer un message, le rap étant essentiellement un genre d'expression engagé. Et puisqu'il message il y a, je ne vois pas pourquoi la Justice se montrerait plus clémente avec certains rappeurs quand ils "dérapent", sur l'air "ils ne savent pas ce qu'ils disent" (sans compter tout ce que cette attitude peut avoir de condescendant et de méprisant : on veut bien juger un Renaud Camus, c'est-à-dire lui reconnaître la pleine conscience de ses prises de position, et absoudre un rappeur, c'est-à-dire le considérer comme un pauvre crétin.)
» on veut bien juger un Renaud Camus, c'est-à-dire lui reconnaître la pleine conscience de ses prises de position, et absoudre un rappeur, c'est-à-dire le considérer comme un pauvre crétin

Il y a indéniablement de cela. Mais je ne sais précisément ce que la justice "devrait faire", cela nous entraînerait fort loin dans de tortueux débats sur ce qui est juste ou pas absolument, ce qui ne semble pas être évident de la même façon pour tout le monde : la justice en règle générale se borne à juger des écarts de conduite au regard de la loi, que du reste elle n'édicte pas elle-même. C'est pourquoi j'avais avancé que Renaud Camus offrait en l'occurrence bien plus de matière à culpabilité, car son délit présumé est beaucoup plus caractérisable : il y a une théorie, un discours, du sens, pratiquement une doctrine en définitive assez claire, et donc un contenu intelligible susceptible d'être plus ou moins vrai, conforme à la réalité : là précisément est le hic, car s'il est dans le vrai, si l'ennemi putatif désigné est bien un ennemi, alors il est au regard des lois en question d'autant plus condamnable, car elles proscrivent de par leur nature une telle désignation.
A l'opposé, la cohérence conceptuelle de la geste rappeuse laisse beaucoup à désirer ; le contenu de vérité de ses propos est difficilement discernable, en général il n'y en a même aucun, et leur sens se réduit à de la mimique, du martèlement onomatopéique, une expression plus ou moins pure de ressentiment et d'agressivité, et le reste se résume à un fonds de commerce et du marketing. Quant à l'audience que cela pourrait avoir, personne ne peut véritablement en être tenu directement responsable...
Convenez que ce n'est pas là le raciste idéal aux motivations qui pourraient être si facilement établies, à la théorie bien argumentée et au chef d'accusation clairement assignable : il y a trop peu de choses à soutirer d'une sorte de cri primal, et beaucoup plus à gagner d'un intellectuel qui fignole sa pensée...
03 décembre 2019, 19:16   Re : Les Erynnies nouvelles
Il me semble que dans ce deux poids deux mesures vous éludez un aspect primordial.
La condescendence et le paternalisme envers de grands enfants turbulents.
La tolérance auprès d'une population identifiée comme victime de racisme et de discrimination et qui exprime légitimement, d'une façon peut-être un peu abrupte, un cri de révolte.
La culpabilité de l'ancien colonisateur.
La prosternation devant l'art africain.
La terreur d'être accusée de racisme mêlée à la satisfaction de se payer un prévenu "d'extrême-droite".
Vous mélangez le tout et vous avez le résultat attendu.
"A l'opposé, la cohérence conceptuelle de la geste rappeuse laisse beaucoup à désirer [...]"

Et alors ? Il ne s'agit en aucun cas, selon les termes de la loi qui prévoit de poursuivre les incitations à la haine raciale etc., de mesurer le degré de cohérence conceptuelle desdites incitations mais de définir si, oui ou non, ce sont des incitations ! Une incitation est une incitation, un appel au meurtre, un appel au meurtre, qu'ils soient proférés en termes cohérents ou en éructations agressives (et on pourrait même arguer qu'une incitation est encore plus une incitation, lancée en termes brutaux, simplistes et martelés car elle est immédiatement comprise.)

Si quelqu'un chante sur tous les tons "Nique la France" ou "Nique les faces de craie" ou toute formule du même acabit (très souvent servies par l'usage de l'impératif), puis se donne les moyens techniques de diffuser le plus largement possible ce type de message (y compris pour en retirer un bénéfice financier), je suis absolument incapable de comprendre en quoi cette personne ne contreviendrait pas aux dispositions de la Loi en matière d'incitation à la haine etc.

"Quant à l'audience que cela pourrait avoir, personne ne peut véritablement en être tenu directement responsable..."

Là non plus, je ne vous suis pas. Il ne s'agit pas de rendre qui que ce soit responsable de l'audience de tel ou tel message, ni même de se poser la question, il s'agit de prendre en considération l'existence de cette audience dès l'instant où on dispose d'éléments qui montrent qu'elle est importante, ce qui est avéré dans le cas du rap en général et de ses interprètes les plus outranciers. Car c'est bien pour combattre l'audience que pourraient avoir des incitations à la haine etc. que la loi a été promulguée. L'éventuelle audience des propos tenus est le cœur même de la question.
De ce que je comprends de la liste des tweets :

1° Le tweet incriminé ne concernait pas seulement les terroristes islamistes

2° Les musulmans sont sans doute des "remplaçants" pire que d'autres mais de toutes les façons seraient-ils doux comme des agneaux c'est leur présence massive qui "dénature" la société française, comme toute autre présence allogène massive (celle des asiatiques par ex.)

3° "La soumission" consisterait à accepter ce "grand remplacement" (GR) de la population de souche par cette immigration de masse

4° La solution au GR serait la "remigration", comme alternative à la guerre et à la soumission

5° Si la remigration n'était pas possible, la guerre serait cent fois préférable à la soumission

Première question, déjà posée : si les "remplaçants" refusent de remigrer, comment les y contraindre sans provoquer une guerre (sachant que la remigration est censée l'éviter) ?

Deuxième question : si la remigration (pacifique) était impossible, ce serait donc la guerre (cent fois préférable à la soumission) mais contre qui serait-elle engagée ? contre les millions d'"allogènes" en tant qu'ils sont considérés comme des "grands remplaçants" (qu'ils soient terroristes ou non, étrangers ou Français d'origine "non européenne") qui refusent de "remigrer" ?

Troisième question : comme personne ne peut croire sérieusement que les "grands-remplaçants" accepteraient l'invitation à remigrer, pourquoi faire comme s'il y avait une alternative entre la "soumission" (la non-remigration) et "la guerre" (la politique de remigration l'impliquant nécessairement) ?

D'un rappeur, on n'attend pas des explications "rationnelles" mais d'un écrivain, responsable d'un parti politique, candidat à des élections, du président d'un "rassemblement" qui comprend plusieurs généraux à la retraite dans ses rangs ?...

Évidemment, cette demande d'explication doit se faire de façon loyale, pas "sur un ton de procureur".

Mais les mauvaises manières du questionneur ne doivent pas être un prétexte pour refuser de répondre à des questions logiques et légitimes.

