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Communiqué n° 1987 : Sur l’affaire François Fillon

Communiqué n° 1987, jeudi 2 février 2017
Sur l’affaire François Fillon

Le parti de l’In-nocence estime qu’il n’y a aucune espèce de raison, sinon sa séduction romanesque, pour donner le nom d’“affaire Pénélope” à un scandale où le candidat du parti “Les Républicains” est seul en cause. Il semble très évident que sa malheureuse épouse n’a servi que de truchement plus ou moins conscient à un système de collecte frauduleuse de fonds, dont le plus bel exemple est le salaire faramineux qu’elle aurait touché à la Revue des Deux-Mondes. On ne sache pas en effet que cette institution littéraire vieillotte ait jamais payé si généreusement ses collaborateurs effectifs. On apprend sans surprise excessive, en revanche, que son propriétaire, Marc Ladreit de Lacharrière, est un millionnaire comptant parmi les fondateurs d’SOS Racisme, et parmi les figures les plus actives du remplacisme culturel et de la promotion de la prétendue “diversité”. Aucune justification ne saurait apparaître à de si grossières compromissions. Du moins ont-elles le triste mérite d’exposer clairement les misérables préoccupations de la classe politique, de droite ou de gauche, qui depuis quarante ans trahit d’un cœur léger le peuple et la patrie, les abandonnant sans scrupule à l’invasion, à la substitution ethnique et au remplacisme global.
On appelle cela "se gaver" - non ?


De plus, la diffusion d'extraits inédits de l'entretien ci-dessous (in "Envoyé Spécial") risque d'embarrasser un peu plus la défense du candidat de la droite "républicaine" à la présidentielle :
[www.lefigaro.fr]

"De 1988 à 1990, Penelope Fillon était soi-disant « assistante parlementaire » de son mari. Elle a gagné 82 750 euros.
En 1998, Penelope Fillon était soi-disant « assistante parlementaire » de son mari. Elle gagnait 2550 euros par mois.
En 1999 et en 2000, Penelope Fillon était soi-disant « assistante parlementaire » de son mari. Elle gagnait 3500 euros par mois.
Entre janvier 2007 et août 2007, Penelope Fillon était soi-disant « assistante parlementaire » de Marc Joulaud, suppléant de François Fillon. Elle gagnait 10 167 euros par mois.
En juin 2012 jusqu'en novembre 2013, Penelope Fillon était soi-disant « assistante parlementaire » de son mari. Elle gagnait 5050 euros par mois. A cela s'ajoutait 5000 euros par mois, payés par la Revue des deux mondes. Total : 10 050 euros par mois.
Total :
- Penelope Fillon a touché 831 440 euros comme « assistante parlementaire ».
- Penelope Fillon a touché 100 000 euros, payés par « La Revue des deux mondes ».
- Les enfants de François Fillon ont touché 83 735 euros comme « assistants parlementaires ».
Autrement dit : toute la famille de François Fillon a touché plus d'un million d'euros.
Ils ont touché 1 015 175 euros."


Source :
Le Canard enchaîné, mercredi 1er février 2017, page 3
Une fois n'est pas coutume, j'ai acheté le Canard Enchaîné, comme ça, pour en croire mes yeux. Tout, dans cette histoire, est stupéfiant. Et, comme le suggère le communiqué, il faut avoir une pensée pour Mme Fillon, que son politicien d'époux aura transformée en tiroir-caisse, en pompe à deniers publics.
Oui, tout cela est peu ragoûtant, gardez cependant à l'esprit, en ce qui concerne l'affaire du salaire d'assistant parlementaire (celle de la revue me semble beaucoup plus malhonnête) que ces sommes sont alloués à chaque député par l'Assemblée pour ses frais et que s'il ne dépense pas tout il peut garder ce qui reste. Voici ce qu'écrit à ce sujet Vincent Goyet :

Parce que j'ai été attaché parlementaire, beaucoup de ceux qui me connaissent m'ont demandé comment faire le tri entre tous les éléments lus dans la presse ces derniers jours à propos du fonctionnement de l'équipe qui entoure chaque député.

Je tiens à préciser tout de suite que je soutiens François Fillon depuis la défaite et le départ de Nicolas Sarkozy en mai 2012. Comme ça, les choses sont dites. Les éléments que je donne ci-dessous sont ma propre analyse et mon propre ressenti, issus de mon expérience personnelle. Je laisse chacun y puiser ce qu'il voudra.

Avant tout, le cabinet parlementaire fonctionne de fait comme une TPE. Le député embauche et rémunère librement ses collaborateurs, sur la base de contrats de travail de droit privé, qui prennent automatiquement fin en cas d'interruption du mandat parlementaire.

Pour rémunérer ses collaborateurs, chaque député dispose d'une enveloppe mensuelle de 9 561 € (lorsqu'il laisse l'Assemblée nationale gérer ces contrats et payer les charges patronales), 14 341 € s'il décide de tout gérer lui-même. Sur les 9 561 €, il doit donc encore acquitter les charges salariales (précision technique pour les puristes).

Dans les faits, l'immense majorité des députés laisse l'Assemblée s'occuper de tout.

Chaque député organise à sa guise le travail de son équipe, avec des collaborateurs dont le travail peut être très divers : agenda, logistique, courriers, dossiers législatifs, dossiers locaux, réunions, questions au Gouvernement, amendements, relations presse, relations avec les élus, relations avec la population, communication, rendez-vous, représentation, conseil, etc. Ce travail répond en fait aux trois fonctions remplies par un parlementaire : 1/ il représente le peuple ; 2/ il vote les lois ; 3/ il contrôle l'action du Gouvernement et des administrations.

Bref, le travail est gigantesque, et la politique est bien souvent le lieu où les militants viennent donner un coup de main bénévole (mise sous pli, distribution de documents à la population, logistique des réunions publiques, réseaux sociaux, etc.). Il y a plutôt trop de travail que pas assez !

François Fillon est aujourd'hui attaqué non pas pour avoir rémunéré son épouse et deux de ses enfants, mais parce que certains soupçonnent qu'il s'agirait d'emplois fictifs, sans travail réalisé en contrepartie.

Comme je viens de le souligner, ce n'est pas le travail qui manque autour d'un député. J'ai croisé des dizaines et des dizaines de parlementaires, davantage encore de collaborateurs, et la plupart d'entre eux sont des passionnés, qui ne comptent pas leurs heures. De même, il est inimaginable qu'un élu fasse une carrière politique durant 35 ans (François Fillon a été élu pour la première fois en 1981) sans que sa / son conjoint(e) ne lui apporte au quotidien un soutien et une aide de tous les instants, surtout si elle / il n'a pas une autre activité professionnelle à côté.

Quid du niveau de rémunération pour le conjoint non salarié du chef d'entreprise ? Comme dans n'importe quelle TPE, il est fréquent que le conjoint participe de fait à l'activité sans percevoir de salaire. Quand la structure trouve l'espace d'une rémunération, il peut y avoir ensuite une forme de rattrapage salarial, en contrepartie de toutes les années de bénévolat.

S'agissant de Pénélope Fillon, elle n'a pas été rémunérée entre 1981 et 1988. Puis elle a bénéficié d'un salaire comme attachée parlementaire jusqu'en 2013 (avec manifestement un rattrapage salarial). Elle a perçu 639 000 euros net sur cette période (les médias parlent en brut pour gonfler la somme). Ramené à 35 années de travail aux côtés de son mari (1981-2016), nous arrivons à l'équivalent d'un salaire net mensuel de 1521 €. Tous ceux qui se scandalisent du montant de 830 000 € brut devraient méditer sur la période concernée... Si j'avais travaillé durant 35 ans aux côtés de François Fillon, sur la base du salaire de 2600 € net que je touchais en 2007, j'aurais coûté bien plus de 830 000 € brut (faites le calcul : 1,4 million d'euros brut - et par souci de simplicité, je n'ai pas tenu compte du 13e mois...).

Mais quel travail a donc bien pu réaliser Pénélope Fillon ? Sans doute un travail de petite main pour un grand nombre de courriers reçus au domicile (François Fillon n'avait pas de permanence parlementaire en circonscription). Un soutien logistique également. Un travail de conseil, relecture (c'est ce qui semble ressortir de la bouche de l'avocat de François Fillon). Un travail de représentation, aussi, accompagnant son mari, ou se substituant à lui quand il n'était pas disponible.

Pénélope Fillon n'aurait-elle pas pu remplir toutes ces tâches sans être rémunérée ? Si, sans doute. Mais en France, la loi autorise les parlementaires à salarier leurs proches. De très, très nombreux élus le font, ponctuellement ou de façon pérenne. C'est fréquemment le cas pour les enfants étudiants des députés ou sénateurs, dont les parents mettent ainsi le pied à l'étrier professionnel.

Mais alors, pourquoi cette brusque poussée de fièvre concernant François Fillon ? Qui ne voit pas l'opération de destabilisation à quelques semaines de la présidentielle ? "Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose", proclame Francis Bacon dans son Essai sur l'athéisme.

Interrogeons-nous maintenant sur le niveau de rémunération des enfants de parlementaires : n'est-il pas excessif ? On peut parfaitement le penser dans certains cas. Mais 1/ ce montant reste à la discrétion du parlementaire et 2/ on sort du débat sur le caractère fictif de l'emploi. Les enfants de Fillon avaient fait des études de droit, l'un d'eux a d'ailleurs obtenu son diplôme d'avocat l'année suivante. Ils avaient donc des compétences utiles pour aider leur père dans ses missions parlementaires. Il ne s'agit pas d'emplois fictifs. Or, c'est là-dessus que Fillon est attaqué.

Certains s'étonnent aussi que Pénélope Fillon n'avait pas de badge pour accéder à l'Assemblée, ni d'adresse e-mail personnalisée. J'ai travaillé durant 5 ans à l'Assemblée (entre 2002 et 2007), j'avais évidemment un badge pour accéder à mon lieu de travail, mais ce n'était pas le cas de tous mes collègues de circonscription. Je n'ai par ailleurs jamais eu d'adresse e-mail professionnelle à mon nom : j'ai toujours utilisé l'adresse des parlementaires pour lesquels j'ai travaillé.

Autres questions légitimes que se posent beaucoup de gens : pourquoi Pénélope Filllon a-t-elle été rémunérée par le suppléant de François Fillon ? A quel travail est-ce que cela correspond ? Pourquoi un salaire si élevé ? Lorsqu'un parlementaire devient ministre, il conserve un lien avec le territoire d'où il est originaire. Les collaborateurs du suppléant devenu député font souvent le lien et la navette entre la circonscription et le ministère. Et Pénélope Fillon a pu être d'autant plus sollicitée dans ce cadre que l'agenda de son mari le rendait beaucoup moins disponible. Le suppléant de François Fillon était par ailleurs peut-être davantage présent en circonscription qu'à Paris, n'ayant pas forcément les mêmes ambitions et appétences pour le travail législatif que son prédécesseur.

Enfin, un élément important : jusqu'en 2012, les députés pouvaient de fait conserver le reliquat du crédit collaborateurs qui leur était attribué, en le transférant sur l'IRFM (transfert aujourd'hui plafonné à 6000€). Cet argent ne serait donc pas resté dans les caisses de l'Assemblée. Ceux qui demandent à Pénélope Fillon de "rendre l'argent" ignorent manifestement qu'il s'agirait de le rendre... à François Fillon lui-même.

Mais alors, pourquoi Pénélope Filllon a-t-elle dit qu'elle ne travaillait pas et ne s'était jamais mêlée de politique ? Peut-être simplement parce qu'elle ne considérait pas son action comme un travail, mais comme un engagement aux côtés de son mari. Il n'empêche que si elle n'avait pas été là, toutes les tâches qu'elle a accomplies auraient dû l'être par quelqu'un d'autre. En outre, un attaché parlementaire ne fait pas de politique : il travaille dans le domaine politique, mais c'est le parlementaire qui fait de la politique. Pas ses collaborateurs. Enfin, de la part de celle qui était la conjointe d'un parlementaire puis d'un ministre, il aurait été désobligeant de se présenter simplement comme "l'assistante". Pour des raisons évidentes, Pénélope Fillon ne s'est manifestement jamais considérée comme telle.

Posons-nous maintenant la question de l'orchestration de cette affaire politico-médiatique :
- le mercredi 25 janvier, le Canard Enchaîné publie un article
- le jeudi 26 janvier, le Parquet national financier ouvre une enquête judiciaire
- le vendredi 27 janvier, ce même parquet auditionne plusieurs témoins
Une vitesse absolument stupéfiante !
Pour rappel, le parquet national financier a été créé par Christiane Taubira en 2014, qui y a placé ses amis : le procureur du PNF, Eliane Houlette, était commissaire du gouvernement auprès du Conseil des ventes volontaires. Elle doit son incroyable et fulgurante promotion au Garde des Sceaux de l'époque, laquelle a également constitué une équipe de procureurs adjoints et vice-procureurs parmi ses très proches (Michel Pelegry, Ulrika Delaunay-Weiss, Patrice Amar, Monica d'Onofrio...).

Rappelons aussi qu'en France, le parquet (a fortiori le parquet national financier) n'est pas indépendant du pouvoir exécutif : les procureurs dépendent directement du ministre de la Justice, ce qui est d'ailleurs pointé du doigt par la Cour Européenne des Droits de l'Homme.

La vitesse avec laquelle le parquet s'est jeté sur François Fillon ne manquera pas d'interpeller tous ceux qui déplorent les lenteurs habituelles de la Justice. La perquisition de l'Assemblée nationale qui a eu lieu hier après-midi relève là encore de l'exceptionnel.

Parallèlement, quand des journalistes publient dans le livre "Nos très chers émirs" des accusations nominatives de corruption envers un ministre du Gouvernement, le même parquet reste curieusement muet. Pourquoi une telle différence de traitement ?

Face à cette situation, je suis persuadé de l'impossibilité pour Pénélope Fillon de ne pas avoir participé au travail parlementaire de son mari. Son travail n'a pas été fictif, et il dure depuis 35 ans.
 

Cela dit, si Fillon n'est probablement pas plus malhonnête que les autres, et peut-être même moins que beaucoup d'entre eux, il est un parfait représentant de ce système qui nous a menés là où nous sommes et qui n'a pas du tout l'intention de changer de cap. Le jeu de massacre auquel nous assistons est donc plutôt réjouissant : il en sortira peut-être quelque chose, sait-on jamais ?
sa malheureuse épouse n’a servi que de truchement plus ou moins conscient

Qu'elles vendent leur corps ou leurs méninges, les femmes sont devenues "inconscientes".
Elles sont sous l'emprise d'organisations machistes c'est certain, elles se font maquereauter.

Subjuguée, madame Fillon a subi de graves rémunérations qui seront à l'origine d'un stress différé. Elle est sans aucun doute victime dans cette affaire.

Dans 20 ans, après traitement du stress post-traumatique, la vérité affleurera et madame Fillon se rendra compte qu'elle était agie par des forces qui la dépassaient, qui la dominaient. Elle pourra alors dénoncer ses corrupteurs et commencer à se reconstruire.
Elle était sous emprise. C'est clair.

Plus sérieusement, et de manière plus nuancée : vivre en pays étranger avec un ressortissant de ce pays ; élever quatre enfants dans la langue du conjoint, c'est beaucoup, et pas loin d'être héroïque. Se tenir à jour, de surcroît ,des lois du dit pays (très changeantes) qui seraient susceptibles de faire basculer dans l'illégalité le petit arrangement privé de son époux ministre, c'est apparemment plus que ne peut en assurer une femme ordinaire.

Plutôt déprise qu'emprise, en l'espèce.

