Le site du parti de l'In-nocence
Sympathique Combaz, comme on aimerait qu'il ait raison, qu'il y ait encore une France authentique qui s'apprête à balayer l'autre, celle du Disneyland mondial, de l'hyperfestivisme, de la production accélérée de la Matière humaine Indifférenciée !

Je crois qu'elle existe, cette France différente qui s'efforce contre vents et marées de maintenir, j'essaie d'en faire partie et ne me sens pas absolument seul, mais tellement minoritaire...
Vous êtes aimable, c'est lui-même qui vous répond que le livre est sorti ce matin à cent exemplaires au prix modeste de 4.40 et que sa version papier vient de paraître pour 8 euros. Ce n'est donc pas pour ce qu'il me rapporte, pas plus que Renaud n'attend cela pour vivre, mais c'est un véritable bulletin de vote. Votez. Merci.
Son adresse n'est pas inutile peut-être [www.amazon.fr]
à propos de l'humanité indifférenciée

Il n’y a pas de pire exercice que de traduire un auteur médiocre, surtout californien. C’est la médiocrité au carré. On voit toutes les ficelles, toutes les récurrences du creative writing à l’américaine, dont une conjuration d’éditeurs et de critiques voulait que les auteurs français s’inspirent.
C’était avant tout une poignée de recettes de bateleur, un recours systématique au cliché, une profusion de « il hocha la tête », « il haussa les épaules », « il parut soucieux ». Traduire un best-seller, c’est revoir trente fois le même film d’action imbécile dont les protagonistes s’interpellent aux cris de « hé ! attends une minute » et font des allusions à Thanksgiving dont les Français n’ont que faire. C’est donc à cette époque qu’un ancien agent commercial de chez Gallimard nommé Fixot, pour avoir compris que cette humanité-là allait submerger l’autre, prend la direction des Éditions Laffont.

Il suscite un tollé à Paris en voulant alléger Balzac et Flaubert de toutes leurs descriptions inutiles pour une édition de poche. Il épouse la fille de l’ancien président de la République, artifice de génie sans lequel son histoire n’aurait pas ressemblé à un conte de Roald Dahl. Il m’explique que je ferais bien d’accueillir le monde nouveau avec moins de réserve, car l’autre n’a aucun avenir. Il me conseille de couper ma barbe qui est mauvaise pour mes ventes, qui me donne un air rugueux et finira par m’appauvrir. De fait, je dois renoncer à ma licence de pilote faute d’argent alors qu’il circule lui-même en hélicoptère, ce qui est un premier indice.

Bon an mal an, grâce aux traductions de la littérature que j’exècre, et qui prend la place de la mienne dans les catalogues, j’arrive tout de même à gagner ma vie, ce qui est une prouesse au pays du maccarthysme de gauche. La France est sournoisement passée dans le giron des opinions obligatoires. Si les contours de l’officialité dans la pensée sont encore mal tracés, les Français qui voyagent souvent aux États-Unis (et j’y passe la moitié de mon temps) ont déjà remarqué que nous sommes en train d’imiter nos maîtres en tous domaines. Certes il existe, chez le Français des classes moyennes comme chez l’intellectuel, une fascination pour le goût américain puisqu’il coïncide avec la pente naturelle de la convoitise et de l’esbroufe, mais on sous-estime le caractère délibéré, programmé, orchestré de l’influence culturelle qui nous a été vendue de force, scientifiquement, par des lobbies aussi puissants que ceux qui gouvernent le marché aéronautique ou l’agriculture mondiale. Ce ne sont pas seulement les livres, ceux que je traduis, qui inondent le marché sous le nom de blockbusters, mais les films, les jeux vidéo, qui vont tous dans le même sens, celui d’une plèbe aveugle, sans âme et sans mémoire, sans autre désir que celui de la technologie et de l’aventure spatiale, sans autre fascination que celle des robots et des êtres interchangeables, rebootables, dont on efface les souvenirs, que l’on reprogramme indéfiniment afin qu’ils deviennent toujours quelqu’un d’autre (c’est exactement ce qui est en train de se produire pour notre nation).

