Le site du parti de l'In-nocence
Je posterai, quand il sera disponible, l'entretien en cours sur BFM du Président du Conseil scientifique.

Déjà :

- l'apparition de ces variants un an après, dont le dernier en date vient d'apparaître en Californie, n'est bien sûr n'est pas due au hasard. Je cite en substance : "Le virus est suffisamment intelligent pour trouver des formes d'échappement à la sorte de pression de sélection que l'on exerce sur lui depuis un an." Traduction : gestes barrière et traitements expérimentaux sont cause d'effets pervers donnant lieu aux variants (le sud-africain est nettement moins sensible au vaccin et l'anglais est si contagieux que rien ne pourra empêcher qu'il devienne dominant en France, dixit tjrs Delfraissy), variants "qui sont l'équivalent d'une deuxième pandémie".

- les laboratoires pharmaceutiques n'ont pas dit la vérité sur leurs capacités de production des doses de vaccin. Par conséquent, moins de 40% des Français seront vaccinés d'ici à la fin de l'été.
[www.google.com]

Il reconnaît ce que je signale plus haut sur les conséquences des mesures contre-productives, y compris le confinement, et il admet qu'un 3e confinement signerait l'échec des deux précédents. Puis en toute contre ou antilogique, après avoir estimé que la contagiosite du variant anglais le rendait inarrêtable, il fait pression pour l'instauration d'un nouveau confinement strict...

Mon sentiment personnel est que cette crise a mis en lumière qu'il en va des scientifiques comme des hommes politiques et des écrivains de notre sale époque. Ils sont bidons, tout simplement... Des philosophes, j'ai bien dit des philosophes, comme Bergson, Canguilhem ou même Foucault auraient mieux fait que Delfraissy, Fontanet et Lacombe. Ils étaient indiscutablement de plus grands savants que ces chèvres sans intérêt et sans style aucun (du reste, de la même manière Cuvier, Bernard et Bichat avaient assimilé à 20 ans plus d'humanités et de textes sublimes que Tiercelin et Bouveresse).
Pierre Jean, en savez-vous plus que ce qu'on peut piocher à droite et à gauche de l'hypothèse selon laquelle le "variant anglais" aurait pour origine la campagne de vaccination tôtivement menée en G-B utilisant le vaccin Pfizer ?

D'accord avec vous sur les scientifiques chèvres qui commandent la lutte contre la pandémie, véritables Gamelin de la guerre bactériologique.
Du tout, Francis. Mais il est difficile de ne pas faire le lien entre les deux évènements, étant entendu que chaque apparition de variant du Covid, virus que l'on disait peu mutagène, ne peut être le fait du hasard ou d'un accident inexplicable. Je vois qu'en Israël, autre pays pris de transe vaccinale, le variant anglais provoque de terribles formes graves chez les femmes enceintes. Cela fait moins de 2 mois que l'on vaccine et déjà on assisterait également à des formes vaccinales et graves de la maladie ? Quelle perspective terrifiante...
Va falloir vite fait vous implémenter d'autres idées, à tous les deux.
» Traduction : gestes barrière et traitements expérimentaux sont cause d'effets pervers donnant lieu aux variants

Pierre Jean, la première cause des mutations n'est-elle pas la grande circulation des virus ? Autant que je sache, les mutations sont censément des erreurs intervenant lors de la réplication du virus a partir d'une séquence initiale d'instructions d'assemblage des protéines que constitue le matériel génétique : aussi, plus le virus se réplique, plus il est probable que de telles erreurs se produisent. Mais pour que le virus se réplique le plus grand nombre de fois, il faut qu'il circule le plus possible parmi la population, car il faudra toujours un grand nombre de mutations aléatoires pour qu'il se trouve parmi elles certaines présentant un avantage pour une meilleure propagation de l'agent infectieux.
Dans ces conditions, pourquoi voulez-vous que des mesures qui ont pour but de limiter les interactions sociales, donc de limiter la circulation du virus (pour autant que ces mesures soient efficaces bien sûr) produisent justement l'effet inverse, qui serait de favoriser les mutations ?
Ah, nous voilà revenus au fameux débat sur l'évolution fruit du seul hasard (et de l'adaptabilité des résultats de ces mutations purement aléatoires) ou comprenant, au moins partiellement, un mécanisme téléologique. Il me semble me souvenir que Raoult exposait, lors d'unes de ces très précoces interventions sur les variants produits par le Covid, un mécanismes de ce deuxième type où les mutations du virus sont provoquées par les obstacles qu'il rencontre (mais je n'en suis plus si sûr).
On s'étonne de voir encore agitée l'hypothèse d'un chaos des mutations ("aléatoires, accidentelles, etc.") quand le telos du virus existe et n'est contesté par personne : son comportement est bien sûr orienté vers un but, selon un vecteur de pénétration efficace des organismes dont il a besoin pour se continuer. Ses mutations obéissent à une loi, comme la chute des corps obéit à la loi de gravitation, soit un vecteur orienté, quels que soient les "accidents" que le corps en mouvement sur ce vecteur de force pourra rencontrer. L'eau, les fluides en général, suivent leur cours en contournant les obstacles qu'ils rencontrent sur leur chemin. On a l'impression d'expliquer ainsi l'eau chaude ou le fil à couper le beurre mais non, quand ils voient "téléologie de l'évolution", certains reprennent leur souffle pour crier au mysticisme et au créationnisme. Tant pis pour eux.