[PS : si j'ai peut-être le mauvais goût de poser de façon insistante des questions embarrassantes, je trouve excellent le livre "Tweets", dont je ne saurais trop recommander l'achat]
"D'un rappeur, on n'attend pas des explications "rationnelles" mais d'un écrivain, responsable d'un parti politique, candidat à des élections, du président d'un "rassemblement" qui comprend plusieurs généraux à la retraite dans ses rangs ?"

Dès l'instant que la chose est discutée devant les tribunaux, la seule et unique question qu'il appartient aux tribunaux de trancher est de savoir si l'écrivain, le rappeur, le quidam, le chômeur, l'employé ou qui on voudra, chacun dans son registre, rationnel ou irrationnel, à égalité, parce que l'égalité est un principe du droit, a oui ou non enfreint une loi relative à l'incitation à la haine, s'il a, oui ou non, incité à la haine, à la violence, à l'égard de tel ou tel groupe etc. C'est d'une simplicité enfantine qu'il est fatigant de devoir rappeler.

Remi Pellet et Alain Eytan semblent voir le monde du haut de leur haut degré de civilisation. On les comprend. Les éructations de certains rappeurs sont à ce point si loin d'eux, leur paraissent si grossières et absurdes qu'ils leur dénient le fait d'être mises une seule seconde en parallèle avec celles d'un écrivain de premier ordre. Dans l'absolu, ils ont bien sûr raison. Mais, sur le papier, ce n'est pas le problème de la loi dont le principe est de mettre à égalité ceux qui l'enfreignent et c'est précisément ce qu'elle ne fait pas, envisageant les infractions à la loi selon la qualité de celui qui est soupçonné de les avoir commises : très graves s'il s'agit d'un écrivain qui, c'est le moins qu'on puisse dire, n'est pas en tête des ventes, vénielles s'il s'agit de vendeurs de disques par millions. Ah ! Mais c'est parfait ! Qui a dit que les intellectuels, les penseurs, les écrivains avaient déchus : ils ont tant de pouvoir qu'on les traite plus sévèrement que les voyous ! Faut-il le prendre comme un hommage ultime ?

"Mais les mauvaises manières du questionneur ne doivent pas être un prétexte pour refuser de répondre à des questions logiques et légitimes."

Je suppose que Renaud Camus ne demande pas mieux que d'accepter de répondre à toutes les questions qu'on voudra, n'était qu'en l'occurrence il n'a pas l'occasion de le faire face à un "questionneur" mais face un tribunal et, dès lors, la question des "manières" de la ou des personnes chargées de faire appliquer la loi prend un sens tout à fait différent, de même que les réponses de qui est sur le grill. Un tribunal n'est pas le lieu d'un débat, c'est le lieu d'un procès.
Si le fait de déclarer qu'il y a guerre (plutôt que rien) ou qu'il y aurait guerre, rend passible des tribunaux, il faut que la justice se saisisse, par exemple, du cas de l'ancien président François Hollande, qui a déclaré cela, crois-je me souvenir, lors des attaques terroristes de janvier 2015.

Je ne comprends pas l'argument d'Alain qui semble nous dire que toute prétention au statut de vérité doit motiver la justice à se saisir ou à enquêter, davantage que lorsque des propos irrationnels, des injonctions crues à "niquer" ou "violer jusqu'à l'agonie" sont proférés (ou "chantés") sur des scènes-tribunes. Dieudonné, qui n'est qu'un histrion, dans ce cas, devrait être absout de tout ce que la justice, sur ce plan, lui reproche, bien autant en tout cas que Nick Conrad.

Enfin le Grand Remplacement et la "seconde occupation", sous la plume de Camus sont des visions du réel, une interprétation narrative de l'état social que nous vivons, logiquement prolongée par l'hypothèse d'une Remigration. Statut de vérité peut-être, provocation à enquêter certes, mais non point sur la culpabilité du lanceur d'alerte en ciblant sur lui des accusations absurdes d'incitations à la haine, mais bien enquête sur l'état social lui-même.

L'intéressé l'a souvent dit : il y a conflit, guerre de narrations. Sa narration est qu'il y a état de guerre et d'occupation, qui se superpose à d'autres états historiques jumeaux qui lui sont antécédents ("première Occupation", etc.), et qui appelle des solutions radicales qui ne sont pas sans précédents dans l'histoire (guerres de libération, etc.). Il ajoute que ceux qui nient ces état sociaux et la configuration historique qu'il présente, sont des négationnistes de l'époque contemporaine. Voilà le cadre narratif qui est le sien, qui appelle un débat, invite à l'émergence de cadres concurrents, et rien d'autre. Camus n'a pas sa place dans un prétoire de la justice de la République.

Ces audiences devant le tribunal, dont il donne le compte rendu dans son journal, témoignent d'une double erreur de casting : ces magistrates n'ont pas davantage que lui leur place en ces lieux. Tout est faux dans ces scènes, les acteurs, les paroles, les arguments. Nous sommes face à un théâtre de malentendus, dans l'irréalité totale, entre Ubu et Alice aux pays des Merveilles.
En juin 2017, Renaud Camus a été invité à défendre sa vision de l'état social contemporain face au démographe Hervé le Bras, universitaire de renom, dans l'émission de Finkielkraut sur France Culture, radio de service public. Si Camus était un furieux et sa vision celle d'un haineux dangereux comment se fait-il qu'un homme respectable, raisonnable, sage et vénéré par l'institution comme Hervé le Bras ait accepté de débattre avec lui? Si Camus doit répondre de ses idées devant les tribunaux, alors France Culture, complice de leur diffusion, et Hervé le Bras, qui a aidé à leur expression en acceptant de les confronter aux siennes, amplifiant ainsi leur audience, ont concouru à "l'incitation à la haine" et partagent sa culpabilité présumée. Il faudrait de toute façon traîner Hervé le Bras lui aussi devant les tribunaux pour avoir déclaré cette année-là : Ce grand remplacement est particulièrement utile à l'humanité et au progrès.

On ne compte plus désormais ceux qui, sur le bord politique opposé à Camus, revendiquent, sur tous les canaux de communication officiels et gouvernementaux (dits "de service public"), le Grand remplacement, qu'ils comptent bien, déclarent-ils partout à qui veut les entendre, mener à bien à leur profit. Pourquoi et comment la justice de la République, impartiale, les exonère-t-elle d'une inculpation d'incitation à la haine ?

Ce procès baigne en pleine folie kafkaïenne : la justice reproche à un homme, un écrivain, auteur de fictions et d'essais, d'exprimer une pensée bâtie sur une conjecture ("il y a grand remplacement porteur d'un conflit potentiel"), soit une vision narrative de l'état social qui est en passe de faire consensus chez des commentateurs et militants politiques que, pourtant, tout oppose. Elle le représente haineux pour énoncer et réitérer ce est en passe de ne plus même faire débat !
@Thomas Rothomago

Ne pas attendre d'un rappeur des explications rationnelles ne signifie pas que l'on renonce à juger la portée de ses propos.