NB : élever quatre enfants dans un pays étranger et dans la langue du conjoint quand ce dernier est absent trois jours par semaine – FF à Paris; PF dans la Sarthe –, voilà qui ne doit pas vous laisser beaucoup de temps pour vous inquiéter des subtilités des lois du dit pays étranger quand le conjoint et père des enfants est ministre du gouvernement.
Fillon pourrait mieux se défendre : il semble bien que la notion d'emploi fictif ne s'applique pas au statut d'attaché parlementaire dès lors que les fonds mis à disposition au député ne sont pas remboursables, même en partie, si j'ai bien lu le papier de l'ancien attaché parlementaire Vincent Goyet (Enfin, un élément important : jusqu'en 2012, les députés pouvaient de fait conserver le reliquat du crédit collaborateurs qui leur était attribué, en le transférant sur l'IRFM (transfert aujourd'hui plafonné à 6000€). Cet argent ne serait donc pas resté dans les caisses de l'Assemblée. Ceux qui demandent à Pénélope Fillon de "rendre l'argent" ignorent manifestement qu'il s'agirait de le rendre... à François Fillon lui-même).

Le "crédit collaborateurs" est une allocation qui n'est pas versée en contrepartie d'un travail, elle n'est pas subordonnée à l'effectivité d'un travail fourni. Apparemment l'accord passé entre le député et son attaché est d'ordre privé, de droit privé : du moins dans les années visées par l'enquête, un député pouvait légalement verser à son assistant quelque 9000 euros de sa cassette pour coller un timbre sur une enveloppe une fois par mois. C'était son argent, chacun est libre de disposer de son argent comme il l'entend et selon sa propre appréciation. Si je veux verser cette somme mensuellement à une personne de confiance qui me fera une petite course par jour, j'en ai le droit, même si cet argent provient d'une allocation que me verse l'Etat. Dès lors que l'Etat m'aurait de toute façon versé cette allocation, en principe, en logique et en droit, ce n'est pas lui qui emploie cette personne, fût-ce par mon truchement. Il n'y a pas "détournement de fonds publics" – si abus il y avait eu, c'est FF lui-même qui en aurait été victime !
J'ajoute que le cas du coiffeur de Hollande qui palpe, en sus du cuir chevelu graisseux de son client, quelque 10000 euros par mois est autrement plus scandaleux car il n'y a pas "d'allocation coiffeur" de ce montant pour le locataire de l'Elysée. Si Hollande était moins déraisonnable, c'est 130000 euros de plus qui resteraient dans les caisses de l'Etat.

En un quinquenat, ce maudit coiffeur aura coûté directement au contribuable l'équivalent de ce qu'a touché Penelope Fillon dans toute sa carrière d'attaché parlementaire sur la cassette Fillon, budgétisée d'office.
Voilà un communiqué assez bizarre, m'a-t-il semblé, qui s'éparpille un peu dans tous les sens sans qu'on sache précisément de quoi il retourne : de la justesse sémantique du titre donné à l'affaire (curieuse remarque ma foi), du propriétaire de la Revue des Deux-Mondes et de ses tendances ploutocrato-remplacistes (quel rapport, la malheureuse Mme Fillon aurait-elle en sus pondu des notules vantant les grandes invasions allogènes ??), de la trahison des intellectuels ou des politiques en général, des préoccupations puristes de l'In-Nocence et du Non !, enfin du désarroi supposé d'une épouse fidèle et ensorcelée embarquée dans des turpitudes qu'elle n'aura fait que subir ?
C'est incroyable, mais je suis pour une fois d'accord avec M. Beckford, qui apparemment ne sort de sa réserve que si une femme a le malheur de pointer un bout de nichon dans les parages : en effet, cette personne qui a tout de même une formation d'avocate, n'est à l'évidence pas plus bête qu'un politicard moyen, aurait donc trouvé normal de voir régulièrement versées sur son compte d'importantes sommes d'argent, comme ça, out of the blue, seulement pour d'exemplaires services rendus d'épouse modèle ?
Quelle merveilleuse inconscience...
03 février 2017, 16:41   R.O.M.E
Il ressort de l’argumentaire déployé par M. Goyet, que la seule justification des salaires perçus par Mme Fillon (car il s’agit bien de salaires, avec contrat, fiche de paie et tout le toutim et non d’argent distribué selon sa fantaisie par un homme politique), c’est bien sa qualité d’épouse, seule qualité d'ailleurs que la dame revendique. Pénélope Fillion s’est engagée aux côtés de son mari, elle a élevé ses enfants, lui a donné de bons conseils, ne lui a pas mis les bâtons dans les roues, lui a facilité la vie, s’est dévouée à sa carrière, l’a supporté, lui a prêté assistance pour le meilleur et pour le pire pendant 35 ans, le tout à hauteur de 1521 euros mensuels. « Epouse d’homme politique » est donc un métier auquel il ne manque qu’un numéro de code et une inscription dans le Répertoire Opérationnel des Métiers et Emplois (ROME), consultable dans tous les locaux de Pôle Emploi.
03 février 2017, 17:16   Re : R.O.M.E
Il ressort de tout ça que la hauteur du salaire (fiche de paie, etc.) versé à un assistant parlementaire est bien laissée à la seule discrétion, à la seule appréciation du député à qui sont alloués des "crédits collaborateurs", et nullement en fonction d'un cahier des charges ou d'un profil de poste, ce qui équivaut à dire que le poste est sans statut. L'employeur n'est pas l'Etat mais le parlementaire.

Le bénéficiaire d'une allocation d'aide à la personne versée par l'Etat, de tant de milliers d'euros n'a pas de compte à rendre à la justice ni aux contrôleurs des services sociaux de l'Etat s'il lui convient d'en verser l'intégralité sous forme de salaire réglementé (fiche de paie, charges payées, etc.) à une nièce qui viendra lui lire le journal et prendre le café avec lui une fois par semaine.

Il en va tout autrement de celui ou celle qui serait par exemple nommé "chargé de mission" par la mairie d'une grande ville et qu'on n'aurait jamais vu nulle part, sur aucun lieu de travail et qui n'aurait eu à rendre compte à personne de sa mission ; le poste ayant été créé en fonction de besoins définis, l'intéressé est comptable de ses prestations directement à l'institution (une collectivité publique ou territoriale, etc.). En pareil cas, il y aurait détournement de fonds publics. Mais pas dans le cas de Penelope Fillon. Inutile de préciser que ce type de "chargé de mission" est pléthore dans le millefeuille administratif et qu'il en coûte des milliards d'euros à la collectivité.

En revanche, l'emploi de P.F. à la Revue des Deux Mondes semble bien, lui, tomber dans la catégorie d'un emploi fictif et d'un détournement de biens sociaux. Mais il se trouve que 1. François Fillon n'est pas directement impliqué dans ce volet et que 2. Il ne s'agit pas d'argent du contribuable.

La marge de manoeuvre dans la défense de Fillon contre ce qui lui est reproché est considérable. S'il a su s'entourer de juristes compétents, il devrait pouvoir retourner la situation et contre-attaquer sur le plan juridique d'abord, politique ensuite.
C'est incroyable, mais je suis pour une fois d'accord avec M. Beckford, qui apparemment ne sort de sa réserve que si une femme a le malheur de pointer un bout de nichon dans les parages

D'accord ? Vous m'inquiétez... Je ne me suis guère intéressé à cette affaire en tant que telle (je n'avais pas compris qu'un nichon allait se pointer). Jusqu'à ce communiqué qui semble résumer la situation assez précisément. Et jusqu'au petit bout de phrase que j'ai cité, tout imprégné, inconsciemment sans doute, de l'air du temps, si lourd de gyno-victimisme.

Vous, l'ardent défenseur du nichon femenique rédempteur et du coup de fusil forcément sublime qui se mange froid, avez bien compris l'impasse logique dans laquelle s'est enfermée le féminisme, histoire de gagner à tous les coups : comment la femme peut-elle être à la fois une victime forcément irresponsable (quand ça tourne mal ou que ce rôle sert ses intérêts) et l'égale de l'homme, c'est à dire forcément capable de comprendre la portée de ses actes et d'en assumer les conséquences?
A bien y regarder, je suis absolument d'accord avec Beckford. Après tout, Madame Fillon a dû allègrement profiter de ces centaines de milliers d'euros qui tombaient d'on ne sait où. Décréter qu'elle est irresponsable, c'est comme décréter que chaque djihadiste est un “déséquilibré”. C'est trop facile.

Il est vraiment temps d'arrêter de voir les femmes (et les immigrés) comme d'éternelles victimes.
« comment la femme peut-elle être à la fois une victime forcément irresponsable (quand ça tourne mal ou que ce rôle sert ses intérêts) et l'égale de l'homme, c'est à dire forcément capable de comprendre la portée de ses actes et d'en assumer les conséquences? »

Cher ami, il est en fait une réponse simple à votre question, si l’on voit les choses un peu différemment : la victime est irresponsable tant qu’elle demeure une victime, et c’est précisément la décision de mettre fin à cet état qui la responsabilise enfin, l’honore, et l’exonère, si les circonstances ont justifié cette décision : c’est donc par le fait même de mettre un terme à la condition victimaire qu’on aura réalisé l’égalité revendiquée des droits, et du coup il n’y a plus aucune « impasse logique » qui tienne, seulement une disparité comblée…
03 février 2017, 19:01   Re : R.O.M.E
Cher Francis,

Votre argumentation me paraît recevable en droit mais bien difficile à faire entendre au simple citoyen, raison pour laquelle, sans doute, elle ne semble pas avoir été présentée par la défense de M. Fillion. Il faudrait, pour cela, comme vous le faites, sans doute à juste titre, assimiler les "crédits collaborateurs" à une allocation de type "aide à la personne" ou "RSA" ou "AAH" ou n'importe laquelle des allocations existantes dont l'usage est en effet laissé à la discrétion de celui qui la perçoit. La ressemblance s'arrête là car les-dites allocations (leur montant et leur simple existence) dépendent entièrement du montant et de l'existence d'autres revenus (raison pour laquelle, d'ailleurs, certains y regardent à deux fois avant de s'engager dans un travail salarié qui leur ferait perdre le-dit bénéfice de ces allocations.) Or, que je sache, les députés perçoivent une indemnité parlementaire d'à peu près 7 000 euros mensuels à laquelle vient donc s'ajouter les 9 000 et quelque de la fameuse "cassette", sans compter d'autres revenus liés à la profession exercée par le député (dans le cas de M. Fillion : le consulting, tout un programme...) Voilà ce qui rend difficile l'assimilation de la "cassette" à une "allocation" à dépenser comme on le souhaite, même si, en droit, c'est bien le cas.

"Le "crédit collaborateurs" est une allocation qui n'est pas versée en contrepartie d'un travail, elle n'est pas subordonnée à l'effectivité d'un travail fourni." Fort bien. Allez trouver ça dans l'civil ! M'est avis que les défenseurs de M. Fillion auront du mal à faire admettre la chose pour ce qu'elle est.

Mais peu importe. Sur le fond, ce qui me parait vraiment déplaisant et suintant d'hypocrisie, c'est précisément la défense présentée par ce M. Goyet. Que penser par exemple de la pureté d'un "bénévolat" qui attend patiemment sa "contrepartie salariale" sitôt que "la structure trouve l'espace d'une rémunération" ? Tout du long de son plaidoyer, M. Goyet sème l'équivoque, louvoie artificieusement entre "travail", "tâches", "salaire", "engagement", on ne sait jamais si tout cela est noble et gratuit ou besogneux et salarial (1521 euros...) M. Fillion en fait autant. Il n'est pas franc du collier, il joue alternativement de la corde sensible sur l'air des 35 ans de luttes partagées, de l'épouse dévouée aux côtés de son époux, affrontant les aléas de l'existence, avant de passer à l'affirmation des "tâches" bel et bien accomplies et qui valent salaire. C'est tout à la fois avilir le travail rétribué qui n'a aucun compte à rendre sur sa réalité et les liens sans prix qui peuvent unir un homme et une femme. Belle performance pour un champion des "valeurs" : il se fout et du travail et du mariage ! Tartufe et madame !
Relisez Philippe Muray, très cher : en victimocratie, la meilleure façon d'exercer le pouvoir est de s'en déclarer dépourvu.

A condition d'avoir la parole bien sûr, droit à la parole que ne peut obtenir que la bonne victime sacralisée, c'est à dire, trop souvent, la fausse victime.

"... tenter de rire de leur acharnement identitaire comme de leur victimisme de pacotille, ainsi que de leur tapageuse aptitude à venir clamer jour après jour, sur toutes les estrades où il y a de la lumière, qu'on ne les écoute jamais, qu'on les persécute, qu'elles agonisent sous les talons de fer de l'androcentrisme, qu'elles étouffent dans l'air empuanti de la misogynie ambiante, qu'elles ne sortent dans les rues que pour y essuyer des tempêtes d'insultes sexistes, et qu'il faut en finir avec cet odieux consensus du système patriarcal où le problème de la domination masculine n'est jamais posé."
Cher Thomas,

Certains services ne sont pas tangibles, et pour être dispensés de manière informelle, ils n'en sont pas moins précieux, donc rémunérables. Dans certaines entreprises type "Silicon Valley", s'il vient à un employé, un salarié donc, une idée constructive, "bancable", il demande un rendez-vous à la direction, expose son idée dans le bureau du directeur et, si elle est exploitable, reçoit un chèque, voire du cash, sur-le-champ ! En France on demanderait à cet employé "qu'est-ce que vous avez produit pour mériter ce chèque ?" A proprement parler, rien, strictement rien. Il a juste eu une idée, qu'il a émise dans une conversation informelle. Eh bien il faut pouvoir se représenter le travail de Penelope Fillon comme celui-là. Elle a pu émettre des opinions et des conseils à valeur stratégique, sans trace écrite. Ecouter en ne disant rien peut aussi être "un travail". Certains fréquentent un psy qui, durant toute la séance, reste bouche cousue. Il écoute, et il encaisse, tant les balourdises de son patient que son chèque en fin de séance. Son boulot consiste à ne rien faire, à ne rien dire et à être là, à l'écoute, ce qui peut aussi avoir été dans la nature des prestations de Mme Fillon.

Encore une fois, il reste l'essentiel : que Mme Fillon ait produit un taf tangible ou qu'elle se soit contentée de sourire muettement en présence de son homme, l'Assemblée nationale n'aura pas versé plus d'argent dans un cas que dans l'autre. Il n'y a pas eu préjudice financier subi par le Trésor.

Que ce système des "crédits collaborateurs" équivalents à une cassette privée octroyée pro bono aux parlementaires soit absurde ou inique, c'est possible, mais Fillon n'a pas "piqué du fric dans la caisse", il n'a pas "détourné le système à son profit". Et il a eu le scrupule de donner à cette collaboration avec sa femme la forme conventionnelle d'un salariat. Au plan politique proprement dit (hors les arguments de droit), ce n'est pas la personne de François Fillon qui est à blâmer pour un système que l'intéressé n'a pas créé.
Cher Francis,

Que certains services ne soient pas tangibles et, pour être dispensés de manière informelle, n'en soient pas moins précieux, donc rémunérables, cela ne fait pour moi aucun doute. Un petit détail semble pourtant vous échapper, ainsi qu'aux commentateurs (pour ce que j'en ai lu) : nous sommes en présence d'un homme et d'une femme qui sont unis par les liens sacrés du mariage et le mariage, tel qu'il est juré d'être respecté par les époux (et d'autant plus à l'église), donne le cadre même de l'exercice des "service intangibles dispensés de manière informelle et précieux entre tous", c'est le cadre même précisément parce qu'il s'extrait totalement de la sphère de la rémunération. Ou bien les époux devraient-ils se jurer fidélité, secours et assistance mutuelle... à hauteur de 1521 euros mensuels ?


