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Reconquête

Envoyé par Jean-Marc du Masnau 
23 mars 2008, 12:55   Reconquête
Je suis, pour ma part, de plus en plus convaincu que l'opposition à l'islamisme militant passe non par le laïcisme mais par le retour des valeurs européennes fondamentales.

On se plaint que des églises sont démolies et des mosquées construites : une solution, remplissons les églises.

Voici un signe fort du pape au monde musulman :

CITE DU VATICAN (AFP) - Le pape Benoît XVI a baptisé sept adultes dont une Chinoise et un journaliste italien d'origine musulmane, lors de la veillée pascale célébrée dans la nuit de samedi à dimanche dans la basilique Saint-Pierre au Vatican.

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Le pape doit célébrer dimanche matin place Saint-Pierre la messe de Pâques, la plus importante fête du christianisme qui commémore la résurrection du Christ après sa mise à mort sur la croix, et donner à 11H00 GMT sa bénédiction "urbi et orbi" (à la ville et au monde) retransmise par les télévisions de 67 pays.

La veillée pascale, qui fait revivre le passage de la mort à la résurrection, est traditionnellement marqué par des baptêmes d'adultes.

Parmi les sept personnes choisies cette année par le pape figurait le journaliste italien d'origine égyptienne Magdi Allam, 55 ans, éditorialiste et vice-directeur du Corriere della Sera, longtemps présenté comme un "musulman modéré" avant de se rapprocher de l'Eglise catholique.

Magdi Allam a écrit plusieurs essais polémistes sur le Proche-Orient et a organisé en 2006 à Rome une manifestation de soutien aux chrétiens des pays arabes et musulmans.

"Pour l'Eglise catholique, toute personne qui demande à recevoir le baptême après une profonde recherche personnelle, un choix pleinement libre et une préparation adéquate a le droit de le recevoir", a précisé samedi le porte-parle du Vatican Federico Lombardi dans un communiqué.

Dans son rapport avec l'islam et les autres religions, le Vatican insiste sur l'importance de la liberté religieuse et notamment sur le respect du droit à changer de religion.

Parmi les baptisés de la nuit figurent deux hommes et cinq femmes, originaires d'Italie, du Cameroun, de Chine, des Etats-Unis et du Pérou.

"Les personnes baptisées et croyantes ne sont jamais étrangères l'une à l'autre", a souligné Benoît XVI dans son homélie. "Des continents, des cultures, des structures sociales ou encore des distances historiques peuvent nous séparer. Mais nous nous rencontrons, nous nous connaissons selon le même seigneur, la même foi, la même espérance le même amour qui nous forme", a-t-il ajouté.

Le vice-président de la communauté musulmane italienne Yahya Pallavicini a exprimé à l'agence Ansa son "respect" pour la décision de Magdi Allam mais sa "perplexité" sur l'opportunité de son baptême par le pape.

Yahya Pallavicini, qui a fait partie d'une délégation musulmane reçue début mars au Vatican pour préparer une rencontre au sommet islamo-catholique, a évoqué le risque que ce geste alimente le sentiment que l'ouverture au dialogue de l'Eglise catholique s'accompagne d'un désir "de suprématie" sur les autres religions.

Une trentaine de cardinaux ont célébré la messe avec Benoît XVI, qui semblait fatigué au troisième jour des célébrations pascales après le jeudi saint et le vendredi saint.

Le pape, qui aura 81 ans le 16 avril, a renoncé vendredi soir à porter la croix lors du traditionnel chemin du croix au Colisée à Rome qui s'est tenu sous une pluie diluvienne. Il s'est contenté de présider la procession depuis la terrasse du mont Palatin, protégé par un auvent de toile.

Le thème de la liberté religieuse était au coeur du chemin de croix dont les médiations avaient été confiées par Benoît XVI au cardinal de Hong Kong Joseph Zen Ze-Kiun. Le prélat, personnage clé des relations entre la Chine communiste et le Vatican, a évoqué les "martyrs chrétiens vivants du XXIe siècle".
23 mars 2008, 13:43   Re : Reconquête
Citation
jmarc
On se plaint que des églises sont démolies et des mosquées construites : une solution, remplissons les églises.