Concernant les tweets camusiens, j'ai expliqué plus haut et sur d'autres fils que l'on pouvait en faire une interprétation "exonératoire", pénalement, en considérant :

- qu'ils visaient les terroristes islamistes, contre lesquels faire la guerre est en effet cent fois préférable à la soumission (c'est le discours de tous les gouvernements) ;

- que la "remigration" ne viserait que les personnes en situation irrégulière ("les faux réfugiés politiques") et celles qui seraient déchues de la nationalité pour des motifs sérieux (et qui posséderaient la nationalité d'un autre pays vers lequel elles seraient expulsables) : il ne pourrait donc s'agir que d'expulser une petite minorité nocive (c'était le programme de "la droite" des années 1990).

Chaque fois que j'ai soutenu ce point de vue, il m'a été expliqué que je faisais une interprétation "petit-bras" (voire "collabo") des slogans et qu'une "population de souche" de plusieurs dizaines de millions de personnes ne peut être "grand remplacée" par une petite minorité.

Il faut donc en conclure que la "remigration" devrait concerner des millions de personnes,

Mais alors, cette "remigration" de plusieurs millions de personnes, comment pourrait-elle être autre chose que la guerre puisque les personnes invitées à remigrer refuseraient évidemment de prendre volontairement le chemin du retour, alors surtout que la grande majorité d'entre elles a la nationalité française ?

Personne n'a jamais accepté de répondre à cette question pourtant évidente. Ce sujet n'a jamais été évoqué par exemple lors du débat entre Camus et Le Bras.

En résumé, de deux choses l'une : ou bien la remigration concerne une minorité de personnes qui seraient expulsées pour ce qu'elles auraient fait (mesure que l'on peut légitimement concevoir comme étant désormais la seule "alternative" à la guerre civile larvée actuelle), ou bien la "remigration" concernerait des millions de personnes qui seraient déportées pour ce qu'elles sont (elles sont "extra-européennes" et par leur seule présence elles mettent en cause l'identité européenne, car elles "grand-remplacent" par millions la population "de souche") et alors la "remigration" c'est la guerre.

Il est logique et légitime de demander aux promoteurs de la "remigration" qu'ils disent clairement laquelle des deux options est la leur. S'il en existe une troisième, qu'elle est-elle ?

@Francis Marche

Chacun a le droit d'être pour ou contre le GR, de le combattre (Camus) ou de le nier (Le Bras), d'être favorable à l'immigration ("chance pour la France") ou de prôner la "remigration", et il est heureux que France Culture ait accepté que le débat ait lieu lors d'une de ses émissions. Les juges ne sont pas saisis de cela, évidemment, mais du caractère "socialement acceptable ou non" des moyens préconisés pour atteindre les buts proclamés (l'expulsion de "nocents", oui ; la guerre contre des millions de personnes qui refuseraient leur déportation, non).

Les procès politiques sont détestables. Mais la meilleure façon de les éviter, en levant des ambiguïtés fâcheuses, est encore d'accepter le débat démocratique, en tant qu'il permettrait de faire connaître clairement ses intentions réelles (que je veux croire encore, en l'espèce, vraiment "in-nocentes").

Prendre argument de la déloyauté ou de la connerie de certains juges, quand bien même elle est avérée, pour s'exonérer du débat, n'est pas un procédé... comment dire ?....
» Je ne comprends pas l'argument d'Alain qui semble nous dire que toute prétention au statut de vérité doit motiver la justice à se saisir ou à enquêter, davantage

Ce n'est pas exactement ça ; voici le raisonnement :
désigner une population particulière comme "remplaçante" des indigènes, conquérante et ce par le moyen privilégié de la force, de la violence et du nombre, en parfaite illustration du reste du fameux couplet : "Quoi! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers? », c'est la désigner comme ennemie ;

la désignation d'un ennemi équivaut censément à une incitation à la haine, à la violence etc. contre lui, et à l'adoption des mesures idoines pour lutter là-contre, et entre donc dans le cadre de ce que les lois contre la "provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence nationale, raciale ou religieuse" proscrivent ;

au regard de ces lois donc, il est devenu quasiment impossible de désigner l'ennemi sans les enfreindre : plus le discours promouvant et explicitant la thèse du GR sera cohérent, articulé et précis dans sa description de la réalité, plus il sera vrai et correspondra aux faits, plus son auteur deviendra hors-la-loi et il y aura matière à inculpation, tout en n'étant pas, est-il besoin de le préciser, raciste.

C'est la prétention à décrire la réalité telle qu'elle est qui rend Renaud Camus d'autant plus coupable, au regard de lois qui sont incompatibles, de par leur nature, avec l'état de fait qu'il prétend décrire ; aussi plus il sera clair et précis dans ses propos, plus la théorie de GR sera susceptible d’être vraie, plus il contreviendra à ce type de législation.

Allons un pas plus loin : dans l'état actuel des choses, ces lois particulières paraissent être d'autant plus faites pour ceux qui aspirent à dire la vérité, car il suffit d'être, au moins partiellement, dans le vrai, pour être condamnable : le degré de culpabilité est donc à raison du contenu de vérité que contient le motif du jugement.
Rien de tel évidemment chez le rappeur lorsqu'il nous informe de sa libido exacerbée en débitant : Je baise la France jusqu'à l'agonie : peu de souci de conformité aux faits, là, un message peu clair et d'ailleurs d'allure purement personnelle, qu'un bon avocat n'aura du reste pas trop de mal à faire passer pour les suites malheureuses d'un amour déçu.
En lisant les billets des divers intervenants de ce fil, je me dis que nous nous trouvons tous au pied d'une montagne "métapolitique" (terme qui n'est pas de mon invention ni qui manifeste ma marotte personnelle pour les "méta" mais que l'on doit aux études de théologie politique de Carl Schmitt et ses glosateurs, dont le jeune Matthias Lievens de l'université de Louvain que je découvre) : soit il y a science, ou prétention à la science (comme chez Hervé le Bras, qui se prévaut de faits statistiques lors même que les statistiques ethniques en France sont un interdit politique); soit il y a politique et poésie, comme chez Renaud Camus (mais la subjectivité, la souffrance humaine forment bien un fait humain, de factualité tout aussi légitime que le sondage statistique, généralement biaisé par le politique souverain, comme aujourd'hui en France).

Je me dis aussi que la factualité de la violence, la haine ou la méchanceté est un gigantesque hors sujet à propos de Renaud Camus et ses amis: les couteaux qui tranchent les gorges et les rafales de Kalachnikov qui abattent des innocents surpris dans leur quotidien ou leur divertissement sont les seuls faits (y compris statistiques) qui devraient intéresser la justice.

Les métaphores poétiques-politiques sont souvent les seules dont nous disposions pour dire un état social inédit par son ampleur, son unicité historique. C'est le cas du Grand Remplacement, ou de la Remigration.

Curieusement, le concept qui, dans l'histoire des idées et de l'action politique réunit des caractéristiques ou ouvre à des problématiques (violence, théologie vs science, etc.) très parallèles à celles dont est porteur le Grand Remplacement est celui de lutte des classes.

