Le site du parti de l'In-nocence
10 octobre 2018, 03:29   Coda
La notion de fin de l’histoire s’est imposée aux esprits par deux fois au 20e siècle dans la région du monde qui nous

intéresse ici, soit la grande Europe englobant la Russie :


1. Lors de l’avènement hegelien (via Marx et Lenine) de l’Union soviétique ;

2. Lors de l’avènement tout aussi hegelien (via Kojève et d’autres) de l’Union européenne en janvier 1992, soit trois

semaines à peine après le dépôt de bilan de l’Union soviétique ;


Cette continuité chronologique rigoureuse du phénomène, celui d’une fin quiescente de l’histoire – le stalinisme était

quiescent à la différence du trotskisme ou du guevarisme pour n’avoir pas l’ambition de propager sa révolution à la

terre entière, seulement d’étaler un peu le territoire de sa conquête pour la grossir comme le fait aujourd’hui l’UE aux

frontières rampantes –, rend compte de la plupart des phénomènes que nous observons à présent dans la région de

l’UE où nous nous trouvons :


- judiciarisation croissante du débat public et procès de Moscou permanent auquel nous assistons tous les soirs dans

les talk-show de la télévision et de la radio gouvernementales ;


- asservissement flagorneur de la presse officielle et subventionnée ;


- goût généralisé et hystérique pour la délation publique, celui du brocardage général du péché politique et idéologique

et volonté de muselage de la dissidence (cas Zemmour) ;


- et désormais psychiatrisation des opposants (cf. l’épisode récent visant Marine Le Pen), leur harcèlement par une

justice devenue folle qui criminalise toute dissidence politique et idéologique ayant l’audace de se manifester face à

l’entreprise d’une universelle « fin de l’histoire » imposée aux peuples ;



- et généralement l'omnipropagande qui dévore toute la superstructure et dont la petite littérature d’une Annie Ernaux se

montre exemplaire (voir la discussion voisine intitulée "La fonction égalitaire et intégratrice du marché") ;


- sans omettre de noter que l’obsession multiculturaliste est un trait constant de tout empire, commun à ces deux

«fins de l’histoire », l’une et l’autre pénétrées et porteuses d’un projet millénarisme de concorde post-raciale forcée,

caractéristique de tout forçage idéologique central sur les peuples historiques (peuple à continuité historique ou

territoriale).



Si cela peut mettre certains sur la voie d’une réflexion véritablement fructueuse pour l’avenir de cette région du monde,

dont le cas est progressivement devenu solitaire et singulier (nonobstant l’exception comique du Canada de Justin

Trudeau) dans le contexte mondial actuel où les Etats-Unis avec le trumpisme, et Poutine à l’Est, isolent de plus en plus

ce projet neo-hegelien tardif concrétisé il y a 26 ans, je n’aurai pas entièrement perdu mon temps en écrivant ici

pendant 10 longues années.
10 octobre 2018, 14:05   Re : Coda
L'incapacité d'une armée (d'un pays) à comprendre la singularité de son époque est souvent la cause de ses défaites les plus graves. L'armée française concevait la guerre de 1940 comme celle de 1914...

C'est faire injure aux "dissidents" du monde soviétique ou aux Résistants lors de la Seconde Guerre mondiale que de comparer ce que furent leurs souffrances à celles des "mal-pensants" de notre époque (Zemmour and co)

Les supermarchés d'Annie Ernaux n'ont aucun rapport avec ceux des régimes communistes, la "Seconde Occupation" n'a rien à voir avec la "Première", etc.

À part ça, oui, il fallut bien que le mur de Berlin s'effondrût, et avec lui le monde soviétique, pour que certains pays d'Europe centrale anciennement soviétisés adhérussent à l'Union européenne et pour que les rayons de leurs supermarchés, par voie de conséquence, se remplussent.
11 octobre 2018, 16:18   Re : Coda
En toute orthodoxie hégélienne, me semble-t-il, la submersion de l'Europe par une altérité radicale, qu'on appellera « négativité » pour la circonstance, nous promet de beaux jours (façon de parler) devant soi, et encore bien des histoires à raconter, non ?...