Cher jmarc, votre solution est séduisante, à ceci près que, pour remplir les églises, il faut encore avoir foi en le Dieu qui est censé y habiter, ce qui ne se décide point. Sinon, on tombe dans la mascarade.
23 mars 2008, 13:47   Re : Reconquête
A moins de vouloir suivre ce précepte édicté dans Luc 14,24 : "Contrains-les d'entrer". Mais la conversion forcée n'est pas la solution, me semble-t-il.
Utilisateur anonyme
23 mars 2008, 14:13   Re : Reconquête
Magdi Allam est l'un des meilleurs journalistes italiens ; il vit depuis cinq ans sous protection policière en raison des menaces de mort que lui ont values ses enquêtes sur le terrorisme islamiste. Il est bien dommage qu'aucun de ses livres ne soit traduit en français : je signale tout particulièrement sa biographie de Saddam Hussein et ses deux ouvrages autobiographiques Vincere la paura : la mia vita contro il terrorismo islamico e l'incoscienza dell'Occidente (qui contient une cinglante "Lettre ouverte à Tariq Ramadan" qui débute ainsi : "Je vous connais bien, Tariq Ramadan ; je suis né et j'ai grandi comme un musulman en Egypte et je comprends très bien ce que vous écrivez et la façon dont vous mentez : vous pouvez peut-être tromper quelques Infidèles, mais moi, vous ne me tromperez pas.") et Viva Israële. Dall'ideologia della morte alla civiltà della vita : la mia storia. (tous ses livres sont édités chez Mondadori).
23 mars 2008, 14:20   Re : Reconquête
"pour remplir les églises, il faut encore avoir foi en le Dieu qui est censé y habiter, ce qui ne se décide point. Sinon, on tombe dans la mascarade."

Vous connaissez sans doute la phrase de Pascal (revue par Brassens): "faites semblant de croire et bientôt vous croirez".
Utilisateur anonyme
23 mars 2008, 16:26   Eglises vs Mosquées
(Message supprimé à la demande de son auteur)
23 mars 2008, 16:34   Re : Reconquête
» une solution, remplissons les églises

... avec des musulmans convertis.
Utilisateur anonyme
23 mars 2008, 16:50   Re : Reconquête
"j’ai participé ici à un mariage, là à des enterrements. J’ai été consterné, le mot n’est pas trop fort, par la faiblesse de ceux qui officient, leur manque de souffle, de conviction, de foi en un mot, par la médiocrité de leur exécution machinale, la banalité complète de leurs gestes, sans parler du vulgaire du « rite » actuel."


Oui, j'ai fait la même expérience il y a peu. Et c'est d'autant plus effrayant si l'on compare une telle insipidité avec cette ferveur bien réelle qui habite les mosquées, et au "souffle" qui y circule. (Bien entendu je ne fais pas l'éloge de l'islam, je ne fais qu'exprimer un profond ressentir.)
23 mars 2008, 16:57   Ex opere operato
Il se trouve que j'assiste assez fréquemment à des offices.

Il est vrai que le meilleur côtoie le pire.

Je vous avoue que, me trouvant souvent en déplacement, je pratique le "nomadisme paroissial".

Quelques exemples :

- Castres, dimanche de la Chandeleur (qui n'est pas la fête des crêpes) : chapelle "intégriste autorisée". Très faible assistance, efforts méritoires, vieux prêtre très lettré (ancien supérieur d'un lycée, célèbre autrefois pour la brièveté de ses sermons). Sermon de grande tenue (et concis) pour vingt personnes, chants incompréhensibles ;

- Perpignan, dimanche de Carême, paroisse de Saint-Joseph-de-la-gare : office anticipé du samedi. Cette paroisse est "traditionnaliste non-intégriste", c'est l'ancienne paroisse de Mgr Centenne. Trois messes sont célébrées chaque semaine. La messe anticipée voit l'église à moitié remplie, avec de nombreux couples avec enfants. La grand'messe du dimanche matin voit l'église pleine, la messe du dimanche soir est prévue pour les scouts et guides. J'essaie de l'éviter, car elle met trop à l'épreuve le "Ne nos inducat in tentationem". Trois prêtres desservent la paroisse : un d'âge mûr, très fin, aux longs sermons cultivés ; un jeune, amoureux de musique sacrée : orgue très plaisant ; un très âgé, à vrai dire accueilli par charité : il est orthodoxe, car toujours habité par la soif d'être prêtre, il ne put être consacré il y a soixante ans dans le rite romain, puisqu'enfant naturel ;

- Castres, dimanche des Rameaux : paroisse d'un quartier ouvrier, église pleine (d'habitude au tiers pleine). Assistance féminine et âge. Chants appropriés. "Maurice", vieux prêtre, est un ancien prêtre ouvrier. Il n'a pas un grand talent oratoire, mais l'intelligence de le comprendre ;

- Monastère d'En Calcat, hier samedi Gloria, vigile de Pâques : monastère "de gauche", moines très cultivés. Très bel office, chapelle pleine, assistance "en recherche", nombreux enfants. Grégorien ;

- prévu ce soir dimanche de la Résurrection au Carmel de Castres. La messe est à six heures, je vous tiendrai au courant.


Vous le voyez, il y a de tout.
Utilisateur anonyme
23 mars 2008, 17:32   Re : Reconquête
"je pratique le "nomadisme paroissial".


