Le site du parti de l'In-nocence

Fil à relire dans quelques semaines

Envoyé par Thomas Rothomago 
Au petit jeu des pronostics, je vois François Fillon l'emporter, soit contre Marine Le Pen, soit contre Jean-Luc Mélenchon.
Nous sommes abreuvés de sondages depuis plusieurs mois.
Avant d'aller voter, les médias m'ont bien mis dans la tête qui peut passer au deuxième tour et qui aura moins de 5% des
suffrages. Je trouve cela très pernicieux car ces informations vraies ou fausses influencent le vote.
Pourquoi irais-je voter pour quelqu'un à qui l'on prédit une veste? Pourquoi irais-je voter pour celui qui est déjà donné gagnant?
De plus ces sondages alimentent jusqu'à la nausée la logorrhée journalistiques.
Interdisons les sondages.
Je pense également que Fillon gagnera. Le succès actuel de Mélenchon est pour lui une aubaine. Le programme "Robin des bois" de ce dernier va convaincre nombre d'indécis de soutenir Fillon et nombre de déçus de revenir vers lui. Mélenchon, en bon millionnaire gauchiste de la politique, voit des pauvres partout, des pauvres qu'il veut sauver (lors d'un meeting, il a tout de même évoqué des Français qui avaient un accès limité à l'eau potable!). Or il y en a France, aux dernières nouvelles, plus de "riches" que de pauvres, et Fillon s'adresse efficacement aux premiers depuis le début.
Je ne sais pas... Peut-être Fillon gagnera-t-il en effet, mais à mes yeux il n'est que l'ultime émanation, déjà mourante, de la droite post-mitterrandienne et affreusement frelatée des années 1995-2005. C'étaient les années Chirac-Sarkozy, l'âge d'or de TF1, etc. Ce qu'il prétend faire, et qu'il ne fera pas, quand bien même il serait élu, c'est ce que Margaret Thatcher a fait il y a... 35 ans — cela n'intéresse plus grand monde. Notre époque, mine de rien, est tout autre.

Sociologiquement, Fillon est le candidat des personnes âgées de province possédant un patrimoine, de quelques petits étudiants versaillais péteux genre “classes préparatoires aux Grandes Ecoles” (encore que ceux-ci soient largement macronisés à présent), sans oublier les pénibles papas-mamans de la Manif pour tous. Est-ce suffisant ?

Il me semble que la plus grande part de la droite d'affaires remplaciste, dans sa version rajeunie et horriblement décomplexée, et que l'on pourrait qualifier de 2.0, pour faire moderne, s'en est allée chez Macron, le candidat des mathématiques financières et de la vraie post-modernité. Fillon, avec ce reste de manières bourgeoises qui le caractérise et le dessert, c'est la version 1.0, le capitalisme à papa avec manoir, veston et gros cigare. Des onze candidats en lice, il est le plus suranné, autrement dit, le plus has been.

Même en faisant abstraction du Penelopegate, je n'imagine pas que le consommateur politique de 2017 puisse vouloir acheter la vieille version des intérêts remplacistes, ou du remplacisme intéressé, quand celle de l'avenir est si facilement disponible.
Quand on voit l'entourage de Fillon... Larcher, NKM, Baroin, Apparu, Raffarin, Lagarde et l'UDI... Tous ces vieux rentiers de la droite et du centre, ces gens sans conviction, remplacistes par lâcheté. - Non. Tout sauf ça.
Prévoir une victoire de Fillon n'équivaut pas à souhaiter ce qui serait, en effet, une mauvaise chose (même si je trouve convaincantes sa politique étrangère et les mesures annoncées pour lutter contre l'insécurité).
« les mesures annoncées pour lutter contre l'insécurité »

Il compte mettre en œuvre la Remigration ???
En effet, pronostic n'est pas désir de voir advenir. Personnellement, je serais assez content d'un duel Mélenchon/Le Pen. Tout le reste, c'est la mort lente.
Ne rêvons pas... Mais au moins, de temps en temps, appelle-t-il un chat un chat : [www.planet.fr]

Et certaines de ses propositions sortent du lot :

