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Communiqué n° 2020 : Sur la nouvelle “affaire Camus”

Communiqué n° 2020, vendredi 27 octobre 2017
Sur la nouvelle “affaire Camus”

Le parti de l’In-nocence et le NON (au Changement de Peuple et de Civilisation) observent avec un effarement stupéfait les poursuites engagées contre Renaud Camus, leur président commun, par l’Union des Étudiants Juifs de France, par la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT et par SOS-Racisme. Ces officines accusent Renaud Camus de contestation ou d’apologie de crime contre l‘humanité pour les deux “tweets” suivants :

« Au regard des remplacistes à la Trudeau, Macron ou suédois, Hitler ne paraîtra pas moins criminel mais peut-être plus franc, plus net. »

« Le génocide des juifs était sans doute plus criminel mais paraît tout de même un peu petit bras auprès du remplacisme global ».

Le sens de ces deux tweets est le même et il est, dans les deux cas, parfaitement clair : le génocide des juifs était plus criminel et plus nettement tel que l’actuelle substitution ethnique en Europe et en Amérique ; qui, elle, est plus insidieuse et plus large. On peut déplorer la trivialité de l'expression “petit bras”, sans doute imposée par la contrainte des cent quarante signes ; mais, de toute évidence, il n’y a dans l’une et l’autre phrases pas la moindre contestation de la réalité de l’holocauste, et son apologie encore moins, qui seraient au demeurant parfaitement contraires à tout ce qu’on sait de Renaud Camus et à tout ce qu’il a écrit cent fois.

Le parti de l’In-nocence et le NON estiment que ces accusations ahurissantes, et dont on peut constater d’évidence, d’un coup d‘œil, la totale absence de fondement, ne font que refléter la détermination des diverses officines de la collaboration à empêcher toute mention du Grand Remplacement, à nier son caractère de génocide par substitution ou de suicide assisté, très assisté, provoqué, et à faire en sorte qu'il puisse être mené jusqu’à son terme en silence. Il s’agit manifestement de faire taire, sous n’importe quel prétexte, une des voix qui le dénoncent le plus ardemment. À cet effet tous les moyens sont bons, même les plus déloyaux et bas. Mais cette fois l’absurdité va trop loin, elle est trop manifeste aux yeux de tous, elle ridiculise par sa grossièreté ceux qui la promeuvent et elle déshonorerait à jamais les juges qui la sanctionneraient.
Mais cette fois l’absurdité va trop loin, elle est trop manifeste aux yeux de tous, elle ridiculise par sa grossièreté ceux qui la promeuvent et elle déshonorerait à jamais les juges qui la sanctionneraient.


Ca fait hélas déjà des lustres que l'absurdité, le ridicule, la grossièreté et le déshonneur ont été trop loin, et cependant ça continue. Rien ne leur fera jamais honte.

Mais restons optimistes : "La parole libérée", a titré Le Monde sur sa une, lundi...
Dire que Hitler quand il faisait massacrer des millions de juifs était plus franc que Macron me paraît discutable.
Et parler de procédé petit bras au sujet du génocide des juifs légèrement provocateur.
Ces tweets ne sont peut-être pas plus criminels que ceux qui relativisent la singularité de la Shoah en la comparant à la mise en esclavage des Africains par les Occidentaux, mais ils n'en sont pas moins abyssalement stupides.

Au regard de ces tweets, les prestations de la famille Le Pen paraîtront petit bras comme faire-valoir "des remplacistes à la Trudeau, Macron ou suédois"
Rien n'empêche d'observer que le massacre des juifs par Hitler et ses hommes, qui fut bien un crime contre l'humanité, et le plus vaste de l'histoire de l'humanité par le nombre des victimes, les moyens mis en oeuvre et l'intention d'en systématiser l'accomplissement, n'en fut pas pour autant mondial (les juifs d'Asie orientale, à Shanghaï, furent épargnés par ces événements, de même que ceux d'Afrique du Nord, par exemple), et que, par contraste, l'indifférenciation remplaciste, la remplaçabilité générale de l'humain considéré comme matière à produire et à consommer, elles, sont bien mondiales, "globales" en français post-moderne. Et accessoirement, que ceux qui promeuvent cette remplaçabilité économique et technique de l'humain, ceux qui en élaborent le plan, le font bien plus efficacement, et bien plus intelligemment, que ne fit cette pauvre bille de Hitler dans la poursuite de ses objectifs génocidaires, Hitler dont les adversaires épargnèrent la vie dans les derniers mois de sa dictature tant il était évident que par ses erreurs, ses errements et son entêtement absurde, il était le seul dirigeant allemand à pouvoir leur assurer la victoire (voilà pour les "petits bras").

Rien de stupide dans cette observation, jusqu'à démonstration du contraire.
Oui, Marche a raison, et le Grand Remplacement est bel et bien un processus d'élimination par substitution et absorption qui menace d'être, in fine, nettement plus radical encore, en tout cas du point de vue de la civilisation, que la “Destruction des Juifs d'Europe”, pour reprendre l'expression employée par Raoul Hilberg. On peut trouver l'expression “petit bras” inopportune quand il s'agit d'élimination industrielle de millions d'êtres humains, mais qu'est-ce qui ne l'est pas dans le contexte de bigoterie, de pharisaïsme, de tartuferie généralisée qui est le nôtre et qui recouvre comme une chape de plomb la réalité de l'entreprise qui vise à notre élimination par submersion, soumission, disparition par ingestion dans une civilisation qui n'est pas la nôtre et lui est même violemment contraire par bien de ses pires aspects ? La seule chose qui me gêne est que la comparaison tweetée, contrairement au communiqué ci-dessus, néglige le fait que les Juifs, pas plus que les Arméniens ou les Tutsis, n'ont eu le choix et qu'ils n'ont pas été les victimes, eux, d'un suicide (très) assisté plus ou moins tacitement consenti par la majorité.
La Davocratie (terme qu'emploie Renaud Camus dans ses interventions pour désigner l'oligarchie mondiale qui orchestre et impulse le Grand Remplacement sous couvert d'open society, notamment) : ceux qui traitent Camus et ses amis de "stupides" pour les parallèles qu'ils dressent entre l'entreprise génocidaire du IIIe Reich et le Grand Remplacement, se doutent-ils, par exemple, que Davos, avant de devenir célèbre pour accueillir les conférences de cette oligarchie mondiale, était un haut lieu de la collaboration avec les nazis, un site de conférences des dignitaires allemands du IIIe Reich ?

Extrait du Dictionnaire historique de la Suisse :

Une forte colonie allemande vécut à Davos jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale: Davos abritait, entre autres, le Fridericianum, internat allemand (1878), réouvert en 1946 comme école alpine suisse (Schweizerische Alpine Mittelschule). C'est à Davos qu'habitait Wilhelm Gustloff, chef du parti nazi (NSDAP) en Suisse, tué en 1936 par l'étudiant juif David Frankfurter.

[www.hls-dhs-dss.ch]

Pour en savoir plus sur Wilhelm Gustloff :
[fr.wikipedia.org]

Que tout lieu est lieu de mémoire ; que tout site est porteur d'une continuité historique, parfois occulte, souvent obvie; que l'esprit des lieux livre, pour partie, le sens dans l'histoire.
de contestation ou d’apologie de crime contre l‘humanité

Je me trompe, ou bien:

Le premier tweet ferait dans l'apologie (c'est trop)

Le second tweet ferait dans la contestation (c'est pas assez)

Soudain, apparait une meute [d'associations], qui elle, sait ce qu'il faut dire, et comment le dire, mais qui se garde bien de le dire:
l’Union des Étudiants Juifs de France,
la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT,
SOS-Racisme.


Vu d'ici, on voit bien le côté pondéré de la chose.
(qui donne un peu l'impression d'une chasse à courre)
L'effet Poubelle

[www.revue-lebanquet.com]

« Les différences avec ce que les nazis ont commis dans les camps de la mort sont importantes et nombreuses ; la comparaison, qui vient nécessairement à l’esprit lorsqu’on sait ce que fut Auschwitz , ne signifie ni identité ni analogie, moins encore rabattement de cet événement du XXe siècle sur ceux, plus anciens et d’une autre nature, qui retiennent notre attention. Il n’en demeure pas moins que ce qui a été perpétré en Algérie constitue, au sens strict du terme, un précédent inquiétant ; pour la première fois, sans doute, dans l’histoire de l’Europe soumise aux transformations de la révolution industrielle, des restes humains furent employés dans l’élaboration de produits de consommation courante. Il s’agit donc d’une rupture majeure que soutiennent la bestialisation et la dégradation méthodiques de l’autre comme vivant, puis comme mort » .

« La multiplicité des usages et des conséquences de l’internement administratif, qui peut remplir des fonctions irréductibles les unes aux autres – antichambre de la mort programmée, détention indéfinie, rétention et expulsion – ne doit pas faire oublier la permanence de certains des mécanismes qui l’organisent et des discours qui le légitiment aujourd’hui. Pauvreté et monotonie de la rhétorique sécuritaire. Ailleurs, aux États-Unis et en Grande-Bretagne, la guerre sans fin menée contre le terrorisme est à l’origine de graves atteintes portées aux droits et libertés individuels. Une fois encore, l’internement administratif est l’un des principaux vecteurs de cette offensive, sans précédent depuis 1945 » .
» Rien de stupide dans cette observation, jusqu'à démonstration du contraire

Le remplacement et le remplacisme ne constituent pas des "crimes contre l'humanité", tout au plus ne témoignent-ils qu'une totale indifférence à l'idée qu'une petite minorité se fait de ce que devrait être sa "race" et son pays, ce qui n'a strictement rien à voir.

À force de convier remplaçants et remplacistes à la tablée des nazis et de Hitler, et d'abonder dans cette terminologie à mon sens totalement spécieuse confondant corps avec idées, cadavres amoncelés et horreur de l’annihilation physique programmée avec la déliquescence culturelle et la perte du souci identitaire national, arrive ce qui devait arriver, ce n'est pas si stupéfiant que cela, dans le contexte actuel...
Ces textes, tant l'ouvrage de Olivier Le Cour Grandmaison que sa recension dans ce numéro de revue, ont douze ans d'âge. Ils appellent déjà un regard d'historien : cette critique dégoûtée de l'internement administratif est vue aujourd'hui comme un écoeurement de dandy après Mohammed Merah et la bonne vingtaine d'attaques terroristes qui ont ensanglanté l'Europe depuis 2012. Et ce "Pauvreté et monotonie de la rhétorique sécuritaire" serait sinistre et navrant aujourd'hui, quand le terrorisme ces cinq dernières années a fait la démonstration de sa monotonie ravageuse.

La nécessité de l'internement administratif des fichés S est à présent une évidence. Et lire que "Une fois encore, l’internement administratif est l’un des principaux vecteurs de cette offensive, sans précédent depuis 1945" soulève le coeur.

L'ouvrage en question pue l'escroquerie intellectuelle à plein nez, selon ce qu'on en lit dans cet article, mais la critique qu'en donne cette revue, en douze ans, a elle-même perdue toute sa pertinence. Le monde a basculé depuis 2005.

Quant à l'exploitation industrielle des ossements humains en Algérie (s'il ne s'agit pas d'un mythe), on retiendra pour sa mise en perspective que l'Allemagne, avant d'être hitlérienne, n'avait jamais colonisé le Maghreb, ce qui ôte tout crédit historique (y compris "dédisciplinarisé") à une supposée "filiation" de cette pratique avec celles qui furent constatées dans les camps nazis. Enfin, on retiendra que l'exploitation industrielle (dans l'agro-alimentaire, notamment) de restes humains n'a en soi rien de nazi ni de colonial, mais a beaucoup à voir avec la pauvreté et la maladie de Creutzfeld-Jacob (encéphalopathie spongiforme), entre autres. On en trouve la coutume présente en Inde (voir ci-dessous), notamment :

Human remains commonly wash up on the shores of the major river systems in India.
Although burial practices there tend to involve cremation, many families are too poor to
afford enough wood to burn the entire bodies of their loved ones and must settle for partial
cremation. Bone collectors who work along the river shoreline then gather the human
remains along with those of dead animals. Bones exported from India are ground up and
included as a major ingredient in commercial cattle feed. The disease agent (an infectious
protein called a prion) spreads throughout the nerve tissue of the cattle, concentrating in
the brain and spinal cord. Humans who consume beef infected with BSE are at risk for
developing the disease themselves, especially if they consume the brain and spinal cord
(often used in ground beef).


Extrait de l'"Encyclopédie des perstilences, des pandémies et des pestes" (en anglais) : [www.academia.dk]
Ces tweets sont une folie. Comment donner plus d’armes à ses détracteurs en si peu de mots ?

Le premier tweet soutient qu'au regard de l'Histoire, "Hitler ne paraîtra pas moins criminel" que Macron mais "plus franc, plus net" que lui.

Cela signifie qu'Hitler et Macron sont également criminels et que leurs crimes génocidaires sont comparables mais qu'Hitler avait une qualité, la franchise, que Macron n'a pas.

