Le site du parti de l'In-nocence

Big doudou is watching you

Envoyé par Thomas Rothomago 
08 janvier 2020, 16:09   Big doudou is watching you
Lu dans une gazette locale, cette annonce :

« La Nuit de la lecture aura lieu le samedi 18 janvier 2020 à la médiathèque. Nous vous proposerons à cette occasion une soirée en trois temps sur le thème : A la rencontre de l'autre.
De 17 h 30 à 18 h 30, des lectures en pyjama pour petits et grands dans une ambiance chaleureuse. Un coin cocon sera aménagé pour les personnes qui souhaiteraient échanger autour de leurs lectures en cours. Pyjamas, chaussons, doudous et autres bienvenus ! »

Faudra-t-il attendre quarante ans avant que ne soit dénoncées ces incitations odieuses à commettre des actes de puérilité en réunion qui constituent des détournements d’adultes caractérisés et sur lesquels tout le monde ferme les yeux en une coupable hypocrisie ?
10 janvier 2020, 19:16   Revanche du plus faible
Il faudra probablement attendre l'éternité : l'idée reçue a la peau très dure, impénétrable : que les enfants, les adolescents sont plus fragiles, faibles et vulnérables que les adultes. Très souvent il s'agit d'un contresens total : les premiers sont des bombes d’énergie et de vitalité, en pleine santé, pièces toutes neuves, rouages à toute épreuve, formant des billes étincelantes et parfaitement dures fermées sur soi, exclusivement autocentrées, d'un égoïsme inattaquable et révéré en soi car ce sont des enfants. Leurs désirs sont des ordres, et rien n'est plus casse-gueule que la surface absolument lisse de leur innocence qui ne fait que réfléchir aveuglément la lumière, sans aucune ouverture ni intériorité.
C’est pourquoi les abuseurs de jeunes êtres sont à maints égards de véritables aventuriers contrebandiers, qui cabotent le long de ces corps en dépit des conditions naturelles qui les rendent inaccessibles, et tentent de venger l’affront de notre dégénérescence programmée déjà si bien entamée, contre l’éternelle et si insouciante perfection de la prime jeunesse.
12 janvier 2020, 11:29   Re : Revanche du plus faible
Lol'idée reçue a la peau très dure, impénétrable : que les enfants, les adolescents sont plus fragiles, faibles et vulnérables que les adultes. Très souvent il s'agit d'un contresens total : les premiers sont des bombes d’énergie et de vitalité, en pleine santé, pièces toutes neuves, rouages à toute épreuve, formant des billes étincelantes et parfaitement dures fermées sur soi, exclusivement autocentrées, d'un égoïsme inattaquable et révéré en soi car ce sont des enfants. Leurs désirs sont des ordres, et rien n'est plus casse-gueule que la surface absolument lisse de leur innocence qui ne fait que réfléchir aveuglément la lumière, sans aucune ouverture ni intériorité

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Merci pour ce message. Un pur régal.

Je ne sais pas vous mais moi, les gosses, plus je prends de la bouteille plus ils m'exaspèrent ! Pas de meilleur ennemi du silence, de la rêverie ou de la réflexion qu'un enfant... Je ne compte plus les fois où j'ai dû interrompre une scéance de lecture, remettre à plus tard une conversation, un moment d'intimité, un temps de repos... Quelle peste !

(La palme des nuisances sonores revenant - c'est l'expérience qui parle - aux enfants-dieux des parents maghrébins. Ce penchant, plutôt cette passion !, qu'ils ont pour la reproduction, pour le bruit, pour l'agitation, ce rejet de la tranquillité, de la solitude... Bon, j'arrête là.)
Les tyrans le savent fort bien : relire les passages de l'Archipel du Goulag où il est décrit par le menu la méthode des responsables locaux de ces camps qui prenaient grand soin de mélanger dans les mêmes baraquements des enfants et de jeunes adolescents aux détenus politiques (le Goulag mêlait déjà les détenus de droit commun et les politiques).