Les scientifiques chèvres : quand je m'interessais à la chose d'un peu près, j'avais trouvé sous la plume de je ne sais plus quel auteur cette remarque pénétrante : que la biologie, non content de n'avoir pas encore rencontré son Einstein, n'a pas encore connu son Newton. Les biologistes, en Occident, accusent trois bons siècles de retard sur leurs confrères physiciens ou mathématiciens : ils en sont resté à manier des mécanismes, à bricoler l'objet de leur étude à coups de ciseaux et à pousser des canules dans les cellules comme on l'aurait fait encore au XVIIe siècle, avec des outils techniques plus perfectionnés que les savants d'alors mais dans le même esprit. Leur pensée n'a pas bougé: à leurs yeux, l'organisme vivant conserve pour modèle le canard automate qui amusait Descartes.
26 janvier 2021, 20:29   De la bêtise des virions
Lors de ma séance de surf télévisuel nocturne habituel, je suis tombé hier tout à fait par hasard, ça tombe bien, sur l'ami Axel Kahn, commentant l'actualité épidémique : eh bien justement, asséna-t-il, "ce virus, comme tous les virus, est con comme ses pieds !", ou quelque chose d'approchant, "il se réplique des milliards de fois, et dans le processus commet des erreurs, voilà tout"...
Kahn est tout de même plus généticien que Raoult, Marcel, Francis et moi réunis, après tout.

Quelques résultats d'une recherche fort rapide en l'occurrence : c'est un virologue de Louvain qui parle :

« Les virus ne peuvent pas se reproduire seuls, comme les bactéries. Ils doivent entrer dans une cellule pour pouvoir produire de nombreux autres virus, pour «se copier». Pour le faire, ils utilisent une protéine, que l’on appelle polymérase. Mais cette protéine est un peu tête en l’air, elle se trompe assez souvent lorsqu’elle copie les informations du virus. Voilà comment un virus mute, en changeant les informations qui le composent. Il devient donc un peu différent du virus initial (de base).

Qu’est-ce que cela a comme conséquences?

Tout cela dépend de la caractéristique du virus qui est modifiée. Dans la majorité des cas, les mutations n’ont pas de réelles conséquences. Parfois, la mutation peut être défavorable (mauvaise) pour le virus et l’empêcher de se reproduire. Alors, il disparaît. Dans d’autres cas, au contraire, la mutation peut lui donner un avantage en lui permettant, par exemple, de se multiplier plus vite dans les cellules infectées. De plus, certaines mutations peuvent permettre au virus d’échapper au système immunitaire, qui est le gardien de notre corps et réagit lorsque nous sommes infectés par un virus. »

Ici, avec d'autres mots, même son de cloche :

« Chaque copie va alors aller soit infecter d’autres cellules, soit infecter un autre hôte”, explique au HuffPost Sandrine Belouzard, chercheuse au Centre d’infection et d’immunité de Lille. Malheureusement, le Covid-19 est un best-seller. Il se vend très bien, partout dans le monde.

Les virus sont des organismes qui se multiplient des millions de fois chaque minute alors à force, des erreurs se produisent. Les mutations sont en quelque sorte des fautes de frappe dans le code génétique du virus.

On parle d’un variant quand le code génétique a subi beaucoup de mutation et qu’il est donc différent du code génétique du virus d’origine. Sur les best-sellers, c’est fréquent. Plus de 12.000 versions différentes du coronavirus ont été recensées en un an d’existence, selon une étude parue dans Nature. »

Cela, c'est l'explication scientifique très majoritairement acceptée du phénomène dit "mutation" ; cela a un sens, fait référence à un processus observé et fort documenté, renvoie à une hypothèse corroborée dont on peut empiriquement rendre compte.

