Le site du parti de l'In-nocence
04 janvier 2021, 14:47   Bordeaux la sensible
Convergence de deux phénomènes : l'africanisation des "banlieues" et la transformation de quartiers entiers en "zones sensibles" (en l'occurrence Saint-Michel, Grand Parc, les Aubiers ou les communes de la rive droite) d'une part ; le pullulement des "mineurs isolés" suite à la submersion migratoire de 2015 d'autre part.

Que les maires soient de "droite", de "gauche" ou "écolos", toutes les grandes, moyennes et petites villes sont concernées, au moins par ce dernier phénomène, qui s'organise au niveau étatique. C'est un plan méthodique et sournois de répartition des allogènes dans chaque commune de ce pays, qui ne pourra être contrecarré qu'avec la chute du pouvoir central. Les maires sont devenus à peu près impuissants (si tant est qu'ils aient un semblant de volonté réelle de changer les choses) face à des phénomènes à la fois trop ancrés et trop massifs pour être déjoués à l'échelle locale, surtout pour des grandes métropoles comme Bordeaux, qui doivent composer avec toutes les circonlocalités voisines, qui se retrouvent elles aussi pourries par contagion.

[www.sudouest.fr]
Un couple d'amis, poussé hors du centre-ville de Bordeaux, qui, comme ceux de Toulouse et de centaines de villes moyennes, a été livré clef en main aux divers (leurs kebabs et coiffeurs africains...), a déménagé dans un joli coin de la banlieue bordelaise pour s'y faire aussitôt cambrioler... Territorialement parlant, la situation serait-elle déjà sans issue ou échappatoire ?
05 janvier 2021, 12:34   Re : Bordeaux la sensible
C'est la question qu'on peut se poser. Il doit bien rester la Creuse (patrie de Jean Beaufret) mais l'on vient d'apprendre photo à l'appui que le premier bébé de l'année qui vient d'y naître ravit ses jeunes parents sub-sahariens. Sinon la Bretagne, mais là, ce sont les punks à chien teufeurs et autres zadistes bretonnant à QI très inférieur à celui de leur chien qui nous y attendent. Je dirais le Sud-Est profond alors, mais je crois que vous y êtes déjà. Ou la Bourgogne rurale et enchantée où la Côte d'Or devient l'Yonne imperceptiblement, sous la rumeur et à l'ombre des éoliennes géantes. Faut voir.
05 janvier 2021, 16:27   Re : Bordeaux la sensible
Désolé Francis mais pour moi ce sera la Chine, Shanghai pour être plus précis. J'ai réussi à transférer là bas quelques dizaines de milliers d'euros... ceux-là au moins ne serviront pas de carburant à la "France d'après". Le seul problème, pour l'instant, c'est qu'avec ce maudit Covid il m'est quasiment impossible d'y foutre les pieds (visa business obligatoire et très difficile à obtenir, plus deux semaines enfermé dans un hôtel à vos frais, plus test à la fin... De toutes façons on ne pourra plus rentrer sur le territoire chinois sans être vacciné).
05 janvier 2021, 17:58   Re : Bordeaux la sensible
J'ai connu un Shanghaï que vous ne soupçonnez peut-être pas, dans les années 1986-1990. Il y avait trois villes en une, dont aucune ne ressemble à celle que vous connaissez : la vielle ville et son vaste quartier de la légation française, avec son Bund où rien n'avait changé depuis le départ des Japonais et des Occidentaux (les communistes, à Shanghaï tout particulièrement, échaudés par la Révolution culturelle qui y avait fait rage, n'osaient toucher à rien: dans les bureaux des maisons de commerce d'autrefois, occupées désormais par les administrations du régime, il restait jusqu'au vieux néons conchiés des mouches, inchangés depuis trente ou quarante ans), et l'hôtel de la Paix avait toujours son "plus long bar du monde" et son orchestre de jazz où des saxophonistes octogénaires officiaient encore. La deuxième ville était celle, vaste bidonville mais en blocs de ciments, aux rues en terre battue, toujours boueuses, construite de bric et de broc par les architectes du régime, où logeaient les ouvriers en casquette molle et en bleu de chauffe (les ouvriers du textile notamment). Les jeunes ouvrières étaient vêtues toutes pareil non point à cause d'un uniforme mais par manque de choix de styles de vêtement (le même pull-over vert, vaguement fantaisie, était porté par des milliers de jeunes femmes). La troisième ville était un vaste chantier occupant des milliers de kilomètres-carrés où se construisait peu à peu le Shanghaï d'aujourd'hui: immenses champs de boue et de ferraille là où vous admirez aujourd'hui les tours ultramodernes.