[www.europe-israel.org]
A l'instant Benêt Hamon sur France 2: 'Si vous aimez vos enfants, vous ne pouvez pas voter Marine Le Pen". Je sais qu'il se bat désormais pour faire les 5% qui lui permettront de rentrer dans ses frais de campagne, mais enfin, de tels propos, aussi délirants, en disent long sur l'ignominie et la bassesse du personnage et des quelques abrutis qui le soutiennent encore.
Cette phrase de Hamon est un peu comme le canard-lapin de Wittgenstein, et de ce point de vue, elle fait froid dans le dos : elle peut être entendue comme mise en garde contre les choses horribles pour les enfants que pourrait faire Le Pen une fois élue, que comme lourde menace voilée, "conseil d'ami" d'un envoyé de la mafia à l'électeur au cas où il se laisserait tenter de voter Le Pen : "surveillez vos enfants, un accident est vite arrivé".

Phrase d'initimidation mafieuse, promesse d'apocalypse coulée dans le moule langagier humanitariste, dans le goût de cet élément de langage de la guerre froide, dans le début des années 80, quand un conflit nucléaire entre l'URSS et les Etats-Unis s'inscrivait dans l'ordre du possible : Nous espérons que les Russes aiment leurs enfants.

Figure de l'ambiguité menaçante, troublante menace de mort voilée dans le fraternel conseil à l'adversaire :


A l'instant Benêt Hamon sur France 2
////
Ce sinistre couillon mérite vraiment de passer sous la barre des 5% (j'en salive à l'avance).

Jugez plutôt :
« Celles et ceux qui au Front national aiment autant leurs enfants que moi, je leur dis: (…) réfléchissez au monde que vous voulez laisser à vos enfants (…) si vous installez Marine Le Pen au pouvoir, sachez que vous prenez le risque de ne jamais retrouver un jour le pouvoir« , a déclaré M. Hamon au cours d’un meeting à Villeurbanne (Rhône).

« Elle est bien incapable d’apporter la moindre solution aux problèmes concrets (…) qui conduisent à un moment à vouloir se débarrasser de ceux qui étaient là pour mettre en place Marine Le Pen. La réalité aujourd’hui, c’est que nous, nous savons qu’elle ne promet rien de meilleur et qu’il n’y a derrière qu’un futur sinistre (…) si vous aimez vos enfants, vous ne pouvez pas voter Marine Le Pen « , a poursuivi l’ancien ministre de l’Education.

« Dans le monde entier, à chaque fois que les peuples ont porté par les urnes l’extrême droite au pouvoir (…) eh bien rarement l’extrême droite a rendu le pouvoir au peuple. Il a fallu passer par d’autres moyens que la démocratie (pour) extirper l’extrême droite. C’est ‘one shot’« , a-t-il encore affirmé

Le Figaro
MLP même pas digne de la Ve République.

"Dans une tribune parue dans « Le Monde », un collectif composé de juristes, Denis Baranger, Olivier Beaud, Jean-Marie Denquin, Olivier Jouanjan et Patrick Wachsmann, estime que la Ve République permet au président de cumuler les pouvoirs législatif et exécutif et que confier une telle autorité à Marine le Pen ferait courir un grave danger à la démocratie..."

[www.fdesouche.com]
La quinzaine anti-Le Pen a commencé tôt cette année.
C'est pourquoi il faut voter pour elle au premier tour, et plutôt deux fois qu'une. Même sans approuver une grande part de son programme ni la manière atone dont elle a, semble-t-il, mené sa campagne jusqu'ici. Même si l'on doit regretter que le Grand Remplacement ne soit pas au centre de ses préoccupations, peut-être par tactique, peut-être par absence de conviction. Rendez vous compte : la candidate FN en tête au premier tour ! Cela ne s'est jamais produit aux Présidentielles, ce serait un coup de tonnerre que les sondages ne laissent pas entrevoir. Car ce ne serait plus un sondage. Je suis sûr que toute l'extrême-droite qui la hait, genre Rivarol, se sentirait malgré tout ragaillardie. Et souvenez-vous qu'en 2012 si je me souviens bien il y avait une lutte prétendûment incertaine entre elle et Mélenchon pour savoir qui serait devant l'autre. Le melliflu Mélenchon prétendait la devancer, "porté par sa magnifique campagne" (même refrain cette année), alors qu'elle lui a mis pas loin de dix points dans la vue. Il faut que ce soit la même chose cette fois-ci, en mieux, malgré Philippot, malgré le programme économique, malgré la dédiabolisation, malgré ses idées biscornues sur l'euro et l'Europe. Comment hésiter à voter FN même si l'on est très loin, comme c'est mon cas, de toute adhésion à ce parti ? Comment avoir la moindre hésitation ?
« Rendez vous compte : la candidate FN en tête au premier tour ! Cela ne s'est jamais produit aux Présidentielles, ce serait un coup de tonnerre que les sondages ne laissent pas entrevoir. »