J'avoue que j'ai du mal à me figurer ce que pourrait bien vouloir dire le "telos" d'un virus : la chose pense-t-elle donc ? A-t-elle une volonté, une quelconque notion d'un sens et d'un but à sa façon d'existence ? Ou quelque chose pense-t-il pour elle et la guide ? Quoi donc et pourquoi ? et comment donc se figurer le sens d'expressions telles que "but", "pensée", "finalité", "téléologie", appliquées à un amas élémentaire de matière pré-vivante ?
Le fait est que tant qu'on ne pourra répondre à ces questions, et en réalité on ne le peut, je crains que toutes ces expressions soient littéralement dénuées de sens, "scientifiquement", c'est-à-dire ne renvoient à rien qui soit expérimentalement vérifiable, pour ne relever que de métaphysique, de religion, de magie ou de métaphore, au choix ; cela qu'on peut partager ou pas du tout.

Francis, je vous félicite de savoir si bien ce "qui n'est contesté par personne" en matière de biologie, mais quand même, soyons un peu cohérents : comment ce qui est le fruit d'un processus purement "aléatoire" comme les mutations pourrait-il être strictement mécanique et relever d'un automatisme de part en part déterminé, quand cet aléatoire est par définition totalement imprévisible et indéterminable ?
Bon ils ne parlent guère des virus, mais tout de même, dans Les mécanismes d’adaptation de la biodiversité aux changements climatiques et leurs limites - Rapport de l'Académie des sciences coordonné par Sandra Lavorel, Jean‐Dominique Lebreton et Yvon Le Maho - Juin 2017 :

« Depuis la naissance de la vie sur notre planète, les écosystèmes ont considérablement évolué en fonction des conditions physico-chimiques et du climat. La vie s’est à nouveau diversifiée après de grandes extinctions, mais à une échelle de temps qui n’est pas celle des générations humaines. Des résultats récents révèlent cependant des variations majeures rapides, à l’échelle des décennies ou du siècle, au cours des temps géologiques (par exemple la crise Crétacé-Tertiaire -65 Ma, l’épisode chaud du début de l’Eocène -56 Ma, l’épisode du Dryas récent, plus près de nous, -12 000 ans) »

« De nombreux gènes sont activés ou réprimés par un changement environnemental, rendant ainsi compte de la plasticité phénotypique. Au niveau génomique, la biodiversité est mesurée par la présence ou l’absence de certains gènes, par des variations du nombre de copies de certaines séquences, des insertions/délétions de plus ou moins
grandes tailles, des différences ponctuelles (polymorphisme d'un seul nucléotide). On sait ainsi qu’entre deux variétés d’une même espèce il y a des dizaines de milliers de différences, dont beaucoup sont neutres alors que d’autres vont conditionner la diversité phénotypique au sein de l’espèce et en particulier sa tolérance à une élévation de température. Malgré les progrès spectaculaires dans la compréhension des mécanismes moléculaires des réponses aux changements environnementaux et dans le séquençage des génomes, l’inventaire des gènes qui répondent à un changement environnemental quelconque, et en particulier à un changement climatique, et l’analyse de leur diversité génétique n’en sont qu’à leurs tout débuts. »

« Un autre aspect, sans doute également important d’une manière générale pour l’adaptation à plus long terme, est le rôle joué par les éléments transposables, qui correspondent à des séquences d'ADN endogènes capables de se
déplacer et de se multiplier dans le génome. En effet, on commence à disposer de données qui montrent qu’une perturbation environnementale (stress thermique ou autre) est susceptible d’induire la mobilisation de certains de ces éléments. Il en résulte qu’ils peuvent modifier de façon importante la diversité génétique des individus au sein des populations et qu'ils peuvent altérer de façon négative ou positive le fonctionnement des gènes, ayant ainsi un impact sur l'adaptation de l'espèce en réponse à la perturbation environnementale »

« Il faut également signaler les mécanismes épigénétiques pouvant permettre l'adaptation : un bel exemple est celui des plantes qui requièrent une période de froid plus ou moins longue pour pouvoir fleurir. Ce processus, appelé vernalisation, est très largement de nature épigénétique. C’est probablement de tels mécanismes qui ont permis la
14 colonisation des très hautes latitudes par les plantes au cours des spectaculaires périodes de réchauffement dans l’histoire de la Terre. »