Le concept marxiste de lutte des classes dit-il le vrai, possède-t-il le moindre crédit statistique ? Est-il porteur de haine et de violence cataclysmique ? Vaut-il incitation à la haine ? Face à la théologie politique de l'époque, celle qui dominait du vivant de Marx, incontestablement oui, mais face à l'Histoire et au politique ?

Oui et non, parce que ces questions sont sans objet. La lutte des classes, et ceci est remarquable, finit, dans le dernier quart du siècle dernier, par être reconnue vraie (à partir de 1989 et de la "fin de l'histoire" alors prophétisée par Francis Fukuyama), chez ceux qui devaient, dans la perspective marxiste, en être les victimes ultimes : les possédants, les maîtres du monde et des forges qui déclarèrent alors "Oui, la lutte des classes existe, et nous en sommes sortis vainqueurs! ", de manière étrangement superposable aux Grands remplaçants qui nous déclarent aujourd'hui publiquement que oui, le Grand Remplacement existe, et nous œuvrons à le hâter, et nous verrons son achèvement glorieux.

Lutte des classes, dictature du prolétariat, disaient un processus, un cheminement historique projetable, signifié, indiqué par mille indices, dans le présent. Il ne s'agissait pas en soi d'un programme de destruction dicté par la haine

mais

1. d'une grille de lecture de l'histoire et de l'état politique contemporain;
2. d'une proposition politique partisane laquelle, ouverte à la critique et à la publicité, par le truchement du débat démocratique fournissait aussi des armes à ses opposants (à preuve, les opposants à la lutte des classes, eux-mêmes instruits par Marx, ont remporté la victoire décisive et finale sur les marxistes).

Les socialistes français, par exemple, validèrent cette grille pour œuvrer à des politiques très majoritairement pacifiques et pacifistes pendant tout le XXe siècle. Jean Jaurès était-il un propagateur de haine, fallait-il l'embastiller (comme ne le sera pas Renaud Camus mais comme risque fort de l'être Christine Tasin, contre qui un procureur vient de réclamer quatre mois d'incarcération et deux mois avec sursis) au chef d'incitation à la haine ?

Il n'y a pas, en politique, de fatalité comme il y en a en science où règnent les règles de la chute des corps. Les propositions logiques de R. Camus (dont la remigration) ne sont pas des fatalités violentes, pas plus que la lutte des classes n'appelait des rivières de sang dans la bouche de Jean Jaurès.

La façon qu'à ce pouvoir d'inquiéter un concept à travers un auteur littéraire, de s'en inquiéter quand 1000 actes de violence gratuite ensanglantent le pays TOUS LES JOURS, nous plonge dans l'irréalité, un véritable théâtre de l'absurde, un monde où le scientifique ment et délire et où le poète est mis au pilori et condamné par des juges fous.

Note: Discours de Jean Jaurès sur la lutte des classes, 26 novembre 1900

La Lutte de Classes

A mes yeux, citoyens, l’idée de la lutte de classes, le principe de la lutte de classes, est formé de trois éléments, de trois idées. D’abord, et à la racine même, il y a une constatation de fait, c’est que le système capitaliste, le système de la propriété privée des moyens de production, divise les hommes en deux catégories, divise les intérêts en deux vastes groupes, nécessairement et violemment opposés. Il y a, d’un côté, ceux qui détiennent les moyens de production et qui peuvent ainsi faire la loi aux autres, mais il y a de l’autre côté ceux qui, n’ayant, ne possédant que leur force-travail et ne pouvant l’utiliser que par les moyens de production détenus précisément par la classe capitaliste, sont à la discrétion de cette classe capitaliste.

Entre les deux classes, entre les deux groupes d’intérêts, c’est une lutte incessante du salarié, qui veut élever son salaire et du capitaliste qui veut le réduire ; du salarié qui veut affirmer sa liberté et du capitaliste qui veut le tenir dans la dépendance.

Voilà donc le premier élément de la lutte de classes. La condition de fait qui le fonde, qui le détermine, c’est le système de la propriété capitaliste, de la propriété privée. Et remarquez-le bien : comme ici il s’agit des moyens de travailler et, par conséquent, des moyens de vivre, il s’agit de ce qu’il y a pour les hommes d’essentiel, de fondamental, il s’agit de la vie privée, de la vie de tous les jours. Et, par conséquent, un conflit qui a, pour principe, la division d’une société en possédants et en non-possédants n’est pas superficiel ; il va jusqu’aux racines mêmes de la vie. (Vifs applaudissements.)


[www.matierevolution.fr]
Un point essentiel que j'ai omis de souligner dans cette superposition des deux concepts (lutte des classes et Grand remplacement) : il est reproché (ou il a été reproché, pour le premier) à l'un et à l'autre de conduire mêmement à "la guerre civile", comme par une sorte de fatalité physique. Qui dit lutte des classes, dit guerre civile bien sûr, et qui dit "remigration", dit guerre civile aussi, c'est automatique n'est-ce pas ? sauf que non, le pire est toujours évitable en politique, qui se distingue heureusement de la science ou pseudo-science physique. Camus dit qu'il y a guerre mais n'exhorte personne à prendre les armes ; en face, on dit de lui qu'il est haineux, on le menace (lui et tous ceux qui se reconnaissent dans son dit politique) et l'on tue et égorge. Dire "il y a guerre" n'est pas équivalent à la vouloir ou à la faire; en revanche, ceux qui nient qu'il y ait guerre, s'accommodent de ceux qui la font, qui en entretiennent l'état et se comportent comme leurs complices et collaborateurs.

Onfray faisait remarquer récemment que la doxa médiatico-politique d'aujourd'hui reproche à ceux qui font des "amalgames" entre terroristes et islam politique de vouloir la "guerre civile" tout en exonérant les assassins, les manieurs de surins dans les transports publics, de vouloir la provoquer.

Si la caste médiatico-politique actuelle avait dominé en 1900, nul doute qu'avec ses juges, elle eût accusé Jean Jaurès d'être un esprit malade habité par la haine pour ainsi proclamer qu'il y a en France "lutte des classes", qu'il y a lutte interne au pays, et elle l'eût fait embastiller pour "incitation à la haine".
au regard de ces lois donc, il est devenu quasiment impossible de désigner l'ennemi sans les enfreindre

Il est licite de dire que la France est en guerre (civile, sociale, religieuse, etc.) ou que l'identité du pays est remise en cause par le changement de sa composition ethnique, qu'on assiste à un processus de "grand-remplacement" des peuples européens par d'autres, à un changement de civilisation, à l'avènement d'une société multi-culturelle, qu'a lieu un processus d'islamisation de l'Europe, que l'Islam fait la guerre à l'Occident (ou l'inverse), etc.

Il est également permis d'appeler à mener la guerre contre des personnes qui se comportent comme des ennemis du pays : par ex. les pouvoirs publics disent mener la guerre contre les terroristes islamistes.