Pour ma part, toutes ces « fins de l'histoire » promulguées et annoncées m'ont toujours laissé assez perplexe, tant la chose est difficile à définir précisément, et irrésistiblement fait penser à l'homme se dressant au maximum sur ses ergots, pour tenter de s'autoproclamer juge de ce dont il fait si dramatiquement partie ; enfin, peut-être ne sont-ce, historiquement parlant, que des sortes de « petites fins » qui sont à la fin finale ce que sont les « petites morts » à la vraie grande mort, point d'orgue ou orgasme marquant le temps de passation et d'absence, avant que le cours des choses ne reprenne décidément comme avant, comme toujours, et qu'elles ne se recomposent d'une façon ou d'une autre...
11 octobre 2018, 18:12   Re : Coda
Il me semble qu'il y a un autre angle, qui ne condredit pas Francis mais le complète, sous lequel on peut voir ce qui est arrivé.
A l'origine était le tiers-mondisme. Ce tiers-mondisme qui avait pignon sur salon dans le petit monde de ce qu'on appelait l'intelligentsia, avait imposé sa vision progressiste de l'humanité, à savoir que les peuples colonisés par l'occident, une fois émancipés, on allait voir ce qu'on allait voir : ces peuples libérés de la domination blanche et de ses clichés colonialistes montreraient au monde qu'ils valaient largement les blancs et même, que, innocents de toute colonisation, ils les surpassaient moralement. De là à l'affirmation du droit à leur différence, forcément enrichissante, au détriment du devoir d'assimilation, il n'y avait qu'un pas qui fut vite franchi et il ne fut plus question d'essayer de tarir une immigration aussi bénéfique.
Or, de même que lors de l'effondrement de L'URSS, la vérité sur ce régime apparut comme pire que ce qu'en disant les ''anticommunistes primaires'' qualifiés ainsi par les ''compagnons de route'' dudit régime, la réalité fut bien sûr toute autre au point que - horresco referens ! - elle semblait donner raison aux pires de ces clichés colonialistes.
Plutôt que de reconnaître une situation aussi dérangeante qui bousculait tant d'idées reçues confirmant le dicton selon lequel ''un peu d'expérience éloigne des clichés mais beaucoup y ramène'', et y réfléchir sereinement, on opta pour la mise en place vaudevillesque du '' Grand Tabou '' : cacher à l'opinion qu'elle avait été cocue, comme dans les vaudevilles on cache l'amant dans le placard en accumulant les mensonges les plus délirants au fur et à mesure que le mari se rapproche de l'évidence de son infortune. Et comme dans les vaudevilles, chaque nouveau mensonge entrait en contradiction avec le précédent engendrant peu à peu un fatras d'incohérences que l'on pensait désamorcer par de nouveaux mensonges. Ainsi lorsque commença à transpirer le comportement inadmissible d'une certaine jeunesse issue de l'immigration africaine, parla-t-on de fantasmes, de sentiment d'insécurité. Puis quand il fut difficile de cacher cette réalité on mit au point un catalogue d'excuses plus abracadabrantesques les unes que les autres d'où est née la '' Grande Victimisation'' : ces comportement s'expliquaient par le racisme du peuple ''de souche'', pourtant l'un des moins racistes au monde ; par l'exclusion des nouveaux venus - on parla même d'apartheid - alors que le peuple ancien, indigène ou issu d'Europe, les avait acceptés sans broncher en voisins d'immeuble, de palier, de cantine, en copains de classe, de jeux et de sport. On se reprocha de les avoir abandonnés alors qu'ils bénéficiaient et au-delà de tous les avantages sociaux qui faisaient rêver la planète entière et pour lesquels, précisément, se bousculaient aux frontières françaises tant d'Africains . On insinua que s'ils ne progressaient pas davantage à l'école, c'était parce qu'on leur réservait les plus mauvais professeurs. On les ''parquait'' dans des hachélèmes ''sordides'', pourtant les mêmes qui avaient enchanté le populo ''de souche'', délabrés, eût-on dit, comme un fait exprès, par pur racisme. On crachait à qui mieux mieux sur la police, coupable de vouloir faire régner l'ordre républicain. Certains stigmatisèrent le… tutoiement par lequel les adultes s'adressaient aux jeunes Africains ( et à d'autres !) présenté comme une horrible humiliation. A court d'idées on en vint à inventer je ne sais quelle ''violence symbolique'' dans un pays qui avait abandonné toute forme d'autorité. Bref il ne manquait plus, comme on disait dans ma jeunesse pour plaisanter, que la nuit de brouillard et l'âge du capitaine.
Simultanément, à l'instar des hachélèmes considérés comme un énorme progrès du point de vue du populo '' de souche'' mais déclarés par nos cocufieurs inhabitables et sordides s'agissant d'immigrés africains, la colonisation française fut transformée du jour au lendemain en quasi crime contre l'humanité par une pseudo élite européenne, laquelle appartenait à un occident qui n'avait cessé pourtant de se flatter des avantages qu'il avait tiré de sa colonisation par les Romains au point d'avoir fait de leur civilisation le fondement de sa culture ! Rien ne nous fut épargné : du djihad présenté comme un simple effort intérieur destiné à l'élévation spirituelle du musulman, à l'islamisme religion nouvelle soi disant totalement différente de l'islam alors qu'elle s'appuyait sur les mêmes textes fondateurs, comme si le sida n'avait rien à voir avec la séropositivité. Cercle vicieux infernal : plus on les excusait en accablant le peuple d'accueil, plus les Africains se sentaient justifiés à le haïr et à refuser de s'y assimiler.
Hélas, malgré tous ses efforts, les yeux se décillaient au point que les cocufiés commençaient à découvrir le ''Grand Pot aux roses'' : non cette immigration africaine qui leur pourrissait l'existence quotidienne n'était pas une richesse mais un retour vers la barbarie. Dès lors on ne lésina plus : on nia toute identité à la France, on délégitima son roman national, on fit honte aux Français de leur passé, de leur histoire qu'on jeta aux oubliettes pour n'en garder que des épisodes peu glorieux ou calomniés, on alla jusqu'à faire des lois pour interdire d'évoquer les turpitudes des ''damnés de la terre'', leur longue histoire esclavagistes par exemple, tout ceci afin de convaincre un peuple rétif qu'il ne connaissait pas sa chance de vivre avec un Autre porteur de tant de richesses. On traîna en justice tous ceux qui s'opposaient à ces balivernes orwelliens et l'on jura la mort de la liberté d'expression. On proposa la ''discrimination positive'' et des ''quotas ethniques'', novlangue destinée à faire prendre ces passe-droits tribaux pour du progrès.
Au bout du compte, ''millecollinisés'' à point par cette propagande, les immigrés africains sont devenus si haineux de la France que le pire est désormais à craindre. Quand un certain seuil de leur capacité de nuisance sera dépassée et qu'ils seront conscients de n'avoir plus rien à craindre les Français ''de souche '' vivront dans ce pays un enfer. Alors oui, leur sort ne sera gère éloigné à certains égards du goulag, car la dhimmitude sans pitié qui est un des fondements de l'islam, sera, implicitement ou explicitement, leur lot.
Simultanément le même processus fut engagé vis-à-vis du monde arabe, cet ensemble de prétendus ''damnés de la terre'', possédant l'arme du pétrole et le pouvoir de semer la mort par terrorisme. Pour lui complaire on diabolisa les Serbes au point de faire passer, par exemple, des cimetières islamiques pour des charniers de victimes musulmanes. On délégitima, là aussi, le berceau de leur histoire : le Kosovo. On alla jusqu'à cacher la réhabilitation de Milosevic, présenté pendant la guerre comme un monstre nazi. On nia les racines judéo- chrétienens de la France et l'on se mit à soutenir contre Israël un peuple palestinien sorti du jour au lendemain en 69 du keffieh d'Arafat, comme un lapin du chapeau d'un prestidigitateur. Depuis, selon une stratégie désormais bien rodée, les tentatives, là encore, de délégitimer Israël et son ancrage historique dans des lieux qui en portent l'empreinte millénaire, se multiplient. C'est pourquoi notre sort est lié à celui de cet état démocratique comme celui de la chrétienté était lié au sort de Constantinople.
En résumé, je ne peux qu'être d'accord globalement avec Francis.
11 octobre 2018, 19:46   Re : Coda
Une remarque en passant, et après avoir lu l'intervention de Cassandre :

L'Union soviétique comptait en Europe ce qu'on appelait "des pays satellites", qui contestaient sourdement sa domination sur leur espace, la vassalisation de leur nation, ils avaient noms Pologne, Tchéchoslovaquie, Hongrie, et dans des mesures plus ambiguë, plus particulière à leur histoire, et dans des formes politiques ouvertes à la tyrannie qui apparaissaient concurrentes, davantage que dissidentes, au régime soviétique: la Roumanie des Ceaucescu, la Yougoslavie de Tito, l'Albanie d'Enver Hoxa.

Tous ces pays se situaient sur le flanc occidental de l'URSS.