Oui, cher Jmarc, hors du nomadisme, point de salut !
23 mars 2008, 17:38   Re : Reconquête
Citation
La première qui me vient à l’esprit est à première vue paradoxale : avez-vous assisté à un office religieux récemment ? Je n’ai pas la foi, comme on dit, mais j’ai participé ici à un mariage, là à des enterrements. J’ai été consterné, le mot n’est pas trop fort, par la faiblesse de ceux qui officient, leur manque de souffle, de conviction, de foi en un mot, par la médiocrité de leur exécution machinale, la banalité complète de leurs gestes, sans parler du vulgaire du « rite » actuel. S’il y a un endroit où l’esprit ne souffle plus, je crains bien que ce soit dans nos églises, à quelques exceptions près ! Ce n’est pas pour rien, sans doute, que Monseigneur Lustiger « détestait les prêtres », qui le lui ont bien rendu, il suffit de voir leurs commentaires méprisants et revanchards, lors de sa disparition … Je crois qu’on pourrait faire un parallèle entre formation des maîtres / formation des prêtres en France au cours des dernières décennies (en relation avec "l’apport" de la sociologie) …

Je confirme, cher Didier, que votre constat des plus affligeants, tape un plein dans le mille.

Combien de communions, de baptêmes accablants par leur banalité et leur pauvreté liturgique.

Mais il y a d'autres messes et d'autres offices où l'esprit souffle et cela ne va pas vous surprendre très souvent chez les intégristes mais aussi là où on l'attendrait le moins à Rome.

Dans la ville éternelle on peut assister à des messes d'une beauté inouie [les chants, le rite, etc...] et où même le sermon n'est pas lénifiant mais dans lequel chaque mot frappe juste.

A ce propos je vous recommande la lecture du livre de Martin Mosebach La Liturgie et son ennemie
23 mars 2008, 18:34   Re : Reconquête
Oui, la question est bien celle de la beauté et de la culture. Voici ceux remarques de Czeslaw Milosz à ce propos, qui vous intéresseront peut-être: " En Pologne tout est réuni pour inverser la situation: autrefois il y avait des intellectuels sceptiques et très positivistes et un peuple pieux qui remplissait les églises. Dans un avenir, peut-être pas très éloigné, cela peut être l'inverse: un christianisme aux prises avec un manque de foi généralisé qui va se révéléer très difficile à comprendre pour le plus grand nombre et ne conservera la majorité de ses fidèles que parmi les gens les plus instruits. "

Et celle-ci, intitulée L'opium du peuple: " La religion, l'opium du peuple. Puisqu'elle promettait à ceux qui souffrent de douleur, d'abaissement, de maladie, d'esclavage, une récompense dans la vie après la mort. Dans la transformation dont nous sommes les témoins, cela peut se passer à l'envers. Le véritable opium du peuple, c'est la foi dans le néant après la mort. La consolation immense que pour nos saloperies, nos chutes, nos peurs, nos meurtres, nous ne serons pas jugés. "

Trouvé dans Europe n°902-903, numéro de juin-juillet 2004 consacré à Pétrarque. Un espion soviétique, héros d'un roman de Vladimir Volkoff, assistant à une messe catholique moderne, y reconnaît le travail d'un de ses collègues, grand maître et agent d'influence expert en démoralisation de l'Occident...
Utilisateur anonyme
23 mars 2008, 19:34   Re : Reconquête
L'Histoire démontre que l'Avenir n'est pas une amélioration.
En témoignent les d'affligeantes professions de foi qui dégoulinent de ce fil et de ce qui montrait déjà sa tête immonde dans celui consacré à l'euthanasie.
Je suis ici pour la lumière de l'intelligence et dès qu'il fera obscur je m'en irai. Tout cela conduit à la surenchère dans l'affrontement, à la souffrance, la cruauté et à la mort des hommes.
23 mars 2008, 21:02   Re : Reconquête
Citation
Je suis ici pour la lumière de l'intelligence et dès qu'il fera obscur je m'en irai. Tout cela conduit à la surenchère dans l'affrontement, à la souffrance, la cruauté et à la mort des hommes

Cher Obi Wan,
Etes-vous vous aussi un lecteur assidu de Nitzsche?

Dois-je vous rappeller amicalement que les pires crimes commis ces 100 dernières années l'ont été nom d'idéologies férocement anti-religieuses.
Utilisateur anonyme
23 mars 2008, 21:16   Re : Reconquête
"la question est bien celle de la beauté et de la culture"

Oui, cher Henri, beauté et culture, mais il y faut aussi cette énergie irrationnelle que l'on nomme la foi.
24 mars 2008, 08:57   Re : Reconquête
Dans une guerre, ai-je entendu dire, "chaque adversaire fait la loi de l'autre, d'où résulte une action réciproque qui, en tant que concept, doit aller aux extrêmes" (Clausewitz cité dans L'après-démocratie d'Eric Werner). Si l'on admettait qu'il y ait une sorte de guerre entre le monde occidental et le monde islamique (ce dont je ne suis pas assuré), on pourrait craindre que chaque adversaire impose à l'autre sa loi. La religion islamique s'est profondément occidentalisée, si l'on en croit les analyses de Dariush Shayegan (Qu'est-ce qu'une révolution religieuse?), livre où il montre, pour l'Iran, comment la religion chiite s'est métamorphosée en idéologie politique, en une espèce de léninisme vert. Depuis 1983, date du livre, la situation semble s'être encore agravée, à savoir, pour reprendre ses termes, que l'islam (sunnite) est partout devenu une idéologie de combat semblable à n'importe quelle idéologie de combat occidentale, et a perdu progressivement ses caractéristiques proprement religieuses.