SI je me décide un jour, nous serons voisins : j'irai finir mes jours à Nagasaki, si proche de Shanghaï que, dit-on, un certain dimanche matin d'août 1945, le 9, on vit le ciel de Shanghaï s'illuminer sans raison, vers l'Est, sur le coup des 11 heures...

Vous devriez lire le roman de J.G Ballard, qui passa une partie de son enfance dans "le premier" Shanghaï, Empire of the Sun mais aussi (et peut-être surtout) The Kindness of Women. Il y a peu de livres écrits par un Occidental qui éclairent mieux cette ville. Il y a aussi, en anglais ce classique de Nien Cheng : Life and Death in Shanghai sur la Révolution culturelle. Ne manquez pas ce récit si vous vous établissez là bas.

Bonne chance et bon courage !
Mon suprémacisme provençal me fait regarder beaucoup d'autres Français comme autant d'empotés. D'où la difficulté de me projeter dans des territoires pourtant bénis des dieux, comme la Vendée ou l'Isère par exemple. Il m'est difficile de délier les lieux des gens. Mais on le sait, c'est la présence en surnombre des peuplades nocentes qui gâche tout... Je me rabats donc sur ces rêves que tous les quinquas caressent, ceux d'un retour à la terre natale (Heidegger, Tchekov et dernièrement Peter Handke disent de grandes choses sur ce sujet), en l'occurrence la Provence intérieure, encore sauvage et hostile par endroits. Mais son aridité radicale me fait peur, si bien que le Sisteronais-Buëch, plus vallonné et verdoyant, me titille de plus en plus.
Chers sinophiles, je viens de recevoir cet étrange livre, que cite Deleuze dans son abécédaire. [www.gallimard.fr].

Et la recension d' Etiemble, ds Le Monde :

Ferenc Tökei et la naissance de l'élégie chinoise
Par ÉTIEMBLE.


DEPUIS que Louis Laloy, voilà trente et des années, me révéla K'iu Yuan à son cours des hautes études chinoises, je rêve de m'associer à un poète chinois pour tenter une version française du Li Sao (les Tourments de l'exil). Celle d'Hervey de Saint-Denys (1870) édulcore tout. Résultat : les Français ignorent le premier poète chinois dont on connaisse le nom, et qui se trouve être aussi l'un des plus grands.

Lorsque parut le K'iu Yuan de Kouo Mo-jo (1), je me disais, naïf encore et toujours, que cette œuvre allait éveiller quelque curiosité, puisque le premier humaniste chinois du XXe y traitait lyriquement du premier poète de la Chine. Pensez-vous ! Le " nouveau ", la drogue, la structurante et la schizophrénie peuvent seuls chatouiller notre attention écartelée. Dommage, car K'iu Yuan, pour les Chinois, reste un Orphée qui fait sangloter les mânes, un héros exemplaire en l'honneur duquel, au cinquième jour du cinquième mois, on célèbre de beaux festivals sur les lacs et sur les rivières : la légende veut qu'il se soit noyé. Certes, en lisant la Letteratura Cinese (2) de M. Paul Demiéville, on entrevoit l'originalité de ce poète : marquée de souvenirs chamaniques, de taoïsme, d'incantations, libre à l'égard des thèmes et des mètres de la poésie de tendance confucéenne qui régnait alors dans le bassin du fleuve Jaune, la poésie de Tch'ou, État riverain du fleuve Bleu, apporte un vent de liberté. Si j'ajoute que l'auteur était bien né, et qu'après avoir exercé de hautes fonctions près du roi Houai il tomba en disgrâce pour avoir voulu éclairer son souverain sur les projets impériaux du Ts'in, État turbulent qui allait en effet se soumettre toute la Chine un peu plus tard, en 221 avant notre ère, la grandeur de l'homme ajoute encore au charme magicien de l'œuvre.

