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Arménie : M. Onfray disciple de S. Huntington

Envoyé par Pascal Mavrakis 
Une pensée philosophique de plus en plus éloignée du confort ouaté de l’entre-soi médiatico-parisien :

[frontpopulaire.fr]
"Pensée philosophique", vous trouvez ? Plutôt tropisme géo-politique entamé à grands traits sur le tard, à mesure qu'on se fait chenu, avec toute la panoplie assez attendue de "convictions" qui vont avec, as the whole man must move together, non ?...

Mais quel chemin parcouru...



« Ce samedi 26.4.1986

Passé l'après-midi au bar du Lutétia avec un jeune professeur de philosophie, 27 ans, Michel Onfray, qui promène mélancoliquement avec lui un manuscrit refusé par tous les éditeurs parisiens. Il se réclame de Cioran, Matzneff, Bott et moi — et se refuse à tout compromis... »

Roland Jaccard - Journal d'un homme perdu
Bon alors disons une pensée philosophique... ?
Je ne sais pas, Pascal, mais franchement, l'Onfray prosateur ne me semble pas mieux inspiré que le philosophe, on dirait presque un texte d'édification de propagande, par moments assez ridicule m'a-t-il semblé, avec l'errance des cochons en prime...

A vrai dire, pour ne rien vous cacher, la caution intellectuelle d'un Onfray me paraît plutôt être un mauvais signe pour toute cause que cette caution voudrait promouvoir, mais cela n'engage évidemment que moi...
Je rejoins Alain, hélas.

Plus Onfray nous deviens "proche", plus ses démarches intellectuelles se révèlent médiocres.

M'intéressant à Jean Beaufret depuis quelques jours, je suis allé écouter ce qu'en dit notre philosophie national (dans ma jeunesse, c'était Sartre qui occupait cette position, plus ou moins honorablement jusqu'à une certaine époque).

J'ai été pis que déçu, écœuré pour tout dire. Onfray, quand il s'agit de philosophie "dure", se transforme sans honte en chroniqueur pour le magazine people Gala, fake news comprises (Char savait pertinemment que Heidegger avait eu des sympathies nazies: la jeune philosophe qu'était Barbara Cassin (fille de grand Résistant) à l'époque des rencontres du Thor auxquelles elle participa, en a témoigné) :

[www.youtube.com]
Ce n'est pas un polémiste des mieux inspirés. J'ai lu ses articles dans sa revue Front Populaire. Son style a les yeux plus gros que le ventre.
Le problème, pour un intellectuel hyper médiatisé comme Onfray, c'est qu'il s’agit moins de penser (exercice on ne peut plus périlleux lorsqu'on est interviewé sur une chaîne d'infos en continu comme BFMTV) que de tenir un rôle.
De toutes façons sur un plateau TV il faut aller vite, il faut être drôle, malin, marrant, hyper-réactif. Pas le temps de développer une pensée, d'aller jusqu'au bout d'une phrase. Au bout du compte, ça marche à l'émotion. Ce que les Nouveaux philosophes ont amené, dans les années 1970, c’est cette capacité à se plier au rythme et aux formes du spectacle audiovisuel. Le cœur du métier, ce n’est pas la profondeur de la pensée, mais l’incarnation d’un imaginaire immédiatement identifiable par le téléspectateur. Quand Onfray ou BHL apparaîssent à l’écran, on sait d’emblée ce qu’ils vont dire, et comment ils vont se situer.
Mais bon. Après tout on pourrait dire la même chose d'un Finkielkraut, d'un Bruckner, d'un Zemmour...
Onfray vs Attali. Là, pour le coup, je trouve Onfray excellent ! Quel aplomb.

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