Le second tweet juge la Shoah "tout de même un peu petit bras auprès du remplacisme global", en tant que celui-ci ferait plus de victimes que les camps d'extermination nazis mais en usant des mêmes procédés (transformation des hommes en "matière humaine indifférenciée").

Macron serait donc pire génocidaire que ne le fut Hitler, parce que plus dissimulé et plus efficace que lui dans son entreprise criminelle.

Si des magistrats sont saisis, ils ne pourront juger ces propos que gravement diffamatoires, sauf pour eux à admettre que Macron est un criminel-génocidaire pire qu'Hitler.

Mais ils pourraient considérer en outre que la comparaison d'Hitler avec Macron, à l'avantage du premier, aboutit à relativiser non seulement la singularité et la gravité de la Shoah mais sa réalité même, puisqu’elle est assimilée à un génocide imaginaire, celui de Macron.
tout au plus ne témoignent-ils qu'une totale indifférence à l'idée qu'une petite minorité se fait de ce que devrait être sa "race" et son pays, ce qui n'a strictement rien à voir.


Non. Pas d'accord. C'est "tout au moins témoignent-ils d'une totale indifférence à l'idée que la vaste majorité des hommes se fait de ce que devraient être les races, les pays, l'appartenance, la singularité des individus et des groupes humains et celle de leur histoire et leur culture", qu'il faudrait écrire à ce sujet.

Si je vaux tous les hommes et que n'importe qui vaut, comme l'écrivait Sartre, qui fut tout de même une figure tutélaire du Mai 68 que s'apprête à célébrer le macronisme en grandes pompes, je n'ai plus rien d'un être humain, et ne suis rien d'autre que de la matière humaine indifférenciée, fonctionnelle, opaque, malléable, transférable, cessible et négotiable, et sans plus de coeur, de différenciation et d'autonomie propre qu'un sac de farine ou de ciment. C'est dans cette abolition qu'il y a crime contre l'humanité, qui s'accomplit sur un mode, par des moyens et une stratégie tout différents du génocide hitlérien, et sans être non plus proclamé ni revendiqué tel par ses auteurs, mais dont les effets visés (la disparition de plusieurs peuple par substitution et négation) ne sont pas moins vertigineux.

La thèse camusienne, les parallèles qu'elle dresse sont contestables et évidemment sujets à débat, provocation à débattre (car nous sommes encore en régime de liberté de parole relative), mais ils ne sont pas folie.
Francis, il m'étonnerait fort qu'une "vaste majorité" de Français soit prête à s'en-aller-t-en-guerre par souci exclusif et absolument prioritaire de l'intégrité de l'identité nationale, culturelle, ethnique, telle que la veut promouvoir et défendre Renaud Camus... Il n'est pas non plus à exclure que cette majorité soit absolument sidérée d'apprendre qu'elle est bel et bien génocidée, corps et âme, au moins autant que lors des pires génocides ayant été commis au cours de l'histoire, alors qu'elle n'est même pas sûre, du moins en a-t-on parfois la forte impression, de savoir précisément "où est le problème"...
C'est dire que les thèses camusiennes à ce propos semblent quand même très minoritaires, du moins n'ai-je jamais été convaincu du contraire jusqu'à présent...
Alain, vous contestez les thèses camusiennes et ouvrez le débat, ce qui est tout à fait légitime et normal. Ce que font ces associations qui attaquent l'homme qui les émet au chef que celui-ci se livrerait à travers elles à une apologie de crimes contre l'humanité est moralement indéfendable, scandaleux et pour le coup véritablement folie.

Une oligarchie mondiale qui se tient seule pour immuable en traitant le reste de l'humanité comme matière littéralement é-coeurée (privée de toute singularité et dont les individus sont dépourvus de tout coeur autonome, de toute âme libre et irréfragable, de toute lignée), dont les éléments sont interchangeables et transvasables comme matière inerte au gré des impératifs économiques et techniques, et qui entend refaçonner la notion de peuple à sa guise, oeuvre à un génocide global. Que les intéressés n'aient pour l'heure que vaguement conscience de cela n'obère en rien la caractérisation de ces faits. Le Goulag soviétique ne gênait point trop l'écrasante majorité des Soviétiques, pour ne rien dire des Allemands les camps d'extermination que l'oligarchie nazie avait mis en place en Pologne.
Mais enfin, ôtez-moi d'un doute : n'est-ce pas depuis au moins vingt ans que l'on stigmatise , orbi et orbi , à tort, à travers, à tous moments et à toutes les sauces, les anti remplacistes, les islamocritiques, tous ceux qui se disent ''Français de souche'' et qui, avec bien d'autres, s'angoissent de voir menacée l'identité de leur patrie et de son peuple sous la submersion invasive, en les traitant de nazillons, d'émules d'Hitler, ou n'était-ce qu'un fantasme, un fantasme de ''réductio ad Hitlerum'' ? Ne dit-on pas d'eux, à commencer par l'incontournable Edwy Plenel, qu'ils se comportent envers les musulmans comme hier les nazis et leurs collaborateurs avec les juifs ?
Et pourtant as-t-on jamais entendu que l’Union des Étudiants Juifs de France, la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT et SOS-Racisme. aient jamais accusé ces stigmatiseurs de contestation ou d’apologie de crime contre l‘humanité ?
Seul, donc, Renaud Camus n'aurait pas droit à sa petite ''reductio ad Hitlerum'', à lui ?
Davos et la davocratie : je viens d'apprendre, par coïncidence, de la bouche d'une dame suisse native des Grisons, où est situé Davos, que cette ville est la cité (bien cité, et non bourg, village ou hameau) d'altitude la plus élevée de toute l'Europe. Davos plaisait beaucoup aux nazis aussi pour cette particularité (nid des grands aigles, refuge ultime au-dessus du continent qu'il surplombe, etc.).

L'oligarchie mondiale qui s'y réunit lors du Forum mondial de l'économie, jamais insensible aux symboles, dit tout, par ce choix, d'une certaine vision qu'elle entretient de soi et du monde, de l'inspiration qui la guide, jumelle à celle de ses infâmes précédesseurs s'agissant du destin de l'humanité qu'elle entend tenir dans la main.
Cher Alain Eytan, il y a plusieurs façons de faire disparaître délibérément, un être humain ou un peuple : la manière rapide et brutale et la manière ''douce'' dite '' à petit feu''. Dans ce cas celui qui est voué à disparaître ne se rend compte de ce qui lui arrive que trop tard et mourra sans avoir réussi à éveiller les soupçons, ses ultimes tentative ne rencontrant le plus souvent que le doute dans l'entourage, voire l'ironie chez les autres. Cela s'appelle : un crime parfait. Mais qu'il soit ''parfait'', accompli à petit feu ou en un clin d'oeil, un assassinat reste un assassinat. Et le premier n'est pas plus excusable que le second.
Seul, donc, Renaud Camus n'aurait pas droit à sa petite ''reductio ad Hitlerum'', à lui ?

Hitler génocidaire-petit-bras à côté de Macron : vous parlez d'une "petite" ''reductio ad Hitlerum'' !

On n'est pas obligé de jouer à être plus c... encore que ses adversaires, sauf à vouloir leur servir de faire-valoir.

À part ça, le service de planification de la MHI (Matière Historique Indifférenciée) a décidé que Davos serait bientôt rabotée, pour que cette ville cesse de se donner de grands airs qui pourraient rappeler fâcheusement les HPSH (Heures les Plus Sombres de notre Histoire)
Si on la compare à celle, totalement démesurée, que pratiquent ses adversaires qui vous traitent de nazis pour un simple mot de critique à l'encontre de l'islam, pour une vanne de potache, pour le fait de seulement se dire ''Français de souche'', et j'en passe, elle semble en effet ''petite'', compte tenu qu'elle prend en considération non de simples broutilles, mais la disparition de tout un peuple. Ou alors nous n'avons pas le même notion de la démesure.
Oui, Cassandre, ce serait du niveau de Laure Adler, qui, au moment de la première "affaire" aurait déclaré, selon Renaud Camus, qu'il était "pire qu'Hitler". Je me suis d'ailleurs demandé si les tweets n'étaient pas une réponse différée, plus ou moins consciente.
À ma gauche, ceux qui pensent que la Shoah est le crime contre l'humanité le plus grave de tous les temps, et que les phénomènes actuels, aussi détestables soient-ils, ne sauraient égaler et moins encore dépasser Auschwitz pour ce qui est de l'horreur pure. Il s'agit, traditionnellement, de l'aile gauche du parti de l'In-nocence et des lecteurs de Renaud Camus qui auraient préféré qu'il ne se mêlât point de “politique”. Ceux-là condamneront les tweets incriminés.

À ma droite, ceux qui, sans minimiser un seul instant l'horreur de la Shoah, pensent avec l'écrivain qu'en dépit de son bruit et de sa fureur, elle fut néanmoins de portée “““limitée””” (ajoutez autant de guillemets qu'il le faudra) si on la compare aux opérations remplacistes contemporaines, lesquelles ont l'intelligence de n'être pas aussi directement visibles et brutales que celles d'Hitler. Ceux-là défendront les tweets.

Dans un cas comme dans l'autre, on semble s'accorder pour faire remonter la source de nos malheurs à la Révolution industrielle — mais davantage à l'américaine qu'à l'anglaise, semble-t-il, alors que c'est pourtant en Angleterre qu'elle est née (c'est du moins ce qu'on m'a dit à l'école...). Cet aspect-là de la question est, de loin, le plus troublant à mes yeux. Si pour lutter contre le remplacisme à la racine il faut renoncer à tout ce que la Révolution industrielle a apporté et dès lors retourner aux travaux de la ferme, alors il faut l'exprimer nettement. Mais je dois avouer qu'un tel projet ne me semble guère défendable, ni vraiment souhaitable. Qui, parmi nous, est réellement prêt à vivre en Amish ? (société qui, du reste, perdure merveilleusement dans l'être.)
"Dans un cas comme dans l'autre, on semble s'accorder pour faire remonter la source de nos malheurs à la Révolution industrielle"

Ah bon ?

Tous ceux qui tiennent pour aberrante la comparaison de Macron-le-génocidaire à Hitler-petit-bras ne s'accordent pas à "faire remonter la source" de la Shoah et de l'immigration africaine de masse en Europe à l'emploi industriel de la machine à vapeur.

M'est avis que la "reductio ad semita ferrum" n'est pas moins absurdum que les autres.

(Ce n'est peut-être pas utile que Francis Marche se donne la peine de m'expliquer qu'il y avait des machines à vapeur à Auschwitz et qu'il y en a aussi sur les bateaux des migrants qui traversent la Méditerranée...)
« M'est avis que la "reductio ad semita ferrum" n'est pas moins absurdum que les autres. »

Je partage cet avis. Que des industriels aient été, au cours de l'Histoire, les complices d'abominables dictateurs, c'est une chose. Cela ne signifie pas qu'il faille rejeter la Révolution industrielle, le progrès technique, le confort, etc., en bloc.
Cela ne signifie pas qu'il faille rejeter la Révolution industrielle, le progrès technique, le confort, etc., en bloc.

Rejet dont il n'était au demeurant nullement question dans les tweets, ni dans leur critique.

Macron n'est pas régulièrement dénoncé ici comme "industriel" mais bien plutôt comme "financier hors sol".
Pellet, je ne sais pas si vous avez tout suivi, mais les développements récents de la pensée camusienne mettent de plus en plus Taylor et Ford en cause ainsi que, par extension, le taylorisme et le fordisme, présentés à tort ou à raison, et du moins dans leurs pratiques, comme les initiateurs de l'hitlérisme. Ce faisant Renaud Camus instruit également, ou commence d'instruire, le procès de la Révolution industrielle.

(Macron, certes cité dans les tweets, n'est rien d'autre qu'un serviteur récent du remplacisme vu comme continuation de la Révolution industrielle via la Shoah.)
Citation
Cassandre
Cher Alain Eytan, il y a plusieurs façons de faire disparaître délibérément, un être humain ou un peuple : la manière rapide et brutale et la manière ''douce'' dite '' à petit feu''. Dans ce cas celui qui est voué à disparaître ne se rend compte de ce qui lui arrive que trop tard et mourra sans avoir réussi à éveiller les soupçons, ses ultimes tentative ne rencontrant le plus souvent que le doute dans l'entourage, voire l'ironie chez les autres. Cela s'appelle : un crime parfait. Mais qu'il soit ''parfait'', accompli à petit feu ou en un clin d'oeil, un assassinat reste un assassinat. Et le premier n'est pas plus excusable que le second.

Permettez-moi de me citer...

