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Interview de Simone Wapler, auteur de "L'Etat ne nous protège plus"

Envoyé par Francis Marche 
Cet entretien se déroule avec Eric Verhaeghe, qui vient de faire paraître un ouvrage sur "The Great Reset".

On ne peut dire qu'en France, la "résistance s'organise", ni même qu'une "opposition politique" au régime qui se met en place ne s'organise davantage. Mais en revanche, on peut constater que la pensée s'organise. Une forme de synthèse en tout cas, que développe une élite concurrente à celle qui s'affirme désormais sans concurrence (le "gouvernement mondial" sera sans contestation possible puisqu'il n'y a qu'une planète et qu'il sera monopolaire au sens strict – pas seulement monopoliste). Ces intellectuels (ceux de Courrier stratège notamment) s'accordent sur le fait que le mouvement vers un gouvernement mondial relève d'une pensée déjà dépassée, déjà morte et que les auteurs de The Great Reset ont déjà un pied dans les poubelles de l'histoire. C'est audacieux et revigorant:

[www.youtube.com]
On ne peut dire qu'en France, la "résistance s'organise", ni même qu'une "opposition politique" au régime qui se met en place ne s'organise davantage. Mais en revanche, on peut constater que la pensée s'organise



Très intéressant mais... "C'est combien de divisions ?"

Malheureusement pour moi j'adhère (encore) à l'idée selon laquelle l’existence intrépide doit se porter garante de l’Histoire. La pensée et les actions doivent également assumer, paradoxalement, la possibilité des erreurs... Le monde des idées ne constitue hélas pas une totalité homogène et sensée pouvant influer sur le cours de l'Histoire et le paysage politique n’est pas une machine parfaitement huilée et ajustée. Pardon d'être un peu bas du front mais, sans des hommes organisés et prêts à en découdre physiquement, les idées...
À l'instant, un économiste, sur LCI : " Ce ne sont pas les États qui changent le monde mais des entreprises !".

Plus exactement, ce qui est premier c'est que des ingénieurs changent les hommes. Les fondateurs des GAFAM sont tous des ingénieurs de formation. Et leurs rejetons des biotech, aussi, qui vont vous injecter de l'information génétique pour trois francs six sous. Un monde de robots programmables et reprogrammables conçu par de nouveaux prêtres eux-mêmes dépourvus d'affects et de sang (Zuckerberg et Bezos ne sont pas des êtres humains, c'est qd même évident).
Bezos est décidément un drôle de personnage. Pendant sept ans, Amazon a perdu du l'argent. Mais lui rigolait niaisement, restait sûr de son coup. Son mode d'action, son mobile, contrairement à d'autres, n'a pas été l'opportunisme et la carambouille (Gates) mais pour le coup, véritablement, la vision, l'absolue certitude, l'évidence, d'avoir flairé le bon créneau vingt ans avant les autres et d'avoir pondu le bon business plan. Rare, quand même. Je ne crois pas qu'il ait été ingénieur.
Informaticien, en effet. Ce qui je l'imagine est assez proche. Il y aurait un parallèle amusant à dresser avec la trajectoire d'un Steve Jobs : des débuts également grassouillets, idéalistes et rêveurs puis un même assèchement progressif, allant croissant à mesure que s'accumulent les milliards, le pouvoir et les manipulations.
Le camp de la pensée (après tout, les socialos, en France, avec Mitterrand et Attali, ont pris le pouvoir politique par leur triomphe dans ce camp, dans les années 70 du siècle dernier, non ?) est celui auquel j'adhère, pour le meilleur et pour le pire : le camp physique, plus sportif il est vrai, s'avère en règle générale de plus courte vie (car trop souvent de trop courte vue, passons...).

Si la pensée s'organise, le monde physique peut en trembler. Et tenez, voilà une pensée, plutôt efficace, de Mao-Tsé-toung, le bonhomme qui comprit qu'il n'est point de dictature qui vaille sans injonction sur le penser. Le bougre avait beau être un rustaud provincial, il avait pigé le truc. C'est à ça qu'on reconnaît le génie : il sort de sa brousse, ou de l'égout, pour viser le ciel. L'éclair de la pensée ne dédaigne pas de visiter le rustaud. C'est sa force, prodigieuse, renversante.
21 janvier 2021, 23:35   Dualisme
» Si la pensée s'organise, le monde physique peut en trembler

Je crois que la seule chose qui puisse ébranler le monde physique est la notion de ce qu'il faut faire, en un mot, le jeu de valeurs qui assigne un but, un sens, et la conviction que les choses doivent être ainsi plutôt qu'autrement.
Or, j'ai toujours eu l'impression que ces valeurs ressortissent encore au monde physique, en réalité, sont affaire de complexion pour ainsi dire hormonale, de santé, de force de caractère, sont, comme disait Nietzsche, avant tout des "symptômes du corps" : la pensée, la vraie pensée, la pensée pure, elle, n'est qu'un dispositif réfléchissant mettant à disposition la matière du monde et ses mécanismes causaux à un degré plus ou moins important de puissance de résolution, mais est parfaitement incapable en elle-même et par elle-même de vouloir en faire quoi que ce soit, ce n'est pas de son ressort.
Aussi le physique ne meut jamais que le physique, il n'y a pas de confusion des genres...
Autant dire alors que la pensée n'est rien. Il se peut bien que, comme on le disait jadis des blessures à la tête : la pensée, si elle n'est tout, n'est rien.