Ce qui est interdit et pénalement sanctionné, c'est de désigner une partie de la population comme étant un ennemi - auquel il faudrait faire la guerre pour le vaincre (comme on doit se comporter face à un ennemi) - par le seul fait qu'elle est d'origine étrangère ('"non européenne").
06 décembre 2019, 00:10   La grosse coquille
"Allons un pas plus loin : dans l'état actuel des choses, ces lois particulières paraissent être d'autant plus faites pour ceux qui aspirent à dire la vérité, car il suffit d'être, au moins partiellement, dans le vrai, pour être condamnable : le degré de culpabilité est donc à raison du contenu de vérité que contient le motif du jugement."

Euréka ! J'ai fini par comprendre, merci Alain. En fait, il y a une coquille dans l'énoncé de la loi : ce n'est pas "incitation à la haine" qu'il faut lire, c'est "incitation à la vérité". De cette façon, en effet, tout devient clair. Renaud Camus est accusé "d'incitation à la vérité", voilà, c'est tout, accusation qui ne peut être raisonnablement faite à un chanteur de rap.
06 décembre 2019, 12:55   Re : La grosse coquille
À propos "d'incitation à la vérité", dans le contexte où des pieds-nickelés préparent en France des attentats au nom de la lutte du Grand Remplacement - (voir ici par exemple)), certains d'entre eux (ceux de l'AFO) venant d'une scission d'un mouvement, Les Volontaires pour la France, dirigé par un général lui-même membre du CNRE, vous ne trouvez pas normal que la police et la justice exigent des éclaircissements sur la définition de l'ennemi auquel il faudrait faire la guerre pour se libérer du GR ?

J'ai écrit plus haut, à deux reprises, les raisons qui justifieraient que Renaud Camus soit reconnu innocent du délit pour lequel il est poursuivi.

Cependant, ces arguments sont fondés sur une interprétation de la notion de "remigration" que ne partagent pas ceux qui en ont fait leur mot d'ordre, voyez la réponse de Marcel Meyer en fin de ce fil, sans qu'ils aient jamais dit ce qu'il implique selon eux.

Or, même Cassandre a pu écrire ici, concernant le mot d'ordre de la remigration, sur ce fil, : "Je crains d'être d'accord, pour une fois, avec Rémi Pellet. Et d'abord comment procéder ? Faudra-t-il établir des ''listes de suspects'' ? Et selon quels critères certains ? Procéder à des rafles familiales ? Tirer sur les récalcitrants ? Faire le siège des cités en rébellion ? Et si les pays arabes prennent en représailles les ressortissants français en otage ?"

Il arrive un moment où la formule du Cardinal de Retz doit être retournée : refuser de sortir de l'ambiguïté ne peut se faire qu'à son détriment et à celui de la cause que l'on prétend défendre.
L'argument de la définition de l'ennemi visé, qui serait dans nos murs, porteur de la nationalité et de la citoyenneté française, et qui rendrait par là sa désignation, ou seulement son évocation, par Camus délictuelle, est spécieux : il y a dans l'hexagone un bon millier (plusieurs centaines en tous cas) de mosquées où, tous les vendredis et plus si affinité, l'ennemi à éliminer est le mécréant qui a l'impudence de côtoyer le musulman, et que, selon le texte de référence, il faut occire après lui avoir généreusement offert la conversion. Or les mécréants promis au fil de l'épée, c'est nous, concitoyens français des musulmans qui entendent ces injonctions quasi quotidiennement. Si Camus a commis une infraction de cet ordre, et s'il doit être jugé de ce chef, c'est des centaines d'imams qui la commettent mêmement et que la justice de la République n'inquiète pas.

L'argument est spécieux bien autant que le procès est inique.
» Il est licite de dire que la France est en guerre (civile, sociale, religieuse, etc.) ou que l'identité du pays est remise en cause par le changement de sa composition ethnique, qu'on assiste à un processus de "grand-remplacement" des peuples européens par d'autres

Ce qui est interdit et pénalement sanctionné, c'est de désigner une partie de la population comme étant un ennemi



Mais la partie de la population désignée comme remplaçante, conquérante, colonisatrice, dont la simple présence fout en l'air votre pays, dénature complètement votre mode de vie et vous la rend impossible, tout en exigeant ce faisant la soumission et l'acquiescement à ce processus — et c'est bien là ce qui est entendu, plutôt même que sous-entendu, par l'expression de Grand Remplacement — cette partie de la population ainsi considérée est automatiquement désignée comme un ennemi, non ?
Encore une fois, le "remplaçant" est par définition un ennemi, me semble-t-il, à moins d'avoir un certain talent pour nier l'évidence, du moins ce qui me paraît être tel, pour autant bien sûr qu'on refuse catégoriquement d'être remplacé chez soi : aussi l'entretien adroit d'une certaine ambiguïté autour de toutes ces questions n'est pas nécessairement une mauvaise stratégie, quand il s'agit avant tout d'échapper à une justice qui devient trop menaçante...
Francis, une petite remarque à propos du rapprochement entre le Grand Remplacement et la lutte des classes : je crois qu'on peut dire que dans une perspective marxiste en général, la lutte des classe est un phénomène nécessaire, pratiquement positif, puisqu'il est me semble-t-il le moteur même des transformations sociales, et à terme le moyen de la marche de l'histoire vers quelque point assurément meilleur que chacun des moments précédents : la lutte des classe est un rouage inévitable du déroulement historique, elle apparaît pour ainsi dire structurelle à l'évolution sociale humaine.
Dans cette optique, tout l'oppose au GR : accident fâcheux de l'histoire, tout de même, contre quoi il faut absolument lutter sans rien céder, rien moins que positif et nécessaire aux yeux de ses concepteurs, au point qu'on peut même dire que l'une, la LdC, est un bien, alors que le GR est un mal caractérisé, pratiquement un abcès purulent dans l'histoire qu'il s'agit de traiter aussi vite que possible, sous peine d'infection généralisée : grande différence à mon sens dans la définition des phénomènes...
aussi l'entretien adroit d'une certaine ambiguïté autour de toutes ces questions n'est pas nécessairement une mauvaise stratégie, quand il s'agit avant tout d'échapper à une justice qui devient trop menaçante

Dans le cas d'espèce, j'ai plutôt l'impression que c'est le plus sûr moyen d'échouer sur tous les plans : "ambiguïté" politiquement incompréhensible mais transparente pour des juges hostiles et payés à n'être pas dupes.

Quant aux sms bellicistes et aux "amis" de Renaud Camus qui l'encouragent à aller se suicider à petits feux devant les tribunaux correctionnels du pays, ils me font penser à ce jugement de Dominique Urvoy sur Averroès, déjà cité sur ce fil :

"Ce bellicisme, de la part d'un penseur qui, comme l'immense majorité des hommes de religion de son temps, n'a jamais participé à un combat effectif, est remarquable. Il est à mettre en relation avec les exhortations qu'en tant que prédicateur Averroès prodigue en faveur de la guerre sainte. [...], ce rôle d'exhortateur depuis l'arrière n'est guère sympathique. On pense à l'image de Barrès face aux ''poilus'' de 1914 !"