Il y a un article sur la plasticité phénotypique dans Wikipédia où l'on peut lire ceci :
« En plus de modifier leur propre phénotype, les plantes peuvent aussi modifier le phénotype de leur descendance. Les modifications peuvent toucher plusieurs aspects de la graine. Par exemple, la plante génératrice peut modifier la quantité et la qualité des réserves de nutriments de la graine ou encore changer la composition chimique ou morphologique des fruits où des enveloppes protectrices portant des graines. Les mécanismes restent, à ce jour, un mystère, mais il est indiscutable que l’environnement dans lequel le plant parental se développe a une influence sur la structure, le développement et la morphologie de ses descendants. »
Ceci aussi, très intéressant sur les mutations, défensives en quelque sorte, du Covid :

[www.youtube.com]
Francis, je vous félicite de savoir si bien ce "qui n'est contesté par personne" en matière de biologie, mais quand même, soyons un peu cohérents : comment ce qui est le fruit d'un processus purement "aléatoire" comme les mutations pourrait-il être strictement mécanique et relever d'un automatisme de part en part déterminé, quand cet aléatoire est par définition totalement imprévisible et indéterminable ?

Vous connaissez le jeu japonais du pachinko Alain ? ou plus communément, si vous êtes un peu de ma génération, ce qui dans les bars parisiens des années 70 s'appelait un flipper ? La bille était agitée d'un mouvement aléatoire, imprévisible, indéterminable, pourtant, au bout de la partie, de la séquence de ses mouvements, elle chutait dans le trou unique, qui se situait devant votre nombril. Votre nombril était le point téléologique de cette agitation désordonnée de la bille.

Il faut donc se représenter le mobile de ce mouvement comme composite: soumis à l'indétermination de l'accident, de l'erreur, du détour absurde, et pourtant assujetti à une forme paradoxale de directionnalité qui conduisait la bille à un point d'aboutissement de son itinéraire, aussi non anticipable que pût être ce dernier. C'est que la bille, le mouvement, le désordre était, en sous-jacence, organisé par un telos, non point que la bille fût investie d'une intelligence ou d'une pensée, mais parce qu'elle était assujettie à un vecteur que Monsieur Newton avait identifié comme force de gravité.

Je vous dis Alain, et ce propos n'est pas particulièrement mien, je n'en revendique pas l'autorat, aussi suis-je tout aise pour vous le répercuter, que la science, s'agissant du vivant, n'a pas encore accompli sa révolution newtonnienne – il lui reste encore à identifier la force de gravité qui commande l'évolution que l'on voit se dessiner dans les mutations biologiques.

Le virus, c'est cette bille du flipper, il est donc aussi "con" que pouvait être celle-ci, mais, aveuglément, trouve son chemin, obéissant à une loi que ne connaissent pas, et ne veulent pas connaître, les scientifiques chèvres.

L'image est plus juste encore que nous nous la figurons : la sphéricité des représentations de ce virus, sa gueule d'orange aux aspérités rehaussées, devrait vous aider à entendre la chose et à voir dans le corps du flipper, caisse à forme de cercueil ou de tombe dont la tête eût été une stèle métallique illuminée où se chiffraient vos crédits comme autant d'années de vie comptabilisées vers la mort, le théâtre privilégié d'action de cette force vectorisée.
Same player shoots again.
(on peut se demander si, au fond, le vecteur inconnu, qui porte l'évolution du vivant, ne fut pas décrit en Occident par Friedrich Nietzsche – la volonté de puissance peut être vue, ou interprétée, comme vecteur bio-téléologique).
Citation
Francis Marche
(on peut se demander si, au fond, le vecteur inconnu, qui porte l'évolution du vivant, ne fut pas décrit en Occident par Friedrich Nietzsche – la volonté de puissance peut être vue, ou interprétée, comme vecteur bio-téléologique).

Ce maître-livre, au titre qui annonce la couleur, ne dit pas autre chose : [www.editions-allia.com]

Vecteur, moteur ou encore pulsion de mort (on se souviendra du biologisme de Freud), pulsion ivre et génératrice paradoxale de vie qui ne meure jamais.

Il est certain que le point de vue profond des philosophes sur la Vie fait d'eux... les meilleurs biologistes. À ce sujet, voir le Spinoza éthologue des hommes de Deleuze ou encore celui qui aperçut l'essence des choses vivantes en polissant des lentilles d'Henri Atlan.

De nos jours, le biologiste Kupiec, qui a démontré que "le désordre règne là où était censé régner un programme", est bien seul face à une disciple rongée par une génétique et des mathématiques insensibles, réduites à l'état de calculatrices.