« ... pour ma part vouloir "tuer" une idée n'est pas tuer un homme : la volonté génocidaire nazie diffère considérablement de tout projet de métissage généralisé en ceci que le génocide consistait pour les nazis, hommes pratiques et sémantiquement sensés, à éliminer physiquement les individus composant l’entité conceptuelle appelée "peuple", et non à rendre caduques les traits définitoires seuls s’appliquant à ces individus, tout en les laissant vivre.
La distinction entre l’intension et l’extension d’un concept est en l'occurrence pour les principaux intéressés d’une importance primordiale, exactement comme celle qui sépare la vie de la mort, car même en déclarant nulle et non avenue l’intension d’un concept (ce qui définit le peuple en question), les hommes constituant son extension continuent néanmoins d’exister.
J’ai personnellement le plus grand mal à avaliser toute analogie qui ne prendrait pas du tout en compte de telles différences, aussi négligeables soient-elles. »
Oui, on ne peut qu'être d'accord avec ça. La destruction physique industrielle de millions d'êtres humains a un caractère spécifique unique et indicible. C'est pourquoi la Destruction des Juifs d'Europe est un phénomène unique — mais pas en tant que génocide. Il y a eu d'assez nombreux génocides dans l'histoire, et sans doute au cours de la préhistoire, dont des plus radicalement achevés que celui-là, aboutissant à une disparition totale des peuples concernés, pas forcément par élimination physique de l'ensemble de la population : l'absorption, le refoulement suivi d'une extinction progressive et même l'assimilation plus ou moins forcée sont d'autres moyens d'éliminer un peuple et la plus ou moins grande violence employée ne préjuge pas du caractère plus ou moins achevé, complet, de l'élimination.
Pellet, je ne sais pas si vous avez tout suivi,

Moi non plus je ne sais pas si j'ai tout suivi mais il me semblait que sur ce fil il était question des tweets et que sur un autre on traitait du discours du discours de Baix, lequel mélange les références à Taylor et à Ford, à la colonisation et à l'Occupation.

Je n'ai vu nulle part une quelconque référence à la Révolution industrielle source de la Shoah et de l'immigration africaine de masse en Europe.

Que je sache, Taylor et Ford ce n'est pas ce que l'on appelle ordinairement la Révolution industrielle. The Principles of Scientific Management ont été publiés en 1911 et l'application des principes par Ford ne date que de l'entre-deux-guerres.

Il est question dans le discours de Baix de "la production industrielle de l’homme remplaçable, de la Matière Humaine Indifférenciée (MHI)", du "caractère unique de l'extermination industrielle" des victimes du génocide hitlérien et... de "la finance hors-sol post-industrielle".

Le caractère industriel de la Shoah est une évidence pour tout le monde et nullement une découverte, enfin je veux le croire.

Les tweets rapprochent la Shoah, en tant que génocide industriel, et... l'immigration africaine de masse en Europe en tant qu'elle serait un élément d'un processus plus général de génocide de l'homme blanc dont, en France, le président Macron serait un des responsables, en tant qu'il est un des représentants de la la finance hors-sol post-industrielle.

Dans ce type de "démonstration", l'Histoire est belle et bien réduite à l'état de "Matière Historique Indifférenciée", utile à tous les usages, même les plus aberrants.
La destruction des juifs d'Europe n'a pas, pour l'essentiel, était accomplie de manière industrielle. Le gros du 1,5 millions d'enfants juifs assassinés, par exemple, l'a été de manière sanglante, brutale, sadique, effroyable. Donc ramener tout le génocide juif à Auschwitz pour, dans un second et troisième temps, étirer un lien logique allant de la déshumanisation fordienne au grand remplacement (phénomène dont les conséquences calamiteuses outrepasseraient toutes celles de l'infernal massacre, commis de près, des juifs) en passant par les chambres à gaz n'est pas vraiment pertinent. On ne peut pas faire de ce massacre une abstraction transposable à titre de comparaison avec d'autres événements. Enfin, il me semble.

Ci-après un extrait de l'entretien de Timothy Snyder à la Vie des idées :

La Vie des idées : Le livre a été critiqué – de manière contradictoire – pour avoir déplacé l’Holocauste en tant que centre du récit sur les massacres en Europe de l’Est pendant la Deuxième Guerre mondiale, et pour avoir remis en question la place qu’occupe Auschwitz dans ce récit ; mais vous avez aussi été critiqué pour avoir utilisé le mot Holocauste, ce qui était perçu comme une façon de préserver la singularité du massacre des Juifs. Comment interprétez-vous ces critiques contradictoires ?

Timothy Snyder : Le livre s’est attiré les critiques des nationalistes, qui ont tous dit que le livre était utile à quelqu’un d’autre, mais pas à eux. Pour les nationalistes ukrainiens, le livre était utile aux Juifs ; pour les nationalistes polonais, ce sont les Ukrainiens qui en tirent partie, et ainsi de suite. Mais je n’ai écrit ce livre pour aucun groupe en particulier ! En ce qui concerne le fait de déplacer l’Holocauste comme centre du récit, cette critique vient, je pense, de la façon dont nombre de gens de l’Ouest confondent Auschwitz et l’Holocauste. Auschwitz est un symbole incroyablement important, mais c’est aussi un symbole confus, et dans un certain sens inadéquat. Il est confus parce qu’Auschwitz était à la fois un camp et une usine de la mort, ce qui était inhabituel. De plus, le fait d’associer l’Holocauste aux survivants d’Auschwitz comme Primo Levi signifie oublier le fait que la plupart des gens qui descendaient du train à Auschwitz étaient immédiatement gazés dans l’usine de la mort. Il est vrai que de nombreux Juifs d’Europe de l’Ouest furent envoyés à Auschwitz – cela explique pourquoi Auschwitz représente la perspective ouest-européenne sur l’Holocauste.

Il faut nuancer de deux façons cette importance d’Auschwitz. Premièrement, la plupart des Juifs qui y trouvèrent la mort n’étaient pas des Juifs d’Europe de l’Ouest. Deuxièmement, de nombreux autres ne sont pas du tout morts à Auschwitz. Parmi 3 millions de Juifs polonais, 7% furent tués à Auschwitz. Ces 7% restent en quantité supérieure au nombre de Juifs d’Europe de l’ouest qui furent tués, mais cela signifie que 93% des Juifs polonais furent tués ailleurs. Plus d’un million de Juifs soviétiques furent tués pendant l’Holocauste : presqu’aucun d’entre eux ne fut tué à Auschwitz. Treblinka a tué à peu près autant de Juifs qu’Auschwitz. En tenant compte des gens qui y sont morts, ce camp est beaucoup plus représentatif des Juifs qui furent tués pendant l’Holocauste. La méthode d’exécution est également plus représentative : une mort immédiate pour presque tout le monde, sans camp de travail. Auschwitz donne une vision occidentalisée de l’Holocauste. L’idée qu’en ajoutant à Auschwitz je suis en train de minimiser l’Holocauste d’une manière ou d’une autre n’a aucun sens pour moi, car Auschwitz est en soi une version minimisée de l’Holocauste. Les Occidentaux se sentent réconfortés par cette version car elle leur permet de s’identifier avec les victimes, et de maintenir à distance la tuerie qui a eu lieu en s’imaginant – à tort – qu’elle était d’une certaine manière industrielle et distante. En réalité, c’était un processus très intime, du début à la fin. C’est pour toutes ces raisons que je pense qu’Auschwitz en tant que symbole conduit à une mise à distance des gens qui y sont morts, ainsi que de l’immense majorité des victimes qui furent tuées ailleurs[/b].

Marcel Meyer,

le discours de Baix ne procède pas seulement à une comparaison "quantitative" des génocides, en tant que tels (la Destruction des Juifs d'Europe considérée seulement "en tant que génocide"), sans s'occuper de la spécificité de la Shoah, il tente au contraire, comme le dit M. Comoli, d'"étirer un lien logique allant de la déshumanisation fordienne au grand remplacement (phénomène dont les conséquences calamiteuses outrepasseraient toutes celles de l'infernal massacre, commis de près, des juifs) en passant par les chambres à gaz"

Il est longuement question du processus de "matière humaine indifférenciée" qui aurait commencé avec Taylor, avant de se prolonger avec Hitler-petit-bras, et de s'accomplir beaucoup plus massivement avec Macron-financier-hors-sol.

Les deux aspects, "quantitatif" (le nombre de victimes) et "technique" (la méthode d'extermination, la production de MHI), sont bien liés dans le discours.

Et l'immigration africaine de masse en Europe ("Le Grand Remplacement") serait un génocide de l'homme blanc qui trouverait son origine, en tant que génocide, dans le même processus industriel de production de la MHI qui aurait conduit à la Shoah.
« Je n'ai vu nulle part une quelconque référence à la Révolution industrielle source de la Shoah et de l'immigration africaine de masse en Europe. »

La filiation est pourtant claire, et pratiquement expresse. D'autre part, entre les tweets et les différents discours, il n'y a pas de solution de continuité, c'est pourquoi j'en parle ici.
Bien que l'on ne puisse évidemment pas réduire toute la Révolution industrielle à Taylor et à Ford, on ne peut pas exclure ceux-ci de celle-là. Ces deux hommes ne furent-ils pas les deux grandes figures de la deuxième Révolution industrielle, celle qui ouvrit l'ère de la production de masse en faisant passer les méthodes chronométrées des ateliers aux usines modernes ? N'ont-ils pas fini par représenter l'épicentre de la Révolution industrielle dans son ensemble, après l'ère victorienne et avant la mise en œuvre des principes japonais ? Quels autres noms viennent aussi directement à l'esprit, quand on évoque la Révolution industrielle ? (hormis Adam Smith, et plus tard Dickens ou Ruskin, mais on entre déjà dans le domaine de la critique et de l'esthétique.)

Quoi qu'on pense de Taylor et de Ford, et quelles qu'aient été leurs collusions avec les tyrans du XXème siècle, je ne pense pas que l'industrie et le progrès technique soient à condamner. Ou alors il faut assumer pleinement, comme idéal politique et social, un retour au pur artisanat (bien hypothétique il me semble...).
Pellet : « Les tweets rapprochent la Shoah, en tant que génocide industriel, et... », mais non, pas en tant que génocide industriel, justement, en tant que génocide tout court (cf. mon post précédent).

Comolli : ne jouons pas sur les mots. “Industriel” signifie ici à la chaîne et mécaniquement. En ce sens, Treblinka, Sobibor, Chelmno et Belzec ont été encore plus industriels qu'Auschwitz, qui, comme Maidanek, était un camp mixte (d'où le tri à l'arrivée). Plus pertinent comme contre-exemple aurait été la dite “shoah par balles”.
la deuxième Révolution industrielle :

Sincèrement, quand je lis "Révolution industrielle", dans un raisonnement qui recherche l'origine, le point de départ des processus, je ne pense pas d'abord à la deuxième, c'est pourquoi je parlais plus haut de machine à vapeur.

Le malentendu est donc levé sur ce point.
Marcel Meyer,

votre réponse à M. Comolli contredit celle que vous me faites.

S'il n'est question que du nombre de morts, pourquoi est-il question, à propos du "génocide de l'Homme blanc", de la production industrielle de la MHI, pourquoi faire cette généalogie de Taylor à Macron, via Hitler ?
Non, Marcel, les travaux de Snyder montrent justement que le massacre des juifs fut une entreprise abominable "jusqu'au bout", conduite dans un chaos insigne, qu'il fut un spectacle dantesque commis par des enragés sous les yeux des habitants non-juifs de milliers de petites bourgades d'Europe de l'est. Ce sont les proportions du génocide qui furent industrielles et pas les conditions dans lesquelles il fut exécuté. D'où une difficulté bien légitime à accepter que l'on puisse mettre sur un même plan le macronisme et le cassage de crânes de nourrissons contre des murs de maisons ou l'achèvement de jeunes filles à coups de pierre de taille dans un puits. Hilberg, que vous avez cité, parle d' "orgies de massacres". Sans les chambres à gaz, la destruction des juifs eut été menée à son quasi terme à coups de gourdin et au lance-flammes (d'ailleurs, même à Auschwitz les Hongrois furent tués brûlés vifs). Donc, industriel, ce génocide ? Pas vraiment, ou vraiment pas si l'on suit les travaux de Snyder et de ses disciples. La Shoah fut un déchaînement, et sa planification ne change rien à l'affaire.
Le Discours de Baix,

1° ne considère pas la Shoah "en tant que génocide tout court" mais également "en tant que génocide industriel, justement" :

"Les camps de concentration et d’extermination c’est dans une large mesure l'applicarion au génocide des Principes de la Gestion Scientifique."

