Le site du parti de l'In-nocence

BHL s'amuse (et moi aussi)

Envoyé par Pascal Mavrakis 
BHL dénonçant l'escroquerie mélenchoniste - un pur régal :

[www.lepoint.fr]


(Bien obligé de reconnaître que nos pires ennemis, parfois, ne manquent pas de talent, ni d'humour...)
Excellent ! Et puisqu'il est question de Libération :

Journée des droits des femmes: Libération propose un numéro 25% plus cher pour les hommes

Faire "payer" les hommes....N'être jamais en retard d'une connerie plus grosse que soi, c'est la fatalité, l'effort, le destin de certains.
"Faire "payer" les hommes....N'être jamais en retard d'une connerie plus grosse que soi, c'est la fatalité, l'effort, le destin"
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"Nous vivons dans les ténèbres que la société marchande mue en son et lumière d'une béatitude qu'on appelle également démocratie. Naguère on disait qu'on vivait dans l'erreur ; parlons aujourd'hui d'ère du faux, de mensonge universel, d'inversion des valeurs, et pleurons la fin des symboles sonores, l'invisible cessant de palpiter à notre chair, la déroute du silence où accueillir les mystères."

R. Millet, in "L'Orient désert".
Là, ça monte en puissance :

Que faire, et quoi penser, "quand une femme n'a pas dit "non", mais pas "oui" non plus, à un rapport sexuel"...?
[m.telestar.fr]
Oui, l'amusant acteur américain Aziz Ansari est accusé de cette sorte d'abus que le vocabulaire que nous possédons semble insuffisant à simplement décrire. Il a couché avec une jeune femme, cela après l'avoir courtisée pendant des mois (le fameux dating process étasunien ; en réalité, un vrai chemin de croix parfaitement humiliant pour les hommes). Eh bien, à en croire la demoiselle, M. Ansari aurait échoué à percevoir, au cours de leurs ébats, qu'en fait la situation l'indisposait beaucoup. La même tuile est tombée sur la tête du présentateur de télévision Matt Lauer : la collègue de travail qu'il a un jour sautée sur son bureau ne voulait pas vraiment l'être, sautée.

Phénomène étrange que celui de ces femmes au corps consentant, corps stimulé qui secrète, et à l'esprit qui dit "non"... mais après-coup !
R. Millet écrit que "l'effondrement de la syntaxe va de pair avec la fin du christianisme".
On pourrait tout aussi bien dire que cet effondrement va de pair avec la fin des rapports hommes femmes.
08 mars 2018, 21:58   Ignorance is bliss
La syntaxe ayant beaucoup plus à voir avec la logique, toutes deux connexes parfois jusqu'à l'indistinction, qu'avec la religion chrétienne, on ne voit pas pourquoi la première ne serait pas au moins aussi autoritaire, voire totalitaire, que la seconde, et la force de la règle aussi contraignante dans les deux cas ; l'effondrement de la syntaxe aura alors pour conséquence naturelle une libération de la parole, annonçant celle des mœurs, qui se relâchent d'autant. Devrait s'ensuivre non une fin des rapports hommes femmes, de l'intercourse, mais leur multiplication effrénée.
Le raisonnement se tient...
09 mars 2018, 08:15   Re : Ignorance is bliss
Le libertinage du XVIII ème siècle qui impliquait, d'une certaine façon, la "multiplication effrénée" des rapports hommes femmes, n'allait pourtant pas de pair avec un effondrement de la syntaxe...
09 mars 2018, 18:03   Re : Ignorance is bliss
Oui, enfin, Pascal, multiplication pas si effrénée que ça, et surtout "verticale", pour ainsi dire, car le fait d'une élite de sang et de pensée, pratiquant en vase clos ; le dévergondage subséquent était le fruit d'une complication de la forme par ceux qui la maîtrisaient parfaitement, d'un resserrement des contraintes, comme chez ce libertin "qui coupe la corde qui le pend au moment de jouir".
Cela n'a en fait rien à voir avec la véritable multiplication "horizontale" et démocratique des épanchement en réseaux et en vlog, concomitante aux déliquescences formelles de la parole et de la pensée, me semble-t-il...
09 mars 2018, 21:56   Re : Ignorance is bliss
« car le fait d'une élite de sang et de pensée, pratiquant en vase clos » : je ne crois pas cher Alain. En ville en tout cas les mœurs étaient légères du haut en bas de la hiérarchies sociale. Lisez les mémoires de Casanova, c'est édifiant (mais la littérature du XVIIIe siècle en témoigne de toute part).
10 mars 2018, 00:50   Re : Ignorance is bliss
Je rejoindrai quand même Alain... : le libertinage, celui du 18 ème s'entend, avait à voir avec l'ascèse : on va dire qu'il était une ascèse inversée, ou renversée. Pas de libertinage, paradoxalement, sans "vertu", sans "foi" (dans la chair, dans le désir). Pas de libertinage sans tension, sans exercice, sans discipline.
10 mars 2018, 12:13   Re : Ignorance is bliss
« Phénomène étrange que celui de ces femmes au corps consentant, corps stimulé qui secrète, et à l'esprit qui dit "non"... mais après-coup ! »