Dominique Urvoy, Averroès, Flammarion, coll Champ, 1998, p. 151
A Alain: le corps du délit, comme Pellet l'a fait observé n'est pas dans l'affirmation qu'il y a GR ou même "guerre", réelle ou potentielle, mais dans la violence et "la haine" envers nos compatriotes dont est porteuse l'idée de remigration des indésirables. Pas "extermination", remarquez bien, ni élimination, ni quoi que ce soit d'autre d'ouvertement sanglant, mais de "rémigration", rapatriement, celui qui s'affiche tel, par ce terme, au nombre des services proposés à l'enseigne des établissements de pompes funèbres musulmans que l'on voit partout en France.

Donc, le parallèle est à affiner : il est entre le projet, constat, le cadre de pensée et d'analyse "lutte des classes", tel qu'exposé par Jaurès dans son discours de novembre 1900 cité supra et la "remigration" prônée par R. Camus en 2019..

Il peut être reproché à la LdC d'être un concept, un programme extrêmement violent et haineux, c'est du reste ce dont ne s'est pas privée la théologie politique dominante de la deuxième moitié du XIXe siècle en France et jusqu'à la IVe république, les choses ayant rapidement évolué après cela, notamment avec l'entrée de communistes français au gouvernement et l'arrirée du gaullisme.

Pourtant Jaurès, qui lui reconnaissait son rôle de ressort historique, ne fut pas inquiété par la justice de la République en 1900, il fut seulement un peu plus tard,,assassiné par ses adversaires politiques (ce qui, personne ne le conteste, peut très bien arriver à R. Camus). Celui dont pas moins de 429 établissements scolaires (écoles maternelles, écoles élémentaires, collèges et lycées) portent le nom aujourd'hui, porta un discours radical sur la lutte des classes, dans une époque où d'autres "Pieds Nickelés", pour reprendre le terme de Rémi Pellet, les anarchistes français, faisaient exploser des bombes dans les lieux publics, pratiquaient l'assassinat politique en se réclamant de thèses très parentes de celle du héros de la République, venéré par à peu près tous les bords de nos jours.

En 1900, la justice de la République n'inquiéta pas Jaurès, lors même que ceux qui auraient pu se dire ses amis (les anarchiste devaient refuser la guerre, comme lui) ensanglantaient le pays de leurs marmites à renversement. En 2019, elle traîne Camus devant des juges politiques fous, et l'on voit un homme innocent de tout, dont aucun écrit ne prône la prise d'armes, se faire accuser de volonté génocidaire. C'est qu'en 2019, la Justice n'est rendue au nom de la République et du peuple français que pour la forme, le fond est ailleurs: elle est désormais au service d'intérêts politiques, de programmes anthropologiques (l'Oumma, Davos, et l'Eurogermanie, à peu près dans cet ordre) qui transcendent le peuple, la République, et bien entendu la justice elle-même.
En prolongement à ce parallèle entre Jaurès et Renaud Camus, entre la Lutte des classes et la Remigration, oser penser ceci :

. que le marxisme, en instruisant les penseurs du libéralisme, ses économistes et ses stratèges (notamment sur la cyclicité des crises du capitalisme), a contribué à renforcer le capitalisme, à moduler ses stratégies économiques. Karl Marx fut, selon le davocrate Alain Minc, le « plus grand économiste du XIXe siècle »;

. que le marxisme-léniniste, si un bilan politique et économique doit en être tiré sur tout le cours de ces 150 dernières années, s’est avéré, au plan historique, être une « une ruse du capitalisme », auquel il a ouvert un continent (l’Asie Orientale, Extrême-Orient russe compris, et la Chine) représentant près du tiers de l’humanité : pas de capitalisme d’Etat, ni d’investissement capitaliste international en Chine aujourd’hui sans le maoïsme qui impulsa l’industrialisation de la Chine, qui y introduisit les hauts fourneaux que ses initiateurs (les jeunes étudiants chinois communistes envoyés en France dans les années 1920) avaient vu fonctionner au Creusot, et dans lesquels (cas du futur haut dirigeant Deng Xiaping, qui prit l’initiative d’ouvrir la Chine à ces investissements dans les années 1980), certains furent ouvriers.

. que donc, la lutte des classes des socialistes inspirés par Marx a finalement renforcé le capitalisme et les capitalistes qui, dans l’enfance de ce concept, y voyaient pourtant l’annonce de leur anéantissement. L’unité de destin entre communisme et capitalisme avait été entrevue par Heidegger avec raison : l’histoire de l’Extrême-Orient ces cent dernières années a corroboré sa thèse.

. que, enfin, la Remigration pourrait fort bien, si cette loi des ruses de l’histoire veut s’appliquer sur ce point comme elle s’est appliquée à la lutte des classes, receler paradoxalement, mais d’un paradoxe si classique qu’il pourrait être qualifié de loi de l’histoire, une future réconciliation entre les peuples. Car il n’est pas aberrant d’avancer que la remigration des Africains vers l’Afrique soit, à terme, bénéfique à ce continent, que proposer des terres à des Africains en Sologne c’est nuire à l’Afrique en la dépouillant de ses forces vives, bien autant qu’aux Européens de Sologne, et qu’un mouvement de populations qui inverserait celui-là serait salutaire. L’exode peut avoir du bon, celui des juifs d’Europe et de Russie après la création d’Israël fut heureux. Le retour chez soi n’est ni une honte ni une humiliation. La fuite des Européens, en France notamment, qui quittent leur pays sous la pression migratoire qu’ils y subissent, l’est bien davantage.
En lisant son journal et ce fil de discussion, je n’ai pas réussi à savoir ce qui est reproché à Renaud Camus au tribunal d’Auch. Vous seriez bien aimable d’éclairer ma lanterne.
Serge Diot, si quelqu'un vous dit qu'il est contre l'immigration de masse et que face à cette situation qu'il qualifie de "génocide culturel", il préfère cent fois la guerre à la soumission, si c'est la seule alternative, est-ce que vous n'en concluez pas que le quelqu'un en question appelle à faire la guerre aux immigrés, en dernier recours ?

Le quelqu'un en question peut se défendre en expliquant que son propos ne visait que des immigrés qui, par leurs actes, se comportent comme des ennemis de la nation (des terroristes islamistes par ex.) contre lesquels la guerre est alors parfaitement légitime (et bien plus "morale" que la soumission). Comme c'est exactement ce que disent les gouvernants, le quelqu'un en question ne sera évidemment pas condamné. Il pourra même être félicité de soutenir le gouvernement dans des circonstances difficiles.

Mais si le quelqu'un en question louvoie, qu'il reste dans "l'ambiguïté" comme Alain Eytan le lui conseille, ce quelqu'un laissera accroire qu'il préconise de faire la guerre aux immigrés, s'il n'y a pas d'autres solutions pour qu'ils repartent chez eux, non pas seulement aux seuls criminels, pour mettre un terme à une présence étrangère massive sur le territoire national, serait-elle même parfaitement pacifique, parce qu'elle constitue un génocide culturel exécuté aux dépens de la population européenne de souche.

