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Deux conseils musicalo-éditoriaux

Envoyé par Jean-François Daniel 
J'aurais deux modestes questions à poser à cette assemblée :

- L'histoire de la musique de Rebatet est-elle intéressante, éclairante ?
- Quelle encyclopédie de la musique est par vous conseillée ?
L'Histoire de la Musique de Rebatet est très bonne.
À propos – ou pas, mais puisqu'on parle de musique – (je n'ose ouvrir un fil "Oubli de l'Inde"), allez un peu entendre cette perle de


ce fabuleux chanteur ! J'en suis encore tout bouleversé...
Merci de votre réponse. Je vois bien que je n'aurais pas du ouvrir ce fil.
Et moi, je n'aurais pas dû y participer...
Utilisateur anonyme
03 juillet 2009, 14:48   Re : Deux conseils musicalo-éditoriaux
Et moi, je n'aurais pas dû le lire...
Je ne ferais pas les frais, aujourd'hui, d'une encyclopédie, c'est vite dépassé. Pour les généralités, on trouve facilement sur Internet. Il vaut mieux réserver son budget pour des ouvrages de référence.
DJF écrivait:
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> - L'histoire de la musique de Rebatet est-elle
> intéressante, éclairante ?
> - Quelle encyclopédie de la musique est par vous
> conseillée ?

Le livre de Rebatet est très bon, et d'un style vigoureux. Si on ne le savait pas déjà on sent que l'auteur n'est pas un tiède. Pour comparer (et éventuellement revoir quelques jugements très personnels) on peut consulter celui de Vuillermoz, en un volume aussi, plus "grand public", ou d'autres.

Quelques titres donc, trouvables seulement en occasion pour la plupart - comme dit Florentin que je viens de lire peut-être dépassés, mais peut-être pas en tout:

Jules Combarieu. Histoire de la musique. Paris, Colin, vers 1920, 3 vol.

Émile Vuillermoz (idem, se trouve ou se retrouve en livre de poche).

Histoire de la Musique (Introduction par Jacques Ibert, Nathan, l'édition complète en 5 vol. de 1974). Volumineux, plutôt sérieux.

Histoire de la Musique (Lausanne, éditions Rencontre, 1965-67, 20 volumes). Bien fait, comme souvent chez cet éditeur. Se présente un peu comme une encyclopédie (à chaque volume un thème). Illustration et maquette soignées.

Les Dictionnaires Larousse de la musique en deux volumes ont connu plusieurs éditions réputées pour leur adaptation au goût de chaque époque (choix ou importance des entrées).

Actuellement disponibles en principe:

Guide illustré de la musique (Fayard, 2 vol., disponible, avec de nombreux exemples musicaux et des schémas pédagogiques en couleurs, très "manuel moderne", utile comme condensé).

Nombreux guides et histoires spécifiques d'époques ou de genres chez Fayard, qui a commencé son important catalogue musical par ses célèbres grosses monographies des grands compositeurs.

Mine de rien pas mal de choses s'éclairent aussi avec les bonnes discographies, quand ce ne sont pas que des compilations hâtives. Celles de la collection Bouquins chez Laffont sont les meilleures (plusieurs éditions successives du Guide Diapason, et le moins courant mais vraiment très passionnant et très instructif "Guide de la musique ancienne et baroque").
"Histoire de la Musique (Lausanne, éditions Rencontre, 1965-67, 20 volumes). Bien fait, comme souvent chez cet éditeur. Se présente un peu comme une encyclopédie (à chaque volume un thème). Illustration et maquette soignées."