Qu'observons-nous aujourd'hui s'agissant de l'Union européenne fondée à l'ouest de ces pays ? Une stricte reconduction du phénomène : les pays satellites de l'UE sont les mêmes, sur son flanc Est, que les pays satellites de l'Urss sur le flanc Ouest de celle-ci. Plus encore : les formes d'expression de leur dissidence et de leur contestation de la domination sont très semblables vis-à-vis de la ci-devant Urss d'une part, de l'actuelle UE d'autre part, le discours réfractaire de leurs dirigeants n'a pas varié. Et celui de leur dominant n'a pas varié non plus. Ce dernier n'a fait que changer de position géographique: il est passé de l'est à l'ouest, et c'est tout.

Ce trait est parlant : il nous dit que le statut, les politiques et aspirations nationales de ces pays n'ont pas varié et que le degré de leur aspiration à un destin singulier, original et irremplaçable se mesure à la même aune de leur écart par rapport une focale impériale qui, en l'espace de quelques années, n'a fait que se décaler de leur orient à leur ponant sans rien changer de sa nature.

L'image du chercheur en astrophysique nous revient en mémoire : pour déterminer la nature exacte du corps céleste objet de ses recherches, dont l'existence est seulement déduite de son effet sur le voisinage cosmique que composent d'autres autres corps célestes subissant son influence gravitationnelle, magnétique, etc., il doit se pencher sur le comportement de ces derniers afin de pouvoir connaître la nature du corps attractif-répulsif qui commande leur comportement. Cette connaissance revient à dire l'appartenance catégorielle, la famille des corps à laquelle l'objet étudié se rattache.

Ce travail de recoupement indirect est classique en physique et en astrophysique. Ce que l'histoire nous donne à observer devrait le rendre classique aussi dans le champ des études géopolitiques et métahistoriques.

L'UE et l'URSS sont deux éléments d'une série homogène, d'une famille de corps géopolitiques porteurs de caractéristiques communes et partageant la même nature profonde, la même généalogie et phénoménalité. Il en émane le même prisme de lumières et de rayonnement, les même traits de dégradation atomique s'y donne à voir (cf. ce que j'ai mentionné supra des formes archétypales de l'oppression politique ortho-doxique, etc.).

Celle-là n'est qu'une refondation objective de celle-ci. Objective et non fantasmée, subjective, désirée, ou amenée par une affinité ou une filiation idéologique consciente. Objective veut dire concrète, la concrétude d'un avènement qui répond à des lois physiques encore occultes qui paraissent régir à la fois l'histoire politique et des relations internationales dans cette partie du monde et l'inconscient collectif qui s'y déploie. Loi attestable par ses effets, lesquels sont d'une éloquence confondante.
12 octobre 2018, 08:29   Re : Coda
A noter aussi la précision quasi-horlogère des deux séquences de satellisation de ces pays : le pacte de Varsovie qui les englobe dans la sphère d'influence soviétique est conclu en mai 1955, soit une décennie exactement après la chute du 3ème Reich ; les processus de leur adhésion à l'OTAN puis à l'EU sont entamés et conclus autour de l'année charnière de 2002, soit là aussi dix ans après la fondation de l'UE (la Pologne achève ses négociations d'adhésion en décembre 2002 et devient membre le 1er mai 2004 ; la Hongrie adhère le même jour après avoir adhéré à l'OTAN en 1999, etc.)

La rupture de l'UE, qui ne manquera pas de se produire dans quelques années, ressemblera à s'y méprendre à l'effondrement du Pacte de Varsovie. Les méthodes d'écrasement et de dissolution des nationalités et des destins des peuples entre ces deux monstres auront comporté des traits certes disparates : l'un utilisait les chars et le Goulag; l'autre la noyade consentie et planifiée des peuples historiques sous la submersion migratoires de peuples d'autres continents; mais on y recense aussi de nombreuses similitudes : sauvagerie des moeurs, insécurité, inquisition permanente, persécution morale et idéologique, ostracisation et diabolisation des opposants, justice rendue par des commissaires politiques en toge, médias officiels porte-parole du régime, etc.

Et des similitudes plus hasardeuses mais bien argumentables seraient à dégager entre le régime du Goulag et celui que font règner les caïds des cités dans nos zones de non droit. Dans les deux dispositifs, le solde est le même : l'écrasement des peuples historiques, leur exil intérieur.
12 octobre 2018, 19:32   Re : Coda
Messages personnels sur Radio-Londres : [www.youtube.com]

"Les banlieues s'islamisent et donc l'Union européenne est bien soviétique"

"Les pays d'Europe centrale qui étaient à l'Ouest de la Russie sont désormais à l'Est de l'Union européenne"
12 octobre 2018, 19:50   Re : Coda
» L'image du chercheur en astrophysique nous revient en mémoire : pour déterminer la nature exacte du corps céleste objet de ses recherches, dont l'existence est seulement déduite de son effet sur le voisinage cosmique que composent d'autres autres corps célestes subissant son influence gravitationnelle, magnétique, etc., il doit se pencher sur le comportement de ces derniers afin de pouvoir connaître la nature du corps attractif-répulsif qui commande leur comportement. Cette connaissance revient à dire l'appartenance catégorielle, la famille des corps à laquelle l'objet étudié se rattache.


Francis, si je peux me permettre : l'existence de l'UE n'est pas "seulement déduite" : il n'est point besoin de la déduire de quoi que ce soit : l'existence de l'UE est un fait absolument patent, dont les caractéristiques peuvent être définies à partir d'elle-même ; à mon avis c'est plus simple.
Pourquoi devrait-on mettre son existence entre parenthèses, en suspens, en fermant pour ainsi dire les yeux comme dans une petite époché historiciste, comme si on ne savait pas ce qu'elle est ni même si elle existe, pour ensuite la recomposer et la déterminer à partir de ses "satellites", comme s'ils étaient les seuls marqueurs qu'on ait pour en connaître la nature ??