L'ouverture de la Hongrie

Un livre vient de paraître, qui nous propose enfin une interprétation littéraire des poèmes de K'iu Yuan : Naissance de l'élégie chinoise (3). M. Ferenc Tökei a traduit lui-même en français l'ouvrage qu'il avait publié à Budapest en 1959 : A Kinai elégia születese. En 1962, lorsque je visitai à Budapest l'Institut que dirige M. Ligeti, le grand mongolisant, tibétisant et sinologue, j'admirai le travail qui s'accomplissait là-bas et l'audience que lui accordait le public hongrois : les tirages des classiques de l'Asie me firent rêver. Avouons-le : j'enviai mes collègues. Quoi, c'est nous qui nous piquons d'humanisme et d'universalisme ? Or que lisons-nous sur la Chine ? Des reportages et quelques romans réputés libertins. Il existe pourtant une collection au moins que je connais un peu. Connaissance de l'Orient, où l'on écrème la crème de la crème des grandes œuvres de l'Asie extrême. Elle se vend moins qu'à Budapest la collection correspondante. Alors, qu'on me fasse grâce de notre ouverture au monde... Si nous voulons comprendre la Chine actuelle, certes, il faut lire Snow, Guillain, Dumont, Feijtö, Karol, Chesneaux ; dix autres ; mais aussi l'Odyssée de Lao Ts'an (4), par exemple, le chef-d'œuvre de Lieou Ngo, qu'un premier chapitre dessert, inégal peut-être à tout le reste. Mais aussi, pourquoi non ? le Li Sao de K'iu Yuan.

Un disciple de Lukacs

Quoiqu'il se réfère à l'esthétique de Lessing, à celle de Hegel (dont nous discutâmes un soir, chez lui, une traduction en chinois), c'est à Lukacs surtout que se rattache la critique de M. Tokei. Les définitions qu'il propose du lyrisme, de l'épopée, de l'élégie, surprendront le lecteur français ; raison de plus d'entrer dans le système et d'essayer de comprendre comment un marxiste, et savant sinologue, éclaire la naissance d'un genre qui deviendra la " constante ", et peut-être l' " incarnation " de la poésie chinoise : l'élégie selon K'iu Yuan. Quand un idéal paraît accessible, encore qu'étranger à la réalité, alors fleurissent les primevères de l'idylle ; l'idéal se révèle-t-il hors d'atteinte - pour des raisons économiques et politiques, - alors surgit, déchirante-déchirée, ce que M. Tokei appelle une élégie - mélange de lyrisme et d'épopée. Encore faut-il que le poète dépasse alors la " subjectivité de la chanson " (le lyrisme à notre mode) et s'engage sur la voie que l'on appelle ici épique (celle, en fait, du réalisme, celle qui traverse les mœurs, les institutions, les rapports de forces).

Pour une définition des genres

Alors que l'Europe fait aujourd'hui profession de mépriser les genres (toute licence, toute confusion étant aujourd'hui le b-a ba de la rhétorique en vogue), il me plaît que la revue de littérature qui paraît à Lodz, en Pologne, s'intitule (en français): les Problèmes des genres littéraires, et que l'essai de M. Tokei soit centré, lui aussi, sur la théorie d'un genre. Et si nous imitions les Hongrois, les Polonais ?