Quand on la trouve en bon état, il faut l'acheter, l'iconographie est remarquable et les textes aussi à l'image du volume Expliquer l'Harmonie de mon regretté maître Jacques Chailley.
Seulement tout ceci ne concerne que la musique occidentale. La musique pygmée, les musiques de l'Inde, de Bali, de Chine et du Japon méritent plus que le détour.
Utilisateur anonyme
03 juillet 2009, 20:00   Re : Deux conseils musicalo-éditoriaux
Ah bon, vraiment, la musique pygmée mérite plus que le détour ?
L'encyclopédie Fasquelle, en trois volumes, est très bien, je trouve. Il y a aussi l'histoire de la musique dans la Pléiade (mais l'article sur la musique indienne est pitoyable – pour ne pas changer le tropisme que vous me connaissez...)
04 juillet 2009, 01:17   Chants corses
Bien cher Alain,

Votre remarque me surprend : je suis une nullité en matière de musique (malgré tous les efforts familiaux, je ne suis arrivé à rien !) et pourtant j'ai entendu parler, toujours en bien, des polyphonies pygmées...
04 juillet 2009, 01:19   Danses indiennes
Bien cher Bernard,

Votre tropisme est fort intéressant : sachez que malgré mes carences musicales j'apprécie tout particulièrement les danses d'Inde du sud. J'ai cru comprendre que vous aimiez vous aussi le Tamil-Nadu et sa fort culturelle capitale Chennai.
04 juillet 2009, 10:04   Re : Danses indiennes
Peut-être, cher ami, pourriez-vous rattraper le temps perdu en allant directement à la musique modale. Je m'explique, au risque de me faire descendre en flamme par certains mélomanes de l'assemblée. Il y a, en somme, au monde, deux grands types de musique. Une musique hyper-construite, obsessionnelle (en écrivant ce mot, je précise que je suis un grand amateur de musique classique occidentale aussi, mais je force le trait !) où le compositeur a passé des mois, souvent, sur sa partition, où l'interprète a travaillé son instrument pendant des années, en subissant les frustrations des concours éliminatoires (et celui de la compétition commerciale n'est pas le plus vexant) et où il doit respecter à la lettre, sans commettre la moindre "fausse note", la partition construite par le compositeur, de manière à construire, à son tour, cet objet musical dans l'esprit de l'auditeur, qui, lui-même, est soumis à une certaine ascèse... Tout cela au prix d'une approximation musicale dans l'émission des sons (système dodéca-phonique iso-chromatique)... D'un autre côté, une musique essentiellement improvisée, fondée sur une tradition extrêmement riche et précice (le système des ragas et des talas : modes et rythmes), que le musicien-compositeur-interprète a travaillée pendant des années, mais dans laquelle il se trouve entièrement libre. Ce type de musique modale demande à l'auditeur une certaine habitude, une certaine oreille – souvent aussi l'oubli d'une oreille structurée par les douze sons approximatifs de la gamme isochromatique – mais est, je crois, beaucoup plus accessible sans formation. Bien entendu, comme toujours, l'étude augmente le plaisir...
Utilisateur anonyme
04 juillet 2009, 14:22   Re : Chants corses
Oui, Cher Monsieur, le problème avec "la musique Pygmée" est qu'"on en entend toujours parler en bien", justement.

Pourquoi avoir intituler votre intervention "Chants corses" ?
04 juillet 2009, 18:16   Polyphonies et oreille
Pour la Corse : car la polyphonie est moins répandue que ce qu'on pense.


Par ailleurs, bien cher Bernard, mon problème est tragique : on a tout essayé, mais je n'ai vraiment pas l'oreille musicale... c'est difficile, dans un famille de musiciens (je veux dire par là de personnes qui jouent d'un instrument... ma mère aimait le violon, alors que je suis incapable de jouer du piano...).
04 juillet 2009, 19:39   Référence musicale
Il se trouve que j'ai entrepris aujourd'hui la "seconde lecture " de "L'Isolation" ( livre tout à fait remarquable, qui rejoint dans mon esprit Rannoch Moor et le Journal Romain, que je tiens, pour des raisons différentes, en très haute estime. Mais là n'est pas le sujet).

Je viens de tomber sur le passage consacré aux "écrivains du ring". J'avais, en première lecture, pensé à une référence à Wagner. Je me rends compte qu'il s'agit sans doute du ring de boxe..
04 juillet 2009, 20:43   Re : Polyphonies et oreille
Jean-Marc, avez-vous essayé sincèrement d'écouter le Bhimsen Joshi dont je donnais le lien ci-dessus ? (Pardonnez-moi pour l'adverbe : je veux dire pour l'écouter, et non pour l'avoir écouté...) Je vous assure qu'il ne faut pas ce qu'on appelle chez nous l'« oreille musicale », vous serez étonné...