À bien y regarder, il s'agit de permettre aux femmes d'obtenir, après une relation brève, des “prestations compensatoires”, comme s'il s'agissait d'un “mini-divorce”.

Le féminisme a détruit le mariage (et, par extension, la famille et la civilisation en Occident), c'est pourquoi les Occidentaux se contentent pour l'essentiel de relations amoureuses brèves sans faire d'enfants (le Grand Remplacement se joue là). À présent, #balancetonporc et #metoo ont pour but — conscient ou inconscient — de détruire les relations brèves, qui étaient à peu près tout ce qu'il restait d'envisageable pour un homme et une femme occidentaux. Mais connaître une relation brève avec une femme signifiera bientôt, pour un homme, devoir passer à la caisse à l'issue de cette relation, non sans s'être fait au passage traiter de violeur, la fin justifiant les moyens. Et dans ce domaine la présomption d'innocence n'existe pas — faut l'savoir hein. Et même si bien entendu vous n'avez jamais violé qui que ce soit, eh bien votre réputation restera à jamais entachée.

Je crois que nous n'allons plus tarder à voir les hommes occidentaux inviter leur poupée gonflable au restaurant. Il faut dire que c'est tout de même beaucoup moins risqué que de fréquenter une femme.
Citation
Marcel Meyer
« car le fait d'une élite de sang et de pensée, pratiquant en vase clos » : je ne crois pas cher Alain. En ville en tout cas les mœurs étaient légères du haut en bas de la hiérarchies sociale. Lisez les mémoires de Casanova, c'est édifiant (mais la littérature du XVIIIe siècle en témoigne de toute part).

Cher Marcel, vous avez probablement raison, le vase n'était pas si clos que ça, mais il me semble pourtant que le mouvement était descendant, de l’élite vers le peuple, et que le libertinage du XIIIe était d'inspiration, d'esprit libertiniste, héritier des libertins érudits du siècle précédent, et en ce sens avant tout philosophique, aristocratique et artistique, bref, qu'il était, comme conception du monde et manière de vivre, le fait d'une élite de sang et d'esprit, quel qu'ait été du reste le niveau de diffusion réel de cet état d'esprit dans la société...
J'avais d'abord en tête les "roués", les "grands seigneurs méchants hommes", Laclos et Vivant Denon, Diderot et La Mettrie, mais Casanova était homme à trouver plaisir absolument n'importe où, chez sa logeuse comme dans les salons.