Le monde, depuis sa formation, est resté cette immense soupe pré-biotique dont l'idée effrayante émerveillait le philosophe-cosmologue Whitehead. Ce monde-là vu par le petit bout de la lorgnette est celui de tous les Delfraissy confineurs et masqués de la Terre.
Cher Marcel, je ne vois pas que les passages que vous nous avez soumis révoquent en doute ou même mettent en difficulté la bonne veille théorie de l'évolutionisme darwinien : voici deux extraits qui je crois le confirment plutôt, l'un du rapport de l'Académie des sciences et l'autre relatif à cette plasticité phénotypique (de Wikipédia) :

« Au niveau de la population d'une espèce, si les conditions défavorables perdurent, les individus avec les génotypes les plus favorables seront sélectionnés. Sur des temps plus longs, variables selon la durée de génération, des mutations pourront apparaitre et être sélectionnées. La variabilité génétique, individuelle et au sein des populations, est donc un facteur essentiel d'adaptabilité sur le long terme. »

« La définition du génotype est donc passée d’un patron menant à un seul résultat à une définition plus flexible énonçant plutôt un répertoire phénotypique régi par les conditions environnementales. À la suite de cette définition, les biologistes s’entendent alors pour dire que les phénotypes sont des résultats de systèmes de développements complexes influencés par les gènes ainsi que les facteurs environnementaux. »

N'est-il pas en l'occurrence toujours question de l'interaction constante de deux variables, matériel génétique aléatoirement diversifié d'une part, tri sélectif d'un milieu particulier d'autre part ?
Il s'agit bien d'une mise à disposition d'un jeu de caractéristiques héréditaires — que celui-ci soit à "patron" unique ou présente un éventail d’expressions phénotypiques possibles ne change rien au principe de la chose — lequel jeu constitue l'"offre" en quelque sorte, sous l'espèce d'une diversité génétique, répondant à une demande spécifique sous la forme d'un milieu sectionnant seulement les plus adaptés à s'y reproduire ?
Rien là, à mon avis, n'infirme l'hypothèse selon laquelle la diversité génétique serait essentiellement le produit d'une distribution aléatoire des caractéristiques proposées n'attendant que le verdict d'un milieu sélectif, au contraire : même Raoult, dans la vidéo, ne parle que de "sélection" de mutants à propos de l'action du Remdésivir : c'est donc qu'une offre de candidats-variants préexistante est soumise à cette action, offre dont on ne voit toujours pas pourquoi elle dérogerait au mode de production "accidentel" de ces variants au cours d'innombrables réplications du virus.

De fait, la "téléologie" me semble toujours mise en défaut en l'occurrence, parce qu'on ne voit pas pourquoi on en aurait besoin pour rendre compte de tels phénomènes observés : l'hypothèse des erreurs aléatoires suffit.
Alors pourquoi s'encombrer là de tels impedimenta métaphysiques, "finalité", "but" "sens", qui obscurcissent considérablement plutôt qu'autre chose ce qui est suffisamment intelligible et empiriquement confirmé sans cela ?
Pourquoi ? Parce que le caractère purement aléatoire des mutations n'expliquerait pas l'extrême rapidité (il est question de décennies) avec laquelle sont, dans certaines circonstances catastrophiques, apparus les caractères permettant une évolution salutaire. La probabilité pour que de telles mutations précisément favorables apparaissent par le pur fait du hasard en un temps si court est paraît-il infinitésimale, cher Alain.
Il peut l'expliquer, si le postulat de base est qu'une grande diversité génétique est toujours présente au sein d'une population donnée, et que l'expression de certains gènes ("réprimés" par tel milieu) dormants ou neutres peut s'activer par un changement environnemental : dans ce cas la mutation ne serait pas apparue en un temps record, elle aurait toujours été là, et ce serait un changement environnemental particulier qui l'aurait "activée" en la sélectionnant comme plus adaptée.
De toute façon, ce sera toujours moins fumeux, c'est-à-dire énigmatique et mystérieux, que l'invocation d'une "finalité" quelle qu'elle soit, de quoi on ne peut rendre compte de façon probante de quelque façon que ce soit, me semble-t-il...
28 janvier 2021, 20:01   Quand les trous vont aux billes
» C'est que la bille, le mouvement, le désordre était, en sous-jacence, organisé par un telos