Pourtant les sondages, depuis des mois, la placent en tête.
On dit que Fillon est un politicien du passé, que ses propositions, en matière économique notamment, sont un copier-coller de celles de Mme Thatcher il y a 38 ans (quand elle fut élue Premier ministre en 1979).

Et Macron. Macron est pire encore, il est plus vieux que Fillon de cinq ans : il est exactement l'homme providentiel de 1974. Son style, sa personne, ses discours, sa jeunesse relative faite argument politique et faite sainte, ses airs, ses méthodes, son agressivité politique mise en scène et surjouée dans le vide, en font un homme politique phare du dernier quart du siècle dernier. Ce faux jeune (marié à une "vieille", et ce n'est certes pas là un fait du hasard) est le pire des anciens dans la brochette des onze. Ce jeune qui est vieux a le malheur de ne pas même présenter le trait rédimant d'être ancien ! En 1974, paraître ancien, c'était être foutu. L'animal politique Macron est là encore conforme à la folle jeunesse (celle du temps où son épouse avait vingt ans !) d'une époque fort lointaine : il lui faut faire jeune et renouvelant, comme Giscard en 1974. Peut-être par amour de son épouse dont il n'a connu les vingt ans qu'en rêve.

Le vieux clou, le croulant vingtiémiste de cette campagne, c'est Macron.
Selon je ne sais plus quel sondage pour une majorité de Français c'est "Mélenchon qui comprend le mieux les préoccupations des Français"...

Non, rien.
Allons, ce n'est pas la première fois que les sondeurs, ou les médias, font artificiellement gonfler la baudruche Mélenchon à quelques jours d'une élection. On se demande d'ailleurs comment cette vieille farce peut encore fonctionner.
C'est vrai mais il me semble que la nullité abyssale du p'tit Hamon, pour le coup, rebat franchement les cartes.
Nulleté abyssale ? Peut-être pas. Soyons beaux joueurs. C'est peut-être parce qu'il n'est pas si nul qu'il se trouve (dit-on) en si fâcheuse posture. Renaud Camus a reconnu, sans rire, je pense, qu'il trouvait des éléments intéressants dans les propos de Benoît Hamon. Par exemple, la dissociation de l'emploi et du travail. Et un certain malthusianisme. Pour lui non plus (Hamon) il n'y a pas de problème de l'emploi. Ou, s'il y en a un, il ne se pose pas du tout dans les mêmes termes que d'habitude. Parle-t-il beaucoup de croissance, démographique, économique et autre ? Je ne crois pas. On pourrait dire que Hamon est victime d'un certain raffinement de la pensée, que l'on pourrait presque trouver sympathique - n'étaient ses génuflexions xénophiles et remplacistes, qui flanquent tout par terre.
Plutôt de l'avis de M. Noroît. Je crois me souvenir que le Parti de l'In-nocence s'est prononcé, dans un de ses communiqués, en faveur du revenu universel d'existence, ce qui est tout à son honneur. Quel malheur, tout de même, que, dans cette campagne électorale, Benoît Hamon ait été le seul à tenter, trop brièvement, de mettre en débat la question du travail, de la robotique, quand tous les autres brandissent encore et toujours cette incongruité de "plein empoi". Il me semble d'ailleurs que c'est en lâchant beaucoup de lest sur ce thème de la dissociation de l'emploi et du travail - seul aspect qui faisait l'originalité de son programme - qu'il est devenu inaudible.
(Et notons au passage qu'il est favorable au retour au septennat, non renouvelable.)
Benoît Hamon est la figure du capitulard à l'ancienne : face à la fraude aux aides sociales, il prône le revenu universel ; face à la pègre cannabis, il prône la légalisation de la commercialisation de cette substance, parce que "il faut soulager les quartiers populaires des tensions que crée ce trafic", et aussi "parce qu'une légalisation de cette (dope de merde) aura pour effet d'alléger la charge de travail des policiers", etc.