En ce sens, le monde américain nous inflige depuis quarante ans un aveu majeur : son imaginaire est tourné vers une humanité future qu’on appelle aujourd’hui transhumaine, mais qui n’a rien d’humain. Transformable (Transformers), reprogrammable (Total Recall, Jason Bourne), réassemblable (RoboCop), elle est aussi formée de gens médiocres qui aspirent à devenir quelqu’un d’autre grâce à des « pouvoirs », voire des super pouvoirs, « superpowers ».

Il faut ajouter à cela que le réalisme, le naturalisme, donc le simple humanisme, disparaissent dans les représentations anatomiques. La nudité devient inappropriée, la sexualité est strictement bannie, les slips des super héros sont vides alors que leurs épaules sont énormes, les programmes d’image de synthèse destinés aux sculpteurs font l’impasse sur les organes sexuels, lesquels sont livrés en option. En revanche, les caractères sexuels symboliques que sont les muscles et les seins sont glorifiés, exaltés jusqu’à la névrose pour compenser une castration parallèle. L’univers des jeux vidéo domine celui du cinéma, lequel domine celui de la littérature – puisqu’elle travaille désormais pour lui dès le premier stade. Du coup, le seul refuge de la littérature véritable aux États-Unis pendant cette période est la dérision écœurée, vaguement suicidaire, qui saisit les esprits critiques devant la niaiserie, l’antihumanisme absolu de ce complexe technologique et commercial envahissant. John Kennedy Toole, Michael Chabon, les frères Coen, Michael Moore nous montrent que tout est perdu et, chez nous, leurs élèves les plus fayots comme Despentes, Dantec ou Houellebecq retiennent la leçon et réchauffent, indéfiniment, le plat fétide de l’autodérision dépressive. Tout est moche, la sexualité ne renvoie à aucune morale, le monde est une
absurdité, la civilisation occidentale est mûre pour la punition des barbares, qu’elle évitera toutefois probablement en exterminant tout le monde à l’aide de robots vengeurs.
Ces jours-ci, je lis Henri Bosco. Il y a un demi-siècle que je retardais de lire ses romans. J'ai eu à la fois tort et raison: tort d'avoir différé un tel plaisir pendant si longtemps, mais raison aussi de l'avoir différé jusqu'ici, dans une époque qui est tout antinomique à ses oeuvres.

Lire l'Ane culotte, que certains se figurent être un livre pour enfant, quand il s'agit d'une étude sur le démon et le Paradis terrestre ; Hyacinthe, roman qui nous entretient encore du démon, du Mal et du Saint-Esprit, et le Jardin d'Hyacinthe qui complète la triologie. Hyacinthe, écrit en 1945, est peut-être le premier "nouveau roman", il peut se lire comme tel ; je donnerai bien trois volumes de la Recherche pour ce roman.

Ces livres ont été écrits au milieu du siècle dernier; ils ont pour théâtre la Provence noire et mystique, dévorée de soleil (ce "soleil satanique" écrit Bosco). J'en offre ici deux ou trois pages à Christian Combaz, de la part d'un "traducteur qui souffre" lui aussi, pour que chacun mesure bien ce qu'était la littérature française il y a moins d'un siècle, et jouisse comme il se doit (et non le foutu "comme il est approprié" de la télécratie francolo-amérloque) de ce que les gauloyankees de Neuilly/Seine et de Clermont-Ferrand lui reprochent comme "descriptions inutiles" ; en outre, c'est un fragment de saison :







C’est donc à cette époque qu’un ancien agent commercial de chez Gallimard nommé Fixot, pour avoir compris que cette humanité-là allait submerger l’autre, prend la direction des Éditions Laffont.


Plus ponctuellement, il y a aussi le droit d'auteur qui est supplanté par le copyright. Le droit d'auteur protège l'auteur du marché et préserve l’œuvre. Le copyright fait prévaloir le marché sur l’œuvre. Il y a donc précédence du marché, mais alors quelle précédence car, celle-ci est faite pour permettre un concassage généralisé qui donne lieu au remplacement de la Pensée par le Flux.
Et si l'autocensure ne suffit pas - les coups :


