Le site du parti de l'In-nocence
Pour Bernard-Henri Lévy la Perse fut renommée Iran en référence aux théories raciales de l'Allemagne nazie... Bon, c'était chez Ruquier, c'est pas trop grave.



[liberation.checknews.fr]
BHL et Moix, c'est Tintin et Milou chez les nazis.
Tout le monde a été nazi, est nazi, ou sera un jour nazi.
 
(mais pas eux, comme de bien entendu)
 
Il faudrait organiser un concours d'âneries et de contrevérités entre, disons, BHL et Onfray (il y a du monde au portillon mais je choisis ces deux-là sont car ils sont, depuis des décennies, de véritables champions du nimportquoïsme écrit et télévisé).
13 avril 2018, 21:31   Défense de BHL
Après tout, pourquoi BHL ne pourrait-il être séduit, lui aussi, par certaine confluence des coïncidences faisant sens ?
Iran veut dire "terre des Aryens" ; la Perse de Reza Shah Pahlavi entretenait en effet d'excellentes relations avec le régime nazi, lequel a incontestablement contribué à la modernisation du pays voulue par le Shah, par l'envoi de cadres et de conseillers ;
les nazis considéraient les Perses comme d'authentiques Aryens et, anecdote charmante, Hitler a même envoyé au Shah sa photo dédicacée, avec mot gentil et svastika ; en 1935, au plus fort de ces acoquinages, Reza Shah décide donc de renommer officiellement la Perse "Iran" ; une Librairie Scientifique Germanique est créée en Iran, contenant des milliers d'ouvrages commentant et célébrant les affinités entre le Troisième reich et la culture aryenne de l'Iran ; en 1941 le pays est envahi par une coalition britannique et soviétique, les Alliés considérant l'Iran comme alliée de l'Allemagne nazie ; le fait que le régime de Reza n'ait pas versé dans l'antisémitisme et la promulgation de lois raciales, ce que force est d'admettre, n'est qu'un point de détail, et on peut fort bien ne pas partager tous les goûts de ses amis et rester néanmoins copains comme cochons.
Sacrebleu, qu'est-ce qu'il vous faut de plus ?
En effet. L'adoption d'un toponyme est déterminée par des circonstances historiques précises, jamais par la seule "raison" historique longue : si les Iraniens se désignaient de tout temps eux-mêmes comme Iraniens, il a bien valu que survienne quelque accident de circonstances pour que ce nom bascule dans l'usage officiel, diplomatique notamment.

Autre piège de la raison raisonnante, celle des universitaires spécialistes du fond : leur méconnaissance du clinamen, de l'accident déclencheur, du facteur irrationnel et poétique, venu dans leur domaine comme un météore de l'espace, dont la survenue ne s'explique par aucune cause intrinsèque à leur espace de référence (pourvu de ses propres lois et règles qui le fondent, etc.).

(Sous le premier Empire, les savants considéraient que les météorites ne pouvaient pas exister puisque pour qu'une pierre tombe du ciel, il faut bien que quelqu'un ou quelque chose (un volcan) l'y ait lancée n'est-ce pas ? Les lois de la gravitation sont immuables, bien connues et sûres, circulez il n'y a rien à voir. Comme eux sont nos universitaires spécialistes de l'Iran dans cette discussion : ils ne veulent connaître de cause à un phénomène qui advient dans leur espace de référence qu'interne et intime à ce dernier, cohérente avec ce qu'ils savent de la nature de leur objet, qui ne saurait être dérangée ni fécondée par quoi que ce soit d'extérieur à elle – cf l'épisode de la pluie de météorites au lieu dit l'Aigle, dans l'Orne : [fr.wikipedia.org])

En l'occurrence, je partage le point de vue d'Alain.
"L'adoption d'un toponyme est déterminée par des circonstances historiques précises, jamais par la seule "raison" historique longue : si les Iraniens se désignaient de tout temps eux-mêmes comme Iraniens, il a bien valu que survienne quelque accident de circonstances pour que ce nom bascule dans l'usage officiel, diplomatique notamment."
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D'accord avec vous (et avec Alain (plus convaincant que BHL)).

Autre exemple de "bascule", d'"accident déclencheur, de facteur irrationnel et poétique" : G. Dumézil poussa fort loin l'idée que le système religieux de l'Iran ancien serait le résultat d'une réforme radicale pour que pussent s'y rencontrer des démons portant les mêmes noms que des dieux indiens...
Le météore est interférence, folle et violente, d'un monde (extraterrestre) avec les lois du monde sublunaire. Ce qui fait de lui, dans le système et l'espace de référence et des lois physiques terrestres, un sans cause. Et tout phénomène étant pourvu d'une cause ici bas, il s'ensuit logiquement qu'il n'existe pas, parce qu'il ne peut exister. C'est la raison raisonnante dans ses oeuvres, celle de la grenouille au fond du puits : rien n'est sans cause, aussi, l'inexplicable est exclu de l'être. L'enchaînement causal porte bien son nom : il passe des chaînes à la pensée.