Or, toujours à mon humble avis, cette nature de l'UE, qui peut s'avérer directement sans qu'il soit besoin d'en passer par le très évitable détour d'identifiants excentrés, reste encore notablement, je dirais même très notablement différente de ce qu'était l'US (L'Union soviétique) stalinienne.
Et très franchement, je crois que les hypermarchés d'Annie Ernaux en fournissent en effet une preuve éclatante, parmi beaucoup d'autres : parce que sans de tels sanctuaires du consumérisme regorgeant d'abondance, et dernièrement de "divers" (véritable marée humaine montante), le cœur de l'UE ne serait pas ce qu'il est. Et qu'en Stalinie soviétique il n'y avait absolument aucune abondance, ni même des divers qui vinssent en si grand nombre de par-delà les frontières de l'Empire !
Même avec les mêmes satellites...
13 octobre 2018, 00:10   Re : Coda
En effet, dans les supermarchés, il y a abondance d'abricots durs, de fraises inodores, de tomates insipides, de pâte d'amande vert et rose, de plats "cuisinés" et de camelote, abondance de saloperies qui fait qu'une personne ayant conservé un minimum de goût n'y trouve, en réalité, à peu près RIEN.
13 octobre 2018, 09:53   Re : Coda
Entièrement d'accord avec Thomas: la dégradation de la qualité de la nourriture depuis deux ou trois ans va s'accélérant . Même en Corse cette année, il n'a pas été possible de manger de fruits corrects, ne fut-ce qu'un bon melon. C'est à peu près pareil pour les légumes: les navets sont devenus inmangeables, les choux et les choux-fleurs insipides. Quant à cette ''chose'' rouge au coeur blanchâtre et dur, au goût d'eau, elle est à la tomate ce qu'une fleur en plastique est à une fleur naturelle. Ne parlons pas des haricots verts et des petits pois !
Entre gourmets peu argentés on se refile les bonnes adresses et les quelques bons produits trouvables.Quand on tombe dessus, une fois par hasard à Casino ou à Intermarché, on se précipite et on téléphone la nouvelle aux amis comme pour les arrivées de beurre en URSS. Ne parlons pas non plus du poisson et de la viande ! Même les épices ont de moins en moins de goût , ou un goût de poussière comme il arrive de plus en plus souvent à la cannelle !
13 octobre 2018, 10:11   Re : Coda
Cher Alain , vous me faites penser à ces étrangers qui débarquaient en Algérie dans les années 70. Ils étaient époustouflés par le pays, ses infrastrutures encore en bon état et sa relative abondance. Ils ne savaient pas que c'était la queue de comète de la colonisation, que c'était à elle que l'Algérie devrait de faire encore quelques temps bonne figure.
Il me semble que c'est pareil pour L'Union européeenne. Elle fait encore un peu bonne figure parce qu'elle est toujours sur la lancée de la civilisation qu'elle s'acharne à détruire, tout en manifestant des signes de plus en plus visibles d'essoufflement.
13 octobre 2018, 10:24   Re : Coda
Les jeunes français se goinfrent de pizza, de Nutella, de sodas américains couleur de café noir, commercialisés dans des bouteilles en plastique géantes, et se fracassent au mauvais whisky et au cannabis cultivé dans les garages, en URSS c'était la vodka de contrebande.

***

Je lis supra que certains se refusent obstinément à entendre qu'un même être puisse se manifester continûment sous des guises d'emprunt qui varient de nom et de prétention ontique, comme de point d'ancrage géographique. Je n'en suis pas surpris.
13 octobre 2018, 10:29   Re : Coda
Tout se tient en effet : les fruits et légumes des supermarchés américains n'ont pas de goût et donc les Etats-Unis sont les héritiers de l'Union européenne, d'ailleurs l'OTAN a intégré des pays d'Europe centrale après la chute du mur et l'Union européenne s'islamise ; la consommation de pinard diminue mais celle de coke augmente et, en conséquence, Zemmour est un nouveau Soljenitsyne. Coda : il faut sortir de la zone euro.
13 octobre 2018, 17:23   Soyons sérieux
Mais enfin, soyons sérieux : voici une image d'un étal du rayon boucherie d'un Monoprix quelconque à Paris ; cela regorge de victuailles, plus ou moins bonnes, je n'en sais rien, je suppose qu'on pourra toujours trouver quelque chose à son goût...






Tous les rayons sont extrêmement fournis, en quantité d'abord, puis il y a même des collections "de prestige", "gourmet", que sais-je, d'appétissantes boîtes de cassoulet au confit de canard, d'affriolantes saucisses courbes label rouge, garanties de fabrication traditionnelle, etc., des calendots qui sentent encore bon, et, au pire, quitte à négliger les fruits et légumes, vous pourrez toujours vous rabattre sur une bonne conserve de sardines à l'huile, acheter un oignon et faire la fête...
Vous n'allez tout de même pas comparer tout cela avec ce qu'offraient les réseaux de grande distribution en Union soviétique stalinienne, où il n'y avait censément rien du tout ?!!!





Il se trouve, chers amis, qu'Israël est maintenant au même niveau de PIB par habitant que la France, à peu de choses près, je suppose donc que ce qu'on pourra trouver dans les supermarchés respectifs de ces deux pays est plus ou moins comparable, la mondialisation des chaînes de fabrications et circuits de distribution des grosses boîtes agro-alimentaires aidant ; eh bien, dans mon supermarché du coin, sur la place du Danemark, je vous assure que je trouve sans peine de quoi me nourrir à ma faim, souvent même avec quelque goût, si j'y mets un peu la main à la pâte et que je ne choisis pas les premiers prix.
L'abondance hiérosolymitaine en matière d’approvisionnement laisse surtout à désirer, par rapport à la France, pour tout ce qui concerne les cochonnailles, allez savoir pourquoi : c'est là où la chose devient piquante, et la situation proprement renversante, car pour pallier ce manque je vais chez les Russes, en centre-ville, où l'on peut trouver une charcuterie honnête et de belles côtes de porc. Mais ces Russes-là n'ont rien à voir avec la période de l'URSS stalinienne, bien sûr...
13 octobre 2018, 17:41   Re : Soyons sérieux
Je crois qu'on a dérivé avec cette histoire de nourriture. Il est évident qu'il s'agit d'un problème relativement secondaire (quoique .... ). Sans doute les esclaves d'Amérique étaient-ils t mieux nourris que les sujets de la Russie soviétique. Au moins n'avaient-ils pas à faire des heures de queues pour une betterave et deux rondelles de saucisson rance. Est-ce à dire qu'être esclave dans une grande plantation du sud des USA était préférable au sort des sujets soviétiques ?
13 octobre 2018, 18:09   Re : Soyons sérieux
S'il s'agit de comparer des régimes politiques, les questions de niveau de vie des habitants ne sont jamais secondaires, à mon avis...
Quant à affirmer que les conditions de vie réelles de la majorité des habitants de l'UE, depuis qu'elle existe, sont comparables à celles des esclaves des plantations du Sud des États-Unis, ma foi, cela va encore susciter de grandes discussions...
13 octobre 2018, 18:24   Re : Soyons sérieux
Cher Alain, je n'ai pas dit ça. Je m'amuse à brouiller les cartes.
Ce que je ne comprends pas venant de personnes aussi intelligentes et cultivées que vous ou Rémi Pellet, c'est que vous ne voyiez pas la dynamique perverse qui est à l'oeuvre et qui justifie les extrapolations les plus pessimistes. C'est ainsi que peu voyait en Algérie dans les années 70 la pente catastrophique sur laquelle elle était engagée pour ne prendre en compte que le moment présent encore plutôt admirable, ''séquelle'' de la colonisation.
13 octobre 2018, 18:50   Re : Soyons sérieux
la dynamique perverse qui est à l'oeuvre et qui justifie les extrapolations les plus pessimistes

La dynamique perverse, incontestable, ne justifie pas les analogies aberrantes car celles-ci conduisent à compromettre les tentatives de résistance au cours, désastreux assurément, que l'histoire, européenne en particulier, a pris.