Pour complaire à Trystan, il faut bien admettre que c'étaient aussi bien des rouées qui menaient la danse, et que le mal, une fois de plus, venait en grande partie des femmes, des Parisiennes, et cela apparemment dans toutes les classes sociales : Rousseau, dans Julie ou la Nouvelle Héloïse :
« Depuis le faubourg Saint-Germain jusqu'aux Halles, il y a peu de femmes à Paris dont l'abord, le regard, ne soit d'une hardiesse à déconcerter quiconque n'a rien vu de semblable en son pays ; et de la surprise où jettent ces nouvelles manières naît cet air gauche qu'on reproche aux étrangers [...] La gaieté naturelle à la nation, ni le désir d'imiter les grands airs ne sont pas les seules causes de cette liberté de propos et de maintien qu'on remarque ici dans les femmes. Elle paraît avoir une racine plus profonde dans les mœurs, par le mélange indiscret et continuel des deux sexes, qui fait contracter à chacun d'eux l'air, le langage, et les manières de l'autre. »

Si Rousseau était très improbateur, Casanova en était à l'inverse absolument ravi et enthousiaste, jusqu'à en paraître un précurseur du féminisme, ni plus ni moins : dans la préface de Mon apprentissage à Paris, morceaux choisis de son autobiographie, est cité ce passage d'une sienne lettre :
« L'éducation et la condition de la femme sont les deux causes qui la rendent différentes de nous dans son système. L'homme a tout en son pouvoir, et la femme ne possède que ce que lui donne l'homme... »
11 mars 2018, 02:04   Not my cup of tea
"le libertinage du XIIIe"

Jolie coquille, surtout ne corrigez pas.

« Depuis le faubourg Saint-Germain jusqu'aux Halles, il y a peu de femmes à Paris dont l'abord, le regard, ne soit d'une hardiesse à déconcerter quiconque n'a rien vu de semblable en son pays".

Cela ne datait pas du XVIIIe siècle, soyez-en sûr, et il a fallu l'étouffoir de la révolution industrielle anglo-saxonne pour contaminer les mœurs françaises, tout au long de ce calamiteux XIXe siècle. Je ne pourrai jamais aimer les Anglais, inventeurs du tourisme, et toute leur séquelle qui, d'une façon ou d'une autre, me semble toujours mêlée à ce qui me déplaît au jour le jour, nonobstant leurs poètes et écrivains, sachant que leur génie trouve à surgir absolument n'importe où.
11 mars 2018, 16:08   Re : Not my cup of tea
La Révolution tout court aura peut-être suffi, comme étouffoir ; en 89 Casanova entreprend Histoire de ma vie, reléguant tout son passé, en même temps que l'ère libertine semble-t-il, aux décombres de L'Ancien Régime.
11 mars 2018, 16:26   Re : Not my cup of tea
Que le mouvement eût été descendant est probable, même s'il se peut qu'il n'y ait eu, en cette occurrence en tout cas, qu'un phénomène de caisse de résonance, les élites culturelles et sociales donnant ses lettres de noblesse — c'est le cas de le dire — à un air du temps pas forcément né seulement en leur sein.

Ce qui est toujours descendant, jusqu'à une date récente, c'est l'habillage des mœurs, les lettres de noblesse justement, les manières, l'art et la littérature — sauf aux époques barbares qui sont celles où ce raffinement par le haut n'existe pas encore ou n'existe plus. C'est pourquoi le renversement qui a eu lieu en Amérique puis en Occident dans les années soixante et soixante-dix et que Paul Fussel a nommé le prole-trend annonce l'âge barbare dans lequel nous finissons ces temps-ci de plonger.
12 mars 2018, 17:51   Des raisons d'espérer
Soit dit en passant, force est de constater que tout descendant que fut ce mouvement, au XVIIIe, cela n'a en rien empêché que cette fin de siècle ne bascule sens dessus dessous dans un grand arasement chaotique généralisé où des sans-culottes brandissaient, cette fois du bas vers le haut, de belles têtes perruquées et poudrées : si la bonne direction du mouvement n'est pas un rempart assuré contre l'avènement de la barbarie, même à très brève échéance, peut-être a-t-on le réconfort de penser que la situation inverse, où ce mouvement paraît déjà dénaturé et contourné, n'annonce de façon similaire pas irrémédiablement la pire chienlit...
La barbarie, c'est toujours la rupture d'équilibre, l'implosion des systèmes d'ordre par dérégulation brutale, où tous les garde-fous sautent dans un réel qui n'est plus formé par cet ordre éprouvé et reconnu, et où alors tout peut arriver, y compris et souvent le pire, jusqu'à ce qu'un nouveau système d'ordre se mette en place ; or il semble bien que les sociétés occidentales soient de ce point de vue beaucoup plus coriaces et que leur mécanismes régulatoires soient à la fois plus souples et complexes, autorisant plus d'écarts de certaines valeurs étalon, avant d'atteindre leur point de rupture ; évidemment, pour qui est plutôt mécontent de l'état actuel des choses, ce n'est peut-être pas une si bonne nouvelle...
@Alain
"or il semble bien que les sociétés occidentales soient de ce point de vue beaucoup plus coriaces et que leur mécanismes régulatoires soient à la fois plus souples et complexes, autorisant plus d'écarts de certaines valeurs étalon, avant d'atteindre leur point de rupture ; évidemment, pour qui est plutôt mécontent de l'état actuel des choses, ce n'est peut-être pas une si bonne nouvelle..."