Pendant que ce phénomène d'occidentalisation affecte les islams sur leur propre territoire, assiste-t-on à un phénomène parallèle d'islamisation de l'Occident? L'immigration et la complaisance des autorités semblent en confirmer l'existence, mais deux questions se posent au lecteur de Shayegan: la première, quel contenu islamique pourrait bien se transmettre aux Occidentaux, au moment même où ce contenu propre s'évapore de l'islam lui-même, structuré selon les catégories du castrisme, du gauchisme ou du nazisme? D'autre part, on admire la ferveur des musulmans d'Occident et leurs belles mosquées pleines: mais rêver en réaction à la ferveur des chevaliers croisés, à des masses de Pastouraux pogromistes et aux églises pleines du Moyen-Age, n'est-ce pas se laisser sournoisement islamiser (ou embrigader dans une idéologie nommée faussement islam), n'est-ce pas rêver d'opposer à des foules fanatisées d'autres foules fanatisées? N'est-ce pas souhaiter devenir ce que nos adversaires voudraient que nous soyons, ou croient que nous sommes, à savoir des Croisés à leur mesure et à leur hauteur?

Paul Veyne, dans un essai publié l'an dernier, Quand notre monde est devenu chrétien (312-394), écrit sur le recul de la pratique religieuse parmi nous, qu'il faudrait moins parler de "désenchantement du monde" (selon des termes attribués à Max Weber, qui emploie plutôt 'démagification', Entzauberung) que de spécialisation de la religion: " La notion solennelle de religion recouvre en réalité une multitude hétérogène d'éléments différents. Dans n'importe quelle religion, on peut trouver des dieux, des rites, des fêtes, le sentiment du divin, des solennisations (rites de passage, mariage à l'église), de la morale, des interdits alimentaires, une bonne espérance pour les prochaines récoltes, la prédiction de l'avenir, la guérison des maladies, l'espoir ou la crainte d'une justice immanente, de l'ascétisme, l'expérience extatique, la transe, un ethos ou style de vie, le désir de donner au monde un sens conforme à nos souhaits, la pensée de l'au-delà, des utopies, la légitimation politique, l'identité nationale, le sentiment de la nature, etc.
Or la 'démagification' du monde a mis fin à certains de ces éléments (les oracles), les a remplacés par de la technique (la médecine), les a rendus autonomes (légitimation politique, utopies sociales); ce qui subsiste le plus est le plus médiocre: la solennisation et les rites de passage. La 'religion' a éclaté et a maigri (on voit même apparaître des spiritualités sans dieux). Elle tend à se spécialiser, à se réduire à ce qu'elle a de spécifique, là où elle est irremplaçable: la religion nouvelle n'est plus religieuse. D'où la diminution actuelle de la pratique religieuse et de la croyance coutumière, car c'étaient en partie des éléments extra-religieux qui attachaient une population à sa religion. " (p.207)

Ce phénomène n'épargne pas l'islam, bien qu'il soit plus visible dans le christianisme occidental. Faut-il souhaiter que le phénomène occidental nommé 'religion' se 'recharge' d'éléments non-religieux, politiques, ethniques et autres, afin que musulmans et chrétiens s'affrontent à nouveau sur leurs vieux champs de bataille? Faut-il retomber dans les anciennes illusions et 'remagifier' le monde? Non seulement je ne vois pas comment, car nous sommes déjà en proie à bien d'autres illusions que nous ne reconnaissons pas comme telles, mais je trouverais cela dommage, à supposer que ce soit possible. Actuellement, les adversaires nous cherchent et ne trouvent pas de terrain commun où nous combattre: on nous traque en vain à Lépante ou à Grenade, où nous ne sommes plus. L'islam subit en effet la loi idéologique de l'Occident qui l'a transformé en idéologie de combat, mais l'Occident n'est pas devenu islamique, ne s'est pas 'remagifié' en retour: je me demande si ce n'est pas là sa force, non sa faiblesse. Reste la question de nos souverains, qui se prennent pour le comte Don Julian ouvrant aux Maures le passage de Gibraltar: un problème platement, bassement politique, et non mystique. Quant aux populations allogènes, elles ne sont pas venues en Europe pour rien, malgré leurs turbans, leurs prêches et leur polygamie: elles se placent sous la protection de nos lois, qu'il faudrait seulement leur appliquer. Encore de la politique.
24 mars 2008, 09:28   Re : Reconquête
» Dois-je vous rappeller amicalement que les pires crimes commis ces 100 dernières années l'ont été nom d'idéologies férocement anti-religieuses.


La religion qu'il s'agissait de combattre n'était peut-être pas moins totalitaire que l'idéologie qui la combattait, c'est là tout le problème. On peut espérer que la séparation de l'Église et de l'État mette définitivement fin à la lutte, cantonnant la religion dans le seul domaine où elle est irremplaçable : le domaine religieux. Si ce n'est pas le cas, c'est que la religion, à maints endroits, prétend encore dicter sa loi en politique (mariage, divorce, avortement, euthanasie, incitation au vote pour les partis religieux...) Ces domaines sont, en République, du registre du débat démocratique, non de la Révélation.