2° trouve une source commune à la Shoah, "en tant que génocide industriel, et au "Grand Remplacement", c'est Taylor :

"Le père du remplacisme global est Frederick Winslow Taylor, le Taylor de la taylorisation, de la standardisation, de la normalisation."
Si l'on en croit les différents tweets et discours, Hitler comme l'actuel “génocide” des blancs par substitution auraient pu être évités si seulement la connaissance scientifique, le progrès industriel et le développement des méthodes de production avaient eu le bon goût de s'arrêter en 1910. Qu'on soit d'accord ou pas avec ce raisonnement, il n'en reste pas moins que :

1) En 1910, la machine, si j'ose dire, était déjà lancée depuis un bon moment. Décider un bon siècle plus tard que tout un pan de l'Histoire aurait dû s'arrêter là semble vain.
2) Il faudrait accepter de n'utiliser aucun objet produit en masse après cette date, puisque tous ces objets sont le résultat de méthodes de production pré-génocidaires.
L'industrialisation forcée menée en Chine par Mao-tsé-toung et sa clique dans les années 50 et 60 a entraîné DIX FOIS PLUS de morts prématurées que la tentative d'élimination des juifs d'Europe par Hitler, en une petite dizaine d'années. Si l'on se donne la peine de comprendre que le communisme, en Asie orientale, Orient russe compris, fut une préparation de l'entrée en scène du taylorisme dans cette partie du Monde (ici, se donner la peine de comprendre veut dire "se donner la peine de constater"), dernière partie du monde qui lui restait à conquérir hormis l'Afrique, les spéculations camusiennes sur la remplaçabilité génocidaire qui fait la force et l'axe de propagation de la révolution industrielle et de l'économisme mondialisé – révolution mécaniciste et réificatrice (le temps industriel étant lui-même autre que le temps humain) –, ces spéculations doivent être considérées avec le plus grand sérieux et le plus grand respect, non moins grands que ceux que l'on accorde à la mise en perspective de la Shoah dans l'histoire.
"Il me semble que Renaud Camus leur fait un mauvais procès" (à Taylor et Ford)

Et à Macron ?

C'est quand même lui qui est désigné dans les tweets et à qui est imputé la responsabilité d'un génocide
"Il me semble que Renaud Camus leur fait un mauvais procès" (à Taylor et Ford)

J'ai finalement retiré cette phrase, car après tout il y aurait en effet bien des choses à leur reprocher. Mais si l'on veut se débarrasser d'eux, il faut également renoncer au confort que leurs méthodes ont apportées.

Pour ce qui est de Macron, il me semble qu'il est dénoncé en tant que simple exécutant de la “davocratie”, plutôt que responsable direct. Mais la discussion porte davantage sur les liens qui unissent taylorisme, Shoah et Grand Remplacement. Renaud Camus décrit des liens quasi-directs, mais il me semble que les relations qu'il établit sont discutables. Plus encore, les conséquences qu'il faudrait en tirer, à savoir un strict retour à la vie telle qu'elle était en 1910 (au plus tard), ne me semblent ni réalistes, ni forcément souhaitables.
Pour ce qui est de Macron, il me semble qu'il est dénoncé en tant que simple exécutant de la “davocratie”, plutôt que responsable direct.

Ah bon ?

Tweet n°1 : « Au regard des remplacistes à la Trudeau, Macron ou suédois, Hitler ne paraîtra pas moins criminel mais peut-être plus franc, plus net. »

Sachant que le crime dont il est question c'est un génocide, celui du remplacisme global

Tweet n°2 :
« Le génocide des juifs était sans doute plus criminel mais paraît tout de même un peu petit bras auprès du remplacisme global ».

Discours de Baix :

"Je suis déjà trop long et pour ne pas allonger je vais faire usage d’une facilité qui m’est offerte pour expliquer ce que je veux dire par remplacisme global. On peut le définir d’un seul mot, ou plutôt d’un seul nom : Macron."
Les choses et les raisonnements se chevauchent, se croisent, s'embrouillent.

Concernant la Shoah, il y a eu trois processus très différentes :
- partout, dans les ghettos et dans les camps de travail, par la faim, les maladies, le travail à la chiourme et les brutalités directes
- l'élimination massive, par fusillade à bout portant, d'environ un million et demi de Juifs de l'Est, par les Einsatzgruppen, pour l'essentiel en URSS
- et enfin l'élimination “industrielle” en chambre à gaz (d'abord mobiles, dans les camions de Chelmno, puis fixes par injection de gaz d'échappement de gros moteurs diesel à Treblika et Sobibor, et enfin par le Zyklon B à Auschwitz surtout). Dans ce dernier cas, le plus unique, il y a très peu de contacts, au sein des camps d'extermination, entre les Allemands et leurs victimes. Les gardes qui fouettent les arrivants (ou, à Auschwitz, les sélectionnés pour la chambre à gaz) pour les pousser dans les chambres à gaz lorsqu'ils n'y vont pas assez vite sont les plus souvent des Ukrainiens, ou autres auxiliaires, et ceux qui rasent et font se déshabiller les condamnés et disposent ensuite de leurs cadavres, ceux que l'on a appelé les esclaves de la mort, sont juifs (les Sonderkommandos) ; les Allemands se contentaient, pour l'essentiel, d'organiser, de commander, de surveiller.

Concernant la contradiction dont parle Rémi Pellet, je ne la vois pas, mais je ne voulais pas entrer dans la discussion sur la MHI, Ford et Taylor. Mon propos est plus modeste : la question de la pulsion suicidaire mise à part, peut-on parler de génocide lorsqu'il n'y a pas assassinat de masse ? Finkielkraut ne le croit pas, pour lui, comme il l'a très nettement réaffirmé ce matin, on ne peut parler de génocide que s'il y a assassinat de masse. Mais tuer un peuple peut à mon sens se faire par d'autres moyens (comme l'avait proclamé Césaire) : on peut tuer un peuple sans tuer systématiquement la population qui le constitue, et c'est exactement ce qui nous pend au nez. Les tweets de Renaud Camus apparaissent de façon très différentes dans les deux perspectives.
Les tweets de Renaud Camus apparaissent de façon très différentes dans les deux perspectives.

Assurément, mais si l'on opte pour la référence à Césaire, et son "concept" de "génocide culturel", la comparaison devait se faire entre deux colonisations, celle de l'Afrique par l'Europe, et l'inverse, en cours, pas de Macron avec Hitler et la Shoah.
Mais pourquoi donc ? Macron est bien l'un des plus enthousiastes protagonistes, promoteurs, activateurs de ce génocide-là.

Comme je l'ai écrit ailleurs, je suis moi aussi réticent devant l'emploi du mot de génocide pour le Grand Remplacement mais pas pour les mêmes raisons : parce qu'il m'apparaît davantage comme un suicide assisté que comme un assassinat ; cependant, dans les deux perspectives — qui sont en grande partie compatibles du reste — Macron est tout à fait emblématique.
Macron est bien l'un des plus enthousiastes protagonistes, promoteurs, activateurs de ce génocide-là.

Je veux croire que vous parlez du "génocide culturel".

Que vous reprochiez à Macron d'être complice d'un "génocide culturel", soit, mais pourquoi le comparer à Hitler et à la Shoah ?
Oui, bon, d'accord. Mais qu'est-ce qu'on peut reprocher à ces tweets exactement ?

J'ai bien lu nos interventions, j'ai bien écouté Finkelkraut.
Tout de même.
Personne ne note que les Trudeau, Macron, et des autres suédois (?), sont des dirigeants, donc des élus de ces peuples dont on procède actuellement au remplacement, et ce, en vertu de principes mécanistes qui ne relèvent pas du choix des peuples à disposer de leur destin. Ces dirigeants collaborent à ce remplacement pas substitution (voir, le concept de migration de remplacement émis par l'ONU).

Et si ce n'est pas ce que veulent ces dirigeants, alors, qu'ils organisent des référendums.

Qu'est-ce qui pose problème ? C'est le mot génocide .? Le mot shoah ?
Si je dis shoah par substitution, je deviens criminel parce que le mot shoah est un mot réservé au peuple juif ? Parce que le déterminisme mis en œuvre n'est pas celui d'un fou furieux ? Parce que ça ne se voit pas qu'il y a une religion derrière cette substitution ? Parce que ça ne va pas assez vite ? Parce que je viens de dégrader le pureté symbolique des mots du nouvel ordre religieux du monde ?

Quant au génocide, il y a aussi cette citation d'Hannah Arendt


(source)
Entièrement d'accord avec Alain Finkielkraut, que je n'avais pas entendu avant de débattre ici

[www.youtube.com]
Entièrement d'accord avec Alain Finkielkraut, que je n'avais pas entendu avant de débattre ici

Dis comme ça, je suis entièrement en désaccord avec Finkielkraut
 
Après avoir voté pour Macron et face à l'horreur de ce qui survient comment A. F. peut-il encore oser, sans avoir la honteuse sensation d'avoir montré patte blanche à la doxa remplaciste, s'en prendre à la prétendue "auto-radicalisation" de Renaud Camus ? C'est justement de plus de radicalité, dont nous avons besoin.
Avoir voté Macron et être lucide face à l'horreur de ce qui survient. Le paradoxe est intenable.

Comment A. F. peut-il oser, sans avoir la honteuse sensation d'avoir montré patte blanche à la doxa remplaciste, s'en prendre à la prétendue "auto-radicalisation" de Renaud Camus ? C'est justement de plus de radicalité, dont nous avons tant besoin.
30 octobre 2017, 14:10   La vie des idées
Au fond, le "problème" se résout facilement si l'on considère que Renaud Camus accorde aux nations et aux peuples une existence au moins aussi réelle que celle des hommes, et d'une certaine façon distincte de l'existence d'iceux, et que l'importance et la valeur du tout est au moins aussi grande que celles des parties qui le composent : dans ce cas de figure, le "génocide indirect", qui consiste à éliminer la notion particulière de peuple en en détruisant l'idée même, tout en laissant les hommes vivre, est comparable moralement, par la destruction d'être que cela implique, au "génocide direct", qui veut éliminer un peuple en assassinant physiquement les personnes.
Qui plus est, les auteurs présumés du premier type de génocide seront donc tenus pour aussi responsables et moralement coupables que les auteurs avérés du génocide direct, puisque le mal n'est pas jugé moindre du fait de la valeur ontologique attribuée, à ce niveau de réalité-là, aux peuples en tant que tels, valeur pour le moins égale, en droit et en dignité, à ceux de la personne humaine individuelle.
Ce qui transforme Macron, s'il est établi que son action mine durablement et fatalement l'existence de l'entité collective "peuple français", du corps national français pratiquement doué d'une sorte de vie indépendante, en génocidaire émule de Hitler, qui n'est qu'un petit-maître en la matière, puisque requis seulement par l'aspect bassement matériel de l'être des choses.

Et les deux types de génocides produiront ainsi des résultats comparables, comme déni d'être, puisque ce sera dans les deux cas la "matière humaine indifférenciée" : aussi choquant que cela puisse paraître, les fameuses pelletées de corps désarticulés de Bergen-Belsen seront donc mises au même niveau, dans le degré de l'horreur, que le consommateur déracisé par le brassage métissolâtre industriel et culturel généralisé, assassin des peuples et des différences nationales, et les stücke de l'entreprise de destruction nazie, matière première à la fabrication des corps conglutinés ou calcinés des camps de la mort, seront l'équivalent physique de la vlogueuse lambda branchée d'aujourd'hui, enjouée et apparemment heureuse de vivre, parfaite illustration de la matière résiduelle humaine après la mort spirituelle des peuples.
30 octobre 2017, 14:30   Re : La vie des idées
Exactement. C'est même sûrement ce qu'on lui reproche.
Il y a aussi, quelque part, une question de précédence, en ceci qu'il apparait [aujourd'hui,] nécessaire de faire passer le collectif "peuple français" avant l'individu "citoyen français".
Et là, je trouve que Finkelkraut se trompe un peu de collectif.
 
30 octobre 2017, 15:01   Re : La vie des idées
Cher Alain Eytan, je trouve que c'est bien résumé et très convaincant : nous voilà d'accord.

Reste à démêler de façon plus précise ce qui est assassinat de peuple, populicide, génocide, plus ou moins consenti, et ce qui est suicide assisté.
30 octobre 2017, 15:56   Re : La vie des idées
À vrai dire, je ne suis pas d'accord avec ce principe, et tiens, ce qui n'est de nos jours guère original, que seul l'homme saigne et souffre, et que le degré du mal infligé ne peut être évalué qu'à proportion de la souffrance qui en peut être ressentie : les entités collectives ne ressentent, jusqu'à preuve du contraire, rien.
Mais il est quand même caractéristique que cette sorte d'"animisme des constructions sociales", si l'on peut dire, et les jugements de valeur qui en découlent, n'aient carrément plus droit de cité dans l'ère du primat ontologique apparemment absolu accordé à l'individu seul...
Pour ce qui est de la difficulté à trancher entre le meurtre ou le suicide un peu, ou très assisté, elle subsiste...
30 octobre 2017, 16:50   Re : La vie des idées
le "génocide indirect", qui consiste à éliminer la notion particulière de peuple en en détruisant l'idée même, tout en laissant les hommes vivre,


Un "génocide indirect" qui commence à dater puisque la problématique de l'identité apparaît selon moi au XVIIIe siècle, avec la modernité qui affranchit les individus des circonstances de leur naissance ; ainsi la philosophie des Lumières arrache la question identitaire à toute "naturalité", au nom du libre choix des individus. Bref, Macron n'invente rien.
30 octobre 2017, 17:26   Re : La vie des idées
Le concept de "génocide indirect sans morts" me fait penser à la formule "la langue est fasciste".

Cet usage métaphorique des catégories historiques permet tous les abus ("CRS-SS" ; les châlits de Tokyo héritiers des châlits d'Auschwitz, cf. l'autre fil)
"génocide indirect sans mort" rappelle en effet des expressions "années 70" comme racisme anti-jeune.