Allemagne :
Un jour après les attentats islamistes en Espagne, une juge bavaroise a condamné le journaliste Michael Stürzenberger à six mois de prison, pour avoir publié dans un article deux photos historiques montrant le Mufti de Jérusalem Mohammed Amin Al-Husseini avec des socialistes nationaux du Troisième Reich. Selon le procureur, il s’agissait en la matière de « propos haineux contre l’Islam ». Un jugement auquel Stürzenberger s’attendait, mais qui a suscité la protestation du public présent, ce qui a amené la juge à faire la leçon « à ces gens là-derrière qui n’y comprennent rien »
[www.europe-israel.org]
faire la leçon « à ces gens là-derrière qui n’y comprennent rien »
Magnifique texte de Bosco. Merci Francis. Dans mon enfance, à l'école nous faisions beaucoup de dictées extraites de ses livres et d'autres écrivains. Nous nous imprégnions sans en avoir conscience de la belle littérature française.

Cela dit, pour en revenir à l'analyse de Ch. Combaz à laquelle je souscris pour l'essentiel, je crois que l'essor inexorable de ce que j'appellerai faute de mieux le ''yankisme'', cette idolâtrie du fric, de la technique et de la vulgarité venue du nord des USA, a commencé avec la guerre de sécession, pour ne plus s'arrêter, à l'exception de trêves conjoncturelles, et atteindre, aujourd'hui, en effet, l'Europe.
cette idolâtrie du fric, de la technique et de la vulgarité venue du nord des USA, a commencé avec la guerre de sécession

La victoire des Yankees dans cette guerre a scellé le sort de l'Occident (et pourrait-on dire, du monde) vraisemblablement pour plusieurs siècles. Au camp Yankee s'opposèrent en Europe, l'Angleterre, la Reine (outre son affinité pour le camp des producteurs de coton du Sud dont la production alimentait ses fabriques sans droits de douanes) ayant compris que la victoire de l'Union serait le dernier clou dans le cercueil de la domination industrielle de Manchester et de Londres (dans le monde occidental, c'est toujours la rivalité qui oriente les événéments, jamais la solidarité, qu'elle soit raciale ou seulement politique).

Cette guerre civile démarra en 1860 avec la victoire de Lincoln aux élections, qui entraîna la sécession immédiate de sept Etats du Sud. L'enjeu était la désappartenance, programme Yankee révolutionnaire d'affranchissement de toute histoire individuelle et familiale des travailleurs et par conséquent première occurrence du concept sous-jacent de Matière Humaine Indifférenciée. Les Sudistes étaient militants de l'appartenance des travailleurs à une histoire familiale, etc, dont "l'esclavage" n'est qu'un aspect.

La défaite de l'identité, celle des identitaires, pour parler clair, s'accompagna du triomphe, presque la même année, du darwinisme (publication de l'origine (indifférenciée) des espèces de Darwin : 1859) et des découvertes de Pasteur sur la non spécificité des lignées, qui ne naissent pas de rien, pas de génération spontanée, qui sont donc modulables, recomposables, constitués de particules biologiques élémentaires libres et indifférenciées, fonctionnelles et c'est tout, sans appartenance irréfragable à une espèce.

De 1861 à 1862, Pasteur publie ses travaux réfutant la théorie de la génération spontanée. L'Académie des sciences lui décerne le prix Jecker pour ses recherches sur les fermentations. En 1862, il est élu à l'Académie des sciences, dans la section de minéralogie, en remplacement de Henri Hureau de Senarmont. (Wikipédia)

Donc : Lincoln, Darwin, Pasteur, démarrèrent la même année, le monde occidental dans lequel nous nous dépatouillons misérablement et sans espoir véritable de pouvoir en ralentir le train.