Ceux mêmes qui résisteront à l'explication marxiste - c'est probablement mon cas - auront profit à lire cet ouvrage. Ne serait-ce que pour lui poser des questions. Celle-ci, par exemple : Jean Grosjean publie ce mois-ci de graves Élégies : " Le mot élégie, d'origine incertaine, a été employé en des sens si divers par les poètes que nous avons cru nous conformer à leur usage en nommant ainsi des textes qui ne ressemblent pas tout à fait aux leurs. " Les élégies de Grosjean s'expliquent-elles par les tensions économiques et politiques qui brisèrent la carrière du ministre K'iu Yuan voilà deux mille trois cents ans ? Le même mot convient-il au Li Sao, aux Neuf Chants, aux énigmes cosmiques du Chinois et aux méditations du poète français sur l'amour mêlé à la mort ? Et puis, comment rester insensible aux traductions, nombreuses et bonnes, qui émaillent ce traité d'esthétique ? Nous en étions réduits aux versions anglaises de Waley, de David Hawkes. Désormais, grâce à un Hongrois disciple de Ligeti, disciple lui-même de Pelliot, nous pourrons lire en notre langue des extraits copieux d'une poésie séduisante qui nous entraîne loin des sentiers battus.
05 janvier 2021, 18:48   Re : Bordeaux la sensible
Le livre de Tökei est en effet intéressant, qui porte un regard original sur la nature de l'élégie. Sa thèse est matérialiste critique : selon lui, le genre de l'élégie se situe entre le genre épique et le genre lyrique, et se définit comme épico-lyrique du fait de l'impermanence des ordres politiques impériaux : l'élégie correspond au mandarinisme dont la pérennité appelle un genre "a-politique", ce que n'est pas l'épopée.

Hypothèse comparatiste hardie : le développement de l'élégie européenne aboutit au genre du "petit roman" (à partir de l'Hyperion de Hölderlin) qui, selon Tökei "occupe parmi les genres littéraires modernes une place semblable à celle de l'élégie dans les littératures anciennes".
05 janvier 2021, 18:51   Re : Bordeaux la sensible
La pièce Par les villages de Peter Handke est par excellence le livre du retour au pays natal (sur fond de drame et de déchéance familiale, car il n'est pas de retour au pays natal qui vaille sans sans son contrepoint de déchéance et de ruine)
Merci, Francis.

Deleuze en parle au sujet de la plainte des affranchis, de l'esclave libre qui soudainement se retrouve aussi libre qu'il est perdu, sans satut social. Cette question m'avait intéressé en tant que passionné de blues. Le bluesman affranchi, ou fils d'affranchis, ne cesse de répéter une plainte alcoolisé... Libre, il ne cesse de courir à sa perte.

Handke : « Ne te souhaite rien de nouveau, tu sais bien ce qu’il te reste à faire jusqu’au bout : chercher la terre natale. » (Les cabanes du narrateur)

Et Beaufret, indeed : "Je finis par comprendre, m'étant baigné dans la Creuse, pendant les grandes vacances de 1942, que le paysage est solide."
05 janvier 2021, 20:52   Mèfi les gars
"Un homme qui était né au pays de Yan mais qui avait vécu presque toute sa vie dans celui de Chu décida, devenu vieux, de retourner dans sa province natale.
Tandis qu’il traversait une autre région, quelqu’un qui l’accompagnait le trompa pour plaisanter : « Voici votre ville natale. » Notre homme changea de couleur et se sentit très ému. « Voici le dieu du sol de votre terre natale. » Notre homme poussa de longs soupirs. « Voici votre maison familiale. » Notre homme versa des larmes. « Voici les tombeaux de vos ancêtres. » Notre homme ne put retenir ses sanglots. Alors son compagnon éclata de rire et lui révéla sa supercherie. Notre homme en fut confus et quand il arriva dans sa vraie ville natale, son émotion en fut tout émoussée."

Jacques Pimpaneau – Lettre à une jeune fille qui voudrait partir en Chine (2004)
06 janvier 2021, 00:20   Re : Mèfi les gars
Dans quelle mesure notre pensée entretient-elle un lien d’intimité avec l’environnement qui l’a vu naître ? De quelle manière envisager le rapport entre une production spirituelle quelle que soit sa nature et son inscription géographique territoriale ?
Cette question si riche est aussi extrêmement complexe...



Francis@"J'ai connu un Shanghaï que vous ne soupçonnez peut-être pas, dans les années 1986-1990..."