Ne pas confondre maladresse de langage et anomie conceptuelle. Le renoncement à vivre et à engendrer sont des signes qui décèlent le génocide : morts prématurées et absence de descendance, sous l'effet de pratiques autodestructrices telles que prises régulières de narcotiques et alcoolisation, notamment, peuvent faire l'économie de massacres sanglants. L'extermination des Indiens d'Amérique, si l'on peut parler à ce sujet de génocide, s'accomplit aussi et surtout par ces voies-là. L'affliction des peuples indigènes d'Europe occidentale, dont la natalité est en berne, où l'avortement est encouragé, dont la déculturation est pour ainsi dire politique officielle des gouvernants, et où la consommation de stupéfiants est en passe d'être dépénalisée, banalisée et générale, présente des parallèles suffisamment parlants et inquiétants avec le génocide des Indiens d'Amérique pour imposer le respect des thèses camusiennes sur la question.
Plus prodigieux encore : le "génocide indirect avec augmentation du nombre des vivants"

En 2006, Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a reproché à la France d'avoir commis un "génocide culturel"...

[www.la-croix.com]

Il lui était difficile de parler d'un "génocide-tout-court", parce que la population des indigènes musulmans a considérablement augmenté pendant la colonisation.

Mais ainsi les musulmans ont eux aussi leur "génocide", comme les juifs... ou presque...
Je ne sais précisément ce qu'est une "anomie conceptuelle" ("antinomie" ?), mais le "génocide indirect" (terme suggéré par Marcel lors d'une discussion précédente et que j'ai repris) n'est ni une métaphore ni une maladresse de langage, si on envisage la possibilité de conférer de l'être, une existence propre et irréductible aux complexes sociaux que sont les peuples et les nations, c'est-à-dire un type d'existence distinct de celui des individus qui les composent, comme dit précédemment : il semble bien que la doxa actuelle n'accorde de statut ontologique et d'existence réelle qu'à l'individu, et ne fait des peuples, le tout, que le simple produit de ses parties, les hommes, sans accorder de possibilité de solution de continuité entre ces deux formes d'être. Mais dans ce cas, le tout ne sera jamais que l'agrégat formé par ses parties, quelles qu'elles soient, et le "peuple français" deviendra essentiellement aussi interchangeable que les hommes dont il est constitué ; si l'on reconnaît à ce peuple, tel qu'il s'est constitué, des qualités et attributs propres en assurant l'intégrité, il faut bien que l'idée de ce peuple, le modèle presque archétypique de ce qu'il doit être existe en quelque sorte indépendamment de ce que sont et deviennent les personnes : en niant ce facteur d'indépendance et d'irréductibilité de la réalité "idéelle" du peuple (faute de trouver un autre adjectif (j'ai une grippe carabinée) pour le moment, j'utiliserai ce terme un peu platonicien), en le niant donc, on tue le peuple, en rend caduque et inexistant le sens qui le fait être ce qu'il est, sans toucher aux hommes.
C'est un peu une version revisitée de la querelle des universaux : les modernes veulent universaliser l'individu, socle et pierre angulaire de toute réalité ; Camus veut individualiser cet universel-là, en l’occurrence le concept de "peuple français", en le dotant des attributs d'existence de l'individu.
Génocide culturel est un concept qui a été formulé par l'inventeur du mot génocide, le juriste Raphael Lemkin, après le tribunal de Nürenberg.

Le droit à l'existence des groupes:



(source)
Merci à vous Pierre, pour ces références. A ajouter à l'arsenal des armes employées dans ce génocide culturel: ce qu'il est convenu d'appeler enseignement de l'oubli, dont s'est fait la spécialité l'éducation nationale, qui occulte aux jeunes indigènes jusqu'au nom de Napoléon Bonaparte et leur inculque la honte d'appartenir à la nation française comme ailleurs et en d'autres temps la honte d'être Sioux ou Commanche.
Nous y voilà en effet.

Si Macron est un criminel à l'égal d'Hitler - mais sans sa franchise - parce qu'il se rend complice du "génocide culturel" de la France par "remplacisme général", alors Bouteflika a raison : la France a commis un génocide culturel en Algérie, les 132 ans qu'a duré la colonisation, puisque ses habitant ne savent plus s'ils sont aujourd'hui des "Amazighs, des Arabes, des Européens ou des Français..."

On comprend que les Algériens veuillent nous le faire payer...

Et on comprend également que Macron ait déclaré que la colonisation française de l'Algérie a été un crime contre l'humanité : [www.francetvinfo.fr]

Quelle merveilleuse façon de donner raison à ses adversaires.
Vous découvrez la lune, mon Cher Pellet : il y a au moins un lustre que Renaud Camus donne les Algériens en exemple en tant que peuple qui s'est battu contre l'occupation et la colonisation de sa patrie...
Avant de donner raison à l'adversaire, c'est d'abord une manière sûre et fiable de le reconnaître et de le poser comme tel, et qui rend particulièrement cohérents et logiques les appels de Camus à la remigration, comme pendant historique à la fameuse injonction algérienne d'antan la valise ou le cercueil, cohérence qui plaide pour une rationalité à l'oeuvre dans cette pensée, n'en déplaise à Finkielkraut.
Mon Cher Marcel Meyer, c'est une chose de dénoncer la colonisation, c'en est une autre de parler de génocide. Le débat porte sur cette question, non ? Vous aviez donc approuvé les propos de Macron sur les crimes contre l'Humanité commis par la France en Algérie ?

Au moins, vos adversaires ont pour eux la cohérence : le "génocide culturel" subi par les Algériens fut la suite de génocides "physiques", les "enfumades" de 1845 par exemple.

Alors que dans notre cas, ce serait le peuple français qui, en élisant Macron, aurait choisi de pratiquer le génocide de lui-même. Après le génocide indirect sans morts, l'auto-génocide ?

Et si vous avez un instant, pouvez-nous dire si pour vous aussi les châlits de Tokyo ou de Hong-Kong sont les héritiers de ceux d'Auschwitz ?
Il n'y a pas eu de ''génocide '', quel que soit l'acception que l'on donne à ce terme, en Algérie car il n'y a pas eu de submersion de la population indigène par les colons, bien au contraire puisque cette population a été multipliée par huit pendant la période colonial et grâce à elle, et que les ''colons'' n'en ont jamais représenté, au plus fort de leur présence, que le dixième, proportion vouée d'ailleurs à diminuer peu à peu par rapport à l'augmentation régulière des Algériens.
Rien à voir, donc, avec la France colonisée d'aujourd'hui.
"les ''colons'' n'ont jamais représenté, au plus fort de leur présence, que le dixième" de la population de l'Algérie française.

Michelle Tribalat, qui n'est pas exactement une dhimmi, estime que les musulmans sont en France au nombre de 5 millions, au maximum.

Or la population français s'élève à 66,9 millions d'habitants.

Les musulmans représentent donc moins de 7,5 % de la population française.

Pour moi donc, ll n'y a pas de ''génocide '', quelle que soit l'acception que l'on donne à ce terme, en France. Un processus de colonisation oui, certainement, comme l'écrivait Braudel.
Fernand Braudel, l'Identité de la France, Flammarion 1990 [1986], p. 586 :

« pour la première fois, je crois, sur un plan national, l’immigration pose à la France une sorte de problème “colonial’’, cette fois planté à l’intérieur d’elle-même ».

Les italiques sont de Braudel.

Et Braudel visait spécifiquement l’immigration musulmane en tant que « l’Islam n’est pas seulement une religion, c’est une civilisation plus que vivante, une manière de vivre ».

Et les deux colonisations n'ont rien à voir avec un mode de production de la "Matière Humaine Indifférenciée", qui perdurerait de Taylor-Auschwitz à aujourd'hui.
Et donc, Marcel Meyer, je découvre la lune ?

Communiqué n° 1989, vendredi 17 février 2017 Sur les déclarations algériennes de M. Emmanuel Macron

Le parti de l’In-nocence et le NON (au Changement de Peuple et de Civilisation) espèrent vivement que les ignominieuses déclarations de M. Emmanuel Macron en Algérie, selon lesquelles la colonisation française aurait été « un crime contre l’humanité », inaugureront le reflux dans les sondages et dans les intentions de vote du candidat qui s’affirme tous les jours plus nettement comme celui de la trahison, mais d’abord du remplacisme global, c’est-à-dire de la finance hors-sol et de l’antiracisme mêlés, pour la production industrielle de la Matière Humaine Indifférenciée (MHI). Que des Français puissent sérieusement envisager d’apporter leurs suffrages à un tel homme, qui ne se cache même pas de sa haine pour notre pays, montre assez le degré d’aliénation et d’hébétude auquel les intérêts cyniques de quelques-uns ont pu porter notre peuple. Ceux-là dénoncent une colonisation révolue, qui eut ses ombres et ses mérites, pour mieux dissimuler une colonisation en cours qui, elle, n’est que destruction sans retour.

Après le génocide indirect sans morts, le génocide culturel qui n'est pas un crime contre l'humanité ?
Le génocide culturel des nations de l'ouest de l'Europe est une évidence constatable partout : il suffit d'ouvrir un livre de classe d'histoire pour éleves des collèges, allumer sa télévision aux heures de grande écoute, traverser à pied le centre de n'importe quelle ville de province les yeux ouverts pour dresser ce constat.
Il n'y avait pas, il n'y eu jamais, ni dans les faits ni dans les intentions, de Grand Remplacement en Algérie française. Le GR n'est en rien réductible à un fait colonial, celui-ci dans le cas des Maghrébins de France, se greffe offensivement et agressivement sur celui-là. L'offensive coloniale de certains sur le sol de France est conduite à la faveur d'un GR global pensé et mis en oeuvre par la Davocratie. Est-ce enfin clair?
Francis Marche, oui, la déréliction culturelle de nos sociétés est une évidence. L'utilisation du terme "génocide" est un abus de langage.

Macron serait "ignominieux" parce qu'il accuse la France d'avoir commis un crime contre l'humanité en colonisant l'Algérie, mais vous ne le seriez pas, vous, ignominieux, en l'accusant de participer à un génocide contre la population blanche ?
La promotion d'un vivre-ensemble qui se traduit au quotidien par un enfer pour les populations indigènes et leur génocide culturel, doublé d'atrocites sanglantes (plus de tués au Bataclan que dans aucune tuerie de masse commise à Paris pendant l'occupation nazie), est une ignominie, oui.
Vous avez l'indignation sélective. Souvenez-vous...

Alphonse de Lamartine

Discours à l’Assemblée nationale

Séance du 10 juin 1846



(...)

Après une suspension d’un quart d’heure la séance est reprise et M. de Lamartine remonte à la tribune.)

M. de Lamartine. Messieurs, j’ai montré, autant qu’il était en moi, l’inanité des différents systèmes de colonisation qui ont été présentés jusqu’à ce jour, ou dans la presse, ou à la tribune, pour peupler et administrer l’Afrique.

Permettez-moi de reporter maintenant exclusivement vos yeux, avant d’arriver à la solution que nous devons traiter à la fin, permettez-moi de reporter exclusivement et douloureusement vos yeux sur le seul système de soi-disant colonisation qui a été adopté et pratiqué militairement en Algérie. Je veux parler du système actuel du parti militaire.

On vous disait hier que c’était le refoulement… On n’allait pas assez loin, on n’était pas assez logique. Ce système n’est pas seulement le refoulement, il est aussi la conséquence du refoulement d’une population qui ne veut pas, à bon droit, se laisser déposséder du sol sur lequel elle est née, sur lequel elle vit ; et, malgré les intentions les plus humaines, malgré les inspirations et les lumières du gouvernement, ce système conduit inévitablement à ce mot terrible, qu’on a souvent articulé tout bas à cette tribune, mais que je veux aujourd’hui articuler tout haut, et définir dans tous ses excès. Non qu’il ne m’en coûte autant qu’à vous d’énumérer dans cette enceinte les douleurs, les griefs, les excès d’une occupation française qui devrait se signaler partout par son humanité comme elle se signale partout par son courage, mais parce que viennent un jour et une heure, après une possession de douze ou quinze années, où il faut que la France, pour se décider, connaisse, sache, sente la vérité tout entière : à notre grande douleur, quelquefois à notre honte, il faut savoir découvrir les plaies de notre pays, afin d’appeler l’attention énergique du gouvernement, l’attention plus énergique de l’opinion, pour corriger, pour guérir et pour nous faire rentrer dans un système d’occupation et de conquête plus digne du temps où nous vivons, plus digne du gouvernement représentatif, plus digne de la civilisation, plus digne de la religion de la France.

Ce système d’extermination, Messieurs, puisqu’il n’y a pas d’autre mot, je vais le qualifier. Comment se pratique-t-il ? comment s’est-il défini lui-même ? Vous ne le savez peut-être pas, permettez-moi de le dire : il s’est défini lui-même, il s’est caractérisé, avoué tout haut, non pas dans un acte officiel, mais dans un acte semi-officiel, qui nous a été communiqué à une autre époque, dans une commission de la Chambre. Oui, à une époque où on cherchait, comme aujourd’hui, à se définir à soi-même les conditions de l’occupation paisible de l’Algérie par le gouvernement, par un gouvernement chrétien (Mouvement.), il y a eu ce paragraphe dans les instructions données par une commission du gouvernement à la commission d’Afrique, aux généraux qui allaient explorer la question sur les lieux, il y a eu cette phrase : « Quand à l’extermination des indigènes, quant au refoulement violent de la population, vous aurez à examiner si ce mode de pacification serait jamais praticable. » (Sensation.)