Comme je l'ai écrit plus haut, le plus sûr moyen de perdre une guerre c'est de la penser comme la répétition de la précédente.

Ce n'est pas rendre service à un ami, et à la cause qu'il défend, que de lui dire qu'il a raison quand il délire :

- le goulag et la dhimmitude n'ont rien à voir ;
- si le léninisme c'était les soviets plus l'électricité, l'Union européenne ce n'est pas l'URSS plus l'informatique ;
- la "Seconde Occupation" est sans rapport aucun avec la "Première"
- M. n'est pas un "génocidaire", pire qu'Hitler de surcroît
etc.
13 octobre 2018, 19:03   Re : Coda
Une part importante de la nourriture photographiée supra est jetée. Elle part aux bennes à ordures. Le budget nourriture des Français ordinaires ne permet pas de l'écouler. La viande est inaccessible à celui ou à celle dont le revenu mensuel évolue entre 1000 et 1200 euros par mois, soit la valeur médiane des revenus en France. Si le déficit de ce pays court à présent en chiffre rond avec son PIB, c'est que le produit est l'affamé qui le contemple et que ce que se donne à vendre à l'étal est un leurre qui part au pilon à nourriture tous les soirs.

Le produit n'est pas le Nutella ou la pizza qui remplit les estomacs obèses des mal-nourris, mais bien les porteurs de cet estomac.

La FAO reconnaît dans l'obsésité des populations "riches" un problème de malnutrition. Le supermarché (cf Annie Ernaux) est un lieu d'opulence fausse et de destruction sanitaire véritable des populations.

Renseignez-vous.

Ne pas jouer hypocritement à faire corps avec les malheureux gogos que l'on méprise devrait relever de la décence ordinaire de qui se pique de penser.
13 octobre 2018, 19:43   Re : Soyons sérieux
Chère Cassandre, il semble que Francis veuille absolument que l'UE soit une sorte d'équivalent du stalinisme, et que s'y fassent jour les mêmes processus historiques, dits de "fin quiescente", augurant un même schéma de décomposition à plus ou moins court terme ; cela est évidemment matière à débat, et pour peu que l'on choisisse d'autres critères de comparaison, on pourra assez facilement révoquer en doute pareille équivalence supposée, du moins je crois.
Cela ne veut pas dire nécessairement que l'UE ne soit pas elle aussi engagée dans une "dynamique perverse" et qu'elle ne finisse par se désagréger d'une façon ou d'une autre, je n'en sais rien, mais même si c'était le cas, cette fin possible d'une structure politique ne suffit pas à mon avis à établir l'équivalence de fait avec une autre structure politique, qui a fini par disparaître en tant que telle : l'effondrement des empires ne signifie pas que ceux-ci aient été équivalents ou semblables, du seul fait de leur perte effective.

On peut aussi, c'est une autre vision historique, estimer que l'histoire humaine allant se complexifiant, elle produit des phénomènes sociaux et politiques absolument inédits et irréductibles à un passé dont ils sont le fruit, mais pas la triviale répétition : après tout, je crois qu'on peut soutenir que le stalinisme, ou le communisme soviétique en général, et la nazisme, ont été des structures singulières dont ne peut rendre compte en se contentant de n'y voir que des reproductions de périodes et de phénomènes historiques antérieurs, parce que les caractéristiques réelles constitutives et absolument modernes de ces deux totalitarismes ne s'y trouvent simplement pas : et si l'UE est un phénomène historique émergent inédit, et pas une simple répétition de ce qui a déjà eu lieu, alors on ne peut savoir avec certitude ce que cela va donner à terme, ni à quoi ressemblera la vie des habitants de cette aire géographique.
C'est évidemment plus malcommode, pour critiquer, si on ne sait pas à quoi s'attendre, en l'absence de points de repères antérieurs fournissant opportunément la prescience infaillible de l'avenir.
Tout cela écrit très rapidement...
13 octobre 2018, 19:51   Re : Coda
Ne pas jouer hypocritement à faire corps avec les malheureux gogos que l'on méprise etc.

Oh, il ne s'agit pas de faire corps avec des gogos mais de demander à leurs amis de cesser de les encourager à nuire à la cause qu'ils prétendent défendre.

Les premiers responsables du désastre sont ceux qui ont compromis moralement et intellectuellement toute résistance politique, quand il était peut-être encore temps, en servant de faire-valoir à leurs prétendus adversaires.

Yves Mamou a bien rappelé récemment le rôle historique que le racisme et l'anti-sémitisme de Jean-Marie Le Pen ont joué dans le désarmement contre le désastre : [www.in-nocence.org]

Aujourd'hui, jouent le même rôle néfaste les discours prétendument "souverainistes" qui assimilent l'Union européenne à l'URSS, après y avoir vu l'accomplissement du nazisme (on se souvent des "deux Simone"), la dhimmitude et le goulag, l'obèse et/ou drogué américain et le prolétaire vodkaïsé soviétique, etc (voir plus haut)

Ajout : entièrement d'accord, bien sûr, avec les messages d'A. Eytan
14 octobre 2018, 09:53   Re : Coda
Permettez, mais je ne suis pas du tout d'accord.

'' "Le Front national a joué les repoussoirs. Par sa seule présence, le Front national a empêché l'émergence de tout débat sérieux sur l'islam et l'immigration. Les éructations de Jean-Marie Le Pen toujours à la limite du racisme et de l'antisémitisme ont contribué au caractère hégémonique du discours antiraciste.''