Quant à la musique pygmée, il y a les remarquables enregistrements de Benoît Quersin (RTBF, 1974). C'est très beau. Un des plus beaux disques, sans doute, de ma médiathèque personnelle... (Réf. ici.)
05 juillet 2009, 14:08   Musiques, musique...
Effectivement, bien cher Bernard, cela me plait beaucoup...


Mon problème est le suivant : on m'a fait écouter beaucoup de musique, on m'a expliqué beaucoup de choses... je suis capable de reconnaître telle ou telle oeuvre, mais, pour la musique classique, je ne puis absolument pas faire la différence entre un bon enregistrement et un excellent enregistrement...
Par ailleurs, et je pense qu'il s'agit d'un sujet intéressant pour l'in-nocence, j'ai toujours éprouvé un plaisir aussi grand à écouter de la musique "étrangère" qu'à écouter de la musique "occidentale".

Je ne prendrai pas l'exemple des pygmées, car leur apport culturel en d'autres domaines est limité. En revanche, si vous prenez les musiques d'extrême-orient, il est impossible de nier qu'en ce qui concerne la peinture, la littérature et la philosophie, ces civilisations sont nos égales, tout en suivant des pistes différentes. Or, si leur littérature et leur peinture sont un peu connues, il n'en va pas de même pour leur musique...

Idem, en ce qui concerne l'Inde : je ne pense pas que quiconque aura quelque peu étudié les arts des deux grands berceaux de cette civilisation que sont à mon sens la plaine du Gange et le Tamil-Nadu puisse dire qu'il ne s'agit pas d'une civilisation supérieure. Or, si on a entendu parler du Ramayana (ou des bas-reliefs érotiques) on en sait très peu sur les musiques que vous nous proposez...
05 juillet 2009, 17:44   Re : Musiques, musique...
Il me semble, Jean-Marc, que votre problème est un peu ailleurs (cela m'apparaît aussi dans le message suivant). Je ne veux pas jouer au gougou, mais de la même façon que je vous disais : « écoutez pour écouter, et non pour avoir écouté », je me demande pourquoi il est si important pour vous de distinguer entre le bon et l'excellent. Cela n'est pas la musique vivante ! Un concert organisé par le conservatoire peut parfois valoir, quant à la musique vivante et à l'expérience qu'elle peut vous apporter, un passage occasionnel, dans votre ville, de Daniel Barenboïm... Il s'agit de bien autre chose que de palmarès, ou de cotation d'objets chez Sotheby's... Si je voulais jouer au gourou, je vous dirais : la musique est à chercher en vous...
Quant à votre dernier message, il m'étonne tout de même un peu. La musique indienne est bien connue des amateurs, je vous assure ! Et il y a des bibliothèques entières qui lui sont consacrées (peu en français, malheureusement – il y a bien quelques livres de Daniélou, très intéressants, mais parfois un peu extrémistes, et même, à l'occasion, un peu erronés – je les conseille cependant). Je vous assure qu'une brève recherche sur Google vous donnera une masse de renseignements, à commencer par Wiki-je-sais-tout... D'autre part (à propos de la musique africaine), je me demande pourquoi vous cherchez dans leur musique l'influence qu'elle a pu avoir, plutôt que de la considérer en elle-même...

L'importance de la musique indienne est capitale : non seulement il s'agit de l'un des deux sommets au monde de la musique (l'autre étant bien entendu l'Occident), mais c'est la seule musique modale vivante que nous ayons à notre disposition (bien entendu, il faut y ajouter l'Iran et quelques autres régions, mais à cet égard, c'est la même musique, le système indien étant simplement plus développé).
05 juillet 2009, 17:57   Bon et excellent
Bien cher Bernard,


Je partage totalement votre point de vue quant à la musqiue vivante.
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