Plusieurs voix. Où cela est-il écrit ?

M. de Lamartine. Dans une instruction donnée, en 1837, à la commission d’enquête qui allait étudier les faits en Algérie.

Il faut que vous sachiez comment le système militaire, à son tour, abusant ou usant de cette latitude inhumaine qui lui avait été donnée dans de pareilles pensées, non pas approuvées, je le reconnais, mais exprimées seulement dubitativement dans une pareille pièce, il faut savoir comment l’autorité militaire elle-même en a compris la portée, et là aussi je la laisse parler. C’est cette autorité militaire qui a adopté pour l’expulsion, pour le refoulement des indigènes, ce mot que je rougis de prononcer à cette tribune, comme la France si souvent a rougi de l’entendre et de le voir s’accuser dans ses actes, ses razzias.

Le système de razzias a été le moyen d’exécution, de refoulement qui avait été recommandé à notre commission coloniale d’enquête. (Bruit et réclamations nombreuses.) J’affronterai toutes les dénégations, tous les mouvements, toutes les intentions de la Chambre. La France saura la vérité, elle entendra ce qu’on fait de son nom, de son drapeau, de son honneur. (Murmures.)

Elle le saura, et j’en accepte ici la responsabilité.

Je n’apporte à cette tribune que des pièces authentiques. Si j’avais voulu y apporter ces récits, dont les correspondances de l’Algérie sont remplies, j’aurais trop contristé le sens moral de mon pays.

Je vais lire des extraits authentiques copiés non pas sur des journaux algériens ; vous pourriez les révoquer en doute, bien qu’ils soient censurés et qu’ils soient une vérité semi-officielle ; mais sur des pièces authentiques, peu nombreuses, qui serviront à caractériser dans l’imagination de la Chambre, dans la pensée de la France, le système militaire qui a été suivi jusqu’à aujourd’hui. Nous ne venons pas en accuser les généraux et les soldats, mais la nature même du système qui peut permettre de tels résultats, le système de l’expulsion violente des indigènes. Lisez les menaces du commandant en chef :

« Je pénétrerai dans vos montagnes, je brûlerai vos maisons, je couperai vos arbres fruitiers… » (Murmures.)

Messieurs, je n’ai pas l’habitude de murmurer ; je n’ai pas murmuré quand l’honorable M. Abraham Dubois énonçait ici des doctrines, des sentiments contraires, au sujet d’une expédition sinistre que je ne peux pas nommer. Je supplie la Chambre de me laisser à moi seul la responsabilité de mes sentiments, mais de me permettre avant tout de les exprimer. (Parlez ! parlez !)

« Je brûlerai vos moissons. Et, les Arabes n’étant pas venus au-devant de nous, ajoutait plus tard le général dans une de ses lettres, nous fîmes un ruban de feu d’environ deux lieues de largeur. » (Mouvement d’horreur général.)

Voici d’autres expéditions, d’autres récits par des officiers généraux qui en ont été les exécuteurs obligés, et dont vous aurez tout à l’heure le témoignage.

« Chacune de nos colonnes, ravageant dans sa marche tous les villages ou réunions de tentes qu’elle rencontrait, portait la désolation dans le pays. Aucun homme ne fut épargné ! les femmes furent prises, les troupeaux enlevés, les silos vidés, et le feu brûla tout ce qui ne parvint pas à s’échapper. »

Sur un autre point, du côté de Medeah, le bulletin d’Alger raconte ces exécutions sauvages.

Et voici les réflexions que ces hommes, que ces écrivains endurcis laissent échapper de leur plume :

« C’était un beau spectacle, au milieu de l’incendie de ces vallées, c’était un beau spectacle que la vue de nos soldats échelonnés sur les pitons nombreux et les couronnant de feu. »

La beauté de l’incendie, la beauté de la dévastation, voilà ce qui frappait ces hommes. Quant aux populations ainsi traquées dans ce réseau de feu et confondues avec leurs troupeaux, écoutez encore, voici le texte :

« Je vous les confie, dit un colonel, vous pouvez en disposer. »

Or, savez-vous de quoi se composaient ces troupeau ? De 60 000 têtes de bœufs. Ces populations, savez-vous de combien d’âmes elle se composaient, de combien de femmes, d’enfants, de vieillards ? Lisez le Moniteur algérien de quelques jours plus tard ; elles se composaient de 7 000 âmes, femmes, enfants, vieillards et soldats arabes. Savez-vous combien sont parvenues jusqu’à la Maison Carrée, de ces 7 000 âmes ? 3 000. Le reste était mort de misère en route.

Plusieurs membres. Ou échappé !

M. de Lamartine. Quelques-uns heureusement s’étaient échappés ; mais un grand nombre de femmes et d’enfants, et vous allez en voir la preuve, avaient expiré dans la longue route. C’est l’extinction de la race par l’extinction des enfants. L’Algérie se dépeuple ainsi par le germe.

M. Gustave de Beaumont. Il y a de meilleurs extraits à faire dans les annales de l’Algérie… de plus honorables !

M. de Lamartine. Je prends ceux qui sont le plus propres à vous faire frémir et réfléchir. Et savez-vous combien de lieues on leur a fait faire ainsi ? 250 lieues !

Vous pourrez confronter ; je ne dis rien qui ne soit pris textuellement sur les écrits officiels dont j’ai eu l’honneur de vous parler. Mais il faut que vous sachiez la vérité.

Ce n’est pas moi qui chercherai jamais à déshonorer la gloire française, mais jamais je ne rendrai la gloire de nos soldats, leur humanité, complices de ce système barbare qui arrive à de pareils résultats, et je crois les défendre en montant à cette tribune pour accuser le système de guerre qui les déshonorerait !

Ecoutez encore, à la date du 18 mai 1845, c’était dans un village du Jurjura couvert en tuiles :

« Tous les Arabes qui sont sortis pour combattre ont été passés au fil de l’épée : tout le reste de la population a été brûlé sous les toitures incendiées des maisons. » (Algérie 1844, mois de juin.)

Quelle est donc la puissance qui force ces hommes à se vanter de pareils actes et à se dénoncer ainsi eux-mêmes de leur propre bouche ?

Je vous le demande à vous-mêmes. Est-ce nous qui avons inventé ces bulletins atroces qu’on a fait circuler en France et pour lesquels certaines voix voudraient obtenir aujourd’hui un bill, non pas d’indemnité, je le reconnais, mais un bill de silence. Ce bill de silence, elles ne l’obtiendront pas.

Et les mêmes actes se renouvellent le 26 et le 27 juillet 1845 dans les mêmes montagnes du Jurjura.

Et en 1846, Messieurs, il y a peu de mois, pendant que nous faisions retentir cette tribune des accents de justice, de bienveillance et d’humanité, en ce moment même peut-être, les mêmes dévastations ont encore lieu.

En 1845, on a porté les flammes jusque dans les oasis du désert, à 80 lieues du littoral de nos occupations.

On a occupé les soldats à couper les arbres fruitiers. Ainsi, on a fait la guerre à la nature : on ne fait plus seulement la guerre aux hommes, on la fait aux germes, à la reproduction, à la nature. (Mouvement.)

Cette exécution de sang-froid, savez-vous combien elle a duré ? Elle a duré toutes les journées du 30 avril et du 1er mai. Deux cents bulletins sont pleins de mêmes faits depuis quatre ans. Lisez dans les annales algériennes les innombrables récits de tribus massacrées par le système des razzias.

Ainsi, la petite tribu des Ousias a été surprise endormie sous ses tentes, dans la nuit, pendant l’expédition du 7 avril ; elle a été fusillée et sabrée, sans exception de sexe, par plusieurs cavaliers auxiliaires.

Ce n’étaient pas des Français, je me hâte de le dire ; plusieurs cavaliers auxiliaires que nous employons trop légèrement et dont nous acceptons trop aisément la responsabilité, rentrèrent au camp en tenant à la main, je ne veux pas dire quoi !... Vous frémiriez !

Voilà ce que nous faisons d’une population que nous voulons fondre avec nous, que nous voulons attirer à nous par l’attrait de notre conduite, de nos doctrines, de notre religion et de notre humanité ! La place que Dieu lui a donnée sur le sol, nous la lui enlevons ; nous voulons ce sol, et pour cela nous la refoulons, nous sommes contraints de l’exterminer. Eh bien ! entre les Arabes et nous, il y a un juge, Messieurs ! Ce juge, c’est Dieu. S’il leur a donné une terre et un soleil, c’est apparemment qu’il leur reconnaissait le droit d’en jouir et de les défendre.

Voilà le système militaire tout entier ; jamais vous ne trouverez d’autres résultats, quelle que soit l’humanité des généraux, que je n’accuse pas. C’est le système que j’accuse ; car, Messieurs, il y a quelque chose de plus cruel que Néron et Tibère : c’est un système faux. Nous ne sommes pas dans les temps de la barbarie et des caractères féroces ; mais nous sommes dans des idées fausses. Oui, il y a quelque chose de plus cruel, en effet, que la cruauté individuelle, c’est la cruauté froide d’un système faux ; et c’est contre celle-là que je m’élève à cette tribune pièces en main !

Voulez-vous la définition de la guerre de razzia par celui-là même qui l’a inventée ? elle n’est pas de moi cette définition ; vous allez juger le caractère de cette guerre par la définition qu’en a faite celui qui en est l’auteur ; la voici dans son texte :

« Vous ne labourerez pas, vous ne sèmerez pas, vous ne pâturerez pas sans ma permission. » Qu’est-ce qu’une razzia ? ajoute l’écrivain militaire. « C’est une irruption soudaine ayant pour objet de surprendre les tribus… (Ecoutez.) pour tuer les hommes, pour enlever les femmes… » les femmes innocentes et les enfants. L’enlèvement d’enfants à la mamelle, par des cavaliers qui ont tué les pères et enlevé les mères, je le demande à votre bon sens, y a-t-il bien loin de là, d’un pareil système de guerre, d’un pareil système de refoulement, à un honteux et fatal système d’extermination ? C’est à votre conscience réfléchie de me répondre ; je ne vous demande pas une réponse en face de la gloire de votre pays que vous craindriez de ternir, mais une réponse que vous me ferez en silence, dans le secret intime de votre conscience.

Enfin il est un autre général qui a dit sa pensée sur ce système ; c’est la dernière citation que j’aie à vous faire, ayez la patience de l’entendre, comme j’ai eu la patience de la copier : « Depuis onze ans, on a renversé les maisons, incendié les récoltes, détruit les arbres, massacré les hommes, les femmes, les enfants, avec une fureur tous les jours croissante. »

Messieurs, c’est le général Duvivier qui dit cela ; vous le connaissez tous, il a noblement participé à cette guerre ; mais rentré dans le silence de sa vie de citoyen, il n’a pu s’empêcher de repasser douloureusement sur les actes dont il avait été témoin, et d’en faire la dénonciation à l’indignation de son pays. Voilà cette paix, Messieurs ; je vous laisse juger du mot qu’elle mérite ici : ubi solitudinem faciunt, pacem appellant, là où il a fait le désert, le vide, le sang, il a appelé cela la pacification de l’Algérie. Si la pacification ainsi entendue était le résultat du système militaire, je ne craindrais pas de suivre l’exemple de courage donné par mes honorables amis MM. de Corcelle, de Tracy, de Tocqueville, Desjobert ; je ne craindrais pas, au nom de la conscience du pays, d’engager la France à renoncer à l’Afrique, plutôt que de tolérer une guerre d’exécutions signalée par de tels actes. (A gauche : Très bien.)

Une voix. La guerre est la guerre !


M. de Lamartine. On me dit : « La guerre est la guerre ! » (Interruption.) J’entends un de mes honorables collègues qui me dit : « La guerre est la guerre ! »

En effet, la guerre est la guerre ; mais la guerre des peuples civilisés et la guerre des barbares, des sauvages, ce sont deux guerres apparemment. (Approbation.) La guerre est la guerre, sans doute ; mais d’abord, dans la guerre, il y a les conditions de justice de la cause ; il faut que la cause soit juste, qu’elle soit sainte et digne de compenser, par sa sainteté, et sa grandeur, les flots de sang et les débordements de malheurs qu’elle occasionne à l’humanité.

Voilà d’abord pour les causes de la guerre.