En politique, c'est le cas : Mitterrand et son programme "changer la vie" étaient tout parole et sentiment, et grandes pensées (humanistes, etc.) en étant, au plan physique (l'économie) d'un vide affligeant – cet homme politique, épris de littérature et de femmes, n'a jamais montré le moindre intérêt pour l'économie –, mais, d'autre part, sa présence était physique, convaincante. Il avait l'allant, le verbe, lent et appuyé, et la posture présidentiels, il fut donc élu.

Bolsonaro au Brésil: l'ascension politique de cet homme est fascinante. Il est "tout hormone" et à peu près rien d'autre. Entouré de petits malins de sa famille qui ont su exploiter la bêtise consternante des porte-voix idéologiques du Parti des Travailleurs de Lula, en contre-attaquant grossièrement et astucieusement la propagande LGBT de ces derniers (par des manipulations "géniales" des réseaux sociaux, dont Whatsapp en particulier), il a conquis le plus grand pays d'Amérique latine.

L'homme n'est que verbe et hormone, mais ça plaît et sa suffit, dès lors que ses opposants avaient mis en avant l'hormone du genre, justement, comme argument politique. Il a "tordu le bâton hormonal" dans l'autre sens et a remporté le morceau.

Aussi éloignée que puisse être la place de la pensée du lieu physique et corporel où s'épanouit la chose sexuelle et hormonale (Bolsonaro a fait de la dénonciation de ce qu'il appelait le "Kit Gay" de ses opposants, un pilier de sa campagne présidentielle), c'est bien elle, la pensée (homophobe, etc.) qui a changé la face du Brésil et envoyé le Parti des Travailleurs dans les poubelles de l'histoire.

La politique: terrain par excellence du triomphe de celui qui sait, mieux que personne, jouer au gros con, quand les gens ont soupé des finaux progressistes qui jouent les sachants et les éveillés en laissant pourrir le pays. Et ce jeu s'inspire et s'alimente d'une pensée stratégique qui dépasse les capacités intellectuelles des demi-habiles du "progrès sociétal".
L'homme n'est que verbe et hormone, mais ça plaît et sa suffit



G. Steiner avait déclaré ("Entretiens") que la séduction d'A. Hitler était due, pour une grande partie, au fait qu'il savait parler, qu'il avait sa propre langue, une voix. La première apparition d'Hitler l'avait profondément marqué.

Une langue, des couilles et une idée fixe, - voilà qui est bien assez pour vous foutre à genoux tout un peuple.
R.Camus@Que ce soit en littérature ou en politique, “réussir” c’est toujours imposer une langue.
24 janvier 2021, 20:58   Quand on ne joue plus
» La politique: terrain par excellence du triomphe de celui qui sait, mieux que personne, jouer au gros con

Soyons réalistes, Francis : cela ne s'est pas vérifié dernièrement aux États-Unis, où le dernier "gros con" en date a obtenu rien moins qu'un triomphe et a été expulsé quasiment comme un malpropre.
Cela est peut-être dû aussi au fait qu'une partie de l'électorat et des politiques de son propre camp a fini par subododrer que la grosse connerie en question était après tout bien moins jouée que ce qu'il était souhaitable...
24 janvier 2021, 23:47   Re : Quand on ne joue plus
Trump a obtenu en novembre 2020, un plus grand nombre de voix que lors de son élection en 2016. Les Démocrates lui ont volé sa réélection. Tout le monde le sait aux USA. Le vol d'élection dans ce pays, comme naguère l'assassinat des opposants politiques, a été pesé par ses instigateurs comme "mal nécessaire". La politique est aussi l'art de dompter et de chevaucher les maux nécessaires. Le "gros con" professionnel a perdu cette manche contre les finaux fraudeurs progressistes, mais j'ai l'intuition que ce n'est que partie remise. Voyez l'enthousiasme qui a soulevé les foules américaines au spectacle de la prise de fonction de Biden — on est obligé de se référer aux réactions sur les réseaux sociaux puisque l'événement fut organisé en virtuel (dictature sanitaire et dictature tout court oblige): deux fois plus de pouces baissés que de levés pour la vidéo YouTube qui capte l'événement. Même mon chat (si j'en avais un) que je filmerais en train de bailler sur mon canapé ferait mieux. A peu près personne, je crois, obtient deux fois plus de pouces tournés vers le bas que le contraire sur cette plateforme. Même le patron du Sénat français, Larcher, s'exprimant en pleine digestion, fait mieux, pour recentrer mes exemples sur la sphère politique.
» Trump a obtenu en novembre 2020, un plus grand nombre de voix que lors de son élection en 2016. Les Démocrates lui ont volé sa réélection

A vous lire, on croirait que c'est parce qu'il a obtenu un plus grand nombre de voix qu'en 2016 que les démocrates lui ont volé sa réélection : mais non, tout de même : c'est parce que le taux de participation a été bien plus élevé, non ?
Biden, lui, a obtenu un nombre de voix record pour aucun candidat à l'élection présidentielle, je crois : on peut toujours clamer que ces décomptes sont faux, qui sont pourtant les mêmes que ceux qui attribuent à Trump un plus grand nombre de voix qu'en 2016, mais ce n'est pas parce qu'on le dit ou le croit que ce sera vrai, n'est-ce pas ?...
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