La semaine dernière, des Yankees fanatisés, champions de l'égalitarisme (celui qui fait rémunérer tous les travailleurs d'Apple computers, au Pakistan, au Guatemala, ou aux îles Samoa occidentales, et je ne sais où en Chine et aux Etats-Unis d'Amérique eux-mêmes, au même tarif horaire, soit toujours exactement le prix d'un hamburger) ont décidé, en déboulonnant littéralement les statues des héros de la Confédération sudiste dans cette guerre, d'en faire autant de celle du Maréchal Pétain, dont on décida de retirer la stèle érigée au militaire français dans les années 30, vraisemblablement en reconnaissance de son rôle dans la défense de Verdun. Croyez-vous que ce soit simple fruit du hasard ? Pas du tout, c'est le fruit d'une logique implacable : Pétain était un sudiste, un homme défendant les appartenances, qui avait effectué, en 1941 une sorte de pélerinage à la maison de Frédéric Mistral en Provence, où il s'arrêta longuement devant des photographies du poète provençal entouré d'Indiens Sioux, vous savez, ceux coiffés de grandes plumes...
Si l'on veut bien considérer que la France au milieu du vingtième siècle connut elle aussi une guerre civile larvée (1940-1944) puis ouverte (période de l'Epuration qui a suivi) comme du reste d'autres pays européens, Yougoslavie, Grèce, et dans une moindre mesure Italie, il faut se rappeler que le pays fut durant cette période lui aussi divisé en une zone Sud (gouvernée par Vichy) et une zone Nord gouvernée par les casqués motorisés en tenue vert-de-gris ; que De Gaulle, qui contestait fermement le pouvoir de Vichy (a l'issue d'une longue rivalité avec son chef Pétain) autant que celui des susdits casqués motorisés, était surnommé par les hommes de Vichy le General Motor, surnom riche de sens : il s'agit évidemment d'un jeu de mots sur le nom de la firme yankee General Motors dont l'histoire est édifiante ; cette firme basée à Detroit dans le Michigan (le Nord, donc) fit l'acquisition de la firme allemande Opel, ce qui lui ouvrit la porte à des enrichissements colossaux en oeuvrant à la production militaire sous le régime hitlérien. GM vira casaque en 1942 pour, comme Ford et Chrysler, se mettre au service de l'effort de guerre américain (on notera au passage que les ingénieurs allemands renvoyèrent l'ascenseur aux Américains en 1945 en quittant le Reich effondré pour se mettre au service des Yankees et de leurs "efforts de paix" – il y eut donc navette de savoir-faire industriels entre Yankees et Allemands, loin au-dessus de la tête des autres nations européennes avant, pendant, et après la guerre).

Le General Motor débarqua en Normandie en 1944 avec les Yankees, eux aussi efficacement motorisés, et mirent ensemble les hommes de Pétain en déroute politique et militaire en quatre coups de cuillère à pot.

Depuis, ça roule pour la GM et pour l'Allemagne, pour le commerce de la Matière humaine indifférenciée qui remplit les usines où s'affairent les petites mains anonymes réparties dans les ateliers du monde. La lignée politique des perdants (les soldats de l'appartenance, de l'inscription du nom familial dans le patronyme du travailleur, plus tard remplacé par le matricule du camp nazi) est constante et le nom de Pétain (sudiste défait) en est bien un jalon.

Les égalitaristes racialistes qui jettent à bas les statues des généraux de la Confédération des Etats du Sud des Etats-Unis ne s'y sont pas trompés qui descellent une plaque portant le nom de Pétain.

Quand on parle de "commerce de la Matière humaine indifférenciée", il faut y mettre le traffic intercontinental d'êtres humains que tolère et encourage l'Allemagne depuis trois ans, mais aussi, celui de la matière vivante et des gamètes dans la GPA et les efforts de clonage: les oeuvres de Darwin, Pasteur et Lincoln (hommes de sciences et homme politique admirables il va sans dire) auront donc connu cette destination faustienne étonnante; la désinscription des espèces (recombinées dans l'Evolution selon Darwin et les néo-darwiniens) ; la désacralisation du vivant (Pasteur qui assassine froidement la "génération spontanée") et de ses lignées (qui pour Pasteur ne sauraient s'auto-engendrer, et n'existent que par recombinaisons) ;et enfin, pour Lincoln, la désinscription des noms dans l'anonymat du travailleur, lequel aura été affranchi de la ferme esclavagiste et du champ de coton du Sud pour ne se trouver que mieux ré-enchaîné à la chaîne de montage et à la pendule d'atelier en zone Nord.
Oui, cher Francis. Et de même que les ''yankees'' ont faussement justifié leur écrasement de la civilisation du sud par l'abolition de l'esclavage, ils justifient aujourd'hui, eux et leurs collaborateurs, la fabrication de la ''matière humaine indifférenciée'' par le respect des ''droits de l'homme'' comme les mafieux blanchissaient l'argent sale dans les commerces de bondieuseries.
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