Cette tartufionne de Pénélope s'est complu à donner d'elle l'image d'une femme au foyer élevant ses enfants, n'exerçant aucune activité professionnelle et ne se mêlant pas de politique et son tartufion de mari nous explique à présent qu'elle a travaillé pour lui, mais pas vraiment, de toute façon c'est légal, elle l'a soutenu moralement, a corrigé ses discours, ouvert son courrier et reçu les fâcheux à sa place, en somme elle lui a prêté secours et assistance, en excellent épouse au foyer qu'elle a juré d'être devant Dieu et les hommes, c'est-à-dire par définition en tout désintéressement, et non en future "collaboratrice", d'ailleurs incapable d'en assumer le titre. Tiens, j'aime encore mieux le couple Balkany.

"Pénélope Fillon n'aurait-elle pas pu remplir toutes ces tâches sans être rémunérée ? Si, sans doute. Mais en France, la loi autorise les parlementaires à salarier leurs proches." Amen. Voilà toute la morale boutiquière de ce M. Goyet.

1521 euros mensuels : tel est le tarif du mariage pour ce couple de tartufions.
@Trystan
@Eric

D'accord avec vous.

Pénélope Fillon est diplômée, c'est une femme mûre, intelligente, "libre", qui a passé l'essentiel de sa carrière professionnelle à travailler pour le député Fillon - question : pourquoi ne s'exprime-t-elle pas ?, car c'est bien elle qui est au centre de cette affaire, non ? On aimerait l'entendre parler de son activité professionnelle, de ses projets, etc. Que je sache, Mme Fillon ne vit pas au Qatar... Ici les femmes ont le droit de s'exprimer, et plus encore si ça leur chante (les hommes en savent quelque chose).
» La marge de manoeuvre dans la défense de Fillon contre ce qui lui est reproché est considérable

Tant que ça, d'après vous ? Il m'apparaît pour ma part plus probable qu'on ne puisse en principe survivre à une telle tentative d'assassinat politique, même si on parvient in extremis à s'en tirer "légalement" : la tache, la suspicion, la décrédibilisation qui s'ensuivent sont trop lourdes à porter...
Cher Thomas,

Tartufillon et Tartufillonne, je veux bien. M. Fillon risque, si j'en crois ce qu'on lit, une peine de prison ferme, une amende de plusieurs centaines de milliers d'euros, l'inéligibilité, etc. après que le Parquet Financier s'est autosaisi des griefs dont le Canard Enchaîné lui a dressé la liste.

Cela est très inquiétant pour l'avenir de ce pays. Voilà un bras judiciaire – le Parquet Financier – créé par le pouvoir exécutif en place qui inquiète et menace de prison un élu du peuple qui n'a strictement rien à se reprocher hormis son hypocrisie. Dans une démocratie, dans un état de droit, on ne jette pas les gens en prison parce qu'ils sont hypocrites.

Si une part importante des "crédits collaborateurs" versés à cet élu a finalement servi, par le truchement des services rendus par Mme Fillon à M. Fillon, à régler des factures de réparation de la toiture du manoir ou à celui des notes du vétérinaire qui s'est occupé du Dobermann de la famille, la démocratie n'est pas en danger pour autant ; en revanche lorsque un pouvoir exécutif très menacé par des élections imminentes inquiète, tourmente, accable et traîne dans la boue un candidat à son remplacement par le moyen d'une officine qu'il a créée à cet effet, et avec l'aide de journalistes à sa solde, on se rapproche du régime des colonels grecs dans les années 70, ou de celui de la junte birmane ; l'hypocrisie de ce pouvoir est infiniment plus dangereuse, par les menées qu'elle inspire, pour l'ensemble des Français que celle de ce couple qui, s'agissant des fonds publics affectés à ce parlementaire, n'est jamais sorti du cadre réglementaire.

Voilà la considération politique que je vous soumets puisque vous m'invitez à me pencher sur les implications politiques du penelopegate.
Je me souviens d'une collègue interprète "de contact", accompagnant des hommes d'affaires en Asie du Sud-Est. Elle exigeait que tout déjeuner pris avec ces hommes et leurs collaborateurs ou partenaires commerciaux lui soit rémunéré en heures de travail. On lui objectait qu'en aucun cas elle n'aurait à travailler pendant le déjeuner. A cela elle rétorquait qu'être obligée d'entendre leurs propos d'affaires, d'avoir ça dans les oreilles, d'avoir à figurer là au lieu d'être ailleurs à s'occuper de soi, faisait partie du travail, quand bien même elle n'aurait pas à ouvrir la bouche pendant ces repas autrement que pour y enfourner des rouleaux de printemps et des lampées de soupe au nid d'hirondelle payés par les dits hommes d'affaires. Elle avait raison.

Ne rien faire d'autre que de se remplir la panse en échangeant un vague sourire de temps en temps avec des blaireaux assommants de politicarderies de province est un boulot, un taf écrasant. Si la brave Penelope Fillon a dû, la malheureuse, siéger dans des agapes berrichonnes finissant à trois heures et demi de l'après-midi où on se tartine des rillettes du Mans avec M. Larchet pour partenaire de fourchette, il faut l'admettre, 7000 euros par mois, c'est pas cher payé.
Mme Fillon a coûté cher à M. Fillon, qui l'a rémunérée directement sur une allocation versée à tous les parlementaires.

Voyons ce que Mme Trierweiler a coûté d'argent, non pas à M. Hollande, mais à l'ensemble des Français, dans l'année 2013 :

Valérie Trierweiler a coûté un demi-million d'euros à l'Etat en 2013
Par Jordan Grevet Le 15 juillet 2014

Un nouveau rapport de la Cour des comptes détaille les dépenses réalisées l'an dernier par Valérie Trierweiler et révèle que l'ex-première dame a coûté près de 500.000 euros à l'Etat en 2013.

Combien coûte à l'Etat la première dame de France ? Voilà une question épineuse à laquelle avait répondu l'an dernier un rapport établi par les services du Premier ministre de l'époque, Jean-Marc Ayrault. Un rapport qui stipulait que Valérie Trierweiler, alors compagne de François Hollande, générait environ 20.000 euros de dépenses par mois, bien moins que les 35.000 euros mensuels que coûtait celle qui lui avait précédé, Carla Bruni-Sarkozy. Aujourd'hui, un nouveau rapport vient faire toute la lumière sur les dépenses engendrées par Valérie Trierweiler lorsque celle-ci était première dame de France. Et les chiffres sont un peu plus vertigineux que ceux révélés précédemment...
Collaborateurs, officiers, bureaux...

Dans son "rapport sur les comptes et la gestion des services de la présidence de la République" pour l'année 2013, dont le site de L'Express se fait l'écho, la Cour de comptes consacre une partie de son bilan aux "dépenses liées à Mme Valérie Trierweiler". On y apprend notamment que la journaliste de Paris Match, qui s'est séparée de François Hollande après les révélations de Closer sur la liaison entre le président de la République et Julie Gayet, avait à sa disposition cinq collaborateurs, dont la rémunération totale s'est élevée à 396.000 euros brut au cours de l'année écoulée.

En outre, l'ex-première dame bénéficiait également de "quatre officiers du groupement de sécurité de la présidence de la République (GSPR)" qui étaient chargés d'assurer sa sécurité, toujours selon le rapport de la Cour des comptes. En 2013, Valérie Trierweiler a également engendré 85.000 euros de dépenses pour ses déplacements "dans le cadre d'activités de représentation et de soutien à des opérations à caractère humanitaire". Enfin, l'ex-première dame jouissait également "au rez-de-chaussée de l'Hôtel d'Evreux de six bureaux et du salon des Fougères". Aujourd'hui redevenue une citoyenne comme les autres, Valérie Trierweiler a dû dire adieu à ses privilèges : elle n'est même plus sous protection policière !
Cher Francis,

Je n'ai pas eu l'impression de vous inviter à vous pencher sur les implications politiques du penelopegate mais plutôt sur la duplicité argumentative de M. Fillion et de ses amis et, plus précisément, sur la question de l'assistance mutuelle et désintéressée que des époux peuvent être amenés à avoir l'un pour l'autre. Sur cette question de l'engagement moral lié aux sacrements du mariage, qui plus est de la part de représentants affirmés du conservatisme, je ne vois toujours pas de réponse. Mme Fillion, en tant qu'épouse qui se prétendait dégagée de toute existence professionnelle, ne peut en rien être comparée à votre collègue interprète avec qui je suis entièrement d'accord.

Que M. Fillion ne soit jamais sorti du cadre réglementaire, c'est un fait. Mais qu'il soit entré de plein pied dans le cadre moral, ce qui lui a valu sa victoire aux primaires, c'en est un également. Quand on se sert comme il l'a fait du cadre moral, on ne peut pas se permettre de mentir, comme l'a fait sa femme, sans courir le risque de choquer les électeurs. Voyez Marine Le Pen, elle aussi se coltine une casserole d'emploi plus ou moins fictif mais tous les efforts des journalistes sur ce thème ne parviennent pas à faire prendre cette mayonnaise. Pour quelle raison ? Parce que son sujet n'est pas la morale mais l'identité française. Mais que, demain, en tout respect du cadre réglementaire, elle commette un impair dans ce domaine de l'identité française, elle sera lâchée par son électorat.

Cela dit, je suis bien de votre avis en ce qui concerne les méthodes abjectes qui accablent le couple Fillion et quand, dans la rue, je lis un titre de Libé : "Fillion, Laisse béton", légendé d'une injonction faite au candidat de se retirer, je ne peux que reprendre le "trop c'est trop" du même candidat. Je ne m'avancerais pas, cependant, pour décider d'où viennent précisément les coups. Officines liées au pouvoir en place ? Vengeance venue de la droite ? Je ne suis pas dans le secret des Dieux.

Quoi qu'il en soit, nous savons tous que ces élections sont les plus pourries et les plus dangereuses de la cinquième république. Nous n'avons pas encore tout vu.
Cher Alain,

L'enquête qui vise M. Fillon ne peut déboucher que sur un non-lieu, qui interviendra bien entendu après les élections présidentielles. En revanche il n'est pas exclu que Marc Ladreit de Lacharrière "tombe" pour abus de biens sociaux dans le volet La Revue des Deux Mondes.

Il y aura non-lieu pour M. Fillon parce que le Parquet national financier n'avait pas lieu de s'autosaisir en l'absence de toute irrégularité. Le parlementaire Fillon emploie qui il veut et comme il le juge utile à sa fonction. S'il avait besoin que Penelope Fillon soit présente en certaines circonstances sociales et politiques sans avoir à faire quoi que ce soit d'autre que d'écouter et de sourire, le Parquet financier n'a rien à dire, rien à faire et surtout pas à inquiéter cet élu, candidat très bien placé dans la course à la présidentielle. Que Penelope Fillon soit l'épouse de François Fillon n'a aucune espèce d'incidence : ce pourrait être un ami d'enfance ou un copain de régiment.

Je rappelle que M. Hollande a nommé la mère de ses enfants à un poste ministériel clé pour lequel elle n'a jamais brillé par ses compétences ni son action originale. Je rappelle aussi que Ségolène Royal a perdu toutes les élections où elle s'est présentée ces cinq dernières années. Un livre a été écrit sur le sujet.

Je rappelle aussi que M. Hollande a nommé Michel Sapin à Bercy, ce dernier étant littéralement un copain de régiment du président, et qu'il n'a pas particulièrement brillé dans ses efforts pour réduire la dette du Pays ou atteindre les objectifs de croissance annoncés.

Je ne rappellerai pas l'affaire du coiffeur du président, ni celle de Valérie Trierwieler qui a coûté en seize mois au contribuable français autant que Mme Fillon à M. Fillon en 30 années de collaboration.
Tout ce que vous écrivez, Francis, est vrai, archi-vrai en droit, tout comme, en droit M. Hollande n'a transgressé aucune règle en nommant des incapables au gouvernement. Il a très mal agi mais dans la légalité. Aucune règle n'impose de nommer des ministres compétents ni ne prévoit le salaire d'un coiffeur qui a bel et bien coiffé. Quant à la fonction de "première dame", elle n'existe pas officiellement, il est donc impossible de transgresser la moindre règle. Dans tous les cas, il s'agit d'une gestion calamiteuse des deniers publics, sanctionnée par l'impopularité de Hollande et son retrait de la présidentielle.

Ce qu'à très juste titre vous reprochez à M. Hollande, et je suis évidemment tout prêt à vous suivre, l'est en vertu d'un jugement personnel, non pas en vertu d'une règle transgressée alors permettez-moi d'en faire de même pour le couple Fillion. Je ne dis pas que ces deux tartufes ont transgressé la loi, je dis qu'ils ont mal agi et que, s'agissant de personnes qui se présentent comme les parangons de la moralité, le fait que Penelope Fillon soit l'épouse de François Fillon a une importance primordiale quant au jugement qu'on peut se former de leurs actes.
Je vous rejoins sur l'idée développée dans ce dernier message Thomas, qui touche à la moralité de la vie publique.

Mais vous me paraissez perdre de vue l'essentiel : "l'affaire Fillon" a pris dans le débat public l'ampleur que vous savez, et la condamnation morale et politique des intéressés s'est aggravée au point de compromettre la candidature Fillon à la présidentielle parce que le Parquet financier a été saisi, avec tout le raffût médiatique que cette saisine a causé. Or le Parquet financier n'avait aucunement lieu de s'autosaisir car la notion d'emploi fictif est inapplicable à la fonction d'attaché parlementaire dès lors que l'entité susceptible d'être lésée par ledit emploi fictif (le parlementaire lui-même et non l'Etat ou une collectivité publique) soutient que l'emploi fut réel et utile à sa fonction. Si pareil système peut être considéré comme inique (le parlementaire employeur étant partie aux services dont il juge et témoigne de l'effectivité), c'est le pouvoir législatif qui doit en être saisi en vue de l'amender et en aucun cas ce doit être le Parquet financier en autosaisine contre un individu sur information du pouvoir médiatique et/ou instigation de l'exécutif.

La condamnation morale et politique de l'élu Fillon, candidat favori aux élections présidentielles imminentes, aussi légitime soit-elle quant au fond, a été suscitée par une saisine du Parquet financier en soi abusive et très vraisemblablement commanditée par l'exécutif qui a créé ce Parquet. Voilà à mes yeux où réside le scandale de l'affaire Fillon.
Nous sommes bien d'accord, cette affaire est puante, de quelque endroit qu'on y mette le nez. Ensuite, c'est affaire de sensibilité olfactive. Pour ma part, je fronce un peu plus les narines à ce M. Fillon si respectueux des règles qu'il déclare son cabinet de consulting 11 jours avant son élection à Paris en 2012, le consulting, source potentielle de conflits d’intérêts, étant interdit à tout député qui n'aurait pas commencé cette activité avant le début de son mandat. Comme on dit en banlieue : respect ! Quant à la vraie-fausse femme au foyer, le parfum qu'elle distille échoue à m'enivrer si, de surcroît, il faut maintenant la considérer comme victime.

Et puis leur bêtise m'afflige. M. Fillion fait commerce de conseils et il ne s'est pas douté un seul instant que certaines circonstances de sa vie pourraient à merveille prêter le flanc à de très mal-intentionnées "officines", sinon inspirer de solides rancunes dans son propre cercle, et il n'a rien fait pour anticiper le coup. Non. Ratatiné dans son "respect des règles", il s'est complu au spectacle flatteur de sa femme dans le rôle d'une... Pénélope nouvelle version, brodant la nuit sa tapisserie de "collaboratrice" discrète et la défaisant le jour pour l'édification des manants de Sablé-sur-Sarthe. Mais cette fois, les prétendants ne l'ont pas entendu de cette oreille. Ils ne sentent pas très bon eux non plus, mais, au moins, ils l'emportent par la clarté de leurs objectifs.
L’ennui, pour les faux Saint Just de cette violente attaque, est que ce métier, ou plutôt cet emploi d’assistant parlementaire, n’est pas codifié : pas d’horaire minimal, pas de tâches obligatoires, pas de méthode, pas de lieu d’exercice imposés par quelque texte que ce soit. C'est injuste, c'est insupportable, mais c'est comme ça.