Oui c'est vrai, cette "souplesse" et cette "complexité", mêlées à cette incroyable légèreté, à cette indolence, à cette lâcheté - tout ça pourrait bien, au final, être redoutablement efficace. Mais à force de se désarmer soi-même (moralement s'entend), à force de se vautrer dans cette imprévoyance orgueilleuse, les Européens ne se rendent pas compte que leurs sociétés sont en train d'être subverties imperceptiblement de l'intérieur. Et une fois que l'intérieur est pourri...

Bref, on verra bien.
14 mars 2018, 17:02   Venise céleste
Récit enlevé de la rencontre de Casanova avec Madame de Pompadour, à Fontaineblo :

« Le premier jour qu'on donna l'opéra il me permit de le suivre ; c'était une musique de Lulli. J'étais assis dans le parquet, précisément au-dessous de la loge où se trouvait Madame de Pompadour, que je ne connaissais pas. À la première scène voila la fameuse Le Maur qui sort de la coulisse, et qui au second vers fait un cri si fort et si inattendu que je l'ai cru devenir folle ; je fais un petit éclat de rire de très bonne foi ne m'imaginant jamais qu'on pourrait le trouver mauvais. Un cordon bleu qui était auprès de la marquise me demande sec de quel pays je suis, et je lui réponds sec que j'étais de Venise.
— Lorsque j'ai été à Venise j'ai aussi beaucoup ri au récitatif de vos opéras.
— Je le crois, monsieur, et je suis aussi sûr que personne ne s'est avisé de vous empêcher de rire.
Ma réponse un peu verte fit rire Madame de Pompadour, qui me demanda si j'étais vraiment de là-bas.
— D'où donc ?
— De Venise.
— Venise, Madame, n'est pas là-bas ; elle est là-haut.
On trouve cette réponse plus singulière que la première, et voilà toute la loge qui fait une consultation pour savoir si Venise était là-bas, ou là-haut. On trouva apparemment que j'avais raison, et on ne m'attaqua plus. J'écoutais l'opéra sans rire, et comme j'étais enrhumé, je me mouchais trop souvent. Le même cordon bleu, que je ne connaissais pas, et qui était le maréchal de Richelieu me dit qu'apparemment les fenêtres de ma chambre n'étaient pas bien refermées.
— Demande pardon, monsieur ; elles sont même calfoutrées.
On rit alors beaucoup, et j'en fus mortifié parce que je me suis aperçu que j'avais mal prononcé le mot calfeutrées. J'avais l'air tout humilié. Une demi-heure après M. de Richelieu me demande laquelle des deux actrices me plaisait davantage pour la beauté.
— Celle-là.
— Elle a de vilaines jambes.
— On ne les voit pas, monsieur, et après, dans l'examen de la beauté d'une femme la première chose que j'écarte sont les jambes.
Ce bon mot-là dit par hasard, et dont je ne connaissais pas la force, me rendit respectable et fit devenir la compagnie de la loge curieuse de moi. »

Casanova, Mon apprentissage à Paris
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