Le penseur spécialiste (de l'Iran, de l'histoire, etc.) est cette grenouille pour qui les météores sont inconcevables.
Je saute du coq à l'âne (quoi que).

Météore également, dans l'histoire de la métaphysique (qui n'avait jamais réellement pensé...), ce chef-d'œuvre du siècle passé qu'est "Sein und Zeit".

"Sein und Zeit" n'est-il pas un fragment ? Sorte de "corps rocheux d'origine extraterrestre qui a survécu à la traversée de l'atmosphère et qu'on retrouve donc sur le sol (de la pensée)".
15 avril 2018, 17:58   L'Homme de Kant
Du coq à l'âne aussi, à propos du principe de raison non suffisante : tout l'humanisme kantien tient dans cette faculté prêtée à l'homme d'être un sans cause, autrement dit d'être la cause de soi dans ses façon d'agir par liberté, en s'extrayant de la chaîne des causalités naturelles afin d'accéder, par l'autonomie de sa volonté, à la dignité insensée de l'inconditionné .
Le sujet de Kant est donc ce météore au superlatif, et par cela même sacralisé.
La sacralisation de l'humain, à laquelle Kant a sans doute beaucoup contribué, est à l'origine de toutes les folies modernes.

Le plus difficile à faire et à penser, pour un être humain: considérer le sans-cause sans s'agenouiller devant lui lorsqu'il touche le sol, comme l'Egypte ancienne avait commis l'erreur de le faire (l'obélisque de Louxor était surmonté d'un pyramidion qui figure la pointe en ogive d'une météorite).

Tout ce qui tombe du ciel, fût-il de tout temps et du fonds des temps, étranger à la Terre, ne commande aucune figure du sacré. Le refus de s'agenouiller devant ce que l'on ne s'explique pas, soit celà même qui semble gifler à toute volée et impunément les lois communes, se voulait justement "progrès des Lumières". Or voilà qu'on nous fait replonger Kant dans cette ornière, ce travestissement de l'homme en veau d'or. On n'en sort pas. Les Lumières en deviennent une version moderne des ténébres. S'agenouiller devant l'homme en excès par rapport à la nature fait resurgir tous les vieux cultes égyptiens, toutes les sataniques vénérations de Behemoth. Le culte de l'Homme est le plus sale qui soit. Je lui préfère encore celui du veau doré (à point).

Image du premier veau d'or, celui duquel Moïse se détourna :


Une double impasse face à l'inexplicable :

1. le déni : les lois physiques sublunaires ne prévoient pas les météores, or tout ce qui existe est soumis à ces lois, ergo, les météorites n'existent pas plus que les licornes ou les anges gardiens.

2. la prosternation, le culte voué à tout ce qui se présente en excès des lois connus ou subsumables, et qui fait se tourner le sujet humain vers un sacré de supermarché.

Ni la science occidentale, ni la philosophie en Occident ne sont tout à fait sorties de ce labyrinthe. Elles s'y enferrent incessamment.
Cher Francis, je me suis permis de vous envoyer un message en privé. Je ne sais pas si le site hébergeur vous préviendra, alors je le fais moi-même.
17 avril 2018, 16:05   Une morale simple
» La sacralisation de l'humain, à laquelle Kant a sans doute beaucoup contribué, est à l'origine de toutes les folies modernes

Sa désacralisation aussi, et ce de façon bien plus brutale et probablement inédite.
Quoi qu'il en soit, il est remarquable que ce soit justement chez l'un des plus grands rationalistes modernes que la qualité d"'inexplicable" vaut à ce qui en est l'objet la plus haute dignité dans l'existence, par ce que cette qualité en révèle de suprasensible : ce n'est du reste pas précisément à l'homme qu'est voué un culte, c'est à ce qu'il manifeste de proprement divin dans sa capacité de s'extraire de la nature (ou ce que vous appelez il me semble le "monde sublunaire").
Quant aux divers degrés de saleté selon les types de vénération considérés, alors là écoutez, à chacun son hygiène, et pourvu qu'il se douche au moins plusieurs fois par semaine et se conduise honnêtement, l'Homme de Kant est très présentable...
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