Nous passerons sur le fait que M. Fillon a été un acteur de la vie politique française en ayant été député, sénateur, ministre et Premier ministre, et qu’il a, de facto, endossé à ce titre la responsabilité des politiques qui ont mené notre pays au chaos. Et rien dans ses déclarations récentes ne permet de déceler un quelconque changement.

Et pourquoi taire la présence aux côtés de monsieur Fillon de monsieur de Castries, président en Europe du puissant groupe Bilderberg qui constitue, avec la Commission trilatérale, l’une des plus puissantes officines de destruction des nations participant à l’instauration du Nouvel Ordre mondial (Mr. de Castries a succédé dans le temps à Marc Ladreit de Lacharrière, ancien directeur de la Revue des deux mondes, cofondateur de SOS Racisme, lequel a rémunéré madame Fillon 100.000 euros pour deux piges) ?
» Mais vous me paraissez perdre de vue l'essentiel : "l'affaire Fillon" a pris dans le débat public l'ampleur que vous savez, et la condamnation morale et politique des intéressés s'est aggravée au point de compromettre la candidature Fillon à la présidentielle parce que le Parquet financier a été saisi, avec tout le raffût médiatique que cette saisine a causé. Or le Parquet financier n'avait aucunement lieu de s'autosaisir car la notion d'emploi fictif est inapplicable à la fonction d'attaché parlementaire dès lors que l'entité susceptible d'être lésée par ledit emploi fictif (le parlementaire lui-même et non l'Etat ou une collectivité publique) soutient que l'emploi fut réel et utile à sa fonction

Francis, s'il est objectivement établi qu'une personne a été rémunérée comme attaché parlementaire sans avoir fourni le moindre travail à cet effet, cela ne constitue-t-il pas un délit d'emploi fictif et ne tombe-t-il donc sous le coup de la loi, quoi que dise d'autre part le parlementaire en question, car il peut mentir (surtout si l'"attaché" putatif a lui-même confirmé qu'il ne fournissait en l'occurrence aucun travail de cette sorte) ?
J'ai l’impression que la réponse à cette question est possiblement positive ?...

Ce qui nous conduit au premier point : après de telles "révélations", dans le contexte politique actuel où l'intéressé est candidat favori à une élection présidentielle, il était absolument impossible de ne pas ouvrir une enquête, pour tirer cette affaire au clair autant que possible, compte tenu justement du considérable flou juridique régnant là. Je crois que ce sont Fillon et ses proches eux-mêmes qui la souhaitaient au premier chef, cette enquête...
Francis, s'il est objectivement établi qu'une personne a été rémunérée comme attaché parlementaire sans avoir fourni le moindre travail à cet effet, cela ne constitue-t-il pas un délit d'emploi fictif et ne tombe-t-il donc sous le coup de la loi, quoi que dise d'autre part le parlementaire en question, car il peut mentir (surtout si l'"attaché" putatif a lui-même confirmé qu'il ne fournissait en l'occurrence aucun travail de cette sorte) ?

La réponse à cette question est négative. Encore une fois, l'employeur n'est pas l'Etat mais le parlementaire. Or si celui-ci juge utile des prestations intangibles (écoute, conseils stratégiques, présence, témoignage) lors même qu'aucune trace écrite ne subsiste, il y a bien eu prestation dont l'utilité, jugée telle par l'employeur, est incontestable.

Si mon neveu est un bon joueur d'échecs et qu'il vienne chez moi tous les vendredis après-midi m'enseigner cet art, sans en laisser la moindre trace écrite, j'ai le droit de le rémunérer à ma guise, l'argent de cette rémunération fût-il pris à une allocation "d'assistance à la personne". Il n'est d'emploi fictif que signalé comme tel par l'instance lésée, qui, dans ce cas, ne pourrait être que le parlementaire lui-même, et non l'Etat.

Encore une fois, la différence est déterminante entre emploi public fictif et assistance privée dont l'effectivité est laissée à l'appréciation de son bénéficiaire. Si je perçois une allocation généreuse de l'Etat – comme en France les anciens chefs d'Etat, Giscard, Chirac – j'ai le droit d'en affecter la somme comme il me convient : j'emploierai une personne dont la tâche consistera à laver les sols et faire les vitres : 2500 euros, une autre qui sera mon chauffeur, me fera les courses et la cuisine pour 2500 euros, et enfin mon jeune neveu Thomas Rotomago qui tous les vendredi viendra me faire la lecture, dans la pénombre du grand salon du château, des Mémoires d'Outre-Tombe, des pages délicieuses d'Ernest Daudet sur le comportement héroïque de la duchesse d'Angoulême pendant les Cent Jours, etc., que je rémunèrerai 5000 euros par mois, avec fiches de salaire.

Si je reçois un beau matin du papier timbré du Parquet ou des juristes de Bercy qui, sur dénonciation de la presse, m'avisent que Thomas Rotomago bénéficie d'un emploi fictif, ma réponse sera sans appel : ALLEZ VOUS FAIRE F*UTRE !

Si, en revanche, je suis l'adjoint au maire d'une grande ville de province, en charge de la culture et que j'engage, sur le budget municipal, Thomas Rotomago, 5000 euros par mois, comme chargé de mission afin qu'il produise, en deux ans, un mémoire sur "La survivance du mythe de Catherine Ségurane en pays niçois aux XIXe et au XXe siècle", pour servir à un projet d'exposition à la médiathèque de la ville en 2020, et qu'au bout des deux ans Thomas, que l'on voit l'hiver skier à Courchevel et draguer de jeunes skieuses suédoises à la terrasse des neiges un verre de mojito à la main et l'été participer à des rallyes moto endiablés en Thaïlande, n'a strictement rien produit, aucune page écrite, et se montre injoignable, alors, oui, si le Parquet m'écrit sur lettre à en-tête en m'invitant à m'expliquer à la cellule idoine, je prendrai la poudre d'escampette aussi sec, à la Barbabe ou à Sainte-Lucie, où j'aurai pris soin d'engranger suffisamment de thunes pendant mes mandats successifs, et où je devrai séjourner trois ou quatre ans, le temps de me faire oublier.

Vous comprenez la différence qui distingue ces deux études de cas ainsi esquissées, cher Alain ?
Royal brings back her strawberry.

"S'il y a misogynie, c'est plutôt de la part de ceux qui l'ont impliquée dans un mécanisme au courant duquel elle n'était pas. Ça me paraît particulièrement grave pour la dignité d'une mère de famille".

Royal brings back her strawberry.
Mme Fillon est attaquée en tant que femme, pire en tant que mère ! Bon d'accord c'est un argument qu'elle recycle en toute occasion mais quand même c'est très grave . Penny est victime de misogynie... de la part de son mari (qui d'autre l'aurait impliquée ?) !

Ce n'est pas gentil pour Fillon qui avait pourtant fait de la lutte contre les "violences faites aux femmes " un point fort de son programme en y intégrant les fausses statistiques rabâchées par les officines féministes.
» Il n'est d'emploi fictif que signalé comme tel par l'instance lésée, qui, dans ce cas, ne pourrait être que le parlementaire lui-même, et non l'Etat.

Cela m'étonne vraiment beaucoup, c'est comme si l'existence même du délit ne pouvait être qualifiée que par l'une des parties, et non par la loi : or la loi doit bien dire quelque chose à ce sujet, doit bien caractériser les cas de figures possibles où un délit aurait été commis, indépendamment de ce qu'en disent les parties, qui peuvent être de mèche, ou même mariés, tiens, aussi varié que puisse être l'emploi en question.
Il doit bien y avoir une définition juridique générique de l'"emploi fictif" qui s'applique aussi à l'emploi d'attaché parlementaire, et qui prenne en compte la possibilité de la mauvaise foi du parlementaire lui-même, autrement l'instance juridique chargée de l'affaire ne connaîtrait pas elle-même la loi concernant ce sur quoi elle doit statuer, ce qui est quand même un peu difficile à avaler, malgré tout...

Bref, l'avis d'un juriste serait là précieux, qui pourrait nous éclairer sur ce point...
Thomas... n'a strictement rien produit, aucune page écrite, et se montre injoignable

Allons donc, Thomas est bien trop malin pour ne rien faire du tout. Il vous torchera, vite fait, un petit rapport bien saupoudré de wikipédisme, tout embrouillardé de psychobabble dont aucun tribunal ne pourra affirmer qu'il ne s'agit pas de considérations visionnaires etc...

Quant à Mme Fillon, en corrigeant ne serait-ce qu'une faute d'orthographe de son mari*, elle pouvait sauver sa réputation, le faire élire même par un un peuple qu'on sait si attaché à sa vieille langue :) La "bravitude" de Royal n'a t-elle pas contribué à sa défaite électorale ?


* Je sais, elle est anglaise mais admettons.
À titre d'exemple, voici un extrait d'un article de journal (Libé, peu importe, tous disent la même chose) concernant l'affaire :

« Le fait d’embaucher des proches - conjoints ou enfants par exemple - comme collaborateurs à l’Assemblée ou au Sénat n’est pas interdit pour les parlementaires, à condition que ce ne soit pas un emploi fictif »

S'il y a un interdit, c'est donc bien qu'il existe un texte de loi qui décrit et qualifie l'infraction, laquelle infraction ne peut être laissée entièrement à l'estimation du parlementaire — ce que vous prétendez — puisque c'est précisément ce qu'en l’occurrence la loi lui interdit : d'employer fictivement, ce qui nécessairement implique qu'il raconte en effet n'importe quoi à ce sujet.

Vous comprenez que s'il n'y avait aucun moyen de prouver d'une façon ou d'une autre qu'un délit d’emploi fictif a été commis, indépendamment de ce qu'en peut bien dire le parlementaire, la notion d'interdit sus-citée n'aurait strictement aucun sens, non plus que la loi qui le formule, et qu'elle n'aurait vraiment d'autre utilité que de lui permettre ce qu'expressément elle lui interdit.
Tout de même...
à condition que ce ne soit pas un emploi fictif

Comme je le disais plus haut, le simple fait de noter des rdv sur un agenda peut accréditer la réalité de l'emploi.
Il faudrait que l'employé ne fasse strictement rien du tout pour que l'emploi puisse être déclaré fictif. Quant à l'obligation d'être "attaché" à l'employeur elle est en l'occurence commune à l'épouse et l'attachée...

Si j'étais populiste, (ce qu'à Dieu ne plaise), je me dirais que les députés sont moins pressés de combler les vides juridiques dont ils profitent. Ce qui expliquerait qu'après tout, Mr Fillon n'a peut-être commis aucun délit.
Abbiamo capito, cher Francis.

Mais supposez que votre neveu de fantaisie se soit fait connaître du public précisément par son éloignement de toute espèce de littérature, que ce soit sa marque de fabrique médiatique, qu'il soit aux yeux de tous celui qui, de sa vie, n'a jamais ouvert un livre et que, de cette circonstance, son oncle, c'est-à-dire vous, ait tiré un avantage dans sa carrière (je dis ça, je dis rien...)
» Comme je le disais plus haut, le simple fait de noter des rdv sur un agenda peut accréditer la réalité de l'emploi.

Soit. Une enquête ne pourrait-elle seulement démontrer qu'en l'occurrence la dame ne faisait presque rien, au regard de ce que fait l'attaché moyen, par exemple (beaucoup se sont du reste exprimés en clamant le caractère rien moins qu'intangible de leurs prestations), et attester quelque bien-fondé des accusations, sinon aboutir à une inculpation ?
Ce serait déjà une raison suffisante pour l'avoir ouverte in the first place...
Prouver la fictivité d'un emploi revient à prouver une assertion négative ("il/elle n'a rien fait d'utile"). C'est tout simplement impossible, en logique, on ne peut prouver que quelque chose n'est pas. (Richard Dawkins : "personne, aucun scientifique ne peut prouver que mâcher du chewing-gum NE cause PAS la maladie de la vache folle")

Ne rien faire ni produire de tangible ne suffit pas à prouver que l'emploi a été fictif (professions d'écoute, psychologues "alternatifs", accompagnateurs de personnes seules, l'interprète qui ne travaille pas dans les déjeuners mais qui se fait compter ces heures comme ouvrées pour devoir y subir des conversations, etc.).

Que fait un moniteur de tennis, un professeur de jeu d'échecs, et même un professeur de guitare ou de piano ? quelle trace tangible subsiste-t-il de son passage sur le cour de tennis ou dans le salon du particulier qui a requis ses services ? Strictement aucune. Le seul élément qui atteste qu'il n'a pas occupé un emploi fictif est le temoignage du bénéficiaire de ses services. Contre ce témoignage, rien de vaut, aucune enquête d'agent extérieur à la relation employeur/employé.
Tiens, ça me rappelle un "mot" adressé aux parents par un directeur d'école primaire à propos de la découverte de poux dans les têtes des bambins. La mise en garde se terminait par une menace burlesque : "les parents qui seront surpris à ne pas traiter leurs enfants seront convoqués."
De manière générale gravitent autour des présidents de la République et des ministres français des myriades de "conseillers" à qui l'on pourrait reprocher un emploi fictif. Certains le sont, pour d'autres c'est plus discutable, et ce qui doit les départager n'est certainement la masse des documents (notes verbales ou autres) produits par les uns qui les légitimeraient par rapport à ceux qui en produisent moins ou pas du tout. Je crois bien que plus le conseiller est proche du décideur, et plus il est censé lui être utile, moins il produit de paperasse. A moindre échelle, cette loi doit être la même pour le parlementaire et ses assistants.

Les vrais jean-foutre de l'Administration se reconnaissent à leur manière de transporter sur les bras, nonchalamment mais bien en évidence, comme on le ferait d'un nourrisson, un gros kilo de dossiers dans les conversations de couloir. Certaines femmes sont expertes à cela.
» Prouver la fictivité d'un emploi revient à prouver une assertion négative ("il/elle n'a rien fait d'utile"). C'est tout simplement impossible, en logique, on ne peut prouver que quelque chose n'est pas

Dans ce cas on ne pourrait jamais être reconnu innocent aux yeux de la loi, parce que n'ayant pas commis ce dont on était accusé.
Franchement, je ne vois aucune différence pratique entre l'administration de la preuve d'innocence par défaut d'acte, que la preuve de culpabilité.
Or des gens sont bel et bien acquittés, dans tous les systèmes judiciaires du monde...
La preuve d'innocence par défaut d'acte s'appelle l'alibi : on peut prouver son absence des lieux du crime en prouvant sa présence ailleurs à ce moment. Le défaut d'acte (le négatif de l'acte criminel) est alors prouvé par une présence (positive) ailleurs à l'heure où le crime a été perpétré. Mais in fine c'est bien un positif (la présence ailleurs) qui doit être établi, dûment attesté, et la négativité n'est alors que déduite de cette positivité.

Je soutiens qu'il est impossible de prouver que quelqu'un n'a pas fait son possible pour se rendre utile à la carrière d'un parlementaire. La chose pourrait éventuellement se prouver si, par exemple, la femme Fillon avait été séparée de son mari, installée en pays étranger, loin des lieux fréquentés par son mari parlementaire (nous aurions là comme un contre-alibi, une preuve à charge). Dès lors qu'elle fut présente à ses côtés pendant toute sa carrière, la négativité est impossible à prouver.