L'enfant présente cette particularité de n'avoir pas plus de passé que d'avenir (il mourra bientôt à l'enfance pour passer à autre chose), ce qui le fait vivre dans le présent permanent et absolu. Et c'est ça, rien que ça, le présent permanent et absolu (pas de mémoire ni de projection de soi dans le temps futur) qui tue les adultes. Face à l'enfant, l'adulte n'a qu'une alternative : pénétrer dans le monde monochronique de l'enfant, plusieurs heures par jour, pour devenir lui-même un enfant, autrement dit un débile mental (lecture doudou, etc.) ou bien fuir, s'évader comme il peut de cet enfer. C'est la seule alternative qui s'offre aujourd'hui, depuis que le contact véritablement éducatif, donc autoritaire, qui était une formule de coexistence possible entre l'enfant et l'adulte, est interdit.
La fréquentation de l'enfant sur le mode égalitaire et non autoritaire lave le cerveau de l'adulte. L'enfant est une machine à décérébrer, une sorte de TF1 allumée 24/24. L'adulte au sortir de la lessiveuse, est vidé, ne se souvient de plus rien de ses soucis d'adultes, ne sait plus penser. Que ceux qui ont passé un week-end complet en la compagnie exclusive de ces petits lascars osent me dire le contraire.
Mon expérience personnelle m'indique que le favori tout désigné de la palme des nuisances sonores serait, assez haut la main, le jeune vrombissant plein gaz avec sa motocyclette trafiquée, pétaradant à qui mieux mieux, agressant à coup sûr les tympans des habitants de tout un quartier, sensible ou pas, ou même de toute une petite commune, hameaux compris. Très peu de quartiers et de villages échappent à ce désastre écologique.
Pour Renaud Camus la palme reviendrait peut-être au chien Coz.

Les Verts sont bien silencieux à ce sujet. Il est vrai que ce parti, volontiers jeuniste et remplaciste, ne va tout de même pas se mettre à dos toute une jeunesse de ce pays, à la seule fin de complaire au vieux bourgeois réac, ou à tout le moins suspect de mauvaises pensées, qui n'aspire pourtant qu'à vivre dans le calme.
...à la maison, les mouches; au village, les mobylettes.

Peter Handke, Par les villages
Ce témoignage trouvé sur la Toile :



EliseTarie - 11 nov. 2019

"J'habite dans immeuble ancien assez mal insonorisé.
Depuis, quelques années, un couple avec 4 jeunes enfants s'est installé dans l'appartement d'à côté.
Outre le fait que j'ai pas mal entendu les petits pleurer pour les biberons ou autre (ce qui est normal), les petits grandissent de plus en plus et commencent à HURLER dès le réveil.
Souvent, cela me réveille aussi (à 6h du matin) et le pompon : ils se mettent à crier dans la cage d'escalier et ce, même le week-end à 8h du matin. Du coup je suis réveillée en sursaut tôt et je ne suis pas au top la journée.

Je commence à être un peu gonflée par ces voisins. Je suis consciente que c'est difficile de gérer 4 enfant de 5 ans à 8 mois, mais en plus, les parents invitent régulièrement. J'ai le droit à leur groupe de chant avec guitare tous les jeudis jusqu'à 23h en plus des cris de leurs progénitures et tout ça commence à faire beaucoup.

Je suis du genre calme, j'invite très rarement chez moi (1 fois par trimestre) pour éviter d'embêter les voisins et m'attirer des ennuis.

Je ne sais pas quoi faire. Quelqu'un à des conseils à me donner?


Je ne veux pas qu'ils soient condamnés, je veux qu'ils comprennent que ça commence à devenir insupportable entre leur chorale et les cris des enfants très tôt dans le couloir commun pile devant ma porte."



Ça n'est certes pas aussi spectaculaire que l'Enfer décrit par Dante mais c'est tout de même assez parlant.
12 janvier 2020, 20:57   Re : Revanche du plus faible
Mais vous-même quand vous étiez enfants, vous étiez comme ça?
12 janvier 2020, 22:35   Re : Revanche du plus faible
Pas comme ça en tout cas : [twitter.com]

Ni comme ça... [twitter.com]

Ou comment massacrer toute une génération et la civilisation qui va avec à l'aide des clips vidéos (rap, rnb, musique afro).
Mais quelle bande de pédophobes ! M'en vais vous dénoncer au collectif des mamans vigilantes et bienveillantes et vous verrez un peu si elles ne vous passent pas le pyjama et les chaussons ! Non mais !
Oui. Pis que les gnards, il y a les mômans.