Les juges considéreront alors nécessairement, logiquement, que le quelqu'un en question a "provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée", au sens de l'article 24 de la loi du 24 juillet 1881 sur la liberté de la presse, modifié par la loi du 13 novembre 2014 : voir ici
Il ne faudrait pas inutilement s'enferrer dans cette histoire mal alambiquée, et en partie grandement fantasmée, de remigration. Les retombées — de cette focalisation et non de la remigration — en seraient immanquablement inefficaces et contre-productives.
Comme disait le grand Charles, les choses étant ce qu'elles sont, étant donné que rien n'a été fait en temps voulu, c'est-à-dire à l'époque du septennat de Giscard, où tout encore était possible, il ne sert à rien de rêver le Monde — c'est-à-dire ici la France — tel qu'on voudrait qu'il soit, même s'il est certain qu'un immense Ouf de soulagement serait vivement ressenti — quoique non exprimé verbalement par crainte des Vigilants — par l'immense majorité du peuple des de souche, en cas de remigration avancée, tant l'apport de ces nouvelles populations a globalement nui au Vivre ensemble d'avant.

Mieux vaut donc militer pour tout ce qu'il est possible de faire, et les actions à mener ne manquent pas :
1. Réduction drastique de l'immigration légale, et, en particulier, du regroupement familial.
2. Reconduction à la frontière des clandestins et autres illégaux, tels les déboutés du droit d'asile vaquant sur le territoire (Ne pas les relâcher mais les retenir jusqu'à leur expulsion).
Condamner à de la prison ferme, avant leur expulsion, tout clandestin récidiviste.
3. Application de la double peine pour tous les étrangers, ou binationaux, qui se sont rendus coupables de crimes ou graves délits.
4. Suppression du droit du sol intégral.
5. Suppression de l'AME (sauf cas gravissime) et de façon générale de toutes les fameuses pompes aspirantes.
6. Application de la préférence nationale, comme cela existe dans le Maghreb.
7. Afficher clairement les valeurs de notre civilisation et, en particulier, ses racines judéo-chrétiennes. Soumettre aux nouveaux venus une charte mentionnant leurs droits mais aussi tout ce qu'il est attendu d'eux, ce dernier point étant capital pour les populations musulmanes, lesquelles sont très éloignées de notre modèle (laïcité, droit à l'apostasie, placer les lois de la République au-dessus des prescriptions coraniques, interdiction de la polygamie et des mariages forcés, égalité juridique homme-femme).
.
Mieux vaut donc militer pour tout ce qu'il est possible de faire, et les actions à mener ne manquent pas

Bah oui... le programme de la droite dans les années 1980-1990, comme ce fut rappelé sur ce fil, il y a huit mois
» Mais si le quelqu'un en question louvoie, qu'il reste dans "l'ambiguïté" comme Alain Eytan le lui conseille, ce quelqu'un laissera accroire qu'il préconise de faire la guerre aux immigrés, s'il n'y a pas d'autres solutions pour qu'ils repartent chez eux, non pas seulement aux seuls criminels, pour mettre un terme à une présence étrangère massive sur le territoire national

Oh ben ça...
Pardon de me répéter, mais si :

la partie de la population désignée comme remplaçante, conquérante, colonisatrice, dont la simple présence fout en l'air votre pays, dénature complètement votre mode de vie et vous la rend impossible, tout en exigeant ce faisant la soumission et l'acquiescement à ce processus — et c'est bien là ce qui est entendu, plutôt même que sous-entendu, par l'expression de Grand Remplacement — cette partie de la population ainsi considérée est automatiquement désignée comme un ennemi

alors dire clairement devant les tribunaux, aussi clairement que possible, qui sont les remplaçants, c'est désigner une grande majorité d'immigrés — qui sont la cheville ouvrière du GR, sans qui le Remplacement ne pourrait être ni grand ni le phénomène historique d'ampleur si inédite visé par là — c'est donc la désigner comme l'ennemi : dire le vrai en l'occurrence, dire ce qui me paraît être évident, c'est précisément le plus sûr et rapide moyen d'être condamné par certains juges qui possiblement n'attendent que cela.
Y entretenir un certain flou artistique et rhétorique devant la galerie juridique, c'est éventuellement pouvoir se tirer d'affaire.
Mais bon sang Alain, il est question d'un appel à faire la guerre, pas seulement de la description du GR !

Vous le savez parfaitement, comme je l'ai rappelé, concernant la "description" des faits, pardon de me répéter à mon tour, "Il est licite de dire que la France est en guerre (civile, sociale, religieuse, etc.) ou que l'identité du pays est remise en cause par le changement de sa composition ethnique, qu'on assiste à un processus de "grand-remplacement" des peuples européens par d'autres, à un changement de civilisation, à l'avènement d'une société multi-culturelle, qu'a lieu un processus d'islamisation de l'Europe, que l'Islam fait la guerre à l'Occident (ou l'inverse), etc. Il est également permis d'appeler à mener la guerre contre des personnes qui se comportent comme des ennemis du pays : par ex. les pouvoirs publics disent mener la guerre contre les terroristes islamistes"

Ce qui est interdit, et c'est heureux, c'est d'appeler à la guerre contre des personnes pour ce qu'elles sont, pas pour ce qu'elles font (de criminel).

Or Renaud Camus insiste sur un point : "Les antiremplacistes qui sont contre le Grand Remplacement “à cause de l'Islam'' sont aussi remplacistes que les remplacistes" (Tweets, Chez l'auteur, 2019, p. 75)

Traduction : les immigrés non-européens qui ne sont pas nocents comme le sont les "islamistes", les "gentils" asiatiques bouddhistes par ex., participent eux aussi, du fait de leur nombre, du/au génocide (culturel) européen. Et c'est logique en effet (d'un point de vue anti-GR).

Or, si ces personnes étaient invitées à "remigrer", elles le refuseraient évidemment.

Dans ces conditions, on est en droit de demander ce qui leur adviendrait. Est-ce aussi à elles que la guerre est promise en dernier recours, faute d'alternative, et pas seulement aux étrangers qui se comportent comme des terroristes ? Il est quand même légitime de poser la question. Une réponse "floue" ne serait évidemment pas du tout crédible, compte tenu de la gravité du propos.

Décrire la "sinisation" de quartiers entiers de Paris, avec les conséquences malheureuses que cela peut avoir sur l'identité de la ville et pour ses habitants "de souche", ce n'est pas du tout la même chose que d'appeler à faire la guerre aux asiatiques qui refuseraient la (pseudo) "alternative" de la remigration volontaire.

Enfin... quand même !...

Par exemple, Georges Bensoussan a décrit l'islamisation de pans entiers du territoire et il a gagné le procès qui lui avait été fait, alors même qu'il avait écrit ceci : "“Dans les familles arabes, l’antisémitisme, on le tête avec le lait de sa mère” : voir ici.

En revanche, si j'ose dire, il aurait été bien sûr condamné s'il avait appelé à faire la guerre aux musulmans de ces territoires, faute d'alternative pacifique, au motif que ces personnes, par leur seule présence massive, dénaturent l'identité française.