Je pense le contraire : la diabolisation délirante de Jean-Marie Le Pen, homme peu recommandable, certes, mais peu dangereux, ainsi que de son parti, n'a été qu'une forme d'instrumentalisation éhontée du malheur juif afin de déligitimer dans la tête des Français tétanisés à l'idée de faire le jeu du ''monstre'', leur rejet justifié de l'immigration et de l'islam. D'ailleurs c'est Lionel Jospin lui-même qui l'a avoué. Je le cite de mémoire : le front national n'a jamais été un parti fasciste. Le faire passer pour tel n'a été que du théâtre.
Cette diabolisation a permis, en focalisant sur la grippe lepèniste, d'ignorer le choléra islamique.
J'irai même plus loin : à force de décréter racistes ou nazies, des opinions de simple bon sens ou des comportements inoffensifs de survie identitaire, on banalise le racisme et le nazisme ; on risque à la longue de faire croire aux gens ignorants que ça n'a peut-être pas été, au fond, aussi condamnable qu'on le dit.
14 octobre 2018, 13:24   Re : Coda
Chère Cassandre,

permettez-moi de vous faire remarquer que je n'ai pas dit que le Front national avait représenté une réelle menace fasciste mais que JM Le Pen, par son anti-sémitisme et son racisme, avait discrédité moralement et politiquement la cause qu'il prétendait défendre, ce qui explique qu'un certain Renaud Camus ait écrit un texte intitulé “Pire que le mal” : à propos de la croissance démographique et du Front national de Jean-Marie Le Pen : c'est ici [www.renaud-camus.net]

Que la gauche, et spécialement Mitterrand, se soit servie cyniquement de JM Le Pen, c'est parfaitement vrai : elle ne pouvait rêver meilleur faire-valoir.

Marine Le Pen, en se discréditant sur la question européenne, a tenu le même emploi vis-à-vis de Macron.

Et tous ceux qui continuent sur le registre des comparaisons et analogies aberrantes ne sont que les idiots utiles du macronisme.

Complément :

je persiste à penser que s'il n'avait pas changé de pied, en cherchant l'unité à tout prix des anti-immigrationnistes, au lieu de continuer à dénoncer le caractère suicidaire de la stratégie du Front national, ancienne et nouvelle versions, Renaud Camus serait mille fois mieux entendu aujourd'hui de la majorité des électeurs du FN qui savaient bien au fond d'eux-mêmes que le "programme" anti-européen du FN ne tenait pas la route (en plus du fait qu'il mettait au second plan la question migratoire).

Comme elle n'en est pas à une cabriole près, Marine Le Pen essaie maintenant de coller aux partis italiens dont les dirigeants sont portés par une vague électorale "identitaire" qui ne remet pas en cause l'existence même de l'Union européenne et de la zone euro mais veut le changement de sa politique migratoire et économique.

Cette stratégie sera peut-être payante lors des prochaines élections européennes, à moins que les détournements de fonds opérés par le FN aux dépens du Parlement européen ne décrédibilisent une fois encore ce parti...
14 octobre 2018, 16:45   Re : Coda
» Le budget nourriture des Français ordinaires ne permet pas de l'écouler. La viande est inaccessible à celui ou à celle dont le revenu mensuel évolue entre 1000 et 1200 euros par mois, soit la valeur médiane des revenus en France

Francis, c'est en effet un point intéressant : les voies de l'In-nocence menant à tout, il semble qu'on ne puisse faire l'impasse sur une étude sérieuse relative à la consommation de viande/charcut par les Français ordinaires, qui sont donc la majorité des Français, en principe.

Bien, d'après ce site consacré à la viande bovine, il appert que « 91% des Français déclarent consommer de la viande au moins une fois par semaine » et « Un Français consomme en moyenne 1,5 kg de viande par semaine », ce qui devrait nous laisser un nombre de Français ordinaires encore relativement important qui en consommeraient plus (d'une fois par semaine).

C'est là où je trouve ce que vous avez dit un peu étonnant, si on le prend à la lettre : les Français ordinaires ne pourraient donc se payer, et ce dans un Monoprix, de la viande hachée, un morceau d'échine de porc, de poulet, de boudin, du museau vinaigrette, du jambon, du pâté de foie, un beau saucisson sec, voire quelques chipolatas, et de temps en temps, quand même, se taper la cloche avec une belle pièce de viande rouge ?
C'est donc, quelque part, que cette offre si abondante de barbaque, toutes catégories confondues, dans les grandes surfaces trouve encore à s'écouler parmi une partie importante de la population (qui reste à déterminer précisément), me semble-t-il ?...

D'autre part, qui voudrait se taper une côte de bœuf tous les jours ?
14 octobre 2018, 19:16   Re : Coda
Sur le site donné en lien dans votre message :

Selon FranceAgriMer, les Français mangent en 2013, 66 kg de viande par an et par habitant, soit une baisse de près de 7% par rapport à 1998. Pour le bœuf, la diminution est encore plus accentuée. Il ne représente plus que 29% de la viande consommée en France contre 39% en 1970. Le porc l'a détrôné avec près de 40% de la consommation de viande et il est suivi de près par la volaille (28%).


«Le quart des 80.000 éleveurs français sont au bord du gouffre et il faudrait une augmentation de 20% de leur prix de vente pour qu'ils sortent la tête de l'eau», ajoute Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale bovine.


Les Français les plus modestes n'achètent pas les beaux quartiers de viande affichés dans les photos que vous mettez en ligne, mais des stecks hâchés industriels (ou des saucisses) qui sont fabriqués à partir de ce que la filière nomme minerai, soit des abats, dans des préparations toxiques. L'obésité, qui gagne ces couches de la population, est un symptome de malnutrion et d'intoxication.

Mais foin de cette discussion sur l'alimentaire, qui ne m'intéresse pas.

***

Nous avons recensé les invariants des manifestations de l'entité dont nous étudions la trace dans l'histoire du 20e siècle, soit l'UE/URSS. Elle s'instaure et dix ans après satellise des pays qui se montrent réticents à sa domination. Et l'avatar bruxellois satellise les mêmes pays que l'avatar moscovite. Le roi est mort, vive le roi ! Il n'est guère de cri politique qui soit plus emblématique en Occident : il est entendu partout comme émanant de la veine profonde de cette civilisation, de Lisbonne à Moscou. Il est la définition même de l'être politique dans sa continuité et il n'apparaît ainsi nulle part ailleurs. C'est cela qui importe : le roi est mort en décembre 1991 et, à peine embaumé, il renaît de ses cendre le 1er janvier suivant. Double translation du foyer d'unité continentale : la flamme fut conduite de Berlin à Moscou en mai 1945, satellisa ses marches occidentales dix ans plus tard ; refit le voyage dans l'autre sens en 1992 vers l'Allemagne fraîchement réunifiée, qui s'empressa de resatelliser les mêmes entités interstitielles et vestigiales (morcèlement de l'ex-Yougoslave) là encore en l'espace de dix ans (balkanisation de cet espace et offre implicite aux principautés renaissantes de se fondre dans le bloc nouveau, ce qui fut fait dans ce laps de temps décennal).

