"J'imputerais plutôt la fusillade de Lille à la culture de la jouissance immédiate (...)"
Il faut donc croire que, dans la sphère musulmane, on est encore plus sensible à la "jouissance immédiate", ou que ceux qui sont étrangers à cette sphère le sont moins,
sensibles, en dépit du fait qu'il leur arrive aussi, à ceux-là, d'être refoulés à l'entrée des boîtes, pour toute sorte de raisons comme la tenue vestimentaire, l'état d'ébriété, l'âge etc, et, de plus, refoulés par des vigiles qui, la plupart du temps, leur sont étrangers d'origine.
Je crois, pour ma part, que la sensibilité à la "jouissance immédiate", ou, plus justement, l'incapacité à supporter la moindre frustration (entrer dans une "boîte") s'autorise des réactions différentes, selon l'appartenance à telle ou telle sphère culturello-religieuse. L'affaire Mehra et son ignoble traitement par les médias français, suivi, quelques mois plus tard, par celui du meurtre des gendarmes, puis par la prise d'otage de Toulouse, puis par l'étranglement d'un collégien, ont autorisé ceux qui appartiennent à la sphère musulmane à "péter un câble", à monter sur les grands chevaux d'un sentiment d'humiliation vindicatif qui, comme par hasard, ne demande qu'à croître et se développer dans cette même sphère musulmane, comme ne demanderait qu'à croître et se développer le même type de sentiment si, d'aventure, Mehra et les autres étaient issus de la sphère nazie et qu'ils eussent reçus le même traitement médiatique pour expliquer leurs actes. Si on tordait la réalité en faveur des néo-nazis comme on le fait en faveur des néo-musulmans, il y aurait chaque semaine des faits-divers mettant en cause des néo-nazis. Mais les néo-nazis ne font pas peur, quoi qu'on dise, tandis que les néo-musulmans, oui. Or, la différence entre nazi et néo-nazi et la même qu'entre musulman et néo-musulman, c'est bien ce que l'on ne veut pas admettre.