C'est pourquoi je veux croire toujours (mais mieux vaut le répéter une nouvelle fois pour éviter ici un mauvais procès) que les tweets de Renaud Camus ne visaient que les terroristes islamistes, contre lesquels faire la guerre est en effet cent fois préférable à la soumission (c'est le discours de tous les gouvernements) et que la "remigration" ne viserait que les personnes en situation irrégulière ("les faux réfugiés politiques") et celles qui seraient déchues de la nationalité pour des motifs sérieux (et qui posséderaient la nationalité d'un autre pays vers lequel elles seraient expulsantes), qu'il ne pourrait donc s'agir que d'expulser une petite minorité nocive (soit donc le programme de "la droite" des années 1990).
08 décembre 2019, 01:56   Ouf
L"immense "Ouf de soulagement" attendu par le peuple est très loin de ne dépendre que de la seule "remigration", très très loin. Faire dépendre le "soulagement" du peuple de la seule "remigration" est une rassurante chimère.
Excusez moi mais je ne comprends pas très bien le sens de cette remarque sur Ouf.
Il apparaît pourtant comme aller de soi qu'on éprouve bien naturellement un Ouf de soulagement quand on nous retire une épine du pied, quand on se trouve guéri d'une pénible douleur ou maladie, quand on a retrouvé d'importants documents malencontreusement égarés ou volés, ou encore quand enfin on a réussi à décrocher son permis, son diplôme, son emploi, ou toute autre chose. Cela ne signifie en aucune façon que toutes les difficultés seraient aplanies ni que plus aucun souci ne nous agacerait. Très loin de là effectivement !
» C'est pourquoi je veux croire toujours (mais mieux vaut le répéter une nouvelle fois pour éviter ici un mauvais procès) que les tweets de Renaud Camus ne visaient que les terroristes islamistes, contre lesquels faire la guerre est en effet cent fois préférable à la soumission

Rémi, s'il faut mettre les points sur les "i", alors je dirais que c'est précisément votre croyance là qui constitue à mes yeux le flou artistique ou rhétorique et l'habileté dans l'esquive, toujours opportuns face à une justice qui devient trop inquisitoire.
C'est une interprétation personnelle qui n'engage évidemment que moi, mais tout cela ne peut que dépasser de très loin le groupe finalement assez restreint de "terroristes islamistes" à quoi on ne pourrait se soumettre et à qui il faudrait éventuellement, en dernier recours peut-être faire la guerre. Cela s'adresse aux acteurs de la "submersion migratoire" dans leur ensemble, et c'est à cette submersion et ses conséquences qu'il faut s'opposer, i.e. ne pas se soumettre, et c'est le dessein de ses acteurs, les "remplaçants", qu'il faut à tout prix contrecarrer, et ce sont ces acteurs, principalement identifiables comme extra-européens et musulmans, qu'il faut traiter avec tous les égards dus à des ennemis pratiquement déclarés.
Sinon, les mots n'ont pas grand sens ; envisager sérieusement qu'il puisse y avoir une quelconque alternative avec des terroristes islamistes — c'est-à-dire un moyen d'éviter la soumission ou la guerre — cela ne veut rien dire : il n'y a de toute façon d'autre possibilité que la guerre avec ceux-là, et vous l'avez dit vous-même, tout le monde est d'accord là-dessus. C'est donc que l'alternative en question concerne une population bien plus large, hélas, et que ce à quoi on ne doit pas se soumettre n'est pas les attentats (comment peut-on "se soumettre" à des attentats perpétrés par des terroristes islamistes, qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire ??), mais un processus politique et social bien plus généralisé qu'on a appelé "remplacement".
Mais, derechef, il ne s'agit là que d'une interprétation toute personnelle, et allez savoir, peut-être ai-je complètement tort...
envisager sérieusement qu'il puisse y avoir une quelconque alternative avec des terroristes islamistes — c'est-à-dire un moyen d'éviter la soumission ou la guerre — cela ne veut rien dire

Vos arguments, cher Alain, sont de bon sens. On peut tenter malgré tout une interprétation exonératoire en suivant le raisonnement suivant : "l'alternative", préventive en quelque sorte, à la soumission et à la guerre, c'est la remigration pacifique ; si elle n'est pas possible (ce qui est l'évidence), la guerre s'imposerait, contre les terroristes, comme les gouvernements la revendiquent, mais plus largement encore en reprenant pied sur les territoires d'où viennent les "grands-remplaçants", pour lutter contre les États qui se servent de leur démographie et/ou des réfugiés comme d'une arme de conquête (voir par ex. la Turquie qui menace l'Europe de laisser passer les réfugiés syriens (et les autres)). Donc, il ne s'agirait pas de faire la guerre à des allogènes qui résident régulièrement et pacifiquement sur le territoire national/européen.

Mais je persiste à penser que l'ambiguïté en la matière est difficilement tenable : quand on déclare que la guerre pourrait être finalement nécessaire, il faut s'attendre à ce que certains demandent quel serait l'ennemi...
Reste qu'aucune effusion de sang n'est suggérée dans les écrits-programmes de l'intéressé. Nulle part dans ces écrits il n'est appelé à forcer qui que ce soit à quoi que ce soit. Les modalités de la remigration demeurent ouvertes. Et il n'est pas de violence automatique hors les volontés d'user de violence, qui sont présente certes, mais dans le camp opposé à celui du prévenu.

Les déductions hâtives et l'"inévitabilité" de la violence, présentée comme découlant des propositions politiques de son groupe sont dues aux sueurs que se donnent ses opposants et procureurs pour lui faire endosser l'habit infâme d'incitateur de violences et de disséminateur de haine.

Lui-même l'a souligné très pertinemment : on absout ou exonère les mahométans de vouloir occire les mécréants alors même qu'ils font allégeance à un programme politique et religieux qui prévoit cela, qui est couché explicitement dans leur livre sacré; cependant qu'on l'accable lui, lors même que tous ses écrits et ses discours ne font que condamner la violence, de vouloir y conduire à demi-mots, par induction, ou déduction, ou effet de langage.

Le défaut majeur de la démarche de R. Camus est de "ne pas appeler au dialogue", soit de ne pas s'encombrer de taqya. Voilà qui est en effet très en porte-à-faux avec les manières du temps. Il n'empêche qu'aucune coercition n'est présentée comme inévitable, ou allant de soi dans ses propositions politiques. La politique, la manière de faire les choses et d'aboutir à des états sociaux nouveaux, commence là où s'arrêtent ses écrits.

Le parallèle avec Jaurès et la lutte des classes tient la route : Jaurès validait la lutte des classes, sans avancer de programme violent, d'égorgement ou de pendaison à des crocs de boucher. Et la justice de la République eut la décence ordinaire de ne pas l'inquiéter.
Reste qu'aucune effusion de sang n'est suggérée dans les écrits-programmes de l'intéressé.

" S’il n’y a d’alternative que la soumission ou la guerre, la guerre, cent fois" mais une guerre sans effusion de sang et sans ennemi, donc. Une sorte de "djihad intérieur"en quelque sorte, si je comprends bien.
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