Il me semble que Benoît XVI a bien compris cela (qu'on me démente). Vous divorcez, vous pratiquez l'avortement ? Eh bien, vous n'êtes pas catholique, voilà tout ! Point de compromis. Si l'Église s'en tient à cette ligne, combattue en son sein même, je crois que l'on peut prédire qu'elle retrouvera ses fidèles.

(Je m'attends aux messages axés sur l'engagement dans le siècle !)
Utilisateur anonyme
24 mars 2008, 10:50   Re : Reconquête
Il me semble que Benoît XVI a bien compris cela (qu'on me démente).

Si l'on regarde de près la situation italienne, ce constat peut être discuté : Benoît XVI intervient régulièrement pour appuyer l'action de ceux qui veulent actuellement remettre en question en Italie la loi sur l'avortement (dite loi 194) et il a récemment souhaité que l'on réfléchisse à la possibilité d' étendre à l'avortement le moratoire sur la peine de mort approuvé par l'ONU. Je signale également ce passage de son discours devant les membres de la Fédération internationale des pharmaciens catholiques : "L'objection de conscience est un droit qui doit être reconnu à votre profession en vous permettant de ne pas collaborer directement ou indirectement à la fourniture de produits liés à des buts clairement immoraux, comme l'avortement et l'euthanasie."
24 mars 2008, 12:08   Re : Reconquête
Dont acte.
24 mars 2008, 12:21   Occident et religion
Bien cher Henri,


La thèse que vous citez et développez ensuite est séduisante.

Cependant, elle n'explique pas l'état de dé-christiannisation de l'Europe occidentale, alors que la religion chrétienne (avec sa forte composante pentecôtiste) se porte très bien dans les si différentes trois Amériques et que l'orthodoxie "reprend du poil de la bête" en Russie.
24 mars 2008, 12:44   Re : Occident et religion
Faire des prévisions est évidemment risqué mais je suis prêt à parier que la tendance va aussi s'inverser en Europe occidentale. Est-on sûr d'ailleurs que ce n'est pas déjà le cas ?

Détail : il me semble, cher Henri, qu'il n'y a pas lieu d'aller chercher le vilain "démagification" pour Entzauberung. Les mots Zauberer, Zauber, bezaubernd ont exactement les mêmes sens que leurs équivalents français enchanteur (comme dans Merlin l'enchanteur) et enchantement, la seule différence est que le mot allemand bezaubernd a, dans son sens dérivé (cette musique m'a enchanté), gardé davantage de sa force initiale. L'expression désenchantement du monde convient en tout cas parfaitement pour Entzauberung der Welt.
24 mars 2008, 14:48   Re : Reconquête
Les choix stylistiques de Paul Veyne ne sont pas toujours très heureux, je le crains, mais sa définition restrictive du mot religion pourrait peut-être s'appliquer aussi au protestantisme américain ou à l'orthodoxie russe, avec des nuances. C'est la Réforme qui commença en Europe ce processus de désenchantement du monde, fonda, aux dires de certains, la possibilité d'une laïcité, et les Pères Pèlerins de 1621 étaient après tout des rescapés du principe autoritaire réformé cujus regio, ejus religio: autrement dit, l'autonomie du politique est à l'origine de l'existence même des Etats-Unis, et la fragmentation sectaire spécifique au protestantisme, la souveraineté de la conscience individuelle du baptisé, ne sont peut-être pas aptes à créer des théocraties. Après tout, l'Etat central américain est l'objet de toutes les méfiances aux USA, et ses quelques invocations à Dieu ne placent pas George Bush sur la même longueur d'onde que Mahmoud Ahmadinejad. Ceci dit, je ne sais que dire des "deux autres" Amériques, puisque vous en citez trois.

Quant à la Russie, la présence du patriarche Alexis II aux cérémonies du régime et les nouvelles de renaissance orthodoxe ne doivent pas faire oublier que l'Eglise russe a essuyé soixante-dix ans de persécution féroce et de destruction systématique (sans parler de l'état où le régime pétrovien l'avait réduite du début du XVIII°s à 1917), que les "services spirituels" en certaines contrées de Russie sont assurés irrégulièrement par de curieux trains-églises, qu'en beaucoup d'autres, il n'y a absolument rien, et que le niveau culturel, moral et religieux où les Russes sont tombés est une des conséquences calamiteuses du communisme. Là encore, quelques groupes à la forte identité slave orthodoxe, quelques protestations anti-homosexuelles (et généralement "sociétales") de barbus de grandes villes, en somme toute cette écume visible dont les médias occidentaux gauchistes font leurs unes (tant ils ont besoin de périls et de dangers intégristes pour se sentir rebelles), ne doivent peut-être pas faire illusion. Je n'émets que des hypothèses et je vous remercie de vos remarques stimulantes.
24 mars 2008, 16:42   Cimetières
Bien cher Henri,


Il y a de cela quatre ans, je fus à Petrograd (que je ne me résigne pas à nommer Saint-Pétersbourg), que j'avais visitée en 1975 sous le nom de Leningrad.