C'est avec ce type de capitulation, très rationnelle, forte de la logique, qu'un certain esprit français s'accommode, en invoquant la raison, du pire. La raison du pire. Par exemple, je n'ai jamais, de toute ma vie vagabonde, entendu me dire ailleurs qu'en France que, voyez-vous, parce qu'il y a des vols, et des irrégularités, vous ne pouvez emprunter chez nous un véhicule sans nous fournir, là, sur le champ, un relevé d'identité bancaire, une facture EDF et pour tout dire un mot signé des parents. Parce que, comprenez-vous, nous n'allons pas nous-mêmes, nous tous seuls, prendre des mesures contre la fraude, c'est vous, l'usager, le client, le citoyen, qui devez en faire les frais.

Benoît Hamon propage une forte et raisonnable logique qui est celle-là même qui, en juillet 1942, a livré les juifs étrangers à l'Occupant, parce que, comprenez-vous, il est indispensable d'alléger les tensions avec l'Occupant, et que, voyez-vous ne nous pouvons faire autrement, nous sommes au pied du mur, et compte tenu de la situation extrême à laquelle nous sommes de plus en plus confrontés, il est logique, il est juste et judicieux de livrer les enfants juifs étrangers à la gueule dévorante de l'Occupant, ce qui ne peut qu'avoir pour effet d'alléger la charge de ses exigences envers nous, et celle que subit notre police, laquelle, comme vous le savez, opère déjà à flux tendus.

Les salopards politiques sont, le plus souvent, des types sympas, et raisonnablement justes et humains.

Pierre Laval, dit-on, était un homme plutôt bon enfant, plutôt cool, et pour tout dire, plutôt de gauche.

Ce sont les délégués du Front populaire qui ont voté les pleins pouvoirs à Pétain. Vous croyez que c'est un hasard ?
« Par exemple, la dissociation de l'emploi et du travail. »

Plutôt de l'emploi et du revenu, non ?
Ce que vous écrivez, cher Francis, comporte plus de vérité que d'erreur. Il n'en reste pas moins que M. Hamon aura eu, selon moi, le bref mérite de poser la question du travail contemporain, et pas seulement dans une optique de capitulation face à la fraude sociale. Et puisque vous vous référez à l'Occupation, il est bon de relire les discours du Maréchal Pétain qui dessinent le patron parfait de l'auto-flagellation française promise aux succès qu'on sait et que chacun, ici, déplore. Or, de quoi se plaint avant tout ce malheureux vieillard : de l'esprit de jouissance incarné par les congés payés qui, en leur temps, pouvaient bien passer pour aussi "capitulards" que le revenu minimum d'existence.
Les congés payés, s'il l'on était méchant et presque aussi pervers que le sont certains hommes politiques d'aujourd'hui, pourraient très bien être interprétés à postériori comme "stratégie du grand capital" : forcer des hommes et des femmes à travailler douze mois par an était une anomalie anti-productive, une cruauté et une "connerie" non rentable typique du capitalisme de grand-papa. Jamais je n'oublierai ces dirigeants chinois qui, dans les années 80, insistaient pour que dans la co-entreprise franco-chinoise dont j'étais témoin et un peu acteur de la création à Shanghai, leurs ouvriers travaillassent sept jours par semaine ("les plus faibles qui ne tiendront pas le coup n'auront qu'à dégager en laissant leur place à d'autres, prêts à relever le défi"). Le capitaliste français, plutôt moderniste et né une poignée d'années avant 1936, qui négociait son partenariat dans l'affaire, en était outré, jugeant cela très sévèrement, comme une sottise de capitalistes primitifs, grossiers et peu avisés de leurs intérêts.