La mauvaise foi publique dans laquelle barbote cette affaire est scandaleuse : ce soir sur la chaîne TV public "la 5", Mme Eva Joly, souligne que le chafouin Fillon, le vil Fillon, s'est empressé de mettre fin à la qualité d'assistante parlementaire de sa femme dès que la "loi sur la transparence des emplois d'attaché parlementaire" a été promulguée en 2012, "grâce aux lièvres levés par Médiapart" s'empresse d'ajouter fièrement et doublement satisfaite la journaliste de cet organe. En clair, elles reprochent à Fillon rien moins que d'avoir régularisé sa situation ! La preuve que Fillon est coupable, qu'il est un filou indigne : il a régularisé sa situation sitôt que la loi l'a exigé !

Nous sommes en plein Kafka les amis.
Intéressante analyse d'un certain Régis Desmarais, contributeur à... Médiapatr

''Les masques tombent : l'affaire François Fillon se révèle être un véritable assassinat politique, mené tambour battant et avec une efficacité redoutable. Pourtant, un léger recul permet de voir cette affaire d'une façon différente et instructive. Ce qui se passe n'est rien de moins que la révélation des simulacres dans lesquels nos démocraties ont sombré.

Ce matin, sur France Info, un journaliste s’indignait de la réaction de ceux qui critiquent la charge médiatique sur François Fillon en vociférant (enfin presque) « mais on fait notre travail de journaliste ! ». Cette proclamation « On fait notre travail de journaliste » m’a laissé rêveur quand on songe à ce que nous dit, en creux, cette affaire Fillon sur le mode de fonctionnement de notre démocratie.

Pour décrypter et comprendre ce que cache l’affaire Fillon, il convient évidemment de s’abstraire du tumulte médiatique pour poser à plat les données de cette affaire, en apprécier la portée, voir les mécanismes de pouvoir en jeu et essayer d’identifier qui sera bénéficiaire de tout ce brouhaha médiatique.

Que se passe-t-il dans la maison Fillon ? La révélation, au moment où François Fillon est devenu le candidat de la droite à l’élection présidentielle française, d’une pratique commune dans le microcosme politique : rémunérer ses proches à des postes laissés à discrétion de l’élu.

La rémunération de Pénélope Fillon par François Fillon

M. Fillon a ainsi rémunéré sa femme sur un poste d’attaché parlementaire. Sur ce sujet, rien de neuf dans le monde politique. La plupart des élus, si ce n’est la totalité, emploient des proches sur des postes directement rattachés à l’exercice de leur mandat électif : la femme, l’époux, les enfants, la maitresse ou l’amant et parfois d’autres parents, sont rémunérés sur des postes d’attaché parlementaire. La pratique est courante, non interdite par la loi et connue de la presse depuis des lustres. C’est légal, mais évidemment moralement douteux dans un pays où tant de gens sont au chômage et où on invoque à tout bout de champ la nécessité de faire ses preuves. Certains, dans notre République, bénéficient de piston, de rente de situation en étant les parents ou ami(e)s intimes d’un élu. C’est triste mais ce n’est affreusement pas nouveau.

Ce que l’on peut reprocher à François Fillon sur ce point, c’est d’avoir été comme les autres élus, ni plus, ni moins vertueux. Or, on attend d’un candidat à la présidence de la République une droiture certaine et une exemplarité de fait. Bon, ça c’est dans un monde idéal. Dans nos démocraties du 21ème siècle, la droiture et la moralité sont en dose limitée dans le sang du politique. En somme, sur la question du principe de la rémunération de Pénélope Fillon par François Fillon, il est difficile de faire les vierges effarouchées qui découvrent comment on fait des enfants sauf à avoir une sacré dose d’hypocrisie.

Un autre argument est abondamment déversé par la presse afin d’effarer le citoyen électeur : le montant des salaires versés.

Des salaires pharamineux perçus par Mme Fillon ?

Les parlementaires rémunèrent leurs collaborateurs en puisant dans une enveloppe mise à leur disposition par les institutions. Le montant mensuel de cette enveloppe est de 9 561 euros (si l’Assemblée Nationale est en charge de la gestion du contrat de travail et paye les charges sociales) ou de 14 341 euros (dans ce cas c’est l’élu qui gère le contrat de travail et qui verse lui-même les charges patronales à prélever dans cette enveloppe).

Mme Fillon a été rémunérée de 1989 à 2013 pour un montant de 830 000 euros…..bruts ! Et oui, la presse brandit ce montant proche du million d’euros en omettant de préciser que la somme est en euros bruts. En net, Mme Fillon a perçu 639 000 euros et l’Etat a récupéré 191 000 euros ! En salaire mensuel net, sur la période considérée, Mme Fillon a donc perçu 2 218,75 euros. C’est une jolie somme, mais le travail d’un attaché parlementaire correspond à un travail d’agent de catégorie A de la fonction publique et le montant du salaire net n’est pas manifestement choquant ni déraisonnable.

Les salaires perçus par Mme Fillon sont-il pharamineux ? La réponse est non et cette réponse résulte des chiffres eux-mêmes et non d’un sentiment ou d’une opinion personnelle sur ce que devrait être le salaire d’un attaché parlementaire.

Autre argument avancé pour déstabiliser la candidature de François Fillon : l’effectivité du travail réalisé par Mme Fillon.

Mme Fillon a-t-elle perçu une rémunération de complaisance ?

Une interview de Mme Fillon circule dans laquelle elle dit qu’elle n’avait pas travaillé pour son mari. Là, c’est désastreux. Ou bien Mme Fillon a perçu 2 218,75 euros nets par mois pour un travail effectif ou bien elle a perçu cet argent sans contrepartie. Comment répondre à cette question à la place du principal et de la principale intéressée ? En essayant de suivre un raisonnement logique. Si Mme Fillon n’a pas travaillé pour son mari pendant 24 ans alors quelqu’un d’autre a exercé ces fonctions d’attaché parlementaire car il est impossible à un élu national d’exercer son mandat électif sans l’aide d’un attaché. Or, que pouvons-nous observer ? Un grand silence de la presse à ce sujet. Personne ne nous dit qui a réellement travaillé et surtout qui a travaillé pendant 24 ans pour les beaux yeux de François Fillon, c'est-à-dire gratuitement puisque l’enveloppe réservée à la rémunération de l’attaché parlementaire de M. Fillon servait à rémunérer une femme qui ne faisait rien.

Vous connaissez beaucoup de gens qui travaillent pendant 24 ans sans percevoir de salaire ? Moi non. La logique veut que Mme Fillon ait bel et bien travaillé pour son mari. Alors cette interview ? Rappelons que cette interview a été sortie de son contexte, est ancienne et est l’interview d’une femme qui ne considérait sans doute pas que travailler pour son mari était un travail classique, voire un travail tout court. Je ne vais pas écrire que le couple Fillon est innocent et que le travail a été effectif en l’absence de preuves matérielles mais le bon sens et la logique doivent nous interpeller et nous conduire à poser les bonnes questions. Qui aurait alors travaillé pendant 24 ans sans rémunération pour François Fillon ? Personne assurément. De fait, Mme Fillon n’est certainement pas restée inerte pendant toute cette période. Avant de hurler à la mort politique du candidat Fillon, les journalistes qui font leur travail devraient creuser cette question.

Tout ceci nous interpelle sur le contexte dans lequel surgit cette affaire…

Le contexte

François Fillon, à la différence de M. Macron, n’est pas un jeune nouveau dans le paysage politique. Il a détenu différents portefeuilles ministériels et il a été Premier ministre de Nicolas Sarkozy pendant cinq années… Cinq années au cours desquelles son épouse a perçu une rémunération d’attaché parlementaire. Etrange que la presse qui fait son travail ne se soit pas emparée de cette question à l’époque. Curieusement, ce sujet qui est un vrai sujet légitime, n’est évoqué qu’au lendemain de la primaire de la droite et à quelques mois de l’élection présidentielle. Les français et les électeurs ne sont pas des gens dénués de sens critique. Il est clair que tout ce remue ménage à un but : tuer politiquement François Fillon. Pourquoi le tuer ? Assurément pour l’empêcher d’accéder au poste de Président de la République. Pour comprendre les vrais motifs du lynchage médiatique de François Fillon, il convient de voir en quoi François Fillon se distingue des autres candidats et quel(s) autre(s) candidat(s) à l’élection présidentielle est susceptible de tirer les marrons du feu.

Sans se lancer dans une analyse approfondie du programme de François Fillon, ce qu’il conviendrait de faire pour mettre en parallèle ce programme avec celui du (des) candidat(s) avantagé(s) par cette affaire, on peut déjà identifier quelques lignes de force qui distingue François Fillon des autres : sa volonté de réforme, sa vision d’un monde multipolaire, son catholicisme affiché, sa volonté de renouer les liens avec Moscou et la Syrie, sortir le pays d’une situation d’endettement, l’idée de redonner à la France une place forte au sein de l’Union européenne. En clair, François Fillon est une « horreur » pour le système qui depuis des décennies est aux commandes. Quel est ce système : celui du monde financier dont le seul dieu est l’argent et dont le moteur est la consommation des masses sans cesse développée grâce à l’endettement. Système dont le rêve est celui d’un monde globalisé où les populations se distinguent par leur indistinction car toutes soumises au dictat de la dépense avec pour finalité à l’existence : consommer pour vivre et vivre pour s’endetter. Je sais, je force le trait mais il n’est pas nécessaire de trop appuyer le feutre sur le papier pour le forcer.

Dans cette affaire, François Fillon a eu le tort de ne pas être le candidat du système en place. Les électeurs de la primaire ont placé en tête de leur choix un candidat qui ne satisfaisait pas aux critères du système. Or, vous le savez bien, qui a l’argent possède le pouvoir. Dans un monde ou plus de 99% des richesses planétaires sont entre les mains de 1% de la population mondiale, il est hors de question que la démocratie, qui par nature est la loi de la majorité donc des moins fortunée, laisse passer des candidats qui ne sont pas autorisés et souhaités par le système. Ce que les électeurs citoyens doivent comprendre dans cette affaire, c’est que nos démocraties contemporaines sont des simulacres. Oui, on choisit les candidats puis celui qui occupe la fonction suprême mais à la condition que ces candidats soient validés et pré-filtrés par le système lequel est le système financier et le lieu de pouvoir de ces 1% de la population qui possède plus de 99% de la richesse mondiale (8 personnes au monde possèdent même en patrimoine ce que possède la moitié de la population planétaire la plus pauvre cela donne le vertige et permet de comprendre que nos démocraties sont aujourd’hui des simulacres).

La désignation inattendue de Fillon par les électeurs de la primaire a coupé l’herbe sous le pied de ceux qui attendaient la désignation d’Alain Juppé, un candidat en tout point conforme aux désirs du système. Il était donc nécessaire de virer Fillon et nous assistons aujourd’hui à son assassinat politique pour que ce dernier n’accède pas à la fonction présidentielle.

Cette mise à l’écart de Fillon est d’autant plus nécessaire qu’un autre beau et jeune candidat, sorti de presque nulle part, est en vogue et correspond en tout point au profil du candidat du système : Emmanuel Macron. Méditons sur le beau travail des journalistes qui laissent dans l’ombre cette fameuse histoire des 120 000 euros (80% de l’enveloppe budgétaire de représentation du ministère de l’économie) consommée par Macron avant son départ de Bercy pour financer des prestations sans lien avec le ministère de l’économie mais en très fort lien avec la préparation de sa candidature présidentielle. Sur ce sujet, mutisme de la presse. On objectera que si 120 000 euros c’est une somme, elle est toujours inférieure aux 639 000 euros de Mme Fillon, heu pardon, reprenons la méthode de désinformation des médias… les 830 000 euros de Mme Fillon. C’est moins important mais cela s’est produit sur une échelle de temps bien plus courte. Mais vu l’efficacité de la dépense de M. Macron, je vous laisse calculer ce que cela aurait représenté sur 24 ans d’activités politiques…cela donne des frissons.. M. Macron ne vient pas vraiment de nulle part mais de la banque Rothschild…eh oui M. Macron est un pur produit du système financier et du monde de l’argent. Regardons ses soutiens : Jacques Attali, Pierre Bergé ou le maire de Lyon qui récemment hurlait sa douleur existentielle en déclarant que vivre qu’avec 4 000 euros par mois était insupportable… Jamais un candidat se déclarant anti-système n’aura été un candidat à ce point issu du système et validé par ce système.

Enfin la chronologie des évènements parle de façon assez claire : le 25 janvier 2017, le Canard enchaîné publie son article sur l’affaire « Pénélope Fillon », le 26 janvier 2017, le Parquet national financier ouvre une enquête judiciaire et le lendemain plusieurs témoins sont auditionnés….il faut vite virer Fillon.

En conclusion, vous l’avez compris : la démocratie a « dérapé » en plaçant François Fillon candidat de la droite française. Le système a vite réagi pour sortir ce candidat gênant de la scène politique et tracer un boulevard à un autre candidat construit, façonné et adulé par le système. Si ce dernier candidat ne devait pas percer, alors ce n’est pas un problème car le nouveau candidat de la droite fera l’affaire car, quel qu’il soit, il sera forcement le candidat désigné de force par le système. Sauf erreur d’analyse de ma part, François Fillon va être sommé de renoncer à l’élection présidentielle pour être remplacé par un candidat cautionné par le système. Les millions d’électeurs qui se sont prononcés lors de la primaire sont donc désavoués et rappelés à l’ordre : vous deviez désigner celui qui était le favori des sondages ! Pour la première fois, jamais le simulacre de la démocratie ne se sera dévoilé avec autant de pertinence aux citoyens qui acceptent d’ouvrir les yeux et de raisonner en dehors de tout mouvement d’humeur. Un conseil, pour l’élection présidentielle, comme tout est joué d’avance, autant aller à la pêche et conserver en vous une place pour le souvenir de François Fillon, martyr du simulacre de démocratie.

(A lire aussi sur Iroc)

RD

Remarques complémentaires à l'adresse des lecteurs :

Je ne suis pas un supporter de François Fillon, ni un membre de son parti et je n'ai pas voté aux primaires de la droite.

Incontestablement, François Fillon n'est pas un homme vertueux au regard de l'argent. Mon article et mon propos n'ont pas pour objet de défendre François Fillon mais de porter un regard distancié et réfléchi sur cette affaire pour en comprendre les ressorts. L'objet de cet article n'est pas d'innocenter ou d'excuser les comportements de François Fillon mais de décrire et donner une explication de ce phénomène de lynchage médiatique.Il s'agit de prendre de la hauteur et d'échapper au tumulte.

Il est urgent pour tout citoyen de s'extirper des slogans et gros titres de la presse qui se succèdent pour s'interroger sur les vrais motifs de ce qui se passe. La naïveté serait de croire que tout de brouhaha médiatique a pour objet de défendre la morale, la droiture et la légalité. Si cela était le cas, toute cette affaire serait sorti il y a déjà bien longtemps et se cela était le cas, de nombreux autres hommes politiques devraient subir le même sort. Enfin, je ne pense pas hélas que la presse soit la gardienne farouche de la vertu républicaine et de fait je ne pense pas que sa démarche se fasse dans un tel but.

Ce qui est effarant dans cette affaire c'est le déchaînement médiatique sur François Fillon. Chaque jour nouveau est un jour de nouvelle révélation. Toute cette hystérie ne cessera que lorsque François Fillon renoncera à la campagne présidentielle car telle est le but de cet assassinat politique. Mais tout sera joué dans les prochaines 72 heures.

Après, chaque lecteur est libre de rester dans le creux de cette agitation. D'autres peuvent tenter de prendre de la distance pour analyser sereinement cette affaire et croyez moi, ce que l'on voit est effarant.
Très pertinent, en effet, quant à l'analyse du lynchage.

