Le vin est tiré, il faut le boire. On ne doit accorder aucun crédit à M. Kadhafi. Commençons par détruire son aviation et ses bases, continuons en écrasant sous les bombes sa télévision d'Etat, ensuite soutenons les insurgés (le Qatar et les pays du Golfe se sont engagés à les approvisionner
gratuitement en vivres et en carburants), armons-les (comme semble le faire l'Egypte), laissons-les frapper et protégeons leur repli, interdisons à M. Kadhafi de vendre son pétrole et même, pour être sûrs, de l'exploiter.
Point ne sera besoin alors d'incendier sa tente : en vertu de l'adage suivant lequel "Pas d'argent, pas de Suisses", ses mercenaires l'abandonneront.
Point n'est besoin de le transformer, ainsi que ses fabuleux fils, en chaleur et lumière. D'ici quelques mois, lui et son engeance auront une palette de choix : se lancer dans la dégustation de la soupe au cyanure, se préparer à la lecture de "La littérature russe en dix-huit mille volumes" dans un appartement offert par les Nations-unies à La Haye, ou bien contribuer à la connaissance des vents africains en étant suspendus à des réverbères de Tripoli.