Les congés payés du Front populaire n'étaient en rien une "capitulation des patrons", mais bien plutôt une mesure d'adaptation, décidée dans l'intelligence de leurs intérêts, et ceux qui parmi eux s'y étaient opposés farouchement durent par la suite admettre leur tort et leur aveuglement sur cette question. Les capitalistes s'adaptent, reconnaissent leurs torts relatifs, sont "flexibles", rebondissent ; la classe ouvrière qui ne détient pas la clé de l'adaptation et de la souplesse qui s'appelle le capital, rechigne à tout, s'accroche à tout (ses "avantages acquis" qui sont son capital à elle), et ne reconnait jamais aucune erreur stratégique.
Ne faisons pas semblant de ne pas voir les différences de conception du travail de demain qui existent entre celle imaginée par Renaud Camus et celle que défend, ou plutôt que défendait Benoit Hamon pour remporter les primaires de la gauche... Hamon pense ainsi : contre le chômage, point de remède? finissons-en avec le travail! les prisons n'empêchent pas la récidive? finissons-en avec les prisons! les politiques répressives contre le trafic de cannabis sont inefficaces? légalisons le cannabis! Et pour ce qui est de l'immigration, je vous laisse compléter.
Par exemple, la dissociation de l'emploi et du travail. »

Plutôt de l'emploi et du revenu, non ?

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M. Dee me reprend, à son habitude. Cet in-nocent au carré, déjà brocardé par d'autres pour sa fâcheuse tendance à en rajouter - il manquait dans ces parages un pion mégalo, depuis le départ orageux de M. Bourjon - détient la vérité révélée et sait bien mieux que les autres ce qu'ils veulent dire.

J'ai écrit plus haut : "la dissociation de l'emploi et du travail". Je ne prétends pas que ce soit la formulation la mieux adaptée. L'honorable M. Dee aurait sans doute fait mieux. Mais il ne s'agit pourtant pas d'un lapsus. C'était ce que je voulais dire, avec mes pauvres moyens. Quelque désir que j'éprouve de complaire à M. Dee, je n'entends pas renoncer à ma formulation, qui vaut ce qu'elle vaut (on peut travailler sans être employé, non ?).

Et que M. Dee se rassure. Je n'irai pas en représailles chercher la petite bête dans ses propos sur ce forum. J'ai remarqué qu'ils étaient assommants : toujours attendus, "téléphonés", dénués d'originalité sur le fond, ils se caractérisent seulement par une certaine outrance déployée autour du vide et une arrogance de ton aussi peu-innocente que possible - et petite-bourgeoise en diable. Aucun intérêt !
Mais enfin, c'est terrible, Noroit. Vous vous vexez comme un pou alors qu'on vous demande simplement de préciser votre pensée, de confirmer que vous avez bien voulu dire ce qu'on croit que vous avez voulu dire — pas de “renoncer” à quoi que ce soit !

Et quand vous auriez commis une approximation un peu malheureuse, faut-il que vous vous formalisiez à ce point, tout en laissant entendre que tout cela n'a finalement pas d'importance, que les mots ne sont jamais que des mots, hein, et qu'on peut très bien en utiliser un à la place d'un autre : qu'est-ce que ça peut bien faire ? « Après tout j'me comprends ! » De sorte que si je suis un petit-bourgeois arrogant (vous avez sûrement raison...), vous êtes un sacré remplaciste (de mots).

Est-il vraiment si mauvais de souhaiter un peu de rigueur dans l'emploi des termes ? De vouloir que ce forum soit, à la différence de tous les autres endroits, un lieu où par exemple on ne répète pas, comme des perroquets, que le Grand Remplacement est un concept, pour commencer ? Où l'on prend le temps de réfléchir deux secondes à ce que l'on écrit ? Même si chacun (et moi le premier) peut, bien sûr, se tromper çà et là — ce qui ne nécessite nullement, je crois, de se mettre en colère contre celui qui vous demande une précision.
"Ne faisons pas semblant de ne pas voir les différences de conception du travail de demain qui existent entre celle imaginée par Renaud Camus et celle que défend, ou plutôt que défendait Benoit Hamon pour remporter les primaires de la gauche..."