Dans le cas du flipper, mon cher Francis, vous vous donnez le trou par avance, puis y faites tomber la bille, c'est bien commode ; dans le cas des mutations et de l'évolution, aucun trou n'est donnée ni localisé d'avance, non plus du reste que les types de billes susceptibles d'y choir.
De sorte que la postulation d'un telos n'est que l'expression d'une espérance, éventuellement, que l'évolution et le cours des choses aient une quelconque finalité, mais l'espérance n'est pas une connaissance, aussi personne, même pas vous, n'a la moindre idée si le monde va cahin-caha vers un point de chute final ou ne fait que cheminer péniblement comme un vau-l'eau intégral sans aucune destination. Et je vois du reste mal que des scientifiques, dans le cadre de leurs recherches du moins, se préoccupent du sens des choses, il ne faut quand même pas tout mélanger.

Si l'on reprend l'image du flipper, la conception d'une évolution stochastique le distord beaucoup, le multiplie et le complique infiniment, très loin de l'image "mécaniste" bateau que vous en avez : il n'y a plus seulement qu'une bille, mais une infinité, toutes sensiblement différentes les unes des autres ; elles se heurtent régulièrement et successivement à une série de trous dans quoi seules certaines billes de conformation particulière pourront tomber, pour accéder à une nouvelle partie où la donne est redistribuée ; et ainsi de suite.
A vrai dire, ce ne sont pas vraiment les billes qui vont aux trous, mais les trous qui s'imposent aux billes, qui n'en peuvent mais, sur le mode comminatoire d'un « Tu passes où ça s'arrête là ». C'est comme ça...

L'association de Nietzsche et de la téléologie est pour ma part... bewildering... C'est pratiquement polluer ce champion toute catégorie de l'absence de sens et de finalité quelle qu'elle soit ; mais, comme on dit, ce doit être qu'à chacun son Nietzsche...

« Si le mouvement du monde tendait vers un but, ce but devrait être atteint. Mais le seul fait fondamental, c'est précisément qu'il ne tend pas vers un état final et toute philosophie ou toute hypothèse scientifique (par exemple le mécanisme) qui implique un état final se trouve réfutée par ce fait fondamental... Je cherche une conception du monde qui fasse la part de ce fait: il faut que le devenir soit expliqué sans que l'on ait recours à de pareilles intentions de finalité; le devenir doit paraître justifié durant chacun de ses moments (ou paraître inévaluable, ce qui revient au même); il ne faut absolument pas justifier le présent par l'avenir, ou le passé par le présent. La " nécessité " n'existe pas sous forme d'une force universelle qui intervient et domine, ou sous forme d'un moteur initial; moins encore pour conditionner une chose précieuse. »
(La Volonté de puissance)
La définition du génotype est donc passée d’un patron menant à un seul résultat à une définition plus flexible énonçant plutôt un répertoire phénotypique régi par les conditions environnementales.

Qu'est-ce que "les conditions environnementales" viennent faire dans cette histoire? celles-ci ont changé 100 fois en 100000 ans, mille fois en un millions d'années, sur toute la terre, or les espèces sont très majoritairement stables, le crocodile, l'hippocampe, le rat ou la diatomée et des millions d'autres espèces les ont traversées sans se modifier, tout de même. M'enfin!

Et l'homme alors, qui non content de se jouer de ces conditions a entrepris, depuis une petite centaine de générations, à les forger à son goût et ses besoins.

Quels faits viennent sustenter cette conjecture, que les "conditions environnementales" dicteraient les phénotypes, les moduleraient comme le sculpteur-créateur sa créature sous la spatule ?

