Il est remarquable que Senèque, duquel Shakespeare s'inspira pour son Hamlet -- certains spécialistes de Shakespeare attirent l'attention sur ce fait : le personnage d'Hamlet se comporte en calviniste stoïque, qui remet son sort à un dieu de la prédestination; et les tragédies de Senèque sont très présentes dans Hamlet --, soit évoqué au sujet de cette mort. Face à "ce qu'il y a de pourri dans le royaume de France", le dépossédé de son héritage, le personnage transparent (Hamlet, pour se faire entendre, recrute de tiers acteurs, doubles de son personnage, qui redoubleront le mensonge pour faire dire à l'assassin sa culpabilité) condamné à ne rien transmettre du patrimoine de sa lignée du fait d'une Grande Substitution intervenue dans la dynastie, dévoilée par plus fantômatique que lui,
le fantôme du Père assassiné, s'abandonne au sort, obéit à l'injonction d'exil (comme le fait toute une génération de jeune Français aujourd'hui), renonce à Ophélie, à s'accommoder d'un bonheur conjugal pourtant généreusement offert, s'évade dans l'ironie, s'indiffère (le terme "indifferent" revient très souvent dans la pièce) de tout, n'espère rien, et expose sa vie (en acceptant un duel qui s'annonce difficile) avec légèreté et bravade. La mort de Venner est décidément plus ressemblante à celle de Sénèque qu'elle ne peut être assimilable, par le sens, à celle de Mishima (pour des raisons que j'ai évoquées) et épaissit l'intrigue que nous vivons, la noie. Elle intervient comme celle-là à un moment charnière de l'histoire comparable au nôtre; et la tragédie d'Hamlet, plus longue des tragédies shakespeariennes, demeure pendante, sans résolution en vue, sans sortie de crise visible dans la France de 2013.
La confusion politique et sociale en cours, entretenue par certains à l'occasion du passage de la loi sur "le mariage pour tous", ne fait qu'ajouter à la confusion tragique en occultant les coupables de la substitution dynastique, en rendant la réparation, dénouement lucide de la pièce, plus incertaine et irrésolue que jamais. Pendant que certains iront manifester dimanche, et errer dans la confusion, l'acte II de la tragédie se densifie : l'islamisation du pays est intouchée, elle jouit de l'impunité politique, elle n'est pas visée, ou si elle l'est, c'est a contrario (l'UOIF s'allie à Barjot).
Monsieur Paul-Marie Couteaux, Mme Barjot:
les homosexuels n'ont pas tué le père du prince Hamlet -- le régicide et usurpateur est un autre que l'homosexuel ou "le soixante-huitard" ! Et le mariage criminel et offensant est celui de la Reine Gertrude (l'Union européenne) avec le régicide Claudius (l'Islam): tel est le véritable
"mariage contrenature" que le "Printemps français" et les milliers de manifestants qui vont de nouveau se mobiliser dimanche manquent à dénoncer comme ils le devraient. C'est l'inconscient qui parle, ou plutôt qui mugit comme un animal en troublant les consciences, comme très souvent dans la politique des masses et des foules : toute la France "du pays réel" se dresse avec une détermination rare pour mettre à l'index et s'opposer à
un mariage contrenature secondaire, un homothétique artifact forgé par l'inconscient tombé sous la coupe d'un marionnettiste hypnotiseur, double mensonger, chiffon rouge agité aux yeux effarés de la meute. Vous criez votre indignation, protestez et vous insurgez devant un leurre que vous tend l'histoire qui se joue de vous comme l'enfant le fait du jeune chiot naïf: oui, il y a bien un "mariage contrenature" dont les normes institutionnelles se mettent en place sous vos regards incrédules et impuissants, mais vous ne le connaissez pas, ne le voyez pas, ne voyez que son image anamnésique inversée et réduite, qui s'imprime dans votre inconscient comme celle de la réalité projetée dans le fond de l'oeil ! La vigueur de votre protestation est à la mesure de la gravité d'un mariage entre l'Usurpateur (l'islam) et la Mère traitresse (l'Union européenne) qui n'est pas celui que vous dénoncez dans vos manifestations et la disproportion de votre indignation et de votre mobilisation face au leurre donne bien, par les voies de votre inconscient, la mesure de la gravité des immenses épousailles auxquelles vous aboyez férocement sans les voir ni les connaître.