C'est bien à cause de ces différences que j'ai regretté que ce soit M. Hamon et lui seul qui ait mis sur la table cette question, quand tous les autres braient à l'unisson après le-retour-du-plein-emploi sans le moindre souci de réalisme.

Et j'imagine que M. Christophe Sirugue, socialiste, n'est pas tout fait semblable à Renaud Camus dans ses conceptions du travail de demain, ce qui n'a pas empêché la publication de ce communiqué :



Communiqué n° 1925, lundi 18 avril 2016
Sur le revenu minimum d’existence

Le parti de l’In-nocence est favorable aux conclusions du rapport déposé par le député socialiste M. Christophe Sirugue, et préconisant un revenu minimum d’existence. Un tel revenu minimum, de même que le revenu de base ou que le revenu universel dont il se distingue, est indispensable au rétablissement très souhaitable,économiquement et moralement, de la pleine et entière liberté d’employer ou de ne pas, ou de ne plus, employer, pour les employeurs ; comme à celle d’accepter tel ou tel emploi ou de ne pas l’accepter, pour les salariés. Or ces libertés-là sont à leur tour indispensables, non seulement à la reprise de l’emploi, grâce à sa fluidité retrouvée, mais aussi à la transformation de sa nature, pour une plus grande liberté et égalité des protagonistes des rapports sociaux : nul ne doit être contraint d’employer qui il n’a pas ou plus besoin d’employer, mais nul ne doit se retrouver tout à fait sans ressource du fait de cette liberté.
Citation
Thomas Rothomago
"Ne faisons pas semblant de ne pas voir les différences de conception du travail de demain qui existent entre celle imaginée par Renaud Camus et celle que défend, ou plutôt que défendait Benoit Hamon pour remporter les primaires de la gauche..."

C'est bien à cause de ces différences que j'ai regretté que ce soit M. Hamon et lui seul qui ait mis sur la table cette question, quand tous les autres braient à l'unisson après le-retour-du-plein-emploi sans le moindre souci de réalisme.

Et j'imagine que M. Christophe Sirugue, socialiste, n'est pas tout fait semblable à Renaud Camus dans ses conceptions du travail de demain, ce qui n'a pas empêché la publication de ce communiqué :



Communiqué n° 1925, lundi 18 avril 2016
Sur le revenu minimum d’existence

Le parti de l’In-nocence est favorable aux conclusions du rapport déposé par le député socialiste M. Christophe Sirugue, et préconisant un revenu minimum d’existence. Un tel revenu minimum, de même que le revenu de base ou que le revenu universel dont il se distingue, est indispensable au rétablissement très souhaitable,économiquement et moralement, de la pleine et entière liberté d’employer ou de ne pas, ou de ne plus, employer, pour les employeurs ; comme à celle d’accepter tel ou tel emploi ou de ne pas l’accepter, pour les salariés. Or ces libertés-là sont à leur tour indispensables, non seulement à la reprise de l’emploi, grâce à sa fluidité retrouvée, mais aussi à la transformation de sa nature, pour une plus grande liberté et égalité des protagonistes des rapports sociaux : nul ne doit être contraint d’employer qui il n’a pas ou plus besoin d’employer, mais nul ne doit se retrouver tout à fait sans ressource du fait de cette liberté.

C'est un bon rappel. Ceci dit, j'ai du mal à me laisser aller à l'identification de points communs entre la pensée impériale et woolfienne de Renaud Camus et le programme de Benoît Hamon, l'homme aux petits bras chargés de rapports de l'OCDE et de notes de travail de l'égalitariste fou Thomas Piketty.
Qui peut juger de l’ubris qui pourrait s’emparer de M. Fillon s’il venait à être élu Président de la République, après tout ce qui a été mis en œuvre pour l’abattre et que, innocent ou coupable, il a encaissé ? Lui, à la fin vainqueur.
Plus d’un parmi les faiseurs d’opinion ne doit pas envisager cette perspective d’un très bon œil. Comment M. Fillon n’aurait-il pas conçu une rancune tenace à l’égard d’un certain nombre de gens qui ont beaucoup de bonnes places à perdre ? Et comment, parvenu à la « charge suprême » résisterait-il à l’envie de chercher les moyens d’assouvir cette rancune ? M. Fillon, s'il ne parvient pas à mettre de l'argent de côté, aime à faire payer, dans l'acception complète du verbe.