Les changements brutaux qui bouleversent ces conditions éliminent des espèces, phénotype et génotype, d'un coup. Et c'est tout. Tout le reste est fable néo-darwinienne qui, comme toute fable, a le mérite de prodiguer un certain confort à l'esprit, le rassérène sur l'ordre du monde, rond et bien fait, dont la forme est redevable à une main invisible, celle de "la nature", qui pour le coup, présente la même invisibilité bienveillance que celle du marché dans les théories économiques libérales primaires qui menaient le monde du temps où Darwin en faisait le tour à bord du Beagle, rassérénant comme une petite bière ou un petit joint sur la terrasse qui domine le jardin. Irrésistible donc.
Comment ça, "qu'est-ce que les conditions environnementales viennent faire dans cette histoire" ?
La phrase que vous avez citée est extraite de l'article de Wikipédia consacré à la "plasticité phénotypique" ; cette plasticité est d'emblée définie comme « la capacité d'un organisme à exprimer différents phénotypes en fonction de son environnement ».
Notre discussion portait en outre sur la diversité phénotypique possible à partir d'un même génotype, cela en fonction de situations environnementales différentes qui "triaient" le phénotype le plus adapté : les variations des conditions environnementales ne doivent pas être catastrophiques pour entraîner telle réponse phénotypique adaptée, lisez les textes proposés par Marcel plus haut.
De plus, à ce niveau infiniment infracellulaire qui est celui du virus, Raoult évoque dans la vidéo la "sélection" de mutants particuliers : qu'est-ce qui sélectionne en l'occurrence, autrement dit, comment se manifeste la variation de telles conditions environnementales pour le virus ? selon lui, par l'injection de certains traitements spécifiques (injections d'anticorps et traitement au Remdésivir), qui figurent le milieu particulier qui sélectionne les mutants les plus résistants : le principe est le même...
Faut suivre un peu, Francis...
Je dois ajouter, à propos de la vidéo de Raoult donnée plus haut : la première partie frôle à mon sens le pompon de l'auto-disculpation, que c'en est presque jouissif : comment Raoult écarte-t-il les accusations de plantages retentissants pour ce qui concerne ses doctes affirmations selon lesquelles il n'y aurait pas de vagues successives ou de "rebond" de l'épidémie ?
Mais parce qu'il ne s'agit plus de la même épidémie, pardi, les mutants y pourvoyant ! C'est imparable...

Pardon, mais à mon avis, spécieux : les trois vagues successives de la grippe espagnole concernent bien une même épidémie, bien que le virus ait entre-temps considérablement muté à partir d'un même "virus père" et gagné progressivement en virulence.
En quoi cela diffère-t-il du fait que le sars-cov-2 donne pareillement lieu à plusieurs vagues et mutations à partir d'un même agent infectieux originel, et qu'il s'agisse donc en réalité d'une même épidémie ?
Pour quelqu'un qui sait si bien que "les virus sont des êtres vivants et ils mutent", en particulier les virus ARN, on peut trouver même étrange que cette possibilité n'ait pas été prise en compte, comme une prolongation probable d'un même épisode épidémique, quand il s'agit de se prononcer sur sa durée dans le temps et ses rebonds éventuels, instruit qu'on est de surcroît par les grandes pandémies du passé : je retrouve là une même ambiguïté sémantique, un même flou essentiel du raisonnement qui me laisse sur ma faim, hélas, pour ce qui est de la rigueur intellectuelle qu'on est en droit d'attendre d'un scientifique digne de ce nom.
Ce n'est bien sûr que mon impression...
29 janvier 2021, 23:34   Le match
Que les virus soient des êtres vivants et qu'ils mutent, si c'est une vérité élémentaire, elle ne pouvait avoir échappé aux autorités sanitaires qui, cependant, ont agi comme si elles l'ignoraient puisqu'on a vu fleurir en un rien de temps toute une série de vaccins contre LE ou LA Covid19 qu'il faut maintenant écouler en préparant les prochains. C'est une course de vitesse à la mutation ? On espère que les vaccins successifs finiront par avoir une longueur d'avance sur les virus Fregoli ? Voire.
Les caciques lambda des "autorités sanitaires" sont ce qu'ils sont, n'en rajoutons pas, on n'en attend jamais grand-chose ; mais que la protection des nouveaux vaccins à ARN contre d'éventuelles mutations se révèle plus grande que la vérité des pronostics d'un Raoult sur les prolongations de l’épidémie, quelle déconvenue ce serait...