La notion maîtresse de continuité politique (le roi est mort, etc...) dans l'espace de l'Occident chrétien et le constat indéniable des manifestations invariantes de la domination (ortho-doxie tyrannique, police politique drapée dans les oripeaux de la justice, traque, muselage et diabolisation des opposants, etc.) suffisent à établir une identité de nature, soit un être lui-même invariant. Dès lors qu'il y a identité de traits et continuité chronologique, comment peut-on s'étonner qu'il y ait répétition ? L'UE ne présente rien de nouveau : le morcèlement des nations et la dilution des peuples au service d'un projet globaliste est un processus itératif dans cette partie du monde et le processus inverse ne l'est pas moins. Ils se déploient en alternance dans l'histoire.

Un autre invariant croise celui-là : le Coran et son djihad, invariant universaliste, religieux et politique. L'UE fut fondée le jour du cinq centième anniversaire de la chute de Grenade (2 janvier 1492), soit au terme de cinq cents ans de domination de l'Occident chrétien sur l'islam, pendant tout ce temps empêché par celui-là de se déployer aux Amériques, notamment, et ailleurs sur le continent eurasien. La fondation de l'UE en janvier 1992 marque un tournant. Celle-ci, sous l'influence de la France et de l'Allemagne, accueille favorablement les exigences musulmanes, en prolongement de la politique arabe de ces pays dans les années 70, qui avait été adoptée après la guerre du Kippour et en réaction au choc pétrolier. Politique dite d'apaisement. Cette fondation marque un point d'inflexion pentaséculaire dans l'ordre qui s'était imposé depuis la chute de Grenade (unification de la péninsule ibérique par les rois catholiques, conquêtes ultramarines, Siècle d'Or espagnol, Renaissance, essor universaliste et mondialiste sous l'influence des Lumières, propagation et pénétation de la foi chrétienne dans d'autres civilisations, etc.) : l'entame d'un retournement du processus qui s'était enclenché cinq siècles plus tôt en Espagne.

L'islamisation du continent européen et du Canada depuis l'avènement de l'UE va bon train, et connaît une accélération en courbe hyperbolique depuis les choix que fit la dirigeante berlinoise en 2015 : Le morcèlement interne des nations européennes, processus inverse à celui de l'unification espagnole auquel on devait la prise de Grenade cinq cents ans plus tôt, va bon train lui aussi, en concommittance avec les progrès de la conquête islamique de l'Europe. L'Espagne elle-même, à présent, se balkanise, comme elle avait été balkanisée du temps de la domination du Califat de Cordoue à la fin du Xe siècle.

Mais cette inversion de processus (inversion du progrès de l'Occident qui laisse le champ libre à l'essor et au progrès de l'islam de conquête et de djihad à compter de 1992) fait partie d'une dynamique oscillatoire au pas de temps immense. Il suffit pour s'en convaincre de se pencher sur l'état de l'Europe face à l'Islam cinq autres siècles avant la chute de Grenade : c'est le règne d'Almanzor (soit le Victorieux), Muhammad ibn Abî'Amir pour les intimes, maître du Califat Omeyyade de Cordoue, qui, dans la dernière décennie du millénaire, connaît le faîte de sa gloire ; en effet dans les années qui précèdèrent sa mort en 1002, Almanzor impose son ordre islamique, militaire et religieux, à 80% du territoire de la péninsule, et sa suzeraineté est si complète qu'il se paie le luxe d'avoir pour hommes liges des roitelets catholiques (Ramire III de León, puis Bermude II de León, notamment) qui l'assistent dans ses razzias commises dans le nord de la Péninsule. Il prend Barcelone dans l'été 985, il attaque la Castille en 997 et il y prend deux villes puis multiplie les campagnes, toujours victorieuses vers la Galice, Pampelune, etc.

Et l'année 992 (cinq cents ans avant l'aboutissement de la Reconquista par la prise de Grenade, donc, et mille ans avant l'année de fondation de l'UE) est elle-même remarquable dans l'histoire d'Al Andalous puisque c'est en septembre de cette année-là que l'on voit roi de Navarre, Sancho II, se rendre à Cordoue en soumission et livrer sa fille à Almazor, qui se convertira à l'islam et lui donnera un fils.

Mais à cet apogée, un premier point d'inflexion se présente qui inaugure la dynamique pentaséculaire: en 997, Almanzor, le champion du djihad, pille Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice. La ville est incendiée, la basilique rasée. Le saccage de la ville est considéré comme un affront à toute la chrétienté qui se répandra à travers tout l'Occident. L'idée d'une Reconquista dans et par l'union des forces chrétiennes d'Occident germe enfin dans le camp occidental, qui ne portera ses fruits qu'un demi-millénaire plus tard, au terme de cinq siècles de domination musulmane sur ce front du sud-ouest de l'Europe que l'islam entretient avec l'Occident chrétien.

S'il y a reconduction des phénomènes historiques, c'est par conséquent moins par l'effet d'une fatalité occulte qu'à cause d'une stabilité fondamentale des lignes de force spirituelles et politiques présentes sur le terrain, qui croisent le fer avec des visées invariables et un jeu stratégique alternant et simple à définir : la dissolution-fragmentation d'un camp appelle le renforcement unitaire de l'autre camp qui devient dominant avant de devoir faire face à une contestation, parcellaire dans un premier temps, mais qui, se renforçant et s'unifiant, finira par défaire le dominant/occupant.

L'Union européenne est un corps pourrissant dès la naissance, qui cumule les tares de ses deux avatars précédents (le 3e Reich et l'Union soviétique) sans rien posséder de leurs points forts. Elle affaiblit, jugule, fragmente, atomise et dissout les peuples qu'elle chapeaute dans la noyade migratoire, c'est sa fonction face à la force islamique qui la pénètre. Mais ce pourrissement est si manifeste qu'une conscience se fait jour de sa dissolution possible, sa fin prochaine. Une nouvelle coalition européenne deviendra alors possible et à espérer face à la menace de sujétion des peuples originaires de cet espace. Tout n'est peut-être pas encore perdu : les processus de reconstruction historique lents (cinq cents ans...), dès lors que leur réalité affleure aux consciences, peuvent être accélérés.
15 octobre 2018, 09:33   Re : Coda
Je suis assez portée à abonder dans le sens de Francis. J'ai souvent l'impression que le grand balancier de l'histoire s'est mis en branle, il y a des siècles, un fois pour toutes et à jamais dans le même va et vient, même si de petits balanciers secondaires semblent parfois à l'oeuvre. Malheureusement, je n'ai pas, comme Francis, la culture historique qui me permettrait d'étayer valablement cette impression.
15 octobre 2018, 21:16   Re : Coda
Ça n'a aucune espèce d'importance mais puisque Francis Marche semble prêter beaucoup de sens à la précision chronologique, je suis au regret de l'informer que l'Union européenne ne fut pas "fondée le jour du cinq centième anniversaire de la chute de Grenade (2 janvier 1492)" car le traité de Maastricht fut signé le 7 février 1992 et il est entré en application le 1er novembre 1993 [europa.eu] après avoir été ratifié à différentes dates par les États signataires.
15 octobre 2018, 22:26   Re : Coda
Le traité de Maastricht a été signé par l'ensemble des douze États membres de la Communauté économique européenne à Maastricht (Pays-Bas), le 7 février 1992, après un accord conclu lors du Conseil européen de Maastricht, en décembre 1991, et est entré en vigueur le 1er novembre 1993.