Mais on a tout de même du mal à adopter ce point de vue : "Dans cette affaire, François Fillon a eu le tort de ne pas être le candidat du système en place. Les électeurs de la primaire ont placé en tête de leur choix un candidat qui ne satisfaisait pas aux critères du système."

C'est oublier que cette présidentielle est complètement faussée, pour ne pas dire vérolée, par une donnée tenue pour acquise, à tort ou à raison, par tous les candidats et qui les aveugle tous : la certitude de la présence de Mme Le Pen au second tour et, par conséquent, pensent-ils, la certitude pour n'importe lequel de ses adversaires de l'emporter contre elle et plus spécialement n'importe quel candidat de droite. Tout est pensé autour de cette analyse et cette circonstance permet aux ambitions personnelles de chacun de se déchaîner, aux lynchages de s'organiser, à toutes les officines de s'activer, en dehors de toute autre considération. Si la démocratie est devenue un simulacre, c'est que, depuis 30 ans, elle s'articule sur le tabou Le Pen.
Présenter François Fillon comme candidat “anti-système”, c'est en effet fort de café, même s'il est vrai que le système aurait largement préféré Juppé. Après, que tout ce cirque soit une façon de laisser la voie libre au candidat archi-système, Emmanuel Macron, voilà qui est indéniable.
Fillon "anti-système" qui se dit prêt à accueillir des migrants dans sa ville s'il était maire, Fillon "anti-système" qui tape régulièrement sur le FN, qui ne trouve pas choquant que ses électeurs ne soient représentés que par 2 députés, qui refuse de saluer Marion Le Pen... Ouais, on pourrait trouver mieux.


Lire « LA CAISSE – Enquête sur le coffre-fort des Français » de Sophie Coignard et Romain Gubert.
La Caisse des dépôts et consignations, le dernier trésor de la République où les milliards valsent à vous donner le tournis, avec quelques emplois réservés et d'autres qui sont dans un placard.
Curieusement, puisque Fillon est sur la sellette, j'ai relevé cette phrase dans l'introduction :

"Les Premiers ministres, de Jospin à Ayrault en passant par Raffarin, Villepin et Fillon, n'hésitent pas à lui faire recueillir des collaborateurs qui pourraient connaître une mauvaise passe en cas d'alternance. Les ambitieux y voient un moyen de s'enrichir. Les cyniques, un placard de luxe pour faire semblant de travailler..."
''Si la démocratie est devenue un simulacre, c'est que, depuis 30 ans, elle s'articule sur le tabou Le Pen.''


Entièrement d'accord.
Certains n'ont pas même à faire semblant de travailler :

"La mairie de Carrières sous Poissy semble avoir davantage subventionné le train de vie du président de l'association que l'association elle-même. L'Association jeunes carrières (AJC) a fait l'objet d'un vaste de détournement de fonds publics, rapporte aujourd'hui le Parisien.
Le président de l'association aurait détourné près de 43.000 euros alors que l'association avait été subventionnée à hauteur de 50.000 euros. L'argent aurait permis au responsable et à ses proches d'acheter du matériel informatique, un coffre-fort et un système de vidéosurveillance. L'AJC a versé 25.000 euros à une société dans le bâtiment. Près de 600 euros ont été dépensés en nuits d'hôtel au "So Burger", établissement géré par le frère du président de l'AJC... Par ailleurs, l'homme aurait aussi acheté par le biais de l'association des vêtements de sport, financé des voyages au Maroc et payé des consultations chez le médecin.
Le président assure qu'il a fait des achats pour l'association mais que la marchandise lui a été dérobée... sans pour autant avoir déposé plainte. Il assure avoir fait des travaux dans le local mis à disposition par la mairie et embauché un employé, mais aucune embauche n'a été réalisée.
Finalement, l'homme a avoué avoir détourné 600 euros pour son frère. L'enquête se poursuit sous la direction du parquet."

[www.lefigaro.fr]

Ne pas perdre de vue qu'en Fillon c'est un élu, un parlementaire détenteur d'un mandat électif, qui est attaqué, et avec quel acharnement ! en vue de lui faire lâcher prise à une élection décisive pour l'avenir du pays, cependant que celui qui est en position de bénéficier directement du renoncement de Fillon à la présidentielle est un homme, Emmanuel Macron, qui n'a jamais été élu ailleurs que dans les conseils d'administration des banques d'affaires. Si cette opération réussit, si Fillon abandonne, le terme de "coup d'Etat institutionnel" qui a été employé par l'intéressé pour caractériser ce qui se passe n'aura pas été si abusif que cela.
Ça continue :

"D’après le quotidien (Le Monde) les enquêteurs suspectent un éventuel « trafic d’influence » lié à l’attribution de la légion d’honneur à Marc Ladreit de Lacharrière, propriétaire de la Revue des deux mondes, qui a employé Pénélope Fillon.
Marc Ladreit de Lacharrière avait été élevé à la dignité de grand-croix en 2010, grâce au candidat de la droite à la présidentielle. « L’embauche de Penelope Fillon aurait-elle constitué la contrepartie de cette décoration ? », s’interroge Le Monde."



[www.google.fr]
» Je soutiens qu'il est impossible de prouver que quelqu'un n'a pas fait son possible pour se rendre utile à la carrière d'un parlementaire

Quand il y a présomption d'emploi fictif, une enquête essaye d'évaluer s'il y a eu quelque travail que ce soit, pas du tout, un peu, beaucoup, à la folie, en interrogeant d'autres collaborateurs, en comparant avec ce que font d'autre attachés parlementaires, en examinant les quelques traces d'une activité professionnelle, s'il y en a, et il peut ne pas y en avoir du tout, etc.
Ce sont des choses qu'il est éventuellement possible d'établir, et de toute façon on ne peut le savoir avant d'enquêter, c'est pourquoi il était d’évidence impossible de ne pas enquêter, cela tombe sous le sens.

» En clair, elles reprochent à Fillon rien moins que d'avoir régularisé sa situation !

Vous avez parfois des raccourcis qui me sidèrent, Francis : la "situation", en l'occurrence, c'est l'emploi d'attaché parlementaire qu'était censée pourvoir Mme Fillon : on ne peut "régulariser" quelque chose à quoi on a mis fin, qui n'existe plus, et si on a mis fin à l'emploi, c'est peut-être que les modalités d'occupation de cet emploi n'étaient pas très régulières, pas assez en tout cas pour satisfaire aux exigences de cette nouvelle loi : c'est certainement ce qu'a voulu dire Mme Joly, et je trouve qu'elle n'a pas tort...

Quoi qu'il en soit, je n'ai pas l'impression que la curée qui fit rage lors d'affaires concernant certains politiques "de gauche" fut moins violente : tout cela rappelle un peu peut-être ce qui pourrait bien avoir été un "contrat" mis sur la tête de l'infortuné DSK, et la question de savoir ce qui, du porc ou d'une chair réputée plus noble mais qui s'avère être notablement frelatée, aurait meilleur goût reste ouverte...
Il y a en tout cas dans ces eaux très turbides de véritables tueurs qui rôdent, ce n'est pas en soi très surprenant, et ça fout un peu la trouille...
Je relève que dans sa conférence de presse Fillon a annoncé que ses avocats mettaient en cause la saisine du Parquet national financier, en affirmant ce dernier incompétent, ce qui va dans le sens de ce que j'écrivais ici le 4 février à 21 h 30:

Or le Parquet financier n'avait aucunement lieu de s'autosaisir car la notion d'emploi fictif est inapplicable à la fonction d'attaché parlementaire dès lors que l'entité susceptible d'être lésée par ledit emploi fictif (le parlementaire lui-même et non l'Etat ou une collectivité publique) soutient que l'emploi fut réel et utile à sa fonction.

Je relève aussi qu'il a affirmé, sous le contrôle de ses avocats, que personne, et a fortiori sûrement pas l'exécutif ni même la justice, n'a le droit d'apprécier le travail de l'attaché parlementaire, y compris donc son effectivitié ou sa ficticivité éventuelle ou relative. Cela s'appelle la séparation des pouvoirs : personne n'a faculté d'auditer les prestations de l'attaché parlementaire, et surtout pas le Parquet national financier. La sphère d'activité du détenteur d'un mandat électif, parce que nous sommes en démocratie et non sous le régime des colonels grecs ou dans le Venezuela de Chavez, est inviolable par l'exécutif ou par le pouvoir médiatique ou même juridique. C'est ainsi. Renseignez-vous. Les autres, les couillons suivistes de Mediapart et de Libération ("Fillon, laisse-béton!") n'ont qu'à aller se rhabiller leur bulletin Macron ou Hamon en feuille de vigne ou serré entre les dents en attendant.

Fillon, cet après-midi, a été auguste. S'il tient bon ce fil, il emportera le morceau.
Conférence de presse Fillon, à partir de 28'00 sur le caractère confidentiel et privé des travaux du collaborateur parlementaire :

video: [www.fillon2017.fr]
Oui, le consultant légaliste, le consultant anti-système est bien décidé à se battre et à retourner la situation à son avantage C'est louable. Il manquerait une rime à cette élection de "on".
Et comme le dit le très suffisant Alain Minc, tout cela ne serait jamais arrivé si les parlementaires étaient mieux payés ! "Quand payera-t-on décemment le métier politique ?" s’indigne-t-il au micro de France Info. "Je pense qu’il faudrait indexer la rémunération des parlementaires sur celle des plus hauts fonctionnaires. C’est de l’ordre de 10.000 euros. Je ne vois pas pourquoi quelqu’un qui est là pour faire la loi est moins payé que quelqu’un qui est payé pour appliquer la loi."
Attaqué par Fillon, l'ex-directeur de La Revue des deux Mondes se défend.

EXCLUSIF. Michel Crépu, ex-directeur de La Revue des deux Mondes, dont Penelope Fillon fut salariée, réagit aux propos de François Fillon l'accusant d'avoir ostracisé son épouse.
L'Express : Penelope Fillon a été "conseillère littéraire" de La Revue des deux Mondes en 2012 et 2013, rémunérée à ce titre 100 000 euros. Elle y a officiellement publié deux notes de lecture. Mais devant les enquêteurs, elle a dit qu'elle avait "retrouvé une dizaine d'autres notes par miracle", révèle le JDD...
Michel Crépu : J'ai en tout et pour tout reçu deux notes de lectures signées "Pauline Camille", censé être le pseudonyme de Penelope Fillon. Elles m'ont été transmises par la secrétaire de Marc de Lacharrière. Les dix notes auxquelles fait allusion Penelope Fillon existent peut-être, je n'en sais rien. Mais ce qui est sûr, c'est que je n'en ai pas été destinataire. J'imagine mal qu'elles se soient toutes perdues au moment d'arriver dans ma boite mail ... Je n'ai jamais refusé de publier la moindre note de Penelope Fillon. Je suis donc très curieux de savoir où elles ont été retrouvées et quel est ce "miracle" auquel il est fait allusion.
L'Express : A part ces deux notes de lectures, Penelope Fillon a-t-elle joué un rôle dans la revue?
Michel Crépu : Non, aucun. Lorsque Marc de Lacharrière m'a informé qu'elle "s'ennuyait" et allait publier des notes dans la revue, j'étais plutôt heureux, car je me suis dit que grâce à ses origines britanniques, elle allait ouvrir nos sommaires à des sujets d'histoire ou de littérature en liaison avec l'Angleterre, un pays que j'aime beaucoup. Mais rien de cela n'est advenu. Je ne l'ai jamais rencontrée, je ne lui ai jamais parlé, je n'ai jamais reçu le moindre mail directement de sa part. En tant que "conseillère littéraire", elle ne m'a jamais fait la moindre suggestion ou envoyé un quelconque rapport de tendance. Elle n'a participé à aucune de nos conférences de rédaction mensuelle.
L'Express : François Fillon aurait dit aux enquêteurs que vous "auriez pris en grippe" son épouse. Est-ce vrai ?
Michel Crépu : C'est grotesque. Comment voulez-vous prendre en grippe quelqu'un que vous n'avez jamais vu et avec qui vous n'avez eu aucun échange ! Ce serait un prodige de la nature ! Prendre en grippe, cela suppose une évolution dans des relations, qui se seraient dégradées avec le temps. Il n'y a rien eu de tout cela. C'est un mensonge éhonté. Si François Fillon est capable de mentir avec un tel aplomb sur sur ce point, cela signifie qu'il est capable de proférer d'énormes mensonges sur d'autres sujets. Je dois dire que cela me choque profondément venant d'un ancien Premier ministre
.
[www.lexpress.fr]
qu'elle "s'ennuyait"

Je croyais qu'elle était attachée de son mari ? Que faut-il comprendre : elle n'avait rien à faire ou le job était rasoir et elle voulait prendre un peu de hauteur intellectuelle ?

P.S. Je voterai (peut-être) Fillon, je pense qu'un homme lâché aux chiens, quels que soient ses torts "éthiques" en l'occurence, à pu comprendre un peu dans quel état de bassesse médiatico-politique se trouvait le pays...
» Je relève que dans sa conférence de presse Fillon a annoncé que ses avocats mettaient en cause la saisine du Parquet national financier, en affirmant ce dernier incompétent

Le contraire eût été étonnant : il est tout naturel que le seul homme habilité à déterminer la nature du délit dont il est lui-même accusé, soit aussi celui qui ait autorité pour juger de la compétence de l'instance chargée d'enquêter sur lui, et le seul aussi qui en définitive s'estime en droit de classer l'affaire.
M. Fillon est décidément un homme de responsabilités, et entend fermement s'acquitter de toutes.
Vos sarcasmes visent juste, Alain. François Fillon a même prévu, tenez-vous bien, et cela après avoir compris, senti que les Français en avait peut-être assez que des dirigeants politiques s'enrichissent et enrichissent les leurs avec leur argent (proportionnellement, les rois s'en mettaient moins dans les fouilles que ces derniers) d'ouvrir le débat sur cette pratique consistant je cite, à "collaborer avec sa famille en politique".
Julie Gayet, maîtresse du président Hollande, fille d'un ami de Jérôme Cahuzac, elle-même très proche de Julien Dray, produit des dizaines de navets de propagande (dont Etoiles, sur les migrants, 10000 entrées) financés par l'argent public, qui ne recueillent que quelques milliers de spectateurs et qui coûtent des millions. Elle a été nommée administratrice de la très influente Société civile des auteurs, réalisateurs, producteurs (ARP), Julie Gayet touille notoirement dans l'argent public pour le bénéfice politique de son camp.

[www.leparisien.fr]

Bientôt un article du Canard sur les détournements d'argent public au travers des grenouillages de Julie Gayet dans le monde du cinéma, du tout-Paris des notables socialistes et du gros pognon ? On peut toujours attendre mais pas trop impatiemment je crois.

Ségolène Royal, ancienne compagne de F. Hollande et mère de ses enfants, a été nommée ministre de l'Environnement. S. R. après avoir été battue à toutes les élections où elle s'est présentée ces cinq dernières années; pendant sa tenure au ministère de l'Environnement, la capitale a connu des pics de pollutions atmosphériques répétés qui ont été les plus forts de toute l'histoire depuis que sont pratiqués des relevés.

Un ouvrage sur le scandale de cette femme sotte et arrogante entre toutes a été publié par un journaliste qui a consacré dix années d'études à la question des passe-droits scandaleux dont bénéficie S.R., femme politique qui ne sait rien faire à part invectiver ses opposants, qui est nulle et détestée des Français: La Princesse Royal, par Patrick Guilleton. Cet ouvrage est présenté dans un entretien visible sur YouTube

[www.youtube.com]

Vous avez beaucoup entendu parler de cette enquête journalistique sur Ségolène Royal dans les médias ? Moi pas trop, je dois dire.