Le musée de l'athéisme, sis en la cathédrale de Kazan, avait disparu, l'édifice étant rendu au culte.

Face à cette cathédrale se trouve la principale église catholique de la ville. J'y assistai à un office et y conversai avec le prêtre polonais, grâce à une religieuse espagnole. Le prêtre me déclara que quelques années auparavant, une femme d'âge mûr était venu voir un prêtre américain, de passage. Elle lui avait demandé s'il était vrai que les communistes étaient battus et partis pour toujours. Ce prêtre le lui confirma. Elle lui demanda alors de l'attendre. Elle revint quelques minutes plus tard avec sa très vielle mère, apportant des objets cultuels sauvés lors de la révolution. Il avait fallu qu'elle soit certaine (en s'adressant donc à un Américain) pour les rendre.

Quelques jours après, je visitai le couvent Alexandre Nievski. Il est entouré d'un vaste cimetière. En Russie comme partout, et peut-être même plus à cause de la vodka, les maris meurent avant les femmes.

Y étaient donc inhumés un grand nombre de dirigeants communistes locaux, avec de jolis drapeaux rouges incrustés sur le marbre ou le granite, les épitaphes étant en russe moderne.
Il était frappant de constater que la tombe de leur conjointe, plus tardive, était systématiquement ornée de la croix orthodoxe et portait des textes soit en russe ancien, soit en slavon.
Utilisateur anonyme
25 mars 2008, 09:08   Humour et Philosophie sont les mamelles de la vie
Mourir pour des idées, l'idée est excellente
Moi j'ai failli mourir de ne l'avoir pas eu
Car tous ceux qui l'avaient, multitude accablante
En hurlant à la mort me sont tombés dessus
Ils ont su me convaincre et ma muse insolente
Abjurant ses erreurs, se rallie à leur foi
Avec un soupçon de réserve toutefois
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente,
D'accord, mais de mort lente

Jugeant qu'il n'y a pas péril en la demeure
Allons vers l'autre monde en flânant en chemin
Car, à forcer l'allure, il arrive qu'on meure
Pour des idées n'ayant plus cours le lendemain
Or, s'il est une chose amère, désolante
En rendant l'âme à Dieu c'est bien de constater
Qu'on a fait fausse route, qu'on s'est trompé d'idée
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente

Les saint jean bouche d'or qui prêchent le martyre
Le plus souvent, d'ailleurs, s'attardent ici-bas
Mourir pour des idées, c'est le cas de le dire
C'est leur raison de vivre, ils ne s'en privent pas
Dans presque tous les camps on en voit qui supplantent
Bientôt Mathusalem dans la longévité
J'en conclus qu'ils doivent se dire, en aparté
"Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente"

Des idées réclamant le fameux sacrifice
Les sectes de tout poil en offrent des séquelles
Et la question se pose aux victimes novices
Mourir pour des idées, c'est bien beau mais lesquelles ?
Et comme toutes sont entre elles ressemblantes
Quand il les voit venir, avec leur gros drapeau
Le sage, en hésitant, tourne autour du tombeau
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente

Encor s'il suffisait de quelques hécatombes
Pour qu'enfin tout changeât, qu'enfin tout s'arrangeât
Depuis tant de "grands soirs" que tant de têtes tombent
Au paradis sur terre on y serait déjà
Mais l'âge d'or sans cesse est remis aux calendes
Les dieux ont toujours soif, n'en ont jamais assez
Et c'est la mort, la mort toujours recommencée
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente

O vous, les boutefeux, ô vous les bons apôtres
Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas
Mais de grâce, morbleu! laissez vivre les autres!
La vie est à peu près leur seul luxe ici bas
Car, enfin, la Camarde est assez vigilante
Elle n'a pas besoin qu'on lui tienne la faux
Plus de danse macabre autour des échafauds!
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente




G.Brassens
25 mars 2008, 09:22   Re : Reconquête
» L'islam subit en effet la loi idéologique de l'Occident qui l'a transformé en idéologie de combat