(Pédophobie: j'ai connu quelqu'un qui changeait de trottoir à la vue d'une sortie scolaire : viens par ici, là-bas, il y a un convoi de nains)
Chez nos charmants envahisseurs les choses ont au moins le mérite d'être claires..., et ils n'ont même pas besoin de rajouter une couche de baratin philosophique pour nous faire avaler la pilule.

[twitter.com]
On peut observer que Vanessa Springora - détruite, cassée et, ce nonobstant, devenue directrice des Editions Julliard - déclare que c'est parce qu'elle est devenue "maman" qu'elle a décidé de lancer la torpille sous laquelle les grands noms de l'édition française se sont immédiatement aplatis comme en quarante, sans la moindre vergogne pour leur catalogue, en une débandade vraiment exemplaire qui montre que les vieilles habitudes ne se perdent pas.
La comparaison que propose Thomas est très pertinente.

Tous ceux à qui l'on reproche leur laxisme face au monstre, au mal absolu, se font secouer par le col sur tous les plateaux. Bercoff, qui, vu son âge "a connu cette époque" (celle, post soixante-huitarde, de la permissivité régnante, dans ce domaine). On voit le malheureux très embarrassé, morveux, évasif (comme a pu l'être Bernard Pivot mêmement interpellé) et scrutant la pointe de ses chaussures quand on l'interroge.

Ce qui est véritablement fascinant: leur gêne, et les paroles qui l'expriment sont tout à fait celles que l'on connaît déjà bien dans la bouche de ceux qui se sont tus dans les années noires et n'on rien fait pour dénoncer la Shoah:

1. C'était l'époque...
2. Oui, ça ne nous plaisait guère mais comme personne ne disait rien...
3. Comme tout le monde semblait trouver ça acceptable...
4. Eh pis ceux qui avaient des velléités de s'y opposer se faisaient traiter de réac-cul-serré...
5. Voui, on savait ce que Matzneff écrivait, mais on n'y croyait pas vraiment, on pensait qu'il était mytho...

(Oui, quand on voyait les gamins juifs poussés à monter dans des camions militaires, ça faisait quelque chose, mais c'était l'époque, on ne croyait pas vraiment qu'il leur arrivait ce qu'on disait, que les camps c'était peut-être pour leur bien, et pis comme tout le monde avait l'air de trouver ça acceptable, etc..)

Je n'en tire aucun jugement de valeur: juste ce constat d'une attitude française, scandaleusement moutonnière chez un peuple de si longtemps émancipé de l'ordre moral.
On peut aussi observer au sujet de "Vanessa Springora - détruite, cassée et, ce nonobstant, devenue directrice des Editions Julliard", aussi devenue môman peu avant la sortie de son livre:

- Que cette année 2019 aura vu la parution de deux ouvrages du rayon fiction autobiographique narrant des tourments infligés à l'auteur à l'adolescence: celui de Mme Springora et celui de Yann Moix

- Que l'universelle sympathie dont bénéficie la femme "détruite, cassée" par le traumatisme douloureux qu'elle a subi ne se double nullement d'une sympathie, empathie ou compassion comparable pour Yann Moix;

- Que se faire frapper au quotidien par son père à coups de rallonge électrique accompagnés des exhortations et des insultes sauvages de la mère n'est pas jugé par l'agora médiatico-politique comme un traumatisme comparable à celui qu'aura subi une adolescente sodomisée de mauvaise grâce par son amant d'âge mûr;

- Que la "détruite, cassée" a accompli une carrière très honorable dans l'édition et que son équilibre psychologique, aussi compromis qu'il ait pu être entre temps, ne l'a nullement empêchée d'aimer, d'être aimée et de devenir mère

- Qu'il n'en est pas de même de l'ancien enfant battu Yann Moix, incapable d'aimer, d'être aimé et de se reproduire, et dont la carrière semble avoir connu un coup d'arrêt aussi net que radical après la sortie de son livre Orléans dans lequel il narre les horreurs qu'il a subies;

- Que le récit littéraire des traumatismes subis par Yann Moix est largement contesté par sa brute de père et fortement relativisé par le landerneau médiatique, ce qui n'est évidemment pas le cas de ceux qu'a eu à subir Mme Springora dans sa jeunesse;

- Que décidément, le victimat ne sied pas aux hommes avec le même bonheur qu'aux femmes dans nos sociétés post-modernes.