Incidemment, le professeur croit donc à l'hypothèse du vison comme hôte intermédiaire du virus, et donc origine de l'épidémie chez l'homme, tiens donc ; quel massacre ç'a déjà été chez ces plus belles fourrures...
Alain, qui a dit que Raoult était le plus rigoureux des hommes ? C'est un hystérique perclus de tics, qui gère d'une main quasi tyrannique son institut, publie bcp trop d'articles pour être tout à fait sérieux et conduit des travaux pas toujours du premier intérêt, il raconte un nombre considérable de conneries et n'arrête pas de dire que tout ce qui se fait d'essentiel sur le Covid provient de son antre ! Mais Raoult est aussi un hyper actif, un véritable chef de guerre, quelqu'un de très cultivé, un observateur compulsif et un médecin obsédé par le soin à prodiguer aux femmes et aux hommes bien réelles qui l'appellent à l'aide. Il est aussi le rejeton d'une lignée de médecins voyageurs, lettrés et bardés de palmes académiques qui ont chopé toutes les saloperies imaginables sur des terrains exotiques, implanté des centres médicaux en Afrique et j'en passe. Ce passé l'oblige et pèse sur ses épaules d'homme d'honneur et roublard à l'ancienne, animateur en outre subtil de l'amusante rivalité entre Marseille et Paris. Il joue de tout cela à merveille tout en réussissant à maintenir un taux de mortalité ridiculement bas localement. Le charme, l'humour, les ruses de la raison en temps de guerre, la relation au terroir et à sa propre histoire, ça aide, ça paie !
Hier, je lisais un texte de jeunesse de Deleuze qui plaidait pour un monde désagréable. Or dès les premiers jours de son existence médiatique, Raoult, qui envoyait paître les journalistes semi-debiles et ce conseil scientifique pas vraiment scientifique, était traité d'individu désagréable... Comment dès lors ne pas éprouvé à son endroit la plus vive sympathie ?...
Conseil scientifique : dieu merci Macron a fait la sourde oreille aux projections des modélisateurs névrosés qui alimentent en "données " Delfraissy and Co. et refusé l'instauration d'un 3e confinement. Il faut dire que les chèvres lui avaient fait dire à la nation entière que, quoi qu'on fasse, il y aurait à la sortie de l'automne 9000 personnes en réanimation. Il n'y en a jamais eu plus de 4000 (je parle là de vrais cas de réanimation, pas de gens se baladant avec une bouteille d'oxygène dans les couloirs d'un hôpital de jour).
[www.bfmtv.com]

La fine fleur des scientifiques d'un pays intellectuellement à la ramasse... La tête farcie de projections et de chiffres régurgités par les algorithmes des modélisateurs du CNRS, ces purs produits de la culture "numérique" ne vivent pourtant que de leurs croyances en l'efficacité de solutions magiques pour accomplir l'impossible : stopper la circulation d'un virus. Confiner, porter un masque, vacciner peut-être, autant de mesures contre-productives dont se nourrit le virus pour flamber de plus belle (les 3 pays qui vaccinent le plus depuis décembre, Royaume-Uni, Israël et Émirats arabe Unis, les 2 premiers ayant en plus confiné de manière stricte, enregistrent toujours un nombre très important de nouveaux cas).
Les projections des nostradamus acnéiques du CNRS : 9000 personnes fatalement en réanimation au sortir de l'automne, le catastrophique effet "fêtes de fin d'année", la rave-party sauvage où 2000 fêtards sans masque collés les uns aux autres allaient entraîner la disparition de la Bretagne, etc.
« Mais Raoult est aussi un hyper actif, un véritable chef de guerre, quelqu'un de très cultivé, un observateur compulsif et un médecin obsédé par le soin à prodiguer aux femmes et aux hommes bien réelles qui l'appellent à l'aide. Il est aussi le rejeton d'une lignée de médecins voyageurs, lettrés et bardés de palmes académiques qui ont chopé toutes les saloperies imaginables sur des terrains exotiques, implanté des centres médicaux en Afrique et j'en passe. Ce passé l'oblige et pèse sur ses épaules d'homme d'honneur et roublard à l'ancienne, animateur en outre subtil de l'amusante rivalité entre Marseille et Paris. Il joue de tout cela à merveille tout en réussissant à maintenir un taux de mortalité ridiculement bas localement. Le charme, l'humour, les ruses de la raison en temps de guerre, la relation au terroir et à sa propre histoire, ça aide, ça paie ! »

Oui, votre portrait me semble juste aussi, et je ne peux nier qu'on prend un certain plaisir à suivre ses rodomontades et ses analyses, et risque d'apprendre des choses par-dessus le marché, avec ce type de personnage ce n'est jamais blanc ou noir...
Le Royaume-Uni, en proie à une fièvre vaccinale depuis un bon mois (premier pays européen à avoir approuvé un vaccin à la mi-décembre), écrase tous les records de mortalité de l'épidémie (100000 morts pour un pays dont la démographie est proche de celles de la France ou l'Allemagne).

C'est bête quand même. Comme l'a dit le vénérable docteur Delfraissy, passablement défrisé à cette occasion: ce virus est diabolique. Il se pourrait que le vaccin ARNm aussi.
Bruno Lina, virilogue, membre du Conseil scientifique : "Le variant anglais reste marginal" (Le Dauphiné du 06 janvier), "Le variant se substituera au virus actuel" (La Charente libre du 15 janvier).
C'est une opinion qui a muté, c'est bien naturel.
Ça varie, en effet!
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