Vous croyez ?
25 mars 2008, 09:45   Re : Reconquête
De toute évidence, l'islam n'a pas attendu l'Occident pour devenir une idéologie de combat : la conquête est au fondement même de l'identité musulmane et, très concrètement, depuis le VIIe siècle jusqu'au XVIIIe, l'Occident a toujours été sur la défensive vis à vis de lui, malgré la lente et laborieuse reconquête de l'Espagne et les tentatives finalement avortées de libération de la Terre sainte (provoquées, on l'oublie le plus souvent, par la fermeture des lieux saints au pélerinage chrétien).
25 mars 2008, 09:47   Re : Reconquête
Cher Henri,
J'ai lu le livre de Paul Veyne que vous citez. J'étais à la lecture dans les meilleures dispositions possibles : vif intérêt pour le sujet abordé, bienveillance vis-àvis de l'auteur (du Collège de France), nostalgie pour l'ancien Empire romain, la prospérité qu'il a apportée aux populations, la Pax romana.
Ce livre est décevant. Pour dire les choses franchement, les bras m'en sont tombés : mal écrit, phrases à la syntaxe boîteuse, banalités, exemples tirés de la vie quotidienne actuelle, parallèle aventuré avec Lénine et Trotski, allusion à des engagements de jeunesse (PCF) stupides et incompréhensibles de la part de jeunes normaliens (Leroy Ladurie, Furet, Veyne, etc.) supposés intelligents, ouverts, lucides, "privilégiés" comme on dit aujourd'hui, se destinant à l'enseignement de l'histoire ou à la "recherche" en histoire ("d'histoires" ? un autre type d'inventio ?), etc.
Les quelque trois cents pages du livre sont consacrées, au détriment de l'essentiel, à refuter la machinerie explicative que les historiens "officiels" font tourner parfois à vide (mais le charbon ne manque pas, les chauffeurs non plus) pour avancer vite sur la voie ferrée du sociologisme, alors qu'en dix pages, cette machinerie aurait pu être démontée.
Paul Veyne tente aussi, dans un livre paru ces jours-ci, de réhabiliter Foucault. Pourquoi pas ? Mais si l'éloge de Foucault a la même consistance que celui de Constantin, on peut redouter le pire : un enterrement de première (de première classe, sans doute ? Le plus cher, celui qui se fait dans la plus funèbre pompe qui soit).
25 mars 2008, 10:44   Re : Reconquête
A propos de Georges Brassens et de la foi je vous propose de réécouter deux belles chansons de circonstance.

[url=
]La prière[/url]

[url=
]Tempête dans un bénitier[/url]
Utilisateur anonyme
25 mars 2008, 13:57   Re : Reconquête
Merci, cher Rogémi. Mais ne trouvez-vous pas que notre grand Georges n'est pas très à son aise et qu'il chante de manière bien hésitante cette prière, avec aussi quelques fausses notes ? Est-ce le sujet ?
25 mars 2008, 14:12   Re : Reconquête
Non Cher Corto ce n'est le sujet mais je voulais répondre à Obi Wan qui nous a proposé les paroles d'une autre chanson [très belle d'ailleurs] de Brassens.

Vous conviendrez avec moi que personne n'a obligé Brassens de chanter La Prière et Tempête dans un bénitier et j'en déduis que s'il les a chanté il ne l'a pas fait pour satisfaire une lubie ou pour plaire à son public mais parce ces deux chansons répondaient à un besoin personnel.
Utilisateur anonyme
25 mars 2008, 19:50   Re : Reconquête
Là vous avez raison : je n'imagine pas que l'on ait pu imposer quelque chose à ce vieil anarchiste !
25 mars 2008, 20:21   Re : Reconquête
"Vieil anarchiste" : syntagme figé. La Prière (poème de Francis Jammes, autre "vieil anarchiste", je suppose) a été enregistrée vers 1955 : Georges Brassens avait alors 34 ans...
25 mars 2008, 20:43   Musée de l'athéisme
Je croyais le Musée de l'athéisme installé dans Saint Isaac, cher JMarc. Les lieux de St Petersbourg que vous évoquez me sont familiers, y compris le cimetière à St Alexandre (en fait, il y en a plusieurs, et l'un d'eux, ceint de murs, contient plus d'artistes célèbres du XIX°s que tout le Père-Lachaise). L'église qui m'a le plus séduit, St Nicolas des marins, est une folie baroque bleue, blanche et dorée, dans une ville qui ne manque pas de folies, de citations, de pastiches et de canaux pour tout réfléchir. La dernière fois que je l'ai vue, des groupes de marins en grand uniforme allaient à l'office funèbre d'anniversaire à la mémoire de leurs camarades du Koursk.

Sur le livre de Paul Veyne, cher JGL, je ne serai pas si dur. J'ai eu l'impression, après avoir lu avec passion son Empire gréco-romain, qu'il en avait trop vite rédigé une sorte de résumé pour le grand public. Je devrais relire ce livre digest pour vérifier s'il mérite toute votre sévérité. Une chose au moins est vraie: il manque de substance, mais la page que je citais avait l'avantage du bon sens. Il se peut que je l'aie relue en me souvenant de toute la riche matière historique qui la sous-tend dans l'autre ouvrage de Paul Veyne, et dans celui de Robert Turcan publié aux éditions Faton, Constantin en son temps, le baptême ou la pourpre? J'aimais particulièrement que l'on n'exclue pas a priori la sincérité d'une démarche religieuse personnelle chez cet empereur que, par réaction contre sa canonisation dans l'Eglise Orthodoxe, les historiens laïcs s'appliquent à peindre en monstre froid. Je vous accorde qu'il y a mieux à lire à son sujet, particulièrement, de l'intérieur du monde orthodoxe, le livre du Père Alexandre Schmemann, Le chemin historique de l'Orthodoxie (Ymca-Press, chapitre III, p. 83). Ce dernier ouvrage décrit bien plus clairement, d'un point de vue dégagé des préjugés de l'Occident, la question des rapports entre l'Empereur et le Patriarche dans l'empire romain d'Orient, dit byzantin.