Mme Trieweiler, ancienne maîtresse de F. Hollande et vrai-fausse première dame à coûté au contribuable français près de 400000 euros dans la seule année 2013, avant d'être répudiée avec l'élégance que l'on sait et un scandale conséquent qui pendant des semaines a fait de la France la risée du monde.

d'autres questions ?
@Eric
P.S. Je voterai (peut-être) Fillon, je pense qu'un homme lâché aux chiens, quels que soient ses torts "éthiques" en l'occurence, à pu comprendre un peu dans quel état de bassesse médiatico-politique se trouvait le pays.
/////

Ouais... Pour ce qui est de l'"état de bassesse médiatico-politique" dans lequel se trouve le pays Mr. et Mme Balkani, pour ne citer que ces deux-là, ont ègalement tout compris. On connaît la suite.
Ségolène Royal et l'argent public de la Région Poitou-Charente : des dizaines de millions d'euros évaporés par l'action d'une évaporée : "c'est de la diffamation !" déclare-t-elle car le cabinet d'audit qui affirme cela est un "cabinet privé !" (ce que les professionnels du contrôle financier appellent un cabinet indépendant seul à même de révéler les faits qui dérangent).

[www.youtube.com]
@ Francis

Oui, tout à fait d'accord. Mais il suffit aux 3 susnommées de faire quelques déclarations à tonalité féministe et pénalophiles pour faire tout oublier ! Le cas Royal est tout bonnement stupéfiant !

Le cas Fillon serait donc beaucoup moins grave mais beaucoup plus exposé médiatiquement. Ce qui ne blanchit pas Fillon tout de même (je pense en particulier au "trafic d'influence").

La hiérarchisation des informations (du matraquage à la sous-diffusion jusqu'à l'occultation complète) est vraiment le fer de lance de la propagande !
Evidemment Francis. Mais cette Pénélope, tout de même... (Moi je lui trouve le regard mauvais.)

[www.google.fr]
Mais cette Pénélope, tout de même... (Moi je lui trouve le regard mauvais.)

Vous préférez le "sourire de Ségolène" immortalisé par Muray ?
Ce sourire regard à part et souverain, aussi sourd qu’aveugle (...).
C’est un sourire regard qui a déjà écrasé bien des ennemis du genre humain sous son talon de fer (le talon de fer d’un sourire regard ? la métaphore est éprouvante, j’en conviens, mais la chose ne l’est pas moins).

C’est un sourire regard qui parle tout seul.(...) C’est un sourire regard de nettoyage et d’épuration
.

La "version Pénélope" n'est pas mal non plus.
@Pascal

Un regard mauvais (d'après vous) c'est quand même plus franc qu'un sourire carnassier et puis Mme Fillon n'a jamais participé à un gouvernement.
Reste que "la gauche historique étant en caleçon, c’est bien François Fillon, requinqué et habillé de propre après ce passage à la lessiveuse médiatique, qui sera le véritable danger pour Marine Le Pen. Il a avec lui cette partie des Français qui du centre et de la droite traditionnelle qui s’habille chez Boss, qui n’aime pas le changement ni l’aventure – sauf au Club Med -, qui se tient prête à le porter au pouvoir. Cette partie de la population française, de toutes confessions, nantie et bien pensante, donneuse de leçon d’humanisme, reste le principal danger des scrutins faussés de la Vème république. Ces Françaises et ces Français n’hésitent jamais, dans ce jeu électoral, à se parer des habits de la morale, fût-ce au prix d’une compromission indécente avec la gauche honnie. Ils iront alors, la conscience tranquille, voter en se parjurant."

[ripostelaique.com]
Le plus effarant dans cette affaire est bien le fait que les Français, poussés comme des moutons par les chiens de berger du complexe médiatico-politique, sont en train de se détourner d'un candidat à la présidentielle qui bénéficiait d'un large soutien dans l'électorat, candidat qui est un ancien parlementaire chevronné, régulièrement élu, qui n'avait jamais été impliqué dans aucun scandale financier, pour en venir à mettre dans l'urne le nom d'un loustic sans programme, qui n'a jamais détenu le moindre mandat électif depuis sa sortie de l'Ena, qui est accoutumé à brasser des millions dans des banques d'affaires et qui va leur montrer, s'il est élu à la présidence de la République, combien, en matière de trafic d'influence et de détournement d'argent public, le pauvre Fillon était petit joueur avec ses dizaines de milliers d'euros ayant servi à rémunérer sa femme sur une enveloppe attribuée d'office à tous les parlementaires.

L'hystérie collective, l'aveuglement et la manipulation auxquels on assiste sur les réseaux sociaux et les courriers des lecteurs des journaux en ligne ont pris une ampleur hallucinante. Les ténors de la gauche eux-mêmes en sont à présent comme gênés. Les amis de Macron et de tous ceux qui misent sur sa candidature pour continuer le hollandisme en plus cool et en plus médiatisable sont en train de jouer avec ce qu'ils appellent, quand ce sont leurs adversaires politiques qui en jouent, le populisme et l'anti-parlementarisme. C'est jouer avec un couteau à lame à double tranchant : les moutons devenus enragés pourraient bien se montrer capables, en matière de "populisme", de devenir incontrôlables et d'orienter leur vote du printemps prochain vers the real thing – Marine Le Pen.
les moutons devenus enragés pourraient bien se montrer capables, en matière de "populisme", de devenir incontrôlables et d'orienter leur vote du printemps prochain vers the real thing – Marine Le Pen
///

C'est pour cela que l'éviction de Fillon est une chance historique pour le FN !, c.a.d. pour la "France d'avant".

Et puis Francis, l'homme contemporain a besoin d'être distrait, par Pénélope ou par autre chose, car la politique (au sens noble du terme), il s'en fout. Ce qui n'en finit pas de s'installer c'est la possession, au point le plus grossier de l'aveuglement et du sens critique.
Bref, les zombies se régalent, et le spectacle du politique devient de plus en plus spectaculaire.
(Là aussi, il n'y a rien eu d'illégal (la suite est à lire sur le lemonde.fr) :

"Explications après 13 morts de la grippe dans un Ehpad

Les inspecteurs de l'IGAS relèvent un défaut du processus de vaccination dans cette maison de retraite lyonnaise

Un taux de vaccination des résidents insuffisant, mais pas de manquement à la législation. Dans un rapport publié lundi 6 février, l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) revient sur les circonstances dans lesquelles treize personnes – âgées en moyenne de 91 ans – sont mortes de la grippe dans une maison de retraite du groupe Korian, à Lyon, entre le 23 décembre 2016 et le 7 janvier 2017. Une situation jugée " exceptionnelle " par la ministre de la santé, Marisol Touraine, qui avait ordonné l'enquête.
")
« Il a avec lui cette partie des Français qui du centre et de la droite traditionnelle qui s’habille chez Boss, qui n’aime pas le changement ni l’aventure – sauf au Club Med -, qui se tient prête à le porter au pouvoir. »

Il s'agit là de Français qui travaillent pour des entreprises multinationales, ou du moins des grandes entreprises.
Leur culture, leur foyer, leur nation, ce n'est pas la France, c'est Microsoft, Valeo, Coca-Cola, BNP-Paribas, Nestlé, Procter & Gamble, KPMG — bref, la “boîte” pour laquelle ils travaillent et qui est à leur yeux bien plus qu'un employeur.

C'est un phénomène que j'ai pu remarquer quand, il y a longtemps, je suis brièvement passé par ce monde-là. Je n'ai jamais pu comprendre comment la vie entière d'un individu pouvait à ce point être imbibée par cela — un nom, un logo, une marque, des produits ou des services, des “valeurs”. Ils vivent KPMG, mangent KPMG, baisent KPMG, etc.

Qu'on ne s'y trompe pas, cela dit : la majorité de ces gens sont heureux — ça se sent. Ils aiment leur entreprise comme on aime son pays, et ils seraient prêts à mourir pour elle. L'entreprise les habite et leur vie a beaucoup plus de sens que la mienne, par exemple. Ils aiment le président de la boîte, qu'ils n'ont pas élu (mais ça n'a aucune importance), comme on pouvait jadis aimer un monarque.

Ce rapport à l'entreprise est à la fois fascinant, effrayant, et consternant.

M'est avis que ces gens-là — surtout les plus jeunes d'entre eux, les plus “école de management ouverte sur l'international”, ceux qui ont têté le remplacisme au biberon — voteront tout aussi bien Macron. Fillon, c'est pour les seniors.
C'est un peu comme si vous nous parliez des travailleurs japonais, mon cher Trystan... Vous y allez un peu fort. Mais il y a quelque chose comme ça (un p'tit côté japonais, la fierté nippone en moins) chez tous ces gens, je suis d'accord avec vous.
Ne s'agit-il pas là de la généralisation du phénomène apparu il y a quelques décennies avec Apple et son patron-gourou créateur du monde nouveau, ayant connu successivement le reniement et la crucifixion, la résurrection et l'assomption ?
Enfoncer le clou, une fois pour toute, sur la stupéfiante curée méditico-juridique contre le candidat F. Fillon

Extrait d'un article de Causeur sur le sujet, par Marc Joncour, qui recoupe très littéralement ce que j'ai écrit ici la semaine dernière :

Jusqu’à une date récente, le lynchage médiatique était plutôt une spécialité anglo-saxonne. La presse française pouvait s’honorer d’être plus mesurée et plus équilibrée que ses consœurs britanniques ou américaines. Mais l’arrivée d’Internet, des réseaux sociaux, des chaînes d’informations permanentes, a bouleversé le paysage médiatique partout dans le monde. La France n’y échappe pas.

Il est stupéfiant de constater la façon dont certaines des allégations sorties par Le Canard enchaîné et Médiapart sont reprises en boucle par presque tous les médias. Ces affirmations sont totalement à charge et peu de rédactions osent donner des arguments à décharge, alors que ceux-ci existent et sont d’importance. Il est encore plus stupéfiant de constater que la justice s’est emparée de cette affaire alors que rien ne justifie qu’elle le fasse.

Quelles sont les accusations formulées ? François Fillon aurait employé son épouse et deux de ses enfants au cours de ses mandats successifs de député puis de sénateur. Et ces emplois ne seraient pas réels mais fictifs.

Quels sont les journalistes qui ont étudié la loi concernant le statut et les fonctions des collaborateurs parlementaires ? Quels sont les journalistes qui ont rapporté à leurs lecteurs ces éléments de base permettant de se faire une opinion éclairée sur les allégations formulées par les accusateurs ? Quasiment aucun ! Ce qui montre la partialité de la majorité des organes de presse et leur absence éhontée de déontologie !

Alors rappelons la loi telle qu’elle existe. Chaque député dispose d’un crédit mensuel forfaitaire de 9.561 € lui permettant de recruter et rémunérer jusqu’à cinq collaborateurs. Quant au sénateur, il dispose d’un crédit de 7.593 € pour la rémunération, lui aussi, d’un maximum de cinq collaborateurs. Pour la simplicité du propos, je me limite ci-après au seul cas des députés.

Chacun des députés a la qualité d’employeur. Le collaborateur est le salarié du député, non celui de l’Assemblée nationale. Les collaborateurs sont recrutés sur la base d’un contrat de travail de droit privé. Le député recrute librement ses collaborateurs, licencie, fixe les conditions de travail et le salaire de son personnel, dans le respect des dispositions du code du travail. Les contrats de travail comportent deux stipulations directement liées au mode de gestion du crédit collaborateur. La première, relative à l’objet du contrat, dispose que « le député-employeur, agissant pour son compte personnel, engage le salarié qui lui est juridiquement et directement subordonné et a toute sa confiance pour l’assister dans l’exercice de son mandat parlementaire ». La seconde précise que « la cessation, pour quelque cause que ce soit, du mandat du député-employeur constitue une juste cause de rupture automatique du contrat ». Depuis 1978, des indemnités de fin de contrat, financées par l’Assemblée nationale, sont allouées aux collaborateurs en cas de cessation du mandat du député-employeur (ce qui justifie les indemnités – qualifiées de « licenciement » par le Canard enchaîné – perçues deux fois par Pénélope Fillon).

La fiction des emplois fictifs
Certains prétendent qu’il s’agirait d’emplois fictifs. Dès lors que les contrats de travail et les feuilles de paie existent en bonne et due forme – ce qui semble être le cas – il ne peut pas y avoir emploi fictif puisque la seule personne à pouvoir juger et contrôler le contenu et la valeur du travail effectué est le parlementaire lui-même. Imagine-t-on la justice intervenir dans une entreprise pour vérifier la réalité du travail d’un de ses salariés ? Seul l’employeur a qualité pour le faire.

On reproche à François Fillon de ne pas apporter de preuves du travail réel effectué par Pénélope. Peut-être en a-t-il d’ailleurs fourni à la justice. Mais en tout état de cause, comment prouver qu’on a préparé un discours du député, qu’on l’a corrigé à plusieurs reprises, qu’on a préparé les réponses aux nombreux courriers des administrés, qu’on a mené un travail de réflexion ou de recherche sur un sujet donné ?

La façon dont les médias ont traité cette affaire est assez exceptionnelle. Les accusations à l’encontre de François et Pénélope Fillon ont monopolisé depuis plus de deux semaines la quasi-totalité de l’information en France. Paul Valéry affirmait à juste titre : « Le mensonge et la crédulité s’accouplent et engendrent l’opinion ». Jamais ces paroles n’ont été aussi vraies. A tel point que même les plus ardents supporters de François Fillon se sont mis à douter de son honnêteté. Et l’information est devenue un feuilleton quotidien, chacun cherchant à justifier les propos de Samuel Butler, cet écrivain britannique du XIXe siècle : « Le meilleur menteur est celui qui fait servir le même mensonge le plus longtemps possible ».

L’opinion sous influence
Pourquoi cette affaire sort-elle précisément en janvier 2017 alors que les faits reprochés remontent à plusieurs années ? Pourquoi la justice s’en empare-t-elle avec une telle diligence ? Quel objectif cherchent à atteindre ceux qui ont manipulé et fabriqué l’opinion, ceux qui l’ont mise sous tutelle ?

La réponse est évidente. Dans un premier temps, il s’agit de faire baisser François Fillon dans les sondages et dans les intentions de vote pour arriver au constat que le candidat de la droite et du centre ne sera pas qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle. L’objectif suivant étant de l’obliger, sous la pression des mauvais sondages, à renoncer à se présenter à l’élection pour laisser le champ libre au duel rêvé par les médias – entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron (ce dernier est d’ailleurs une pure fabrication du système médiatique). Dès que l’objectif sera atteint, la presse cessera de s’intéresser au cas de François Fillon. Le « PénélopeGate » disparaîtra immédiatement des radars médiatiques.

Concernant la justice, notons que c’est le parquet national financier (PNF) qui s’est autosaisi de l’affaire, 24 heures seulement après les révélations du Canard enchaîné. Le PNF, présenté comme « autonome », a été installé par le gouvernement socialiste le 6 décembre 2013, et son procureur, la magistrate Éliane Houlette – une proche de Ségolène Royal – a été choisie et nommée à la discrétion de François Hollande.

La démocratie confisquée
François Fillon risque d’être la dernière victime en date de cette presse uniquement motivée par la réussite des lynchages médiatiques qu’elle met en œuvre. Dans la série des assassinats politiques, il succédera ainsi à Jacques Chaban-Delmas (l’affaire de sa feuille de paye et de l’avoir fiscal), à Valéry Giscard d’Estaing (l’affaire des diamants de Bokassa), à Pierre Bérégovoy (l’affaire de son prêt à taux zéro qui le conduira au suicide), mais aussi à Dominique Baudis, Michèle Alliot-Marie ou Nicolas Sarkozy.