Et, quant au mode de la guerre, je dirai à l’honorable membre qui m’a interrompu que, s’il peut être permis à des peuplades barbares, sauvages, qui n’ont ni les lumières de notre religion, de notre civilisation, ni la puissance de notre gouvernement, ni la discipline de nos armées, de se faire mutuellement ces guerres de chacals, ces guerres de lions, qu’on appelle razzias dans le vocabulaire de l’Afrique, un général à la tête de 100 000 Français, un général à quarante heures de la mère patrie, à la portée de ses renforts, un général, éclairé par les lumières de la civilisation moderne, et qui l’est, je le reconnais, par la générosité de son propre cœur, un pareil général qui croirait s’excuser par ce mot : « La guerre est la guerre ! » et qui pourrait imiter la guerre féroce et barbare de ces peuplades indisciplinées et sauvages, serait un général qui ferait accuser son pays de rétrograder vers la barbarie.

A gauche. Oui ! oui ! – Très bien ! (Réclamations au centre.)

M. de Lamartine. Je dis qu’il n’y aurait, ni dans ce temps, ni dans l’avenir, aucune excuse qui pût effacer un pareil système de guerre, dans l’état de force, de discipline, de grandeur et de générosité que nous commande notre situation civilisée ! Je pourrais vous parler d’autres actes qui ont fait frémir d’horreur et de pitié la France entière, les grottes du Dahra, où une tribu entière a été lentement étouffée ! J’ai les mains pleines d’horreur : je ne les ouvre qu’à moitié. (Agitation.)

(....)
Donc, Macron était ignominieux quand il ne faisait que citer les propos de Lamartine en 1846 à la tribune de l'Assemblée nationale ?

La France n'aurait pas commis de génocide "physique" ou "culturel" en Algérie mais c'est Macron que les Français auraient choisi pour organiser leur auto-génocide ?
Hé bien, il faut croire que si permettre à une population de croître considérablement par toutes sortes de soins et d'aménagements dus au colonisateur ne peut racheter les horreurs tristement banales de toute guerre, les Américains ont eu alors raison d'en finir avec les Indiens. Si nous avions fait de même, nous n'aurions pas tué davantage d'Algériens que lors de la guerre d'indépendance, et, comme les Américains, nous célébrerions pieusement aujourd'hui la mémoire des indigènes, nous leur rendrions hommage, nous ferions de beaux films sur leur résitance et leur courage mais... l'Algérie serait nôtre et personne ne songerait à nous en chasser.
Donc, Macron était ignominieux quand il ne faisait que citer les propos de Lamartine

Charles Gave était cette semaine l'invité de l'émission bistro liberté. Cet homme, ami personnel de Milton Friedman, que je connaissais pas, n'a pas manqué d'être clair, précis, concis dans ses explications et il a aussi parlé de Macron.

Charles Gave dit une chose absolument essentielle (ce que dit également à sa façon Jean Claude Michéa), c'est que le libéralisme n'est pas une pensée économique, c'est un système de Droit.
Quand on a un Macron libéral libertaire devant soi, on a devant soi une sorte de petit avocaillon non pas spécialisé dans le droit libéral, mais bien plus, car sa spécialité, c'est la défense du droit libéral. Il est la synthèse de l'avocat et du clergyman (Pourquoi n'a-t-il pas d'enfant ? Parce que c'est un curé !).

Il ne faut pas s'imaginer qu'un zèbre libéral issu de l'attelage Rothschild est quelqu'un qui s'y connait en économie. Il n'a de considération que pour l'aspect légal, et pour la mise à disposition de tous, de l'espace. Et le mot espace est à prendre au sens le plus large possible.

C'est la définition que donnait Michéa du libéralisme, remplacer partout et tout le temps le 'juste' par la 'justesse', c'est à dire l'ajustage permanent. Quelque chose est juste ? Peu importe. Si quelqu'un en fait la demande, il faut l'ajuster ? Quitte à ce que cette chose devienne injuste.
Le 'en même temps' de Macron, c'est cela. C'est de l'ajustage. Un Lamartine ne s'envisage que s'il permet d'ajuster la réalité à ses besoins. Pour Macron, il n'y a rien de juste dans Lamartine. Il n'y a que l'opportunité de faire plier l'Histoire en vue d'un ajustage quelconque.

Vous parliez d'Histoire indifférenciée. Cet homme en est l'archétype.
 
Permettez-moi d'intervenir dans un débat important. Je ne vois pas ce que viennent faire la Shoah dans cette histoire, ni Marcron, ni la Suède. S'il y a un agent génocidaire, c'est l'Etat Islamique (ou ce qu'il en reste), et une victime, le peuple français et les Français juifs, suivant l'article 2 de la définition de génocide par Lemkin :

"any of the following acts committed with the intent to destroy, in whole or in part, a national, ethnic, racial or religious group, as such: Killing members of the group. Causing serious bodily or mental harm to members of the group."

Les attentats de Toulouse et de novembre répondent, il me semble, à cette définition. Il y a donc bien assassinats de type génocidaire en France et en Europe. Et l'Europe et la France, loin d'en être complices, combattent ces assassinats dans leur lutte contre le terrorisme et contre DAECH.
Il ne s'agit évidemment pas de soutenir Macron, ni de prétendre que la colonisation française fut un crime contre l'humanité long de 132 ans, mais de faire preuve de cohérence et de rigueur dans l'emploi des termes "génocide", "génocide culturel", "colonisation", "occupation", "filiation avec Auschwitz", etc. , sans quoi on ne vaut guère mieux que ses adversaires.

Ce n'est pas parce que Macron est Macron qu'il a tort quand il dit que des crimes que l'on qualifierait aujourd'hui de "crimes contre l'humanité" ont été commis pendant la colonisation française.

Et, évidemment, il serait parfaitement déplacé de comparer ces crimes coloniaux avec ceux de la Shoah.

Pareillement, ce n'est pas parce qu'il y des châlits à Tokyo qu'ils sont les héritiers de ceux d'Auschwitz, Heidegger ou pas.

A propos d'Heidegger, j'ai toujours eu le soupçon que sa thèse servait à relativiser la responsabilité du peuple allemand, et la sienne en particulier, dans la mise en oeuvre de "la solution finale", en tant que celle-ci serait la conséquence nécessaire d'une certaine "technique" industrielle.

Ce qui ne signifie pas du tout que la Shoah est une sorte de parenthèse satanique de l'Histoire.

(Accord complet avec l'intervention de Bruno Chaouat, que je découvre après avoir posté ce mail)
À propos d'Heidegger et de l'héritage "des châlits d'Auschwitz"

Emmanuel Faye, "Arendt, Heidegger, et le « Déluge" d''Auschwitz", 2017, [www.cairn.info]

"Dans ses Conférences de Brême prononcées en 1949, Heidegger va jusqu’à affirmer que ce qu’il nomme alors « la fabrication de cadavres dans les chambres à gaz et les camps d’extermination » n’aurait représenté que l’une des manifestations du « dis-positif » technique planétaire, au même titre par exemple que l’« industrie alimentaire motorisée ». Cette comparaison heideggérienne extrêmement douteuse a inspiré l’assimilation que l’on trouve aujourd’hui proposée entre les camps nazis et l’élevage industriel avec ses abattoirs, assimilation sans fondement historique puisque, faut-il le préciser, les nationaux-socialistes n’ont jamais pratiqué quoi que ce soit qui ait à voir avec un « élevage » industriel de leurs victimes. La comparaison a en outre le tort de mettre la responsabilité de la Shoah sur le compte de la modernité technique au lieu d’inciter à approfondir la réalité de l’intention exterminatrice et génocidaire qui s’est constituée dans le nazisme, avec la participation explicite et active d’auteurs comme Heidegger."
Cher Bruno Chauout,

Vous faites de cette question une question importante. Pour moi, elle ne l'est plus. La question qui me parait importante, désormais, est celle du traitement qui est fait à Renaud Camus, qui est absolument abject.

Je vous invite à lire attentivement le communiqué des Etudiants Juifs de France dans lequel il est question de révisionnisme. l'UEJF dit de Renaud Camus qu'il est un révisioniste.
Je passe sur le reste du communiqué, qui est du même tonneau.

Il me semble que la communauté des juifs de France pourrait, à tout le moins, aller remettre d'équerre ces petits cons de la communauté des Etudiants Juifs de France, plutôt que de leur assurer un soutien sans réserve: même votre dérangement sur ce forum finit par m'apparaitre un peu suspect.
Je pense surtout que Twitter est le contraire du sens et de la pensée. Le medium est le message. L'exemple de Trump devrait inciter tout un chacun à éviter cette plateforme qui réduit la spirale du sens. Renaud Camus nous avait habitué au déploiement de sa pensée dans le Journal, entre autres lieux. Twitter est une sorte de trahison littéraire.
On peut s'entendre sur twitter.
Mais c'est pas l’État Islamique qui isole les écrivains au point de les obliger à aller dire des conneries sur twitter...
L'action judiciaire de l'UEJF est totalement imbécile.

Renaud Camus n'est pas, n'a jamais été et, j'en suis certain, ne sera jamais raciste, anti-sémite ou révisionniste.

Mais dans ses tweets, il compare Macron à Hitler et, dans le discours de Baix, il écrit à propos de Macron :

"À travers lui la finance hors sol prend directement en main la gestion du parc humain, la production de la MHI, en neutralisant la caste politique"

Littéralement, Macron prendrait en main "la production de la Matière Humaine Indifférenciée", en détruisant les partis politiques.

Or, Hitler, avec la Shoah, avait pris en main lui aussi "la production de la Matière Humaine Indifférenciée", après avoir détruit les partis politiques démocratiques

Ce parallèle me soulève le coeur, pour les raisons que j'ai essayé d'expliquer, et je m'arrête là sur ce sujet.
L'action judiciaire de l'UEJF est totalement imbécile.


Et le communiqué de l'UEJF est totalement ... quoi ?
 
Réalité ignominieuse du génocide ethno-culturel en Europe de l'Ouest :



Robin Morgan est une féministe radicale du Mouvement des femmes américaines. Je ne sais rien du contexte de l'usage qui est fait ainsi de la version française de sa déclaration. Ce pourrait être le Canada francophone, qui n'est pas l'Europe de l'Ouest, mais j'en doute au vu de la traduction française calamiteuse qu'on nous présente sur cette affiche (agony n'est évidemment pas une "agonie" en français)
Heureux de relire M. Chaouat ici.
Pour ma part, il s'agissait surtout de mettre au clair une question qui me taraudait un peu : ces tweets étaient-ils aberrants en soi, délirants, simplement bêtes, relevaient-ils de la pure provoc, d'un type de pensée un peu obsessif se coupant progressivement de la réalité, du sens des réalités, relevaient-ils du plaisir (incontestable) qu'on peut éprouver à balancer tout à trac ses quatre vérités à la face ébahie du monde et de "casser la baraque", ou devait-on, pouvait-on aussi réellement les prendre au sérieux, comme reflet d'une pensée cohérente, déroulant sensément ses conclusions à partir de certains jugements de valeur initiaux qui étaient, intellectuellement et moralement, tenables ?
Pour les raisons un peu laborieusement explicitées plus haut, je suis donc plutôt d'avis que oui, que ce n'est pas "n'importe quoi", si l'on accepte certains présupposés, lesquels d'ailleurs, mais c'est tout à fait accessoire en l'occurrence, je ne partage pas...
On peut souscrire pleinement à cette citation de Heidegger qui avance la continuité d'inspiration entre un dispositif technique planétaire et l'industrie de la mort. Encore une fois il est faux et archi-faux, j'entends de plus en plus faux que les dispositifs techniques soient neutres dans le modelage des activités des hommes.

Tous les intervenants du présent forum se souviennent de ce qu'était la grande question qui se posait dans le milieu des années 90 au sujet du World Wide Web en cours de création : qu'allons-nous donc faire de ce machin ? Quand AOL et Werner Bros fusionnèrent à la fin de cette décennie, des milliards furent investis lors même que la question pour quel contenu ? n'avait pas encore été résolue. Le WWW fut une création technologique ne répondant à aucuns besoins économiques, ceux-ci s'introduisirent dans le dispositif technologique dans un deuxième temps avec le commerce en ligne, encore impossible à sécuriser pleinement en 2000. Le WWW n'offrait à sa création d'utilité qu'aux seules communautés de chercheurs universitaires et, avec AOL, aux dragueurs en ligne globalisant leur drague. Un peu comme les premiers pas de l'aviation quand les machines volantes n'étaitent que des jouets pour jeunes gens fortunés et casse-cou. La création technologique crée l'activité, la façonne et en oriente le développement, elle induit des besoins ultérieurs à sa création et qui obéissent à ses restrictions, se plient à ses limites, sans cesse repoussées. Internet, l'avion ne furent jamais conçus comme outils d'échange économique et de transport des hommes mais orientèrent, comme le firent les machines des ateliers tayloristes, l'activité humaine qui se moule sur leurs possibilités et leurs contraintes. Oui, Heidegger a raison, et l'évolution de la vie virtuelle sur le Web telle que nous la connaissons et la pratiquons tous désormais à des degrés divers lui donne raison : nos vies sont faites d'adaptations continues à des créations technologiques qui les précèdent dans le temps et qui exercent sur elles leur ascendant, en inspire les normes de comportement, les visions et les projets. Non seulement "l'outil" n'est pas neutre, mais il est déjà notre maître.
Je ne comprends pas pourquoi le tweet serait, en soi, « le contraire du sens et de la pensée », Cher Bruno Chaouat. Renaud Camus en fait des aphorismes, dont certains sont plus réussis que d'autres, sans doute, mais qui, tous expriment sa pensée et le font sous une forme littéraire. Il ne fait ici qu'adapter à l'électronique une forme pratiquée par nombre de grands écrivains.