Quel dommage, songe peut-être le bon apôtre du plein emploi fictif, qu’on ne puisse pas, en démocratie, prononcer l’exil de tel ou telle quand on est au pouvoir ! Christine Angot, pour commencer, priée de faire ses bagages sous huitaine et de sortir de France avec l’interdiction formelle d’y remettre un pied, sine die. En démocratie, il faut s’y prendre autrement et parvenir à ce que les indésirables choisissent eux-mêmes l’exil. Fillon élu envers et contre tout permettrait de faire mesurer à certains à quel point Nicolas Sarkozy fut un chef débonnaire.

L’observation vaut d’ailleurs pour n’importe lequel des prétendants. Tout porte à croire que personne ne sera bien élu tout en ayant tout fait pour l’être et en effet quelqu’un sera finalement là, et avec lui les troupes de ses fidèles, l’ayant emporté de justesse sur les trois autres. Cette élection a accouché d’un tel monstre à quatre têtes que celle qui restera seule en place aura de quoi se sentir invincible et en même temps singulièrement menacée, ce qui n'invite guère à un exercice du pouvoir plein de bonhomie.
Exact. La tentation d'un exercice néronnien du pouvoir sera irrésistible au vainqueur. Chez Mélenchon, la chose pourrait prendre des proportions effrayantes. Mélenchon est tout à fait barge, et Fillon est un "faux stable", aussi "rassurant" que peut l'être le personnage de Norman Bates dans le Psychose d'Hitchcock. Macron, hystérique, pourvu d'une dentition de lamproie, susceptible et haineux comme une fillette, serait le pire de tous. Reste Marine Le Pen, qui fait figure de brave fille, bonasse et humaine, et à tout prendre, lisible dans son parcours et son être psychologique.

Il faudrait un Michelet pour parler de ces monstres.

La lamproie, Petromyzon Marinus

22 avril 2017, 21:04   Les transgressions soft
Le vote ayant lieu au Lycée Français de Jérusalem, rue des Prophètes, si d'aventure je me hasarde demain dans ces parages, aux heures ouvrables (douillet 36° aujourd’hui à Jéru), je suis d'anticipation tout à coup pris d'un véritable frisson de plaisir coupable en caressant l'idée de voter pour Benoît Hamon, rien de moins, seul homme parmi la brochette de zigotos-candidats qui humainement m'inspire quelque confiance que ce soit... Ajoutez à cela le "raffinement de la pensée" invoqué par M. Noroit, et l'affaire me semble entendue...
Pour moi aussi ce sera Hamon !

Hamon : le seul candidat désireux de créer un "corps d’inspection des discriminations" (là je kiffe grave !).
Ainsi mille inspecteurs (au moins) seront chargés à travers tout le pays de veiller à ce que les entreprises, les lieux de loisir, etc. ne "discriminent" pas les travailleurs et les usagers en fonction de leur couleur de peau, de leur genre ou de leur origine sociale. Une idée innovante, un projet incroyable - non ?, et qui devrait permettre de «retisser les liens qui se sont défaits, d’envoyer un message à ceux qui ont la tentation du repli communautaire : leur dire que la République veut se donner les moyens de l’égalité réelle», etc.
23 avril 2017, 15:50   Re : Les transgressions soft
Je ne trouve pas que Macron ressemble tant que ça à cette lamproie, qui a l'air d'une brave bête assez embarrassée par l'incongruité de son amorphe orifice suceur dentu : Macron m'apparaît plutôt comme étant du type carnassier très en mâchoires, sec au contact, alors que la lamproie est agnathe : notez que cette particularité évoque de goulus baisers ventousés et témoignerait d'une inclination affectueuse qui rend la bestiole assez sympathique...
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