- Qu'un petit garçon battu comme plâtre et qui, par suite, se montre incapable de mener une vie d'adulte acceptable ne saurait inspirer la même pitié ni aucun sentiment de révolte comparable à ceux qu'inspirent les atteintes sexuelles subies dans une forme de consentement par une jeune adolescente devenue depuis "femme épanouie" (comme on disait naguère).

- Que la femme victime est, dans nos sociétés, décidément une denrée bien plus prisée que l'homme victime.
Francis@
ce constat d'une attitude française, scandaleusement moutonnière chez un peuple


OK Francis. Nous sommes faux, lâches, timides, suiveurs, lorsqu'il faut soutenir les intérêts de la justice et de la vérité - vous avez 1000 fois raison ! Mais en quoi serait-ce donc une attitude spécifiquement française ? On retrouve ça partout, tout le temps.
C'est comme ça, la plupart des hommes craignent de déplaire ; ils veulent toujours tout concilier, tout accommoder ; ils sont rarement capables de droiture, de candeur, d'une certaine noblesse, qui inspire l'amour de l'équité, et qui seule fait les grands hommes... C'est con, c'est laid, mais c'est comme ça chez tous les peuples et ça n'est pas demain la veille que ça changera.
Le caractère indifférent-moutonnier est courant chez certains peuples (en Asie du Sud-Est notamment, mais aussi en Chine). Et quand on le constate ou qu'on s'y frotte, c'est avec un certain regard français sur la chose, du moins dans mon cas. D'où ma déception de le voir reconduit à l'identique d'il y a 75 ans, chez les Français, y compris chez les esprits les plus indépendants (Bercoff, etc.). C'est un trait confondant de la nature humaine et non de la culture française, bien entendu.

Je précise que je ne sais pas ce que cette similitude (la reconduite des formes de la gêne et de l'aveu de passivité complice d'une horreur admise) veut dire, exactement. Je ne sais quel enseignement en tirer: donne-t-elle la mesure vraie de l'ampleur réelle de l'horreur, qui dans sa seconde occurrence serait commensurable à la première ? Ou bien n'est-elle que théâtre d'ombre, une simagrée, un signe émis (objet d'éthologie) comme il s'en émet dans les troupes de singes ?
Que la femme victime est, dans nos sociétés, décidément une denrée bien plus prisée que l'homme victime

Oui et il n'y a guère que nos remplaçants (migrants et autres mâles racisés issus de la diversité) pour pouvoir prétendre, comme les femmes, au statut victimaire. Pour nous c'est mort Francis.
Quelqu'un aurait-il des nouvelles du vilain petit Moix ? Qu'est-il devenu ? Le merdeux, longtemps chouchou des médias, semble irrécupérable. C'est sans espoir. Même BHL n'a rien pu faire pour feu son poulain, c'est dire.
Le vilain petit merdeux semble avoir raté sa vie de fond en comble. C'est ce qui arrive souvent, presque toujours, aux anciens enfants martyrisés: ils sont stars ou ne sont rien, ou, dans des cas plus extraordinaires, comme celui de ce type: ils connaissent les deux états en succession, dans le sens descendant. Chez les filles, ce serait le cheminement inverse : rien, puis, tout à coup, star (Vanessa S.)

Freud était un faussaire absolu, ou, si on veut l'absoudre ou l'innocenter de cela, on peut se contenter d'affirmer qu'il a fait fausse route dans sa vision de l'homme. Fausse route en tout à l'exception d'un point : l'immarcescibilité de l'inconscient qui est un hors-temps, ne vieillit pas, ne se renouvellement jamais et ne s'érode pas non plus; il est impérissable et indifférent au temps comme l'horloge (sa mesure du temps qu'elle assure est subordonnée à son immovabilité, sa persistance étanche aux assauts des secondes qu'elle inflige).

L'adulte qui paraît maîtriser son temps, son écoulement, connaît le vieillissement, l'érosion des souvenirs, l'usure générale des choses vécues. L'enfance alors et pendant ce temps, émerge tel le roc intact hors d'un sol lessivé. Et vous cueille comme un gosse. Yann Moix est parti à la casse, d'où il ne pourra revenir. En cela, il rejoint Matzneff, pourtant bourreau.

Vanessa, elle, s'envole.
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