À propos de l’action du PNF dans l’affaire Fillon, un ancien juge interrogé par Valeurs actuelles dénonce une « très belle opération de déstabilisation » et « un coup d’État de droit ! ». Il ajoute : « Ces officines pensent qu’elles peuvent disqualifier un candidat à la présidentielle, c’est extrêmement choquant. » Dans le même journal, un ancien ministre s’indigne : « Pour la première fois dans l’histoire dela Ve République, on a créé un “cabinet noir légal” au service de l’exécutif. »

La question est désormais simple : sommes-nous en train de glisser vers une dictature des médias et des juges, auquel cas la démocratie représentative serait en grand danger ! Notre démocratie, qui donne au peuple le pouvoir ultime, va-t-elle être confisquée par ceux qui se prétendent être ses défenseurs, à savoir les juges et les médias ?

Quatre millions et demi de Français se sont déplacés au mois de novembre dernier pour désigner – à une très large majorité – François Fillon comme candidat de la droite et du centre à la prochaine élection présidentielle. Ils ont voté pour un programme et ils ont voté pour l’homme en capacité de le mener à bien. Si cet homme devait se trouver dans l’impossibilité de poursuivre sa candidature, le peuple français vivrait alors un véritable déni de démocratie.

[www.causeur.fr]
A tel point que même les plus ardents supporters de François Fillon se sont mis à douter de son honnêteté.

(A tel point que même François Fillon s'est mis à douter de sa propre honnêteté...)

Si cet homme devait se trouver dans l’impossibilité de poursuivre sa candidature, le peuple français vivrait alors un véritable déni de démocratie.

Et seulement 2 députés FN ?, ça n'est pas un méga déni de démocratie ? Ça n'a jamais choqué le couple Fillon.
On apprend que des députés de gauche veulent "saisir le déontologue" contre Fillon qui se serait rendu coupable de "conflit d'intérêt" en maintenant un cabinet de conseil en doublonnement de ses fonctions de parlementaire.

Et si on parlait du conflit d'intérêt du Parquet national financier (PNF) qui enquête sur le passé d'un parlementairement actuellement condidat à la présidentielle quand le même PNF est dirigé par une proche de Ségolène Royal, laquelle est membre du pouvoir exécutif (en tant que ministre) et soutien affiché de M. Macron qui est le concurrent le plus direct du candidat visé par cette procédure ?

Et si on parlait de la violation du principe de séparation des pouvoirs quand une instance judiciaire comme le PNF, créée de toutes pièces par le pouvoir exécutif, s'autosaisit pour mener des investigations sur le travail d'un parlementaire représentant le pouvoir législatif ?
Dans une tribune parue aujourd'hui au Figaro, Pierre Avril et Jean Gicquel, professeurs émérites, respectivement de l'université Panthéon-Assas et de l'université Panthéon-Sorbonne, mettent à leur tour les points sur ies "i" des aspects de cette affaire qui intéressent le Droit constitutionnel, et qui recoupent tout aussi exactement ce que j'ai avancé ici la semaine dernière :

Ils écrivent ceci, à propos de la fonction de collaborateur parlementaire :

"N'étant pas définie, sinon comme contribution à l'exercice du mandat telle que l'apprécie discrétionnairement le parlementaire, cette collaboration s'exerce aussi bien à Paris que dans la circonscription (c'est le cas des deux tiers des assistants de députés). Les contestations relatives à l’exécution du contrat ne concernent que les deux parties intéressées et relèvent alors, classiquement, des prud’hommes. Quant au parlementaire, il est seulement tenu de déclarer à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique les noms de ses collaborateurs (article LO 135-1 du Code électoral).

Dans ces conditions, on a bien du mal à imaginer la pertinence du contrôle que la justice pourrait exercer sur l’effectivité d’une collaboration qui est, dans sa nature même, personnelle, et dont le contenu à priori indéterminé dépend exclusivement des relations contractuelles entre l’employeur et l’employé. En l’absence d’une définition concrète et réglementaire des tâches concrètes à remplir [pas de « profil de poste »], le seul critère applicable en l’espèce ne pourrait être que celui de leur finalité, c’est-à-dire la contribution à l’exercice du mandat. Et la justice devrait alors en apprécier la valeur ?

On peut émettre un doute sérieux, de nature proprement constitutionnelle, sur la régularité d’une telle appréciation, parce qu’elle porterait directement sur l’exercice du mandat parlementaire lui-même. Ce faisant, elle mettrait en cause un principe fondamental dont la formulation historique remonte à la Révolution et au statut des assemblées parlementaires. En vertu de ce principe, l’exercice du mandat est indépendant, et il est indépendant parce qu’il a pour objet l’expression libre et souveraine de la volonté populaire. Toute la théorie du mandat parlementaire s’est développée à partir du principe d’indépendance en l’entourant de garanties et de protection telles que les immunités, les incompatibilités et la nullité du mandat impératif. Il faut ajouter que ces garanties sont d’ordre public : elles sont établies pour protéger l’exercice du mandat, et non dans l’intérêt personnel du parlementaire qui ne peut y renoncer. (…) Dans la mesure même où le contrat liant un collaborateur à un élu n’est pas détachable de l’exercice du mandat mais lui est intimement associé, sa contribution se trouve elle-même inséparable de cet exercice et son indépendance doit être sauvegardée. Telle est du moins la conséquence du principe d’indépendance que consacre le droit parlementaire."

L'autosaisine du Parquet national financier dans cette affaire que la presse a savamment désignée, dès le jour J de son lancement "penelopegate", est infondée et abusive et constitue une attaque frontale à l'un des piliers constitutionnels de la République française depuis la Révolution.

J'ai usé à dessein du terme de "cassette" dans la discussion supra pour désigner cette enveloppe de "crédits collaborateurs" octroyée aux parlementaires. C'est qu'en régime républicain, l’instance royale est occupée par le peuple, représenté par ses députés, et qu'il n'est dès lors que logique que la cassette des monarques d'antan leur soit répartie, et que l'usage discrétionnaire de cette cassette et l'inviolabilité qui la protège, qui faisaient autrefois l'apanage du monarque, soient en régime républicain transmis aux délégués du peuple souverain.
Déclaration des avocats du couple Fillon :

Atteinte à la séparation des pouvoirs

"Selon les avocats [des Fillon], le PNF enquêterait en violation de plusieurs principes: celui d'une auto-saisine abusive au titre de l'infraction de détournement de fonds publics «qui ne peut être reproché à un parlementaire, puisque seuls les dépositaires de l'autorité publique ou les personnes en charge d'un service public peuvent se voir reprocher une telle infraction et non un parlementaire», a martelé Antonin Lévy. Autre violation, et sans doute la plus grave, «celle qui porte atteinte à la séparation des pouvoirs». Si la justice peut s'intéresser à la conformité du statut de salarié de Penelope Fillon, en revanche, «ce n'est pas au parquet national financier de contrôler et de discuter les conditions dans lesquelles ce travail était effectué, ni de définir la justesse de la rémunération», a soulevé Me Pierre Cornut-Gentille, rappelant que c'était le Bureau de l'Assemblée nationale qui était seul investi d'un pouvoir de contrôle.
«Nous sommes face à une dérive inquiétante», ont souligné les deux avocats. Ce débat commence à surgir au plus haut niveau de la magistrature, où certains estiment que «le PNF a mis le pied de l'autre côté de la séparation des pouvoirs». Par ailleurs, Mes Cornut-Gentille et Lévy portent plainte pour violation du secret de l'enquête. «Fuitent dans la presse des éléments toujours à charge et que nous ignorons puisque, à ce stade de l'enquête, nous n'avons pas accès au dossier», ont-il regretté."

[www.lefigaro.fr]

Au sujet de ces fuites, qui constituent un délit (selon Me Dupont-Moretti) : la machine à détruire le candidat Fillon tourne rond et circulairement, donc très efficacement : 1. dans un premier temps des "révélations" sont publiées dans la presse subventionnée par le pouvoir, 2. le PNF s'auto-saisit dans les 24 heures pour mener ce qu'il appelle une enquête préliminaire sans que la justice régulière n'enclenche de procédure (pas d'information judiciaire qui permettrait de saisir la chambre d'instruction et pas de renvoi au tribunal correctionnel qui permettrait d'exercer des recours – c'est donc bien une procédure "noire" digne de la Guépéou soviétique qui a été engagée, par le PNF, bras juridique de l'exécutif) ; 3. des fuites à la presse sont aussitôt aménagées dans l'enquête par les fonctionnaires du PNF, ce qui relance aussitôt le travail de propagande calomnieuse de celle-ci, devant aboutir à saper un peu plus la candidature Fillon à la présidentielle. Le moteur est à trois temps : Presse-PNF-Presse, il est en surchauffe et son rythme d'abattage est endiablé, mais l'intimité de sa mécanique commence à se dévoiler.
10 février 2017, 6h56

Pendant seize mois, Penelope Fillon a cumulé un emploi à « la Revue des deux mondes » pour 5 000 € brut par mois et à l’Assemblée pour 3 872,91 €.
Exclusif. Le nombre d'heures travaillées de l'épouse de François Fillon à « la Revue des deux mondes » aurait été minimisé pour permettre son emploi d'assistante à l'Assemblée
.

"Que savait l'Assemblée nationale des doubles journées de Penelope Fillon ? Qu'a vraiment indiqué son mari et employeur aux services du Palais Bourbon ? Comme nous l'avons révélé, Penelope Fillon avait des journées très chargées. A cette époque, à compter de mai 2012, elle est employée à « la Revue des deux mondes » pour un salaire de 5 000 € brut. Mais dès le mois de juillet de la même année, elle redevient assistante parlementaire de son époux, disposant en sus de 3 872,91 € brut. Double salaire, double journée...

Rien n'interdit Penelope Fillon de cumuler ces deux emplois, même si, pour l'instant, les enquêteurs n'ont collecté que de maigres preuves de son labeur. Cependant, les règles de l'Assemblée sont strictes en matière de cumul. L'assistant parlementaire doit remplir « une fiche » dans laquelle il « indique s'il exerce ou non, simultanément à son emploi de collaborateur, une autre activité », selon le service de presse du Palais Bourbon que nous avons contacté.


Mais la durée totale du travail est limitée. « A savoir une moyenne de 44 heures par semaine correspondant à un total mensuel de 190 heures », selon la même source. Le contrat de travail de Penelope Fillon à « la Revue des deux mondes » correspond à un temps plein. Ce qui limite considérablement le nombre d'heures qu'elle peut exercer à l'Assemblée. C'est justement le quota d'heures indiqué sur ce contrat qui, aujourd'hui, pose question.



Selon une source à l'Assemblée, les deux signataires du contrat de travail à l'Assemblée — l'employeur (François Fillon) et l'employée (Penelope Fillon) — sont soupçonnés d'avoir minimisé le nombre d'heures censées être effectuées à « la Revue des deux mondes ». Un travail qui, selon le propriétaire du titre, Marc Ladreit de Lacharrière, n'avait « rien de fictif ». Cet « oubli » relatif au temps de travail réel constituerait une infraction pénale de 5e catégorie, passible de 1 500 € d'amende. Il montrerait surtout une volonté d'octroyer à Penelope Fillon un lucratif temps complet à l'Assemblée."

Le Parisien
"D’après des documents financiers consultés par le quotidien Libération, la société éditrice du titre n’est plus bénéficiaire depuis 2004. Lors des onze années suivantes, elle a accumulé 4 millions d’euros de pertes. La revue a déclaré en 2011 une perte de 308 000 euros, soit le double de 2010. Pour l’exercice 2015, les pertes se montent à 693 000 euros."

Elle a été payée 16 mois pour deux articles publiés par une revue déficitaire ? Qui renfloue ? L'argent public ?
10 février 2017, 11:38   Nuance
"1. dans un premier temps des "révélations" sont publiées dans la presse subventionnée par le pouvoir,"

Il faut écrire "sont relayées" par la presse subventionnée et non "publiées" car le Canard enchaîné n'est pas subventionné par le pouvoir :

"Pour s'en convaincre il suffit de consulter le tableau publié chaque année par le ministère de la Culture au "Journal officiel". Trois cent vingt-six quotidiens hebdomadaires ou mensuels français ont en effet reçu 53 049 050 euros. Les quatre journaux qui, en 2015, ont bénéficié des subventions les plus élevées sont, dans l'ordre : "Le Parisien" (7.7 millions), "Libération" (6.4), "Le Figaro" (6.4) et "Le Monde" (5.4).
En revanche, "le Canard" comme 200 autres journaux permet à La Poste de recevoir une subvention chaque année, au titre de sa "mission de service public de transport postal de la presse." En 2014, elle s'est élevée à 122 300 040 euros, qui lui ont été versés par l'Etat."
Combien d'heures effectives de ses fonctions de Ministre le sieur Macron a effectuées tandis qu'il préparait sa campagne présidentielle ?
Que faisait le Canard Enchaîné quand Ayrault, fringant premier ministre faisait illico embaucher sa femme à l’Assemblée Nationale comme chargée de mission. Quelle mission ? Mystère !
Que faisait le Canard Enchaîné quand Ségolène Royale a plombé les finances de Poitou Charentes de 130 millions d’Euros dans des emprunts toxiques ?

Que faisait le Canard Enchaîné quand Ségolène Royale, après avoir plombé Poitou-Charentes, a été nommée par Hollande, vice-présidente de la Banque Publique d’Investissement (BPI) avant d’être Ministre ? Difficile de croire qu’elle ait été nommée pour ses compétences, surtout pour les contribuables de Poitou-Charentes ! Si ça, ce n’est pas un emploi fictif ! Emploi factice !

Que faisait le Canard Enchaîné quand Mazarine Pingeot a été nommée administratrice de la Grande bibliothèque ?
Que faisait le Canard Enchaîné quand Clémentine AUBRY a été nommée administratrice de l’auditorium du musée du Louvre ?

Que faisait le Canard Enchaîné quand Thomas Le DRIAN a été embauché par la Société nationale immobilière à un poste très élevé pour cet élève moyen d’une école de commerce moyenne ?

Que faisait le Canard Enchaîné quand Salomé PEILLON a été embauchée au poste de chargée de mission culturelle à l’ambassade de France en Israël ?

Que faisait le Canard Enchaîné quand Jérémie MARTIN (le fils de Philippe MARTIN) a été embauché par le Conseil Régional de Midi-Pyrénées comme chargé de Mission ?
Que faisait le Canard ? Je n'en sais rien, n'étant pas lecteur régulier de cet hebdomadaire. Il est bien possible que les abus que vous signalez aient été, en leur temps, épinglés par cet organe de presse mais en effet la presse subventionnée n'a pas fait monter la sauce car le caractère parfaitement légal de tous ces abus auraient été vite démontré et, surtout, cela n'aurait servi à rien hors campagne pour des Présidentielles qui sont devenues des coupe-gorges où tous les coups sont permis. Que le pouvoir en place soit "soviétoïde", mille exemples l'illustrent. Cela ne fait pas de M. Fillion, le consultant anti-système, un dissident !
Une légion d’Honneur en échange d’un taf bidon grassement rémunéré ?

Les enquêteurs s’intéressent notamment aux conditions d’attribution, sur proposition de François Fillon, du grade suprême de la Légion d’honneur à Marc Ladreit de Lacharrière (un des fondateurs d'SOS Racisme...), propriétaire de la Revue des deux mondes, où son épouse Penelope est soupçonnée d’avoir eu un emploi fictif.

Marc Ladreit de Lacharrière s’est vu attribuer le grade de grand-croix de la Légion d’honneur le 31 décembre 2010 par décret présidentiel, sur rapport du Premier ministre François Fillon. Moins d’un an et demi plus tard, il embauchait Pénélope Fillon...

Sagement "conseillé" par M. Ladreit de Lacharrière M. Fillon, s'il est élu, luttera de toutes ses forces contre la déferlante migratoire... Aucun doute là dessus.
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