Pour en revenir à Paul Veyne, que vous accusez à juste titre de papillonner (n'a-t-il pas écrit aussi sur René Char un livre qu'il vaudrait peut-être mieux oublier?), certains de ses détours de phrases me charment, comme cette remarque sur le IV°s (p.134): " C'est une de ces confidences autobiographiques comme il n'était pas indigne d'en faire en cette époque de vie intérieure... " Ce que je souligne rappelle le beau titre de Dodds, Pagans and Christians in an age of anxiety, l'Augustin d'Hippone de Peter Brown et ses autres travaux sur la révolution des mentalités en ce temps-là, les chapitres de Mimésis d'Erich Auerbach sur Ammien Marcellin et St Augustin, en somme une matière historiographique et critique qui justifie ces quelques mots. C'est un plaisir littéraire que donnent ses livres, dans la plus belle tradition romaine, au risque d'une certaine légèreté scientifique.

PS. En relisant votre message, je me suis souvenu d'un parallèle brillant (ou bien peut-être sot?) établi par Peter Brown (Augustin d'Hippone) entre les jeunes intellectuels romains dégoûtés des matérialités de la Bible et de l'Incarnation du Christ, et séduits par le spiritualisme délicat et esthétique du Manichéisme - et ces élèves aristocratiques de Cambridge ou d'Eton convertis au communisme (une gnose, dit Alain Besançon) dans les années trente. Comparaison n'est pas raison, mais l'effet littéraire de surprise et de paradoxe est garanti. D'autre part, Nicolas II était théologiquement le dernier empereur constantinien, malgré les bouleversements causés par Pierre le Grand, et il n'est peut-être pas exclu que certains révolutionnaires bolchéviks aient été conscients de la rupture historique essentielle qu'ils créaient en le fusillant. Qui sait?
Rassurez-vous, il ne s'agit pas d'une femme politique française, mais de ce que Dostoïevski pensait de Saint Isaac. En fait, dans la basilique Saint-Isaac seul le pendule de Foucault se contentait de pendre. Je vous confirme que le musée de l'athéisme était bien à Notre-Dame-de-Kazan.

Saint-Nicolas-des-marins m'est chère, car :

- j'aime bien Nicolas II,

- j'aime bien les marins,

- elle est très belle (et en plus dans les lieux que décrivit Dostoïevski),

- les offices y sont très réussis.

Si vous retournez à Petrograd, ne manquez pas le palais Ioussoupov, dans les caves duquel fut assassiné Raspoutine par "le plus bel homme de Russie". On vous y détaillera l'assassinat.
25 mars 2008, 21:10   Nicolas II
J'ai vu par ailleurs la tombe de Nicolas II, de sa famille et des personnes (dont un laquais) qui lui restèrent fidèles jusque dans la mort.

Le point théologique que vous soulevez serait à creuser. Pensez-vous que l'influence de Raspoutine fut aussi néfaste que ce qu'on a bien voulu dire ?
25 mars 2008, 21:28   Re : Reconquête
Le robinisme progresse, je vois...
25 mars 2008, 21:43   Raspoutine
Vous parlez de Raspoutine ?
26 mars 2008, 09:08   Re : Reconquête
Oui, et sur Mayerling, vous avez une opinion ?
Comment voudriez-vous que je n'aie pas d'opinion sur un tel sujet ?


Je trouve d'ailleurs votre rapprochement d'avec Raspoutine saisissant.

Voici une anecdote.

Ma grand'mère avait une amie d'enfance, fort distinguée, mais qui, parfois se laissait aller à la "salacité". Cette dame (les faits rapportés remontent à l'an 1930, à peu près) disait par exemple des infidélités répétées de son mari, qui était directeur de quelque chose (mais je ne sais plus de quoi) : "Certes, il me trompe, mais il rapporte son argent à la maison, et pour le reste, ça ne s'use pas".

Cette dame avait des théories sur Raspoutine et sur Rodolphe. Elle soutenait que Raspoutine avait une telle puissance sexuelle qu'il était encore en érection lorsque son corps fut sorti du canal, et que Rodolphe aurait en fait succombé à un jeu érotique qui aurait mal tourné (un peu comme dans l'Empire des sens, si vous voyez ce que je veux dire).
26 mars 2008, 12:25   Bombe américaine
A propos de la dame aux histoires osées, je ne puis me retenir de rapporter un fait.

Ses beaux-parents ne s'entendaient pas, à une époque et dans un milieu où le divorce n'était pas envisageable.

Ils moururent et furent placés dans le même caveau, mais l'un loin de l'autre, ainsi que le dernier vivant l'avait exigé.

Cela se passait au cimetière de Royan.

L'an 1945, une bombe américaine vint les mettre d'accord : par un coup direct sur le caveau, elle les réunit à jamais.
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