Wikipedia

Le Conseil européen à donc bien conclu cet accord DANS LES HEURES OU SE MOURAIT L'UNION SOVIETIQUE

La présidence portugaise du conseil, inaugurée le 1er janvier 1992 fut bien aussi la première de l'UE dans la chronologie.
16 octobre 2018, 00:13   Re : Coda
Quelle grande découverte... Comme l'avait écrit un grand auteur, À part ça, oui, il fallut bien que le mur de Berlin s'effondrût, et avec lui le monde soviétique, pour que certains pays d'Europe centrale anciennement soviétisés adhérussent à l'Union européenne et pour que les rayons de leurs supermarchés, par voie de conséquence, se remplussent.

Mais qu'est-ce que j'ai écrit... "Grande découverte"... bon sang mais c'est bien sûr... Colomb... le 12 octobre 1492... Collomb... un autre 12 octobre revient du nouveau monde vers l'ancien. C'est dingue, pardon, troublant quand même toutes ces coïncidences qui n'en sont pas.

PS : mais qu'est-ce qu'on fait quand même de la précision si précisément fausse : "L'UE fut fondée le jour du cinq centième anniversaire de la chute de Grenade (2 janvier 1492)" ?
17 octobre 2018, 17:38   Re : Coda
Je crois qu'il est inutile de revenir plus longuement sur les raisons pour lesquelles, à mes yeux, l'UE n'est et n'a jamais été identique à ce que furent le nazisme et le stalinisme, de quelque façon qu'on l'envisage : ni pour ce qui concerne le niveau de vie et les conditions de vie réelles des habitants de l'Union, dont les pays fondateurs comptèrent et comptent encore parmi les plus riches de la planète, ni relativement aux types de régimes politiques proprement dits de ces pays, la liberté d'expression qui y fut et est encore possible, malgré tout, ni pour ce qui concerne la répression frappant les opposants, l’instrumentalisation et le sort réservé aux autres peuples (dans quoi se distinguèrent notablement les deux totalitarismes), ou la façon même dont ce que appelez le "projet globaliste" vit le jour et se réalisa, etc. : les différences me paraissent simplement trop considérables pour qu'une quelconque identité soit possible...

Il est cependant un aspect dans vos thèses qui me frappe, c'est qu'on aboutit en définitive à ne constater que du même, des répétitions et des identités structurelles cycliques en Occident chrétien : d'une part l'Union européenne inaugure, dites-vous, une reprise de l'islamisation de l'Europe, son avènement est par essence un facteur d'islamisation, ce qui phénoménalement en constitue la nature, donc, et d'autre part cette même nature de l'Union est également une répétition des types de structures qu'étaient le nazisme et le stalinisme : ce qui en toute logique revient à établir cette identité générale pour le moins étonnante, et dans quoi je dois dire que je me perds un peu, entre tous ces éléments d'une équation très englobante : nazisme, stalinisme soviétique, islam et Union européenne, toutes manifestations d'un même "invariant", ou ligne de force périodique, dont on ne voit plus très bien ce qui les distingue, à telles enseignes...

Indépendamment de cela, il reste qu'une théorie, surtout si elle se réclame des sciences physiques, doit permettre de faire des prédictions vérifiables pour être au moins partiellement confirmée ou invalidée : je ne vois rien dans tout ce qui précède qui se soumette au tribunal de l'expérience : annoncer que l'UE finira par se déliter et se désagréger ne signifie en réalité rien, à mon sens, car toute structure politique finit à terme par disparaître en tant que telle, surtout si elle est une association volontaire de pays existant encore malgré tout comme entités nationales propres — notons tout de même que l'Union dure déjà depuis plus du double de la durée de vie du Troisième Reich, et qu'elle se porte toujours infiniment mieux que l'amas de ruines fumantes, de cadavres et de population hagarde et éperdue qu'était devenue l'Allemagne nazie à sa chute, et qu'on se demande donc en quoi consistaient les points si assurément forts de cette dernière par rapport à sa petite sœur jumelle et ancillaire moins fortunée.
En réalité la seule prédiction faisable aurait été l'annonce d'une libération de l'Europe de l'emprise islamique dans un peu moins de 500 ans, s'il était vrai que le cycle de la passation de pouvoir était "pentaséculaire" : mais cela nous fait une belle jambe, car on voudrait quand même des preuves tout de suite, ou du moins pendant qu'on soit encore en vie.
Mais en plus, vous vous accordez toute latitude de casser même ce rythme-là, qui pourrait après tout être beaucoup plus variable que son invariance supputée ne l'aurait laissé croire, pourvu qu'on en prenne conscience rapidement et veuille abolir le coup de dés destinal : si tout est finalement possible, on ne peut plus rien prédire, cela va de soi.
17 octobre 2018, 21:45   Re : Coda
La répétition (périodicité, cyclicite) est fille illégitime de la rencontre de l'invariant coranique et de la continuité occidentale (le traité européen de 1957 fut signé dans la salle des Conservateurs du plus ancien des musées d'occident et probablement du monde - le musei capitolini de Rome). Ce qui rend compte du pas de temps invraisemblablement long du déploiement de cette DIALECTIQUE puisqu'il faut nommer un chat un chat.

L'UE qui n'a que 26 ans d'âge se veut une reprise sage et pacifique des 2 tentatives précédentes d'aboutissement hégélien de l'histoire dont à accouché le 20e siècle en Occident. Or cette troisième fondation coïncide avec un moment fort, millénaire et millenariste de l'islam. Et sa nature molle et ouverte fait d'elle l'instrument idéal d'une conquête mahometane du continent dont cette fondation dit et edite la doxa.

Quoi de plus simple au fond et comment prétendre se perdre dans pareille limpidité ?
17 octobre 2018, 22:16   Re : Coda
Par ailleurs oui : la connaissance, quoi qu'on en fasse, fait dévier le cours destinal des choses. Elle embarasse la vis de la fatalité. Â cet égard, même passive, elle est créatrice d'histoire.
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