Merci beaucoup pour ce message Francis.
...car il n'est pas de retour au pays natal qui vaille sans sans son contrepoint de déchéance et de ruine

Il n'y a qu'à songer à l'équivoque de l'expression, Avoir le mal du pays...
06 janvier 2021, 11:06   Re : Mèfi les gars
Citation
Roland Destuves
"Un homme qui était né au pays de Yan mais qui avait vécu presque toute sa vie dans celui de Chu décida, devenu vieux, de retourner dans sa province natale.
Tandis qu’il traversait une autre région, quelqu’un qui l’accompagnait le trompa pour plaisanter : « Voici votre ville natale. » Notre homme changea de couleur et se sentit très ému. « Voici le dieu du sol de votre terre natale. » Notre homme poussa de longs soupirs. « Voici votre maison familiale. » Notre homme versa des larmes. « Voici les tombeaux de vos ancêtres. » Notre homme ne put retenir ses sanglots. Alors son compagnon éclata de rire et lui révéla sa supercherie. Notre homme en fut confus et quand il arriva dans sa vraie ville natale, son émotion en fut tout émoussée."

Jacques Pimpaneau – Lettre à une jeune fille qui voudrait partir en Chine (2004)

Excellent ! Et belle trouvaille que ce texte où se retrouvent deux des thèmes de ce fil de discussion...
06 janvier 2021, 14:55   Re : Bordeaux la sensible
J'ai opéré mon "retour au pays natal" (qui est l'intitulé de la traduction française du roman de Thomas Hardy The Return of the Native) il y a quatre ans. Village de mon enfance. J'en parcours alors les recoins jadis familier où tout, évidemment, a disparu, pourtant, en double de la réalité, se déploie sous mon regard d'adulte ce qui composait, partout, dans ses dimensions immenses, le paysage et les aîtres du petit village qu'embrassait mon regard d'enfant.

Puis, avant de m'en éloigner pour quelques jours, je m'avise d'un hideux abribus en béton sur le bord de la route, en un carrefour qui surgit, assez fréquemment pour que je l'aie noté, dans mes paysages oniriques, ceux des rêves persistants et sans signification où, rendu à l'enfance, l'on gambade et fuit une menace indicible. Un graffitti apparaît au dos de cet abribus, le texte en est très lisible:

Se souvenir, c'est vivre avec l'invisible – V. H.

Je ne sais toujours pas comment ni pourquoi quelqu'un m'a écrit ce message, qui demeure visible, sur ce petit mur hideux. Le graffitti est toujours là, inexplicable de justesse et de pertinence intime, photographiable, mystérieux, personnel.
Quelle histoire...

Je retourne rituellement là où j'ai vécu, ces voyages prenant la forme de ces entreprises de vérification de la réalité retravaillée par l'imagination et les rêves dont parle Proust. C'est un peu schizo, mais je me rends là où j'ai habité pour m'assurer que ce fut bien le cas... Au fond, je n'en reviens pas d'avoir vécu, travaillé et aimé ici où là...

Ces "trips down memory lane" produisent des sensations pénétrantes avant et après, mais rarement pendant ! Down the memory lane... quelle déception de découvrir que cette expression n'a pour les anglophones aucune saveur littéraire particulière...
08 janvier 2021, 11:46   Re : Bordeaux la sensible
Ce (ces) retour au pays natal n'est pas sans m'évoquer aujourd'hui L' Arrière-Saison d'Adalbert Stifter... Ce fond de mélancolie d'un retour, d'une retraite, où tout serait patiemment rassemblé avec raffinement et simplicité, pour le plaisir des yeux et du goût (même si ce retour à quelque chose de profondément désespéré...).
C'est dommage cette tristesse à laquelle, sujets normaux d'âge mûr, on semble être condamné en se retournant sur nos pas ou en nous posant pour nous regarder passer... Mais le vrai mal, c'est la mélancolie freudienne, quand les deuils ne sont pas soldés et que le refoulé revient pour assaillir le cœur et mettre la tête à l'envers. Ma pauvre mère a passé les dernières années de sa vie au balcon, à guetter sans trop y croire le retour dont ne sait qui ou quoi. Même elle ignorait l'objet de son attente.
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