[Je découvre après coup ce qu'a écrit à côté sur la question Thomas R.]
Ecriture à contraintes ? Sauf qu'ici il s'agit d'usage politique et idéologique du medium. Le rapprochement Macron-Hitler n'est pas exactement un jeu oulipien.
Simple parenthèse qui ne cherche pas plus que cela à détourner le débat :

[Francis Marche a réintroduit l'horreur féministe au sein de ce fil. Comme quoi on y revient toujours.
Il me semble que c'est cela — la destruction du contrat social qui unissait l'homme et la femme et permettait l'existence de la famille et de la lignée — qui a affaibli puis détruit l'Occident et préparé sa colonisation. Cette façon de dire les choses a le mérite d'être moins nébuleuse que de dire “génocide”. Les Amérindiens, dont le triste sort semble de plus en plus annoncer le nôtre, ont été en grande partie ravagés par la variole, virus apporté par hasard par l'homme blanc ; l'Occident, par le féminisme, maladie auto-immune mais mortelle.

C'est dans la tête du féminisme, plus que dans celle de Taylor ou de Ford, qu'il faut, je crois, chercher des poux. Quant à Hitler, rien n'a changé : il sert d'arme absolue de langage à quiconque veut prendre le pouvoir (les féministes adorent naturellement vous le jeter à la figure) et continue sa terrible seconde carrière.]
Simple parenthèse également : quelle féministe déjà vous a jeté à la figure qu'"Hitler ne paraîtra pas moins criminel que Macron mais peut-être plus franc, plus net. » ?
Oh, aucun(e) féministe ne s'aventure vers de telles subtilités : il/elle vous traite d'Hitler (ou de « pire qu'Hitler », à la Laure Adler) — voilà tout.
"pire qu'Hitler" ? Une sorte de Macron alors.
J'aime bien votre formule.
 
C'est un peu tout le fond du problème.

Pire qu'Hitler, ça veut rien dire.
Une sorte de Macron, ça ne rien dire non plus.

Mais la proposition: "pire qu'Hitler" ? Une sorte de Macron alors. , il est possible de lui donner du sens.

Comme je disais tantôt:
Deux fous dans un hôpital psychiatrique, ce sont deux fous dans un hôpital psychiatrique.
Mais,
Deux fous dans un hôpital psychiatrique qui se prennent tous les deux pour Napoléon, c'est tout autre chose, puisque c'est un sujet de société.
Et l'internet, ce n'est que cela.
Faire sortir la folie des hôpitaux psychiatriques qui remplissent nos esprits pour en faire, si possible, des crimes contre l'humanité.
Je veux bien que lorsque Renaud Camus affirme que le remplacisme global prépare pour les peuples et les nations d'Europe un avenir aussi sombre que celui de la shoah pour les juifs, on puisse l'accuser de pessimisme excessif ou même délirant. Mais depuis quand le pessimisme est un délit ?
Je ne pense pas que quiconque ici accuse Renaud Camus d'être exagérément pessimiste. Tout cela va horriblement mal finir, nous le sentons bien. Ce sont davantage les diverses analyses et analogies qui font l'objet d'une discussion.
Ce que je voulais dire, c'est que le reproche que ses détracteurs adressent à Renaud Camus se résume en fin de comptes à celui de pessimisme excessif. Or, le pessimisme n'est pas, que je sache, un délit.
Cassandre,

comme l'a rappelé Bruno Chaouat, le président Macron, comme ses prédécesseurs, combat l'anti-sémitisme et le terrorisme musulmans. On peut lui reprocher de lutter contre des "conséquences" sans s'attaquer aux "causes" mais même les responsables politiques d'Israël les plus extrémistes n'ont jamais proposer de lutter contre le terrorisme en expulsant tous les musulmans.

L'anti-sémitisme précéda "la remplacisme global" : les deux sont indépendants. Les juifs furent toujours dénoncés pour être sans patrie ("Le Juif Errant"), il furent toujours accusés de vouloir la mort des nations, de faire prévaloir leurs intérêts de "race" sur ceux des nations, de faire jouer leurs réseaux commerciaux et financiers contre les intérêts des nations et des cultures particulières.

Donc, pour l'UEJF,

- tenir Hitler pour "pas moins criminel que Macron" est une façon hypocrite de nier l'anti-sémitisme du premier puisque le second combat l'anti-sémitisme d'aujourd'hui ;

- tenir les effets de l'action criminelle d'Hitler pour "petit bras" à côté des effets du "crime" de Macron - sa participation supposée au "remplacisme global"-, est une façon hypocrite de nier la Shoah puisqu’elle est jugée plus mortifère qu'un crime imaginaire, celui-là même que les anti-sémites ont toujours imputé aux juifs "ploutocrates"

AJOUT :

Le paradoxe de l'affaire, c'est que dans le discours de Baix, Renaud Camus donne au "remplacisme global" une origine qui n'est pas le commerce international et la finance - "aux mains des juifs apatrides et ploutocrates" selon les anti-sémites de toujours - mais la révolution industrielle à laquelle il confère une sorte d'essence "anti-sémite" : sans le taylorisme, pas de Shoah et pas de "remplacisme global" qui se fait aux dépens des nations mais aussi et d'abord des juifs (cf. l'autre fil, "Humble requête etc.").
Ce que dit Renaud Camus est sans aucun rapport avec l'antisémitisme et ce que peut croire l'UEJF est sans intérêt. Quand quelqu'un parle, celui qui écoute doit comprendre d'où il parle.
Il y a donc trois choses à considérer:
- celui qui parle
- celui qui écoute
- le lieu où les choses sont dites.
Criez "Merde à Dieu" aux toilettes, ce n'est pas comme le crier dans une synagogue.

Et le lieu, dans les propos de Renaud Camus, est précisé en début de phrase: Au regard des remplacistes.

Il n'a pas écrit Au regard des anti-sémites, ou, Au regard des sémites que je sache. Alors, déplacer son propos dans un lieu qui arrange tous les juifs, me parait pour le moins étrange.

Renaud Camus a son territoire: le "remplacisme global", l'UEJF a son territoire: "l'antisémitisme global", et le mot 'hitler' semble appartenir exclusivement au second territoire.

Mais il est vrai aussi qu'on ne verrra jamais deux chiens ronger le même os.
(pour rassurer tous les inquiets, l'os dont je parle est un vrai os).
 
Mais, cher Remi Pellet, c'est précisément, ce que je reproche à l'UJF : transformer une opinion pessimiste ( jugée délirante ou non ) c'est-à-dire : voir l'avenir des nations et des peuples européens aussi sombre que le sort des juifs sous le nazisme, en délit antisémite.
Cassandre,

comme l'UEJF, s'ils se fondent sur les seuls tweets, les juges vous diront que :

1° ni le pessimisme ni le délire ne sont incompatibles avec l'antisémitisme, bien au contraire : ils l'ont puissamment nourri ;

2° La prémisse du raisonnement, "Macron est criminel", n'est ni pessimiste, ni délirante mais gravement diffamatoire : Macron lutte contre les conséquences de l'anti-sémitisme musulman, il est innocent du crime imaginaire qu'on lui impute

3° Le premier tweet devient donc : "Hitler n'est pas moins criminel qu'un innocent", ce qui est une façon très perverse de se payer la tête des juifs en proclamant l'innocence d'Hitler

4° Le second tweet devient : "le crime imaginaire d'un innocent a plus d'effet nuisibles sur le monde que n'en a eut le génocide des juifs" qui est resté "petit bras", ce qui est une façon pareillement perverse et cynique de relativiser l'horreur de la Shoah, même si il est dit qu'il s'agissait d'un crime (... comparable à un crime imaginaire, cf. le tweet n°1)
2° La prémisse du raisonnement, "Macron est criminel", n'est ni pessimiste, ni délirante mais gravement diffamatoire : Macron lutte contre les conséquences de l'anti-sémitisme musulman, il est innocent du crime imaginaire qu'on lui impute


Les juges vont donc chercher à juger une question pour lesquels ils ne sont pas saisis ?
 
C'est sans fin. En ce cas, comment un innocent fait-il pour se sortir de cette suspicion de culpabilité ?  Dans la logique qui est celle-là, on n'est donc innocent qu'après avoir épuisé toutes les questions qui sont susceptibles d'amener le tribunal à la culpabilité.

La plainte: contestation ou apologie de crime contre l‘humanité.
Hergat a raison. Il faut ajouter à cela que les deux plaintes s'annulent puisque l'on ne saurait faire l'apologie d'un fait dont on conteste l'existence. Il me semble que même un magistrat français d'aujourd'hui devrait être capable de comprendre ça.
1./ Les juges devront bien se prononcer sur le caractère criminel ou non de "Trudeau-Macron" puisque c'est à eux qu'Hitler est comparé ;

2./ Ils écarteront l'apologie

3./ l'article 24 bis de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse prévoit dans son premier alinéa la sanction de la "contestation" de la Shoah et le second alinéa permet la sanction de la négation, de la minoration ou de la banalisation outrancière de "l'existence d'un crime de génocide autre que ceux mentionnés au premier alinéa" du même article, c'est-à-dire l'alinéa qui vise la Shoah

Mais la jurisprudence sur le premier alinéa retient une interprétation extensive de la notion de "contestation"

Dès lors, les tweets pourraient être considérés comme une contestation du génocide des juifs, en tant qu'ils en sont une une forme de "minoration", une "banalisation outrancière"

[www.legifrance.gouv.fr]

(Message corrigé après vérification de la jurisprudence sur la notion de "contestation" : c'est la jurisprudence du "point de détail" de Le Pen)
De toute façon, il est question de contestation de crime contre l’humanité mais aussi de provocation publique à la haine raciale.
Comme quoi, si tout est question de mesure, il semble bien que ce pré-requis ne vaille que pour Renaud Camus.
Franchement, je vois pas l'intérêt de couper les cheveux en quatre quand on a à faire à des gens pareils.
 
je vois pas l'intérêt de couper les cheveux en quatre

Si vous voulez vous défendre vous avez intérêt à comprendre ce qu'on vous reproche.
Ce qu'on vous reproche, qui vous le reproche et à quelles fins.

Et "provocation publique à la haine raciale" devient dans mon esprit: "provocation publique" de Renaud Camus qui devient "de la haine raciale" de la part de ces 'juifs' pour la partie UEJF et de ces 'arabes' pour la partie 'SOS racisme'. Et là, dans mon esprit, tout s'éclaire.
Après tout, quel est le reproche de 'SOS racisme':

(...) Ils sont ouvertement racistes envers les personnes Noires et Arabes en plus d’être puants envers les Juifs.

C'est vrai qu'il y a de la haine raciale, sauf que c'est Renaud Camus qui en est la victime.
Et pareil pour l'holocauste.
 
Les juges ne se préoccuperont pas de ce que disent les requérants (SOS racisme, UEJF) mais de ce que les tweets veulent dire.
''La prémisse du raisonnement, "Macron est criminel", n'est ni pessimiste, ni délirante mais gravement diffamatoire : Macron lutte contre les conséquences de l'anti-sémitisme musulman, il est innocent du crime imaginaire qu'on lui impute''

En quoi cela regarde-t-il l' UJF, alors ? Que Macron porte plainte pour diffamation, à la rigueur...
Cassandre, sauf votre respect, j'avais déjà répondu à cette objection :

1./ Les juges devront bien se prononcer sur le caractère criminel ou non de "Trudeau-Macron" puisque c'est à eux qu'Hitler est comparé ;


Si Auschwitz est comparé au Club Méditerranée ou l'inverse, les juges se prononceront sur le bien-fondé de cette comparaison (et ils auront mille fois raison de la condamner)
Je ne comprends pas pourquoi le tweet serait, en soi, « le contraire du sens et de la pensée »,

N'étant pas inscrit sur Tweeter, pas plus qu'à Facebook, je n'en connaissais que les tweets dont nous débattons mais j'ai constaté qu'on pouvait avoir accès sur internet aux échanges "tweetiens" de Renaud Camus avec les autres intervenants, sans s'abonner au site.

Je comprends maintenant les tentations que fait naître ce type d'application. A l'évidence, ce sont les personnes les plus "engagées", d'un bord et de l'autre, qui en usent le plus et, forcément, "le ton monte". Renaud Camus a le sens de la répartie mais est-il bien intéressant de polémiquer continûment avec des clones de Houria Boutedja ou de Christine Angot ? Certes on y reçoit le soutien des gens les plus mobilisés de son camp mais est-ce que cela a un intérêt quelconque ?
Oui, un intérêt littéraire, incontestablement.

De plus, il s'agit de la voie par laquelle Renaud Camus touche le plus grand nombre de personnes. Cela présente donc aussi un intérêt politique.
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